Archives par étiquette : Deux-Sèvres

Quand la République porte le voile…

Le visage de la République du monument aux morts de Chabanais, (c) Région Nouvelle Aquitaine, Gilles Beauvarlet, 2008

Le visage de la République du monument aux morts de Chabanais, (c) Région Nouvelle Aquitaine, Gilles Beauvarlet, 2008

Le thème retenu pour les 33e journées du patrimoine (ce week-end, 17 et 18 septembre 2016) est « Patrimoine et citoyenneté ». L’occasion de revenir sur la petite phrase prononcée le 29 août 2016 à Colomiers par Manuel Valls:

« Sur la place des femmes nous ne pouvons transiger. Marianne, le symbole de la République, elle a le sein nu parce qu’elle nourrit le peuple, elle n’est pas voilée parce qu’elle est libre ! C’est ça la République ! C’est ça Marianne ! »

Couverture du livre les allégories de la République sur les monuments aux morts en Poitou-Charentes Je vous ai déjà montré ici de nombreux exemples d’allégories de la République, je vais partir de ce livre publié dans mon service par une de mes collègues : Les allégories de la République sur les monuments aux morts en Poitou-Charentes, de Charlotte Pon-Willemsen, édité dans la collection des Parcours du patrimoine chez Geste édition, 2008. Nous avions pour la couverture la République du monument aux morts de Chabanais, en Charente, par Georges Delpérier. Elle porte, superposés, un bonnet phrygien, une couronne végétale et… un voile de deuil!

Le monument aux mobiles de la Charente à Angoulême, 4, la République vaincue Le voile de deuil est un attribut fréquent des allégories de la République, et ce dès le lendemain de la guerre de 1870, comme par exemple sur le monument aux mobiles de la Charente, par Raoul Verlet à Angoulême. La France porte le deuil de l’Alsace-Lorraine, au lendemain de la Première Guerre mondiale elle porte le deuil des millions de morts…

Angoulême, monument aux morts de 1914-1918, 4, la mère âgée, de loin et de près

Le port du voile était un signe extérieur pour signifier le deuil pour les femmes (et je ne parle pas des fichus et autres couvre-chefs quasi obligatoires pour entrer dans les églises), il n’y a donc aucune raison que la République, allégorie (image symbolique) ne porte pas elle aussi le voile! Pour illustrer ceci, je vous ai choisi la mère du soldat du monument aux morts de 1914-1918, à Angoulême, par Émile Peyronnet.

Angoulême, monument aux morts de 1914-1918, 5, la femme et la fillette, de loin et de près

Sur ce monument, la femme du soldat (mais pas la fillette, non pubère) porte aussi le voile…

Angoulême, monument aux morts de 1914-1918, 1, vue de loin et de la République … ainsi que la République monumentale!

Niort, le monument aux morts de 1914-1918 par Poisson, 6, détail de la République Parmi les exemples que je vous ai déjà présenté sur mon blog, je peux aussi ajouter la République du monument aux morts de 1914-1918 à Niort, par Pierre Marie Poisson, elle porte un bonnet phrygien, mais ici, on voit bien qu’il est composé d’un pliage de tissu… rien d’autre qu’un voile de forme particulière qui ici couvre largement les cheveux et le dos!

Le visage de la République du monument aux morts de Cherves-Richemont, (c) Région Nouvelle Aquitaine, Raphaël Jean, 2008

Le visage de la République du monument aux morts de Cherves-Richemont, (c) Région Nouvelle Aquitaine, Raphaël Jean, 2008

Parmi les allégories de la République plus expressives dans la douleur du deuil, j’ai choisi de vous montrer celle du monument aux morts de Cherves-Richemont, en Charente, lui aussi par Raoul Verlet

Allez, pour les nostalgiques de mes chroniques « patrimoine », je vous prépare pour demain un article sur les symboles de la République, et je vais essayer de mettre plus régulièrement des statues et autres monuments!

Oiron au temps de madame de Montespan…

Plan du château d'oiron, façades sur cour, 1713J’aurais dû vous parler de cette exposition lors de son inauguration, fin octobre 2015, mais c’était pendant ma période boulot-rééducation-dodo sans passer par la case ordinateur! Le commissaire en est… Grégory Vouhé (merci à toi pour tout, y compris les photographies, ainsi qu’à Samuel Quenault et Philippe Berthé, du Centre des monuments nationaux). Je vous emmène donc au château d’Oiron dans les Deux-Sèvres pour une idée de sortie pendant les vacances qui commencent.

Oiron, brouillons des plansVite, allez voir pour la première fois à Oiron le magnifique Recueil des vues et plans des seigneuries d’Oyron, Montcontour et Cursé (qui n’y était bien sûr jamais venu), mais confrontez-le aussi aux brouillons et autres plans préparatoires dispersés dans plusieurs services d’archives et bien sûr à une mise en contexte.

L’exposition:

Oiron, recueil des plans des terres et du château d'Oiron, frontispiceIl y a quelque temps, le centre des monuments nationaux a pu acquérir ce précieux recueil, mis en dépôt pour des raisons de conservations à la Bibliothèque nationale de France. Mme de Montespan avait acquis le château d’Oiron, embelli peu avant par le maréchal de La Feuillade, après avoir reçu une somme rondelette de la part de Louis XIV.

Portrait de Mme de MontespanRetirée de la cour, madame de Montespan y mènera à son tour de nombreux travaux… et est censée y vivre dans le repentir, la repentance n’excluant pas un certain train de vie et une attitude disons détendue, comme on peut le voir sur ce portrait qui accueille le visiteur de l’exposition 😉 (il se trouvait dans l’hospice de la commune, aujourd’hui maison de retraite, et a été restauré pour l’occasion). En gardant l’usufruit, elle fait acquérir les terres et le château par son fils aîné, le marquis d’Antin, directeur des Bâtiments du roi (1708), duc et pair de France (1711).

Plan du château d'oiron, façades vers la commune, 1713C’est le marquis d’Antin qui fait dresser ces plans en 1713, regroupés en un superbe recueil (« un ouvrage beau et utile » selon son propre avis), par l’un des meilleurs dessinateurs des Bâtiments du roi, qui avait été recruté par Jules Hardouin-Mansart.

Château d'Oiron, cabinetA voir au château d’Oiron jusqu’au 24 janvier 2016. Et profitez-en pour visiter le château, en particulier la galerie Renaissance, et la collection d’art contemporain.

Pour aller plus loin :

Couverture du catalogue Oiron au temps de madame de Montespan et du duc d’Antin, par Grégory VouhéJe vous conseille aussi tout particulièrement le catalogue… relu aussi avant impression (entre autres) par Emmanuelle : Oiron au temps de madame de Montespan et du duc d’Antin, par Grégory Vouhé, 112 pages avec 95 illustrations, Editeur : Château d’Oiron, Centre des monuments nationaux, ISBN : 978-2-7577-0493-6, 18 €. Il est magnifique, avec l’ensemble des plans.

Oiron, borne interactive avec les vues du recueilSi vous ne pouvez pas y aller (ça serait vraiment dommage), le centre des monuments nationaux a aussi mis en ligne l’ensemble des Recueil des vues et plans des seigneuries d’Oyron, Montcontour et Cursé. Les mêmes clichés sont consultables sur une borne dans l’exposition…

Oiron, recueil des plans des terres et du château d'Oiron… puisqu’il ne peut être ouvert qu’à une page précise…

Le dernier numéro de la revue  l’Actualité Poitou-Charentes consacre un long développement à cette exposition, le dernier d’une série rédigée par Grégory Vouhé au fil des ans : Oiron un visage retrouvé (n° 87, 2010, p. 47) ; Oiron. La galerie restaurée (n° 86, 2009, p. 41), Madame de Montespan à Oiron (n° 78, 2007, p. 40).

 

Mon kimono est revenu bien accompagné de Moncoutant

Mon kimono revenu accompagné de cadeaux de MoncoutantMon kimono est revenu bien accompagné de Moncoutant (revoir mes achats), grâce aux exposants et à l’association organisatrice, Moncoutant/création autour des fils: un mini cintre en bois, des machines à pompon…

Tissu à motif "mode" reçu de Moncoutant… et un tissu coloré, LOL! Avec un beau motif autour de la mode. Merci à eux, et rendez-vous dans deux ans pour une nouvelle aventure et un nouveau thème!

De retour de Moncoutant!

Moncoutant 2014, aperçu des kimonosJe suis donc allée à Moncoutant avec Maryse dimanche… une journée visiblement beaucoup plus calme que le samedi, à en croire les exposants et les organisateurs: entre 2500 et 2800 visiteurs dont 9 cars, je n’ai pas les chiffres de la police (mais Cagouillette en parlera sans doute bientôt)! L’occasion de faire la connaissance de Sylvie, fidèle lectrice de mon blog (elle participe à l’organisation d’un salon de dentelles et broderies à Airvault dans les Deux-Sèvres les 6 et 7 juin 2015), de croiser au détour des tables devant le concours Laura et de repérer celui d’Edith (qui suivait un atelier), … Hasard du placement, leurs kimonos étaient rassemblés!

Moncoutant 2014, aperçu des kimonosAucune de nous n’a remporté l’un des prix (voir les résultats sur le site officiel Moncoutant/création autour des fils) mais chacune est fière d’avoir participé! Six participantes n’ont pas respecté toutes les consignes (utilisation de boutons et de perles), mais l’ensemble était très réussi… beaucoup mieux que mes photos!

L’occasion aussi de passer le bonjour de Marlie à Gisella Tamagno, qui avait invité les bannières brodées à Vinovo en 2014, …

La broderie pour le concours de Nans-sous-Sainte-Anne en 2012, 5, deux vaches et un vacher à Bernadette Baldelli (j’ai réalisé plusieurs de ses poyas à broder et à coudre de Bernadette Baldelli : pour Nans 2014 et pour le concours de Nans 2012, deux vaches qui entourent un vacher, et deux autres vaches, une autre broderie rouge) et

Le village de Nans-sous-Sainte-Anne vu par MTSA, ma broderie, étape 5 à Marie-Thérèse Saint-Aubin, rencontrée par le passé à Moncoutant et à Nans-sous-Sainte-Anne (revoir le village de village brodé de Nans-sous-Sainte-Anne).

Mes achats à Moncoutant 2014J’ai aussi vu Anne-So / Gardanimaux, Elfie tricot (j’ai justement commencé ma fiche achetée à Nans, mais chut, c’est un secret), … et j’ai été raisonnable sur mes achats: des accessoires en bois de l’atelier des elfes (il m’en reste de précédents achats, mais comment résister?), une grille de broderie de grandes dimensions (avec plusieurs couleurs mais beaucoup de contraste) de Par forts vents d’est et un minikit de Les Brico’lises.

Niort, le port

Niort, le port, 1, vue générale

Le port de Niort, sur la Sèvre niortaise, recevait les peaux du Canada et le sel de Marans et ré-expédiait les peaux chamoisées. Le premier port se trouvait un peu plus loin, plus près du donjon. Mais l’ouverture de la voie ferrée Poitiers-La Rochelle par Niort en 1857 (puis Niort-Angers en 1869) entraîne une chute du tonnage (de 41000 à 16000 tonnes entre 1856 et 1858). Du coup, l’ancien port ferme en 1868, les chantiers de construction de bateaux ferment, les terrains sont repris par les chamoiseries (dont la chamoiserie Boinot), les ponts Main sont construits en 1872. Voici donc le « nouveau » bassin du port, aménagé autour de 1870.

Niort, le port, 2, la calle La borne d’amarrage est toujours en place, même si aujourd’hui, elle ne sert plus qu’à quelques bateaux de touristes fluviaux (et encore, je n’en ai jamais vu à l’attache ici).

Niort, le port, 3, une maison avec toit orné en bois Je ne résiste pas à vous montrer un détail d’une des maisons qui borde le bassin, vous devez la voir sur la première photographie, pour son décor de toit en bois découpé et son épi de faîtage en bois tourné.

Ces photographies datent de mi juillet 2011.

Deux maisons rue d’Alsace-Lorraine à Niort

Niort, maisons des 26, 28 et 30 rue Alsace-Lorraine, 1, les deux façades Aux 26, 28 et 30 rue d’Alsace-Lorraine à Niort se trouvent deux maisons avec un décor plutôt intéressant.

Niort, maisons des 26, 28 et 30 rue Alsace-Lorraine, 2, façade du 26 Celui du n° 26 est assez limité, à part l’encadrement des fenêtres et le décor géométrique de la corniche sous le toit.

Niort, maisons des 26, 28 et 30 rue Alsace-Lorraine, 3, détail de la façade du 30 Mais celui des n° 28 et 30 est plus riche. Il s’agit de deux maisons jumelles (sous le même toit) à deux étages, chacune avec à l’extérieur une travée étroite un peu en retrait (escalier intérieur) et des visages sur les clefs des fenêtres (homme en haut, femme en bas), chaque maison a deux travées avec la porte à gauche (pour ceux qui s’y perdent dans les mots compliqués, vous pouvez revoir ici le schéma avec le vocabulaire pour une façade de maison).

Niort, maisons des 26, 28 et 30 rue Alsace-Lorraine, 4, porte, corniche et linteau des 28 et 30Porte ouvragée en fer forgé, linteaux des portes et fenêtres très décorés, comme la corniche sous le toit. Au-dessus de la porte, on aperçoit aussi le bandeau de niveau (qui sépare le rez-de-chaussée du premier étage) avec un décor géométrique en croisillons.

Niort, maisons des 26, 28 et 30 rue Alsace-Lorraine, 5, têtes et décor végétal sur les 28 et 30Voici un détail des quatre visages, coiffures et vêtements sympa, même s’ils sont sales (à moins qu’il n’y aiteu un ravallement depuis), dans l’ordre où ils se présentent sur la façade, et deux détails des décors végétaux.

Photographies de mi juillet 2011.

Des immeubles de Le Sauter à Niort

Niort, l'hôtel de la gare par les architectes Le Sauter Non loin de la gare se trouve un hôtel de voyageurs qui porte la signature « L & R Le Sauter / architectes DPLG / 1949 ». Il est l’œuvre de deux architectes niortais, Léon et Roland Le Sauter. Le premier a construit beaucoup d’immeubles dans l’après-guerre et jusque dans les années 1980 à Niort (notamment des sièges de mutuelles, la ZUP de Niort, etc.), le second s’est installé à Paris.

Niort, la DDE et le rond-point avec une sculpture Ils sont aussi les auteurs de ce bâtiment que je trouve beaucoup moins réussi… le siège de la direction départementale de l’équipement (enfin, ça doit être maintenant la Dreal DTT / direction des territoires), avenue de Paris à Niort. Et un cauchemar énergétique avant rénovation!

Pour en savoir plus : le fonds des archives privées de ces architectes est conservé aux  archives départementales des Deux-Sèvres.

A lire : le catalogue de l’exposition réalisée en 2009/2010 par Atemporelle à Parthenay, par Stéphanie Tézière Les architectes Le Sauter en Deux-Sèvres (1941-1975) ou, plus facile à trouver, l’article publié à cette occasion par la même auteure dans la revue Le Picton, n° 198 (novembre-décembre 2009), pages 72 et suivantes, « L’œuvre des architectes Le Sauter, 1941-1975 ».

Photographies de mi juillet 2011.

La Meilleraye au musée de Parthenay jusqu’au 31août 2014

Affiche de l'exposition sur La Meilleraye au musée de Parthenay, 2014Je n’avais pas pu aller à l’inauguration au mois de février, mais comme l’exposition sur La Meilleraye a été prolongée jusqu’au 31 août 2014 au Musée municipal Georges Turpin à (entrée libre et gratuite), j’y suis allée en car SNCF. Merci à Maria Cavaillès, conservatrice du musée, pour son accueil (et la petite virée aux alentours)!

Les ducs de La Meilleraye avaient leur château, aujourd’hui en ruines, à Beaulieu-sous-Parthenay. Quelque peu tombé dans l’oubli, le duc Charles de La Porte fut maréchal de France, cousin de Richelieu, a participé à de nombreuses batailles sous le règne de Louis XIV (Port-Louis, Hesdin, siège de Perpignan, etc.). En 1663, à la fin de sa vie, ses principaux fiefs en Poitou (baronnies de Parthenay et de Saint-Maixent, comté de Secondigny) sont érigés en duché-pairie. Son fils, Armand-Charles de La Porte de La Meilleraye, épouse Hortense Mancini, nièce de Mazarin, qui ose le quitter, il se venge sur ses sculptures remarquables accumulées (notamment de belles sculptures antiques)… la famille, l’une des plus riches d’Europe, est ruinée en moins de 40 ans.

Si la splendeur du château est difficile à reconstituer, l’exposition et le catalogue (au prix défiant toutes concurrence! 15€ pour 368 pages en couleur, en vente uniquement au Musée municipal Georges Turpin de Parthenay) retracent l’histoire de cette famille.

Si vous ne pouvez pas y aller ou pour avoir un aperçu avant de partir pour , voir une vidéo sur l’exposition proposée par le musée (visualiseur ci-dessous si ça fonctionne). Le 26 avril, le prince Albert II de Monaco, descendant de cette famille et qui a prêté plusieurs objets, est venu en visite privée.

Voir mes autres articles sur et notamment une précédente exposition, Un travail d’orfèvre à Parthenay et en Gâtine.

Deux maisons à pan de bois à Niort

Niort, maison à pan de bois rue du pont, 1, la façade Je vais vous montrer aujourd’hui deux maisons à pans de bois protégées au titres des monuments historiques à Niort (photographies de juillet 2011) et qui peuvent dater du 15e ou du 16e siècle (voir ou revoir aussi à Niort l’ancienne auberge du Dauphin ou maison de la Vierge). Toutes les deux sont couvertes d’un toit à un seul pan. La première se trouve en bas de la rue du Pont. Sur une photographie des années 1950, vous pouvez voir que devant, là où il y a le toit en rez-de-chaussée, se trouvait une autre maison de même type, et bien sûr aucune ouverture sur le côté.

Niort, maison à pan de bois rue du pont, 2, détail de la façade Les bois transversaux, qui permettent la rigidité de la maison, sont de grande longueur et assemblés avec de grandes chevilles en bois et l’on peut parfois y voir des repères (voir à la fin de l’article sur ce défi photographique sur le bois).

Niort, maison à pan de bois rue du pont, 3, la façade en contre-plongée

Si l’on regarde par en-dessous, en contre-plongée, on voit mieux les appuis de fenêtre constitués d’une planche de bois débordant et les encorbellements avec les poutres de plancher qui reposent directement sur les sablières (grosses poutres porteuses posées dans le sens de la façade).

Niort, la maison dite du disciple de Palissy, 1, trois vues générales La seconde se trouve dans la rue Saint-Jean et est surnommée l’atelier du disciple de Palissy. Sa façade principale, sur la rue du Rabot, était la façade principale, construite en pierre de taille. Sur la droite se trouve littéralement un banc (au sens des bancs du marché), pierre plate en pierre qui servait de boutique. La façade secondaire, rue Saint-Jean, est construite en pans de bois pour le premier étage et le second qui est plutôt un comble à surcroît, avec un toit à un seul pan (le rez-de-chaussée ne conserve rien de l’agencement d’origine).

Niort, la maison dite du disciple de Palissy, 2, le linteau La porte la plus à gauche est surmontée de jours d’éclairage avec une pierre sculptée d’une tête de diable aujourd’hui très érodée.

Photographies de mi juillet 2011

Scandales au pays du Bocage bressuirais. Transsexualité et disparition de bébé!

Aujourd’hui, c’est Maryse qui vous présente le résultat de ses dernières recherches généalogiques… La parole à Maryse! Les saisies d’écran ne sont pas en haute résolution, pour les curieux, suivez les liens et allez chercher la bonne vue numérisée…

Scandales au pays du Bocage. Transsexualité et disparition de bébé!

Qui a dit que la généalogie était chronophage et ennuyeuse ? Non seulement je la trouve passionnante car j’y trouve plein d’informations sur des branches de ma famille encore bien dénudées, en plus la confirmation qu’il y a bien 2 Deux-Sèvres, celle du sud, laïque, plutôt protestante et très ouverte et celle du nord, fermée, très catholique, familles très nombreuses… et bien plus encore.

J’ai commencé par le sud (famille paternelle), grâce au torchon d’Adorise donné à Véronique (merci à elle…pour m’avoir lancée sur cette recherche familiale) et à la lettre de la guerre 70-71 de Louis Poplineau (respectivement la mère et le grand-père de ma grand-mère paternelle).

Après avoir écumé le côté paternel dans les communes de La Chapelle-Bâton, Cherveux et Echiré avec les Redien, Ecotière et Popelineau, très riche mais assez facile car j’avais plein d’informations familiales, je suis partie dans le nord du département, à l’ouest de Bressuire, proche de la Vendée, pour voir ce qui se passait du côté de la famille de mes grands-parents maternels. Pour moi c’était l’inconnu.

Impressionnant : 12 enfants et environ 15 tontons et tatas de chaque côté. Overdose des noms Bernier, Baudin et Fradin avec, qui plus est, plusieurs familles du même nom dans chaque commune et des prénoms identiques. J’ai cru craquer, mais c’est le lot des chercheurs. J’ai dû faire un travail de fourmi minutieux pour ne pas me perdre entre les Joseph, les Louis, les Constant… et autres Pétronille et Florine. Donc passage obligatoire : les registres d’état civil en ligne des Archives départementales et les registres de recensement des Deux-Sèvres.

Au hasard des pages j’ai découvert des informations inédites et pour le moins surprenantes, voire croustillantes, et en en parlant à Véronique, elle m’a dit que je devrais faire un article sur ces anomalies.

Situons là où se passent les évènements surprenants: commune de Courlay, canton de Cerizay, arrondissement de Bressuire, à la recherche des Bernier (côté de ma grand-mère maternelle, ça se complique !).

Archives départementales et les registres de recensement des Deux-Sèvres, Courlay, registre des naissances 1903-1912, vue numérisée n° 125, acte de rectificationLecture donc des tables décennales (de 1803 à 1893), registres de recensement jusqu’en 1906 et registres de l’état civil.

Bousculade des noms et méli-mélo des naissances ; il y en a tous les ans, voire 3 (des jumeaux en janvier et un bébé en décembre). Très prolifique. C’est là que des découvertes inattendues m’ont interpelée. En cherchant un des nombreux Bernier, je « tombe » sur un titre qui me surprend dans le registre des naissances de l’année 1909 [Archives départementales et les registres de recensement des Deux-Sèvres, Courlay, registre des naissances 1903-1912, vue numérisée n° 125] : « Transcription d’un jugement de Rectification d’un acte de naissance de Thibaud Marceline, née le 27 septembre 1888 ». C’est quoi une « rectification » ? Tout simplement il y a eu erreur sur le sexe du bébé à sa naissance, pourtant présenté à la mairie lors de sa déclaration par son père, donc il a fallu « rectifier » l’erreur. Par jugement du tribunal de Bressuire retranscrit dans le registre de l’état civil on y signale une «indignité dûment constatée » et que Marcellin allait devenir Marceline 21 ans plus tard. Ouf ! Ma curiosité piquée au vif, je vais voir l’acte de naissance du fameux « Marcellin » et les surprises continuent.

Archives départementales et les registres de recensement des Deux-Sèvres, Courlay, registre des naissances 1883-1892, vue numérisée n° 131

Il y a des inscriptions très fines en marge à l’encre décolorée, l’une d’entre elles notifie précisément [Archives départementales et les registres de recensement des Deux-Sèvres, Courlay, registre des naissances 1883-1892, vue numérisée n° 131] : «  Par jugement du tribunal civil de Bressuire du 13 janvier 1909, l’acte ci-contre demeure rectifié en ce sens que le prénom de Marcellin sera remplacé par celui de Marceline et que l’enfant y sera désigné comme étant du sexe féminin sur le sexe masculin. Bressuire le 14 janvier 1909, Le Greffier » (sic). Ouaouh, coquin le greffier du tribunal de Bressuire, ou maladresse de style ?

Une autre notre précise son mariage à Bressuire le 28 octobre 1915 à « Marie Joseph Hauleau », bizarrerie des prénoms qui veut qu’il peut être aussi bien féminin que masculin.

Pour terminer cet acte (manqué), il y a aussi la mention du décès de Marcelin(e), avec le tampon officiel : « Décédé (sans « e », NDLR) à La Chapelle-Saint-Laurent le 10 août 1968 ». Décidément, oubli ou pas cette pauvre « femme »  n’aura jamais été vraiment sûre de son sexe.

Archives départementales et les registres de recensement des Deux-Sèvres, Courlay, registre des naissances 1903-1912, vue numérisée n° 61

Je reviens au registre des naissances des années 1900, et en 1906, même anomalie [Archives départementales et les registres de recensement des Deux-Sèvres, Courlay, registre des naissances 1903-1912, vue numérisée n° 61]. (Il faut dire que ces textes sont beaucoup plus longs que les simples actes de naissance qui prennent un quart de page alors que les autres occupent une page et demi et on les remarque facilement). Donc même titre : « Transcription d’un jugement de Rectification d’un acte de naissance de Rouger Eugène, né le 16 février 1885 ». On y parle toujours d’ « indignité dûment constatée ». Et 21 ans après sa naissance, Eugénie devient Eugène tout comme pour Marcellin est devenu Marceline, les gens ne se souciaient pas de leurs actes de naissance comme maintenant, ils n’en avaient besoin que lorsqu’ils voulaient se marier. Je vais donc voir l’acte de naissance d’Eugénie (oups, Eugène) et je vois les mêmes notes marginales de confirmation du jugement du tribunal civil de Bressuire avec toutefois la mention de changement de sexe plus soft et la mention de son mariage à Angers.

Archives départementales et les registres de recensement des Deux-Sèvres, Courlay, registre des naissances 1903-1912, vue numérisée n° 23Toujours dans la série des actes manqués, le troisième m’a laissé pantoise [Archives départementales et les registres de recensement des Deux-Sèvres, Courlay, registre des naissances 1903-1912, vue numérisée n° 23] ; le 7 février 1904 à Courlay, dans le registre des naissances, je vois encore deux pages de texte en petite écriture fine et je m’attends de nouveau à voir le mot « Rectification » et non, il s’agit d’une « Fixation », de quoi et pourquoi? Je continue ma lecture et je lis « Fixation de la Naissance de Marie-Mélanie Benaîteau »… à la lecture du texte j’ai compris que cette petiote avait tout simplement été oubliée sur les actes de naissance et n’avait donc jamais été inscrite sur les registres de l’état civil, alors qu’elle était née le 20 novembre 1880. En un mot, elle n’existait pas officiellement parlant, deux pages ont alors été nécessaires au tribunal civil de Bressuire pour corriger que par « négligence regrettable, il n’a pas été dressé d’acte de naissance de cette enfant » (sic). Toutefois il est précisé que « La naissance […] est cependant établie tant par l’enquête officieuse que par les déclarations des parents…». J’ai cru avoir des hallucinations avant de réaliser que cette personne avait bel et bien été « zappée » tout simplement…

Archives départementales et les registres de recensement des Deux-Sèvres, Courlay, registre des naissances 1873-1882, vue numérisée n° 198

Bien sûr je suis aller voir ce qui se passait dans le registre des naissances de 1880 : une inscription manuscrite était portée en haut de la page entre le n°82 et 83 (avec le n° 82bis) [Archives départementales et les registres de recensement des Deux-Sèvres, Courlay, registre des naissances 1873-1882, vue numérisée n° 198] confirmant que « Lors d’un jugement rendu […] il résulte que Benaîteau Marie-Mélanie est née à Courlay [… ] de Benaîteau Mathurin et de Husseau Marie-Athalie… ». Puis une autre mention nous informe son mariage à Saint-Même-les-Carrières en Charente le 15 février 1904 à [ill.]vert Henri, soit peu de temps après que le jugement a été rendu. Quel choc j’imagine lorsqu’elle est venue chercher son acte de naissance et qu’elle s’est entendue répondre qu’elle n’existait pas! Ceci dit, elle doit être bien morte, car je n’ai pas vu de « Fixation d’acte de Décès ». Mais que faisait le maire de l’époque, car c’est le même pour ces trois cas ? Je tairai son nom. 🙁

Je tiens à vous préciser que cette histoire n’est pas un roman de science fiction faisant changer de sexe les êtres humains, ni un polar faisant disparaître et réapparaître les gens manu militari, mais bel et bien des faits ayant véritablement existé… sur le papier heureusement…Happy end ! 😉