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Saisie d'écran de l'interrogation Jonard Catteau dans la base de données Transparence.sante.gouv.fr

Minimisation des conséquences des méningiomes et conflits d’intérêt d’une gynécologue

Complément du 14/10/2026

J’ai regardé le débat sur France 5 hier soir, la lobbyiste en chef, Sophie Catteau-Jonard, a été encore plus catastrophique pour la santé des femmes que la semaine précédente sur France Inter (voir ci-dessous).

Elle a complètement oublié le serment d’Hippocrate : d’abord ne pas nuire.

Elle a mollement dit qu’avec des méningiomes, tout traitement aux progestatifs est interdit ; une témoin a pris de l’Optimizette, pourtant interdit, avec un méningiome et a fait une récidive… sans l’avoir encore arrêté. Que font la sécurité sociale (elle sait qu’elle a été opérée d’un méningiome, il devrait y avoir une alerte à tout remboursement de progestatif), ses médecins, sa sage-femme, son pharmacien, les médecins présents sur le plateau ? En cas de méningiome, il est interdit de prendre des progestatifs. Le médecin ou la sage-femme qui prescrirait ces médicaments avec un méningiome connu serait financièrement responsable des conséquences d’une récidive ou d’une aggravation d’un méningiome. L’agence nationale de sécurité du médicament ANSM n’est pas nette non plus : elle a mis à jour sa réévaluation (mise à jour du 29 septembre 2026) précise clairement le sur-risque de méningiome et un service médical rendu insuffisant (depuis 2025, ce qui devrait entraîner son déremboursement), avec un courrier envoyé par la sécurité sociale à celles qui en ont pris au cours de ces deux dernières années, la notice patient et le résumé des caractéristiques du produit (RCP) pour les médecins ne mentionnent pas du tout le risque de méningiomes ni la contre-indication de ce médicament en cas de méningiome connu, il faut aller dans l’onglet bon usage pour avoir l’information. Un des textes daté d’août 2026 précise :  » Par ailleurs, nous allons nous rapprocher de l’Agence européenne des médicaments (EMA) afin d’inscrire le risque de méningiome, dans les résumés des caractéristiques du produit (RCP) de ces médicaments et dans les notices. » Espérons que cela ne prendra pas plusieurs années comme pour l’Androcur puis ses génériques (alerte 2008, notice de mon générique Acétate de cyprotérone de Viatris changée en novembre 2013, j’avais arrêté en juillet 2013).

Le Dr Catteau-Jonard a annoncé qu’elle allait en gros, avec des confrères, faire pression (agir) pour pouvoir prescrire des progestatifs à des femmes qui auraient des méningiomes « stables depuis plusieurs années « . Elle feint de ne rien comprendre à la biologie des méningiomes sous progestatifs, alors qu’il y a une abondante littérature depuis 2018 sur le sujet :

  • les méningiomes expriment la plupart du temps des récepteurs à la progestérone ;
  • l’interruption du traitement peut stabiliser ou entraîner une régression du méningiome, jamais sa disparition totale ;
  • redonner de la progestérone réactive ces récepteurs et « nourrit » les méningiomes.

C’est pour cela qu’il ne faut pas prendre de progestatif quand on a un méningiome. Pas non plus en traitement local : certains gynécologues disent que c’est possible, limité au vagin et très bien pour la sécheresse vaginale (cf Odile Bagot, intervenante au magazine surnommée par certaines victimes de méningiomes de « miss hormone »), sans risque, c’est faut, il y a toujours une infime part qui est absorbée par la muqueuse et se retrouve dans la circulation générale ; et donc à un moment ou à un autre sur les récepteurs à la progestérone des méningiomes dans le cerveau. Attention aussi aux stérilets imprégnés : l’imprégnation est souvent de la progestérone !

Le cas d’Elise Richard, qui a réalisé le documentaire (voir Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ? en replay) et était présente sur le plateau était net : elle a présenté ses IRM au moment du diagnostic, régression très partielle après arrêt de l’Androcur, reprise de sa taille initiale avec la grossesse (sécrétion de progestérone par le corps), et ensuite, il n’a plus régressé. Dire qu’on allait agir pour pouvoir prescrire de la progestérone à certaines femmes ayant des méningiomes, c’est nier l’illustration du documentaire d’Elise Richard.

Il n’a pas non plus été précisé que :

  • un méningiome ne disparaît jamais totalement ; la plupart du temps, l’exérèse n’est pas totale radiologiquement, et au niveau cellulaire, il reste toujours des cellules ;
  • c’est la même chose dans les cas où la radio-chirurgie (rayons très concentrés sur une zone) est possible ou utilisée parce que la chirurgie est trop risquée : il peut rester des cellules atteintes et surtout des cellules avec des récepteurs qui ne demandent qu’à s’exprimer en faisant croître à nouveau le(s) méningiome(s) ;
  • le processus d’expression des récepteurs à la progestérone à la surface de l’arachnoïde (méninge) n’est pas totalement expliqué mais si on a développé un méningiome, on peut en développer d’autres ailleurs ; les méningiomes sous Androcur sont ainsi souvent multiples ;
  • une opération est risquée (1,2 % de décès lors ou dans les jours qui suivent les opérations, cf Les Mal Traitées. Le scandale des violences médicales faites aux femmes, de Liane Courté, p. 46) ;
  • une opération avant une grossesse ne garantit pas qu’il n’y aura pas une récidive du méningiome pendant cette grossesse ou l’apparition d’un autre méningiome à un autre endroit.

Dans le débat d’hier soir, ce n’est pas un médecin mais le représentant de France Asso santé qui a précisé que le risque pour le Desogestrel (liste des marques ci-dessous) est de 1/17000 de développer un méningiome nécessitant une opération à 5 ans : il ne faut pas utiliser 1/64000, chiffre après un an d’exposition ; il y a 4 ou 5 fois plus de méningiomes surveillés que de méningiomes opérés. Souvent, les femmes ont pris successivement plusieurs molécules. Alors certes, il ne faut pas faire passer des IRM à toutes celles qui n’ont pris que du désogestrel sur un temps court et qui n’ont pas de symptôme, mais si vous avez également pris auparavant ou de l’Androcur (ou générique Acétate de cyprotérone), du Lutéran (chlormadinone acétate) ou du Lutényl (nomégestrol) pendant plus d’un an, Colprone (médrogestone), Surgestone (promégestone, plus commercialisé en France), Depo-Provera (acétate de médroxyprogestérone), il faut faire une IRM à cause de cette exposition antérieure, qui justifie à elle seule une IRM, et en cas de méningiome, les progestatifs sont INTERDITS. Il existe d’autres moyens de contraception.

D’après l’étude EPI-PHARE, le risque d’opération de méningiome après 5 ans de traitement est de : 1/40 pour l’Androcur (rappelons dans mon cas que je n’avais aucun méningiome après 8 ans de traitement), 1/72 sous Lutényl (qui était produit par Theramex, gros sponsor du Dr Catteau-Jonard), 1/173 sous Lutéran. L’effet de classe, cumulatif au fil des prises, est à prendre en compte, et pas uniquement l’exposition à une molécule.

Médicaments contenant du désogestrel: ANTIGONE ; CERAZETTE ; CLAREAL ; DESOBEL ; DESOGESTREL BIOGARAN ; DESOGESTREL CRISTERS ; DESOGESTREL THINYLESTRADIOL BIOGARAN ; DESOGESTREL SANDOZ ; DESOGESTREL VIATRIS PHARMA ; DESOGESTREL VIATRIS SANTE ; DESOGESTREL/ETHINYLESTRADIOL BIOGARANCONTINU ; DESOGESTREL/ETHINYLESTRADIOL CRISTERS ; DESOGESTREL/ETHINYLESTRADIOL EG ; DESOGESTREL/ETHINYLESTRADIOL VIATRIS ; DESOPOP ; ELFASETTE ; MERCILON ; OPTIMIZETTE VARNOLINE ; VARNOLINE CONTINU.

Article du 12/10/2026

Dans le cadre de la promotion de la promotion de l’émission enquête de santé d’Elise Richard, qui sera diffusée demain 13 octobre 2026 suivie d’un débat et qui est déjà disponible en ligne (documentaire sans débat, voir Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ? en replay), plusieurs émissions ont été consacrées au sujet, avec par exemple une intervention de Marina Carrère-d’Encausse et d’Elise Richard dans C à vous (voir sur youtube), rien dire sauf la confusion entre frais d’avocats et frais de justice… le plus gros des frais engagés, ce sont ceux pour l’expertise médicale et l’expertise de consolidation, voir les détails de mon cas ici). Rien à dire non plus pour l’intervention d’Elise Richard dans le Magazine de la santé, qui avait pourtant fortement minimisé les conséquences des méningiomes un mois plus tôt lors de l’alerte pour le Desogestrel, je reviendrai une autre fois sur ce sujet.

En revanche, l’émission Grand bien vous fasse du 5 octobre 2026 (Ménopause, contraception, endométriose : que penser des traitements hormonaux ?) en partenariat avec le magazine de la santé a minimisé autant qu’elle pouvait les risques, là encore, les risques. Enfin, pas l’émission en entier, le neurochirurgien a exposé la gravité des lésions et des conséquences des méningiomes, Marina Carrère-d’Encausse a ramé pour justifier les prescriptions hors autorisations de mise sur le marché (AMM), cela fera aussi l’objet d’un autre billet. Elise Richard, autrice du documentaire, n’était pas présente. La gynécologue a quant à elle passé son temps à minimiser le rôle des progestatifs, l’incidence (le nombre) de méningiomes imputables aux médicaments et la gravité de ces tumeurs.

Je vous avais déjà parlé de ces médecins qui nient (voir ici un neurochirurgien de Poitiers en 2022) ou minimisent le lien de causalité entre les progestatifs, au premier rang desquels l’Acétate de Cyprotérone / Androcur (Bayer jusqu’à l’année dernière) et ses génériques, lutényl qui était produit par Théramex et lutéran. Je vous renvoie à cet article pour les conséquences de ces tumeurs au cerveau ou plus exactement d’un enveloppe du cerveau qui peut comprimer celui-ci ou des nerfs crâniens (nerfs olfactif, auditifs, visuels…) ou encore provoquer de l’oedème cérébral en réaction à l’inflammation.

Mon réflexe, depuis longtemps, est d’aller vérifier sur la base de données transparence santé si un conflit d’intérêt pourrait expliquer la position d’un soignant. Cette base garde les déclarations d’intérêt notamment des professionnels de santé avec les laboratoires au cours des 5 dernières années flottantes. Dans son livre Les Mal Traitées. Le scandale des violences médicales faites aux femmes, paru il y a quelques jours chez Flammarion, Liane Courté en parle à plusieurs reprises (notamment p. 112 et suivantes) et a eu accès à des extraits plus anciens grâce à l’une de ses sources. Je me contente quant à moi des 5 dernières années disponibles dans la base de données publique. Comme souvent, il y a plusieurs dossiers pour cette gynécologue : Sophie Jonard-Catteau (Hellèmes-Lille, Lille), Sophie Catteau Jonard (Hellèmes-Lille) et Sophie Catteau-Jonard (Lille), l’unification de la base de données par l’identifiant du médecin n’est pas encore complètement acquise bien que promise depuis longtemps. J’ai ma propre moulinette pour traiter ces fichiers .csv dans un tableur, en changeant l’ordre des colonnes en particulier. Au total, sur 5 ans, elle a près de 200 lignes (sur 5 ans, ça fait quand même une moyenne de 3 par mois), dont 8 avec Bayer et 34 avec Theramex. Certes, il y a des repas, mais surtout avec Theramex, ce sont surtout des contrats de participation à une manifestation, sans plus de précisions. La loi dite loi de Xavier Bertrand de 2011 (art. L-1453-1 du code de la santé publique) prévoit pourtant que les entreprises doivent déclarer  » l’objet précis, la date, le bénéficiaire direct et le bénéficiaire final, et le montant des conventions qu’elles concluent avec : les professionnels de santé […] « . L’excuse pour masquer ces précisions ? Cet alinéa qui suit en se référant au droit des affaires :  » Cette obligation ne s’applique pas aux conventions régies par les articles L. 441-3 et L. 441-9 du code de commerce et qui ont pour objet l’achat de biens ou de services par les personnes physiques ou morales mentionnées aux 1° à 9° du présent I auprès des entreprises produisant ou commercialisant des produits mentionnés au II de l’article L. 5311-1 du présent code ou assurant des prestations associées à ces produits « … C’est donc une transparence très relative, et il faut se contenter de « convention ». Ces nombreux liens ne peuvent pas permettre à cette gynécologue d’exposer la gravité des méningiomes sous Androcur, Lutéran et Lutényl notamment, qui surviennent 15 ans plus tôt en moyenne que dans la population générale, ont tendance à se développer et à s’ossifier plus vite, sont plus souvent cancéreux (20% contre 15%), et qui, contrairement à ce qu’elle dit, ne régresse pas tous à l’arrêt du traitement et peuvent se redévelopper très vite en cas de nouvelle exposition aux oestrogènes, qu’ils soient artificiels (médicaments, pilules) ou naturels (grossesse ; contrairement à ce qu’elle a dit, en cas de troubles hormonaux, la victime de méningiomes peut être placée artificiellement en ménopause, ça a été mon cas). Qui dit qu’elle n’a pas pour mission, dans l’une de ces conventions, de minimiser le risque, comme autrefois certains médecins payés par les lobbys du tabac pour nier son lien avec le cancer des poumons? Pas de transparence, cela laisse aussi la porte ouverte à toutes les spéculations.

Les médecins doivent mettre une diapo sur leurs liens d’intérêt au cours des colloques, j’en ai été témoin à plusieurs reprises pour des congrès de génétique auxquels j’ai assisté (pour l’association Valentin Apac) et Liane Courté montre aussi dans son livre comment cette diapo peut être expédiée en catimini dans sa partie sur Essure. Une émission de radio ou de télévision n’est-elle pas un exposé public qui devrait aussi être soumis à la déclaration des liens d’intérêts entre les soignants et les laboratoires?

Si vous allez voir la fiche du neurochirurgien qui est intervenu à cette même émission, il a de très rares déclarations, et quasi exclusivement des prises en charge de repas, ce qui est normal et parfois inévitable : dans certains colloques, les laboratoires offrent un repas, tout le monde se retrouve avec 20€ de déclaration d’intérêt, sauf à aller déjeuner dans son coin à l’extérieur du colloque et donc probablement loin de ses collègues.

Et pour les victimes, n’hésitez pas à contacter l’Association Méningiomes dus à l’Acétate de cyprotérone, aide aux Victimes Et prise en compte des Autres molécules (Amavea) si vous avez besoin d’aide ou de renseignements.

Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ? reportage d’Elise Richard

Je suis également témoin pour le prochain documentaire « enquête de santé » Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ? en replay qui sera diffusé le 13 octobre à 21h sur France 5 suivi d’un débat, le documentaire est déjà en ligne.

Elise Richard a pris de l’Androcur pendant une dizaine d’année, a développé un méningiome, qui avait régressé (mais pas disparu) à l’arrêt du traitement. Il a regrossi lors de sa grossesse, revenu à sa taille initiale, et n’a plus rediminué tout en restant asymptomatique et surveillé. Cependant, elle ne peut plus être exposée la progestérone, ce qui pose un problème pour une deuxième grossesse. Si elle souhaite un autre enfant, il faudrait qu’elle se fasse opérer. Face à ce dilemme, elle part à la rencontre de plusieurs femmes qui ont été opérées d’un méningiome sous progestatif, gardent souvent des séquelles soit des zones compressées, soit (boire et) des conséquences d’une lourde opération. Elle assiste d’ailleurs à l’une de ces opérations…

Elise Richard était venue me filmer ainsi que mon avocat lors du dernier appel de Viatris sur un point de procédure au printemps, ils ont perdu, mais  cela leur a permis de faire repousser « l’appel au fond » (étape d’indemnisation) de quelques mois.

Il faudra que je revienne vers vous pour quelques émissions de lancement de ce reportage où des gynécologues ont fortement minimisé le risque de méningiome : en allant voir sur la base transparence du ministère de la santé, il est aisé de constater qu’elles ont des liens d’intérêt très fort avec les laboratoires qui ont produite l’Androcur (Bayer jusqu’à l’année dernière et les géénriqueurs)

La première partie du livre de  Liane Courté Les Mal Traitées. Le scandale des violences médicales faites aux femmes paru il y a quelques jours chez Flammarion est très complémentaire de ce documentaire…

L’audience en appel pour mon cas aura lieu le 4 février 2027. En suivant le lien, vous aurez un résumé de mon affaire et d’autres liens, il faut juste que je le mette à jour avec un appel incident intenté et perdu par Viatris au printemps 2026.

Et pour les victimes, n’hésitez pas à contacter l’Association Méningiomes dus à l’Acétate de cyprotérone, aide aux Victimes Et prise en compte des Autres molécules (Amavea). 

Photographie de la couverture du livre posé sur une table de pique-nique avec mes sur-lunettes de soleil

Les Mal traitées de Liane Courté

Je suis l’une des témoins du livre de Liane Courté Les Mal Traitées. Le scandale des violences médicales faites aux femmes qui paraît aujourd’hui 7 octobre 2026 chez Flammarion. Demain, je vous parlerai de l’enquête de santé d’Elise Richard, dans lequel je témoigne aussi (voir ci-dessous).

Liane Courté a fait des remplacements notamment pour France 3, elle a notamment présenté pendant 6 mois le 19/20 Poitou-Charentes. Je l’ai rencontrée plusieurs reprises, à Poitiers et à Paris, et elle est venue assister à l’audience au fond le 7 avril 2025.

Couverture du livre Les Mal-Traitées, de Liane Courté

Le livre : Liane Courté, Les Mal Traitées, Le scandale des violences médicales faites aux femmes. 448 pages – 152 x 240 mm ; Broché ; EAN : 9782080462602 ; ISBN : 9782080462602

La présentation de l’éditeur : Elles pensaient prendre un traitement hormonal de routine. En réalité, au moins 400 000 patientes françaises ingéraient un poison : l’Androcur, pouvant engendrer des tumeurs cérébrales. Ce scandale sanitaire hors norme s’ajoute à une longue liste noire : médicaments progestatifs, implants Essure, prothèses vaginales, violences gynécologiques et obstétricales… Le point commun de ces pratiques médicales ? Elles sont subies par les femmes. Ce sont des millions de vies abîmées. L’investigation de Liane Courté, fondée sur des témoignages exclusifs et des documents confidentiels, révèle les liens poreux entre médecins et laboratoires, la passivité des autorités sanitaires et l’inaction des responsables politiques. Enquête sur un système qui brade et brise la santé des femmes.

Mon avis : il est compliqué de rendre compte d’un ouvrage dont les deux premiers chapitres (après l’avant-propos) relatent mon histoire. Je vais cependant vous donner envie de le lire pour toute la richesse de l’enquête de Liane Courté et son écriture très fluide. Le livre se découpe en trois grandes parties : les méningiomes (tumeurs du cerveau) sous progestatifs, Androcur, Lutéran et Lutényl en tête ; les implants qui provoquent des douleurs généralisées probablement à cause de la libération de métaux lourds (Essure introduits dans les trompes pour stériliser les femmes et bandelettes de soutien des descentes d’organe et les fuites urinaires) et enfin les violences gynécologiques et obstétricales qui peuvent aller jusqu’au viol. Pour illustrer toutes les situations, Liane Courté présente le cas de plusieurs femmes qu’elle a rencontrées, décortique les questions d’influence et de toute puissance des laboratoires et de certains médecins, les prescriptions en dehors de l’autorisation de mise sur le marché, bien cachées par les médecins (dans ce cas, les médicaments ne sont pas remboursés par la sécurité sociale ; en cas de problème, le médecin est responsable du mésusage), que ce soit pour les progestatifs ou dans la dernière partie pour le Cytotec utilisé en surdosage pour déclencher les accouchements ou pour les IVG médicamenteuses, le non recueil du consentement des patientes pour certains gestes médicaux invasifs, ou la non prise en compte de gestes douloureux en particulier dans le cas de l’endométriose. Le rôle de l’ordre des médecins dans la mise sous le tapis des scandales sans sanction ou avec des sanctions très tardives de faits extrêmement graves, alors qu’ils peuvent sanctionner beaucoup plus vite ceux qui dénoncent les faits abusifs, que ce soient des soignants (non « confraternels ») ou les patientes (article 700 de frais de procédure). L’enquête est très documentée, l’autrice a rencontré beaucoup de monde pour son enquête, l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les laboratoires (dont Bayer ; leurs produits sont sûrs et conformes à la réglementation, qu’ils disent) et l’ordre national des médecins ainsi que plusieurs ordres départementaux et plusieurs médecins mis en cause ont visiblement tenté de lui mettre un maximum de bâtons dans les roues et usé parfois de menaces par voie d’avocat… Une grande publicité devrait être faite à cet ouvrage pour empêcher que ces scandales reviennent encore et encore, pour des médicaments ou des dispositifs médicaux, ou des comportements de certains médecins. Le dernier chapitre est édifiant : une enquête a montré que la moitié des femmes a été victime de violences gynécologiques ou obstétricales au cours de sa vie.

Lecture sur le stand des traumatisés crâniens à la fête de l’UDAF (cliché Manu Del Degan)

La dernière partie est dure, je n’ai pas pu lire les 50 dernières pages lors de la journée des familles organisée par l’UDAF, mais certains m’ont repérée sur le stand de l’AFTC (Association des familles de traumatisés crâniens / France cérébrolésion) de Poitou-Charentes derrière mes sur-lunettes de soleil et le cerveau qui sert pour la prévention des traumatismes crâniens, merci à celles et ceux qui sont passés 😉

Où trouver le livre sur Poitiers??? En théorie, il est disponible aujourd’hui dans toutes les librairies indépendantes, dépendant de chaînes et marchands de livres. Bien que j’ai déjà un exemplaire dédicacé (et que je garde pour mon usage personnel), j’en ai commandé un la semaine dernière à la Belle Aventure, la librairie indépendante de la rue des Grandes-Ecoles à Poitiers, librairie gérée par une coopérative / SCIC que je soutiens par mes achats et quelques parts sociales, pour pouvoir le partager avec d’autres. Il n’était pas arrivé ce matin. Je ne sais pas si le problème vient du représentant de Flammarion (pourtant il a dû être « brieffé » par Flammarion à la demande de l’autrice) ou du choix des libraires, mais il n’y a que le mien en commande, il n’a pas été retenu pour être en stock dans la librairie, peut-être que ce sera le cas si d’autres le commandent?

Je suis ensuite allée à la librairie Aux Bavardages, dans la Grand’Rue à Poitiers : c’est une petite librairie et café, qui commande sur catalogue car elle est trop petite pour recevoir les représentants des éditeurs. Je passe devant tous les jours (enfin, du lundi au jeudi, le vendredi, c’est repos, rééducation, piscine etc.) pour aller et revenir du bureau. La responsable m’a demandé des précisions, et a passé commande du livre, j’y retournerai dans les prochains jours, ami(e)s poitevin(e)s, je pense que vous pouvez y aller pour réserver votre exemplaire.

Sinon, Flammarion a fait le boulot chez les marchands de livres, dont je tairai le nom ici, les libraires indépendants ont besoin de clients pour continuer à défendre les livres, les auteurs…

Je suis également témoin pour le prochain documentaire « enquête de santé » Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ? en replay qui sera diffusé le 13 octobre 2026 à 21h sur France 5 suivi d’un débat, le documentaire est déjà en ligne. Elise Richard était venue me filmer ainsi que mon avocat lors du dernier appel de Viatris sur un point de procédure au printemps, ils ont perdu, mais  cela leur a permis de faire repousser « l’appel au fond » (étape d’indemnisation) de quelques mois. J’en parle ici.

L’audience en appel pour mon cas aura lieu le 4 février 2027. En suivant le lien, vous aurez un résumé de mon affaire et d’autres liens, il faut juste que je le mette à jour avec un appel incident intenté et perdu par Viatris au printemps 2026.

Et pour les victimes, n’hésitez pas à contacter l’Association Méningiomes dus à l’Acétate de cyprotérone, aide aux Victimes Et prise en compte des Autres molécules (Amavea). 

Androcur, audience du 7 avril 2025 à Poitiers, délibéré du 2 juin 2025

Interview de Romain Sintès Extrait de France 3 Poitou-Charentes, 12/13 du 26 janvier 2023, Antoone Morel, images Stéphane Hamon

Bonjour à toutes et à tous et particulièrement à toutes celles et ceux qui m’ont soutenue depuis la découverte de mes méningiomes sous Androcur (Acétate de cyprotérone) en 2013.

Le 2 juin 2025, le tribunal judiciaire de Poitiers a rendu sa décision avec l’indemnisation au civil de l’ensemble de mes préjudices, avec une co-responsabilité des laboratoires Bayer, Viatris et Sandoz (molécule princeps et génériques que j’ai pris) à 97%, à 2% de mon ancien médecin et 1% de mon ancien pharmacien. Le défaut d’information plaidé par Me Sintès a été retenu, et les arguments des laboratoires qui plaidaient que la réglementation sur les médicaments leur interdisait de communiquer directement avec les patients sans y avoir été au préalable autorisés par l’Agence nationale de sécurité du Médicament (ANSM) rejetés. Si la somme de plus de 300.000 annoncée au titre de la perte de chance peut sembler importante, elle compense en premier lieu les pertes de salaires passées et à venir et la perte de retraite dus à mon temps partiel contraint. Le préjudice moral d’impréparation (le fait que je ne pouvais pas me préparer à subir un risque potentiel) est également indemnisé à hauteur de 20000€. Ils sont également condamnés solidairement à rembourser à la sécurité sociale les frais engagés, même si l’expert de la sécurité sociale avait oublié plusieurs postes de dépenses comme les transports Poitiers-Tours de ma 2e opération ou les journées hospitalisation de jour à Garches pour récupérer mon permis de conduire après ma première opération. S’y ajoutent une partie des frais d’avocat (article 700), les frais des expertises, les timbres fiscaux des différentes procédures y compris pour le pourvoi en cassation de Bayer au cours des phases d’expertise, et une exécution provisoire de 25 % pour la part des laboratoires… Il est fort probable que les parties adverses feront appel de cette décision.

Sinon, mon quotidien de patiente continue… attentes, rendez-vous multiples, rééducation, conséquences de la fatigue et de l’anosmie, des douleurs, de la mauvaise vision, etc. Je vous renvoie aux liens en fin d’article.

Revue de presse… après la décision du 2 juin

Les interviews

J’ai répondu à l’AFP et à des interviews de la presse locale et nationale : Agence France Presse (site de Bordeaux), La Nouvelle République Centre Presse, Le 7.info, La Dépêche (du Midi), la Charente Libre, Ici Poitou (ex France Bleu), Alouette, RMC, France 2 (pour le 20 h du 3 juin) et France 3 (pour Ici 19/20 Poitou-Charentes du 2 juin). Mon avocat, Romain Sintès, a répondu également à de nombreuses interviews, dont la revue Prescrire. La revue de presse n’est donc pas exhaustive, surtout pour les titres de presse qui ont repris la dépêche de l’AFP.

Androcur : une Poitevine fait condamner les laboratoires à Poitiers Nouvelle-République (édition Vienne) et Centre Presse, par Léa Aubrit, 2 et 3 juin 2025

Androcur et tumeurs : trois laboratoires condamnés pour défaut d’information à Poitiers Nouvelle-République (édition Vienne) et Centre Presse, par Léa Aubrit, 2 juin 2025

Affaire de l’Androcur : Véronique Dujardin obtient gain de cause | Le7.info par Arnaud Varanne, Le 7.info, 2 juin 2025

Androcur : une première victoire judiciaire pour Véronique Dujardin, après 5 années de combat , extrait YouTube du ICI 19/20 – Poitou Charentes (ouverture du journal et à partir de 3 minutes 22), par Jérôme Vilain et Stéphane Hamon, France 3 Poitou-Charentes, 2 juin 2025

« On ne prescrit pas des médicaments n’importe comment » : elle fait condamner trois laboratoires pharmaceutiques pour ses tumeurs au cerveau attribuées à l’Androcur par Clément Massé, AFP et Jérôme Vilain, version web de France 3 Poitou-Charentes, 3 juin 2025

Androcur : « C’est une grosse étape de franchie », réagit Véronique, reconnue victime des laboratoires Bayer, Sandoz et Viatris par A. Jolly, M. Ravier, F. Méréo, A. Morel, T. Guéry, I. Pecquet. France 2, journal de 20h et extrait web France info, 3 juin 2025

Journaux d’information ici Poitou en réécoute: podcast, replay, présentateur et analyse de Clément Tricot, ici Poitou (ex France bleu), journal de 18h, 2 juin 2025, en ouverture

Scandale de l’Androcur : une Poitevine fait condamner trois grands laboratoires pharmaceutiques par Clément Tricot, Ici Poitou, version web, 2 juin 2025

Le journal de 19h : podcast et émission en replay | France Inter reportage de Sandra [Dulieu?] ?, Journal de 19h, rediffusé à 23h, France Inter, 2 juin 2025 ; reportage débutant à 15 min 6 secondes, jusqu’à 16 minutes 51 secondes

Androcur: une patiente fait condamner des laboratoires pharmaceutiques version radio par Martin Bourdin et Ameline Lavechin (1 minute 06), RMC radio, 3 juin 2025 et version télé Androcur: une patiente obtient la condamnation de trois laboratoires, une première en France

Androcur : une Poitevine obtient la condamnation de 3 laboratoires pharmaceutiques par Romane Hoquet, Alouette, version web 3 juin 2025 et en audio Flashs Info Vienne journal de 7h, en ouverture (et brève dans les flashs d’information du 2 juin après-midi)

Les laboratoires Bayer, Sandoz et Viatris condamnés au civil pour « défaut d’information » sur le lien entre le médicament Androcur et le méningiome par FranceInfo avec AFP, 2 juin 2025

Scandale de l’Androcur : « On m’a décelé des méningiomes au cerveau… » Les géants pharmaceutiques condamnés, elle salue « une excellente décision », par Frédéric Abela, la Dépêche, version web, 4 juin 2025 et Androcur : trois géants de l’industrie pharmaceutique condamnés, par Frédéric Abela, la Dépêche, version papier, 4 juin 2025.

« Une première en France » : lien entre un médicament et des tumeurs, Bayer, Sandoz et Viatris condamnés au civil à Poitiers, la Charente-Libre, version web 2 juin 2025, modifié 4 juin 2025, et « Ce n’est que la première manche », l’espoir des victimes, par Thomas Gabrion, la Charente Libre, version papier, 7 juin 2025

Ceux qui ont repris la dépêche de l’AFP, sans interview (liste non exhaustive)

Androcur : Bayer, Sandoz et Viatris condamnés à verser 300 000 € à une femme atteinte de tumeurs par Alain Delpey et Archive MAXPPP, Ouest France, 2 juin 2025, et Androcur et méningiome : trois labos condamnés, version papier du 9 juin 2025

Lien entre Androcur et méningiome : les laboratoires Bayer, Sandoz et Viatris condamnés au civil par Le Monde avec AFP, 2 juin 2025

Lien entre Androcur et méningiome : Bayer, Sandoz et Viatris condamnés au civil en France | Le Quotidien du Médecin | Santé & Société , avec AFP, 2 juin 2025 (article complet réservé aux abonnés)

Bayer, Sandoz et Viatris condamnés pour défaut d’information sur l’Androcur, une première judiciaire , par Christelle Pangrazzi, le Moniteur des pharmacies, 3 juin 2025, modifié le 4 juin 2025 (réservé aux abonnés)

Scandale de l’Androcur : les laboratoires Bayer, Sandoz et Viatris condamnés pour la première fois en France – Elle par Lola Uguen et AFP, Elle, 2 juin 2025

Lien entre un médicament et des tumeurs : Bayer, Sandoz et Viatris condamnés au civil en France, une première, Le Nouvel Obs avec AFP, 2 juin 2025

Lien entre Androcur et des tumeurs : Bayer, Sandoz et Viatris condamnés pour « défaut d’information », Sud-Ouest, 2 juin 2025

Androcur : Bayer, Sandoz et Viatris condamnés à verser 300 000 € à une femme atteinte de tumeurs, Ouest France, 2 juin 2025

Revue de presse… Après l’audience du 7 avril

Le procès au civil de l’Androcur qui se tient le 7 avril est attendu par des milliers de femmes qui se disent victimes de ce médicament, par Xavier Méric et Hélène Drouet, version web de France 3 Nouvelle-Aquitaine, rédaction de Poitiers, 7 avril 2025 (matin)

Extrait du journal sur youtube Le procès au civil de l’Androcur par Hélène Drouet, reportage initial

Androcur, le parcours du combattant de Véronique Dujardin, par Hélène Drouet https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/programmes/france-3_nouvelle-aquitaine_ici-19-20-poitou-charentes?id=7041382 19/20 de France 3 du 7 avril 2025, (à 5 minutes 27, disponible jusqu’au 13 avril 2025) ; pour le replay, suivre le lien, il faut ouvrir un compte FranceTV (gratuit) ou sur votre box.

France-Culture, journal de 12h30 https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-12h30/journal-de-12h30-du-lundi-07-avril-2025-7852983 podcast et texte, déjà passé le matin

Au procès de l’Androcur, Véronique Dujardin affronte l’industrie pharmaceutique pour faire valoir son préjudice, par Clément Massé, version web de France 3 Nouvelle-Aquitaine, rédaction de Poitiers, 07 avril 2025 (soir)

Androcur, un procès pour l’histoire, par Hélène Drouet et Guillaume Fautrat https://www.france.tv/france-3/nouvelle-aquitaine/ici-19-20-poitou-charentes/7040443-emission-du-lundi-7-avril-2025.html 19/20 de France 3 du 7 avril 2025, (en une du journal, disponible jusqu’au 14 avril 2025) ; pour le replay, suivre le lien, il faut ouvrir un compte FranceTV (gratuit) ou sur votre box.

Androcur : un procès attendu par des centaines de victimes, par Mélanie Ravier, Antoine Morel et N. Gilbert, Journal de 20h, France 2, 7 avril 2025 ; également partagé sur TikTok 20h de France télévision : Le procès civil d’un traitement hormonal utilisé notamment … TikTok – Make Your Day

Premier procès de l’Androcur à Poitiers : la décision attendue le 2 juin 2025 , par Léa Aubrit, La Nouvelle République, édition Poitiers (idem sur Centre Presse), 8 avril 2024 (et brève en page nationale) https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/premier-proces-de-l-androcur-a-poitiers-la-decision-attendue-le-2-juin-2025-1744048964

Androcur : après plusieurs tumeurs au cerveau, une Française attaque des labos pharmaceutiques en justice, par Clémentine Eveno, L’humanité, 7 avril 2025

Androcur : procès d’une Poitevine qui attaque plusieurs laboratoires après avoir développé des tumeurs au cerveau, par Célestin Navarro, Ici Poitou du 8 avril 2025, diffusé au moins à 6h31 et 8h31 https://www.francebleu.fr/emissions/france-bleu-poitou-reportage/poitou (chercher 8 avril 2025) et version web Bayer et deux autres laboratoires pharmaceutiques à la barre, le procès de l’Androcur à Poitiers – ici , 8 avril 2025

Androcur° (cyprotérone) : diverses procédures judiciaires en cours en 2025 ou à venir – Prescrire Prescrire, avril 2025 (réservé aux abonnés)

Article du mois d’avril 2025

Depuis un an dans la presse nationale a parlé d’un « premier procès à Poitiers ou cite des articles de presse, de la jurisprudence ou des extraits de sons de reportage (France Culture, France inter, Le Monde, La Nouvelle République, Prescrire, voir liens ci-dessous). Le calendrier de procédure fixé en janvier 2024, modifié en mars 2024, a été tenu, l’audience aura lieu ce lundi 7 avril 2025, toutes les phases préliminaires sont terminées, il s’agit maintenant de fixer l’indemnisation de mon préjudice pour mes méningiomes multiples sous Androcur (Acétate de Cyprotérone) et les responsabilités de la chacun, du prescripteur aux laboratoires. L’audience est publique, si vous passez par Poitiers, n’hésitez pas à venir, même si entre les parties, leurs avocats, la presse, la salle sera sans doute bien pleine. Mon avocat parlera en premier, puis gros exercice de zen (je vais me concentrer sur la prise de notes) pour n’avoir aucune réaction quoique diront les laboratoires. Pour mémoire, voici l’ensemble des étapes judicaires depuis 2019, si je n’ai rien oublié ! J’ai mis les audiences et les délibérés et éliminé les procédures écrites.

DateEtapeIntervenant
18/06/2019Assignation référé TGIDujardin
26/06/2019Audience référé / report à l’audienceTribunal judiciaire référé présidence
17/07/2019Audience référéTribunal judiciaire référé présidence
31/07/2019Ordonnance de référéTribunal judiciaire référé présidence
23/09/2019Déclaration appel BayerCour appel Poitiers 1e chambre civile
01/10/2019Calendrier procédure circuit courtCour appel Poitiers 1e chambre civile
04/12/2019Médecin conseilPéan / Aexevi
01/03/2020Audience publique prévue et reportée (Covid)Cour appel Poitiers 1e chambre civile
28/05/2020Audience publiqueCour appel Poitiers 1e chambre civile
16/06/2020ArrêtCour appel Poitiers 1e chambre civile
15/09/2020Notification pourvoi en cassation BayerCour de Cassation
21/01/2021expertise à l’hôpital St-Antoine ParisSichez et al
15/04/2021Rapport d’expertiseSichez et al
23/06/2021AudienceTribunal judiciaire présidence
21/07/2021Ordonnance de référéTribunal judiciaire présidence
10/11/2021Audience publique décisionCour de Cassation
22/12/2021Déclaration d’appelViatris
05/01/2022délivrance acte appel ViatrisHuissier
25/04/2022Ordonnance de clôtureCour appel Poitiers 1e chambre civile
24/05/2022Assignations Bayer, Viatris, Sandoz, Lecellier, Del Marmol, MGEN, CPAMDujardin
20/06/2022Audience appel ViatrisTribunal judiciaire présidence
12/07/2022ArrêtCour appel Poitiers 1e chambre civile
02/08/2022délivrance acte Viatris décision appelHuissier
20/10/2022Audience mise en étatTribunal judiciaire présidence
24/10/2022Avis de fixation à une audience d’incidentTribunal judiciaire présidence
26/01/2023Audience d’incidentTribunal judiciaire présidence
15/06/2023Ordonnance du juge de la mise en état suite à incidentTribunal judiciaire 1e chambre civile
30/06/2023Notification appel BayerTribunal judiciaire
25/07/2023Signification de déclaration d’appel et avis de fixation avec assignationBayer
15/09/2023Expertise à l’hôpital de la Pitié-SalpétrièreExperts
09/11/2023Rapport d’expertise consolidationExperts
09/11/2023Audience appel BayerTribunal judiciaire
19/12/2023Arrêt cour d’appel sur Appel BayerCour appel Poitiers 1e chambre civile
18/01/2024Audience virtuelle calendrier de procédureTribunal judiciaire
19/01/2024Avis de renvoi à la mise en état avec calendrier de procédureTribunal judiciaire
25/09/2024Fixation à une audience d’incident : 24/10/24Tribunal judiciaire
24/10/2024Audience sur incident ViatrisTribunal judiciaire
21/11/2024Ordonnance du juge de la mise en état suite à incident ViatrisTribunal judiciaire
Procédure judiciaire de Véronique DUJARDIN de 2019 à 2024

Les articles sur mon blog :

Revue de presse :

Androcur, nouvelle étape judiciaire

Interview de Romain Sintès Extrait de France 3 Poitou-Charentes, 12/13 du 26 janvier 2023, Antoone Morel, images Stéphane Hamon

Nouvelle étape judiciaire hier au tribunal de Poitiers (voir articles précédents dans la rubrique méningiome). C’était la première audience publique au fond pour deux « incidents » : la demande d’un complément d’expertise pour la consolidation des séquelles et la demande de documents de pharmacovigilance (PSUR) au laboratoire Bayer.

Antoine Morel et Stéphane Hamon ont couvert cette matinée dès le matin chez moi, avec un premier reportage dans le 12/13 Poitou-Charentes (26 janvier 2023, à 9’30) , que j’ai regardé en replay car nous étions encore au tribunal, avec une interview avant l’audience de mon avocat, Romain Sintès, et un reportage plus long le soir au 19/20 Poitou-Charentes dans les titres et dans le journal (26 janvier 2023, à 4’35), suivre les liens (j’ajouterai le lien direct du 19/20 quand il sera en ligne, apparemment il faut un compte France TV, et accepter de donner votre mail, ou accès par votre box télé en différé.

La décision a été mise en délibéré au 23 mars 2023. A suivre…

Emmanuel Coupaye a de son côté titré son côté paru le 3 février 2023 le procès Androcur au bout de quatre ans de combat (Centre presse, lien à venir) et Poitiers : le procès du médicament Androcur au bout de quatre ans de combat (Nouvelle République ; lien réservé aux abonnés à l’édition numérique)

Les articles sur mon blog :

Revue de presse :

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A la une de L’informé

Une du journal en ligne L’informé, 25 novembre 2022

Un journaliste du média en ligne L’informé (sur abonnement, il y a une formule d’essai), Thierry Mestayer, a longuement interviewé mon avocat, Romain Sintès, et a consacré un article publié sur leur une de vendredi soir : Androcur : Bayer sera bien jugé pour son médicament. Nous avons assigné toute la chaîne de responsabilité, des pharmacien et médecin prescripteur aux autorités de santé en passant par Bayer, qui détient la première autorisation de mise sur le marché de l’acétate de cyprotérone (Androcur) et les laboratoires dont j’ai avalé les génériques (voir articles précédents dans la rubrique méningiome).

Je vous invite à lire l’article… et rendez-vous au tribunal de Poitiers le 26 janvier 2023 pour la prochaine audience publique où nous demanderons au juge de se prononcer sur la communication de documents de pharmacovigilance par Bayer et la consolidation de mes blessures (=séquelles)…

Devine qui c’est… Histoire de prosopagnosie

Cartes d’entraînement à la reconnaissance des visages

En 2015, je consacrai un article à Bientôt 2 ans… Anosmie, prosopagnosie, problème d’empans de la mémoire de travail…

Une journaliste de Santé Magazine a trouvé et article et m’a contactée par l’intermédiaire de  Romain Sintès, mon avocat. Son interview, avec un beau portrait photographique de Jean-François Fort, est à retrouver dans le numéro de décembre 2022 actuellement en kiosque.

Je vous remets ici ce que je disais en 2015 de la prosopagnosie ou incapacité à reconnaître les visages. Cela n’a pas beaucoup évolué, mais j’ai appris à ne pas chercher à analyser et enregistrer, ne pas du tout m’occuper de ceux que je ne reverrai pas (les internes par exemple), repérer rapidement une caractéristique physique et l’associer à son nom et à un signe comme les surnoms en langue des signes, et je travaille toujours avec les fiches de visages et celles réalisées par mes collègues.

Extrait de l’article de 2015

Un autre problème a été difficile à identifier, parce qu’il se superpose à une petite perte de mémoire de certains noms propres, il m’arrive assez souvent de chercher un nom propre, de personne ou de lieu, sans pouvoir le dire, je sais comment identifier la personne (contexte de rencontre, par exemple, ou un article publié si c’est un collègue préhistorien) ou le lieu (une carte me permet de résoudre le problème).


Finalement, la réponse au problème est venue quand j’ai signalé au neurologue que je n’avais pas reconnu le sénateur Alain Fouché sur une photographie. Le magazine gratuit Tendance a consacré il y a quelques semaines une série d’articles de « communication institutionnelle » aux nouveaux élus du conseil départemental. Il était clairement identifié, je l’ai beaucoup croisé à titre professionnel et le vois souvent au restaurant le vendredi en ville. Je le reconnais sans problème « en vrai », mais étais persuadée que ce n’était pas lui sur la photographie.

Alors quoi? Où est le bug? D’abord, il n’est pas habillé comme d’habitude, je ne l’ai jamais vu col de chemise ouvert, sans cravate, avec un blouson sur l’épaule au lieu d’une veste de costume, quant aux lunettes de soleil sur la tête, ce n’est pas du tout son « style ».

Il est d’habitude comme sur son profil Twitter!

En cherchant, j’ai trouvé une autre photographie de cette série de photographies institutionnelles, faites par des communicants, fournies à la presse – ici la Nouvelle République – pour la campagne électorale des dernières départementales, même tenue… mais le blouson est de l’autre côté (et sans lunettes de soleil sur la tête)!

Ce n’est qu’avec de l’aide que j’ai compris que la photographie avait été publiée « en miroir » dans le magazine tendance, comme les visages ne sont pas symétriques (surtout qu’il a une petite excroissance en bas de la joue gauche), cela a suffi pour que je ne le reconnaisse pas. Mesdames et messieurs les graphistes et les communicants, mettre une photo en miroir est peut-être tentant pour des raisons de mise en page ou symbolique (ouverture ou je ne sais quoi), mais c’est au risque que les lecteurs ne reconnaissent pas la personne!

A partir de ce constat, j’ai passé d’autres évaluations neurologiques qui ont confirmé que j’ai de très grosses difficultés à reconnaître les visages (πρόσωπον / prosopon en grec) et que j’ai rejoint le club des prosopagnosiques.  Je ne reconnais pas les personnes « nouvelles » si elles ne sont pas dans le contexte où elles m’ont été présentées. Pour les autres personnes, je les identifie sans doute [confirmé depuis par un autre test] par d’autres éléments que le visage (la tenue vestimentaire, la voix, la démarche), je ne suis pas la seule mais je n’ai par exemple pas repéré en janvier que mon père s’était rasé la barbe qu’il portait depuis 1972… Je travaille la reconnaissance des visages avec des trombinoscopes, mais là aussi, mon cerveau dévie, identifie le fond de la photo plutôt que le visage. Ainsi dans mon trombinoscope d’entraînement figure un journaliste radio (chut… je tais volontairement son nom). Il était dans un récente numéro de Télérama avec un casque sur les oreilles, je ne l’ai pas reconnu car je l’avais identifié « oreilles assez décollées » 😉 . 2% de la population serait prosopagnosique à des niveaux variables, souvent « de naissance », parfois à un niveau assez important comme Jane Goodall (spécialiste des chimpanzés), Olivier Sacks (un célèbre neurologue décédé en août 2015  et dont Jean-Claude Ameisen parle souvent dans son émission sur les épaules de Darwin), Brad Pitt, Thierry Lhermitte ou Philippe Vandel. Suivez les liens pour avoir leurs témoignages directs ou indirects. Je m’entraîne avec des trombinoscopes, avec des descriptions de photographies mais en général, il n’y a pas de récupération de ce trouble. Pour moi, il est impossible de distinguer deux personnes comme dans cet autre article de la Nouvelle République où je vois deux hommes dans les 70 ans, un peu ronds, barbus et portant des lunettes (désolée pour le père Gilbert Roux et l’imam El Hadj Amor Boubaker). Il a fallu qu’on me dise que je prenais régulièrement le café à côté de « X » pour comprendre que cet habitué du matin au bistrot était « Y » arrivé récemment dans mon environnement professionnel. Pour moi, c’étaient deux personnes différentes. Dans une foule (au marché, au théâtre, au cinéma, dans la rue), je peux ne pas repérer une personne connue, je ne dispose plus de cette fonction d’analyse rapide des images de visages. Donc, si je vous croise et ne vous dis pas bonjour, c’est probablement parce que je ne vous ai pas reconnu!

Une nouvelle étape judiciaire importante

Classeurs avec mon dossier médical et judiciaire

Le 20 octobre 2020 a eu lieu une nouvelle étape dans ma procédure pour faire reconnaître l’imputabilité de mes méningiomes à l’acétate de cyprotérone (Androcur et ses génériques) et faire indemniser mes préjudices. Le juge du tribunal judiciaire de Poitiers avait convoqué en audition les avocats de toutes les parties que j’ai assignées (via Romain Sintès, mon avocat) au fond. Il a fixé le calendrier : prochaine audience publique le 26 janvier 2023, au cours de laquelle il sera demandé la consolidation de mes séquelles (voir en fin d’article) et la communication de certaines pièces de pharmacovigilance. Ensuite, procédure contradictoire écrite entre les différentes parties, pour aboutir à une audience finale qui devrait se tenir fin 2023 / début 2024. C’est encore long, mais c’est à peu près ce qui avait été calculé par mon avocat. Il faut ensuite prévoir que les laboratoires feront appel et iront peut-être en cassation comme Bayer suite à la demande d’expertise.

Les méningiomes pas dus à l’acétate de cyprotérone ???

Véronique Dujardin et Romain Sintès dans la cour du palais de justice de Poitiers à la sortie de l'audience, 19/20, France 3 Poitou-Charentes, 20 septembre 2022
Extrait de 19/20, France 3 Poitou-Charentes, 20 septembre 2022

France 3 Poitou-Charentes a couvert cette étape importante, avec une diffusion brève au journal régional de midi et une version longue qui a ouvert le 19/20 régional. Dans ce reportage, ils ont interrogé le Dr Philippe Page, neurochirurgien au CHU de Poitiers, qui n’est pas mon neurochirurgien (cf ci-dessous), a déclaré à propos des progestérones dont fait partie l’acétate de cyprotérone : « ça ne les provoque pas, ça veut dire que si on donne de l’Androcur à quelqu’un qui n’a pas de méningiomes, ça ne va pas fabriquer un méningiome, par contre, si on a déjà des méningiomes, c’est certain que ça va les faire grossir » (voir à 2 minutes 38 du début du journal).

C’est très grave car cela peut être mal interprété par les autres victimes. Certains progestatifs, au premier desquels l’acétate de cyprotérone (Androcur et ses génériques), DONNENT des méningiomes sans pré-exister, et c’est un consensus admis par toutes les sociétés savantes que j’ai consultées.

L’information qui doit être donnée annuellement aux patient.es par le médecin prescripteur de l’acétate de cyprotérone (signature obligatoire des deux parties pour obtenir ce médicament en pharmacie) depuis 2019 mentionne : « une étude(1) a confirmé le risque de méningiome en cas d’utilisation de ce médicament. Ce risque est multiplié par 7 au-delà de 6 mois d’utilisation d’une dose moyenne supérieure ou égale à 25 mg par jour. Il est multiplié par 20 au-delà d’une dose cumulée de 60 g, soit environ 5 ans de traitement à 50 mg par jour ou 10 ans à 25 mg par jour.

(1) Étude CNAM “Exposition à de fortes doses d’acétate de cyprotérone et risque de méningiome chez la femme : une étude de cohorte en France de 2006 à 2015” ». Voir les Restrictions de l’utilisation de l’acétate de cyprotérone liées au risque de méningiome (ANSM, avis publié le 27/04/2020 – mis à jour le 07/04/2021) et Acétate de cyprotérone sous forme de comprimés dosés à 50 ou 100 mg (Androcur et ses génériques) : mesures pour renforcer l’information sur le risque de méningiome – Point d’Information ANSM du 12/06/2019.

Le collège d’expert a calculé que j’en avais absorbé 270 grammes !!!

La première étape de mon marathon judiciaire devait établir si j’avais pris ou non le médicament dans le cadre de l’autorisation de mise sur le marché et l’imputabilité de mes méningiomes à ce médicament.

Le collège d’expert, composé d’un neurochirurgien, d’un pharmacologue et d’une endocrinologue, a conclu en avril 2021 après une étude détaillée de la bibliographie existante sur le sujet, de mon dossier médical (3 classeurs) et de mon examen clinique : « le lien de causalité entre la prise d’acétate de cyprotérone (ANDROCUR et génériques) et les méningiomes développés chez Madame DUJARDIN apparaît comme hautement probable, sans lien qui permettrait de l’associer à une autre cause connue » (p. 58). S’en suivent presque deux pages de synthèse des arguments à l’appui : « les tumeurs réséquées les 14/11/2013 et 18/06/2020 exprimaient le récepteur de la progestérone alors qu’il est aujourd’hui reconnu que les tumeurs opérées chez des patients traités par acétate de cyprotérone expriment le récepteur de la progestérone plus que les méningiomes tout venants » (p. 58). Un « lien de CAUSALITÉ », le médicament est donc très probablement la CAUSE et non une aggravation de méningiomes (3!) pré-existants.

De la découverte de mes méningiomes en juillet 2013 à la révélation du scandale lié à ce médicament en 2018, les neurologues et neurochirurgiens m’ont dit et répété que c’étaient des méningiomes qui existaient déjà. Ils ne les ont pas déclarés aux autorités chargées de la pharmacovigilance, c’est moi qui ai fait la déclaration en ligne, et j’ai ensuite dû passer par le service des usagers et la direction juridique du CHU de Poitiers pour que la médecin chargée de ces déclarations fassent enfin le nécessaire pour que l’enregistrement soit validé, elle a rédigé cette déclaration en se basant sur des comptes-rendus et des documents qui ne me concernaient pas, sans consulter les médecins qui me suivaient dans le même établissement. Le reportage pourrait être versé à mon dossier comme argument que je n’ai pas pu avoir conscience du lien de causalité avant que je n’engage ma procédure en 2018, c’est un argument important à opposer aux laboratoires qui plaident la prescription. Je n’ai pas eu accès avant cette date à l’information connue du corps médical et des autorités de santé au moins depuis 2008 puisque encore aujourd’hui, un neurochirurgien du service où j’étais suivie dit publiquement que ce lien n’existe pas. Il faut qu’il se mette à jour de la bibliographie que je tiens à sa disposition mais qui est disponible dans de nombreuses revues médicales. Il peut très facilement cependant consulter cette référence à propos du méninigiome sphéno-orbitaire : Apra, C., Roblot, P., Alkhayri, A. et al. Female gender and exogenous progesterone exposition as risk factors for spheno-orbital meningiomas. J Neurooncol 149, 95–101 (2020), dont le résumé est disponible depuis PubMed s’il a la flemme d’aller jusqu’à la bibliothèque universitaire.

Qu’un neurochirurgien de ce CHU continue à dire que les méningiomes ne sont pas la cause des méningiomes sous progestatifs est inadmissible et préjudiciable pour les patients qu’il suit et pour ceux qui l’ont entendu hier. Il faut faire tomber de leur piédestal les médecins, quelle que soit leur spécialité mais encore plus si c’est un neurochirurgien qui a l’autorité du tout-puissant dans un hôpital la neurochirurgie » ceux qui sont en contact avec ces victimes.

Sources

Pour rédiger cet article, je me suis basée sur des sources émanant d’autorités officielles : la haute autorité de santé (HAS), la base de données publique Transparence – Santé, la base de données bibliographiques PubMed, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (abrégé ANSM), les sites des sociétés savantes (la société française de neurochirurgie, la société française de neurologie, la société française d’endocrinologie, la société française de gynécologie), la base de données publique des médicaments, le rapport d’expertise du collège d’experts du 15 avril 2021 me concernant et les réponses des parties, rapport faisant suite à l’ordonnance de référé du 31 juillet 2019 référencée RG 19/148 à 19/155 au tribunal judiciaire de Poitiers.

J’ai supprimé des noms dans les extraits que j’ai mis en illustration, je n’ai gardé que le nom du Dr Philippe Page, puisqu’il s’exprime en son nom et est identifié dans le reportage du journal régional 19/20 de France 3 Poitou-Charentes.

Conflits d’intérêt potentiels

J’ai entrepris une longue procédure judiciaire civile pour faire reconnaître l’imputabilité de mes méningiomes à l’Acétate de cyprotérone (Androcur et ses génériques) et obtenir réparation des dommages qui en découlent, voir les liens vers mes articles précédents à la fin du présent article.

Je suis adhérente de l’Association Méningiomes dus à l’Acétate de cyprotérone, aide aux Victimes Et prise en compte des Autres molécules (Amavea). J’ai croisé le Dr Page plusieurs fois dans la salle d’attente des consultations de neurochirurgie du CHU de Poitiers et il m’a vue une fois aux urgences du même hôpital suite à une chute, en 2016.

Mon troisième méningiome, en haut du crâne, est indiqué par une flèche

À cette occasion, il avait déclaré que mon méningiome sagittal était « riquiqui » (sic) et qu’il ne pouvait pas être la cause de mes chutes répétées. À l’issue de ce passage, à l’issue d’une hospitalisation en neurologie, mon neurochirurgien et mon neurologue de l’époque avaient conclu que mes méningiomes n’en étaient pas la cause et que c’était psychosomatique. Plusieurs imageries, IRM et scanners, ont été mal lues. Le rapport d’expertise me concernant note ainsi : « cette imagerie [scanner de décembre 2016] qui a pu être consultée au cours de la réunion d’expertise du 21 janvier 2021 montre que le sinus est bel et bien envahi, il existe des veines de suppléance, recrutées pour contourner l’obstacle que représente la thrombose du sinus longitudinal supérieur. Ce fait explique parfaitement la faiblesse de l’hémicorps gauche et la perte d’équilibre qui en découle, puis avec le temps une suppléance s’est mise à fonctionner avec régression des troubles » (p. 26 ; c’est moi qui souligne en gras). Depuis ce rapport, j’ai changé de neurologue et de neurochirurgien, il est cependant certain que le « riquiqui » et le « psychosomatique » laissent des traces et influent sur mon a priori vis à vis de ces trois médecins et des radiologues.

Contexte de rédaction

J’ai eu beaucoup de mal à inhiber mon cerveau, à cause de sa lésion frontale, je suis fortement impulsive. J’ai donc juste échangé avec mon avocat hier soir, mon cerveau a travaillé toute la nuit (multiples petits réveils), j’étais dans l’impossibilité de me concentrer sur mes grilles de mots fléchés et de mots croisés, exercices pourtant essentiel pour faire travailler ma flexibilité verbale et l’inhibition, qui doit empêcher d’écrire le premier mot qui passe par la tête sans avoir pris en compte les mots qui croisent. Après avoir « cédé » à ce qui tournait en boucle dans mon cerveau, j’ai vérifié les éventuels conflits d’intérêt entre le Dr Page et les laboratoires sur le site de la haute transparence : 73 déclarations ces 5 dernières années, de trois laboratoires de dispositifs médicaux (repas, déplacements, participation à des colloques), mais aucun fabricant de médicaments, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas mais qu’aucun n’a été déclaré. J’ai ensuite interrogé la base de données PubMed pour accéder à sa bibliographie internationale (voir les 25 articles référencés). Il n’y a aucune publication sur les méningiomes, beaucoup de travaux en collaboration où il apparaît au-delà de la cinquième position, ce sont donc plutôt des articles où il a fourni des données plutôt qu’un texte personnel.

Les articles sur mon blog :

Revue de presse :

De retour 11 mois plus tard…

Mon visage au retour du bloc le 18 juin 2020, puis le 21 juin sans lunettes et avec compresse de thé et à mon retour chez moi le 24 juin

Après mon opération du 18 juin

Je vous avais laissé à la veille de mon opération de méningiome. Je suis rentrée à l’hôpital à Tours la veille, avec un test PCR négatif fait la veille. Bien sûr, avec la crise sanitaire, aucune visite n’était autorisée. J’aurais aimé aller chez le coiffeur avant, mais je ne devais pas attraper de microbe et suis restée strictement confinée de mi mars à mi-juin…

Il a fallu 6h de fraisage pour détruire le méningiome ossifié de mon orbite gauche. Le neurochirurgien a préservé mon nerf optique, mon champ visuel s’est même très légèrement amélioré depuis. De retour du bloc, au réveil, tout va bien, le neurochirurgien m’annonce que ça va gonfler sérieusement pendant la nuit… Le lendemain, impossible d’ouvrir l’œil, des compresses de thé froid pour faire dégonfler (je ne connaissais pas cette astuce!), deux jours après, les drains au cerveau et au ventre sont enlevés, je peux aller au fauteuil avec toujours un contrôle des constantes, une vraie douche! Je rentre à Poitiers après 5 jours. Il faut récupérer de la fatigue aussi due au litre de sang perdu pendant l’opération.

Le visage a mis beaucoup de temps (c’était mieux après deux mois) à dégonfler, il reste toujours une petite bosse sur la tempe gauche, mais elle ne se voit pas trop avec les lunettes. Dès que les agrafes ont été enlevées et toutes les croutes tombées, la coiffeuse est passée chez moi avec toutes les précautions d’usage pour une coupe rapide, un vrai soulagement, surtout qu’alors, je n’avais plus besoin de me coiffer pendant les premières semaines.

Même si je n’ai pas beaucoup de séquelles, je commence par une réaction au niveau de la cicatrice du ventre, rouge et gonflée à une extrémité. Ah, pour celles (oui, là, le féminin l’emporte très largement) qui doivent avoir une opération de ce type, la « petite entaille au ventre pour récupérer de la graisse » qui va remplacer l’os enlevé, entre les pièces en titane et le cerveau, mesure quand même 7 cm! La cicatrice est encore violette et limite chéloïde malgré les automassages à l’huile d’amande douce…

Trois extraits du scanner de contrôle d'octobre 2020 avec les indications de la graisse venue du ventre, des vis et des plaques en titane.

Côté crâne, j’ai maintenant un savant assemblage de plaques en titane (entouré en bleu), de vis (en orange) et de graisse tirée du ventre (la masse noire entourée en rouge).

Mon troisième méningiome, en haut du crâne, est indiqué par une flèche

Le troisième méningiome, inséré dans la faux du cerveau vers la droite, est toujours là, est ossifié et infiltré dans le sinus sagittal. Il comprime la veine principale du cerveau et est donc inopérable, mais les dernières IRM montrent qu’un faisceau de vaisseaux secondaires a pris le relais. L’hémiplégie partielle gauche qu’elle provoquait, cotée à 4/5, a bien régressé grâce à eux, je poursuis le kiné deux fois par semaine pour remuscler le côté gauche, pour l’instant, j’ai encore une faiblesse sur le grand dorsal et le bras gauche, surtout, je ne sens pas les contractions musculaires sur la fin des mouvements. J’avais aussi perdu (volontairement) 4 kg dus à la cortisone avant l’opération, j’ai maintenant rattrapé mon poids d’avant la cortisone qui a suivi la découverte des méningiomes, mais pas tout à fait le poids antérieur, il me reste encore 3 kg à perdre. Je n’ai pas complètement arrêté la cortisone, en raison de mes problèmes hormonaux, j’ai descendu la dose par paliers de 5 mg tous les 15 jours jusqu’à 10mg, puis par paliers de 1 mg par mois, j’en suis encore à 4 mg, avec un complément d’hydrocortisone depuis le passage à 7mg, car mes surrénales, qui ont déjà été « fainéantes » sans supplémentation dans le passé n’ont pas encore repris leur fonction, je verrai ce qu’il en est avec un RdV à Bicêtre fin novembre.

Mon anosmie (problème d’odorat) n’a pas plus bougé (voir Méningiomes sous Androcur de Bayer : perte de l’odorat que ma prosopagnosie (difficultés pour reconnaître les visages). En revanche, mon empan de la mémoire de travail a replongé à 4, mais j’ai récupéré plus vite que lors de la première opération en 2013 (voir Bientôt 2 ans… Anosmie, prosopagnosie, problème d’empans de la mémoire de travail…). Avec un travail orthophoniste intensif, une séance par semaine en visio et des exercices quotidiens enregistrés par mon orthophoniste. Pour tester mes fonctions exécutives, l’un des premiers tests était de préparer une île flottante en respectant la recette… Mine de rien, regrouper les ingrédients, les bons ustensiles, s’organiser pour faire la crème anglaise, les blancs pochés et le caramel sans faire tout éclabousser, assembler et ranger la cuisine n’a pas été si simple et m’a bien fatiguée, juste un mois après l’opération.

Je vois également une fois par mois sa collègue en visio, pour rééduquer mon masseter gauche qui a mal supporté d’être décollé et recollé une seconde fois. Là encore, exercices tous les jours, je n’arrive toujours pas à trouver la position « clown triste », les massages qu’elle m’a conseillés sont adaptés à partir d’un programme des orthophonistes de la Pitié-Salpétrière pour les « gueules cassées », le lien peut aider celles qui sont dans le même cas que moi! Si j’ai un peu gagné, il reste faible et j’ouvre la bouche à 2,5 doigts ou 19 abaisse-langue, ce qui a progressé, au départ, il ne fallait pas que les mirabelles soient trop grosses au printemps, maintenant, un radis rond plutôt gros passe. Mais il faut 3 doigts pour que l’ouverture de la bouche soit considérée comme « normale ».

Au début, je voyais régulièrement double en fin d’après-midi, mais le muscle qui avait été touché lors de l’opération s’est bien remusclé, je ne vois plus double et j’ai pu faire valider mon permis de conduire par la préfecture.

L'un des plats préparé par ma voisine libyenne

Côté courses, je suis toujours livrée par la Tournée des Saveurs (commande tous les 15 jours, ce sont très majoritairement des produits issus de producteurs locaux, pour partie bio) et mes voisins libyens me mitonnent régulièrement de délicieux plats joliment présentés, souvent si copieux que je les mange en deux fois!

Sur le front judiciaire

La cour d’appel de Poitiers avait confirmé ma demande d’expertise avait confirmé le 16 juin, juste avant mon opération. Celle-ci aurait dû avoir lieu en novembre 2020, mais avec le deuxième confinement, elle a été reportée à début janvier. nous étions fort nombreux dans la salle, les 3 experts nommés par le tribunal (un neurochirurgien, un pharmacologue et une endocrinologue), mon avocat avec une assistante, mon médecin conseil (un professeur en neurochirurgie), un avocat et un médecin conseil pour mon ancien médecin (aussi présent mais juste au début, il avait pris un train de retour beaucoup trop tôt), pour mon ancien pharmacien, pour Bayer, un avocat pour l’ANSM, et il y avait des absents, le ministère de la santé, la CPAM et la MGEN (qui gère mon régime de sécurité sociale). Le collège d’expert a conclu à une haute probabilité d’imputabilité de mes méningiomes multiples à l’Androcur de Bayer, qui avait été prescrit dans le cadre de l’autorisation de mise sur le marché (ce qui n’est pas le cas pour 85% des personnes qui en ont pris). Il faut attendre mon prochain bilan neuropsychologique (surtout sur la mémoire de travail) et le scanner et l’IRM de septembre prochain pour consolider les séquelles. Ensuite, mon avocat demandera une audience au fond au civil au tribunal de Poitiers. En parallèle, Bayer s’est pourvu en cassation contre la décision de la cour d’appel, les mémoires en réponse ont été rendus en février, mais il n’y a toujours pas de conseiller nommé et donc pas non plus de date d’audience en cassation, heureusement que celle-ci n’est pas suspensive! Pour toutes celles qui seraient concernées par des méningiomes dus à l’Androcur, au Lutéran ou au Lutényl, vous pouvez vous renseigner auprès de l’association de victimes,
l’Amavea.

J’ai repris à mi-temps thérapeutique depuis un mois, en télétravail, cela se passe bien, même si je reste fatigable et fatiguée le soir. Il m’arrive de m’endormir devant le 28 minutes d’Arte, et si je veux voir un programme du soir, alors c’est en rediffusion le lendemain en fin d’après-midi.

Maintenant, j’ai quelques centaines de commentaires à lire, une grosse centaine en attente de modération, je résorberai petit à petit ce retard.

Sur le front du Covid, j’ai eu des anticorps non neutralisants fin mai 2020, ils avaient disparu en septembre 2020, et j’ai eu trois doses de Pfizer à cause de mon déficit global en IGG. Mais j’essaye de vous parler plus en détail des problèmes immunitaires dans les prochains jours.

Logo de l'association Valentin Apac


Le 27 juin prochain, je voterai aux élections départementales et régionales, puis je participerai au parc de Blossac à Poitiers à une journée des sourds-aveugles organisée par le Centre National de Ressources Handicaps Rares – Surdicécité (CRESAM), qui dépend de l’Association pour la Promotion des Personnes Sourdes, Aveugles et Sourdaveugles (APSA) dont je suis élue au conseil d’administration depuis un peu plus d’un an, j’ai commencé à tricoter des carrés de 20 cm sur 20, avant de partir pour une « promenade » de 10 km dans le cadre de la Course des Héros 2021, pour collecter des fonds au profit de l’association Valentin Apac, association de porteurs d’anomalies chromosomiques, je vous reparle très vite de ces deux opérations.

Jusqu’au 23 juin 2021, vous pouvez aider l’association Valentin Association de porteurs d’anomalies chromosomiques via ma participation à la course des héros virtuelle à Poitiers le 27 juin 2021 : Visitez la page de collecte ou cliquez sur le bouton ci-dessous.


Méningiomes sous Androcur, confinement et appel de Bayer

Classeurs avec mon dossier médical et judiciaire

Mise à jour du 16 juin 2020 La cour d’appel de Poitiers vient de confirmer la décision de première instance, test Covid19 pré-opératoire passé ce matin au CHU de Poitiers, je prépare mes affaires pour partir au CHU de Tours demain, opération jeudi 18 toute la journée… Voir l’article du 7.info

Article du 27 mai 2020 Le confinement se poursuit pour moi, mon voisin de palier reste bruyant même si cela n’atteint plus les 100 décibels pendant des heures… même si France 2 a pu profiter de sa musique sur mon balcon et de quelques bruits d’outils en venant filmer lundi (25 mai 2020) pour un reportage au JT de 13h sur ceux qui restent confinés (c’est à 19 minutes 30 sur le lien, +/- une minute avant pour l’autre témoignage). Il a cessé les émanations toxiques. La poussée d’herpès qui a suivi les 4 jours les plus bruyants se voit dans ma prise de sang d’hier avec une augmentation des neutrophiles ;-(

La presse locale (Centre Presse et la Nouvelle-République) annonce ce matin l’appel de Bayer (demain à la cour d’appel de Poitiers) contre la nomination des experts dans ma procédure de demande d’indemnisation de mes méningiomes multiples sous Androcur, demain (28 mai 2020) au palais de justice de Poitiers, et signale le bruit infernal (depuis 3 semaines) de mon nouveau voisin de palier. Mon dossier médical est bien classé dans ces cinq classeurs (plus un pour les imageries)…

Cette première sortie depuis le 15 mars va me faire du bien, même si je dois prendre un maximum de précautions pour ne pas attraper de microbes, pas que le SARS-CoV-2 (le virus responsable de LA, pour faire plaisir à l’Académie française, Covid-19). Le taux global de globules blancs est normal depuis mon confinement, les lymphocytes aussi et les myélocytes ont disparu, ça serait bien de ne pas les faire remonter avant mon opération du 18 juin. Sortie suivante peut-être pour voir l’anesthésiste, sinon, le 16 juin pour un dépistage de Covid-19 obligatoire avant ce type d’opération.

PS: la décision a été mise en délibéré au 16 juin 2020… Voir l’article paru dans Centre Presse Bayer conteste l’expertise judiciaire sur l’Androcur: décision le 16 juin (29 mai 2020)