L’économie du couple, de Joachim Lafosse

Affiche de L'économie du couple, de Joachim LafosseNouvelle sortie cinéma, idéal pour être au frais, avec L’économie du couple, réalisé par Joachim Lafosse et présenté à la quinzaine des réalisateurs lors du dernier festival de Cannes.

L’histoire : de nos jours dans un ancien atelier transformé en appartement. Marie [Bérénice Bejo], universitaire et fille de bonne famille, veut se séparer de Boris [Cédric Kahn], architecte sans travail fixe. Elle a acheté la maison, mais lui a fait tous les travaux qui valorisent l’ensemble… Pour partir, il veut la moitié de la valeur de la maison, elle n’est prête qu’à lui céder que le tiers. En attendant, ils cohabitent avec, au milieu, leurs jumelles de 7/8 ans, la belle-mère [Marthe Keller], prête à confier à Boris le chantier de la restauration de sa propre maison, les amis…

Mon avis : a priori, pas facile de faire un film qui se passe dans sa quasi totalité -sauf le dernier quart d’heure- dans un lieu aussi petit, en gros quatre pièces, un grand salon avec un coin cuisine, trois chambres et une salle de bain, et la cour! Le huis-clos est d’ailleurs parfois pesant, le spectateur mis face aux règlements de compte autour de la vie bassement matérielle, face aux exigences de Marie, qui fixe ses règles, ses « jours » où Boris ne devrait rentrer qu’après le coucher des filles, la molle résistance de celui-ci. En face de ces exigences matérielles, Boris parle du « prix de l’amour », celui qui fait que l’appartement a pris tout son charme, sa valeur. La cohabitation d’un couple en voie de séparation le temps de régler les comptes, au sens propre, est un thème rarement abordé. Bon, j’ai trouvé qu’il y a parfois des longueurs, des moments trop pesants sans être vraiment crédibles, mais une idée de sortie pour ceux qui veulent fuir pendant presque deux heures les 39° annoncés sur une bonne partie du pays aujourd’hui et demain.

Évangile pour un gueux, par Alexis Ragougneau

pioche-en-bib.jpgCouverture de Évangile pour un gueux, par Alexis RagougneauAprès La Madone de Notre-Dame, j’ai emprunté à la médiathèque le second roman d’Alexis Ragougneau.

Le livre : Évangile pour un gueux, par Alexis Ragougneau, éditions Viviane Hamy, 2016, 360 pages, ISBN 9782878586152.

L’histoire : de nos jours à Paris, peu avant Pâques. Un SDF est retrouvé dans la Seine… Très vite, il s’avère que c’est Mouss, le meneur d’une occupation de la cathédrale Notre-Dame quelques mois plus tôt, la veille de Noël. Un petit groupe de sans domiciles fixes avait alors fait la une des médias, retenant le père Kern pour obtenir des logements décents, jusqu’à leur évacuation par les forces de l’ordre. Claire Kauffmann, devenue juge d’instruction, tente de reprendre contact avec le Père Kern, qui ne fait plus de vacations à Notre-Dame depuis cette histoire… Où était passé Mouss pendant ce trimestre? Pourquoi est-il si maigre et porte-t-il dans la mort les stigmates du Christ? Ses compagnons d’infortune savent-ils quelque chose?

Mon avis : on retrouve les principaux personnages de La Madone de Notre-Dame (mais il n’est pas indispensable de le lire d’abord), cette fois pour une plongée dans la vie des sans domiciles fixes et des « tenants de l’ordre », milices d’extrême-droite et une partie du clergé de Notre-Dame, les intégristes de Cohors Christi que tout oppose au père Kern. Plus épais que le premier volume, ce polar est aussi plus abouti, les portraits des personnages (Claire Kauffmann passée de procureure à juge d’instruction, le duo de flics toujours sans prénoms, Landard-Gombrowicz, le père Kern réfugié dans l’archivage de témoignages de vie de SdF) se précisent, toujours avec une écriture très agréable. Le portrait des sans logis est fouillé, Kristof, le Polonais qui vivait derrière Notre-Dame dans le premier opus a retrouvé sa fille qu’il cherchait depuis de nombreuses années mais ne peut s’empêcher de retourner dans la rue. A découvrir en attendant la livraison des livres de la rentrée littéraires dans les prochains jours!

Moka de Frédéric Mermoud

Affiche de Moka de Frédéric MermoudAprès quinze jours de fermeture, mon cinéma Arts et essais préféré à rouvert… Sortie cinéma dès hier avec une amie pour aller voir Moka réalisé par Frédéric Mermoud sur une adaptation d’un livre de Tatiana de Rosnay.

L’histoire : de nos jours à Lausanne, à l’automne. Diane Kramer [Emmanuelle Devos] ne se remet pas de la mort de son fils le 25 mars précédent, renversé en sortant du conservatoire par une voiture qui a pris la fuite alors qu’il montait dans le bus. Un détective qu’elle a recruté [Jean-Philippe Écoffey] lui donne les coordonnées de quatre véhicules couleur Moka qui pourraient correspondre à la description donnée par le chauffeur de bus. Contre l’avis de son mari [Samuel Labarthe], elle part, fait la connaissance d’un jeune délinquant qui va l’aider à trouver un revolver [Olivier Chantreau]. Elle retrouve la voiture, en vente, à Evian, s’immisce dans la vie de ses propriétaires, Marlène l’esthéticienne [Nathalie Baye], sa fille adolescente [Diane Rouxel] et son compagnon Michel [David Clavel], moniteur aux thermes.

Mon avis : la confrontation entre Nathalie Baye et Emmanuelle Devos est d’une grande force, avec une femme percluse de douleur et l’autre qui ne comprend pas qui est cette nouvelle cliente atypique, qu’elle croise et recroise en ville, mais Evian est si petit… Les paysages d’automne sur le lac Léman sont magnifiques, renforçant le jeu des deux actrices principales, offrant des pauses dans la narration, associant le spectateur à ces moments de réflexion.

Ambulance de Suso de Toro

pioche-en-bib.jpgCouverture de Ambulance de Suso de ToroUn livre trouvé dans les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Ambulance de Suso de Toro, traduit de l’espagnol par Georges Tyras, collection Rivages Thriller, éditions Rivages, 173 pages, 2013, ISBN 9782743625344.

L’histoire : il y a quelques années à Saint-Jacques-de-Compostelle. Gringalet et Pepete viennent de sortir de prison. Ils ont besoin de came, braquent une station service, repartent avec un maigre butin, laissent le gérant pour mort, Pepete s’est fait une belle entorse… S’ensuit une cavale pathétique, ils ne peuvent pas sortir de la ville parce qu’une bombe a explosé dans une banque… Retourneront-ils illico en prison?

Mon avis : je ne sais pas pourquoi l’éditeur, l’auteur et le traducteur ont choisi de ne pas traduire Saint-Jacques-de-Compostelle et ont laissé Santiago de Compostela, mais cela n’a aucune importance car le roman pourrait se passer n’importe où, le « décor » est limité, une station service, une rue (deux, allez), une pharmacie, un appartement et un entrepôt. Les personnages aussi sont limités, trois truands, un flic pourri asthmatique, une prostituée, un vieux chien en manque d’affection… Une époque assez indéterminée, les truands comptent la caisse en pesetas et en euros. Le plasticage n’est qu’évoqué, un prétexte à bloquer les personnages en ville. Une bonne partie du récit est fait du point de vue de Pepete, le minable à la cheville blessée, ce qui change du point de vue du détective, mais je n’ai pas vraiment mordu à l’histoire ni au style de ce roman écrit essentiellement en langage parlé… Je vous laisse le lire ou m’en parler, je suis peut-être passée à côté de quelques chose, d’habitude, j’aime bien les choix de cet éditeur pour trouver des polars étrangers « différents »…

Une écharpe en jacquard

Premiers rangs de l'écharpe en jacquard tricotée en rondJ’ai terminé mon pullover gris mais pas encore pris la photographie… en attendant, dans les photographies que je ne vous ai jamais montrées, j’ai retrouvé cette écharpe tricotée l’automne dernier, assortie au bonnet offert à Danielle, un ensemble coordonné bonnet et écharpe créé par KAZEKOBO et paru dans Bonnets en jacquard (éditions de Saxe, 2015). Je l’ai tricotée en rond, cela permet d’avoir une double épaisseur sans avoir à faire les longues coutures, et les extrémités peuvent servir de manchon si on a oublié ses gants!

Echarpe en jacquardEt voilà le résultat!

Mapuche, de Caryl Férey

Couverture de Mapuche, de Caryl FéreyParmi ses recommandations d’été, le magazine Causette. recommandait cet auteur, son dernier polar mais aussi celui-ci, que j’ai acheté en livre de poche… Il a reçu en 2012 le prix Landernau du polar et le prix du meilleur polar français du magazine Elle.

Le livre : Mapuche, de Caryl Férey, Collection Série Noire, Thrillers, éditions Gallimard, 464 pages, 2012,ISBN 9782070130764 [lu en Folio policier n°° 716, 549 pages, 2013].

L’histoire : en Argentine de nos jours. Rubén Calderón est détective privé et recherche des enfants volés lors de la dictature, lui-même fut torturé il y a trente ans, alors qu’il avait 15 ans, assistant dans les geôles clandestines de l’École de Mécanique de la Marine à mort de son père poète célèbre et sa sœur de 12 ans. Sa mère fait partie des mères (et désormais grands-mères) de la place de Mai. Un jour, on le charge de retrouver Maria, une photographe disparue depuis deux jours, fille du principal soutien financier au maire de Buenos Aires, sans savoir qu’il s’agit aussi d’une enfant volée par la dictature. De son côté, Jana, indienne mapuche réfugiée en ville après la crise financière de 2001-2002, est plus ou moins sortie du tapin et arrive à survivre comme sculptrice engagée sur le sort des indiens. A la demande expresse de son ami(e) Paula / Michele, elle tente de convaincre Rubén d’enquêter sur la mort de Luz, leur ami travesti dont le corps mutilé a été retrouvé dans le port, sans grand espoir du côté de la police. Les deux affaires vont s’avérer étroitement liées, sur les traces des pires moments de la dictature, avec des personnes prêtes à tout pour sauvegarder leurs sales secrets…

Mon avis : un thriller qui plonge dans le passé ou plutôt les passés sombres de l’Aregntine (en frôlant le Chili, mais ça, je vous laisse le découvrir): les geôles de la dictature (et les enfants volés) d’un côté, le sort des Indiens de la forêt amazonienne de l’autre. Il ne s’agit pas d’un documentaire, ceux qui veulent en savoir plus seraient plus inspirés de lire des livres d’histoire, mais bien d’une toile de fond sur laquelle se trace une chasse à l’homme sans merci, entre ceux qui cherchent à faire éclater la vérité et ceux qui sont près à tout pour la garder soigneusement enfouie. La violence se déchaîne, les morts s’accumulent dans les deux camps, la morale n’est pas toujours sauve, la nature humaine se révèle sous ses plus sombres aspects… Une idée de lecture au frais pour les deux prochains jours annoncés très chauds… ou à garder pour cet hiver au coin du feu??? A vous de choisir!

Sac origami

Sac origami bleu, avec la poignée marronJ’ai réalisé ce sac origami réversible il y a un moment… tr-s en retard pour l’anniversaire  d’Emmanuelle / le Marquoir d’Élise… C’est un modèle de Viny DIY publié dans le numéro d’avril 2016 de Modes et travaux, qui proposait quelques sacs très sympas. J’ai choisi deux tissus bleus assortis, mais le simili cuir marron que j’ai d’abord choisi ne me convenait pas finalement… L’idée de la poignée pour un sac de course proposée dans le modèle me semblait bonne.

Sac origami bleu, avec la poignée griseDu coup, j’ai plongé dans ma réserve de tissus et retrouvé un coupon de simili cuir gris (dans lequel j’avais prévu de me faire une pochette, jamais réalisée…). Le résultat me plaît mieux…