Archives de l’auteur : Véronique Dujardin

Les monuments aux morts de 1914-1918 de Lons-le-Saunier et Toulouse/Salonique

Lons-le-Saunier, monument aux morts de 1914-1918, quatre vues de face Je vais vous présenter aujourd’hui deux monuments aux morts de 1914-1918 formés d’une colonnade en hémicycle,  sans statue au centre.

Je commence par celui de Lons-le-Saunier, situé au bout de la place de la Chevalerie, du côté des thermes, à l’opposé du monument à Rouget-de-Lisle. Il se compose d’une grande colonnade dessinée par l’architecte Augustin Bidot. Sur le bord de la corniche, on peut lire, dans l’ordre de gauche à droite : « 1914 / La Marne / L’Yser / La Somme / L’Aisne / Aux héros / L’Alsace / Verdun / Champagne / L’Orient / 1919 « .

Lons-le-Saunier, monument aux morts de 1914-1918, deux vues de l'arrière En revanche, il vaut mieux ne pas faire le tour du monument, l’arrière sert de latrines et de dépotoir, manque de respect et/ou manque d’entretien… Pas reluisant en tout cas. Si on contourne complètement le monument, à quelques dizaines de mètres se trouvent le monument à la gloire de la résistance jurassienne, beaucoup plus intéressant, et un autre dédié aux morts en Afrique du Nord entre 1952 et 1962… mais je vous en parlerai une autre fois.

Toulouse, monument aux morts de 1914-1918 au cimetière de Salonique Partons maintenant à Toulouse… Je vous ai déjà montré le monument aux morts de Haute-Garonne inauguré en 1928 avec une vue générale de l’œuvre de l’architecte Jaussely et des articles sur les reliefs de André Abbal, de Henri Raphaël Moncassin et ceux de Camille Raynaud sur les allées Jules Guesde. Je vous ai aussi présenté le monument aux sportifs morts (Héraklès archer d’Antoine Bourdelle) et le monument aux morts de Skikda (Philippeville) dans le cimetière de Salonique (au-dessus du cimetière de Terre-Cabane).

Nous allons aujourd’hui vers le centre du même cimetière. D’après le dossier documentaire, le concours a été lancé en 1920, le projet retenu est celui de l’architecte Raymond Isidore, et monument a été inauguré le 11 novembre 1926. Il se compose d’une colonnade alternant deux colonnes doriques de calcaire blanc et un pilier de briques rouges. La colonnade est surmontée d’une frise de briques jaunes, alors que le mur du fond est tapissé de grandes dalles de marbre portant les noms de plus de 4000 soldats, dalles surmontées d’une frise de faïence figurant des couronnes de laurier. Le mur arrière est en briques rouges.

Toulouse, monument aux morts indochinois de 1914-1918 au cimetière de Salonique, 1, deux vues Derrière le monument se trouve le monument « à la mémoire / des / soldats et travailleurs / indochinois / morts au service de la France / 1914-1918 ». Il rappelle la présence d’une importante communauté indochinoise à Toulouse, d’un hôpital à Blagnac qui soignait notamment des combattants de  l’ex-Empire colonial français, et plus particulièrement des « soldats annamites » (indochinois). Rappelons que 70.000 soldats des troupes coloniales sont morts pour la France en 1914-1918. J’ai vu une carte postale qui montrait ce monument au sein d’un cimetière militaire, je ne sais pas quand il a été déménagé au cimetière de Salonique.

Toulouse, monument aux morts indochinois de 1914-1918 au cimetière de Salonique, 2, signature Breton Il porte la signature du sculpteur Charles Breton (Tours, 1878 – 1968) [« Charles Breton / Paris »], auteur de nombreux monuments aux morts en France, dont plusieurs figuraient au catalogue de Val d’Osne.

Toulouse, monument aux morts indochinois de 1914-1918 au cimetière de Salonique, 3, deux détails Mais ici, nous ne sommes pas face à une œuvre en série, mais bien d’une œuvre originale. Le soldat, aux traits asiatiques, s’appuie de la main gauche sur son fusil, brandit de la main droite une couronne végétale constituée de branches de chêne et de laurier, fermée par une cocarde aux chiffres de la République (RF). Il porte ses décorations et un casque colonial.

 

Les monuments aux morts de Toulouse dont j’ai déjà parlé ou dont je parlerai prochainement:

le monument aux morts de Haute-Garonne (inauguré en 1928) : vue générale de l’oeuvre de l’architecte Jaussely, les reliefs de André Abbal, de Henri Raphaël Moncassin, et ceu
x de Camille Raynaud

– le monument aux morts de Toulouse en 1914-1918 dans le cimetière de Salonique

– le monument aux morts de Indochinois, au dos du précédent, dans le cimetière de Salonique

– le monument aux morts de Skikda (Philippeville) dans le cimetière de Salonique

– le monument aux sportifs morts (Héraklès archer d’Antoine Bourdelle)

– le monument aux morts des quartiers Bayard-Matabiau-Concorde-Chalets, non loin de la gare

– le monument aux morts des quartiers Colone, Arago, Juncasse, Marengo, près de l’observatoire

– le monument aux morts du quartier Saint-Michel, allées Jules Guesde, non loin du muséum

– et pour la guerre de 1870, le monument du Souvenir français dans le cimetière de Terre-Cabade

Photographies de mai 2012 pour Toulouse et juillet 2012 pour Lons-le-Saunier.

En avant pour Moncoutant 2012 (8)

Concours de Moncoutant 2012, 8, la boîte ouverte

Pour mes fidèles lecteurs, je ne suis pas beaucoup passée chez vous cette semaine, qui a été très remplie côté activités du soir à Poitiers, pour l’instant très intéressantes et dans des domaines variés:

– sciences humaines mardi avec la conférence de Gilles Boëtsch, co-directeur du catalogue Exhibitions (au Quai Branly à Paris), sur les zoos humains à l’espace Mendès France

– défense de l’environnement mercredi avec la conférence de Gilles-Eric Séralini (auteur de Tous Cobayes, le livre, l’étude et principal intervenant du film de Jean-Paul Jaud), sur les effets des pesticides, des plastifiants, des OGM sur l’environnement et la santé, dans le cadre des mercredis de l’ENSIP (école d’ingénieurs)

– distraction jeudi avec le spectacle le jeu de Mille euros de Bertrand Bossard dans le cadre de ma saison 2012-2013 au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP (j’ai bien aimé la première partie, moins la seconde après l’intermède musical, je vous en reparlerai)

– ce soir, patrimoine à l’hôtel de ville (sous le le plafond peint de Émile Bin ?, euh, non, dans une salle plus grande), Marie-Eve Cortes nous parlera de la protection au patrimoine mondial de l’UNESCO d’Albi (dans le cadre du lobbying de la ville de Poitiers pour tenter sa propre candidature, qui est mal partie après le scandale du Clos Saint-Hilaire ou « l’erreur d’appréciation » du décapage intempestif du monument aux morts de 1870, qui faisait suite à la destruction assumée, elle, du square paysager et de ses grilles, feu le square, d’ailleurs, puisque rebaptisé place de la République dans les derniers communiqués de presse de la ville…).

Revenons au sujet du jour…

Le salon de Moncoutant (Deux-Sèvres) et son concours auront lieu ce week-end (10 et 11 novembre 2012), plus d’informations ici… Le thème est la soie, l’exposition accueillera des femmes de Madagascar. Voici donc ce que j’ai réalisé, une boîte à couture, moins compliquée que la boîte réalisée pour un cadeau il y a quelques années, et plus finie que la boîte restée inachevée du SAL maison de brodeuse organisé par Brigitte (Brigitbrode) l’année dernière… Mais cela me donne envie de la reprendre…

Nous avions donc droit à 5 objets brique ou écru en plus de ce qui était fourni dans le kit du concours nous avions reçu une toile couleur brique, des fils de coton (DMC 4124) et de soie (écrue de plusieurs grosseurs), des rubans, des boutons. Ce que j’ai ajouté se trouve à l’intérieur de la boîte : de la dentelle pour des petites poches, de la polaire beige pour une pochette pour ranger les ciseaux au fond et pour des pique aiguilles et épingles sur le côté, du molleton, du carton, et j’ai dépassé les 5 autorisés en ajoutant les petits anneaux pour ranger les fils…

Concours de Moncoutant 2012, 8, la boîte de trois quarts (deux vues) Je me suis bien amusée pour la séance de cartonnage, couvrir les « joints » des cartonnettes, etc, il ne me reste presque aucun centimètre de toile… Voici ce que cela donne quand on ferme la boîte…

Concours de Moncoutant 2012, 8, la boîte fermée, les quatre faces et le toit Et voici un détail des quatre côtés…

PS:

Pour Moncoutant 2012 : le matériel, les contours, la première, la deuxième, la troisième et la quatrième faces, le toit, l’intérieur, la finition, mes achats

Pour Moncoutant 2010 : vous pouvez maintenant voir les préparatifs le tablier lors du concours, le tablier à son retour et la pendouille à ciseaux… ainsi que mes achats.

Pour Moncoutant 2008 : la broderie pour le concours et mes achats.

Top BD d’octobre 2012

Logo 2012 du Top BD des blogueurs, nouvelle version Le classement du TOP BD des blogueurs proposé par Yaneck / Les chroniques de l’invisible du mois d’octobre est arrivé…

Comme d’habitude, en gras, ceux que j’ai chroniqués ici… Il y en a de moins en moins, le livre collectif En chemin elle rencontre (j’avais lu le tome 1) est sorti du classement ce mois-ci…

Merci à Yaneck / Les chroniques de l’invisible pour ces savants calculs et cette organisation. Et avec le choix de chroniquer à parité des BD d’hommes et de femmes, j’espère que des auteures (en plus de Marjanne Satrapi, dont Persépolis descend dans le classement) entreront dans ce classement… Mes chroniques BD sont regroupées dans la catégorie pour les BD et par auteur sur la page BD dans ma bibliothèque.

1- (=) Gaza 1956, Joe Sacco, Futuropolis, 19.17, voir mon avis : Gaza 1956

2- (=) Daytripper, Fabio Moon, Gabriel Ba, Urban Comics, 19

3- (=) Saison Brune, Philippe Squarzoni, Delcourt, 18.83, voir mon avis sur Saison brune

4- (=) Maus, Art Spiegelmann, Flammarion, 18.81, j’ai parlé ici du tome 1 : mon père saigne l’histoire, et du tome 2, Et c’est là que mes ennuis ont commencé

5- (=) Le journal de mon père, Jiro Taniguchi, Casterman, 18.67

6- (=) Habibi, Craig Thompson, Casterman, 18.61

7- (=) Persépolis, Marjanne Satrapi, L’Association, 18.55

8- (=) Asterios Polyp, David Mazzuchelli, Casterman, 18.5

9- (=) Idées Noires, Franquin, Fluide Glacial, 18.5

10- (=) NonNonBâ, Shigeru Mizuki, Cornélius, 18.5

11- (=) Les derniers jours de Stefan Sweig, L. Seksik, Guillaume Sorel, Casterman, 18.33

12- (=) Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis, 18.3

13- (=) Tout seul, Christophe Chabouté, Vents d’Ouest, 18.29

14- (=) Universal War One, Denis Bajram, Soleil, 18.27, Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6.

15- (=) V pour Vendetta, Alan Moore, David Lloyd, Delcourt, 18.22

16- (=) Urban tome 1- Les règles du jeu, L. Brunschwig, R. Ricci, Futuropolis, 18.2

17- (-) Le Grand pouvoir du Chninkel, Van Hamme, G. Rosinski, Casterman, 18.19

18- (=) Le sommet des dieux, Yumemuka Bura, Jirô Taniguchi, Casterman, 18.16, Tome 1,Tome 2,Tome 3, Tome 4, Tome 5.

19- (=) Les ignorants, Etienne Davodeau, Futuropolis, 18.04, je l’ai aussi beaucoup aimé

20- (+) Quartier Lointain, Jiro Taniguchi, Casterman, 18.04, je l’ai lu aussi, voir mon avis

21- (N) Herakles tome 1, Edouard Cour, Akiléos, 18.01

22- (=) Far Away, Jean-François Charles, Maryse Charles, Gabriele Gamberini, Glénat, 18

23- (N) Kiliana Song tome 1, Benjamin Flao, Futuropolis, 18

24- (+) Il était une fois en France, Fabien Nury, Sylvain Vallée, Glénat, 17.91, Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5.

25- (=) Les enfants de Jessica tome 1, L. Brunschwig, L. Hirn, Futuropolis, 17.88

26- (=) Pinocchio, Winschluss, Les Requins Marteaux, 17.85

27- (+) Gemma Bovery, Posy Simmonds, Denoël, 17.83

28- (=) Pyongyang, Guy Delisle, Delcourt, 17.8, j’en ai parlé ici

29- (=) L’enfant cachée, Loïc Dauvillier, Marc Lizano, Le Lombard, 17.8

30- (=) Azimut tome 1, Wilfrid Lupano, Jean-Baptiste Andréae, Vents d’Ouest, 17.75

31- (=) Une métamorphose iranienne, Mana Neyestani, Editions Ca et là, 17.75

32- (=) L’histoire des trois Adolf,Osamu Tezuka, Tonkam, 17.75

33- (=) Trois Ombres, Cyril Pedrosa, Delcourt, 17.69

34- (-) Holmes, Luc Brunschwig, Cecil, Futuropolis, 17.69, Tome 1, Tome 2, Tome 3.

35- (N) Lorenzaccio, Régis Peynet, 12 Bis, 17.67

36- (N) Le singe de Hartpool, Wilfrid Lupano, Jérémie Moreau, Delcourt, 17.67
37- (=) Cerebus tome 1, Dave Sim, Vertige Graphics, 17.63

38- (-) Walking Dead, Robert Kirkman, Tony Moore, Charlie Adlard, Delcourt, 17.62, Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6, Tome 7, Tome 8, Tome 9, Tome 10, tome 11, Tome 12, Tome 13,Tome 14,Tome 15,

39- (=) Lydie, Zidrou, Jordi Lafebre, Dargaud, 17.6

40- (=) L’orchestre des doigts, Osamu Yamamoto, Editions Milan, 17.5, Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4.

41- (=) Manabé Shima, Florent Chavouet, Editions Philippe Picquier, 17.5

42- (=) Alpha… Directions, Jens Harder, Editions de l’An 2, 17.5

43- (=) Un ciel radieux, Jiro Taniguchi, Casterman, 17.5

44- (=) Anuki, Stéphane Sénégas, Frédéric Maupomé, Editions de la Gouttière, 17.5, Tome 1, Tome 2,

45- (=) Les seigneurs de Bagdad, Brian K. Vaughan, Niko Henrichon, Urban Comics, 17.5

46- (=) La chronique des immortels, Von Eckartsberg, Van Kummant, Paquet, 17.5, Tome 1, Tome 2,

47- (=) Blankets, Craig Thompson, Casterman, 17
.44

48- (=) Abélard, Régis Hautière, Renaud Dillies, Dargaud, 17.4, Tome 1, Tome 2.

49- (=) American Born Chinese, Gene Luen Yang, Dargaud, 17.38

50- (=) Les aventures de Michel Swing, Brunö, P.Jousselin, Treizetrange, 17.38

Le monument aux morts de 1914-1918 à Angoulême

Angoulême, monument aux morts de 1914-1918, 1, vue de loin et de la République Place Beaulieu à Angoulême, au bout du plateau dominant la Charente, non loin du lycée Guez-de-Balzac, se dresse l’imposant monument aux morts de 1914-1918. Je vous ai déjà montré le monument aux morts de 1870, dit monument aux mobiles de la Charente, situé près de l’hôtel de ville.

En 1923, la ville d’Angoulême avait lancé un concours et retenu la maquette du sculpteur René Pajot, sculpteur dont je vous ai montré le buste d’Émile Roux à Confolens. Le deuxième prix avait été attribué au sculpteur Charles André Valère Juin et le troisième à Émile Peyronnet.

Angoulême, monument aux morts de 1914-1918, 2, signatures Baleix et Peyronnet C’est finalement le projet arrivé en quatrième et dernière position, proposé par l’architecte Breil, qui est mis en œuvre non pas par lui, mais par l’architecte Roger Baleix et le sculpteur Émile Peyronnet, avec une nouvelle maquette présentée en 1924 au salon de la société des artistes français sous le numéro 3813. Le monument a été inauguré le 11 novembre 1926, en dépit de la polémique sur le coût du monument et le dépassement des devis initiaux. Leurs signatures (« R. Baleix architecte / E. Peyronnet sculpteur ») se trouvent au dos du monument. D’Émile Peyronnet, je vous ai aussi montré à Angoulême le buste de Raoul Verlet, et à Saint-Jean-d’Angély le monument à Joseph Lair et la fillette du monument à André Lemoyne.

Angoulême, monument aux morts de 1914-1918, 3, les femmes de chaque côté de la porte

Ce dernier se compose d’une sorte de chambre funéraire installée sur un podium de quelques marches, surmontée d’une sorte de pyramide tronquée très massive sur laquelle est sculptée en bas-relief une république aux bras levés brandissant deux couronnes végétales (voir la vue rapprochée à droite de la première photographie). De part et d’autre de la chambre funéraire se tiennent la mère du soldat défunt (à gauche), sa femme et sa fille (à droite). Le modèle des femmes voilées est à rapprocher du modèle qu’il avait présenté au salon de 1911 pour le monument aux soldats morts pour la patrie de Castelnaudary.

Angoulême, monument aux morts de 1914-1918, 4, la mère âgée, de loin et de près

La mère du soldat est représentée sous les traits d’une femme âgée, debout, vêtue d’une longue cape avec une capuche qui lui couvre la tête. De sa main gauche toute ridée, aux veines apparentes, elle maintient sa cape fermée alors que sa main droite apparaît juste un peu, tenant vers le bas un bouquet de fleurs.

Angoulême, monument aux morts de 1914-1918, 5, la femme et la fillette, de loin et de près

De l’autre côté se tient la femme du soldat, triste, la tête couverte d’un long voile de deuil, soutenant leur fillette en lui posant une main sur la tête et en lui tenant la main droite. La fillette est vêtue, comme celle du monument de Parthenay, d’une robe à manches courtes et elle tient de la main gauche un bouquet de fleurs qu’elle laisse pendre vers le bas, comme sa grand’mère.

Angoulême, monument aux morts de 1914-1918, 6, vues de côté et de dos

De dos et de côté, on voit bien l’aspect massif du monument…

Pour aller plus loin, voir le catalogue réalisé par Béatrice Rolin, Fantômes de pierre : La sculpture à Angoulême 1860-1930, éditions du Germa à Angoulême (1995)., voir notamment pages 11-12, 66, 80, 84.

Vous trouverez d’autres informations sur cette œuvre dans le Parcours du patrimoine consacré aux monuments aux morts avec une allégorie de la République, et dans le dossier documentaire réalisé par le service de l’inventaire du patrimoine culturel de la région Poitou-Charentes).

Voir aussi le livre de Charlotte Pon-Willemsen, Les allégories de la République sur les monuments aux morts en Poitou-Charentes. Parcours du Patrimoine, n° 342. Geste éditions, 2008, page 48.

Une famille respectable de Massoud Bakhshi

Affiche de Une famille respectable de Massoud Bakhshi

Après Dans la maison de François Ozon et Amour de Michael Haneke, je suis allée voir ce week-end Une famille respectable de Massoud Bakhshi.

Le film : de nos jours à Téhéran. Alors qu’il est dans un taxi pour l’aéroport et rentrer en France où il a fait ses études et où il vit habituellement, Arash (Babak Hamidian), un universitaire, est enlevé. Retour quelques semaines en arrière. Il vient de passer un semestre à l’université de Chiraz où vit sa mère (Ahoo Kheradmand) pour monter un séminaire intitulé Iran, 3.000 ans de guerre. A l’invitation de son neveu Hamed (Mehrdad Sedighian), il accepte de retourner voir à Téhéran son père mourant qu’il n’a pas vu depuis 22 ans… Retour sur la guerre avec l’Irak, en 1981. Sa mère s’était aperçu que son mari détournait à son profit une partie des vivres destinés à la population. A la mort de son frère Amir, son père a installé chez eux sa deuxième femme et le demi-frère de Arash, Jafar (Mehran Ahmadi pour le rôle adulte), alors que la mère partait vivre chez sa tante avec le petit Arash à Chiraz. Aujourd’hui, c’est l’avenir de la fortune familiale, construite sur cet accaparement et sur l’exploitation du « martyre » d’Amir, qui est en jeu..

Mon avis : décidément, le cinéma (voir les enfants de Belle Ville et Une séparation de Asghar Farhadi) et la littérature (voir Je ne suis pas celle que je suis de Chahdortt Djavann) iraniens sont créatifs ces derniers mois, même si la répression y reste effroyable (mort en prison le 10 juin 2011 du journaliste iranien Reza Hoda Saber). S’ils doivent composer avec la censure ou s’exiler, les réalisateurs réussissent à aborder des sujets graves liés à la famille et au passé récent de leur pays avec la Révolution et la guerre Iran-Irak. Ici encore, c’est de la femme (la mère d’Arash) que naît l’espoir : elle refuse le détournement des vivres par son mari, elle refuse de toucher à l’argent qu’il veut lui léguer. Il montre aussi le décalage entre les exilés (Arash a quitté depuis longtemps son pays et ne le comprend plus) et ceux qui sont restés au pays, l’idéal de liberté et les compromissions, la corruption. L’omniprésence de la police politique, la soi-disant liberté de donner un séminaire… mais les hommes de main qui viennent reprendre les documents aux étudiants avant qu’ils ne puissent les lire.

Pour aller plus loin : voir le site officiel de Massoud Bakhshi.

Des carrés gris au tricot (4) : un damier…

Un dernier carré au tricot pour Brigitbrod Il y a quelques mois, Brigitte (Brigitbrode) a lancé un appel pour réaliser un bai jia bei non pas en couture, comme il est de coutume, mais au tricot, il lui faut 30 carrés de 20 cm de côté, au tricot, avec une laine grise. Sa petite-fille est née, et il manque quelques carrés… Je vais lui en envoyer deux supplémentaires (revoir l’ancre, la carte à jouer, le carré à trois bandes). Cette fois, j’ai choisi de faire des petits carreaux avec trois mailles endroit, trois envers, contrariées tous les quatre rangs… J’en ai encore tricoté un avec un point fantaisie.

Le monument aux morts de 1914-1918 à Nantes

Le monument aux morts de 1914-1918 à Nantes, vue actuelle (2012)

Le monument aux morts de Nantes a aujourd’hui un curieux aspect, celui d’un grand mur nu avec la liste des soldats morts à la guerre (5832 d’après le site de la ville de Nantes), situé au bout des cours Saint-Pierre et Saint-André, aujourd’hui square du Maquis-de-Saffré, à l’opposé du monument de la guerre de 1870. Il a été inauguré le 17 juillet 1927.

Le monument aux morts de 1914-1918 à Nantes, carte postale prise en 1927 ou 1928 La mise en scène était différente à l’origine, comme on peut le voir sur cette carte postale ancienne. En mai 1927, la ville de Nantes avait acheté un tirage de la Délivrance de Émile [Oscar] Guillaume (1867-1942), réalisée après la première bataille de la Marne et éditée par la fonderie Barbedienne. Plusieurs villes (Amiens, Bruxelles, Colmar, Liège, Lille, Metz, Reims, Mézières, Saint-Quentin, Strasbourg et Verdun) l’avaient commandée dès 1919, d’après le catalogue du fondeur.

Le monument aux morts de 1914-1918 à Nantes, carte postale ancienne Son histoire à Nantes est compliquée et rapportée en partie sur le site des archives municipales… Jugée impudique, elle est victime d’un attentat dans la nuit du 10 au 11 novembre 1927, 17 membres de la ligue des Jeunesses patriotes sont arrêtés et condamnés, la statue récupérée et remise en place, mais déplacée finalement en 1931. En 1937, le maire de l’époque, Léopold Cassegrain, la fait remettre à sa place d’origine. Elle est retirée en 1942 pour échapper aux fontes allemandes (c’est curieux, parce que l’envoi à la fonte épargnait les monuments aux morts). Elle est alors stockée, perd ses bras dans des conditions mal éclaircies.

Nantes, la délivrance déplacée du monument aux morts de 1914-1918, 1, de loin Elle est finalement restaurée en 1980, les bras sont restitués par le sculpteur Douillard et les fondeurs Douet, Heuz, Bertrand et Flasquin. En 1987, elle est installée sur l’extrémité est de l’Île de Nantes, à l’angle sud-est de l’hôtel de Région. Vous pouvez la voir également sur cet article de Mamazerty.

Nantes, la délivrance déplacée du monument aux morts de 1914-1918, 2, quatre vues Elle est sur un socle beaucoup plus haut qu’à l’origine, mais j’ai quand même pu en prendre quelques vues… Elle est certes nue, mais je ne vois pas en quoi elle a pu déchaîner un tel rejet dans les années 1920…

Nantes, la délivrance déplacée du monument aux morts de 1914-1918, 3, inscriptions Sur le socle est portée une inscription impossible à lire vue la position actuelle du socle…

Il manque sur place un petit panneau ou une plaque pour expliquer aux gens l’origine de cette statue…

En 2008, la ville de Nantes en a acheté une autre copie qui avait appartenu à Aristide Briand et se trouve désormais au château de Nantes.

Pour mémoire : revoir la victoire plantureuse en haut-relief de Camille Raynaud sur le monument aux morts de 1914-1918 à Toulouse, qui avait aussi fait scandale…

Photographies de juin 2012 pour le monument aux morts et octobre 2012 pour la statue déplacée.

Le crime de l’Albatros de Thierry Bourcy

Couverture de Le crime de l'Albatros de Thierry Bourcy

pioche-en-bib.jpgUn livre trouvé parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Le crime de l’Albatros, Les aventures de Célestin Louise, flic et soldat de Thierry Bourcy, éditions Nouveau monde, 2012, 219 pages, ISBN 9782847366617.

L’histoire : début 1919 à Montreuil. Alexandre Mekinoff est retrouvé assassiné à l’Albatros, studio de cinéma qu’il a fondé à son retour du front. Célestin Louise, lui aussi de retour à Paris après sa démobilisation, est chargé de l’enquête. Il se penche d’abord sur le passé de Mekinoff, comment a-t-il pu monter ce studio alors que ses parents ne faisaient pas partie des riches émigrés russes? Et s’il fallait chercher la cause de ce meurtre dans la guerre même? Comment a-t-il fait fortune? Il part à la recherche du régiment de cet ancien brancardier, plusieurs mois après l’armistice, des soldats sont toujours mobilisés pour éviter les pillages, déminer, remettre des corps aux familles, amorcer la reconstruction, occuper l’Allemagne…

Mon avis : je n’avais jamais lu aucun polar de cette série qui se passe au cœur de la guerre 1914-1918, donc je n’ai pas repéré les protagonistes des anciens épisodes signalés au fil des pages. Il présente les gueules cassées, la difficulté de réinsertion des soldats revenus à la vie civile dans un monde qui ne les a pas complètement attendus, le contraste entre la reprise de la vie à Paris et les derniers soldats mobilisés qui gèrent l’ancien front. Cet aspect socio-historique est bien présenté. En revanche, si vous vous attendez à une intrigue policière bien ficelée, passez votre tour… Ce n’est pas mal écrit, mais d’une grande banalité.

Le monument aux morts de Parthenay (Deux-Sèvres)

Parthenay, le monument aux morts de 1914-1918, 1, vue de loin Je vous ai déjà montré le monument aux instituteurs morts pour la France, au Marchioux à Parthenay. Ce monument ne concernait que les instituteurs élèves de l’école normale. Je vous emmène cette fois dans le jardin public avenue du Général-de-Gaulle (entre la gare et le centre-ville).

Parthenay, le monument aux morts de 1914-1918, 3, vu de face et de dos Dédié « Aux morts pour la Patrie », il se compose d’un socle en pierre surmonté d’un obélisque massif sur lequel est apposée une plaque en bronze avec un soldat dans un médaillon, auquel une fillette vient apporter un bouquet de fleurs. Il a été inauguré le 26 novembre 1922.

Parthenay, le monument aux morts de 1914-1918, 2, la signature du sculpteur Elie Ottavy

Il porte la signature du sculpteur [Antoine] Élie Ottavy (Lyon, 1887 – Paris, 1951), auteur de monuments aux morts dans toute la France (voir dans l’Aude, de l’un des monuments de Cambrai, etc.), qui avait proposé en 1923 de compléter le monument avec des plaques en bronze, mais ce projet, trop cher, a été rejeté par la commune. L’architecte du monument est E. Bidet (voir un dessin du projet en figure 1 et une description du projet rejeté p. 97 de l’article de Michel Bernier, en référence en bas de cette page).

Parthenay, le monument aux morts de 1914-1918, 4, la fillette de face et de dos

La fillette est représentée debout, à peu près grandeur nature, un pied légèrement en avant, elle vient se recueillir sur le médaillon représentant son père mort à la guerre. Elle est vêtue d’une robe à manches courtes dont les deux jupons ne descendent pas plus bas que les genoux, serrée à la taille par une cordelette nouée dans le dos. Elle est coiffée d’une longue tresse retenue par un nœud.

Parthenay, le monument aux morts de 1914-1918, 5, bouquet de fleurs et souliers de la fillette

Elle tient un bouquet de marguerites et de roses au creux de son bras gauche et porte des souliers plats.

Parthenay, le monument aux morts de 1914-1918, 6, détail du médaillon avec le soldat

De sa main droite elle dépose une fleur sur le médaillon où est figuré le portrait de profil de son défunt père, coiffé du casque de Poilu. Le médaillon est encadré de palmes et de branches de chêne, surmontées de rameaux de chêne (symboles de la force) et de laurier (symboles de la victoire) entre lesquels prennent place de matériel du soldat (grenade, ceinturon, gourde, pochette-cartouchière en cuir, fourragères, couteau).

Ces photographies datent de février 2012.

Pour aller plus loin : voir l’article de Michel Bernier, Les monuments commémoratifs de la Première Guerre mondiale en Gâtine, Bulletin de la société historique de Parthenay et du Pays de Gâtine, n° 3, 2007, p. 91-106.

Amour, de Michael Haneke

Affiche de Amour de Michael Haneke Week-end pourri, week-end cinéma! Après Dans la maison de François Ozon, je suis allée voir Amour de Michael Haneke (palme d’or à Cannes en 2012, revoir mon avis sur Le ruban blanc) puis Une famille respectable de Massoud Bakhshi. Je vous parle aujourd’hui du plus poignant…

Le film : à Paris de nos jours. La police et les pompiers entrent dans un appartement d’où s’échappe une odeur infernale… Dans une chambre, ils découvrent une vieille dame morte, joliment habillée et entourée de fleurs… Retour quelques mois en arrière. Au théâtre des Champs-Elysées, un couple âgé, Georges (Jean-Louis Trintignant) et Anne (Emmanuelle Riva), assistent au concert de leur ancien élève de piano, Alexandre (Alexandre Tharaud). Le lendemain, au petit déjeuner, Anne a une absence… il s’agit en fait d’un accident vasculaire cérébral. Bien qu’opérée, elle revient chez elle paralysée d’un côté. Elle fait promettre à Georges de ne jamais la renvoyer à l’hôpital. Leur fille, Eva (Isabelle Huppert), également musicienne et vivant à l’étranger, a du mal à comprendre leur décision. Au fil des mois, Georges s’occupe avec tendresse de sa femme dont l’état se dégrade peu à peu…

Mon avis : un grand silence a accompagné la fin du film, chacun prolongeant l’instant d’émotion avant de sortir de la salle… Deux acteurs sublimes, Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, au service d’un lent développement autour de la fin de vie et de la déchéance physique puis psychique, un couple fusionnel, qui semble avoir toujours tout fait ensemble. Une performance encore plus pour Emmanuelle Riva, dont la transformation physique au fil du film est d’un tragique réalisme… Une grande prouesse pour deux acteurs âgés qui ont accepté de jouer un rôle qu’ils craignent sans doute pour eux-mêmes ou leurs proches. Un film terrible à verser à la réflexion sur la fin de vie et de la légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté. Et quelques remarques audacieuses, de celles que l’on n’ose pas dire tout haut, comme celle-ci: non, toutes les infirmières ne sont pas dévouées, certaines peuvent être brusques, incompétentes, sans compassion. Comment peut-on forcer une femme qui ne supporte pas l’évolution de son corps à se regarder dans le miroir pour voir comment elle l’a coiffée… sans ménagement en tirant sur les nœuds? Oui, il y a des soignants formidables, comme l’autre infirmière, le médecin, que l’on ne voit jamais mais réussi à faire organiser la vie du couple à domicile… trop longtemps peut-être, en ne sachant pas arrêter à temps l’aidant épuisé et en hospitalisant malgré tout sa femme. Un film terrible mais très beau, à voir si vous avez le moral…

Le festival Télérama 2013 et ses films…
Ceux que j’ai vus avant le festival et dont je vous ai parlé (pas beaucoup cette année)

Ceux que j’ai vus pendant le festival

Ceux que je ne verrai pas

  • Moonrise Kingdom de Wes Anderson
  • Margin Call de J.C. Chandor
  • Holy Motors de Leos Carax
  • Tabou de Miguel Gomes
  • The Deep Blue Sea de Terence Davies
  • Les adieux à la reine de Benoît Jacquot
  • Elena de Andreï Zviaguintsev