Archives par étiquette : église Sainte-Radegonde

A poil… petites leçons médiévales d’anatomie…

Scène d'accouplement, sculpture gothique sur un chapiteau dans l'église de Payroux, Vienne, vue rapprochéeIl y a deux ans, je vous montrais quelques exemples de « sculptures à poil » à (église Saint-Savinien) et à (d’où provient la scène d’accouplement ci-contre), puis amorcé une courte série sur le mot-clef Tous à poil, du titre de ce petit livre de Claire Franek et Marc Daniau, aux éditions du Rouergue fustigé par Jean-François Copé. Je voulais depuis vous montrer les deux exemples que je vous propose aujourd’hui, mais je n’avais pas de bonnes photographies, il faut dire que ces modillons sont perchés un peu hauts, surtout celui de la .

Les deux ont été réalisés par la même équipe de sculpteurs, autour de 1200, dans la  et dans l’ à , donc à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre, dans la troisième  travée de la nef du côté nord pour le premier édifice et dans la deuxième travée du côté sud pour le second. Point de scènes d’amour acrobatiques cette fois-ci, juste des nus qui montrent bien leur anatomie… et même un peu plus 😉 Des historiens de l’art classent ces modillons dans les obsenae (objets à caractère obscène), ce sont juste des petites sculptures réalistes…

Homme nu sur un modillon intérieur de la cathédrale de PoitiersJe vous présente donc Monsieur, pas en érection mais quand même avec une belle paire de testicules, en train de jouer avec sa bouche (euh, Freud, au secours, ce Monsieur a régressé au stade oral???). En tout cas, Monsieur est tout nu dans la cathédrale…

Femme voilée en train de se masturber sur un modillon gothique de l'église Sainte-Radegonde à Poitiers… pas comme Madame dans l’église Sainte-Radegonde! Un voile couvre ses cheveux et ses épaules, retombant sur ses genoux, mais ses pieds, ses seins (qui pointent comme sous l’effet de l’excitation) et… sa vulve sont nus.  C’est l’une des rares scènes de masturbation féminine très explicite connue pour le tout début de l’art gothique. Impossible ici de se cacher derrière une explication genre « scène de maïeutique » (art de l’accouchement), chère à certains historiens de l’art, il n’y a aucun doute ici, Madame se pince (se titille ?) les grandes lèvres avec les doigts! Les sculpteurs étant en principe des hommes à cette époque, celui qui a réalisé ce modillon était bien au courant des jeux féminins intimes !

Comme quoi, on peut aller à la messe et se rincer l’œil, peut-être que ça évite aux curés et autres chanoines de toucher aux enfants de chœur? D’accord, la question ne se posait pas vraiment en 1200, le sacrement chrétien du mariage n’existait pas encore : l’Église tente d’imposer le mariage à partir de 1100, auparavant, le mariage était une affaire purement civile, pour la transmission des biens notamment, et le mariage ne devient le septième sacrement de l’église qu’à partir du quatrième concile de Latran, en 1215. Les chanoines n’ont jamais été soumis au célibat, et le célibat des prêtres, juste prescrit par le pape Grégoire VII (synode de Latran en 1074), n’était pas vraiment respecté en dépit des rappels lors concile de Latran II en 1132, puis dans les canons de 1139, et plus de la moitié des prêtres vivent alors encore en couple à la fin du Moyen-Âge. Bon, au moins, avec ces modillons, chacun peut vérifier « comment c’est fait », un homme et une femme…

Photographies septembre 2016.

Poitiers, sainte Radegonde…

La crypte et le tombeau de sainte Radegonde à Poitiers

Le château de Schönbrünn à Vienne en Autriche en 1993, 2, de plus prèsLe 13 août est la fête de Radegonde… autre « grande dame du Poitou » (même si elle est originaire du Nord…) avec Alienor d’Aquitaine! Un pèlerinage est organisé du monastère de la Cossonière à Saint-Benoît (repli des sœurs du monastère Sainte-Croix, fondé par Radegonde, quand elles ont quitté le centre-ville, à l’emplacement du musée) jusqu’au tombeau puis à la « cellule » de la reine. Il m’a donc semblé que ré-éditer cet article serait une bonne idée… suivre les liens à la fin pour en découvrir d’autres articles sur des sujets voisins.

Article du 4 mars 2012

Pour le défi Mars, mois de l’Europe centrale organisé par Schlabaya, j’ai choisi de vous présenter à nouveau la princesse allemande la plus célèbre à Poitiers… Je vous ai déjà montré le tombeau de sainte Radegonde, qui se trouve dans la crypte de l’église Sainte-Radegonde.

Radegonde est née vers 518-520 à Erfurt en Allemagne. Elle est la fille du roi de Thuringe, Berthaire. La suite est surtout racontée dans la vie de sainte Radegonde par Venance Fortunat, texte que l’on connaît par une copie réalisée vers 1100 avec un manuscrit très richement illuminé conservé à la médiathèque de Poitiers, à feuilleter ici.

En 531, Clotaire, fils de Clovis, massacre sa famille et l’emmène comme otage dans la villa royale d’Athies. Veuf, Clotaire décide de l’épouser en 538 (avec une épopée, elle refuse, s’enfuit, est rattrapée, mariée de force à Soissons)…

… un peu long de vus raconter ici toute l’histoire, mais quelque part entre 552 et 557, elle obtient de se retirer à Poitiers, où elle fonde un monastère qui deviendra le monastère Sainte-Croix (celui qui est à la Cossonière à Saint-Benoît, dont je vous est montré le tronc il y a quelques semaines). Radegonde obtient de l’empereur de Constantinople une prestigieuse relique de la vraie croix (conservée dans un riche reliquaire gardé bien à l’abri) et est morte à Poitiers en 587.

Poitiers, le tombeau de sainte Radegonde dans sa crypteElle est inhumée, comme il est d’usage à l’époque, hors les murs, dans ou près de l’église Sainte-Marie-hors-les-Murs qu’elle avait fait construire. Voici une autre photographie du tombeau, un peu plus sombre certes… Les miracles s’y multiplient… Après plusieurs péripéties, reconstructions suite à des incendies, l’église est consacrée en 1099. Son tombeau fut ouvert en 1412 sur ordre du duc de Berry, puis profané lors des guerres de religion en 1562, les restes brûlés dans la nef, puis remis dans le tombeau… qui attire toujours des pèlerins.

Poitiers, église Sainte-Radegonde, les ex-votos, quatre vues Chaque année apparaissent de nouveaux ex-votos… tout autour du tombeau à l’extérieur de la crypte et dans l’escalier, ce sont des ex-votos plus anciens, ceux de la nef sont plus récents. Désormais, la taille des plaques est plus ou moins normalisée, et il ne faut pas oublier de passer à la caisse pour en poser une, tarif genre concession d’un bout de mur, plusieurs surfaces et durées au choix…

Poitiers, relief sous le clocher de Sainte-Radegonde : Radegonde vue de près Et voici peut-être une représentation provenant de l’ancien clocher-porche roman de la sainte, que je vous ai déjà montrée aussi, dans cet article sur le Christ et sainte Radegonde (?).

Poitiers, église Sainte-Radegonde, le portail, 2, sainte Radegonde Et une autre sculpture, cette fois du 19e siècle, sur la façade de l’église… A revoir avec ses voisines dans cet article sur les sculptures de la fin du 19e siècle (Vierge à l’Enfant, saintes Agnès, Radegonde, Disciole, saint Hilaire). Elle est représentée en lettrée, ce qui était le cas: elle avait appris à lire et à écrire au palais royal, bien avant de devenir religieuse…

PS: d’autres liens ajoutés depuis l’article d’origine…

Anne d'Autriche en Radegonde (Poitiers, église Sainte-Radegonde) avec des rubans sur son sceptreVoir aussi la statue d’Anne d’Autriche en sainte Radegonde

La chapelle du Pas-de-Dieu, résidence Jean-Jaurès à Poitiers
Voir la chapelle du Pas-de-Dieu, dite « cellule de sainte Radegonde », où se terminera le pèlerinage

Pour aller plus loin : Grégory Vouhé, Nicolas Legendre, Anne d’Autriche et Radegonde, L’actualité Poitou-Charentes, n° 98, octobre-décembre 2012, p. 36.

Sur un chapiteau de l’église Sainte-Radegonde à Poitiers…

Poitiers, église Sainte-Radegonde, le choeur et la position du chapiteau avec Adam et Eve Cela fait un moment que je ne vous ai pas emmenés dans l‘église Sainte-Radegonde à Poitiers… (revoir son histoire dans l’article sur son tombeau). En vérifiant les liens récemment, je me suis aperçue qu’en novembre 2008, je ne vous ai montré que deux faces de ce chapiteau du chœur, indiqué sur la vue générale… Vous pouvez les revoir ici, avec Daniel dans la fosse aux lions du côté du chœur et Adam et Ève du côté du déambulatoire. Les deux autres faces sont également sculptées. Les peintures ont été refaites au 19e siècle, mais il est probable qu’ils étaient aussi peints dès l’origine (au 11e siècle).

Poitiers, église Sainte-Radegonde, chapiteau du choeur, Nabucchodonosor Vers le sud (à gauche quand on regarde Adam et Eve, à droite quand on regarde la vue de positionnement ci-dessus) se trouve Nabuchodonosor. Il est assis de face sur son trône. Pour en savoir plus sur Nabuchodonosor, je vous invite à (re)lire l’article sur Nabuchodonosor sur la façade de Notre-Dame-la-Grande, également à Poitiers.

Poitiers, église Sainte-Radegonde, chapiteau du choeur, lions attaquant un homme Sur la face opposée,un homme en train de tomber est attaqué par des lions… ce qui contraste avec la scène adjacente (vers la droite) où les lions lèchent les pieds de Daniel…

Les autres articles sur l’église Sainte-Radegonde

Poitiers, Anne d’Autriche en sainte Radegonde…

Poitiers, Anne d'Autriche en sainte Radegonde, 1, vue de face

Le château de Schönbrünn à Vienne en Autriche en 1993, 2, de plus près

Pour le défi Mars, mois de l’Europe centrale organisé par Schlabaya, j’ai choisi de vous présenter à nouveau la princesse allemande la plus célèbre à Poitiers… Je vous ai déjà montré le tombeau de sainte Radegonde, qui se trouve dans la crypte de l’église Sainte-Radegonde et parlé de l’histoire de sainte Radegonde. J’avais alors promis de vous montrer une autre statue…

Poitiers, Anne d'Autriche en sainte Radegonde, 2, vue plus lointaine Il s’agit d’une statue en marbre blanc, réalisée par le sculpteur parisien Nicolas Legendre. Radegonde est représentée vêtue d’un manteau fleurdelisé, avec un sceptre et un livre ouvert (représentation fréquente pour Radegonde, qui avait fait des études au palais royal après son rapt par Clotaire).

Poitiers, Anne d'Autriche en sainte Radegonde, 3, détail de la tête En 1649, Anne d’Autriche était entrée dans la confrérie de Sainte-Radegonde, puis venue se recueillir sur place en 1651. A cette occasion, elle avait commandé un autel et cette statue [voir article de Grégory Vouhé, en fin d’article, qui précise la date de la statue, 1653, et non 1658 comme il apparaît dans de nombreux articles].

Poitiers, église Sainte-Radegonde, les ex-votos royaux

A gauche, vous voyez la plaque de l’ex-voto posée par Anne d’Autriche en remerciement de la guérison de son fils Louis XIV en 1658. A droite, un autre des prestigieux ex-votos, daté de 1870/1871 (sainte Radegonde aurait protégé Poitiers de l’avancée des Prussiens…).

Bon, si Radegonde, princesse Thuringienne, entre bien dans le défi, je pense qu’il serait tiré par les cheveux d’y faire entrer Anne d’Autriche (1601-1666) qui, si elle a porté le titre d’archiduchesse d’Autriche, n’a pas dû y mettre les pieds… Pour rappel, elle est la fille du roi Philippe III (1578-1621), roi d’Espagne (1598-1621) et de l’archiduchesse Marguerite d’Autriche (1584-1611). Elle est infante d’Espagne, infante de Portugal, archiduchesse d’Autriche, princesse de Bourgogne et des Pays-Bas… Après son mariage avec Louis XIII, elle devient reine de France et de Navarre de 1615 à 1643. A la mort de son mari, elle devient régente de son fils Louis XIV de 1643 à 1651. Elle meurt à Paris en 1666.

Poitiers, carte postale ancienne de Anne d'Autriche en sainte Radegonde, 1 Radegonde, comme je vous l’ai déjà dit, a fait l’objet de nombreuses dévotions et pèlerinages… La statue d’Anne d’Autriche en sainte Radegonde a beaucoup bougé dans la crypte, mais sur les cartes postales anciennes, elle est souvent devant le tombeau, entourée de feuillages dorés…

Poitiers, carte postale ancienne de Anne d'Autriche en sainte Radegonde, 2 Elle encourage les dons…

Poitiers, carte postale ancienne de Anne d'Autriche en sainte Radegonde, 5 … est mise en avant…

Poitiers, carte postale ancienne de Anne d'Autriche en sainte Radegonde, 6 …même pour la restauration du tombeau et des vitraux, ici, on dirait qu’on lui a ajouté un calice entre les mains…

Anne d'Autriche en Radegonde (Poitiers, église Sainte-Radegonde) avec des rubans sur son sceptre

PS : Elle fait toujours l’objet de cultes obscurs, comme on le voit sur ces photographies prises le 10 octobre 2012. Qui a mis ces rubans de satin et quels vœux ont alors été prononcés?

Pour aller plus loin : Grégory Vouhé, Nicolas Legendre, Anne d’Autriche et Radegonde, L’actualité Poitou-Charentes, n° 98, octobre-décembre 2012, p. 36.

Deux reliefs romans sous le clocher de Sainte-Radegonde à Poitiers

Poitiers, relief sous le clocher de Sainte-Radegonde : le Christ Après avoir fait le tour du clocher de l’église Sainte-Radegonde à Poitiers à l’extérieur à toutes ses phases de constructions (à la toute fin du 11e siècle (époque romane), au 15e siècle avec le collège apostolique détaillé sur l’article suivant et les singes monstrueux), et les sculptures de la fin du 19e siècle (Vierge à l’Enfant, saintes Agnès, Radegonde, Disciole, saint Hilaire), entrons sous le clocher porche. Normalement, la lumière s’allume quand vous passez, attardez vous un peu avant de descendre les marches vers la nef. Vous y verrez deux reliefs qui doivent provenir du portail roman avant son remplacement au 15e siècle. Du côté sud (à droite en entrant) se trouve ce Christ bénissant. On le reconnaît à son nimbe cruciforme, ou, pour parler plus clairement, à son auréole (le rond derrière sa tête) marquée d’une croix. Il est assis de face sur un riche fauteuil et lève sa main droite dans un geste de bénédiction, geste qui est presque toujours représenté ainsi, la paume de la main vers l’avant, l’auriculaire et l’annulaire repliés, le majeur et l’index levés, le pouce refermé vers ces deux doigts. De la main gauche, il maintient contre sa cuisse un livre, la Bible.

Poitiers, relief sous le clocher de Sainte-Radegonde : Radegonde vue de loin Du côté nord (à gauche en entrant) se trouve un personnage féminin assis de face. Comment ça, vous ne voyez rien…

Poitiers, relief sous le clocher de Sainte-Radegonde : Radegonde vue de près Allez, on zoome. Elle est vêtue d’un long et ample vêtement, la tête est auréolée (signe de sainteté) et couronnée par dessus sa guimpe (le voile qui lui enserre la tête en passant sous le menton). Il s’agit très probablement de la reine Radegonde, dont je vous ai parlé rapidement de l’histoire dans cet article. Il est probable qu’à l’origine, sur le portail roman (et si l’on se fie à la forme des blocs sculptés) se trouvait un ensemble de trois reliefs, le Christ au milieu, Radegonde à gauche (donc à la droite du Christ) et on ne sait pas quel personnage de l’autre côté, peut-être la Vierge.

Le clocher roman de Sainte-Radegonde à Poitiers

Poitiers, le clocher roman de Sainte-Radegonde, 1 vu depuis le nord Ces dernières semaines, je vous ai fait remonter le temps avec ce clocher de l’église Sainte-Radegonde à Poitiers en vous montrant les sculptures de la fin du 19e siècle (Vierge à l’Enfant, saintes Agnès, Radegonde, Disciole, saint Hilaire), le parvis de justice du 15e siècle (avec un détail du pavage ici), la façade occidentale : les parties romanes, le portail de la fin du 15e siècle (le collège apostolique (détaillé sur l’article suivant et les singes monstrueux). Si vous avez besoin d’un rappel de l’histoire de sainte Radegonde, je vous invite à aller relire cet article. Aujourd’hui, nous remontons le temps au 11e siècle. La ville de Poitiers a subi deux très importants tremblements de terre les 18 octobre 1018 et 15 novembre 1083. De nombreux édifices, notamment dans le quartier cathédrale, le secteur de Sainte-Radegonde et le quartier de Montbernage de l’autre côté du Clain, ont été détruits soit par le tremblement lui-même, soit par les immenses incendies qui ont suivi (et à part ça, la Vienne n’est pas en zone sismique, dixit le directeur de la centrale nucléaire de Civaux).

[PS: pour le tremblement de terre de 1083, il est notamment rapporté dans la chronique de Saint-Maixent, voir la transcription du texte latin à la date de 1083 sur le site histoire passion. : « Eodem anno terrae motus factus est magnus, XV° kalendas novembris, in die natalis Sancti Lucae. Pars civitatis Pictavis magna cum ecclesia Sanctae Radegundis combusta est« . Dans la même chronique, des tremblements de terre sont signalés dans la région en 1097 (13 octobre), 1098 (4 octobre), 1105 (avril)].

Bon, donc, à la fin du 11e siècle, le chapitre décide de reconstruire une église, cette fois en dur. L’autel est dédicacé en 1099. De cette période, il reste le clocher et le chœur (avec ses chapiteaux romans dont l’un porte Daniel dans la fosse aux lions, Adam et Ève et sur une autre face Nabuchodonosor. De profil (ici depuis le nord), on voit bien la structure de ce clocher, un premier niveau où se trouve l’entrée (avec le portail refait au 15e siècle, plus haut que le portail d’origine), un deuxième niveau éclairé par de hautes et étroites baies.

Poitiers, le clocher roman de Sainte-Radegonde, 2, la partie haute depuis le nord Le troisième niveau, moins haut, comporte la chambre des cloches. Les fenêtres sont fermées par des abat-sons, ces sortes de volets qui renvoient le son des cloches vers le bas… Le dernier niveau est de forme octogonale au-dessus du reste du clocher carré. La petite tourelle abrite un escalier qui permet de monter jusqu’aux cloches. Sur ces deux niveaux supérieurs restent quelques modillons et chapiteaux sculptés.

Poitiers, le clocher roman de Sainte-Radegonde, 3, vu de face Aller, on tourne, voici le clocher de face… avec la limite nette du nettoyage récent, qui s’arrête au-dessus du portail gothique, et non en haut du clocher…

Poitiers, le clocher roman de Sainte-Radegonde, 4, vu depuis le sud-ouest On tourne encore un peu plus, ça manque de recul par ici, avec la présence des maisons du quartier canonial… En attendant que je vous les montre, pour les Poitevins, je vous invite à entrer et à regarder sous le clocher, sur les murs nord et sud, les reliefs qui proviennent sans doute de l’ancien portail roman…

autres faces

La sculpture 15e siècle, façade de Sainte-Radegonde à Poitiers (3)

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, vue du tympan Comme promis, voici la réponse à la question de la semaine dernière. Combien y a-t-il d’apôtres dans les niches du portail de la fin du 15e siècle de l’église Sainte-Radegonde à Poitiers ? Sont-ils bien douze???

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, numérotation des apôtres et sculptures du 19e siècle Allez, on compte, au passage, je vous rappelle que les statues centrales (dans le rectangle bleu) datent de la fin du 19e siècle. Aïe, quatorze niches, que se passe-t-il? Le collège apostolique est-il accompagné, comme à Notre-Dame-la-Grande, d’un pape et d’un évêque ? Il va falloir sortir les jumelles, ou le zoom de l’APN…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, le Christ supporté par deux anges La réponse se trouve au centre… Vous ne voyez pas bien?

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, le Christ de la clef Sur la clef de l’arc se trouve le Christ, représenté en buste.

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, l'ange de gauche Et en fait, il est porté au ciel par deux anges… J’ai redressé les photographies pour qu’ils soient plus faciles à lire… Les ailes de celui de gauche sont bien visibles…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, l'ange de droite C’est un peu moins net à droite…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, apôtres 1 à 6 Nous avons donc bien douze apôtres (enfin, le dernier en bas à droite a disparu). Comme je vous le disais l’autre jour, ils sont trop endommagés pour être identifiés… Voici les 6 à gauche…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, apôtres 7 à 12 … et les six à droite… Ah, et qui sont les apôtres ? Et bien, leurs noms varient selon les évangiles! La liste est donnée quatre fois dans le Nouveau testament. Il y a quand même des constantes… Ils sont toujours douze. Pour Matthieu, X (1-4) et Marc, III (3-19), il s’agit de Simon (dit Pierre), André (son frère), Jacques et Jean (deux frères fils de Zébédée), Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu, Jacques (fils d’Alphée), Thaddée, Simon le Cananéen et Judas l’Iscariote. Pour Luc VI (12-16), les Actes des Apôtres 5 (13), il s’agit de Pierre et André, son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques (fils d’Alphée), Simon (appelé le zélote), Jude « de Jacques » et Judas l’Iscariote.

Si vous voulez en savoir plus sur l’église Sainte-Radegonde à Poitiers, vous pouvez relire les autres articles sur les chevets de la cathédrale et de Sainte-Radegonde vus de loin, le chevet vu de près, le parvis de justice du 15e siècle (avec un détail du pavage ici), la façade occidentale : les parties romanes, le portail de la fin du 15e siècle (le collège apostolique et les singes monstrueux), les sculptures de la fin du 19e siècle (Vierge à l’Enfant, saintes Agnès, Radegonde, Disciole, saint Hilaire).

La sculpture 15e siècle, façade de Sainte-Radegonde à Poitiers (2)

Poitiers, église Sainte-Radegonde, le portail avec les parties des 19e et 21e siècles

En ce dimanche midi, nous retournons voir le portail de l’église Sainte-Radegonde à Poitiers. Vous connaissez maintenant tout du parvis de justice et de son dallage. Je vous remets la photographie de la semaine dernière, il vous faut donc faire abstraction des rectangles bleus (copie de gargouilles en matériau polymère) et le grand rectangle rouge (sculptures de la fin du 19e siècle).

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, 1, la clef de voûteJe vous ai montré la semaine dernière les petits monstres qui se cachent dans le feuillage du portail de la fin du 15e siècle (vers 1490 pour l’abattage des bois de la porte), aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur l’arc central occupé par le Christ, au centre sur la clef de voûte, encadré du collège apostolique (l’ensemble des douze apôtres), dans une position donc différente de celui que je vous ai montré pour Notre-Dame-la-Grande. Avec les têtes cassées et la plupart des mains, il est presque impossible d’identifier les différents apôtres, du coup, je vous les montre juste comme ça, comme si vous regardiez l’arc en allant de la gauche vers la droite… et je vous laisse compter… Y a-t-il vraiment douze personnages (apôtres) en plus du Christ??? Réponse la semaine prochaine avec une présentation en frise des apôtres!

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau central, 1

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau central, 2

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau central, 3

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau central, 4

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau central, 5

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau central, 6

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau central, 7

La sculpture 15e siècle, façade de Sainte-Radegonde à Poitiers (1)

Poitiers, église Sainte-Radegonde, le portail avec les parties des 19e et 21e sièclesEn ce dimanche midi, nous retournons voir le portail de l’église Sainte-Radegonde à Poitiers. Nous descendons donc sur le parvis de justice, traversons la partie pavée et regardons la façade. Sur le clocher-porche roman a été plaqué, à la fin du 15e siècle (lors des derniers travaux de restauration, les vantaux du portail ont pu être datés par dendrochronologie : les bois ont été abattus vers 1490, voici qui date à peu près le portail et le parvis) un portail gothique flamboyant. Je vous remets la photographie de la semaine dernière, il vous faut donc faire abstraction des rectangles bleus (copie de gargouilles en matériau polymère) et le grand rectangle rouge (sculptures de la fin du 19e siècle (Vierge à l’Enfant, saintes Agnès, Radegonde, Disciole, saint Hilaire). Cette église a une longue histoire, que je ne reprends pas ici, reportez-vous aux articles précédents, et aussi à ceux-ci sur le chevet et le tombeau de Radegonde, ainsi que pour un chapiteau qui porte Daniel dans la fosse aux lions et la Tentation d’Adam et Ève.

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, 1, la clef de voûte La voussure (l’arc qui entoure le portail) est composée de quatre rouleaux. Nous allons faire abstraction de celui qui est complètement à l’extérieur. Pour les trois autres rouleaux, au centre, le Christ, sur la clef de voûte, est encadré du collège apostolique (l’ensemble des douze apôtres), je vous les montrerai en détail la semaine prochaine et la suivante. Les rouleaux qui l’encadrent portent un riche décor de feuillages très découpés, une prouesse de sculpture.

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, 2, la partie gauche de la voussure Dans ce feuillage se cachent de petits monstres incarnés dans des singes… Vous ne les voyez pas bien?

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau externe, 1, la base à gauche Vous êtes prêts pour la visite de détail? Je commence par la gauche et vais peu à peu vers la droite… en commençant par la base de la voussure. Mon préféré est le dernier!

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau externe, 2, premier singe Vous le voyez mieux si je me place plus en-dessous? Il a perdu la tête, mais ce monstre (un singe sans doute, comme les suivants) a capturé un animal qu’il a tué et tient entre ses pattes…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau externe, 3, deuxième singe On remonte un peu… un petit singe? On dirait qu’il s’agit d’une représentation de sacrilège de l’hostie, regardez le petit rond sur sa langue…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau externe, 4, troisième singe Le suivant est aussi un singe qui semble dégringoler dans les feuillages…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau externe, 5, quatrième singe On monte un peu plus, celui-ci semble carrément se moquer du passant… Ah, pour ceux qui se posent des questions, les fils à droite sont un dispositif contre les pigeons, un peu de courant qui circulent et les empêchent de se poser (c’est un peu le même principe que les fils à vaches). Je vous ai montré un dispositif du même genre sur l’hôtel de ville.

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau externe, 6, cinquième singe On passe de l’autre côté du rouleau… Celui-ci a presque la même position…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau externe, 7, sixième singe Le suivant a plus souffert des outrages du temps…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau externe, 8, septième singe Comme l’avant-dernier, qui a perdu la tête et les bras…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau externe, 9, huitième singe Le dernier est mon préféré! Tête en bas, toutes griffes et dents dehors! En le prenant un peu en contre-plongée, il a un air féroce!

La sculpture 19e siècle de la façade de Sainte-Radegonde à Poitiers

Poitiers, église Sainte-Radegonde, le portail avec les parties des 19e et 21e siècles Après le parvis de Sainte-Radegonde à Poitiers (et le détail du pavage), je vais vous détailler le clocher en plusieurs articles, en remontant le temps, ça sera plus facile… Il a été récemment restauré… les gargouilles, encadrées en bleu, sont des copies en polymère (vous pouvez en voir la fabrication pages 6 et 7 de ce document! Je vais aujourd’hui vous parler des statues créées au 19e siècle, lors de la restauration des années 1893-1895. Les cinq niches à dais (le petit toit en pierre, si vous préférez) avaient perdu les statues qui y avaient été placées à la fin du 15e siècle… La suite des articles sera sur le clocher porche roman et la sculpture de la fin du 15e siècle, en trois articles : le collège apostolique (détaillé ici) et les singes monstrueux.

Poitiers, église Sainte-Radegonde, le portail, 1, sainte Agnès L’avantage avec le 19e siècle, c’est qu’ils ont écrit sur le socle qui était représenté! Nous avons donc à gauche « Sta ANNES » (Agnès), qui fut la première abbesse du monastère Sainte-Croix, fondé par Radegonde. Le tombeau d’Agnès se trouve dans la crypte, dans une chapelle (je vous la montrerai aussi…), du côté nord. Elle est morte en 588, quelques mois après Radegonde.

Poitiers, église Sainte-Radegonde, le portail, 2, sainte Radegonde À côté se trouve la sainte titulaire (celle qui a donné son nom) de l’église, Radegonde (« Sta RADEGUNDIS ») (dont je vous ai déjà raconté l’histoire). Elle porte sa couronne de reine de France (elle fut, rappelons-le, épouse de Clotaire, fils de Clovis et mourut à Poitiers en 587, enterrée hors les murs romains… là où s’élève maintenant cette église) et lit un livre.

Poitiers, église Sainte-Radegonde, le portail, 3, Vierge à l'Enfant Au centre a pris place une Vierge à l’Enfant (« VIRGO DEI MATRIX)…

Poitiers, église Sainte-Radegonde, le portail, 4, saint Hilaire Puis on trouve saint Hilaire (« Stus HILARIUS »), premier évêque de Poitiers dont le tombeau (et l’église collégiale construite au-dessus) se trouve aussi hors les murs… mais à l’opposé de la ville (il est mort en 367 ou 368, soit plus de 200 ans avant Radegonde).

Poitiers, église Sainte-Radegonde, le portail, 5, monstres aux pieds de saint Hilaire … avec à ses pieds un petit monstre! Il porte, comme l’évêque de la façade de Notre-Dame-la-Grande, le pallium et une chasuble au-dessus de son aube.

Poitiers, église Sainte-Radegonde, le portail, 6, sainte Disciole Tout à droite se tient sainte Disciole (« Sta DISCOLIA »), dont le tombeau (ou au moins l’autel sur son supposé tombeau) est aussi dans la crypte, du côté sud cette fois. Disciole, nièce de Salvius, évêque d’Albi, est morte jeune moniale à l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers en 583, un peu avant Radegonde.

La Vierge à l’Enfant, Radegonde et Hilaire devaient exister avant et sont sans doute des réinterprétation voire en partie des copies des statues anciennes (de la fin du 15e siècle), alors que Agnès et Disciole sont des ajouts de la fin du 19e siècle. Elles ont aussi droit, en plus des autels de la crypte qui surmontent leurs tombeaux supposés, chacune à une statue et à une verrière de la même époque (19e siècle) dans l’église.