Complément du 14/10/2026
J’ai regardé le débat sur France 5 hier soir, la lobbyiste en chef, Sophie Catteau-Jonard, a été encore plus catastrophique pour la santé des femmes que la semaine précédente sur France Inter (voir ci-dessous).
Elle a complètement oublié le serment d’Hippocrate : d’abord ne pas nuire.
Elle a mollement dit qu’avec des méningiomes, tout traitement aux progestatifs est interdit ; une témoin a pris de l’Optimizette, pourtant interdit, avec un méningiome et a fait une récidive… sans l’avoir encore arrêté. Que font la sécurité sociale (elle sait qu’elle a été opérée d’un méningiome, il devrait y avoir une alerte à tout remboursement de progestatif), ses médecins, sa sage-femme, son pharmacien, les médecins présents sur le plateau ? En cas de méningiome, il est interdit de prendre des progestatifs. Le médecin ou la sage-femme qui prescrirait ces médicaments avec un méningiome connu serait financièrement responsable des conséquences d’une récidive ou d’une aggravation d’un méningiome. L’agence nationale de sécurité du médicament ANSM n’est pas nette non plus : elle a mis à jour sa réévaluation (mise à jour du 29 septembre 2026) précise clairement le sur-risque de méningiome et un service médical rendu insuffisant (depuis 2025, ce qui devrait entraîner son déremboursement), avec un courrier envoyé par la sécurité sociale à celles qui en ont pris au cours de ces deux dernières années, la notice patient et le résumé des caractéristiques du produit (RCP) pour les médecins ne mentionnent pas du tout le risque de méningiomes ni la contre-indication de ce médicament en cas de méningiome connu, il faut aller dans l’onglet bon usage pour avoir l’information. Un des textes daté d’août 2026 précise : » Par ailleurs, nous allons nous rapprocher de l’Agence européenne des médicaments (EMA) afin d’inscrire le risque de méningiome, dans les résumés des caractéristiques du produit (RCP) de ces médicaments et dans les notices. » Espérons que cela ne prendra pas plusieurs années comme pour l’Androcur puis ses génériques (alerte 2008, notice de mon générique Acétate de cyprotérone de Viatris changée en novembre 2013, j’avais arrêté en juillet 2013).
Le Dr Catteau-Jonard a annoncé qu’elle allait en gros, avec des confrères, faire pression (agir) pour pouvoir prescrire des progestatifs à des femmes qui auraient des méningiomes « stables depuis plusieurs années « . Elle feint de ne rien comprendre à la biologie des méningiomes sous progestatifs, alors qu’il y a une abondante littérature depuis 2018 sur le sujet :
- les méningiomes expriment la plupart du temps des récepteurs à la progestérone ;
- l’interruption du traitement peut stabiliser ou entraîner une régression du méningiome, jamais sa disparition totale ;
- redonner de la progestérone réactive ces récepteurs et « nourrit » les méningiomes.
C’est pour cela qu’il ne faut pas prendre de progestatif quand on a un méningiome. Pas non plus en traitement local : certains gynécologues disent que c’est possible, limité au vagin et très bien pour la sécheresse vaginale (cf Odile Bagot, intervenante au magazine surnommée par certaines victimes de méningiomes de « miss hormone »), sans risque, c’est faut, il y a toujours une infime part qui est absorbée par la muqueuse et se retrouve dans la circulation générale ; et donc à un moment ou à un autre sur les récepteurs à la progestérone des méningiomes dans le cerveau. Attention aussi aux stérilets imprégnés : l’imprégnation est souvent de la progestérone !
Le cas d’Elise Richard, qui a réalisé le documentaire (voir Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ? en replay) et était présente sur le plateau était net : elle a présenté ses IRM au moment du diagnostic, régression très partielle après arrêt de l’Androcur, reprise de sa taille initiale avec la grossesse (sécrétion de progestérone par le corps), et ensuite, il n’a plus régressé. Dire qu’on allait agir pour pouvoir prescrire de la progestérone à certaines femmes ayant des méningiomes, c’est nier l’illustration du documentaire d’Elise Richard.
Il n’a pas non plus été précisé que :
- un méningiome ne disparaît jamais totalement ; la plupart du temps, l’exérèse n’est pas totale radiologiquement, et au niveau cellulaire, il reste toujours des cellules ;
- c’est la même chose dans les cas où la radio-chirurgie (rayons très concentrés sur une zone) est possible ou utilisée parce que la chirurgie est trop risquée : il peut rester des cellules atteintes et surtout des cellules avec des récepteurs qui ne demandent qu’à s’exprimer en faisant croître à nouveau le(s) méningiome(s) ;
- le processus d’expression des récepteurs à la progestérone à la surface de l’arachnoïde (méninge) n’est pas totalement expliqué mais si on a développé un méningiome, on peut en développer d’autres ailleurs ; les méningiomes sous Androcur sont ainsi souvent multiples ;
- une opération est risquée (1,2 % de décès lors ou dans les jours qui suivent les opérations, cf Les Mal Traitées. Le scandale des violences médicales faites aux femmes, de Liane Courté, p. 46) ;
- une opération avant une grossesse ne garantit pas qu’il n’y aura pas une récidive du méningiome pendant cette grossesse ou l’apparition d’un autre méningiome à un autre endroit.
Dans le débat d’hier soir, ce n’est pas un médecin mais le représentant de France Asso santé qui a précisé que le risque pour le Desogestrel (liste des marques ci-dessous) est de 1/17000 de développer un méningiome nécessitant une opération à 5 ans : il ne faut pas utiliser 1/64000, chiffre après un an d’exposition ; il y a 4 ou 5 fois plus de méningiomes surveillés que de méningiomes opérés. Souvent, les femmes ont pris successivement plusieurs molécules. Alors certes, il ne faut pas faire passer des IRM à toutes celles qui n’ont pris que du désogestrel sur un temps court et qui n’ont pas de symptôme, mais si vous avez également pris auparavant ou de l’Androcur (ou générique Acétate de cyprotérone), du Lutéran (chlormadinone acétate) ou du Lutényl (nomégestrol) pendant plus d’un an, Colprone (médrogestone), Surgestone (promégestone, plus commercialisé en France), Depo-Provera (acétate de médroxyprogestérone), il faut faire une IRM à cause de cette exposition antérieure, qui justifie à elle seule une IRM, et en cas de méningiome, les progestatifs sont INTERDITS. Il existe d’autres moyens de contraception.
D’après l’étude EPI-PHARE, le risque d’opération de méningiome après 5 ans de traitement est de : 1/40 pour l’Androcur (rappelons dans mon cas que je n’avais aucun méningiome après 8 ans de traitement), 1/72 sous Lutényl (qui était produit par Theramex, gros sponsor du Dr Catteau-Jonard), 1/173 sous Lutéran. L’effet de classe, cumulatif au fil des prises, est à prendre en compte, et pas uniquement l’exposition à une molécule.
Médicaments contenant du désogestrel: ANTIGONE ; CERAZETTE ; CLAREAL ; DESOBEL ; DESOGESTREL BIOGARAN ; DESOGESTREL CRISTERS ; DESOGESTREL THINYLESTRADIOL BIOGARAN ; DESOGESTREL SANDOZ ; DESOGESTREL VIATRIS PHARMA ; DESOGESTREL VIATRIS SANTE ; DESOGESTREL/ETHINYLESTRADIOL BIOGARANCONTINU ; DESOGESTREL/ETHINYLESTRADIOL CRISTERS ; DESOGESTREL/ETHINYLESTRADIOL EG ; DESOGESTREL/ETHINYLESTRADIOL VIATRIS ; DESOPOP ; ELFASETTE ; MERCILON ; OPTIMIZETTE VARNOLINE ; VARNOLINE CONTINU.
Article du 12/10/2026
Dans le cadre de la promotion de la promotion de l’émission enquête de santé d’Elise Richard, qui sera diffusée demain 13 octobre 2026 suivie d’un débat et qui est déjà disponible en ligne (documentaire sans débat, voir Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ? en replay), plusieurs émissions ont été consacrées au sujet, avec par exemple une intervention de Marina Carrère-d’Encausse et d’Elise Richard dans C à vous (voir sur youtube), rien dire sauf la confusion entre frais d’avocats et frais de justice… le plus gros des frais engagés, ce sont ceux pour l’expertise médicale et l’expertise de consolidation, voir les détails de mon cas ici). Rien à dire non plus pour l’intervention d’Elise Richard dans le Magazine de la santé, qui avait pourtant fortement minimisé les conséquences des méningiomes un mois plus tôt lors de l’alerte pour le Desogestrel, je reviendrai une autre fois sur ce sujet.
En revanche, l’émission Grand bien vous fasse du 5 octobre 2026 (Ménopause, contraception, endométriose : que penser des traitements hormonaux ?) en partenariat avec le magazine de la santé a minimisé autant qu’elle pouvait les risques, là encore, les risques. Enfin, pas l’émission en entier, le neurochirurgien a exposé la gravité des lésions et des conséquences des méningiomes, Marina Carrère-d’Encausse a ramé pour justifier les prescriptions hors autorisations de mise sur le marché (AMM), cela fera aussi l’objet d’un autre billet. Elise Richard, autrice du documentaire, n’était pas présente. La gynécologue a quant à elle passé son temps à minimiser le rôle des progestatifs, l’incidence (le nombre) de méningiomes imputables aux médicaments et la gravité de ces tumeurs.
Je vous avais déjà parlé de ces médecins qui nient (voir ici un neurochirurgien de Poitiers en 2022) ou minimisent le lien de causalité entre les progestatifs, au premier rang desquels l’Acétate de Cyprotérone / Androcur (Bayer jusqu’à l’année dernière) et ses génériques, lutényl qui était produit par Théramex et lutéran. Je vous renvoie à cet article pour les conséquences de ces tumeurs au cerveau ou plus exactement d’un enveloppe du cerveau qui peut comprimer celui-ci ou des nerfs crâniens (nerfs olfactif, auditifs, visuels…) ou encore provoquer de l’oedème cérébral en réaction à l’inflammation.
Mon réflexe, depuis longtemps, est d’aller vérifier sur la base de données transparence santé si un conflit d’intérêt pourrait expliquer la position d’un soignant. Cette base garde les déclarations d’intérêt notamment des professionnels de santé avec les laboratoires au cours des 5 dernières années flottantes. Dans son livre Les Mal Traitées. Le scandale des violences médicales faites aux femmes, paru il y a quelques jours chez Flammarion, Liane Courté en parle à plusieurs reprises (notamment p. 112 et suivantes) et a eu accès à des extraits plus anciens grâce à l’une de ses sources. Je me contente quant à moi des 5 dernières années disponibles dans la base de données publique. Comme souvent, il y a plusieurs dossiers pour cette gynécologue : Sophie Jonard-Catteau (Hellèmes-Lille, Lille), Sophie Catteau Jonard (Hellèmes-Lille) et Sophie Catteau-Jonard (Lille), l’unification de la base de données par l’identifiant du médecin n’est pas encore complètement acquise bien que promise depuis longtemps. J’ai ma propre moulinette pour traiter ces fichiers .csv dans un tableur, en changeant l’ordre des colonnes en particulier. Au total, sur 5 ans, elle a près de 200 lignes (sur 5 ans, ça fait quand même une moyenne de 3 par mois), dont 8 avec Bayer et 34 avec Theramex. Certes, il y a des repas, mais surtout avec Theramex, ce sont surtout des contrats de participation à une manifestation, sans plus de précisions. La loi dite loi de Xavier Bertrand de 2011 (art. L-1453-1 du code de la santé publique) prévoit pourtant que les entreprises doivent déclarer » l’objet précis, la date, le bénéficiaire direct et le bénéficiaire final, et le montant des conventions qu’elles concluent avec : les professionnels de santé […] « . L’excuse pour masquer ces précisions ? Cet alinéa qui suit en se référant au droit des affaires : » Cette obligation ne s’applique pas aux conventions régies par les articles L. 441-3 et L. 441-9 du code de commerce et qui ont pour objet l’achat de biens ou de services par les personnes physiques ou morales mentionnées aux 1° à 9° du présent I auprès des entreprises produisant ou commercialisant des produits mentionnés au II de l’article L. 5311-1 du présent code ou assurant des prestations associées à ces produits « … C’est donc une transparence très relative, et il faut se contenter de « convention ». Ces nombreux liens ne peuvent pas permettre à cette gynécologue d’exposer la gravité des méningiomes sous Androcur, Lutéran et Lutényl notamment, qui surviennent 15 ans plus tôt en moyenne que dans la population générale, ont tendance à se développer et à s’ossifier plus vite, sont plus souvent cancéreux (20% contre 15%), et qui, contrairement à ce qu’elle dit, ne régresse pas tous à l’arrêt du traitement et peuvent se redévelopper très vite en cas de nouvelle exposition aux oestrogènes, qu’ils soient artificiels (médicaments, pilules) ou naturels (grossesse ; contrairement à ce qu’elle a dit, en cas de troubles hormonaux, la victime de méningiomes peut être placée artificiellement en ménopause, ça a été mon cas). Qui dit qu’elle n’a pas pour mission, dans l’une de ces conventions, de minimiser le risque, comme autrefois certains médecins payés par les lobbys du tabac pour nier son lien avec le cancer des poumons? Pas de transparence, cela laisse aussi la porte ouverte à toutes les spéculations.
Les médecins doivent mettre une diapo sur leurs liens d’intérêt au cours des colloques, j’en ai été témoin à plusieurs reprises pour des congrès de génétique auxquels j’ai assisté (pour l’association Valentin Apac) et Liane Courté montre aussi dans son livre comment cette diapo peut être expédiée en catimini dans sa partie sur Essure. Une émission de radio ou de télévision n’est-elle pas un exposé public qui devrait aussi être soumis à la déclaration des liens d’intérêts entre les soignants et les laboratoires?
Si vous allez voir la fiche du neurochirurgien qui est intervenu à cette même émission, il a de très rares déclarations, et quasi exclusivement des prises en charge de repas, ce qui est normal et parfois inévitable : dans certains colloques, les laboratoires offrent un repas, tout le monde se retrouve avec 20€ de déclaration d’intérêt, sauf à aller déjeuner dans son coin à l’extérieur du colloque et donc probablement loin de ses collègues.
Et pour les victimes, n’hésitez pas à contacter l’Association Méningiomes dus à l’Acétate de cyprotérone, aide aux Victimes Et prise en compte des Autres molécules (Amavea) si vous avez besoin d’aide ou de renseignements.






Finalement, la réponse au problème est venue quand j’ai signalé au neurologue que je n’avais pas reconnu le sénateur Alain Fouché sur une photographie. Le
Alors quoi? Où est le bug? D’abord, il n’est pas habillé comme d’habitude, je ne l’ai jamais vu col de chemise ouvert, sans cravate, avec un blouson sur l’épaule au lieu d’une veste de costume, quant aux lunettes de soleil sur la tête, ce n’est pas du tout son « style ».
Il est d’habitude comme sur son
En cherchant, j’ai trouvé une autre photographie de cette série de photographies institutionnelles, faites par des communicants, fournies à la presse – ici
Ce n’est qu’avec de l’aide que j’ai compris que la photographie avait été publiée « en miroir » dans le magazine tendance, comme les visages ne sont pas symétriques (surtout qu’il a une petite excroissance en bas de la joue gauche), cela a suffi pour que je ne le reconnaisse pas. Mesdames et messieurs les graphistes et les communicants, mettre une photo en miroir est peut-être tentant pour des raisons de mise en page ou symbolique (ouverture ou je ne sais quoi), mais c’est au risque que les lecteurs ne reconnaissent pas la personne!











