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Cœur tambour de Scholastique Mukasonga

pioche-en-bib.jpglogo tour du monde en lectureCouverture de Cœur tambour de Scholastique MukasongaCela fait des années que lorsque j’entends ou lis un entretien de Scholastique Mukasonga, j’ai envie de lire l’un de ses livres (notamment Notre-Dame du Nil pour lequel elle a reçu le prix Renaudot), mais je n’avais pas eu l’occasion de le faire avant de voir son dernier titre parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque. Et c’est aussi l’occasion d’alimenter mon Tour du monde en lecture auquel je n’ai ajouté aucun nouveau pays depuis des mois!

Le livre : Cœur tambour, de Scholastique Mukasonga,
collection blanche, éditions Gallimard, 176 pages, 2015, ISBN 9782070149810.

L’histoire : en Amérique (Carïbes et Amérique du Nord) puis au Rwanda. La célèbre chanteuse rwandaise d’un groupe rasta, Kitami, est morte écrasée par son grand tambour dans des conditions mystérieuses (accident, meurtre, suicide?) il y a un an lorsqu’un journaliste reçoit une valise qui contient un manuscrit autographe dans lequel est raconte sa vie au Rwanda sous le nom de Prisca jusqu’à sa rencontre avec trois joueurs de tambours rastas à la recherche de leurs racines africaines. Enfant brillante, elle arrive à poursuivre des études malgré les transes qui déjà l’envahissent de temps à autre…

Mon avis : j’ai eu un peu de mal avec la première partie,
Kitami (jusqu’à la page 60, sur les tambourinaires du groupe de Kitami) et préféré les deux suivantes, qui chronologiquement se placent avant, Nyabongui (souveraine légendaire dont elle est -serait- la réincarnation) et Ruguina (le nom de son grand tambour). Le récit au Rwanda m’a particulièrement plu, tant pour l’histoire que pour le style. Le lecteur assiste aux études d’une fille brillante, entre école au village, cours supplémentaire par le missionnaire, puis la bourse pour aller au collège puis au lycée à la capitale. En parallèle, après une première transe, on croise le monde des esprits, des superstitions. Pas de chance pour cette jeune fille, elle appartient à la mauvaise ethnie, elle ne pourra pas poursuivre ses études au-delà. Au village, elle est crainte (ses pouvoirs sont-ils bénéfiques ou maléfiques?), elle va devoir fuir. Mythe, réalité, passé colonial, cohabitation ethnique difficile entre hutus et tutsis, recherche des origines par certains américains descendants d’esclaves, rôle des tambours, légendes et mythes ancestraux confrontés aux Églises chrétiennes (catholique et évangélique), pouvoirs thaumaturgiques ou maléfiques, transmission du passé, des légendes, des pouvoirs, rapports hommes / femmes, … Ce roman aborde de nombreux sujets avec beaucoup de « douceur », comme dans un murmure à l’oreille du lecteur…

 

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie romans pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Tous à poil! Après le Moyen Âge, l’époque moderne…

Scène d'accouplement, sculpture gothique sur un chapiteau dans l'église de Payroux, Vienne, vue rapprochéeIl y a quelques mois, je vous montrais quelques exemples de sculptures « à poil » à (église Saint-Savinien) et à . Nous allons avancer un peu dans l’histoire… Après la découverte de l’Amérique, on entre dans l’ère moderne.

Amboise, chapelle Saint-Hubert, dentelle de pierrePremière escale à , dans la chapelle Saint-Hubert du château (géré par la fondation Saint-Louis), non plus pour une série de crimes (voir Embrouille à Amboise, de Philippe-Michel Dillies) mais pour une visite patrimoniale. Nous sommes juste au début de la période moderne, puisqu’elle a été construite entre 1491 et 1496 sous les ordres de Charles VIII par des artistes flamands (il n’avait pas encore découvert les artistes italiens). J’y suis restée un petit moment et ai vu passer une série de guides en français, en anglais, en espagnol…

Amboise, chapelle Saint-Hubert, animaux cachés dans les feuillages sculptésTous attirent l’attention sur les animaux qui se cachent dans le feuillage, comme il était habituel à cette période: voir au même moment, à quelques années près, les singes monstrueux de l’ à , même si la qualité est supérieure à Amboise, commande royale oblige. Tous parlent des singes, des serpents, il y a aussi un serpent mangeant une grenouille, une salamandre avec un scarabée, chiens (?).

Amboise, chapelle Saint-Hubert, deux culots avec des personnages expressifsPeu parlent des personnages à les retombées des voûtes… mais qu’est-ce qu’il enfourne à pleine main dans sa bouche, le premier?

Amboise, chapelle Saint-Hubert, personnage émergeant des feuillagesAucun guide n’a signalé ce petit personnage qui semble héler le visiteur…

Amboise, chapelle Saint-Hubert, personnage nu… et bien sûr pas celui-ci, tout nu, bien à poil!

Quelques jours plus tard, j’étais à  avec Marlie et François…

Pierre Courteys, Laocoon et ses fils, en salle et sur carte postale du musée de LimogesAprès avoir remarqué l’aménagement dans la cour du musée, nous avons bien sûr visité les salles (en long, en large et en regardant les propositions des guides papier). Archéologie (oups, il va falloir revoir la Préhistoire), égyptologie… et bien sûr émaux. Là, je repère, en vue d’un article sur le sujet du jour (« à poil« ), ce bel émail sur cuivre réalisé vers 1559 (dixit le cartel, la carte mentionne 1569) par Pierre Courteys, représentant Laocoon et ses fils. Selon l’Enéide de Virgile, Laocoon, qui a prévenu les Troyens du danger du fameux « cheval », est étouffé avec ses fils par des serpents envoyés par Apollon. Pas de doute, le père et ses fils sont bien tout nus… A la sortie, à la boutique, pas de catalogue du musée rénové (après 2 ans, ça devient urgent), mais des cartes postales. Et là, surprise! Au centre, Laocoon a le sexe caché par un drapé, mais ses fils restent avec leur sexe à l’air.

Pierre Courteys, Laocoon et ses fils, en salle et sur carte postale du musée de Limoges, détailsVous voyez de plus près? En haut en salle, en bas sur la carte postale. Que s’est-il passé? La personne qui tenait la boutique semble étonnée… Si, c’est bien l’œuvre qui est en salle sur la carte postale. Oui, bien sûr, mais la carte postale porte la mention « musée municipal de l’Évêché », et non la nouvelle appellation « musée bal » (sur toute la communication du musée des Beaux-Arts de Limoges). Entre temps, en vue du nouveau musée, certaines œuvres ont été nettoyées, restaurées, mais personne n’a dû juger bon de ré-éditer les cartes postales avec une version « à jour » (à poil), sans le repeint, qui date de quand? Mystère! Aucune mention sur le cartel en salle, pas de catalogue.

Photographies (sauf la première vignette) d’août 2014.

Héro et Léandre de Pierre Laurent à La Rochelle

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 1, vus de dos

Pour la Saint-Valentin, je réédite cet article sur l’amour tragique de Héro et Léandre…

Article du 7 juin 2012

Dans le jardin des plantes, juste à côté du muséum d’histoire naturelle de la Rochelle, se trouve un groupe sculpté en marbre, présenté au salon des artistes français en 1903, sous le n° 2905, installé à cet emplacement dès 1904, Héro et Léandre, du sculpteur Pierre [Antoine] Laurent (Montluçon, 8 juillet 1868* – ?), dont je vous reparlerai pour le monument aux soldats et marins morts de 1870 (érigé en 1913) dans cette même ville.

*Voir le registre des naissances 1867-1868 de Montluçon, archives départementales de l’Allier, vue numérisée n° 182/241, page de droite. Cet acte porte en mention marginale son mariage à Paris 15e, le 13 mai 1900, avec Marie Constance Monard (ou Momard?), mais aucune indication sur son décès. Son père, également prénommé Pierre, était déjà tailleur de pierres. Impossible de trouver sa date et son lieu de décès, il est encore vivant en 1920 (réalisation du buste de Poilu du monument aux morts de Saint-Clément-des-Baleines).

Héro, prêtresse d’Aphrodite, était amoureuse du beau et jeune Léandre, qui hélas une nuit d’orage va se noyer… (pour en savoir plus sur ce récit mythologique, voir ici, ou alors, (re)lire les Héroïdes d’Ovide).

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 2, la signature Pierre Laurent Voici la signature et la date :  » Pierre Laurent / 1903 « .

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 3, vue de face Bon, la vue de dos ne vous suffit pas ? Alors, faisons le tour…

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 4, vue de trois quarts Héro, vêtue d’une robe moulante, soutient Léandre, nu et mourant…

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 5, détail des deux visages Elle semble presque l’embrasser dans la mort qui arrive… même si elle a la tête ceinte d’une couronne végétale et semble-t-il d’un voile (c’est une prêtresse…).

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 6, vus de côté En tournant un peu plus, Léandre, cabré, semble se retenir à la vague meurtrière.

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 7, l'enlacement Oh, une déjection d’oiseau semble en plus faire saigner le cou des deux amoureux…

Toutes ces photographies datent du 25 juin 2011.

Le premier miroir par Alaphilippe au jardin des plantes de Nantes

Nantes, le premier miroir de Alaphilippe au jardin des plantes, 1, aujourd'hui A Nantes, dans le jardin des Plantes, se trouve une œuvre du sculpteur Camille Alaphilippe, dont je vous ai déjà parlé pour les mystères douloureux dans le parc Mirabeau et la messe miraculeuse de saint Martin dans la basilique Saint-Martin à Tours et le monument aux morts de Skikda (Philippeville) déplacé à Toulouse. Ici, impossible d’accéder à la signature -s’il y en a une- sans marcher sur les plates-bandes… il faudrait négocier avec les gardes, mais il faisait mauvais ce jour là et je ne les ai pas vus. Peut-être lors d’une prochaine visite? J’ai complètement oublié en y allant fin octobre, mais de toute façon, c’était un beau dimanche et il y avait beaucoup de monde, ils ne m’auraient probablement pas autorisée à marcher dans l’herbe et écarter les végétaux pour voir le socle, cela ne peut se faire que si le jardin est peu fréquenté.

L’œuvre s’intitule le Premier miroir et a été commandée en 1908 par le sous-secrétariat aux beaux-arts. Une mère tient son bébé au-dessus de l’eau où il peut faire l’expérience du miroir…

Nantes, le premier miroir de Alaphilippe au jardin des plantes, 2, deux vues anciennes Au fil du temps, cette œuvre semble s’être promenée dans le jardin des plantes… Sur ces deux cartes postales anciennes, elle semble plutôt être au bord du lac où, en juillet, une voiture avait fait le grand plongeon (Midnightswim, de Maxime Lamarche, à revoir avec d’autres œuvres d’art contemporain)…

Nantes, le premier miroir de Alaphilippe au jardin des plantes, 3, devant une grotte Sur une autre carte, elle se trouve sous la grotte artificielle…

Je vous ai déjà montré dans ce jardin de œuvres avec des plantes et des œuvres contemporaines ainsi que le monument à Jules Verne.

Photographies de juillet 2012.

L’Herakles archer d’Antoine Bourdelle à Toulouse

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 01, dans son square

Au bout des allées de Barcelone, près du canal de Brienne à Toulouse, à proximité de l’ancien stade des Ponts Jumeaux, se trouve L’Héraklès archer d’Antoine Bourdelle, monument dédié aux sportifs morts pour la France en 1914-1918. Le comité des Pyrénées de la Fédération française de rugby voulait, lors de la commande en 1922, avant tout rendre hommage à Alfred Mayssonnié, mort dès les premiers jours de combat, le 6 septembre 1914 et qui est aussi associé au monument par une stèle (voir plus bas).

Dès 1922, Antoine Bourdelle (Montauban, 1861 – Le Vésinet, 1929) accepte de céder juste pour le prix du bronze l’un des tirages de son Héraklès archer et dessine pour l’abriter un temple constitué de huit colonnes sans base ni chapiteau. Le monument est inauguré le 19 avril 1925. Cet Héraklès archer ou Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale est l’une des œuvres les plus connues d’Antoine Bourdelle, peut-être parce qu’elle a orné pendant des années les cahiers de la marque Héraklès… Le plâtre original, réalisé en 1909, de grandes dimensions (250X240X100 cm), est aujourd’hui conservé au musée Ingres à Montauban, sa ville natale, don de sa veuve Cléopâtre Bourdelle en 1953 (le plâtre était resté jusqu’alors dans l’atelier de l’artiste). Plusieurs tirages en bronze sont conservés dans des collections publiques en France (au jardin-musée Bourdelle d’Égreville en Seine-et-Marne, au musée Bourdelle – tirage et plusieurs plâtres préparatoires – et au musée d’Orsay à Paris, au musée des beaux-arts de Lyon) et à l’étranger (au Metropolitan Museum of Art à New York, au National Museum of Western Art à Tokyo, dans un parc de Buenos Aires en Argentine).

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 02, vues de face et de dos Cette sculpture représente le sixième des douze travaux d’Hercule, celui où il doit abattre de ses flèches les oiseaux du lac Stymphale. On ne voit qu’Hercule / Herakles bandant son arc, en appui contre un rocher.

 

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 03, signature de Bourdelle sur l'Hercule Antoine Bourdelle, qui a apposé sa marque et la signature « ANTOINE / BOURDELLE / SCULP / 1909 / PARIS ».

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 04, signature de Rudier sur l'Herkule Le fondeur, Alexis Rudier, a également apposé sa marque (que je vous ai déjà montrée sur la statue du maréchal Joffre à Paris et les monuments aux morts de La Rochelle et Angers).

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 05, de dos Malgré les tags qui salissent l’œuvre, on peut admirer la position de l’archer…

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 05, deux vues de profil

Sur ces deux vues, on voit toute la puissance de l’archer… et de son modèle, le commandant André Doyen-Parigot, ami d’Auguste Rodin chez qui Antoine Bourdelle travaillait… Il a dû poser nu pendant des séances qui se sont étalées sur plusieurs mois, avec pour exigence qu’il ne puisse pas être reconnu… Nous voyons donc son corps, mais pas son visage… remplacé par un visage un peu figé, à l’Antique.

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 06, relief de l'hydre et Herakles gravé Au-dessus de la signature se trouve un petit relief qui porte la scène complète de la lutte d’Hercule contre l’hydre de Lerne (le deuxième des douze travaux d’Hercule), identifiée par les inscriptions « HYDRE » et en grec « YΔPA ». Sur le côté sont inscrits les mots « HERAKLES » et en grec « HPAKΛHΣ ».

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 07, relief avec le lion de Némée Un autre petit relief est inséré dans la sculpture, un homme luttant contre un lion, donc Hercule luttant contre le lion de Némée (le premier des travaux d’Hercule). Ces deux reliefs ont été ajoutés par Antoine Bourdelle seulement sur la version de 1923 de Herakles archer, même si la date apposée avec la marque du sculpteur est 1909…

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 08, le relief de Messonier par Bourdelle Le monument est complété par une stèle à l’effigie d’Alfred Mayssonnié, positionnée sur l’un des petits côtés du « temple ».

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 09, le relief de Messonier par Bourdelle, détail Voici un détail de ce portrait de Mayssonié…

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 10, signature du relief de Messonier par Bourdelle Le bronze a également été réalisé par Antoine Bourdelle, qui a apposé sa marque et la signature « ANTOINE / BOURDELLE / A / MAYSSONIE / 1925 ».

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 11, le relief de Voivenes par Andrau De l’autre côté par rapport à la stèle à Mayssonnié se trouve une autre stèle, dédiée « a[u] [d]octeur / Paul Voivenel / inspirateur / de ce / monument », (1881-1975), psychiatre, amateur de rugby, qui avait négocié avec Antoine Bourdelle la réalisation de ce monument.

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 12, signature du relief de Voivenes par Andrau Elle porte la signature « Andrau », probablement le sculpteur toulousain Joseph Andrau (1907-1987). Je n’ai trouvé aucune information sur cette seconde stèle…

Les monuments aux morts de Toulouse dont j’ai déjà parlé ou dont je parlerai prochainement:

le monument aux morts de Haute-Garonne (inauguré en 1928) : vue générale de l’œuvre de l’architecte Jaussely, les reliefs de André Abbal, de Henri Raphaël Moncassin, et ceux de Camille Raynaud

– le monument aux morts de Toulouse en 1914-1918 dans le cimetière de Salonique

– le monument aux morts de Indochinois, au dos du précédent, dans le cimetière de Salonique

– le monument aux morts de Skikda (Philippeville) dans le cimetière de Salonique

– le monument aux sportifs morts (Héraklès archer d’Antoine Bourdelle)

– le monument aux morts des quartiers Bayard-Matabiau-Concorde-Chalets, non loin de la gare

– le monument aux mortsdes quartiers Colone, Arago, Juncasse, Marengo, près de l’observatoire

– le monument aux morts du quartier Saint-Michel, allées Jules Guesde, non loin du muséum

– et pour la guerre de 1870, le monument du Souvenir français dans le cimetière de Terre-Cabade

Le palais de justice d’Angers

Angers, palais de justice, 1, la façade Le palais de justice d’Angers a été inauguré en 1875 dans ces nouveaux locaux près du Mail sur des plans établis en 1863 par l’architecte Isabelle Charles-Edmond (voir le dossier d’inventaire général). Le monument aux morts a été déplacé juste devant en 1988. L’architecture joue sur la monumentalité de l’ordre classique, monumentalité renforcée par la présence de marches, dispositif très fréquent pour les palais de justice de la seconde moitié du 19e siècle.

Angers, palais de justice, 2, fronton sculpté Le fronton comporte un groupe sculpté. Au centre trône la Justice, portant les tables de la Loi, encadrée de chaque côté de trois personnages ou groupes formés par une mère et son enfant.

Angers, palais de justice, 3, partie gauche du fronton sculpté

Sur la gauche, une femme tient tendrement enlacé son petit enfant nu, debout.

Angers, palais de justice, 4, partie gauche du fronton sculpté, mère et enfant La voici de plus près… La position semi allongée épouse la forme se la pointe du fronton.

Angers, palais de justice, 5, partie gauche du fronton sculpté, mère et enfant et homme Plus à droite, un homme portant un gourdin (qui rappelle celui des sauvages des armoiries de l’hôtel de ville de Niort. A ses pieds, une femme éplorée, il pose sa main droite sur son épaule, la mère soutient le corps d’un enfant qui semble mourant sinon déjà mort…

Angers, palais de justice, 6, partie centrale du fronton sculpté, justice encadrée de deux hommes

Au centre donc trône la justice… Assise sur son siège, vêtue à l’Antique et les pieds nus, elle tient les tables de la Loi.

Angers, palais de justice, 7, partie centrale du fronton sculpté, détail de la Justice

Voici de plus près la justice et les deux personnages qui l’encadrent.

Angers, palais de justice, 8, partie droite du fronton sculpté,

Sur la partie droite du fronton, une femme tenant une épée est assise un peu plus bas que la justice sur son trône. Devant elle se tient un homme barbé, visiblement pieds et mains liés. Il est devant une mère et son enfant qui semblent dormir, à moins qu’il ne s’agisse plutôt de ses victimes décédées.

La grande poste d’Angers (suite)

Poste d'Angers, façade rue Saint-Julien, 1, la façade

Cet automne, je vous ai montré la façade principale rue Franklin-Roosevelt de la grande poste d’Angers… je vous invite à relire ce premier article pour son historique. Rappelons juste qu’elle a été construite à partir de 1934 par l’architecte des PTT Gabriel Guchet (ouverte en 1937). Un déplacement intempestif de la molette de mon appareil photographique et j’étais rentrée avec des clichés flous de la façade rue Saint-Julien… Ma petite visite mi-mars à Bouchemaine a été l’occasion de faire les photographies manquantes…

Poste d'Angers, façade rue Saint-Julien, 2, la partie haute sculptée La sculpture se concentre sur les parties hautes…

Poste d'Angers, façade rue Saint-Julien, 3, le relief central avec Mercure Au centre, Mercure, messager des dieux, et lui-même dieu du commerce et des voleurs, fréquemment représenté sur les postes… Il est beaucoup plus viril que la tête de celui qui surplombe la porte de la grande poste de Poitiers.

Poste d'Angers, façade rue Saint-Julien, 4, détails du relief central avec Mercure Le sculpteur (j’ai dû mal chercher, je n’ai pas pu l’identifier) lui a donné tous les attributs possibles, les foudres dans sa main droite, le casque ailé, le caducée dans sa main gauche, les ailes aussi aux pieds (et oui, le dieu aux pieds ailés)… Sur le droite, un bateau vogue sur les flots…

Poste d'Angers, façade rue Saint-Julien, 6, l'Ancien monde … car ce Mercure relie l’Ancien continent (sur la droite, avec une vue de Paris…)

Poste d'Angers, façade rue Saint-Julien, 5, New-York … au Nouveau monde symbolisé par New-York à gauche de la façade, avec la statue de la Liberté et les gratte-ciel.

Le monument Goethe à Strasbourg

Le monument Goethe à Strasbourg, 1, vu de loin

Le château de Schönbrünn à Vienne en Autriche en 1993, 2, de plus près

Pour le défi Mars, mois de l’Europe centrale organisé par Schlabaya, j’ai ressorti quelques photographies prise à Strasbourg fin octobre 2010. Je commence avec le monument à Goethe, qui se trouve devant le palais de l’université (un grand bâtiment qu’il faudra aussi que je vous montre). Dans un grand espace en demi-cercle se tient au centre Goethe sur un haut socle qui porte aussi des reliefs sculptés, entouré de deux statues féminines assises représentant des muses (et pas très loin se trouve également un buste que je vous monterai dans un prochain article).

Le projet a été largement subventionné par l’État allemand dès 1899 (à replacer bien sûr dans le contexte de l’occupation allemande de la ville après la défaite de la France en 1870), et le monument érigé le 1er mai 1904, dans une cérémonie apparemment assez houleuse… certains reprochant le choix d’un homme sévère plutôt qu’un jeune étudiant pour représenter Goethe (voir sur le site de l’université de Strasbourg le récit de l’inauguration dans L’Alsace)… Pour les subventions, voir par exemple les références dans un article sur les traces de Goethe à Strasbourg (Auf den Spuren von Jung-Stilling und Goethe in Straßburg).

Johann Wolfgang Goethe a fait un bref passage à l’université de Strasbourg, de 1769 à 1771, où il a terminé son droit commencé à Leipzig de 1765 à 1768 (et est tombé amoureux de Frédérique Brion, la fille du pasteur de Sessenheim). Pour mémoire, Goethe est né le 28 août 1749 à Francfort et mort le 22 mars 1832 à Weimar, avocat puis magistrat, poète, romancier, passionné de sciences, etc.

Le monument Goethe à Strasbourg, 2, Goethe Goethe, debout, semble s’avancer, appuyé sur son bâton de voyage, le manteau enroulé sur le bras gauche, le regard tourné vers la cathédrale. C’est sûr, il ressemble plus là à un homme fier, sûr de lui, qu’à un étudiant qui courait les jupons…

Le monument Goethe à Strasbourg, 4, inscription et signature sur le socle de Goethe Aucun problème pour l’identification, il est inscrit à l’avant « GOETHE » et à l’arrière « Zur Erinnerung / an den / 150sten Geburstag / des Dichters / Errichtet 1904 » (en mémoire des 150 ans de la naissance du poète, érigé en 1904).

Le monument Goethe à Strasbourg, la signature Ernst Waegener 1904 Chacune des trois sculptures principales porte la signature « Ernst Waegener 1904 ». Il s’agit du sculpteur Ernst Wägener, né à Hanovre en Allemagne en 1854 (le 1er juin), je n’ai pas trouvé sa date de décès. Il y a aussi la marque du fondeur, « geg. Lauchhammer » (oups, photo floue encore une fois, pas mise ici). Voici de plus près celle sous la statue de Goethe.

Le monument Goethe à Strasbourg, 3, le relief sur le socle de Goethe A droite et à gauche du piédestal se trouve un bas-relief en bronze. Désolée, il n’y en a qu’un en photographie, l’autre (Goethe faisant face à Frédérique Brion, deux amoureux qui se tiennent à distance) était flou…

Ce bas-relief illustre cette citation de Goethe « Sur la plateforme de la cathédrale, nous, jeunes compagnons, nous nous donnions souvent rendez-vous le soir, pour saluer le soleil couchant avec des coupes pleines ». Cette réunion d’étudiants semble assez gaie et animée… et sans doute déjà alcoolisée (j’espère moins que les étudiants d’aujourd’hui qui, ivres, braillent en ville surtout le jeudi soir), ils ont presque tous un verre à la main…

Le monument Goethe à Strasbourg, 5, la muse à gauche, art ou poésie lyrique A gauche est assise une femme tenant une lyre sur ses genoux, vêtue d’une robe très transparente, lui laissant un sein nu. Elle est identifiée tantôt à Erato, muse de l’art lyrique, tantôt à Polymnie, muse de la poésie lyrique, tantôt à Euterpe, muse de la musique… La lyre était leur attribut commun. Il faudrait retrouver la commande pour vérifier l’identification de cette muse.

Le monument Goethe à Strasbourg, 6, la muse de la tragédie à droite A droite est assise une femme triste, pieds nus et voilée comme une femme en deuil. Il s’agit de Melpomène, muse de la tragédie (enfin, elle est représentée comme telle, mais à l’origine, Melpomène est la muse du chant et de l’harmonie).

Pour aller plus loin : voir aussi sur mon blog, également à Strasbourg, son buste par le sculpteur Heinrich Manger.

 

Castor et Pollux de Cecilia Bengolea et François Chaignaud

Poitiers, le théâtre et auditorium,12, vu depuis la grande passerelleSpectacle très particulier l’autre jour au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP dans le cadre de mon abonnement pour la saison 2011-2012 : Castor et Pollux par Cecilia Bengolea et François Chaignaud.

C’est un spectacle qui a été créé en 2010 pour le Quartz – Festival Antipodes’10 le 2 mars 2010 à Brest et présenté aussi au festival d’automne à Paris et à plusieurs autres reprises.

Le spectacle : les spectateurs sont sur la scène du théâtre, allongés tête bêche sur de petites couvertures rouges, avec un petit coussin. Puis c’est le noir… et le brouillard créé par les fumigènes. Tout en haut, suspendus dans le système du théâtre, deux corps emmêlés, maintenus par des cordes et des poulies au bout d’un petit charriot, chacun est manipulés par deux assistants (un qui fait glisser le charriot, l’autre qui monte ou descend le danseur). Deux corps donc qui peu à peu émergent, avec un superbe costume et maquillage sur les corps… C’est parti pour 40 minutes de danse en suspension, parfois comme en vol, avec un éclairage, lui maintenu juste par un baudrier, elle également avec les bras soutenus par les cordes…

Mon avis : une performance surprenante, fascinante… Les corps semblent voler, et pourtant, quelle force il faut aux deux danseurs pour évoluer ainsi, souvent la tête en bas. On oublie vite son voisin si proche allongé juste à côté, un grand silence et un retour lent à la réalité quand la lumière se rallume, que chacun s’assoie avant de rompre la magie et de se lever enfin… Si vous avez l’occasion, n’hésitez pas à aller voir ce spectacle!

Suite de la saison : J’ai vu depuis un autre spectacle (La nuit juste avant les forêts de Bernard Marie Koltès, mis en scène par Patrice Chéreau avec Romain Duris), je vous en parlerai bientôt, pour la suite de la saison dans la salle de théâtre, wait and see… il y a eu un gros dégât des eaux hier mardi 13 février 2012, une canalisation qui a explosé avec le gel, auditorium intact mais 70.000 litres d’eau déversés sur la scène et la machinerie du théâtre via le système anti-incendie…

Hercule enfant de Sylvestre Clerc à Toulouse

Toulouse, Hercule enfant par Sylvestre Clerc, 1, presque de face

Sur les allées Jules-Guesde à Toulouse (enfin, je pense, ce n’est pas bien noté dans mon petit carnet, Cathdragon, tu peux me corriger si je me trompe?) se trouve un groupe sculpté représentant Hercule enfant…

Toulouse, Hercule enfant par Sylvestre Clerc, 2, le titre Hercule enfant facile à identifier, c’est écrit sur le socle… Mes photographies datent de mars 2010. Hercule est représenté sous les traits d’un bambin rondouillet qui tire un gros serpent.

Toulouse, Hercule enfant par Sylvestre Clerc, 3, la signature de Syvestre Clerc Il s’agit d’une sculpture signée « S Clerc » et réalisée en 1928. Sylvestre Clerc (Toulouse, 1892 – Toulouse, 1958 1965, d’après un commentaire à lire ci-dessous, et non 1958, comme indiqué dans la bibliographie consultée) est surtout connu à Toulouse pour la frise sculptée en bas-relief de la bibliothèque rue du Périgord. Les travaux préparatoires en plâtre de l’atelier de cet artiste ont été acquis en 1996 par le musée des Augustins. Vous pouvez voir le plâtre, réalisé en 1927, ici.

Toulouse, Hercule enfant par Sylvestre Clerc, 4, de dos Et voilà de dos, on voit mieux les serpents entremêlés, genre énormes boas comme il ne devait pas y en avoir beaucoup dans la Grèce antique… En revanche, cette représentation fait référence à Hercule (chez les Romains)/Héraklès (chez les Grecs), qui a étranglé deux serpents envoyés par Héra pour le tuer… Il est alors nommé Héraklès, gloire d’Héra. Vous pouvez trouver un résumé très synthétique de cette histoire ici.