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xxx ans après de l’assassinat de Jaurès… son monument à Toulouse

Raoul Villain assassine le leader socialiste le vendredi 31 juillet 1914 à 21 h 40, alors qu’il dîne au café du Croissant, rue Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris, au cœur de la République du Croissant, à deux pas du siège de son journal, L’Humanité. Il tire deux coups de feu : une balle perfore le crâne du célèbre tribun et l’autre se fiche dans une boiserie. Jaurès s’effondre, mortellement atteint.

Devenu professeur, Jaurès enseigne tout d’abord au lycée Lapérouse d’Albi, puis rejoint Toulouse en 1882 pour exercer comme maître de conférences à la faculté des lettres. Il donne également un cours de psychologie au lycée de jeunes filles de cette même ville.

Jean Jaurès est un homme politique français, né à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859 et mort assassiné à Paris le 31 juillet 1914 par Raoul Villain.

Pour aller plus loin : voir le numéro hors série de Toulouse Magazine sur Jean Jaurès (2009) et le dossier documentaire.

1929 : inauguration le 24 mars suivie de discours au théâtre du Capitole de Séverac, Bedouce, Vincent Auriol et Léon Blum. 1942 : fondu sous le régime de Vichy. 1945 : le récupérateur sauve la tête, qui est installée, à la Libération, sur un nouveau monument.

Georges Vivent

Fiche inventaire
2e quart 20e siècle ; 4e quart 20e siècle
Auteur de l’oeuvre :
Parayre Henri (sculpteur) ; Vivent Georges (sculpteur) ; Abbal André (sculpteur)

Commentaire historique :
Le monument à Jean Jaurès est inauguré le 11 novembre 1928 ; il est l’œuvre des sculpteurs H. Parayre et G. Vivent : une grande statue en bronze surmonte un haut socle orné sur ses trois côtés de bas-reliefs. La statue est fondue sous l’occupation, ne subsistent que la tête de Jaurès et les bas-reliefs. Les vestiges du monument sont intégrés à un nouveau monument conçu sur les plans de l’architecte Roger Brunerie. Après avoir disparu plusieurs fois au cours des années 1980 et 2000, le buste de Jaurès, œuvre de Parayre et vivent, est remplacé par un moulage d’un buste de Jaurès réalisé par André Abbal en 1919. Le monument est une nouvelle fois réaménagé lors des travaux de construction du métro en 1993.

Notice succincte :
Le monument à Jean Jaurès, élevé pour la première fois en 1928, a subi de nombreuses vicissitudes : la statue en bronze est fondue sous l’Occupation, seuls la tête du grand homme et les bas-reliefs qui ornaient le socle sont sauvés de la destruction et intégrés à un nouveau monument. Dans les années 1980, le buste est dérobé et retrouvé quelques années plus tard. Le monument est réaménagé lors des travaux de construction du métro en 1993. Le buste de Jaurès est de nouveau volé sans que cette fois il réapparaisse ; il est remplacé par une copie d’un buste d’Abbal.

Le monument est placé à l’entrée de la station de métro, il suit la courbe des escaliers placés en demi-cercle. Il se compose d’un mur en pierre dans lequel sont disposés les bas-reliefs en bronze : une maternité représentée par une femme qui tient son enfant dans les bras ; un groupe de jeunes gens et jeunes filles brandissant des drapeau et un mineur coiffé d’un casque et muni d’une pioche et d’une lanterne. Au dessus le buste de Jaurès couronne le monument.
Technique du décor :
fonderie ; sculpture
Représentation :
femme ; enfant ; homme ; drapeau

Précision sur la représentation :
Trois bas-reliefs en bronze représentent une maternité, un groupe de jeunes gens et un mineur. Le moulage du buste de Jaurès en plâtre surmonte le monument.
Article de La Dépêche consacré à l’inauguration
du monument Jean-Jaurès à Toulouse, le 24 mars 1929.
Archives municipales de Toulouse

Photographies de

Le tombeau d’Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, vue vers le choeurCela fait fort longtemps que je n’ai pas partagé avec vous mes photographies prises en septembre 2010 à Saint-Bertrand-de-Comminges, commune pour laquelle j’ai un faible, pour cause de deuxième chantier de fouilles auquel j’ai participé à peine 16 ans (il y a … oh, je ne compte plus!). J’y suis retournée plusieurs fois, notamment en participant à des fouilles dirigées par Pascal Foucher et Cristina San-Juan dans la grotte voisine de Gargas. Après vérification, je ne vous ai d’ailleurs montré que le pilier des Évangélistes dans le cloître de la cathédrale! Je vous emmène à l’intérieur…

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-CommingesDans la chapelle Notre-Dame, située du côté nord, se trouve le tombeau de Hugues de Castillon, qui acheva la construction de la nef de l’ancienne cathédrale. Ce tombeau est attribué au « Maître de Rieux », sculpteur anonyme du 14e siècle peut-être installé à Rieux-Volvestre, financé par les mécénats de Jean Tissendier, évêque de Rieux (voir le tombeau de cet évêque et d’autres œuvres au musée des Augustins à Toulouse) et Hugues de Castillon, évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges de 1336 à 1352.

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, le gisantLe tombeau est entièrement en marbre de Saint-Béat, marbre noir pour le socle et la dalle sous le gisant, marbre blanc pour le gisant et les sculptures des côtés.

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, détail du daisLe gisant représente Hugues de Castillon revêtu de ses habits et attributs épiscopaux, crosse et mitre. A ses pieds est allongé un lion, comme il est fréquent.

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, cortège funèbreLes deux grands côtés de la cuve sont occupés chacun par trois compartiments architecturés où se presse un cortège de pleurants, moines, nonnes et laïcs.

Une seule face peut être facilement photographiée de plus près.

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, cartes postales anciennesC’est aussi cette seule face que j’ai pu trouver sur des cartes postales anciennes…

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, détail du cortège funèbreMoines tonsurés, nonnes voilées…

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, détail du cortège funèbreLa suite…

tombeau d'Hugues de Castillon à Saint-Bertrand-de-Comminges, détail du cortège funèbreCeux-là sont bien encapuchonnés!

Photographies de septembre 2010.

Le pilier des Evangélistes, cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges

Cloître de Saint-Bertrand-de-Comminges, pilier des Evangélistes, position dans le cloître, vue depuis la galerie estv_1J’ai un faible pour Saint-Bertrand-de-Comminges en Haute-Garonne, deuxième site où j’ai fouillé quand j’avais 16 ans, sur le site antique… J’y suis régulièrement retournée depuis, notamment pour participer aux fouilles dirigées par Pascal Foucher et Cristina San-Juan dans la grotte voisine de Gargas (dans la vallée voisine, à Aventignan, Hautes-Pyrénées). La dernière fois, c’était en septembre 2010 et j’avais revisité avec bonheur la cathédrale Notre-Dame (avec son jubé et ses splendides stalles, aujourd’hui simple église paroissiale) et son cloître adossé au sud de l’église. Ce cloître présente une série très intéressante de chapiteaux romans et un pilier très célèbre, situé au centre de la galerie ouest.

Cloître de Saint-Bertrand-de-Comminges, pilier des Evangélistes, vu depuis le sud-ouestv_2Ce pilier a été taillé dans une colonne antique, récupérée sur le site romain voisin, et représente les quatre Évangélistes.

Cloître de Saint-Bertrand-de-Comminges, pilier des Evangélistes, détail des quatre facesVoici un montage avec dans l’ordre les faces ouest (vers la galerie), sud, est (vers le cloître, très endommagé) et nord. A l’ouest, il s’agit de saint Jean, reconnaissable à l’aigle qu’il tient dans ses bras. Sur la face nord, il s’agit probablement de saint Marc avec son lion. Impossible de distinguer saint Luc et saint Matthieu, les attributs (bœuf et ange) sont trop endommagés pour les deux autres faces.

Photographies de septembre 2010.

Toulouse territoires Garonne, habiter en bord de fleuve

Couverture de Toulouse territoires Garonne, habiter en bord de fleuvelivres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.comJ’ai reçu ce livre il y a déjà un petit moment dans le cadre d’une opération masse critique de Babelio. Ce n’est pas vraiment un livre grand public, mais c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup… j’ai lu le livre il y a une quinzaine de jours, et relu le week-end dernier…

Le livre : Toulouse territoires Garonne, habiter en bord de fleuve, de Rémi Papillault, Enrico Chapel et Anne Péré, Collection Architectures, éditions des presses universitaires du Mirail, 2012, ISBN 978-2-8107-0209-1.

L’histoire (plus le propos du livre, dans ce cas) : le livre est le résultat de travaux menés suite à un appel à projets sur les relations de l’homme aux fleuves lancé en 2008 et piloté à Toulouse par les trois architectes auteurs principaux du livre, en lien avec des travaux menés par des groupes d’étudiants pendant trois années. Impossible de résumer ce livre, en voici donc sa présentation officielle :

Les systèmes géographiques que sont les parcs, les bois, les zones agricoles de bord de ville, les lignes de force collinaires, les réseaux hydrographiques, représentent les supports actifs d’une nouvelle urbanité. Parviennent-ils à allier la conscience de la grande échelle à celle de l’ancrage dans un territoire et l’urbain à un nouveau rapport à la nature ? Cet ouvrage explore la métropole toulousaine autour du fleuve Garonne, de la confluence Ariège jusqu’à la confluence de l’Hers et de la Save à Grenade-sur-Garonne. Trente-six kilomètres de fleuve pour tenter de comprendre les nouvelles questions qui se posent à nous sur la grande échelle de la ville contemporaine en partant de l’hypothèse que la majeure partie de ce territoire défini comme inconstructible par le Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI), peut être un lieu porteur de nouvelles manières d’habiter et que sur les rives du fleuve se dessinent les territoires majeurs de la ville de demain. La Garonne nous permettrait donc de penser une architecture du territoire à grande échelle.

Mon avis : voici une longue liste de questions de formes qui influent parfois aussi sur le fond. Par exemple, les auteurs expliquent avoir choisi délibérément un logiciel de dessin plutôt qu’un système d’information géographique… Certes, ces logiciels sont plus lourds et plus délicats à manier, comme le soulignent les auteurs, mais ils permettent aussi d’intégrer des données dans un système global, de faire des analyses sur des données brutes ou « digérées » où que l’on soit dans le monde si le fichier de formes est partagé… Le choix de l’échelle pose aussi problème… et surtout le non report d’échelles graphiques (des barres avec la distance) sur les cartes publiées. Ainsi, l’échelle annoncée est probablement celle des documents de base, mais pas du tout celle des documents édités et publiés. Aucune carte ne comporte d’échelle graphique, l’une d’elle porte une échelle textuelle absurde : « 1/5000ème » (page 111). Non seulement ce n’est pas l’échelle de la carte après publication, mais en échelle textuelle, c’est 1/5000 qu’il aurait fallu écrire, ou 5000ème, mais pas la double fraction qui s’annule! Seule l’échelle graphique évite une erreur si une carte n’est pas publiée à l’échelle prévue au départ. Des détails, pensez-vous? Ce genre de détails m’a mise dans de mauvaises dispositions… qui se sont aggravées avec des tas d’autres détails:

– p. 57: « les habitants des zones périphériques continuent à produire du blé »… Les agriculteurs, plutôt que les habitants, d’autant plus qu’avec la concentration des terres des céréaliers, ceux-ci ne sont quasiment plus jamais résidents sur la commune où ils cultivent;

– un manque certain de relecture, qui se traduit par des erreurs parfois drôles (un séminaire qui a eu lieu du 30 au 4 septembre 2010 page 61), des dizaines de fautes d’orthographe, la palme étant décrochée pour des travaux d’étudiants, par exemple page 103 (« avec la garone » (sans majuscule et un sul n), « la mojorité […] cogaronne », « Hierarchisation […] niveau transversale: Voie rapide et voie ferré coté canal », « limite franche de la ville crée par le naturel : les ancien maraichage […] », etc.

– une maquette qui ne permet pas de lire les documents lorsqu’ils sont sur deux pages, une partie du texte et des images se trouvant dans la reliure rigide et donc parfaitement illisibles;

– des légendes incomplètes sur certaines cartes (les symboles des équipements sur la carte du SCOT / schéma de cohérence territoriale p. 41 manquent pour comprendre la carte).

Sur une question qui porte plus sur le fond, je reste dubitative quant à l’utilisation de la carte de Cassini telle qu’elle est proposée. Les cartes de Cassini sont des mines d’informations, mais il s’agit d’une représentation de proche en proche, la projection réalisée à l’époque n’est pas celle que l’on utilise aujourd’hui, il est donc délicat de la superposer à des fonds actuels. Par ailleurs, il y a un décalage manifeste de quelques dizaines de mètres sur l’une des planches du cadastre ancien (dit napoléonien): l’utilisation d’un SIG permet de recaler ces décalages qui sont souvent juste des erreurs de copie, cela doit aussi pouvoir se faire en utilisant les calques d’un logiciel de dessin… à moins que l’on ait ici une erreur de calage par celui qui a positionné les différentes planches du cadastre ancien???

Il y a quand même des points positifs, avec l’intégration de données très récentes (par exemple, le port gaulois, voir l’exposition Niel brut de fouilles). Les approches des paysages par différents points de vue (l’hydrologie, l’occupation du sol hier et aujourd’hui etc.), l’analyse de projets récents ou même à venir sont assez intéressantes.

Toulouse, le relief sculpté en marbre entre les ponts jumeauxJe regrette quand même que pour Toulouse Pont-Jumeaux (pages 181 et suivantes), le projet d’aménagement avec le centre de la danse soit présenté sur plusieurs pages, mais qu’il n’y ait pas le moindre mot sur le bas-relief en marbre réalisé entre les ponts en 1775 par François Lucas (que j’ai photographié en mai 2012, lors de mon dernier séjour à Toulouse).

Logo rentrée littéraire 2012Ce livre entre dans le cadre du défi 1% de la rentrée littéraire organisé à nouveau cette année par Hérisson. [Il est paru fin août 2012, je pense qu’on peut l’entrer dans la catégorie des essais].

Toulouse, la fontaine Belle-Paule

Toulouse, fontaine Belle Paule, vue générale

Aujourd’hui s’ouvre le printemps des poètes 2013, je vous propose de revoir un article publié il y a trois ans…

Article du 30 mars 2010

Retournons à Toulouse… Cette fontaine, dite fontaine Belle-Paule, est située non loin de la Jeanne d’Arc d’Antonin Mercier. sur une placette formée à l’angle de la rue de la Concorde et de la rue Falguière (oui, le sculpteur Alexandre Falguière, dont je vous ai parlé pour le monument à Pasteur à Paris avec des vues d’hier et d’aujourd’hui, Pierre Goudouli ou le Vainqueur du combat de coq, tous deux à Toulouse, et le monument à Léon Gambetta à Cahors).

Toulouse, fontaine Belle Paule, signature Laporte Blairsy Cette fontaine hexagonale a été réalisée en 1910 par le statuaire Laporte Blairsy.

Toulouse, fontaine Belle Paule, dédicace Elle fut réalisée grâce à un legs du négociant toulousain Octave Sage à l’académie toulousaine des jeux floraux. Si vous suivez le lien, vous apprendrez que la compagnie des Jeux Floraux fut fondée en 1323 par sept troubadours , qu’ils ont leur fête le 3 mai, qu’à la fin du 15e siècle, une mystérieuse Dame Clémence Isaure protège et restaure les Jeux Floraux, qu’ils connurent diverses vicissitudes avant de renaître en 1895 à l’instigation de Frédéric Mistral, avec de nouveaux concours de langue d’oc.

Toulouse, fontaine Belle Paule, la dame Clémence Au sommet du monument se tient donc la fameuse dame Clémence Isaure, alias  » la belle Paule « , réalisée en bronze. Je vous présenterai d’autres représentations de Clémence Isaure à Toulouse, celle qui se trouvait au Grand-Rond (par Paul Ducuing) et celle de l’hôtel d’Assezat.

Toulouse, fontaine Belle Paule, une autre vue de la dame Clémence D’un autre côté, désolée pour la photographie, il ne faisait pas très beau en ce jour de début mars… Admirez sa haute coiffe et la couronne végétale (pour le vainqueur des jeux?) qu’elle tient dans la main gauche.

Toulouse, fontaine Belle Paule, une fillette en marbre Sur la colonne de marbre sont sculptés trois fillettes.

Toulouse, fontaine Belle Paule, une tortue en bronze Sous leurs pieds, dans un décor de fleurs et de tiges entremêlées, des tortues dressées sur leurs pattes arrière, en bronze, crachent de l’eau.

Toulouse, fontaine Belle Paule, deux crapauds en bronze Trois couples de crapauds, en bronze, tentent d’escalader la margelle. Ils n’ont pas plu à tout le monde (les critiques valent la lecture!) quand la fontaine a été mise en place…

Toulouse, fontaine Belle Paule, une gargouille en bronze Trois gargouilles fantastiques évacuent le trop-plein d’eau à l’extérieur du bassin… Tiens, des gargouilles, je propose donc l’article à la communauté des gargouilles.

Toulouse, fontaine Belle Paule, un relief en bronze avec paysage urbain Sur la face extérieure du bassin, vous pouvez voir un bas-relief en bronze avec un paysage urbain comprenant un pont (je n’ai pas trouvé d’étude qui précise de quel pont il s’agit PS: voir en commentaire)…

Toulouse, fontaine Belle Paule, un poème en occitan de Mengaud … un texte en occitan de Mengaud (dont vous pouvez découvrir le buste au grand-rond)…

Toulouse, fontaine Belle Paule, un relief avec un grand pont en bronze … un relief en bronze avec un grand pont, pas plus identifié, si quelqu’un a l’information, je complèterai l’article [voir en commentaire]…

Toulouse, fontaine Belle Paule, un poème en français de Pipert … un texte en français de Pipert…

Toulouse, fontaine Belle Paule, un relief en bronze avec un paysage urbain … un autre paysage urbain en bronze, et sur la dernière face, la dédicace que je vous ai montrée au début de l’article.

PS: un lecteur a précisé qu’il s’agissait du pont neuf et de l’ancien pont Saint-Pierre.

Les monuments aux morts de 1914-1918 de Lons-le-Saunier et Toulouse/Salonique

Lons-le-Saunier, monument aux morts de 1914-1918, quatre vues de face Je vais vous présenter aujourd’hui deux monuments aux morts de 1914-1918 formés d’une colonnade en hémicycle,  sans statue au centre.

Je commence par celui de Lons-le-Saunier, situé au bout de la place de la Chevalerie, du côté des thermes, à l’opposé du monument à Rouget-de-Lisle. Il se compose d’une grande colonnade dessinée par l’architecte Augustin Bidot. Sur le bord de la corniche, on peut lire, dans l’ordre de gauche à droite : « 1914 / La Marne / L’Yser / La Somme / L’Aisne / Aux héros / L’Alsace / Verdun / Champagne / L’Orient / 1919 « .

Lons-le-Saunier, monument aux morts de 1914-1918, deux vues de l'arrière En revanche, il vaut mieux ne pas faire le tour du monument, l’arrière sert de latrines et de dépotoir, manque de respect et/ou manque d’entretien… Pas reluisant en tout cas. Si on contourne complètement le monument, à quelques dizaines de mètres se trouvent le monument à la gloire de la résistance jurassienne, beaucoup plus intéressant, et un autre dédié aux morts en Afrique du Nord entre 1952 et 1962… mais je vous en parlerai une autre fois.

Toulouse, monument aux morts de 1914-1918 au cimetière de Salonique Partons maintenant à Toulouse… Je vous ai déjà montré le monument aux morts de Haute-Garonne inauguré en 1928 avec une vue générale de l’œuvre de l’architecte Jaussely et des articles sur les reliefs de André Abbal, de Henri Raphaël Moncassin et ceux de Camille Raynaud sur les allées Jules Guesde. Je vous ai aussi présenté le monument aux sportifs morts (Héraklès archer d’Antoine Bourdelle) et le monument aux morts de Skikda (Philippeville) dans le cimetière de Salonique (au-dessus du cimetière de Terre-Cabane).

Nous allons aujourd’hui vers le centre du même cimetière. D’après le dossier documentaire, le concours a été lancé en 1920, le projet retenu est celui de l’architecte Raymond Isidore, et monument a été inauguré le 11 novembre 1926. Il se compose d’une colonnade alternant deux colonnes doriques de calcaire blanc et un pilier de briques rouges. La colonnade est surmontée d’une frise de briques jaunes, alors que le mur du fond est tapissé de grandes dalles de marbre portant les noms de plus de 4000 soldats, dalles surmontées d’une frise de faïence figurant des couronnes de laurier. Le mur arrière est en briques rouges.

Toulouse, monument aux morts indochinois de 1914-1918 au cimetière de Salonique, 1, deux vues Derrière le monument se trouve le monument « à la mémoire / des / soldats et travailleurs / indochinois / morts au service de la France / 1914-1918 ». Il rappelle la présence d’une importante communauté indochinoise à Toulouse, d’un hôpital à Blagnac qui soignait notamment des combattants de  l’ex-Empire colonial français, et plus particulièrement des « soldats annamites » (indochinois). Rappelons que 70.000 soldats des troupes coloniales sont morts pour la France en 1914-1918. J’ai vu une carte postale qui montrait ce monument au sein d’un cimetière militaire, je ne sais pas quand il a été déménagé au cimetière de Salonique.

Toulouse, monument aux morts indochinois de 1914-1918 au cimetière de Salonique, 2, signature Breton Il porte la signature du sculpteur Charles Breton (Tours, 1878 – 1968) [« Charles Breton / Paris »], auteur de nombreux monuments aux morts en France, dont plusieurs figuraient au catalogue de Val d’Osne.

Toulouse, monument aux morts indochinois de 1914-1918 au cimetière de Salonique, 3, deux détails Mais ici, nous ne sommes pas face à une œuvre en série, mais bien d’une œuvre originale. Le soldat, aux traits asiatiques, s’appuie de la main gauche sur son fusil, brandit de la main droite une couronne végétale constituée de branches de chêne et de laurier, fermée par une cocarde aux chiffres de la République (RF). Il porte ses décorations et un casque colonial.

 

Les monuments aux morts de Toulouse dont j’ai déjà parlé ou dont je parlerai prochainement:

le monument aux morts de Haute-Garonne (inauguré en 1928) : vue générale de l’oeuvre de l’architecte Jaussely, les reliefs de André Abbal, de Henri Raphaël Moncassin, et ceu
x de Camille Raynaud

– le monument aux morts de Toulouse en 1914-1918 dans le cimetière de Salonique

– le monument aux morts de Indochinois, au dos du précédent, dans le cimetière de Salonique

– le monument aux morts de Skikda (Philippeville) dans le cimetière de Salonique

– le monument aux sportifs morts (Héraklès archer d’Antoine Bourdelle)

– le monument aux morts des quartiers Bayard-Matabiau-Concorde-Chalets, non loin de la gare

– le monument aux morts des quartiers Colone, Arago, Juncasse, Marengo, près de l’observatoire

– le monument aux morts du quartier Saint-Michel, allées Jules Guesde, non loin du muséum

– et pour la guerre de 1870, le monument du Souvenir français dans le cimetière de Terre-Cabade

Photographies de mai 2012 pour Toulouse et juillet 2012 pour Lons-le-Saunier.

Exposition Toulouse – Niel, brut de fouilles

Affiche de l'exposition Toulouse - Niel. Brut de fouilles

Lors de mon dernier séjour à Toulouse, au mois de mai 2012, j’ai pu assister à l’exposition Toulouse – Niel, qui s’inscrit dans une sorte de collection du musée Saint-Raymond, Brut de fouilles, retour sur des fouilles récentes. Je vous ai déjà parlé de ce musée (les gargouilles de la façade antérieure, le musée, les gargouilles de la façade postérieure ; les culots sculptés de la façade antérieure et ceux de la façade postérieure ; des vues anciennes), voici donc la présentation de cette exposition qui se poursuit jusqu’au 11 novembre 2012.

Pour les informations pratiques, voir le site du musée (et n’hésitez pas à télécharger le dossier de presse en bas de leur page, il y a beaucoup de photographie et les textes de la plupart des panneaux de l’exposition).

L’exposition rend compte de la fouille menée d’octobre 2009 à juillet 2011 sur l’ancienne caserne Niel, transformée en ZAC. Il s’agit d’une vaste fouille archéologique préventive, menée sur plus de 20.000 m² et dont l’étude « post-fouilles » (l’étude menée à l’issue de la fouille et qui aboutit à la remise d’un gros rapport final de synthèse) n’est pas achevée… L’opération a été menée par l’opérateur franco-suisse Archéodunum, associé à la société locale Hadès. Ce site a notamment révélé un site majeur lié aux origines gauloises (au IIe siècle avant notre ère) de Toulouse, sur l’une des terrasses de la Garonne, avec des dizaines de mètres-cubes (plus de 90 tonnes) d’amphores… Mais au-delà de cette découverte « volumineuse », le chantier a aussi permis de trouver des traces d’occupation plus anciennes (néolithiques, nécropole à incinération de la transition entre l’âge du Bronze et de l’âge du Fer, vers 950 à 750 avant notre ère) et plus récentes (nécropole romaine).

L’exposition présente à la fois les techniques de fouille et une grande sélection d’objets trouvés… L’éclairage de certaines vitrines nécessitait une petite reprise lors de l’inauguration, mais je suppose que cela a été corrigé…

Pour aller plus loin : voir le catalogue de l’exposition (Magazine Archéothéma, 7 €).

L’Herakles archer d’Antoine Bourdelle à Toulouse

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 01, dans son square

Au bout des allées de Barcelone, près du canal de Brienne à Toulouse, à proximité de l’ancien stade des Ponts Jumeaux, se trouve L’Héraklès archer d’Antoine Bourdelle, monument dédié aux sportifs morts pour la France en 1914-1918. Le comité des Pyrénées de la Fédération française de rugby voulait, lors de la commande en 1922, avant tout rendre hommage à Alfred Mayssonnié, mort dès les premiers jours de combat, le 6 septembre 1914 et qui est aussi associé au monument par une stèle (voir plus bas).

Dès 1922, Antoine Bourdelle (Montauban, 1861 – Le Vésinet, 1929) accepte de céder juste pour le prix du bronze l’un des tirages de son Héraklès archer et dessine pour l’abriter un temple constitué de huit colonnes sans base ni chapiteau. Le monument est inauguré le 19 avril 1925. Cet Héraklès archer ou Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale est l’une des œuvres les plus connues d’Antoine Bourdelle, peut-être parce qu’elle a orné pendant des années les cahiers de la marque Héraklès… Le plâtre original, réalisé en 1909, de grandes dimensions (250X240X100 cm), est aujourd’hui conservé au musée Ingres à Montauban, sa ville natale, don de sa veuve Cléopâtre Bourdelle en 1953 (le plâtre était resté jusqu’alors dans l’atelier de l’artiste). Plusieurs tirages en bronze sont conservés dans des collections publiques en France (au jardin-musée Bourdelle d’Égreville en Seine-et-Marne, au musée Bourdelle – tirage et plusieurs plâtres préparatoires – et au musée d’Orsay à Paris, au musée des beaux-arts de Lyon) et à l’étranger (au Metropolitan Museum of Art à New York, au National Museum of Western Art à Tokyo, dans un parc de Buenos Aires en Argentine).

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 02, vues de face et de dos Cette sculpture représente le sixième des douze travaux d’Hercule, celui où il doit abattre de ses flèches les oiseaux du lac Stymphale. On ne voit qu’Hercule / Herakles bandant son arc, en appui contre un rocher.

 

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 03, signature de Bourdelle sur l'Hercule Antoine Bourdelle, qui a apposé sa marque et la signature « ANTOINE / BOURDELLE / SCULP / 1909 / PARIS ».

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 04, signature de Rudier sur l'Herkule Le fondeur, Alexis Rudier, a également apposé sa marque (que je vous ai déjà montrée sur la statue du maréchal Joffre à Paris et les monuments aux morts de La Rochelle et Angers).

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 05, de dos Malgré les tags qui salissent l’œuvre, on peut admirer la position de l’archer…

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 05, deux vues de profil

Sur ces deux vues, on voit toute la puissance de l’archer… et de son modèle, le commandant André Doyen-Parigot, ami d’Auguste Rodin chez qui Antoine Bourdelle travaillait… Il a dû poser nu pendant des séances qui se sont étalées sur plusieurs mois, avec pour exigence qu’il ne puisse pas être reconnu… Nous voyons donc son corps, mais pas son visage… remplacé par un visage un peu figé, à l’Antique.

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 06, relief de l'hydre et Herakles gravé Au-dessus de la signature se trouve un petit relief qui porte la scène complète de la lutte d’Hercule contre l’hydre de Lerne (le deuxième des douze travaux d’Hercule), identifiée par les inscriptions « HYDRE » et en grec « YΔPA ». Sur le côté sont inscrits les mots « HERAKLES » et en grec « HPAKΛHΣ ».

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 07, relief avec le lion de Némée Un autre petit relief est inséré dans la sculpture, un homme luttant contre un lion, donc Hercule luttant contre le lion de Némée (le premier des travaux d’Hercule). Ces deux reliefs ont été ajoutés par Antoine Bourdelle seulement sur la version de 1923 de Herakles archer, même si la date apposée avec la marque du sculpteur est 1909…

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 08, le relief de Messonier par Bourdelle Le monument est complété par une stèle à l’effigie d’Alfred Mayssonnié, positionnée sur l’un des petits côtés du « temple ».

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 09, le relief de Messonier par Bourdelle, détail Voici un détail de ce portrait de Mayssonié…

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 10, signature du relief de Messonier par Bourdelle Le bronze a également été réalisé par Antoine Bourdelle, qui a apposé sa marque et la signature « ANTOINE / BOURDELLE / A / MAYSSONIE / 1925 ».

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 11, le relief de Voivenes par Andrau De l’autre côté par rapport à la stèle à Mayssonnié se trouve une autre stèle, dédiée « a[u] [d]octeur / Paul Voivenel / inspirateur / de ce / monument », (1881-1975), psychiatre, amateur de rugby, qui avait négocié avec Antoine Bourdelle la réalisation de ce monument.

Herakles archer de Bourdelle à Toulouse, 12, signature du relief de Voivenes par Andrau Elle porte la signature « Andrau », probablement le sculpteur toulousain Joseph Andrau (1907-1987). Je n’ai trouvé aucune information sur cette seconde stèle…

Les monuments aux morts de Toulouse dont j’ai déjà parlé ou dont je parlerai prochainement:

le monument aux morts de Haute-Garonne (inauguré en 1928) : vue générale de l’œuvre de l’architecte Jaussely, les reliefs de André Abbal, de Henri Raphaël Moncassin, et ceux de Camille Raynaud

– le monument aux morts de Toulouse en 1914-1918 dans le cimetière de Salonique

– le monument aux morts de Indochinois, au dos du précédent, dans le cimetière de Salonique

– le monument aux morts de Skikda (Philippeville) dans le cimetière de Salonique

– le monument aux sportifs morts (Héraklès archer d’Antoine Bourdelle)

– le monument aux morts des quartiers Bayard-Matabiau-Concorde-Chalets, non loin de la gare

– le monument aux mortsdes quartiers Colone, Arago, Juncasse, Marengo, près de l’observatoire

– le monument aux morts du quartier Saint-Michel, allées Jules Guesde, non loin du muséum

– et pour la guerre de 1870, le monument du Souvenir français dans le cimetière de Terre-Cabade

La tempête à la halle aux grains à Toulouse

Pendant mon dernier séjour à Toulouse, mes amis m’ont invitée à un spectacle à La Halle aux Grains. Après avoir été un marché aux céréales à partir de 1864 puis un palais des sports en 1952, cette salle a été aménagée en salle de concert en 1974.

Le spectacle:

La Tempête de Shakespeare a été adaptée par le chorégraphe argentin Mauricio Wainrot, sur une musique du compositeur américain Philip Glass. Ce ballet a été créé au mois d’octobre 2006 par le Ballet contemporain du Théâtre Saint-Martin de Buenos Aires et est repris par le ballet du Capitole dirigé par Nanette Glushak.

Prospéro, duc de Milan, se consacre plus à la lecture, aux sciences et à aux arts, à sa famille qu’à la gestion de son duché, qu’il délègue à son frère… qui finit par le chasser du pouvoir et l’exiler sur une île déserte avec sa fille Miranda. Mais Prospéro avait acquis des pouvoirs magiques, il réussit à déclencher une violente tempête et à faire échouer sur l’île ceux qui l’avaient banni, son frère Antonio, le roi de Naples et son fils Ferdinand. Il leur fait subir toute une série d’épreuves… Avec l’aide d’Ariel, l’esprit des airs, il combat la sorcière Sycorax puis son fils, Caliban.

La distribution

Musique (enregistrée) : Philip Glass
Chorégraphie : Mauricio Wainrot
Décors, costumes et installation vidéo : Carlos Gallardo
Lumières : Patrick Méeüs

Prospéro – Valerio Mangianti
Miranda – Maria Gutierrez
Susanna – Ina Lesnakowski
Caliban – Kazbek Akhmedyarov
Alonso – Vladimir Bannikov
Ferdinand – Demian Vargas
Antonio – Dmitri Leshchinskiy
L’épouse d’Antonio – Paola Pagano
Ariel – Juliette Thélin, Davit Galstyan, Hugo Mbeng, Takafumi Watanabe
Sycocax – Pascale Saurel
Trinculo – Jérémy Leydier
Stéphano – Guillaume Ferran
Le ballet du Capitole de Toulouse

Mon avis : Mauricio Wainrot a adapté La Tempête de Shakespeare de cinq actes en deux actes, dans un décor sobre, des sortes de grandes souffleries au fond (j’aurais dit des cheminées de paquebot, d’autres on parlé de souffleries d’usine), quelques projections vidéo complètent le décor.

Une heure et demie sans entracte, c’est un peu rude dans une salle où l’on n’est pas très bien installé, même si le spectacle est superbe. Valerio Mangianti joue un Propéro fascinant, c’est une bonne idée d’avoir démultiplié Ariel avec quatre danseurs (pas facile à comprendre cependant de prime abord… le costume et le programme avec les quatre noms aident à faire le lien…), certains passages frôlent la danse classique plus que le ballet contemporain, j’ai beaucoup aimé, même s’il vaut mieux connaître l’histoire écrite par Shakespeare pour bien comprendre ce qui se passe sur scène.

De l’eau et une météorite au museum de Toulouse

Le muséum de Toulouse, façade côté jardin

Le muséum de Toulouse présente actuellement deux expositions. Dans les salles, au bout de la dernière section au premier étage (celle qui est plus ethnographique, qui m’avait le moins plu lors de ma première visite, et qui était encore déserte cette fois-ci alors qu’il y avait beaucoup de visiteurs dans le muséum), une exposition-dossier est consacrée à la météorite qui était tombée il y a juste 200 ans près de Toulouse (jusqu’au 2 septembre 2012).

L’exposition météorite : elle retrace surtout la dispersion des morceaux retrouvés après la chute de cette météorite le 10 avril 1812 et l’enquête pour les retrouver à Genève, Paris, New-York ou Chicago. Plusieurs morceaux ont été prêtés au muséum de Toulouse pour le temps de l’exposition.

Mon avis : La reconstitution vidéo sur grand écran n’apporte pas grand-chose. Pour le reste, l’exposition est plutôt destinées aux adultes et à ceux que le sujet intéresse.

Dans la salle d’exposition au sous-sol se trouve une exposition sur l’eau (les voyageurs de l’eau, jusqu’au 30 décembre 2012).

L’exposition sur l’eau : La scénographie est basée sur des fonds de couleur (bleu/vert/orange) et des socles en carton. Après l’eau et la vie sur terre, la deuxième section aborde l’homme et le fleuve et les eaux domestiques. La troisième section parle de l’eau et de la société, avec les conflits liés à l’eau à travers le monde, la mort de la mer d’Aral, les pollutions et le changement climatique. Après une série de jeux (« aquacitoyens »), la dernière section est consacrée à l’avenir de l’eau, avec notamment la présentation d’un système de capteurs de brume, qui permet de recueillir la rosée en montagne par exemple.

Mon avis : Je n’y ai pas appris grand-chose et ai trouvé agaçant que le message soit porté par EdF, par exemple pour le film sur la Garonne amont, où l’entreprise a mis en place un système de prise des saumons à la remonte et à la descente pour éviter qu’ils ne s’épuisent à remonter les échelles à poisson à la remonte ou qu’ils ne passent dans les turbines à la descente. Certes, ce système est sans doute plus efficace que les échelles ou l’ascenseur à poissons du barrage de Tuilières près de Bergerac sur la Dordogne par exemple, mais il manque de recul sur cette technique et surtout, d’un regard extérieur plus neutre avec une vraie évaluation en terme de survie des poissons.

D’un point de vue technique, la muséographie n’est pas terrible. Le choix d’un matériau recyclé et recyclable (mais pas économe en haut…) est une bonne idée, mais la mise en œuvre a été mal faite. Les socles en carton alvéolé de ont été mal conçus et étaient déjà très dégradés lors de ma visite (le 10 mai 2012). Il y a de trop nombreux déboîtages des assemblages en fausse queue d’aronde, des porte-à-faux qui entraînent des déchirements, et les panonceaux « ne pas monter » ne sont pas suffisants pour éviter les accidents… Certains dispositifs « ludiques » ont été aussi mal conçus et très peu ergonomiques. Ainsi, il y a un lavabo avec un robinet. Il faut tourner le robinet pour avoir la suite des mini-films sur l’alimentation et le traitement de l’eau, avec des intervalles très longs entre chaque écran, mais bon, là, ça va encore… En revanche, pour obtenir le circuit des eaux usées, il faut laborieusement (la roue sous-jacente doit être un peu faussée) tourner la plaque en résine bleutée au fond de l’évier pour passer chaque nouvel écran.

(Photographie de mars 2010)