Archives par étiquette : rentrée littéraire

Une nuit, Markovitch, de Ayelet Gundar-Goshen

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.comCouverture de Une nuit, Markovitch, de Ayelet Gundar-GoshenJ’ai reçu ce livre dans le cadre d’une opération Masse critique de Babelio, merci à eux et aux Presses de la cité.

Logo rentrée littéraire 2016C’est le premier dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé en 2016 par Hérisson et Léa.

Le livre : Une nuit, Markovitch, de Ayelet Gundar-Goshen, traduit de l’hébreu par Ziva Avran, Arlette Pierrot et Laurence Sendrowicz, Presses de la cité, 2016, 476 pages, ISBN 978225813385.

L’histoire : à la veille de la Seconde Guerre mondiale, dans un petit village de Palestine sous mandat britannique. Zeev Feinberg couche avec la femme du boucher, il se fait surprendre, il doit fuir. Avec son ami Yaacov Markovitch et un groupe d’une vingtaine d’hommes, il est envoyé en Europe par l’Organisation, objectif se marier en Allemagne nazie, revenir en Palestine avec elle et divorcer immédiatement, et ainsi contribuer au sauvetage de ces femmes. Tous jouent le jeu, sauf Markovitch, qui refuse de libérer Bella, faute d’accord du mari, fût-il fictif, les rabbins refusent de prononcer le divorce, Bella fera tout pour retrouver sa liberté… et se retrouve finalement à vivre dans ce petit village où l’on suit la vie de trois couples…

Mon avis : j’avoue que j’ai eu un peu de mal avec les cent premières pages, sans doute parce qu’il y a beaucoup de personnages, qu’il faut se familiariser avec chacun, qui est en couple (légitime ou pas) avec qui… L’écriture de ce roman est très particulière, avec de longs développements très imagés, comme des « zooms » ou des « arrêts sur image », sur des instants particuliers, puis en quelques phrases, on saute un certain temps, quelques semaines ou plusieurs années, on passe progressivement de 1939 à 1958 (et bien au-delà dans le dernier chapitre). Sur un fond d’histoires d’amour, de haine (la limite entre les deux est ténue), d’enfants, des sujets graves apparaissent en toile de fond, la Shoah, la fondation d’Israël, des commandos envoyés par l’Organisation (sioniste) en Europe assassiner des criminels nazis, la guerre des Six Jours, la Cisjordanie… Un livre à découvrir pour ce style très particulier plus que pour l’histoire, même si je me suis laissé prendre au sauvetage des adolescents perdus dans le désert.

Madame H., de Régis Debray

pioche-en-bib.jpgCouverture de Madame H., de Régis DebrayJe pense que je n’avais jamais lu de livre de Régis Debray, de l’académie Goncourt, j’ai trouvé ce livre sur le présentoir des nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Madame H., de Régis Debray, collection blanche, éditions Gallimard, 158 pages, 2015, ISBN 9782070108039.

La quatrième de couverture :

«Madame H. nous a quittés. Nous voilà veufs. Et s’il n’y avait pas de quoi pleurer?
H. ou l’Histoire avec une majuscule. Notre haschich officiel, depuis des lustres, en France, où la consommation a toujours été plus élevée qu’ailleurs.
Le stupéfiant Histoire, avatar halluciné de l’Histoire sainte, nous a légué autant de héros que de tyrans, de défricheurs que de fossoyeurs.
La fin récente de l’ère chrétienne et progressiste ne nous oblige-t-elle pas à reconsidérer nos rapports avec cette grande puissance d’enthousiasme et d’illusion?
Dans ce récit fantasque à la première personne, où le drolatique le dispute au sérieux, le lecteur pourra trouver à la fois le compte rendu d’une désintoxication et l’esquisse d’un mode d’emploi : comment sortir de l’Histoire sans broyer du noir? Comment changer de civilisation sans verser dans une nouvelle barbarie?
Pour substituer, autant que faire se peut, à une espérance sans gaieté – la perpétuelle attente du Jour des récompenses – quelque chose comme une gaieté sans espérance, un meilleur usage du monde.»
Régis Debray.

Mon avis : il est très rare que je ne propose pas un résumé personnel d’un ouvrage, mais cette fois, je n’ai pas su comment faire et vous ai mis à la place la quatrième de couverture. Au fil des pages de ce court essai (dans mon esprit, essai est un gros pavé souvent illisible), Régis Debray présente à la première personne l’Histoire avec un grand H et l’histoire, son histoire personnelle, la façon dont il a vécu certains événements de ces 50 (60) dernières années et s’aperçoit, au-delà de son militantisme, qu’il n’a eu aucune influence (ou si peu). Un ton badin pour dire que le monde, avec sa globalisation, et l’Europe, impuissante, tourneraient vers leur fin? Certaines phrases sentent le mauvais populisme, d’autres sont si alambiquées que je n’ai pas compris (voulu comprendre) ses idées sur la laïcité, sur Daech, le déclin perpétuel de l’histoire. Pas convaincue par cet essai…

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie essais témoignages pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Rentrée littéraire

Depuis plusieurs années, je participe à la lecture des livres parus d’août à octobre, dans le cadre de la rentrée littéraire… Je viens de faire une mise à jour pour mes lectures. Après une toute petite année 2013 avec mes problèmes de nerfs optiques, seulement 8 romans lus contre 20 à 25 les années précédentes, en 2014, avec mon visioagrandisseur maison, j’ai pu à nouveau lire au lit le matin, mon instant préféré! Si la typographie le permet et si le papier n’est pas trop transparent, j’arrive même à me passer de ma caméra pendant une trentaine de pages. J’avais pu lire 8 romans et 5 BD de la rentrée littéraire 2014. Cette année 2015, preuve que ça va mieux, et alors qu’il reste 3 gros mois, j’ai déjà lu 12 romans et un témoignage… sans compter quelques livres qui n’appartiennent pas à la rentrée littéraire. Voici la mise à jour de la page des liens!

Logo rentrée littéraire 2016En 2016, le projet de 1% rentrée littéraire est organisé par Hérisson et Léa. Il s’agira de lire et chroniquer avant fin juillet 2017 au moins 1% des 607 livres annoncés (une quinzaine de moins que l’année dernière, soit 6 livres) des livres qui paraîtront dans le cadre de la rentrée littéraire 2015, entre mi août et mi octobre. Outre la catégorie romans, on peut aussi chroniquer pour les catégories littérature jeunesse, essai et bandes dessinées. A suivre dans les prochains mois!

 

  1. Une nuit, Markovitch, de Ayelet Gundar-Goshen

Logo rentrée littéraire 2015En 2015, le projet de 1% rentrée littéraire est organisé à nouveau par Hérisson. Il s’agira de lire et chroniquer avant fin juillet 2016 au moins 1% des 589 livres annoncés (une quinzaine de moins que l’année dernière, soit 6 livres) des livres qui paraîtront dans le cadre de la rentrée littéraire 2015, entre mi août et mi octobre. Outre la catégorie romans, on peut aussi chroniquer pour les catégories littérature jeunesse, essai et bandes dessinées. A suivre dans les prochains mois!

  1. Tourner la page, de Audur Jónsdóttir
  2. La ballade du calame, de Atiq Rahimi
  3. Fox-trot, de Michel Quint
  4. Les bannis, de Laurent Carpentier
  5. Courir après les ombres, de Sigolène Vinson
  6. Les étrangères d’Irina Teodorescu
  7. Un mauvais garçon, de Deepti Kapoor
  8. Il faut tenter de vivre, d’Éric Faye
  9. Les infâmes, de Jax Miller
  10. Le metteur en scène polonais, d’Antoine Mouton
  11. Cœur tambour, de Scholastique Mukasonga
  12. À ce stade de la nuit, de Maylis de Kerangal

Catégorie essais, témoignages

  1. Au royaume de l’espoir il n’y a pas d’hiver, d’Élise Boghossian

Logo rentrée littéraire 2014En 2014, le projet de 1% rentrée littéraire est organisé à nouveau par Hérisson. Il s’agira de lire et chroniquer avant fin juillet 2015 au moins 1% des 604 livres annoncés (50 de plus que l’année dernière, mais un peu moins qu’en 2012, soit 6 livres) des livres qui paraîtront dans le cadre de la rentrée littéraire 2014, entre mi août et mi octobre. Outre la catégorie romans, on peut aussi chroniquer pour les catégories littérature jeunesse, essai et bandes dessinées. A suivre dans les prochains mois!

Catégorie romans…

Catégorie bande dessinée

Logo du défi rentrée littéraire 2013 chez HérissonEn 2013, le projet de 1% rentrée littéraire est organisé à nouveau par Hérisson. Il s’agira de lire et chroniquer avant fin juillet 2014 au moins 1% des 555 livres annoncés (soit 5,5, moins de livres cette année, arrondis à 6…) des livres qui paraîtront dans le cadre de la rentrée littéraire 2013, entre mi août et mi octobre. Une toute petite saison pour moi à cause de mes problèmes dus à un méningiome.

En 2012, le projet de 1% rentrée littéraire est organisé à nouveau par Hérisson. Il s’agira de lire et chroniquer avant fin juillet 2013 au moins 1% des 646 livres annoncés (soit 6,5, moins de livres cette année, arrondis à 7…) des livres qui paraîtront dans le cadre de la rentrée littéraire 2012, entre le 18 août et fin octobre.

Logo rentrée littéraire 2011En 2011, le projet de 1% rentrée littéraire est repris par Hérisson. Il s’agira de lire et chroniquer avant fin juillet 2012 au moins 1% (soit 6,5, moins de livres cette année) des livres qui paraîtront dans le cadre de la rentrée littéraire 2011, entre le 18 août et fin octobre. C’est parti pour le troisième pour cent…

logo du chalenge 1% rentrée littéraire 2010En 2010, le projet de 1% rentrée littéraire est repris par Schlabaya,
qui m’a gentiment invitée à poursuivre l’aventure. Il s’agira de lire et chroniquer avant fin juillet 2011 au moins 1% (soit 7) des livres qui paraîtront dans le cadre de la rentrée littéraire
2010, entre le 12 août et le 29 octobre. J’ai franchi le troisième pour cent…

Hors défi (essais politiques) :

Logo du challenge du un pour cent rentrée littéraire 2009Ce challenge du 1 % rentrée littéraire 2009, organisé par la Tourneuse de page, prévoit de lire et chroniquer d’ici juillet 2010 au moins 7 livres parus entre le 13 août et le 28 octobre 2009. J’ai dépassé l’objectif maintenant…

1. Les Veilleurs de Vincent Message
2. La patience de Mauricette de Lucien Suel
3. Mon père est femme de ménage de Saphia Azzedine
4. Le dernier homme qui parlait catalan de Carles Casajuana
5. Peur noire de Harlan Coben
6. Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg
7. Le dernier rêve de la colombe Diamant, d’Adrian Hyland
8. L’aiguille dans la botte de foin, d’Ernesto Mallo

À ce stade de la nuit de Maylis de Kerangal

pioche-en-bib.jpgCouverture de À ce stade de la nuit de Maylis de KerangalIl n’y a que quelques semaines que j’ai lu Réparer les vivants (voir aussi Tangente vers l’est). J’ai trouvé son dernier titre parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livreÀ ce stade de la nuit de Maylis de Kerangal, collection Minimales, éditions Verticales, 2015, 74 pages, ISBN 9782070107544.

L’histoire : à Paris, une nuit d’octobre 2013. La radio rapporte un nouveau naufrage au large de Lampedusa. Au-delà du drame, ce nom fait écho à de multiples références dans sa vie, cinéma, lecture, îles italiennes…

Mon avis : ce livre est un récit très court (encore plus court que Tangente vers l’est), petit format, moins de 60 pages si on enlève les pages blanches, il a bien sa place dans une collection intitulée « Minimales ». La forme est intéressante, chaque chapitre commence par « à ce stade de la nuit », avec un à minuscule (mais les phrases qui suivent ont leur majuscule). Écrit à la première personne, il reflète le rythme d’une nuit d’insomnie avec la radio en bruit de fond. Burt Lancaster apparaît d’abord, dans une évocation de la nouvelle version du Guépard de Visconti. Il ouvre une longue série de références, je n’aurais sans doute pas pensé au Chant des pistes de Bruce Chatwin (page 41 – que l’auteure-narratrice dit avoir lu lors de son voyage en Sibérie) en entendant parler de Lampedusa, le trajet de ce chant ancestral qui se propage à travers l’Australie évoque plus pour moi l’ethnographie que les migrations, mais c’est aussi un livre qui m’a beaucoup marquée. En empruntant ce livre, je pensais lire une réflexion sur les dizaines de milliers de migrants morts en Méditerranée ces derniers années, j’ai plutôt lu un livre sur les tourments d’une nuit d’insomnie, mais la forme de l’écriture vaut de faire ce court voyage littéraire…

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie romans pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Cœur tambour de Scholastique Mukasonga

pioche-en-bib.jpglogo tour du monde en lectureCouverture de Cœur tambour de Scholastique MukasongaCela fait des années que lorsque j’entends ou lis un entretien de Scholastique Mukasonga, j’ai envie de lire l’un de ses livres (notamment Notre-Dame du Nil pour lequel elle a reçu le prix Renaudot), mais je n’avais pas eu l’occasion de le faire avant de voir son dernier titre parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque. Et c’est aussi l’occasion d’alimenter mon Tour du monde en lecture auquel je n’ai ajouté aucun nouveau pays depuis des mois!

Le livre : Cœur tambour, de Scholastique Mukasonga,
collection blanche, éditions Gallimard, 176 pages, 2015, ISBN 9782070149810.

L’histoire : en Amérique (Carïbes et Amérique du Nord) puis au Rwanda. La célèbre chanteuse rwandaise d’un groupe rasta, Kitami, est morte écrasée par son grand tambour dans des conditions mystérieuses (accident, meurtre, suicide?) il y a un an lorsqu’un journaliste reçoit une valise qui contient un manuscrit autographe dans lequel est raconte sa vie au Rwanda sous le nom de Prisca jusqu’à sa rencontre avec trois joueurs de tambours rastas à la recherche de leurs racines africaines. Enfant brillante, elle arrive à poursuivre des études malgré les transes qui déjà l’envahissent de temps à autre…

Mon avis : j’ai eu un peu de mal avec la première partie,
Kitami (jusqu’à la page 60, sur les tambourinaires du groupe de Kitami) et préféré les deux suivantes, qui chronologiquement se placent avant, Nyabongui (souveraine légendaire dont elle est -serait- la réincarnation) et Ruguina (le nom de son grand tambour). Le récit au Rwanda m’a particulièrement plu, tant pour l’histoire que pour le style. Le lecteur assiste aux études d’une fille brillante, entre école au village, cours supplémentaire par le missionnaire, puis la bourse pour aller au collège puis au lycée à la capitale. En parallèle, après une première transe, on croise le monde des esprits, des superstitions. Pas de chance pour cette jeune fille, elle appartient à la mauvaise ethnie, elle ne pourra pas poursuivre ses études au-delà. Au village, elle est crainte (ses pouvoirs sont-ils bénéfiques ou maléfiques?), elle va devoir fuir. Mythe, réalité, passé colonial, cohabitation ethnique difficile entre hutus et tutsis, recherche des origines par certains américains descendants d’esclaves, rôle des tambours, légendes et mythes ancestraux confrontés aux Églises chrétiennes (catholique et évangélique), pouvoirs thaumaturgiques ou maléfiques, transmission du passé, des légendes, des pouvoirs, rapports hommes / femmes, … Ce roman aborde de nombreux sujets avec beaucoup de « douceur », comme dans un murmure à l’oreille du lecteur…

 

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie romans pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Le metteur en scène polonais, d’Antoine Mouton

Couverture de Le metteur en scène polonais, d'Antoine Moutonpioche-en-bib.jpgUn livre trouvé parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Le metteur en scène polonais, d’Antoine Mouton, éditions Christian Bourgeois, 117 pages, 2015, ISBN 978-2-267-02884-3.

L’histoire : à une époque indéterminée, en France, en Pologne, ailleurs… Un directeur de théâtre (français) a commandé l’adaptation d’un roman (ou est-ce une pièce de théâtre?) d’un auteur (autrichien) mort depuis quinze ans à  un metteur en scène (polonais). Une pièce qu’un traducteur (tchèque) avait tenté de traduire pendant deux ans avant de disparaître: travail impossible, le texte n’arrête pas de changer. Le metteur en scène devient fou, insulte son équipe, en est à 8h de spectacle et à des dépassements de frais faramineux… Parviendra-t-il au bout du projet?

Mon avis : Court roman (classement de la médiathèque) ou longue nouvelle (classement de l’éditeur)? Un texte court en tout cas, avec des phrases interminables et de nombreuses répétitions qui doivent être censées rendre compte de la montée de la folie du metteur en scène. Les personnages ne sont jamais nommés (avec un nom propre ou un prénom) mais désignés par leur fonction et leur nationalité (« le metteur en scène polonais », « le directeur de théâtre français », etc.), ce qui alourdit considérablement le texte et la lecture au fil des pages. Une réflexion sur la folie, l’amour, la mort plus que sur le théâtre, qui ne m’a pas passionnée, mais le dénouement inattendu vaut la peine d’aller jusqu’à la dernière page…

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie romans pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Au royaume de l’espoir il n’y a pas d’hiver, d’Élise Boghossian

Couverture de Au royaume de l'espoir il n'y a pas d'hiver, d’Élise BoghossianUne amie m’a prêté ce livre de témoignage. J’avais vu l’auteure il y a quelques semaines dans l’émission 28 minutes sur Arte.

Le livre : Au royaume de l’espoir il n’y a pas d’hiver, d’Élise Boghossian, éditions Robert Laffont, 229 pages, 2015, ISBN 978-2221190272.

L’histoire : ces quinze dernières années à Paris et dans le monde. A l’occasion d’un pépin de santé personnel alors qu’elle poursuit des études de neurosciences, Élise Boghossian découvre la médecine chinoise, à Paris, en Chine, au Vietnam. Elle y découvre la puissance de l’acupuncture dans le traitement de la douleur, notamment dans les douleurs neuropathiques des amputés du Vietnam ou même comme alternative à l’anesthésie générale. Entre son activité dans son cabinet parisien, sa vie de famille -elle est mère de trois enfants- elle se rend auprès de ceux qui sont les plus démunis et qui souffrent le plus sans pouvoir avoir accès aux médicaments traditionnels : hier les réfugiés en Irak (lors de la « première guerre »), aujourd’hui avec les deux bus-dispensaires mobiles qu’elle a créé en Jordanie pour aller à la rencontre des blessés de guerre, des grands brûlés, des femmes victimes de viols par Daech, là où ils sont le plus nombreux, disséminés hors des camps.

Mon avis : j’ai découvert, par son témoignage, la puissance de l’acupuncture, et les difficultés à faire accepter cette pratique peu coûteuse auprès des grandes ONG… C’est donc par l’intermédiaire de son association Shennong & Avicenne, créée en 2002 pour promouvoir la médecine chinoise en France, qu’elle intervient à son échelle, formant à la technique des médecins réfugiés qui viennent en aide à tous ceux qui en ont besoin en périphérie des zones de guerre du Proche-Orient. Un témoignage poignant!

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie essais témoignages pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Les infâmes de Jax Miller

pioche-en-bib.jpgCouverture de Les infâmes de Jax MillerJe poursuis ma découverte de la  rentrée littéraire 2015 à travers les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Les infâmes de Jax Miller, traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire-Marie Clévy, éditions Ombres noires, 351 pages, 2015, ISBN 978-2-08-134790-8.

L’histoire : de nos jours aux États-Unis. Freedom Oliver vit dans l’Oregon, protégée par le FBI. Il y a dix-huit ans, elle avait passé deux ans en prison après l’assassinat de son mari, policier violent, puis libérée, un de ses beaux-frères ayant été reconnu coupable. Mais elle a été contrainte à abandonner ses enfants, Ethan (devenu Mason) et surtout Layla (Rebekah), dont elle était enceinte et qu’elle n’a vu que deux minutes à sa naissance, et de vivre avec changer d’identité pour échapper à la vengeance de sa belle famille. Tourmentée par son passé, elle a sombré par l’alcool et attiré la compassion des flics locaux. Un jour, elle apprend la libération de son beau-frère et la disparition de Rebekah, elle quitte son anonymat et décide de se lancer à sa recherche, en fonçant vers Goshen, dans le Kentucky, et l’église évangéliste radicale devenue sectaire des parents adoptifs de ses enfants, Virgil le pasteur et sa femme Carol Paul…

Mon avis : ce polar noir est rythmé par cette ritournelle, « je m’appelle Freedom et… », qui revient très régulièrement après la première phrase, « Je m’appelle Freedom Oliver et j’ai tué ma fille », un peu comme en ouverture d’une séance des alcooliques anonymes. Au fil du récit, on apprend peu à peu l’histoire de la narratrice, la vérité sur le meurtre de son mari arrive assez tard, mais dès le début, elle apparaît alcoolique, impulsive, capable de tendresse (pour sa vieille voisine de palier qui perd la tête, pour Mattley, l’un des flics qui la raccompagne souvent bourrée) comme de réactions vives et violentes. Elle se débat pour ne pas couler complètement, pour ses enfants, pour oublier le viol dont elle a été victime. Tous les personnages ont des traits de caractères forts: Mark le mari violent et flic pourri, Matthew le beau-frère violeur, Peter le beau-frère gentil en fauteuil roulant, les amérindiens Shoshones qui la soigne de deux piqûres de serpent à sonnettes dans l’Idaho, les skinheads qui trafiquent des armes et de la drogue, le pasteur et sa femme… Et le récit est parfois suspendu par un « intermède », un bout de récit à la troisième personne, où l’on quitte la narratrice principale et sa litanie (« je m’appelle Freedom et… »), des parenthèses qui interrompent l’histoire principale tout en l’éclairant. J’ai bien aimé ce polar d’abord, je pense, pour ce rythme particulier, cette course-poursuite de 350 pages à la recherche (à la poursuite) de la liberté (Freedom…) ou au moins de la libération des démons qui la hantent depuis près de vingts ans. Un premier roman réussi pour Jax Miller, pseudonyme d’Anne O’Donnel, née à New York, et vivant en Irlande.

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Il faut tenter de vivre, d’Éric Faye

pioche-en-bib.jpgCouverture de Il faut tenter de vivre, d'Éric FayeUn livre trouvé parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Il faut tenter de vivre, d’Éric Faye, éditions Stock, 176 pages, 2015, ISBN 9782234078017.

L’histoire : de nos jours, le narrateur se souvient de Sandrine Broussard, la trentaine. Il y a 23 ans, il a recueilli le récit de sa vie en vue d’écrire un livre qu’il n’a jamais rédigé. Jeune adulte mariée à 17 ans, déjà divorcée quelques mois plus tard, avec son compagnon, Sandrine a monté dans le Nord une entreprise d’escroqueries : elle passe des petites annonces roses pour appâter des hommes du Midi, puis se fait envoyer l’argent pour un voyage qu’elle ne réalisera jamais. Recherchés, lui se rend, elle continue sa vie chaotique, fuit en Belgique le temps d’attendre la prescription de ses délits (5 ans), s’engage comme serveuse dans un bar à hôtesses près de la frontière…

Mon avis : l’auteur a choisi de décaler le temps de la narration et le temps du recueil de la « confession » de Sandrine d’une vingtaine d’années. Léger décalage temporel – quelques années – aussi entre la confession (« J’avais quelque chose comme vingt-six ou vingt-sept ans et Sandrine à peine plus« ) et l’histoire elle-même, mais l’auteur ne « joue pas » de ces décalages.

la route de Douai à Tournai, passage de l'ancien poste frontière de Mouchin, cliché Lucien DujardinL’essentiel du livre se passe dans les années 1980, alors qu’il y a encore des douaniers (plutôt rares, peu à peu remplacés par « la volante »…) à la frontière entre la France et la Belgique : voir dans la circulation, extrait de Halte à la douane à (avec des bois gravés des enfants de l’école en 1935 et des photographies actuelles de mon père), un petit poste qui ressemble à celui décrit dans le livre…

Le passage de la frontière au Bas-Préau à Mouchin, cliché Lucien Dujardin… à moins que ce ne soit carrément un passage réservé aux seuls riverains, comme celui-ci, pour les extraits où elle cherche un passage discret. Ce second poste de Mouchin ne semble aujourd’hui plus connu de la police ni des douaniers français, le premier n’a pas non plus été bloqué lors des attentats de 2015 (alors que des herses avaient été déployées lors des attentats de 1985-1986), il est surtout contrôlé le samedi soir et le dimanche matin pour les retours alcoolisés de boîte de nuit en Belgique.

Revenons au livre… Sandrine peut donc passer tranquillement la frontière entre la France et la Belgique dans les années 1980, avec juste ce qu’il faut de frissons lors de rares contrôles, mais à l’heure de la libre circulation dans l’espace Schengen (espérons que ça dure!), ils ne peuvent aujourd’hui être vraiment compris que par des frontaliers.

Le portrait de Sandrine aurait aussi mérité plus de profondeur: petite délinquante qui boit et vit sous amphétamine, elle a eu une enfance compliquée, a fait six mois de prison et ne veut pas y retourner, mais on ne comprend pas vraiment pourquoi elle fuit tant la vie et veut ainsi se détruire, avec des hommes fantasmés (les photographies des hommes du Midi qu’elle ne verra jamais) ou réels (son ami de délinquance, les clients du bar « à putes » à qui elle refuse son corps, le riche commerçant marié qui finit par l’entretenir). Finalement, j’ai lu ce livre d’une traite (sur un aller-retour Poitiers-Paris en train, entrecoupé de sieste, je l’avais choisi pour sa « lisibilité » sans mon visioagrandisseur maison), mais il ne me laissera probablement aucun souvenir à moyen ou long terme.

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Un mauvais garçon, de Deepti Kapoor

pioche-en-bib.jpgCouverture de Un mauvais garçon, de Deepti KapoorUn livre trouvé parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Un mauvais garçon, de Deepti Kapoor, traduit de l’anglais (Inde) par Michèle Albaret-Maatsch, éditions du Seuil, 2015,  201 pages, ISBN 9782021165678.

L’histoire : au début des années 2000, à New Delhi. « Elle » a vingt ans, est étudiante, vit chez sa tante, sa mère est décédée, son père vit loin, à Singapour. Il serait temps qu’elle se marie, mais les mariages arrangés par sa famille, ça ne la tente pas. Un jour, dans un café, elle le croise, « lui », pas vraiment beau, mais qui va lui ouvrir les portes d’un autre monde centré sur les plaisirs du corps, le sexe, l’alcool, la drogue… jusqu’à ce qu’elle apprenne sa mort, mystérieuse.

Mon avis : un tableau bien noir de la condition de la femme en Inde. Pour échapper au mariage forcé, n’a-t-elle le choix qu’entre ce mauvais garçon (avec sa violence physique et psychologique) ou la mort, comme sa triste voisine d’en face qui s’écrase au sol alors qu’elle tentait de fuir la chambre où elle était enfermée pour rejoindre son amant? Seule note d’espoir, malgré tout, l’étudiante réussit ses examens… Très vite, on sait que l’amant est mort, que la narratrice ne l’a appris qu’avec retard, une mort mystérieuse, cachée par la famille, avec une fiancée « officielle », le roman est donc une quête de quelques mois de folie (sexe, alcool, drogue, découverte de la ville) qui ne restent que comme des souvenirs nostalgiques… Je n’ai pas vraiment aimé ce roman, histoire trop sombre et style qui ne m’ont pas séduite.

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.