Archives par étiquette : polar

Les infâmes de Jax Miller

pioche-en-bib.jpgCouverture de Les infâmes de Jax MillerJe poursuis ma découverte de la  rentrée littéraire 2015 à travers les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Les infâmes de Jax Miller, traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire-Marie Clévy, éditions Ombres noires, 351 pages, 2015, ISBN 978-2-08-134790-8.

L’histoire : de nos jours aux États-Unis. Freedom Oliver vit dans l’Oregon, protégée par le FBI. Il y a dix-huit ans, elle avait passé deux ans en prison après l’assassinat de son mari, policier violent, puis libérée, un de ses beaux-frères ayant été reconnu coupable. Mais elle a été contrainte à abandonner ses enfants, Ethan (devenu Mason) et surtout Layla (Rebekah), dont elle était enceinte et qu’elle n’a vu que deux minutes à sa naissance, et de vivre avec changer d’identité pour échapper à la vengeance de sa belle famille. Tourmentée par son passé, elle a sombré par l’alcool et attiré la compassion des flics locaux. Un jour, elle apprend la libération de son beau-frère et la disparition de Rebekah, elle quitte son anonymat et décide de se lancer à sa recherche, en fonçant vers Goshen, dans le Kentucky, et l’église évangéliste radicale devenue sectaire des parents adoptifs de ses enfants, Virgil le pasteur et sa femme Carol Paul…

Mon avis : ce polar noir est rythmé par cette ritournelle, « je m’appelle Freedom et… », qui revient très régulièrement après la première phrase, « Je m’appelle Freedom Oliver et j’ai tué ma fille », un peu comme en ouverture d’une séance des alcooliques anonymes. Au fil du récit, on apprend peu à peu l’histoire de la narratrice, la vérité sur le meurtre de son mari arrive assez tard, mais dès le début, elle apparaît alcoolique, impulsive, capable de tendresse (pour sa vieille voisine de palier qui perd la tête, pour Mattley, l’un des flics qui la raccompagne souvent bourrée) comme de réactions vives et violentes. Elle se débat pour ne pas couler complètement, pour ses enfants, pour oublier le viol dont elle a été victime. Tous les personnages ont des traits de caractères forts: Mark le mari violent et flic pourri, Matthew le beau-frère violeur, Peter le beau-frère gentil en fauteuil roulant, les amérindiens Shoshones qui la soigne de deux piqûres de serpent à sonnettes dans l’Idaho, les skinheads qui trafiquent des armes et de la drogue, le pasteur et sa femme… Et le récit est parfois suspendu par un « intermède », un bout de récit à la troisième personne, où l’on quitte la narratrice principale et sa litanie (« je m’appelle Freedom et… »), des parenthèses qui interrompent l’histoire principale tout en l’éclairant. J’ai bien aimé ce polar d’abord, je pense, pour ce rythme particulier, cette course-poursuite de 350 pages à la recherche (à la poursuite) de la liberté (Freedom…) ou au moins de la libération des démons qui la hantent depuis près de vingts ans. Un premier roman réussi pour Jax Miller, pseudonyme d’Anne O’Donnel, née à New York, et vivant en Irlande.

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Phantom Boy, d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli

Affiche de Phantom Boy, d'Alain Gagnol et Jean-Loup FelicioliJ’ai commencé mon week-end « festival télérama 2016 » avec le dessin animé jeune public, Phantom Boy, d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli. Les noms entre crochets sont donc ceux des acteurs qui donnent leurs voix aux personnages.

Le film : à New York, de nos jours. Depuis qu’il est atteint d’un cancer, Leo [Gaspard Gagnol], 11 ans, possède l’étrange pouvoir de sortir de son corps et de survoler la ville. Seule Titi, sa petite sœur [Noah X], connaît son secret. Hospitalisé pour une nouvelle chimiothérapie, il ramène les âmes égarées vers leur corps et tombe un jour sur celle d’un policier, Alex [Édouard Baer], grièvement blessé alors qu’il était tombé par hasard sur le port sur un bandit, « l’homme au visage cassé » [Jean-Pierre Marielle], qui menace de lancer un virus informatique pour détruire tous les systèmes de la ville s’il ne reçoit pas une rançon d’ici 24 heures. Mais le commissaire refuse de croire Alex, le flic casse-pied (et casse-matériel), aussi s’allie-t-il avec une journaliste, Mary [Audrey Tautou] et le petit garçon pour sauver la ville… avec l’aide de son indic gaffeur, la Taupe [Jackie Berroyer].

Mon avis : un très beau dessin animé, avec ce qu’il faut pour faire peur aux grands et aux petits… jusqu’à la fin! Les enfants juste derrière ne bougeaient plus du tout dans les dernières minutes 😉 Il faut dire que le dessin est très beau, avec les survols de New-York et des docks, qu’il y a un savant dosage entre les gentils et les méchants, plein d’humour, le petit chien infernal a beaucoup de succès auprès des petits, le tout dans un bain de musique [de Serge Besset] entraînant. En plus, les adultes aimeront l’ambiance « comics », omniprésente… N’hésitez pas à y aller en famille!

les films que j’ai vus avant le festival, 8 sur 16, c’est pas mal!

– les films que j’ai vus pendant le festival

– les films que je ne verrai pas, ceux qui ne me tentent pas et ceux qui ne passeront pas à Poitiers!

  • Life d’Anton Corbijn
  • Much loved de Nabil Ayouch
  • Birdman d’Alejandro González Iñárritu
  • Phoenix de Christian Petzold
  • Fatima de Philippe Faucon

Fox-trot de Michel Quint

pioche-en-bib.jpgCouverture de Fox-trot de Michel QuintUn livre trouvé parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque… Je ne pouvais pas raté le dernier titre de Michel Quint, qui va finir par devenir un familier de mes fidèles lecteurs (revoir Effroyables jardins et Aimer à peine, Avec des mains cruelles, La folie Verdier, Close-up, L’espoir d’aimer en chemin, Et mon mal est délicieux)!

Le livre : Fox-trot de Michel Quint, éditions Héloïse d’Ormesson, 329 pages, 2015, ISBN 978-2-35087-335-0.

L’histoire : Paris, 6 février 1934. Une émeute éclate suite à l’affaire Stavisky, deux médecins lillois qui « passaient par là » organise un poste de secours avancé où ils reçoivent un blessé mourant auprès duquel se retrouvent une vedette de music hall et la jeune trapéziste Lisa Kaiser, qui recueille une enveloppe qu’il portait sur lui avant de fuir dans sa ville natale… Lille! Dans cette ville, les troubles se multiplient également, Charles, un jeune instituteur proche de la SFIO, s’accroche avec l’un de ses collègues, qu’il accuse d’être ligueur, et est suspendu. Il se réfugie auprès de sa nouvelle amie, une jeune modiste très courue. Par l’intermédiaire de son beau-frère, officier de police, il est vite chargé par le maire de Lille, Roger Salengro, d’infiltrer l’un de ces ligues. De son côté, Lisa Kaiser s’engage au « Sphinx », un cabaret où elle est rapidement retrouvée assassinée…

Mon avis : j’ai beaucoup aimé cette histoire qui nous entraîne dans la sombre histoire des années 1930 et des ligues d’extrême droite à Paris puis dans le Nord de la France. Oups, il faut maintenant dire les Hauts de France… et l’histoire déborde aussi « en bas au centre » de la Belgique (pas tout en bas, il reste encore les Ardennes belges).

Poitiers, Jeanne-d-Arc de Real del Sarte, 05, signature sur la statue Vous y retrouverez d’ailleurs un sculpteur dont j’aime bien l’œuvre, mais qui fut sur le plan politique une belle ordure, non pas « proche » (page 174) mais bien membre fondateur des Camelots du roi. Ce roman n’est pas un cours d’histoire caché dans un roman historique, mais bien un polar qui s’ancre dans l’histoire, cette histoire qui hante Michel Quint au fil de ses romans, la Seconde Guerre mondiale, ses prémices ou ses conséquences au fil des titres… A part la fin (juste les 3 ou quatre dernières pages), qui ne semble pas « raccord » avec le reste, je vous recommande chaudement cette plongée à la fois historique (l’affaire Stavinsky et le scandale du Crédit municipal de Bayonne), politique (la montée des ligues d’extrême droite et la SFIO), sociale (les milieux bourgeois et populaires de Lille), dansante (Fox-trot et autres numéros de cabarets) et … sanglante (3 ou 4 cadavres?) 😉

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Ce livre entre dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé par Hérisson.

Chasse à l’ange d’Ingelin Røssland

Couverture de Chasse à l'ange d'Ingelin RøsslandUn livre trouvé parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Chasse à l’ange d’Ingelin Røssland, traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud, Éditions du Rouergue, collection DoAdo Noir, 2014, 218 pages, ISBN 9782812607196.

L’histoire : de nos jours en Norvège, sur l’île de Tysnes. Engel Winge, 17 ans, a été embauchée par le journal local du même nom. Elle est chargée d’interviewée une célèbre medium et l’embarque pour l’île voisine de Marøya, réputée hantée et récemment abandonnée par un groupe évangéliste qui y tenait un centre de cure de désintoxication. Devant Engel sceptique, elle dit voir une femme, un bébé, un vieil homme, un chien… tous morts! Engel décide d’approfondir le sujet, se voir recevoir de la voyante une pierre (une météorite?) pour la protéger, elle décide d’enquêter sur ce qui a pu se passer sur cette île, une enquête qui la mènera jusqu’à Berlin, où son père diplomate, veuf depuis longtemps, vient d’être muté.

Mon avis : cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu de roman jeunesse… et j’ai emprunté celui-ci un peu par hasard, disons, sans avoir vu l’étiquette RPj (roman policier jeunesse) ni la collection, mais en ayant fait le choix sur la « lisibilité » pour moi sans caméra, c’est-à-dire avec des caractères noirs et pas gris (le gris foncé m’apparaît en gris assez clair), un interligne suffisant. Ici, la transparence des pages est limite (le texte du verso  en fond au recto et perturbe ma lecture) mais les autres critères étant réunis, j’ai pris le livre. Ce n’est qu’en le commençant que j’ai vu son classement jeunesse, qui explique la narration à la première personne par une journaliste particulièrement jeune, 17 ans, peu crédibles mais c’est censé permettre une meilleure identification des jeunes lecteurs (lectrices), je suppose… Que dire de plus? Je l’ai lu de manière fragmentée, dans les salles d’attente, et je l’ai quand même terminé… ça m’a reposé les méninges juste après Ce que j’ai voulu faire de Sándor Márai ! Sauf si vous êtes « dans la cible » (fille, ado, de 12 à 15 ans), vous pouvez passer votre tour!

 

Les temps sauvages de Ian Manook

Couverture de Les temps sauvages de Ian ManookAprès Yeruldelgger, j’ai acheté et lu la suite.

Le livre : Les temps sauvages de Ian Manook, éditions Albin Michel, 2015, 528 pages, ISBN 9782226314628.

L’histoire : de nos jours en Mongolie. Le commissaire Yeruldelgger est victime d’un complot. Il est alerté par un ornithologue sur le comportement étrange d’un gypaète… qui le met sur la piste d’un homme mort dans une crevasse. Sa collaboratrice, Oyün, enquête sur la mort d’un cavalier sur son cheval, surmonté d’un yack, mort également. Mais voici qu’il est suspendu par la police des polices, suspecté d’avoir assassiné une prostituée qui l’a aidé dans sa précédente enquête. Elle aurait adopté un enfant des rues, porté disparu comme Gantulga, gamin envoyé poursuivre son apprentissage au septième monastère des moines Shaolin par le commissaire. Les deux garçons se seraient vu peu avant leur disparition.  Et voici que six jeunes garçons sont retrouvés morts dans un container au Havre…

Mon avis : comme dans le premier tome, le lecteur est plongé dans une Mongolie tiraillée entre traditions et modernité, coincée entre ses puissants voisins, Chine et Russie. Certaines scènes, notamment de tortures, sont un peu dures, mais l’auteur laisse ensuite le temps de souffler pendant quelques pages. Alors que l’auteur est Français, ce sont peut-être les pages au Havre qui sont le moins crédibles. Corruption, trafics de matières premières, d’êtres humains, vengeance personnelle, rien ne manque dans ce polar qui se dévore. Même si la rentrée approche, il vous restera peut-être un peu de temps pour attaquer ce gros volume haletant!

La catin habite au 21, de Hervé Sard

Couverture de La catin habite au 21, de Hervé Sardpioche-en-bib.jpgJ’ai trouvé ce livre parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : La catin habite au 21, de Hervé Sard, le Poulpe n° 287, éditions de la Baleine, 2014, 180 pages, ISBN 9782842195328.

L’histoire : à Paris de nos jours. Au comptoir de son bistrot préféré, le Poulpe apprend la disparition d’une prostituée à Sainte-Mère-des-Joncs, près de Nantes. Le démarrage du chantier du nouvel aéroport du Grand-Ouest traîne, après les tensions des dernières années. Personne ne semble s’inquiéter de cette disparition, chez l’employeur de la demoiselle, qui gère les réservations par internet, les deux gérantes ne l’ont jamais vues et s’interrogent sur sa réalité. Une seule solution pour le Poulpe, aller voir sur place ce qui se passe… Visite à l’hôtel, chez le maire, chez le notaire, dans la maison occupée par la dame, la retrouvera-t-il?

Mon avis : cela fait fort longtemps que je n’ai pas lu un livre de la collection du Poulpe, créée par Jean-Bernard Pouy (voir 1280 âmes). Au début de la série, je les ai presque tous lus, attirée par cette série à contraintes, avec les mêmes personnages (Gabriel dit le Poulpe, Cheryl sa petite amie, Gérard le bistrotier, Pedro le fabricant de faux papiers), quelques lieux incontournables (le bistrot de la Sainte-Scolasse). Les romans sont plus ou moins réussis selon les auteurs. J’ai arrêté lorsque les éditions de la Baleine ont eu des difficultés, et au final, j’ai dû lire une cinquantaine de titres sur les 287 paru dans cette série depuis 1995. Ce nouvel opus qui se passe à Sainte-Mère-des-Joncs aurait dû m’attirer par son thème. Cela a très mal commencé page 13 avec une phrase obscure « Infichu capable de se souvenait de sa date de naissance »… Finalement, comme je vous le disais lundi, le neurologue a raison, même si je fais quelques fautes d’orthographe suite à mon opération, j’en fais moins que beaucoup de monde et arrive à corriger celles que je vois… mais là, mon cerveau a quand même eu du mal à comprendre la phrase (comme il y a des mois avec résonne/raisonne dans N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures de Paola Pigani). Le passage sur la mémoire olfactive page 45 ne m’évoque plus grand chose, vu le peu d’odeurs que j’arrive à percevoir (ça ne s’est pas beaucoup amélioré depuis cet article sur mon anosmie). Côté contraintes et intégration dans la série, c’est le service minimum, Cheryl est évacuée en deux lignes (en vacances), Gérard le bistrotier apparaît brièvement, de même que Pedro. Aucune allusion à un épisode précédent. Côté écriture et intrigue, ce titre est plus que décevant, même si l’idée développée au fil du « scénario » (pas vraiment un roman à mon sens) est assez intéressante… Si vous souhaitez découvrir cette série, choisissez un autre titre, plutôt écrit par un auteur reconnu de polars!

La isla minima, de Alberto Rodríguez

Affiche de La isla minima, de Alberto RodríguezJ’ai vu il y a une quinzaine de jours La isla minima, de Alberto Rodríguez.

Le film : au sud de l’Espagne, dans les marais du Guadalquivir, dans les années 1980, juste après la chute de Franco. Deux flics sont envoyés de Madrid dans un village où la fête bat son plein, mais où deux jeunes filles ont disparu. Pedro [Raúl Arévalo], jeune flic progressiste mis au placard pour avoir dénoncé les agissements d’un supérieur, et Juan [Javier Guttiérez], le baroudeur violent au passé trouble sous le régime fasciste. Ils vont devoir travailler ensembles, enquêter en milieu hostile, dans une société machiste (ces deux jeunes filles n’étaient-elles pas des filles faciles?), alors que les ouvriers agricoles sont en grève pour améliorer leurs salaires… mais le gros propriétaire terrien du coin préfère faire réprimer le mouvement que de négocier. Les jeunes filles sont vite retrouvées dans le marais, mortes…

Mon avis : les deux acteurs principaux sont excellents, mais le rôle principal est tenu par… le marais! Le film s’ouvre par de superbes vues aériennes du delta du Guadalquivir, et les recherches sur les chemins à travers ce marais en font quasiment un personnage à part entière! Au-delà du polar, ce film aborde également le poids du passé, du franquisme encore récent (tellement récent que des photos de Franco et de Hitler sont accrochées au crucifix de la chambre d’hôtel), de la gestion de ce passé: pardon, oubli, condamnation? Juan est certes violent, son passé trouble est révélé à son collègue par un photographe, mais ses méthodes « musclées » n’ont-elles pas permis d’obtenir des indices? Que valent des informations obtenues par la violence? Le film n’est pas passé longtemps à Poitiers, j’espère que vous pourrez encore le voir chez vous, sinon à ne pas rater quand il passera à la télévision dans quelques mois.

Puzzle de Franck Thilliez

Couverture de Puzzle de Franck ThilliezJ’ai acheté ce livre en poche, emporté lors de mon grand week-end à Brive-la-Gaillarde au début du mois de mai. C’est un auteur dont j’ai lu la plupart des ouvrages lors de déplacements (voir La mémoire fantôme, La chambre des morts, Le syndrome [E], Deuils de miel, Gataca, L’anneau de Moebius, Train d’enfer pour Ange rouge, La forêt des ombres, Vertige).

Le livre : Puzzle de Franck Thilliez, éditions Pocket, 2014, 477 pages, ISBN 9782266246446 [édition originale : Fleuve noir, 2013, 477 pages, ISBN 9782265093577].

L’histoire : de nos jours, dans les Alpes. Les corps de huit randonneurs sont retrouvés assassinés, dans un refuge. Près d’eux, un homme, Lucas Chardon, hébété, le meurtrier ? Il ne sait pas ce qu’il fait là. Déplacement. Quelque part dans la banlieue parisienne comme point de départ. Alors qu’ils ont été partenaires de chasses au trésor pendant longtemps, deux jeunes gens se sont séparés depuis un an lorsque Chloé vient relancer Ilan qui s’est isolé dans la maison de ses parents, scientifiques mystérieusement disparus en mer : elle a trouvé comment entrer dans un jeu mystérieux, Paranoïa, dont l’enjeu serait la somme de 300 000 euros. Les voilà qui passent les « présélections », dans un hangar puis à travers les rues de Paris. Les gagnants de la présélection,huit hommes et femmes au total, se retrouvent quelque part dans les Alpes, dans un ancien hôpital psychiatrique qui va constituer le terrain de jeu. Les voici à Swanessong avec un avertissement : « L’un d’entre vous va mourir »… et le premier cadavre (d’un candidat) ne va pas tarder à surgir, sur fond d’indices qui rappellent à Ilan la vie de ses parents.

Mon avis : comme dans d’autres livres, Franck Thiliez nous plonge dans l’univers de la psychiatrie via le passé de l’hôpital / terrain de jeu. L’énigme est bien montée, avec des indices semés au fil des pages pour arriver à la conclusion… qui va enfin éclairer le début du livre. Les joueurs ont le choix entre l’entraide (ne serait-ce que pour manger le premier jour) ou l’individualisme du « jouer perso ». Le lecteur navigue sans cesse entre normalité et folie, réalité et jeu, « tout n’est qu’un jeu », rappelle l’organisateur de ce jeu de piste… Virgile Hadès 😉 Hadès, dieu des enfers, Virgile, le poète latin qui accompagne Dante dans l’enfer (et le purgatoire) de sa Divine comédie. Certes, Franck Thilliez a joué sur la facilité avec le nom de ce personnage, mais il est aussi certainement pour quelque chose dans la montée (subconsciente) de l’intrigue. Le lecteur arrive lui-même aux portes de l’enfer, de la folie, celle des organisateurs du jeu, des anciens patients, des joueurs… ou même la sienne ? Allez, sur la plage, dans un train ou en voiture (pas le conducteur !), n’hésitez pas à vous perdre parmi ces pièces de puzzle jusqu’à trouver la dernière pièce qui éclairera l’ensemble !

Sur un plateau, de Hubert Duhautois

Logo de pioché en bibliothèqueCouverture de Sur un plateau, de Hubert DuhautoisC’est Grégory qui a trouvé ce livre à la médiathèque et qui me l’a recommandé en me disant que c’était une visite guidée de mon blog 😉

Le livre: Sur un plateau, de Hubert Duhautois, collection Geste noir, Geste éditions, 2012, 235 pages, ISBN 978-2-84561-952-4.

L’histoire: En 2010, entre Poitiers et Civaux. Achille Évémère arrive au journal local pour une pige. Il aimerait traiter d’un sujet différent des faits divers habituels… et souhaite enquêter sur le procès à venir de faucheurs d’OGM près de la centrale de Civaux. Alors qu’il doit se rendre sur place avec une jeune documentariste en formation à Ménigoute, il apprend la mort d’un ouvrier étranger sur le site même de la campagne. Il commence l’enquête, mais son article est caviardé par le rédacteur en chef…

Mon avis: sans grand intérêt sur le plan du polar, avec beaucoup d’imprécisions. Ainsi, ce n’est certainement pas la police qui interviendrait à Civaux, mais la gendarmerie et l’Autorité de sûreté nucléaire dont il n’est jamais fait mention. Sinon, Grégory a raison, c’est un peu comme si on avait demandé à l’auteur ou s’il avait choisi de lui-même de faire un concentré de la vie et du décor local… et on trouve donc:

Chauvigny, église Saint-Pierre, chapiteau de l'Enfance, 02, Annonciation– un trajet du Blanc à Poitiers qui correspond au retour de notre expédition de samedi dernier avec Ammaria et son mari pour aller chercher le miel 2014, en passant par Saint-Savin et .

La centrale nucléaire de Civaux vue depuis la ville haute de Chauvigny– La centrale nucléaire de Civaux, où trois incidents viennent à nouveau de se produire ces dix derniers jours: la centrale nucléaire sur le karst, ses problèmes avec la sécheresse, avec une petite crue de la Vienne (et une promenade imprévue de carburant radioactif), une fuite de tritium en janvier 2012, la suite de cette fuite (février 2012). Il faut que je vous parle un jour de son église et surtout de la nécropole où se déroule une course-poursuite

Poitiers, rue du Petit-Bonneveau, voitures sur les trottoirs le 8 septembre 2013 à 10h30 et 13h15– le journaliste se gare régulièrement sur les trottoirs… comme les poitevins, spécialistes des incivilités, (re)voir stationnement anarchique, ou encore là (avec un bilan sur plusieurs autres points), des voitures à la place des piétons, mégots, chewing-gums et autres incivilités, ras-le-bol, exemples à Poitiers et Niort (été 2013), centre-ville de Poitiers, attractif ou infréquentable? (automne 2014), etc.

Il se passe de drôles de choses à Poitiers…

Médaillon de Prudhomme avec Jeanne d'Arc, rue de la cathédrale à Poitiers, vue de loin – une manifestation violente d’anarchistes (transposées la nuit et liée aux anti-OGM au lieu des protestations contre le déplacement de la prison)… qui ont réellement cassé la plaque commémorant le séjour de Jeanne d’Arc à Poitiers dans la rue de la cathédrale

Janvier 2012, manifestation et stand lors du procès en appel des anti-OGM – un procès de faucheurs volontaires (en réalité de José Bové et une dizaine de faucheurs volontaires) d’anti-OGM qui ont réellement fauché du maïs OGM qui poussait à l’ombre de la centrale de Civaux

Le journaliste passe aussi par tous les lieux emblématiques de la ville…

La galerie du Confort moderne à Poitiers – un concert au confort moderne

– passage obligé à Notre-Dame-la-Grande (le mot-clef regroupe une vingtaine d’articles)

Poitiers, le marché Notre-Dame et Notre-Dame-la-Grande – et aux halles toutes proches et moches (qui ont remplacé des halles métalliques)

Reconstitution de l'amphithéâtre par Golvin, sur le parking Carnot à Poitiers – le parking Carnot (devenu hôtel de ville) qui avait accueilli la reconstitution de l’amphithéâtre romain par Golvin

La façade de l'hôtel de ville de Poitiers nettoyée – l’hôtel de ville, qui était juste restauré mais avant l’opération Poitiers cœur d’agglomération, cœur de pagaille…,, à revoir avant rénovation, en cours de rénovation et après rénovation, l’ancien musée dans l’hôtel de ville, la science et l’agriculture de Louis Ernest Barrias sur le fronton, les tigres chimères d’Auguste Cain, les plafonds peints de Émile Bin (salle du blason), de Jean Brunet (salle des fêtes) et de Léon Perrault (salle des mariages, plafond et cheminée), l’hôtel de ville tout vert (algues)

Le Clain à Poitiers près du moulin de Chasseigne – le journaliste passe au bord du Clain avec la passerelle aux abords du moulin de Chasseigne

Le 29 janvier 2011 à Poitiers, 2, le jardin anglais du parc de Blossac… et se promène au parc de Blossac (revoir le le jardin anglais en hiver, avec des oiseaux d’ici et d’ailleurs, la fontaine aux amours et aux nymphes, un Amour sur un griffon ou une panthère, un Amour sur un dauphin, le Faune soufflant dans une corne (autres vues en hiver), le Faune au coquillage, le lion amoureux, le monument au comte de Blossac et le groupe sculpté Léon Bazile Perrault, La douleur maternelle et Le bonheur maternel

Le viaduc de Lusignan, vu depuis les allées de Blossac– la documentariste habite à Lusignan et boit un coup dans le « seul café du lieu » (en omettant de signaler que sa terrasse est sous al belle halle). Grégory , c’est promis, je vais programmer un article sur le monument aux morts d’ un de ces jours

Et puis, il y a aussi tous les lieux dont je ne vous ai pas parlés mais qui pourraient faire l’objet d’articles! L’hôtel Fumé (j’ai plein de photos), la Maison de la Région (tant que ça existe encore) dans un ancien couvent (voir la plaquette de l’inventaire), des bars (le « Cafar » ou café des arts ; le Cluricaume, le Relax, le bistrot du Boucher et son tartare de bœuf recouvert de foie gras poêlé, la Serrurerie, etc.), le pont Neuf, le festival et la formation de documentariste animalier à Ménigoute (à découvrir régulièrement chez Le terrier de Marmotte), etc.

Le 3e oeil du professeur Margerie, de Jean Failler

Couverture de Le 3e oeil du professeur Margerie, de Jean FaillerIl y a des années, j’achetais les Marie Lester quand ils sortaient, puis j’ai trouvé que la série « baissait », même si elle permet une visite de la Bretagne… Je vous ai parlé des tomes 32, Sans verser de larmes, 35, Casa del Amor, 37 et 38, Villa des Quatre Vents. Je suis tombée sur le tome 36 à la brocante… (les tomes 40 et 41 sont parus cette année).

Le livre : Le 3e œil du professeur Margerie, de Jean Failler, collection Mary Lester, tome 36, aux éditions du Palémon, 2011, 349 pages, ISBN : 978-2-916248-19-6.

L’histoire : à Quimper, de nos jours. Absent lors de la photo de classe, un professeur de physique est retrouvé abattu d’une balle entre les deux yeux dans sa classe du lycée La Fontaine, chic lycée privé. En l’absence de Marie Lester, toujours à Noirmoutier (Casa del Amor), c’est le lieutenant Fortin qui est chargé de l’enquête, mais elle rapplique dare-dare. Lors de l’interrogatoire de la classe, il y a un absent, Patrick des Essarts, victime d’une mauvais chute d’après son père, un célèbre colonel. Si le professeur Margerie était bon physicien, il était détesté de ses élèves et de ses collègues, une raison suffisante pour le supprimer? Faisait-il réellement des recherches pour la Défense Nationale? Que se passe-t-il chez les Des Essarts? Que viennent faire dans le tableau Gonzague Saint-Piou et ses déclamations littéraires?

Mon avis: pas de doute, la série tourne un peu en rond… Dénoncer les nantis qui se croient tout permis livre après livre devient redondant. Pour changer quand même, trois adolescents sortent du rang, refusent le chemin tracé par leur (riche et célèbre) famille et s’adonnent au théâtre. Une écriture formatée pour un public adepte de polars locaux (un filon…), un zeste de registre familier (le lieutenant Fortin, accro de L’équipe, ne peut guère faire mieux, clichés, clichés…) , un registre plus soutenu voire recherché (Marie Lester, la flic intello, Gonzague Saint-Piou), remuez fort et vous obtenez ce livre ou un autre. Bon, admettons que ça passe comme littérature de salle d’attente (on attend beaucoup à l’hôpital…) ou pour un trajet en train, bref, quand on ne peut pas trop se concentrer mais qu’on n’a pas envie d’attendre à ne rien faire. Et Jean Failler est plutôt au-dessus du panier dans ce genre.

Pour les amateurs de ce genre de littérature, vous pouvez vous promener sur mon blog, en Bretagne (les autres Marie Lester, Sans verser de larmes, Casa del Amor, Villa des Quatre Vents), en bord de Loire, d’Amboise (Embrouille à Amboise, de Philippe-Michel Dillies) à son estuaire (Drôle de chantier à Saint-Nazaire de Firmin Le Bourhis), en Poitou-Charentes à Rochefort (Les naufragés de l’Hermione de Christophe Lafitte) ou Poitiers (L’assassinat de l’ingénieur Leberton, de Jacques Farisy)… Plus exotiques, et un cran au-dessus côté littérature, traductions par de grands éditeurs et non plus publications d’éditeurs régionaux/régionalistes, les polars à Venise (les livres de Dona Leon, Requiem pour une cité de verre, L’affaire Paola, Mort à la Fenice, La femme au masque de chair), en Suède (Arnaldur Indridason : La voix, la Cité des jarres, La femme en vert, L’homme du lac, Hiver arctique, Hypothermie, Étranges rivages) ou en Israël (les ouvrages de Batya Gour, Meurtre au kibboutz, Le meurtre du samedi matin, Meurtre à l’université, Meurtre au philharmonique), etc.