Les tremblements de terre anciens en Poitou

La terre a tremblé plusieurs fois en Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne ces derniers mois (2015-1016), retour sur des tremblements de terre plus anciens… Ces tremblements de terre sont répertoriés sur le site du BRGM (voir liens au fur et à mesure), mais n’ont pas tous été retenus pour le « calibrage » de la centrale nucléaire de Civaux

1018, 18 octobre : Poitiers

1083, 15 novembre : Poitiers, avec incendie de l’église Sainte-Radegonde. Il est notamment rapporté dans la chronique de Saint-Maixent publiée par Dom Bouquet, t. XII p. 402, voir la transcription du texte latin à la date de 1083 sur le site histoire passion [consultation pour vérification du 20 septembre 2014: lien inactif]: « Eodem anno terrae motus factus est magnus, XV° kalendas novembris, in die natalis Sancti Lucae. Pars civitatis Pictavis magna cum ecclesia Sanctae Radegundis combusta est« . Voir aussi Jean Vogt, 1983. Remarques sur le séisme du 18 octobre 1083 (Poitou). Rapport n°83-RN-SIS-50, janvier 1983, Antenne sismicité, BRGM, Strasbourg, 10 p.

1097, 13 octobre : il est rapporté dans la chronique de Saint-Maixent, voir la transcription du texte latin à la date de 1097 sur le site histoire passion : « Eodem anno apparuit stella cometa, pridie nonas octobris, per septem noctes, fuitque terrae motus III° idus octobris. Mense novembri fuit magna perditio seminum, partim ex vermibus, partim ex pluviis ; et flumina creverunt magna et castella et vicos et homines necaverunt, maxime pedites« . La chronique mentionnant aussi des tremblements de terre en Italie (en 1113 et 1117), il n’est pas certain que celui-ci se soit produit dans le Poitou.

1098, 4 octobre : il est rapporté dans la chronique de Saint-Maixent / Maillezais publiée par Dom Bouquet, t. XII p. 404, voir la transcription du texte latin à la date de 1098 sur le site histoire passion : « Eodem anno inventum est corpus sanctae Pecinnae. Coelum apparuit rubicundum, VI° kalendas octobris. Terrae motus, III° nonas octobris fuit ; et lunae eclipsis fuit III° idus decembris« . La chronique mentionnant aussi des tremblements de terre en Italie (en 1113 et 1117), il n’est pas certain que celui-ci se soit produit dans le Poitou.

1105, avril : il est rapporté dans la chronique de Saint-Maixent, voir la transcription du texte latin à la date de 1105 sur le site histoire passion : « Idibus aprilis terrae motus« . La chronique mentionnant aussi des tremblements de terre en Italie (en 1113 et 1117), il n’est pas certain que celui-ci se soit produit dans le Poitou.

1318, 15 février : Poitiers

1335, le vendredi après noël [29 décembre] : tremblement de terre majeur avec un épicentre au sud-est d’Angoulême, mentionné à Poitiers en marge du manuscrit  112 de la médiathèque de Poitiers (voir le catalogue raisonné)

1512, 25 août : Poitou, probablement dans le secteur de Saint-Maixent-l’Ecole. Voir Jérôme Lambert (dir.), Les tremblements de terre en France Hier, aujourd’hui et demain, BRGM, 1996.

1645, nuit du 23 au 24 janvier : Poitiers. Un épisode est mentionné dans divers documents. Il ne s’agit pas d’un séisme mais d’une violente tempête, aussi signalée à Saintes et la Rochelle. Elle a entraîné la chute du clocher de l’église Saint-Hilaire-de-la-Celle à Poitiers. Voir Jean Vogt, 1988. Le « séisme » de 1645 – À propos d’un faux séisme présumé (1645) – Le Poitou et le sottisier des catalogues de sismicité historique, Le Picton, n° 70, p. 2-4.

[1657, 15 février : en marge du Poitou, à Sainte-Maure-de-Touraine, estimé force 7 à 8 sur l’échelle MSK].

1658 : Thouars. Mentionné dans un rapport du BRGM sur les tremblements de terre de la région de Chemillé (Maine-et-Loire, P. Godefroy et Jérôme Lambert).

1704, 11 mars : Vendeuvre-du-Poitou, estimé force 6 à 7 sur l’échelle MSK. Voir Grégory Quenet et Agnès Levret, 1997. Le séisme du 11 mars 1704 en Poitou. Recherche de nouvelles sources historiques et essai d’estimation de l’intensité à Vendeuvre en Poitou, Rapport IPSN, n° 97-17, 58 p. ; Grégory Quenet ,1999. Aspects méthodologiques de la recherche en sismicité historique : application au séisme de 1704 en Poitou, dans Rémi MARICHAL (dir.), Archéosismicité & vulnérabilité du bâti ancien. Actes des IVe Journées APS, Perpignan 1999, p. 87-105, repris sans les figures sur le site du groupe APS (Association pour l’identification et l’étude des pathologies d’origine sismique dans le bâti ancien). Il est mentionné aussi dans plusieurs registres paroissiaux de la Vienne [Archives départementales de la Vienne, analyse des registres paroissiaux, série E suppléments, par Émile Bricauld de Verneuil].

1708 : Poitiers. Comme le tremblement de terre de 1704, il est mentionné dans plusieurs registres paroissiaux de la Vienne (Bricauld, ibid.). Voir Jérôme Lambert (dir.), Les tremblements de terre en France Hier, aujourd’hui et demain, BRGM, 1996.

1711, 6 octobre : Loudun, évalué à une force 7,5 sur l’échelle MSK. Les sources signalant ce tremblement de terre ont été étudiées et analysées dans un rapport très détaillé du BRGM.

1772, 9 janvier : épicentre entre Parthenay et Loudun. Il a été évalué à une force entre 7 et 8 sur l’échelle MSK. Les sources signalant ce tremblement de terre ont été étudiées et analysées dans un rapport du BRGM sur les tremblements de terre de la région de Parthenay (P. Godefroy et Jérôme Lambert).

Voir aussi Grégory Quenet, 2005, Les tremblements de terre aux XVIIe et XVIIIe siècles. La naissance d’un risque, Seyssel, Champ Vallon, 587 p.

Mais c’est quand l’été???

Oiseau coloré de MarietteAprès un printemps bien arrosé, à quelques jours du solstice d’été, il fait froid et toujours pluvieux! Un oiseau a élu domicile bien au chaud dans mon ficus… j’avais oublié de le montrer avec les autres oiseaux printaniers de Mariette! Couture avec tissus, feutrine, boutons, rubans, croquet. Encore merci, Mariette, il enlumine mon salon au milieu de toute cette grisaille.

Vous pouvez revoir: la carte textile envoyée à Noël, le rouge-gorge, les autres oiseaux printaniers

Baden Baden de Rachel Lang

Affiche de Baden Baden de Rachel LangJe suis allée voir avec Baden Baden de Rachel Lang le week-end dernier.

Le film: de nos jours à Bruxelles. Ana, 26 ans [Salomé Richard], termine un petit boulot de chauffeur des vedettes lors du tournage d’un film. Au lieu de rendre la Porsche de location, elle file vers Strasbourg, sa ville natale. Elle se réfugie chez sa grand-mère chérie [Claude Gensac], qui habite dans un ensemble HLM. Elle retrouve Simon [Swann Arlaud] son ancien copain musicien professionnel et renoue avec son ex, Boris [Olivier Chantreau], avec qui elle a eu une histoire qui l’avait plongée dans la dépression, lui rappellent sa mère [Zabou Breitman] et son frère [Thomas Silberstein]. Quand sa grand-mère tombe et se casse le col du fémur, elle lui promet de l’emmener à Baden Baden quand elle sera remise. Elle s’engage dores et déjà dans la démolition de la baignoire qu’elle veut remplacer par une douche de plain-pied, avec l’aide de tutos sur internet, de Grégoire, intérimaire dans un magasin de bricolage [Lazare Gousseau] qui n’y connaît pas grand-chose non plus et d’Amar, un poseur de carreaux de piscine [Driss Ramdi]…

Mon avis: ce film met en scène deux actrices très fortes, Salomé Richard, habillée d’un tee-shirt et d’un short en jeans, et Claude Gensac, aussi tendre que la vieille dame qui recueille Lulu dans Lulu femme nue (qui est passé récemment sur Arte). La photographie est très soignée, notamment la manière de filmer les visages dans quelques longs plans séquences (l’errance en voiture sans trouver son chemin) ou lorsque l’on voit des visages qui se détachent de profil à contre-jour perpendiculairement dans le cadre de l’image, l’un en haut, l’autre sur le côté. Le scénario n’est pas très original, avec une héroïne adolescente attardée, qui cherche sa voie, n’arrive pas à s’engager vraiment (ni en amour, ni dans un travail durable) mais peut être très persuasive pour obtenir ce qu’elle veut (l’aide de l’intérimaire du magasin de bricolage puis de l’ouvrier carreleur qu’elle va débaucher sur un chantier). C’est néanmoins un tendre tableau d’une jeunesse ordinaire en quête de sens dans la vie.

 

Abécédaire chat, cinquième étape

Abécédaire chat, la fin du A, le r et le sAprès un mois sans petite croix, je me suis secouée et voilà, j’ai terminé le A (déjà bien engagé), le r et le s. Ce projet de chat entre dans le cadre du SAL (projet de broderie en commun) « Chat va vider mon placard » (étendu aux broderies d’autres animaux), coordonné par Minouche. C’est un modèle d’abécédaire pris dans le livre Brodez-moi chat d’Isabelle Haccourt-Vautier et Adeline Cras.

Revoir: la première étape, la deuxième, la troisième,  la quatrièmeétapes, à suivre…

Coussins et …futurs coussins (de Maryse)

Aujourd’hui, je laisse la parole à Maryse!

Avec des restes de laine Katia Azteca et une pelote de Katia Merino Aran écrue, j’ai fait des coussins au crochet et au tricot.

Granny au crochet pour faire des coussinsLe système Granny est toujours facile et on peut le décliner en grands carrés ou en petits.

Coussins au crochet et au tricot de MarysePour le recto j’ai fait un système d’enveloppe en point mousse, en laine unie jaune moutarde, en deux morceaux : un grand et un plus petit qui peut se rentrer dans le grand comme pour une taie d’oreiller. Ce système à l’avantage de permettre de l’enlever facilement quand on veut le laver.

Coussin au tricot de MarysePour le coussin au tricot, j’ai choisi le point mousse que j’ai tricoté en losange, en commençant par 3 mailles et en augmentant une maille à chaque début de rang jusqu’à ce que j’obtienne une largeur de 40cm et ensuite j’ai diminué une maille de chaque côté jusqu’à la fin. J’ai fait deux morceaux identique que j’ai cousus. Sur le canapé noir et gris du salon, ça fait des tâches de couleurs sympas…

Pour les carrés déjà faits, je vais attendre pour tricoter ou crocheter les versos, car je sature un peu et je cherche des idées nouvelles.

Bertrand Bellon au château de Tours

Je suis allée au château de Tours pour voir l’exposition Robert Capa et la couleur, mais j’en ai profité pour voir aussi les expositions dans les étages supérieurs. Direction le deuxième étage pour commencer, je vous parlerai de la troisième exposition très vite.

Bertrand Bellon, les choses ordinaires de la vie

Affiche de l'exposition Bertrand Bellon, les choses ordinaires de la vieL’exposition était programmée jusqu’au 8 mai 2016 mais a été prolongée d’un mois, jusqu’au 5 juin 2016. Elle est donc dans ses derniers jours. Elle est accompagnée d’une vidéo de 5 minutes, prise dans l’atelier parisien de l’artiste, et je pense qu’il est intéressant de la voir avant plutôt qu’à la fin de la visite. Selon la présentation officielle, « Bertrand Bellon est né au Maroc en 1945. Il a une formation universitaire en art et en sciences sociales. Il détient deux doctorats et a été Professeur dans la plus reconnue des universités françaises : l’Université Paris-Sud. Chercheur, il a écrit 12 livres et un grand nombre d’articles en sciences sociales« .

Je n’ai pas trop accroché à ses peintures, mais j’aime beaucoup ses grands formats sous forme de grands dépliants en papier qui illustrent des poèmes, à l’encre et/ou au fusain et/ou à l’acrylique, notamment Les quatre saisons (insectes dans l’herbe au fil des saisons, 28 x 480 cm), La vie de l’arbre (qui illustre un poème de Paul Verlaine, Sagesse, 1880, 32 x 640 cm). J’aime bien aussi ses arbres à l’encre de chine.

Une petite remarque, le dépliant est écrit en majuscules, en jaune sur gris-vert foncé, c’est quasiment illisible (au moins pour moi, même si ma vue est quasi normale maintenant). Vous pouvez le constater vous-même, il est téléchargeable ici (.pdf).

Pour aller plus loin, voir le site officiel de Bertrand Bellon ou son compte facebook.

D’autres expositions du château de Tours: revoir Max Ernst, Yves Elléouët et sur la fondation des Treilles, Nadar, Richelieu, Kertesz et Zola, Robert Capa et la couleur.

Un pullover de mi-saison (2)

Pullover gris, deuxième étape, le corps jusqu'aux emmanchuresJ’ai poursuivi mon nouveau pullover… toujours au rythme des démontages sur certains rangs de torsades. Je suis quand même arrivée au niveau des manches. J’attaque les manches en quatre aiguilles, au début au moins car il n’y a pas assez de mailles pour une aiguille circulaire, mais les côtes torses seront plus régulières si je les tricote toujours sur un range endroit. A suivre…

Modèle de Passion tricot n° 3 (4e trimestre 2015).

Les cahiers russes, d’Igort

pioche-en-bib.jpgCouverture de Les cahiers russes, d'IgortAprès Les cahiers ukrainiens il y a quelques années, je viens d’emprunter les Cahiers russes à la médiathèque.

Le livre : Les cahiers russes, la guerre oubliée du Caucase, de Igor Tuveri, dit Igort (scénario et dessin), éditions Futuropolis, 2012, 172 pages, ISBN 9782754807579.

L’histoire : Moscou, en 2009. Trois ans après l’assassinat d’Anna Politkovskaïa, militante des droits de l’Homme, journaliste à la Novaïa Gazeta,  le 7 octobre 2006, Igort entre dans l’immeuble et l’ascenseur où elle a été assassinée. Elle voulait défendre la cause des Tchétchène. Après sa mort, son ami et avocat a poursuivi son action, avant d’être à son tour assassiné en janvier 2009, après de multiples agressions physiques et menaces de mort. Retour sur les actions de ces deux personnes, d’exception, leur combat, le rôle de médiateur d’Anna Politkovskaïa lors de la prise d’otages du théâtre Doubrovska en octobre 2002, sur les exactions russes en Tchétchénie…

Mon avis : Igort retrace les exactions russes en Tchétchénie et présente les prises d’otages du théâtre de Moscou et de Beslan comme des conséquences de ce qui se passait dans cette zone soit disant autonome, et les centaines de morts comme l’incurie des services russes (voir aussi L’incertitude de l’aube de Sophie Van der Linden). Il met en image les témoignages recueillis par la journaliste sur les tortures et autres exécutions sommaires en Tchétchénie, auprès de victimes et de soldats. Cependant, je n’aime pas trop le style du dessin. Le récit se présente comme un entretien avec Galia Ackerman, une amie de la journaliste, en alternance avec la plongée dans la violence en Tchétchénie ou contre ceux qui défendent sa cause. Je n’ai pas trop compris certaines digressions, comme la page sur la famine en Ukraine sous Staline (sujet des Les cahiers ukrainiens), sans rapport avec le sujet, pas plus que les passions littéraires d’Anna Politkovskaïa pour Léon Tolstoï et Fédor Dostoïevski. Cela brouille un peu le récit.

Éperdument, chants d’amours persans par Alireza Ghorbani

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014

Chaque année, j’essaye de voir un spectacle de musique orientale au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP, cette année, c’était Éperdument, chants d’amour persans par l’artiste iranien Alireza Ghorbani, qui a récemment donné aussi des concerts avec Dorsaf Hamdani, venue à Poitiers il y a deux ans. Déjà la fin de la saison 2015-2016

Le spectacle : la scène de l’auditorium est délimitée sur les côtés par des rideaux noirs. Au centre, assez vers l’avant, des banquettes couvertes de tapis. Alireza Ghorbani et ses trois musiciens, Saman Samimi (kamanche), Milad Mahammadi (tar) et Hussein Zahawy (daf, udu) prennent place, l’un assis en tailleur.

Une très belle soirée, une très belle voix accompagnée par une musique parfaite, pas trop présente, laissant bien entendre la voix mais également mise en valeur par de beaux solos… Je vous recommande ce spectacle s’il passe près de chez vous, en attendant, voici un extrait proposé par France Musique (Ali Reza Ghorbani à l’abbaye de Royaumont).