Tourner la page, de Audur Jónsdóttir

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.comCouverture de Tourner la page, de Audur JónsdóttirJ’ai reçu ce livre dans le cadre d’une opération Masse critique de Babelio, merci à eux et aux Presses de la cité.

Logo rentrée littéraire 2015C’est le premier dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Le livre : Tourner la page, de Audur Jónsdóttir, traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün, Presses de la cité, 2015, 458 pages, ISBN 9782258113350.

L’histoire : à Reykjavik, aujourd’hui, hier, il y a vingt ans, plus, moins? Originaire d’un petit village de l’ouest de l’Islande, petite-fille d’un poète, Eyja, jeune femme fauchée, s’est retrouvée mariée à Coup de Vent, un ivrogne de vingt ans son aîné. Après quelque temps de vie commune, elle n’arrive pas à s’en séparer. La grand-mère prend les choses en main: elle lui offre ses économies à condition qu’elle quitte son appartement et parte se mettre au vert avec sa cousine, Rúna, championne de ski qui gère en Suède un village de vacances.

Mon avis : je ne sais pas si c’est mon cerveau qui continue à jouer des siennes, mais j’ai été gênée par l’emploi pour un même personnage de son nom et d’un surnom (le « Coup de Vent », la « Reine du Ski » alias Rúna etc.) sans que le lien entre les deux soit clairement explicité, ce qui a engendré beaucoup de confusion pour moi, peut-être à cause de ma prosopagnosie (incapacité à reconnaître les visages) partielle (je vous en parlerai un de ces jours). Ainsi, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre qui était le « Météorologue » et s’il faisait ou non un seul personnage avec le « Futur Mari ».  D’un point de vue plus littéraire -même si l’emploi de surnoms est aussi un procédé littéraire-, je n’ai pas bien compris l’intérêt d’intercaler quelques pages au futur ou au passé au milieu de longs passages au présent, alors qu’il n’est pas facile, au fil de ce récit, de comprendre ce qui se passe de nos jours, il y a longtemps, avant ou après le séjour en Suède, avant ou après une grande avalanche qui a fait plusieurs victimes dans son village natal (ou le village ou elle a habité?). Je suppose que le traducteur a respecté les choix de l’auteur ; cependant, en français, le passé simple peut être juste mais très laid : « Ses dents jaunies […] luisirent » (page 26)… Après une cinquantaine de pages, complètement perdue, je me suis décidée à recommencer en faisant un tableau de correspondance des surnoms et des prénoms et en notant quelques repères temporels. J’ai fini par entrer dans ce gros pavé (450 pages) et en apprécier la deuxième partie, beaucoup plus linéaire car située, lors du séjour en Suède, et recentrée au début de certains chapitres par le titre qui évoque la progression vers une nouvelle vie loin du premier mari (page 332 : « Sixième étape de la rééducation : coucher avec un autre »), si l’on excepte les digressions annoncée par d’autres en-tête (page 322 : « Régime de l’au-delà »). Si vous souhaitez découvrir une écriture un peu déroutante qui sort de la production littéraire « formatée » (facile, tout au présent, avec un récit chronologique), alors ce livre est pour vous!

Comme son héroïne est petite-fille de poète, dans la « vraie vie » (ce qui laisse un doute, roman, auto-fiction?), Audur Jónsdóttir est la petite-fille de Halldór Kiljan Laxness, prix Nobel de littérature en 1955, il est toujours dans ma liste de prix Nobel… à lire et découvrir.

5 réflexions au sujet de « Tourner la page, de Audur Jónsdóttir »

  1. mamazerty

    c’est un peu le même souci parfois avec les romans russes, entre les prénoms en russe, puis francisés , les surnoms ,les diminutifs, les petits noms, on s e perd un peu(pour les livres russes, compte tenu que tu connais la langue çà ne t’est peut être jamais arrivé)
    En c e moment je lis un livre qui s e passe au Svalbard (c’est un polar polaire^^)et comme y aller est un d e mes rêves, je suis plongée dedans….on peut toujours REVER!!!!!
    j’ai fini (très vite) le livre de Véronique Poulain, les mots qu’on ne me dit pas, je suis très emballée par ce livre bien pêchu et bien vivant,je vais l’acheter à Fillainée qui aura tout loisir d e le lire à la maternité où elle ne devrait plus tarder à aller
    Bonne fin d e semaine Véronique!

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  2. Monique

    je suppose que quand on commence un livre comme celui-ci il ne faut pas s’arrêter ! j’ai deux livres de Laxness qui m’attendent : la cloche d’Islande et Le paradis retrouvé mais pour l’instant je termine « l’épouse hollandaise » que j’avais délaissé pour des livres d’Andrea Japp et je vais emporter en voyage des livres sur la Chine, entre autres « le lecteur de cadavres »…

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  3. Maryse

    Ah oui les surnoms! Comme certaines de tes fidèles lectrices! Il y en a de très drôles.
    Je ne suis pas très attirée par les auteurs nordiques, sauf sans doute par celui qui m’a été offert pour mon anniversaire récemment : « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » du suédois Jonas Jonasson. Mais là aussi il y a des surnoms….c’est un humour très décalé et la morale très incorrecte est à mourir de rire: tuer n’est pas si compliqué que çà, surtout quand on n’est pas inquiété au bout du compte, des crimes parfaits. Mais l’histoire n’est pas si simple en fait.

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