Archives de l’auteur : Véronique Dujardin

Wadjda, de Haifaa Al Mansour

Affiche de Wadjda, de Haifaa Al MansourWeek-end frisquet à Poitiers aussi, une petite sortie cinéma, à la place de la promenade… Direction non pas le cinéma d’art et d’essai, mais le commercial CGR du centre-ville, ils sont depuis quelques semaines dans le même espace, il devait y avoir un accord de programmation entre les deux… mais le CGR en ville ne passe plus que des films en VO et la plupart en art et essai. Même Alceste à bicyclette de Philippe Le Guay, tourné dans la région, n’y est passé qu’en dernière semaine à des horaires très limités, CGR préférant le mettre dans ses deux « mégas » en périphérie, un seul est accessible en bus du centre-ville, à condition de rentrer avant 19h30 et de patienter jusqu’à 20 minutes en semaine, une heure le samedi, quasi impossible le dimanche. Du coup, je n’ai pas vu Alceste à bicyclette [finalement vu lors du printemps des cinémas, trois séances à 13h30].

Le film : de nos jours en périphérie de Riyad en Arabie-Saoudite. Wadjda (Waad Mohammed) est une jeune écolière rebelle… Elle vit avec sa mère (Reem Abdullah), son père, en passe de conclure un deuxième mariage, passe rarement leur rendre visite. A l’école, elle brave les interdits, porte des baskets colorées et un jean sous la tenue noire imposée aux filles, fabrique des bracelets « brésiliens » aux couleurs des équipes de football qu’elle revend dans la cour de récré, n’hésite pas à avoir de la répartie avec les hommes (les ouvriers d’un chantier, le chauffeur du taxi collectif qui emmène sa mère enseignante travailler). Elle aime taquiner son voisin, Abdallah (Abdullrahman Al Gohani) le battre à la course. Mais voilà, les garçons, tout de blanc vêtus, vont à l’école à vélo, et le vélo est interdit aux filles. Elle veut absolument en faire et s’en acheter un. Sa vente de bracelets et les menus services qu’elle peut rendre ne lui rapporte pas assez pour réunir la somme nécessaire. Et un jour, la directrice (Ahd) annonce un concours de Coran, questions et psalmodie, doté de la somme dont elle a besoin. Elle se jette à corps perdu dans la bataille, il lui faut cet argent… pour acheter le vélo interdit!

Mon avis : c’est le troisième film jamais produit en Arabie-Saoudite, un pays où le cinéma est interdit, où les femmes n’ont pas le droit de conduire (ni vélo, ni voiture). Et voilà que la réalisatrice, qui a étudié en Égypte, décide de montrer la condition des femmes et des filles de son pays. Je suis allée voir ce film comme un film militant… et je suis tombée sur un film tendre, sensible, plein d’humour! Les enfants sont excellents dans leur rôle. Le personnage de la mère, soumise au système et qui ne comprend pas l’obstination de sa fille, celui de la directrice de l’école de filles, sévère, de la camarade de classe mariée à 10-12 ans, donnent une idée du chemin à parcourir par les femmes dans ce pays, mais sans faire de morale, le film fait juste un constat, réaliste. L’avenir et l’évolution viendront-ils des enfants? Un film à voir absolument!

Avec des restes… galettes au poisson

Croquettes de poissonVous êtes à court d’idées pour un petit plat sympa? Voici une recette que j’avais récupérée à la MJC il y a des années, et que je cuisine toujours volontiers quand j’ai un reste de poisson, cette fois-ci, c’était du merlu, mais ça peut être n’importe quel poisson. Il faut aussi du pain rassis, mais il y en a  toujours en réserve dans ma huche (il se conserve des semaines quand il est bien sec), pour faire des croutons pour la soupe (prédécouper avant qu’il ne soit complètement sec), farcir la poule, broyer en panure (les miettes au fond de la panière à pain sont idéales pour cela) ou préparer un pain perdu pour le goûter.

Donc, pour 8 galettes croquantes, il vous faut:

– 50g de pain sec (ça correspond plus ou moins à 100g avant dessèchement), laisser la croûte, cela ne change rien, je ne vois pas pourquoi certaines recettes disent de l’enlever…

– environ 100 ml de lait

– 2 oeufs

– 1 oignon

– un reste de poisson cuit (+/- 200 à 250g)

– un peu de farine, fécule ou maïzena

– sel, poivre, épices au choix et selon vos goûts (curcuma, paprika doux, cumin, curry, …). Ici, j’ai mis un mélange curcuma/paprika, d’où leur couleur jaune.

– du persil (en cette saison, pour moi, un « glaçon » maison de mélange persil/livêche)

Faire tremper le pain rassis dans le lait environ 1h. S’il a tout absorbé mais vous semble encore dur, rajouter du lait.

Égoutter sans le presser le pain rassis. Puis au choix, si vous travaillez à la main, couper très fin l’oignon, le persil et le poisson puis mélanger tous les ingrédients. Si vous êtes pressé(e), mettez tout (sauf la farine) dans un robot avec lame coupante et mixer jusqu’à obtenir un mélange homogène. Si la pâte obtenue vous semble trop liquide, ajouter une ou deux cuillères à soupe de farine ou de maïzena ou de fécule de pomme de terre. La pâte reste assez molle, ce n’est pas une pâte à boulettes.

Dans une poêle pour laquelle vous avez un couvercle ou un poêlon, ou encore un wok, faire chauffer de l’huile. Mettez la pâte en formant des galettes d’environ 1 cm d’épaisseur. Saisir à feu assez vif 5 minutes sur chaque face (attention en retournant), puis laisser cuire à couvert sur feu moyen 15 à 20 minutes, selon l’épaisseur des galettes. Pour 8 galettes, il vous faudra deux cuissons… A servir avec une salade par exemple.

Elles se congèlent très bien, donc si vous avez un reste de poisson que vous ne souhaitez pas manger tout de suite, vous pouvez préparer ces galettes. Cuire 5 minutes de moins, vous finirez la cuisson en les réchauffant à la poêle (pas au micro-onde, ça les ramollirait).

 

Croquis-démolition de Patricia Cottron-Daubigné

Couverture de Croquis-démolition de Patricia Cottron-Daubignépioche-en-bib.jpgAprès Les petits de Frédérique Clémençon, le prix  voix des lecteurs Poitou-Charentes est arrivé à la médiathèque. Je vous ai déjà parlé d’un certain nombre de ces livres, à retrouver sur cet article, les prix du livre en Poitou-Charentes.

Le livre : Croquis-démolition de Patricia Cottron-Daubigné, Collection politique, éditions de la Différence, 2011, 71 pages, ISBN 978-2-7291-1948-5.

L’histoire : à Fontenay-le-Comte (en Vendée) il y a quelques années. Au détour d’une réunion, les ouvriers apprennent que leur usine, K.S.F., va fermer. Le compagnon de la narratrice est de ces ouvriers, elle va vivre avec eux les derniers mois de l’usine, en dire le bruit, les odeurs, la saleté, la vie des hommes et des femmes.

Mon avis : un texte court et qui se veut poétique malgré le sujet difficile… Il aurait toute sa place dans le cadre du festival poitevin Filmer le travail. Avec des mots forts, les conditions de travail difficiles, avec le bruit et l’huile des machines de cette usine de roulements à billes sont évoqués dans des tableaux vivants. La déshumanisation des ouvriers, réduits à leur numéro de pointage le jour du licenciement, numéro qu’ils « ré-humanisent » en les écrivant sur leurs T-Shirts qui seront détruits avec les bleus de travail le dernier jour… La fermeture d’une usine rentable, les objectifs de production sont souvent dépassés, mais les patrons ont décidé de délocaliser. Une écriture insolite pour un événement hélas trop fréquent de nos jours, mais jamais rapporté de l’intérieur par une femme écrivain -encore moins poète.

Pour aller plus loin: lire l’interview de l’auteure dans le n° 96 (avril 2012) de L’actualité Poitou-Charentes.

Bannière de Baume-les-Messieurs (2)

Bannière de Baume-les-Messieurs, le centre de la clef de voûteC’est parti pour ma participation à deux nouvelles bannières brodées (voir aussi ci-dessous) lancées par Marlie, cette fois, elles iront à Baume-les-Messieurs, dans le Jura. J’ai commencé par la clef de voûte. J’ai choisi de variations de bleus, en DMC, 803 au centre et 825 pour le reste… Broderie à suivre…

Baume-les-Messieurs, le village en juillet 2012C’est de l’abbaye de Baume-les-Messieurs que l’abbé Bernon et quelques moines sont partis en 909 pour fonder Cluny… J’y suis allée l’été dernier (juillet 2012), merveilleusement accueillie par Marlie

Bannières brodées pour ClunyBannières brodées pour Gigny, Baume, Cluny

– avec les grilles parues dans le livre Les bannières de Cluny etc. (toutes les informations pour l’acheter sont ici)

– avec les grilles réalisées pour des projets supplémentaires

– Voir la présentation des bannières à Bouchemaine et à Ruffey-sur-Seille.

Actualités poitevines…

Poitiers, viaduc des Rocs, février 2013, côté ouestRégulièrement, je vous propose une suite aux articles précédents, sur différents sujets… Je commence avec les travaux de la passerelle des Rocs, en train de devenir un viaduc… l’ouverture est toujours prévue en novembre 2013. La jonction avec le quartier ouest est réalisée. De gros travaux ont lieu aux abords pour la reprise des réseaux et la mise en place de l’accès au BHNS (bus à haut niveau de service).

Poitiers, viaduc des Rocs, février 2013, côté villeCôté est (plateau de la ville ancienne), la construction des piles en est encore aux fondations.

Les articles précédents : la passerelle des Rocs ou grande passerelle et sa démolition en plusieurs étapes : la démolition des premières travées et de la maison Rolland, la mise en place d’échafaudages sur les derniers piliers, la préparation de  la dépose de deux travées sur les voies, les deux travées sur les voies, la dernière travée sur les voies, le début de la reconstruction, les premières nouvelles travées,

Poitiers, février 2013, bandes podotactiles dans la gareSi on passe par la gare, les bandes podotactiles qui s’étaient dégradées juste après leur mise en place ont été enlevées et remplacées il y a quelques semaines par des bandes qui semblent plus solides et qui ont enfin un contraste par rapport au sol. c’est bien mieux… mais cela s’arrête aux portes de la gare, les bandes du parvis ont été grattées, mais pas remplacées. Le seront-elles? Les personnes aveugles et malvoyantes sont elles condamnées à se perdre à la sortie? Au moins, elles ne seront plus envoyées directement la forêt de piquets (revoir des clous espacés et des piquets, et aussi les autres articles, de la gare au centre-ville, Poitiers ville inaccessible et toujours des problèmes en novembre 2011).

Poitiers, février 2013, travaux sur les arbresPassons en centre-ville, où les barrières de Poitiers cœur d’agglomération, cœur de pagaille… ont fait leur retour… autour des « arbres »: revoir le massacre des arbres, la plantation des Sophoras ou encore les poiriers de Chine. Que se passe-t-il? Certaines informations disent qu’un pavage va être mis en place jusqu’au pied des arbres… En attendant, la terre de surface a été enlevée et sur certains arbres, un radier à base de ciment a été coulé. Euh, une petite question naïve, cela ne va pas encore imperméabiliser un peu plus les sols? Plus aucun arrosage naturel pour ces pauvres arbres??? [Voir le réaménagement avec le ratage du nouveau square de la République].

Poitiers, plaque erronée de la rue de la MarneJuste à côté, un lecteur de la presse locale avait signalé l’absurdité de cette plaque de rue… Il n’y a pas eu de bataille de la Marne en 1915, la première a eu lieu du 6 au 12 septembre 1914 (où le maréchal Joffre s’est distingué), la seconde du 15 au 20 juillet 1918. J’ai immortalisé la plaque erronée… les nouvelles plaques ont dû être posées, j’ai oublié d’aller prendre la photographie.

Poitiers, février 2013, plaques corrigées des rue de Blossac et Scheurer-KestnerEn revanche, voici deux des plaques que j’avais signalées et qui ont été refaites… Scheurer-Kestner a retrouvé son C et le comte de Blossac sa bonne date de décès, il aurait pu être « intendant du Poitou » plutôt qu’intendant, mais bon…

  • la « saga des nouvelles plaques de rue »:

rues Renaudot et Carnot (anciennes rues des Hautes Treilles, des Trois Piliers, des halles),
– rue de Blossac
rues Montgau(l)tier et du Souci(s),toujours du scotch sur le s de souci, mais la rue Montgautier a été corrigée

rue des frères Lumière(s) et cité de la Traverse, les Lumières ont enfin perdu leur S (voir ici la plaque corrigée)

– la rue Sainte-Radegonde scotchée
– les rues Scheurer-Kestner (sans C), Augouard, Foch.

– et Philippe de Tout Poitiers en a trouvé une excellente pour la rue de la Cueille aigüe / aiguë / aigüë!

Poitiers, février 2013, oeuvre d'art square de la RépubliqueDu côté de l’ex-square de la République, l’œuvre d’art n’est toujours pas réparée… Il y a eu des malfaçons dans la peinture sur l’installation de Benoît-Marie Moriceau, un panneau a fait son apparition pour dire que ce n’était pas l’état définitif…

Poitiers, novembre 2012, arrêté municipal interdisant les chiens dans le square de la RépubliqueEt sous blister, il y a aussi un arrêté municipal qui interdit le square aux… chiens (article 1: « interdiction de circulation des chiens ») pour « empêcher les anciennes pratiques ».

Poitiers, novembre 2012, arrêté anti-chiens du squareJe ne savais pas que « anciennes pratiques » pouvait être un motif valable d’interdiction… Surtout que le square étant devenu une place, comment interdire que les toutous ne traversent « même tenus en laisse et accompagnés de leur maître »? Sachant qu’en fait, ce ne sont pas les « toutous à mémère » qui sont visés, mais les jeunes marginaux (pas toujours SDF) qui s’y réunissaient…

Sur le square, voir mes articles précédents:

Le monument aux morts de 1870-1871, qui a ensuite perdu ses grilles puis sa patine (la presse en parle), le début de la restauration, restauré, de nouvelles grilles moches

Kutzenhausen, Broder’idées 2013, janvier

Calendrier de Kutzenhausen 2013, janvierL’année dernière, j’ai participé, grâce à Marlie, aux oriflammes brodées pour Kutzenhausen, dans le Bas-Rhin, présentées lors du Festival autour du Point de Croix 2012 de Kutzenhausen, « Au fil des couleurs », en brodant deux carrés, un U et un N. Cette année, la maison rurale d’outre-forêt propose un projet au fil des mois, une grille et une créatrice par mois, enfin, des petits mois, nous devrons envoyer le tout en octobre. Les grilles sont arrivées à mars, voici déjà mon mois de janvier, sur une grille créée par Bleu Mirabelle. Les grilles sont bien carrées, mais j’ai pris une toile de tissu d’ameublement non calibrée, en choisissant une déformation verticale. C’est une toile que j’aime bien broder quand les déformations n’ont pas grande importance… Le tour est en DMC 915, l’intérieur en 666.

Ciné-concert : The Thief de Russell Rouse accompagné par le Jérémy Baysse quintet

Poitiers, le théâtre et auditorium,12, vu depuis la grande passerelleC’était il y a déjà un mois, j’ai vu au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP, dans le cadre de la saison 2012-2013, le ciné-concert proposé par Jérémy Baysse et son quintet. Chaque année, le TAP propose un ciné-concert. Cette programmation existe depuis longtemps, et avant même qu’il ne devienne le théâtre et auditorium… j’ai toujours un souvenir ému de l’intégrale des Vampires de Louis Feuillade, série policière en dix épisodes, tournés en 1915, en pleine première guerre mondiale, avec des acteurs qui meurent à la fin de certains épisodes… et ressuscitent ou pas suivant que les acteurs reviennent ou non du front. 8h de spectacle, entrecoupées de deux entractes, un grand moment! (vous pouvez les découvrir sur Youtube, lien vers la première partie). pour la saison 2010-2011, j’avais vu The Kid de Charlie Chaplin et la saison précédente, en 2009-2010, un ciné-bd-concert Un homme est mort adapté de la BD de Chris et Davodeau, par Christophe Rocher.

Le film : à New-York dans l’immédiate après-guerre. Un spécialiste de physique nucléaire espionne ses collègues pour une puissance étrangère (jamais vraiment désignée). Il est contacté par des sonneries de téléphone, file faire des photographies des documents secrets de ses collègues sur microfilm, puis remet ces documents dans un lieu public, en général une grande bibliothèque, le film passe alors de main en main jusqu’à sa destination finale. Un jour, l’une des personnes qui participent à cette chaîne de transmission meurt dans un accident de voiture, le FBI récupère le film et enquête pour identifier l’espion, qui est mis à l’abri dans un hôtel en attendant de trouver un moyen de lui faire quitter les États-Unis…

Mon avis : The Thief (l’espion) est un film très particulier, puisqu’il a été tourné sans parole en 1952, donc bien après l’apparition du cinéma parlant. Ce n’est d’ailleurs pas un film « muet », puis qu’il y a des bruitages, notamment l’entêtante sonnerie du téléphone. Un certain Fields est en cause dans le film… Pas le John Charles Fields de la médaille de mathématiques qui porte son nom, puisqu’il  est mort en 1932, mais c’est probablement un clin d’œil… Un film très daté, en pleine guerre froide, en pleine chasse paranoïaque aux espions…Les scènes dans l’Empire State Building sont intéressantes aussi d’un point de vue… architectural, on y voit les coulisses d’une tour géante…

La musique créée par Jérémy Baysse et jouée avec son quintet (Jérémy Baysse à la guitare, Fabrice Barré et ses clarinettes, Domi Sanyas au violoncelle, Tristan Pierron à la basse, François Luçon à la batterie) s’adapte parfaitement à l’ambiance du film (vous pouvez écouter un extrait sur son site). Je l’ai revu récemment seul en scène pour l’accompagnement de deux films de Buster Keaton, mais c’est une autre histoire dont je vous reparlerai…

Pour les amis de Châtellerault, The Thieff y sera donné le 6 mai 2013 au nouveau théâtre. Un dispque a aussi été produit à la Mouette à trois queues.

Pour aller plus loin, au rayon lecture sur mon blog:

Es-tu maître de l’aube ? de Pearl Buck

La Déesse des petites victoires de Yannick Grannec

Théorème vivant de Cédric Villani

 

Il y a quelques années, Jérémy Baysse a aussi composé la musique de l’Art roman, un art à partager pour la Région Poitou-Charentes.

Le site internet de l’inventaire de Poitou-Charentes étant apparemment hors service ce week-end, je vous propose directement la vidéo…

Poitou-Charentes : l’art roman, un art à partager par Region-Poitou-Charentes

 

Des ATC en tissu pour Dianou et Cloeti

Deux ATC pour Dianou et CloetiLa semaine dernière, j’ai confectionné deux ATC (art trading cards / cartes de 2,5 sur 3,5 pouces), toutes deux sur un fond de tissu bleu. Celle de gauche est confectionnée en boutons (dont un en nacre pour la tête) et est partie au centre où Dianou / Claudiane poursuit sa rééducation (elle m’avait envoyé un mot avec l’adresse). Celle de droite est en feutrine, avec un bouton et des parles, elle accompagnait le porte-carte parti chez Cloeti.

Aigle Navajo (7)

Aigle Navajo, étape 7, détail de l'avancée au niveau des serresCette semaine, j’ai quasiment terminé les serres de mon projet d’aigle Navajo, le bas de l’aile est presque terminé et le dessous du corps prend forme…

Aigle Navajo, étape 7, l'ensembleVoici ce que donne l’ensemble. Il s’agit d’un kit De fil en imagecommencé pendant mes vacances de noël chez mon père, je l’avais poursuivi en posant la limite de l’aile et par la gauche, puis par la tête, le bas de l’aile

Le monument aux morts de 1870 de Bressuire

Bressuire, monument aux morts de 1870, carte postale ancienneJe continue à vous présenter des monuments aux morts avec le monument aux morts de 1870 de Bressuire, dans les Deux-Sèvres, qui porte une République (voir Les allégories de la République sur les monuments aux morts en Poitou-Charentes, par Charlotte Pon-Willemsen, dont je vous ai parlé ici). Il a été installé dans ce qui était alors la place Sadi-Carnot…rebaptisée en 1988 place des Anciens-Combattants. une place aujourd’hui bien encombrée par les voitures…

Bressuire, monument aux morts de 1870, carte postale ancienne

Bressuire, monument aux morts de 1870, carte postale ancienneVoici une autre vue, plus rapprochée, de la République.

Bressuire, monument aux morts de 1870, vue générale

Depuis ont été ajoutées de chaque côté des plaques portant les noms des victimes des conflits postérieurs. La République est représentée debout sur un haut socle (portant l’inscription « Aux enfants du canton de Bressuire morts pour la Patrie ») placé en avant d’un obélisque de presque 9 m de haut surmonté d’un pyramidion, le tout est réalisé en pierre calcaire de Chauvigny. Les chiffres et devises de la République dominent les faces du monument : liberté sur le côté gauche, égalité sur la face principale, fraternité à droite et RF (pour République française) au dos.

Bressuire, monument aux morts de 1870, signature des architectes et du sculpteur, RispalIl porte les signatures « Barbaud et Bauhain / architectes / Rispal statuaire » et dans une gravure plus légère « Dorotte, Arch. voyer – inspect[eur] / des travaux ».

Jules [Louis] Rispal (Bordeaux, 1871 – Piquey, commune de Lège-Cap-Ferret, 1910 et non 1909 comme on le trouve parfois) avait travaillé à plusieurs reprisés à Bordeaux avec l’architecte. Plusieurs de ses œuvres sont conservées à Bordeaux, au musée des beaux-arts, près de la mairie (Nymphe de Diane), dans le jardin public (groupe sculpté de l’écrivain Fernand-Lafargue). Les deux architectes, Raymond Barbaud, né en 1860 à Bressuire, et le bordelais Édouard Bauhain (1864-1930) ont régulièrement travaillé ensembles à Paris (par exemple pour un immeuble art nouveau 18 rue Perrée), à Bordeaux et dans l’ouest de la France (dont la poste de Bressuire, le bâtiment avec la rotonde au deuxième plan à gauche de la première carte postale ancienne qui illustre cet article).

Bressuire, monument aux morts de 1870, signature de l'entrepreneur BrémaudLes travaux ont été confiés à l’un des principaux entrepreneurs de monuments funéraires de la ville, « H[enri] Bremaud / entrepreneur ».

Bressuire, monument aux morts de 1870, le dos du monumentLe dos du monument relate l’histoire mouvementée de l’érection du monument, inauguré le 25 octobre 1903. Vous pouvez voir des photographies de l’érection et de l’inauguration sur cette page associative, ainsi que la liste des souscripteurs, mais attention, le relevé du texte gravé au dos y est approximatif. Voici le relevé que j’en ai fait:
« Ce monument  / élevé par la Société / des combattants de 1870-71 /et des colonies / à l’aide  / d’une souscription / publique, d’une / subvention municipale / et d’un secours de l’État / a été inauguré le 25 octobre 1903 / en présence de / M. le général André, / ministre de la Guerre/ M. Émile Loubet / étant Président de la République / Sagebien / préfet des Deux-Sèvres / Guillard / s-préfet de Bressuire / Clisson / Président de la Société / des combattants / Et René Héry / Maire de la Ville ». En-dessous se trouvent les armoiries de la ville de Bressuire.
Bressuire, monument aux morts de 1870, la République de face et de profil

Appuyée sur son épée, la République se tient en avant d’une grande couronne végétale composée de branches de laurier et de fleurs.

Bressuire, monument aux morts de 1870, détail de la RépubliqueLa République casquée et cuirassée s’appuie fièrement sur son épée, dans une attitude très différente de celle du monument aux mobiles de la Charente à Angoulême.

 

Bressuire, monument aux morts de 1870, les deux faces latéralesUn long poème de Victor Hugo, Hymne aux morts de juillet, daté de 1831 et publié en 1836 dans les chants du crépuscule, est partiellement reporté sur les côtés du monument.

Le poème commence à droite :

« Ceux qui pieuse-/ment sont morts/ pour la patrie //
Ont droit qu’à leur / cercueil la foule / vienne et prie.//
Entre les plus / beaux noms leur / nom est le plus beau.//
Toute gloire près / d’eux passe et tom-/be éphémère//
Et comme ferait / une mère,//
La voix d’un peuple / entier les berce / en leur tombeau//
Gloire à notre  / France éternelle //
Gloire à ceux qui sont / morts pour elle!//
Aux martyrs aux / vaillants aux forts !//
À ceux qu’enflamme / leur exemple //
Qui veulent place / dans le temple //
Et qui mourront / comme ils sont / morts ! //

Il manque la strophe centrale et un refrain

« C’est pour ces morts, dont l’ombre est ici bienvenue,
Que le haut Panthéon élève dans la nue,
Au-dessus de Paris, la ville aux mille tours,
La reine de nos Tirs et de nos Babylone,
Cette couronne de colonnes
Que le soleil levant redore tous les jours ! »

Le texte se poursuit ensuite du côté gauche:
« Ainsi, quand de tels / morts sont couchés  / dans la tombe, //
En vain l’oubli, nuit / sombre où va tout / ce qui tombe,//
Passe sur leur sé-/pulcre où nous / nous inclinons//
Chaque jour, pour / eux seuls se le-/vant plus fidèle,//
La gloire, aube tou-/jours nouvelle,//
Fait luire leur / mémoire et redore / leurs noms ! // Gloire à notre / France éternelle !//
Gloire à ceux qui sont / morts pour elle ! //
Aux martyrs ! Aux / vaillants ! Aux forts !//
À ceux qu’enflamme / leur exemple,//
Qui veulent place  / dans le temple,//
Et qui mourront  / comme ils sont / morts// »

 

Photographies prises en octobre 2012.