Archives par étiquette : art gothique

A poil… petites leçons médiévales d’anatomie…

Scène d'accouplement, sculpture gothique sur un chapiteau dans l'église de Payroux, Vienne, vue rapprochéeIl y a deux ans, je vous montrais quelques exemples de « sculptures à poil » à (église Saint-Savinien) et à (d’où provient la scène d’accouplement ci-contre), puis amorcé une courte série sur le mot-clef Tous à poil, du titre de ce petit livre de Claire Franek et Marc Daniau, aux éditions du Rouergue fustigé par Jean-François Copé. Je voulais depuis vous montrer les deux exemples que je vous propose aujourd’hui, mais je n’avais pas de bonnes photographies, il faut dire que ces modillons sont perchés un peu hauts, surtout celui de la .

Les deux ont été réalisés par la même équipe de sculpteurs, autour de 1200, dans la  et dans l’ à , donc à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre, dans la troisième  travée de la nef du côté nord pour le premier édifice et dans la deuxième travée du côté sud pour le second. Point de scènes d’amour acrobatiques cette fois-ci, juste des nus qui montrent bien leur anatomie… et même un peu plus 😉 Des historiens de l’art classent ces modillons dans les obsenae (objets à caractère obscène), ce sont juste des petites sculptures réalistes…

Homme nu sur un modillon intérieur de la cathédrale de PoitiersJe vous présente donc Monsieur, pas en érection mais quand même avec une belle paire de testicules, en train de jouer avec sa bouche (euh, Freud, au secours, ce Monsieur a régressé au stade oral???). En tout cas, Monsieur est tout nu dans la cathédrale…

Femme voilée en train de se masturber sur un modillon gothique de l'église Sainte-Radegonde à Poitiers… pas comme Madame dans l’église Sainte-Radegonde! Un voile couvre ses cheveux et ses épaules, retombant sur ses genoux, mais ses pieds, ses seins (qui pointent comme sous l’effet de l’excitation) et… sa vulve sont nus.  C’est l’une des rares scènes de masturbation féminine très explicite connue pour le tout début de l’art gothique. Impossible ici de se cacher derrière une explication genre « scène de maïeutique » (art de l’accouchement), chère à certains historiens de l’art, il n’y a aucun doute ici, Madame se pince (se titille ?) les grandes lèvres avec les doigts! Les sculpteurs étant en principe des hommes à cette époque, celui qui a réalisé ce modillon était bien au courant des jeux féminins intimes !

Comme quoi, on peut aller à la messe et se rincer l’œil, peut-être que ça évite aux curés et autres chanoines de toucher aux enfants de chœur? D’accord, la question ne se posait pas vraiment en 1200, le sacrement chrétien du mariage n’existait pas encore : l’Église tente d’imposer le mariage à partir de 1100, auparavant, le mariage était une affaire purement civile, pour la transmission des biens notamment, et le mariage ne devient le septième sacrement de l’église qu’à partir du quatrième concile de Latran, en 1215. Les chanoines n’ont jamais été soumis au célibat, et le célibat des prêtres, juste prescrit par le pape Grégoire VII (synode de Latran en 1074), n’était pas vraiment respecté en dépit des rappels lors concile de Latran II en 1132, puis dans les canons de 1139, et plus de la moitié des prêtres vivent alors encore en couple à la fin du Moyen-Âge. Bon, au moins, avec ces modillons, chacun peut vérifier « comment c’est fait », un homme et une femme…

Photographies septembre 2016.

Le tombeau d’Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, vue vers le choeurCela fait fort longtemps que je n’ai pas partagé avec vous mes photographies prises en septembre 2010 à Saint-Bertrand-de-Comminges, commune pour laquelle j’ai un faible, pour cause de deuxième chantier de fouilles auquel j’ai participé à peine 16 ans (il y a … oh, je ne compte plus!). J’y suis retournée plusieurs fois, notamment en participant à des fouilles dirigées par Pascal Foucher et Cristina San-Juan dans la grotte voisine de Gargas. Après vérification, je ne vous ai d’ailleurs montré que le pilier des Évangélistes dans le cloître de la cathédrale! Je vous emmène à l’intérieur…

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-CommingesDans la chapelle Notre-Dame, située du côté nord, se trouve le tombeau de Hugues de Castillon, qui acheva la construction de la nef de l’ancienne cathédrale. Ce tombeau est attribué au « Maître de Rieux », sculpteur anonyme du 14e siècle peut-être installé à Rieux-Volvestre, financé par les mécénats de Jean Tissendier, évêque de Rieux (voir le tombeau de cet évêque et d’autres œuvres au musée des Augustins à Toulouse) et Hugues de Castillon, évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges de 1336 à 1352.

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, le gisantLe tombeau est entièrement en marbre de Saint-Béat, marbre noir pour le socle et la dalle sous le gisant, marbre blanc pour le gisant et les sculptures des côtés.

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, détail du daisLe gisant représente Hugues de Castillon revêtu de ses habits et attributs épiscopaux, crosse et mitre. A ses pieds est allongé un lion, comme il est fréquent.

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, cortège funèbreLes deux grands côtés de la cuve sont occupés chacun par trois compartiments architecturés où se presse un cortège de pleurants, moines, nonnes et laïcs.

Une seule face peut être facilement photographiée de plus près.

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, cartes postales anciennesC’est aussi cette seule face que j’ai pu trouver sur des cartes postales anciennes…

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, détail du cortège funèbreMoines tonsurés, nonnes voilées…

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, détail du cortège funèbreLa suite…

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, détail du cortège funèbreCeux-là sont bien encapuchonnés!

Photographies de septembre 2010.

Comment on fait des bébés? A poil, au Moyen-Âge aussi!

Extrait de centre Presse avec une coquille autour de Copé et Tous à poilComme annoncé jeudi et samedi derniers, aujourd’hui, je vais vous présenter du « dur » pour rebondir sur  Tous à poils, de Claire Franek et Marc Daniau, aux éditions du Rouergue… Même si, si j’en crois la presse locale et comme je vous l’ai déjà montré (c’est même repris dans les perles de la presse du Canard Enchaîné du 19 février 2014), M. Copé est pour, finalement. Lu dans Centre presse du 13 février 2014 (la photographie ci-dessus): « L’UMP a pris mercredi la défense de son président Jean-François Copé, objet de vives critiques après sa dénonciation du livre Tous à poil, qu’il a recommandé [sic] pour les classes primaires ».

[Canard enchaîné, petites perles, édition du 19 février 2014 avec reprise de Centre pressePS: signalé au Canard Enchaîné, qui l’a repris, édition du 19 février 2014!]

Avant d’attaquer le sujet, je voudrais vous conseiller l’article recommandé hier par Philippe, la vision en bande dessinée du sexisme ordinaire par Lili aime le nougat. Je rappelle aussi aux imbéciles qui seraient tentés de s’attaquer aux sculptures qui suivent qu’elles sont protégées au titre des monuments historiques et que toute dégradation peut les envoyer en prison.

Scène d'accouplement, sculpture romane de la façade de l'église Saint-Savinien à Melle, Deux-Sèvres Direction tout d’abord pour Melle, dans les Deux-Sèvres, avec la façade de l’église Saint-Savinien, en centre-ville, à côté de l’ancien château (devenu hôpital) et de l’hôtel de Ménoc. Ce n’est pas l’église la plus célèbre des églises romanes de Melle où les églises Saint-Hilaire et Saint-Pierre sont sans doute plus visitées, mais elle vaut le détour. Quand elle est ouverte au public, n’hésitez pas à entrer, vous verrez entre autre un beau chapiteau sur l’histoire de saint Savinien.

La façade et la nef de l’église Saint-Savinien datent de la deuxième moitié du 11e siècle (le transept et chevet sont un peu plus récents, du 12e siècle). La sculpture qui nous intéresse se trouve en façade. Il s’agit d’une métope qui représente une scène explicite d’accouplement. L’homme et la femme, tête contre tête, sont en position assise, la femme à gauche, grassouillette, tient l’épaule du monsieur (plus svelte) dont le sexe est bien visible et engagé entre ses cuisses.

Homme nu avec sexe proéminent, sculpture romane de la façadeSi on se déplace un peu plus à gauche de la façade, une autre métope montre un homme nu, allongé sur le ventre, sexe bien visible aussi…

Scène d'accouplement, sculpture gothique sur un chapiteau dans l'église de Payroux, Vienne, vue largeIl y a beaucoup d’autres scènes de ce type dans l’art roman, pas seulement de chastes Adam et Eve ou des femmes dénudées pour symboliser la luxure, je vous en montrerai d’autres un de ces jours… En attendant, avançons un peu dans le temps, vers la fin de l’époque gothique, au sud de la Vienne, à Payroux. Nous voici à l’intérieur de l’église Notre-Dame, de quoi se réconcilier avec la messe si on s’y ennuie…

Scène d'accouplement, sculpture gothique sur un chapiteau dans l'église de Payroux, Vienne, vue rapprochéeComment ça, vous ne voyez rien? On s’approche, désolée pour la qualité de la photographie, en intérieur, mon appareil photo ne fait pas toujours bien le point… Bon, pas facile pour un sculpteur de bien montrer ces scènes. L’homme et la femme sont allongés sur le dos, sexe contre sexe au centre du chapiteau et tête vers l’extérieur, la femme à gauche et l’homme à droite. La femme, seins nus et tête sur un oreiller, semble passive, les bras levés. L’homme, tête tendue vers l’arrière, semble plus actif et lui tient fermement les jambes écartées de chaque côté de son corps à lui. Aucun doute sur la nature de leur relation, là aussi, le sexe de l’homme est bien engagé dans celui de la femme, ses jambes à lui sont repliées vers le haut. Position inconfortable et peu réaliste, il s’agissait plus de montrer l’acte. Alors, Tous à poil, même à l’église???

Photographies de 2010.

Poitiers, chevet de l'église Saint-Hilaire, absidiole du transept sud, métope avec la lutte finale et un obscenaPS: et les animaux aussi peuvent avoir des érections dans l’art roman… Voir ou revoir la lutte finale et un obscena sur une absidiole du transept de l’église Saint-Hilaire-le-Grand à Poitiers.

Quelques rois mages pour l’épiphanie…

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 04, les rois mages devant HérodeLes boulangers ayant fait changer la date de l’épiphanie du 6 janvier au premier dimanche de janvier depuis longtemps, histoire de vendre plus de galettes (et d’en faire entrer plus – de galettes – dans leur escarcelle, à défaut de bougette!), c’est donc aujourd’hui l’épiphanie… et je vous invite à (re)voir quelques rois mages sur les églises de Poitou-Charentes! Il vous suffit de cliquer sur les vignettes ou de suivre les liens pour en savoir plus. Donc, au début de l’histoire, les rois mages comparaissent devant Hérode (Matthieu 2, 7-10), et on peut les voir sur sur la partie gauche du portail saint Michel de la cathédrale de Poitiers.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 10, rois mages à cheval montrant l'étoilePuis, toujours sur la partie gauche du même portail, les rois mages voient l’étoile du berger (Matthieu 2, 11).

Chauvigny, église Saint-Pierre, chapiteau de l'Enfance, 04, Adoration des magesEnfin, les rois mages arrivent à Bethleem, vous pouvez revoir cette scène de l’adoration des mages (Matthieu 2, 11) à Chauvigny sur un chapiteau du chœur de l’église Saint-Pierre…

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, droite, 06, l'adoration des mages… ou sur la partie droite du portail saint Michel de la cathédrale de Poitiers (en face des précédentes scènes), mais là, il faudrait un sérieux nettoyage pour réussir à bien les voir.

Défi photo: mort ou vif…

Défi photo, endroit/envers, Poitiers, 1, saint Pierre sur le grand vitrail de la cathédraleLe nouveau thème du proposé par Monique / Bidouillette / Tibilisfil, c’est « mort ou vif »…N’hésitez pas à suivre les liens pour en savoir plus sur les photos que j’ai sélectionnées!

Je commence par cet élément du beau vitrail (le grand vitrail central derrière le chœur) de la cathédrale de Poitiers, la crucifixion de saint Pierre datée des environs de 1162… Pas encore complètement mort mais plus très vif…

Chemin de croix de Sainte-Thérèse de Poitiers par Marie Baranger, fenêtre 8, à gauche, station 14Dans la dernière station du chemin de croix, le Christ est mort… Ici dans l’église Sainte-Thérèse de Poitiers, la station 14. « [Jésus] a été enseveli », une peinture de Marie Baranger en 1935 avec cette légende, « celui qui mange ma chair, celui-là à la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour ».

Poitiers, cénotaphe de saint Hilaire, vue généraleMort aussi,  sur son cénotaphe dans l’église Saint-Hilaire-de-la-Celle (aujourd’hui chapelle des Augustins du centre régional de documentation pédagogique de Poitiers).

Poitiers, église Saint-Hilaire, chapiteau de la mort d'Hilaire, 1, vu de face

Un peu plus vif peut-être sur la voie du paradis et de la résurrection, le même  , cette fois sur le chapiteau dit de la mort d’Hilaire ans l’église Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers, en haut, les anges portent son âme (le petit homme nu) libérée de son corps mortel allongé sur le lit…

Poitiers, chevet de l'église Saint-Hilaire, absidiole du transept sud, métope avec la lutte finale et un obscena

Allez, on sort de l’église Saint-Hilaire-le-Grand, et on se dirige vers le chevet avec cette métope très « vive » entre la lutte finale point levé et un animal au sexe en érection.

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, rouleau externe, 4, troisième singeBeaucoup plus vif, ce petit singe du 15e siècle qui se cache dans les feuillages du portail de l’, toujours à Poitiers.

Poitiers, le musée Sainte-Croix, 05, détail des musiciens et musiciennes Assez vives aussi les allégories des arts liés à la musique, à la poésie et au théâtre, sur le relief de l’art du théâtre de Évariste Jonchère devant le musée Sainte-Croix à Poitiers toujours.

 

 

Index des scènes dans l’art roman et gothique

J’ai ouvert en août 2010 cette page pour essayer d’y regrouper les thèmes bibliques, représentés surtout à l’époque romane et un peu à l’époque gothique, dont je vous ai parlé au fil des articles… Sur le nouveau blog, je l’ai modifié en article, avec de petites vignettes pour le rendre plus vivant. Si je ne me suis pas trompée en programmant (sur la quantité, il y a sans doute des erreurs…), un clic sur les vignettes renvoie à l’article d’où l’image est extraite.
Les épisodes se complèteront au fil des articles dans les prochains mois. Attention, le lien sur le nom pour un même édifice renvoie directement à l’article sur le thème concerné… Pour un même édifice, il est donc différent à chaque ligne. Quand il y a une indication de lieu mais pas de lien, c’est qu’un article est programmé dans les prochains mois, je mettrai le lien lors de la parution de l’article. Comme vous le voyez, j’ai de l’avance en articles à vous montrer! Et des compléments indispensables à préparer, je ne vous ai pas encore montré de crucifixion du Christ…

L’Ancien et le Nouveau Testament

Scène Sites Aperçu
Dieu endort Adam pour créer Ève (Genèse 2, 21) chapiteau du chœur de l’église d’Airvault
la Tentation d’Adam et Ève (Genèse 3, 1-19) à Poitiers, sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande et sur un chapiteau du rond-point du chœur de l’église
Sainte-Radegonde
; sur un chapiteau de la nef de l’église Saint-Pierre à Aulnay (Charente-Maritime), sur un chapiteau du chœur de l’église d’Airvault (Deux-Sèvres), sur un chapiteau de l’église Notre-Dame à Chauvigny (Vienne)
Chauvigny, chapiteaux romans de l'église Notre-Dame, 1, la Tentation d'Adam et Eve
Dieu revêt Adam et Ève d’une tunique (Genèse 3, 21) sur un chapiteau du chœur de l’église d’Airvault
Ève filant sur la voûte de Saint-Savin
le meurtre d’Abel par Caïn (Genèse 4, 1-15) sur un chapiteau dans l’église Saint-Pierre à Aulnay
l’arche de Noé (Genèse 7, 1-24) sur la voûte de Saint-Savin
l’ivresse de Noé (Genèse 9, 20-24) sur la voûte de Saint-Savin
Loth et ses deux filles (Genèse 19, 17-38) sur la voûte de Saint-Savin
Nabucchodonosor à Poitiers, sur un chapiteau du choeur de l’église Sainte-Radegonde et sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande Poitiers, église Sainte-Radegonde, chapiteau du choeur, Nabucchodonosor
les prophètes à Poitiers, Daniel, Jérémie, Isaïe et Moïse, sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande Façade de Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, les prophètes
l’arbre de Jessé (Isaïe 11, 1 ; Matthieu 1, 5 ; Luc 3, 32 ; Acte des Apôtres 13, 22 ; Romains 15, 12, etc.) à Poitiers, sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande Poitiers, façade de Notre-Dame-la-Grande, l'arbre de Jessé, 02, vue générale
David en musicien à Poitiers sur la façade de Notre-Dame-la-Grande Poitiers, la façade de Notre-Dame-la-grande, David jouant de la harpe-psaltérion
Daniel dans la fosse aux lions (Daniel 6, 2-29) sur un chapiteau de la façade de l’église Saint-Porchaire et sur un chapiteau du rond-point du chœur de l’église Sainte-Radegonde à Poitiers Poitiers, église Saint-Porchaire, 7, chapiteaux droits du portail, Daniel dans la fosse aux lions
Samson et Dalila (Juges 16) sur la façade de l’église Saint-Nicolas à Civray ; dans la nef de l’église Saint-Pierre à Aulnay
la traditio legis sur le sarcophage de Guillaume Taillefer dans l’église Saint-Sernin à Toulouse Toulouse, le sarcophage dans l'église Saint-Sernin, 03, le Christ entouré de Pierre et Paul
l’Annonciation (Luc 1, 26-38) à Chauvigny sur un chapiteau du chœur de l’église Saint-Pierre ; à Poitiers, sur la partie droite du portail Saint-Michel de la cathédrale et sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande Chauvigny, église Saint-Pierre, chapiteau de l'Enfance, 02, Annonciation
la Visitation (Luc 1, 39-56) à Poitiers, sur la partie droite du portail Saint-Michel de la cathédrale et sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande Façade de Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, la Visitation, la scène centrale, Elisabeth et Marie encadrées de deux servantes
la Nativité (Luc 2, 7) à Poitiers, sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande Poitiers, la Nativité de la façade de Notre-Dame-la-Grande, vue d'ensemble
le bain de Jésus à Poitiers, sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande et sur un chapiteau de l’église Saint-Hilaire Poitiers, la Nativité de la façade de Notre-Dame-la-Grande, le bain de l'Enfant
Joseph contemplant Jésus enfant à Poitiers, sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande et sur la partie droite du portail Saint-Michel de la cathédrale Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, droite, 04, Joseph derrière l'Annonciation
l’annonce aux bergers (Luc 2, 8-15) sur un chapiteau du chœur de l’église Saint-Pierre à Chauvigny Chauvigny, église Saint-Pierre, chapiteau de l'Apocalypse, 02, annonce aux bergers
les rois mages comparaissent devant Hérode (Matthieu 2, 7-10) sur la partie gauche du portail saint Michel de la cathédrale de Poitiers Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 04, les rois mages devant Hérode
les rois mages voient l’étoile du berger (Matthieu 2, 11) sur le portail de l’église de Nuaillé-sur-Boutonne, sur la partie gauche du portail saint Michel de la cathédrale de Poitiers Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 10, rois mages à cheval montrant l'étoile
l’adoration des mages (Matthieu 2, 11) sur le portail de l’église de Nuaillé-sur-Boutonne, sur la partie droite du portail saint Michel de la cathédrale de Poitiers, à Chauvigny sur un chapiteau du chœur de l’église Saint-Pierre Chauvigny, église Saint-Pierre, chapiteau de l'Enfance, 04, Adoration des mages
la circoncision du Christ (Luc 2, 21)
la présentation au Temple (Luc 2, 22-39) sur un chapiteau du chœur de l’église Saint-Pierre à Chauvigny Chauvigny, église Saint-Pierre, chapiteau de l'Enfance, 07, présentation au Temple
la fuite en Égypte (Matthieu 2, 13-15) sur un chapiteau de l’église Saint-Hilaire, sur la partie gauche du portail saint Michel de la cathédrale de Poitiers Poitiers, église Saint-Hilaire, chapiteau de la fuite en Egypte, 2, fuite en Egypte
le massacre des innocents (Matthieu 2, 16-18) sur la partie gauche du portail saint Michel de la cathédrale de Poitiers, sur le portail de l’église de Nuaillé-sur-Boutonne, sur la façade de l’abbaye aux dames à Saintes Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 18, massacre des innocents
le retour à Jérusalem
la tentation au désert (Luc 4, 1-13) sur un chapiteau du chœur de l’église Saint-Pierre à Chauvigny Chauvigny, église Saint-Pierre, chapiteau de l'Enfance, 09, Tentation au désert
la résurrection de Lazare
la Crucifixion
les saintes femmes au tombeau sur un chapiteau de l’église de Saujon, sur un chapiteau de l’église Saint-Eutrope de Saintes, sur un chapiteau de l’église de Lesterps
l’Ascension du Christ  sur un chapiteau de Notre-Dame-la-Grande de Poitiers  Poitiers, Notre-Dame-la-Grande, Ascension du Christ, vue de face
la dormition de la Vierge sur le portail nord de la façade occidentale de la cathédrale de Poitiers Poitiers, cathédrale, portail de la Vierge, le Christ à côté de sa mère morte
l’assomption de la Vierge
le couronnement de la Vierge sur le portail nord de la façade occidentale de la cathédrale de Poitiers
les vierges sages et les vierges folles (Matthieu 25, 1-13) sur la façade de l’église Saint-Nicolas de Civray, sur le portail sud de la façade occidentale de la cathédrale de Poitiers Poitiers, la cathédrale, portail sud, Vierges sages et folles, 4, les sages
la résurrection des morts sur le portail central de la façade occidentale de la cathédrale Saint-Pierre à Poitiers Poitiers, le jugement dernier de la cathédrale, 02, partie gauche de la résurrection des morts
le jugement dernier, l’enfer et le paradis / les damnés et les élus sur le portail central de la façade occidentale de la cathédrale Saint-Pierre à Poitiers Poitiers, le jugement dernier de la cathédrale, 18, l'enfer
le jugement dernier, la pesée des âmes sur un chapiteau de l’église de Saujon ; à Chauvigny sur un chapiteau du chœur de l’église Saint-Pierre, sur un chapiteau de l’église Saint-Eutrope de Saintes Chauvigny, église Saint-Pierre, chapiteau de l'Apocalypse, 08, la pesée des âmes
la Babylone maudite sur un chapiteau du chœur de l’église Saint-Pierre à Chauvigny Chauvigny, église Saint-Pierre, chapiteau de l'Apocalypse, 07, le prophète méditant sur les ruines
la grande prostituée de Babylone (Apocalypse 17, 1-18) sur un chapiteau du chœur de l’église Saint-Pierre à Chauvigny Chauvigny, église Saint-Pierre, chapiteau de l'Apocalypse, 11, la Grande prostituée de Babylone
le collège apostolique (les douze apôtres) à Poitiers, à l’époque romane sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande et à l’époque gothique sur le portail de l’église Sainte-Radegonde (avec des vues plus rapprochées ici) Poitiers, façade de Notre-Dame-la-Grande, les apôtres, 4, quatre apôtres en bas à gauche
le Christ bénissant sous le clocher de l’église Sainte-Radegonde à Poitiers Poitiers, relief sous le clocher de Sainte-Radegonde : le Christ
le Christ porté par des anges à Poitiers sur le portail de l’église Sainte-Radegonde
l’Agneau porté par des anges à Confolens sur des reliefs de la façade de l’église Saint-Barthélemy et dans l’église Saint-Maxime sur des reliefs provenant de l’église Saint-Michel  Les reliefs de l'ancienne église Saint-Michel à Confolens, 3, l'Agneau pascal
le Tétramorphe et les Evangélistes 86, Poitiers, façade de l’église Notre-Dame-la-Grande;


16, Confolens, reliefs de la façade


31, Saint-Bertrand-de- Comminges, pilier des Évangélistes dans le cloître de la cathédrale

 Poitiers, façade de Notre-Dame-la-Grande, le Tétramorphe, 4, l'aigle de Jean, en haut à droite
le soleil et la lune à Poitiers, sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande  Poitiers, façade de Notre-Dame-la-Grande, le soleil et la lune, 1, vue générale
Les oiseaux à la coupe à Poitiers, sur un chapiteau de la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande  Poitiers, façade de Notre-Dame-la-Grande, deuxième niveau, 7, oiseaux à la coupe

La vie des saint(e)s

Scène Sites Aperçu
Georges luttant contre le dragon pour protéger la Princesse sans la princesse sur la façade de l’église Saint-Nicolas à Civray avec la princesse à Airvault et Aulnay Eglise Saint-Nicolas de Civray (Vienne), façade occidentale, arcature sud, détail diable, saint Georges et un dragon
Hilaire 86, Poitiers, la mort d’Hilaire sur un chapiteau de l’église Saint-Hilaire et son cénotaphe dans l’église Saint-Hilaire-de-la-Celle Poitiers, église Saint-Hilaire, chapiteau de la mort d'Hilaire, 1, vu de face
Nicolas 16, Champagne-Mouton Champagne-Mouton, saint Nicolas, debout
Paul et Pierre entourant le tombeau du Christ 31, Toulouse, sarcophage de Guillaume Taillefer dans l’église Saint-Sernin Toulouse, le sarcophage dans l'église Saint-Sernin, 04, le peit côté gauche (tombeau du Christ)
Pierre, crucifixion à Aulnay et sur un vitrail de la cathédrale de Poitiers Aulnay, église Saint-Pierre, faux tympan nord de la façade occidentale: crucifixion de Saint-Pierre
Pierre, avec les clefs à Poitiers, sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande


à Chauvigny  en remploi sur le chevet

Poitiers, façade de Notre-Dame-la-Grande, les apôtres, 6, saint Pierre
Radegonde sous le clocher de l’église Sainte-Radegonde à Poitiers Poitiers, relief sous le clocher de Sainte-Radegonde : Radegonde vue de près
Thomas le doute et le palais en Inde : sur le portail sud de la façade occidentale de la cathédrale de Poitiers Poitiers, cathédrale, portail de Thomas, 02, le tympan
Triaise à propos du livre Triaise de François Perche

Des sous… pour le pèlerin du cloître de la cathédrale de Cahors

Cloître de la cathédrale de Cahors, chapiteau du pèlerin, 1, vue de face En cette période de cadeaux et d’étrennes, je n’ai pas résisté à vous montrer cette console de la galerie nord du cloître de la cathédrale Saint-Étienne à Cahors. Il fait partie d’un très bel ensemble de chapiteaux, consoles, clefs de voûte, culots, etc. datant de 1493 à 1509 et qui mériterait un petit nettoyage et une mise en valeur.

Cloître de la cathédrale de Cahors, chapiteau du pèlerin, 2, le pèlerin Le personnage de droite est sans aucun doute possible un pèlerin, ainsi qu’en atteste la coquille Saint-Jacques sur son chapeau. Il porte une épaisse cape de voyage.

Cloître de la cathédrale de Cahors, chapiteau du pèlerin, 3, le personnage de gauche Il se dispute avec le personnage situé en face de lui, à gauche sur le chapiteau. Ce dernier est parfois interprété comme un usurier ou un prêteur sur gage (ceux de Cahors étaient réputés…). D’autres auteurs voient en lui un autre pèlerin et une métaphore de la dispute (de l’ancienne et de la nouvelle loi), telle qu’on peut la voir assez fréquemment dans l’art roman, plus rarement au tournant du 16e siècle.

Un bâtiment de l'octroi de Cahors Les pèlerins qui fréquentent aujourd’hui les chemins de Saint-Jacques de Compostelle (inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco et pour l’instant encore itinéraire culturel européen, même si ce label semble menacé) pourront faire halte à Cahors dans ce bâtiment de l’octroi (encore une histoire de sous… de taxe cette fois) transformé en halte jacquaire…

Photographies de mars 2011.

Cathédrale de Poitiers : le portail de la Vierge

Poitiers, cathédrale, portail de la Vierge, 01, vue générale

En attendant le retour des articles originaux sur Poitiers, je réédite celui-ci, paru pour la première fois le 20 novembre 2011… Un peu d’actualité, juste après le 15 août…

Et une pensée pour les trois militantes des Pussy Riot (Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina), condamnées à Moscou à deux ans de camp pour avoir adressé cette prière à la Vierge : « Sainte Marie, mère de Dieu, chasse Poutine […] Sainte Marie, mère de Dieu, deviens féministe […] »… Voir leur site officiel (en russe et en anglais) et leur chanson (en russe) sur youtube

Article du 20 novembre 2011, n’hésitez pas à cliquer sur les liens pour approfondir la visite… sans les 35° attendu aujourd’hui à Poitiers (38° hier)!.

Les trois portails de la façade occidentale de la cathédrale Saint-Pierre à Poitiers. Cette sculpture date sans doute au milieu du 13e siècle, dans un style gothique. Alors qu’en Poitou-Charentes (contrairement à d’autres régions), il n’y a pas de tympan sculpté à l’époque romane, nous trouvons juste après des chefs-d’œuvre de sculpture sur les trois tympans de cette façade. Je vous ai déjà montré le portail central avec le Jugement dernier (y compris le paradis et l’enfer) et le Christ de la résurrection. Je vous montrerai bientôt le portail sud, consacré à l’histoire de l’apôtre saint Thomas, avec sur la voussure les Vierges sages et les Vierges folles. Je vous emmène aujourd’hui voir en détail le tympan du portail nord (à gauche quand on regarde la façade), je reviendrai une autre fois sur la sculpture des rouleaux de la voussure (voir les personnages sur la partie externe droite des rouleaux).

Poitiers, cathédrale, portail de la Vierge, 02, le tympan Comme d’autres portail de la même époque (par exemple au même emplacement mais dans une représentation différente sur le portail nord de la façade de la cathédrale de Paris ou sur le portail central du transept nord de la cathédrale de Chartres), il est consacré à la dormition de la Vierge. Jusqu’à ce que Pie XII fasse de l’Assomption (la montée au ciel de Marie, fêtée le 15 août) un dogme pour l’église catholique en 1950, la dormition désignait à la fois la mort de Marie et la montée au ciel de son âme. Le tympan est partagé en deux registres, avec en bas Marie sur son lit de mort et en haut, le Christ couronnant sa mère.

Poitiers, cathédrale, portail de la Vierge, 03, la dormition de la vierge Dans le registre inférieur donc, Marie repose morte sur son lit, encadré d’un archange à son pied et à sa tête (on les reconnaît à leurs ailes, ils sont chargés d’emporter Marie vers le ciel, ils tiennent déjà son linceul), et des douze apôtres (avec leurs auréoles, certains barbus, d’autres non) derrière et de part et d’autre de ce lit et du Christ.

Poitiers, cathédrale, portail de la Vierge, le Christ à côté de sa mère morte Au centre de la scène se trouve le Christ (avec son nimbe cruciforme, le rond avec la croix derrière sa tête). Bien sûr, il est mort bien avant sa mère, mais rien ne l’empêche d’être présent partout

Poitiers, cathédrale, portail de la Vierge, 05, les personnages à gauche du lit Voici à gauche du lit trois apôtres et l’ange. Celui tout à gauche tient un seau à eau bénite dont on voit même dépasser le goupillon sur la gauche.

Poitiers, cathédrale, portail de la Vierge, 06, les personnages à gauche du lit Voici les apôtres situés à droite du lit.

Poitiers, cathédrale, portail de la Vierge, 07, l'ange à gauche de la scène Tout à gauche, un ange regarde la scène de la dormition tout en participant à l’autre scène qui se développe sur le rouleau (voir ci-dessous). Il a les pieds sur les flots ou des nuages et en dessous de lui se trouve un personnage recroquevillé. On retrouve la même disposition sur le portail sud consacré à la vie de saint Thomas.

Poitiers, cathédrale, portail de la Vierge, 08, le personnage sous les pieds de l'ange à gauche Voici un détail de ce personnage, une femme en raison du voile qui couvre ses cheveux.

Poitiers, cathédrale, portail de la Vierge, 09, l'ange à droite dela scène L’ange à droite, comme le précédent, regarde la scène de la dormition tout en participant à la gloire de Dieu. Il porte, comme son vis à vis, un encensoir qui peut participer des deux scènes. Il a lui aussi les pieds sur un petit personnage.

Poitiers, cathédrale, portail de la Vierge, 10, le personnage sous l'ange à droite de la scène Voici le détail du personnage recroquevillé (prosterné) sous les pieds de l’ange à droite. Pour Marie-Thérèse Camus, qui suit l’avis de Chiara Piccinini, il s’agit également d’une femme, même si je trouve que son voile est moins facile

Des moines sur un portail de la cathédrale de Poitiers

Cathédrale de Poitiers, façade ouest, portail nord, voussure, rouleau externe

Cela fait un moment que je ne vous ai pas parlé de la cathédrale de Poitiers… Je vous emmène aujourd’hui devant la façade occidentale, sur le portail nord ou portail de la Vierge. Si la plupart des visiteurs regardent la partie centrale (suivre le lien précédent), peu s’attardent sur les cinq rouleaux richement sculptés qui forment la voussure (tout autour du tympan sculpté). Je vous montre aujourd’hui la partie droite des deux rouleaux les plus extérieurs. Commençons par l’extérieur et en bas à droite… ces deux rouleaux portent une grande variété de moines, tous assis, presque tous lisant la Bible, et portant les vêtements de leur ordre, avec soit une capuche, soit des cheveux tonsurés. Approchons-nous…

Cathédrale de Poitiers, façade ouest, portail nord, rouleau externe à droite, moines 1 et 2

Les deux les plus à droite, en bas, tiennent leur Bible fermée sur les genoux…

Cathédrale de Poitiers, façade ouest, portail nord, rouleau externe à droite, moines 3 à 5

Même si l’un de ces moines a été mutilé et a perd sa tête, on voit sur ces trois moines des vêtements différents, un rapport à la Bible aussi différent, l’un semble lire activement (livre ouvert et main gauche marquant des pages), l’autre a fermé son Livre, le dernier ne semble pas en avoir (quoique, ses mains sont mutilées et il a pu disparaître).

Cathédrale de Poitiers, façade ouest, portail nord, rouleau externe à droite, moines 6 à 8

Les trois derniers, situés à la droite du Christ de la clef de voûte, ont chacun des attitudes très différentes…

Cathédrale de Poitiers, façade ouest, portail nord, voussure, quatrième rouleau Passons maintenant sur le quatrième rouleau en partant de l’intérieur, ou l’avant-dernier en partant de l’extérieur, toujours dans la partie droite.

Cathédrale de Poitiers, façade ouest, portail nord, quatrième rouleau, moines 1 et 2

Tout en bas à droite (à gauche de l’assemblage), le moine a refermé sa Bible et caresse tendrement son chien qui a mis ses pattes avant sur ses jambes. Le moine suivant a posé la Bible sur un lutrin… qui lui sert aussi à reposer son bras droit qui soutient sa tête… Concentration maximale sur la lecture qu’il suit de la main gauche? Rien de moins sûr, le regard semble perdu vers l’horizon…

Cathédrale de Poitiers, façade ouest, portail nord, quatrième rouleau, moines 3 et 4

Si le troisième a perdu la tête, le suivant a l’air de trouver la lecture passionnante… et s’est carrément endormi (ou bien il médite en se concentrant fortement?) sur la lecture de la Bible. Ouf, le Livre n’est quand même pas tombé de ses genoux et il suit du doigt l’avancée de sa lecture…

Cathédrale de Poitiers, façade ouest, portail nord, quatrième rouleau, moines 5 à 7 Et voici les trois derniers pour aujourd’hui…

Cathédrale de Poitiers, porte Saint-Michel (2) : partie gauche

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 01, position sur le portail

La porte Saint-Michel, sur le côté nord de la cathédrale, est construite dans le premier quart du 13e siècle. La sculpture développe le thème de l’enfance de Jésus, rapportée un peu dans le désordre… Je vous ai déjà montré la sculpture du piédroit droit (ouest) avec l’Annonciation, la Visitation et l’adoration des mages, je vous montre aujourd’hui celle du piédroit gauche (est, encadré sur la photo), qui se répartit à la fois sur les chapiteaux et sur leurs tailloirs (revoir si besoin les éléments d’un chapiteau : corbeille, tailloir, astragale).

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 02, vue générale Je vais présenter l’article dans l’ordre biblique des événements…On commence par le tailloir, qui se lit à peu près de gauche à droite en illustrant le deuxième chapitre de l’Évangile de Matthieu.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 03, arbre, oiseaux et personnage Je ne comprends pas trop la première scène, et oui, c’est mal parti… Un arbre, des oiseaux aux ailes déployées qui semblent attaquer un homme agenouillé devant eux, et sur la droite, un personnage debout dans un décor d’architecture.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 04, les rois mages devant Hérode Juste devant, c’est plus clair. Les rois mages comparaissent devant Hérode (Matthieu 2, 7-9) : le roi Hérode demande aux rois mages d’aller se renseigner sur la naissance de Jésus. Au passage, vous remarquez l’étoile du berger entre la tête du premier roi mage et Hérode.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 05, les rois mages devant Hérode On tourne un peu, et on voit derrière Hérode assis sur son trône un ange… ou plutôt, un démon, ailé mais à la tête monstrueuse, le diable qui souffle les idées à Hérode.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 06, plusieurs scènes

On continue vers la droite… Deux scribes sont assis devant Hérode qui est toujours mal conseillé par son démon…

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 07, scribe et Hérode Voici les scribes, un jeune imberbe à gauche et un plus âgé droite.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 08, Hérode et démon Et voici Hérode sur son trône suivi du démon qui lui met la main sur l’épaule…

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 09, roi mage à cheval et peuple Sur la dernière scène du tailloir, ça se gâte pour Hérode. Le peuple à pied suit les rois mages à cheval. Tous suivent l’étoile (qu’ils montrent tous du doigt) et vont aller rendre hommage à Jésus.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 10, rois mages à cheval montrant l'étoile

Voici les deux rois mages de tête sur leur cheval, le deuxième à son manteau qui vole au vent…

L’adoration des mages (Matthieu 2, 11) est représentée sur l’autre piédroit du portail.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 11, la fuite en Egypte Ensuite, il faut descendre sous la corbeille du chapiteau tout à droite. Nous y voyons la fuite en Égypte (Matthieu 2, 13-15) : Joseph ayant appris par un songe le projet de massacre des enfants par Hérode a décidé de fuir en Égypte avec Marie et Jésus et d’y rester jusqu’à la mort d’Hérode. Vous pouvez voir une autre fuite en Égypte à Poitiers, plus ancienne (romane, du 11e siècle), sur un chapiteau du transept sud dans l’église Saint-Hilaire-le-Grand. Remarquez au passage qu’ici Joseph porte toujours la calotte juive.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 12, la vierge et l'enfant sur l'âne Marie monte son âne en amazone, avec son enfant sur les genoux. Derrière elle, un décor végétal.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 15, non identifié Derrière Marie se tient un personnage très endommagé, pas facile à identifier. Même si les ailes ne sont pas visibles, j’y aurais bien vu l’ange du songe de Joseph, mais sans aucune garantie.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 14, le massacre des innocents

Tout le reste représente le massacre des innocents (Matthieu 2, 16-18) : le roi Hérode ordonne aux soldats de tuer tous les enfants mâles de moins de deux ans, se vengeant ainsi de ce que Jésus lui ait échappé. On en trouve plusieurs à l’époque romane en Poitou-Charentes, par exemple en Charente-Maritime à l’abbaye aux Dames de Saintes ou sur le portail de l’église de Nuaillé-sur-Boutonne près d’Aulnay.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 16, Hérode et démon Tout à gauche, Hérode, toujours assis, et toujours conseillé par un mauvais génie… Ici, on voit très bien ses ailes, sa nudité (par opposition aux riches vêtements des anges) et sa tête simiesque.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 17, massacre des innocents Devant se déroule le massacre proprement (salement?) dit.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 18, massacre des innocents Les soldats se livrent au massacre. Au centre de l’image, vous devez réussir à voir une épée enfoncée dans sa victime, malgré la saleté de ce chapiteau.

Poitiers, portail Saint-Michel de la cathédrale, gauche, 19, innocents morts Voici un détail des enfants morts…