Archives de l’auteur : Véronique Dujardin

L’oriflamme de Kutzenhausen (1) : le matériel

Bannière de Kutzenhausen, 1, le matériel Marlie a passé il y a quelques semaines un nouvel appel à brodeuses pour réaliser une oriflamme pour Kutzenhausen dans le Bas-Rhin. J’ai hérité des lettres N et U… C’est parti pour ce nouveau projet qui entre dans le cadre des bannières de Cluny…

Les étapes de la broderie :

Le U: début, à mi course, terminé

Le N: début, à mi-course, terminé

L’accompagnement : un marque-page tout simple avec des oiseaux

Affiche de l'exposition de Kutzenhausen 2012 Elles seront présentées fin octobre, début novembre 2012 à Kutzenhausen, lors du Festival autour du Point de Croix 2012 de Kutzenhausen, « Au fil des couleurs », plus d’informations ici.

Bannières brodées pour ClunyBannières brodées pour Gigny, Baume, Cluny

– avec les grilles parues dans le livre Les bannières de Cluny etc. (toutes les informations pour l’acheter sont ici)

– avec les grilles réalisées pour des projets supplémentaires

Chaumont-sur-Loire, de 2011 à 2012

Chaumont-sur-Loire 2011, envolée de montgolfières dans l'oeuvre de Dominique Bailly Cette année, j’irai au festival des jardins de Chaumont-sur-Loire le vendredi 15 juin 2012 avec Emmanuelle / le Marquoir d’Élise. Comme d’habitude, j’y vais en train, arrêt en gare d’Onzain puis traversée de la Loire à pied (par le pont!)… Si quelqu’un veut se joindre à nous, ça sera avec grand plaisir… Le thème cette année est Jardins des délices, jardins des délires. En attendant la suite, vous pouvez déjà faire la visite sur le site du domaine de Chaumont-sur-Loire.

En 2011, je suis allée visiter le festival des jardins de Chaumont-sur-Loire (sur le thème Jardins d’avenir ou l’art de la biodiversité heureuse) le 10 juin 2011, en train comme d’habitude (jusqu’à Onzain) , avec Dalinele. J’y suis retournée le 30 septembre dans un cadre de réunion professionnelle (qui s’est poursuivie le lendemain à Amboise (voir Aux cracheurs, aux drôles, au génie, la fontaine de Max Ernst), Chenonceau, et sur des barrages sur le Cher), nous avions pu faire un tour à nouveau dans les jardins, j’ai refait des photos que j’ai mises à la suite des articles publiés après la visite de juin… A voir ou revoir par ces liens… La photographie que j’ai mise pour illustrer cet article est aussi prise fin septembre, une envolée de montgolfières vues à travers l’œuvre de Dominique Bailly. Vous retrouverez aussi les liens vers les articles de cette année avec ceux des années précédentes, sur cette page.

Chaumont-sur-Loire, festival 2011, le jardin7, 4, canne à sucreC’est probablement le jardin n° 7, la sève à la croisée des chemins, conçu par Ernesto Neto et Daisy Cabral Nogueira, qui a le plus changé, avec des canes à sucre toutes petites en juin…

Chaumont-sur-Loire, festival des jardins 2011, jardin 7 en automne (30 septembre) : deux vues … et très grandes fin septembre…

Je vous laisse découvrir les autres… Les liens vers les sites des créateurs, quand ils en ont, sont dans les articles…

Pour retrouver les articles de 2011 / Jardins d’avenir ou l’art de la biodiversité :

  • en préalable, le puits avec des archers et les gargouilles du château
  • le jardin n° 1, Le laboratoire, conçu par Méryl Fanien, Philippe Guillemet et Cyrille Parlot
  • le jardin n° 2, Sculptillonnages, conçu par Corinne Julhiet-Detroyat et Claude Pasquer
  • le jardin n° 3, Tu me manques, conçu par Jacob Vilato et Marc Cunat
  • le jardin n° 4, La transparence du ver, conçu par Anne Blouin et Alessandra Blotto
  • le jardin n° 4bis, La bibliothèque du souvenir, conçu par Gaétan Macquet, Oreline Tixier et Pierre-Albert Labarrière
  • le jardin n° 5, L’envers du décor, conçu par Cathy Viviès et Vanessa Farbos
  • le jardin n° 6, Le jardin bijou, conçu par Loulou de La Falaise avec le concours de Paul-Antoine Penneau
  • le jardin n° 7, la sève à la croisée des chemins, conçu par Ernesto Neto et Daisy Cabral Nogueira
  • le jardin n° 8, La biodiversité en question, conçu par Olivier Chardin, Anaïs Brochiero, Philippe Verigno et Anaïs Brochiero,
  • le jardin n° 9, Le jardin pixélisé conçu par Mattéo Pernigo et Claudio Benna
  • le jardin n° 10, Le jardin méditerranéen conçu par les équipes du festival en liaison avec les étudiants de l’Institut national d’horticulture d’Angers
  • le jardin n° 11, Manier avec précaution, conçu par Jeroen et Maarten Jacobs
  • le jardin n° 12, Le jardin des plantes disparues, conçu par Olivier Barthélémy et Denis Valette
  • le jardin n° 13, La nature des choses, conçu par Soline Portmann, Aurélie Zita et Mioko Tanaka.
  • le jardin n° 14, Célébrons et tissons la [bio]diversité, conçu par Manon Bordet-Chavanes
  • le jardin n° 15, Entre ciel et terre, conçu par Wang Xiangrong
  • le jardin n° 16, Lucy in the sky, conçu par Chilpéric de Boiscuillé, Raphaëlle Chéré, Pauline Szwed et Benjamin Haupais,
  • le jardin n° 17, Les bulbes fertiles, conçu par Xavier Bonnaud, Stéphane Berthier, Clément Bouchet, Fabien Gantois, Etienne Panien, Olivier Duraysseix et Guillaume Pezet
  • le jardin n° 18, Le jardin à la rue, conçu par Julien Maieli et Germain Bourré
  • le jardin n° 19, le jardin de Madame Irma, conçu par Gladys Griffault, Clara Juncker, Emmie Nyk et Pascale Trouillet
  • le jardin n° 19bis, La biodiversité bleue, sans concepteur identifié
  • le jardin n° 20, Le jardin à emporter, conçu par Steve Papps, Jo Chapman et Jackie Bennett
  • le jardin n° 21, Le jardin des marées, conçu par Sarah Foque, Roland Horne, Jeremy Clark, Jos Gibson, Olly Hurst et Stan Van Der Laan…
  • le jardin n° 22, Graines d’espoir ou le jardin d’un regard partagé, conçu par des étudiants de l’école Du Breuil et de l’école Boulle
  • le jardin n° 23, Le pollen exubérant, conçu par Yekaterina Yushmanova et Ruth Currey
  • le jardin n° 24, La salle à manger, conçu par un groupe d’étudiantes japonaises
  • les jardins zen : le jardin de méditation d’Erik Borja et Simon Crouzet et le jardin 7
  • les murs végétaux : le jardin 8 et les murs de Patrick Blanc
  • le jardin expérimental
  • des oeuvres dans le château : La soupe verte de Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger, Jardins engloutis et Carnivores de Helene Schmitz, Atmosphère de Shin-Ichi Kubota, Sarkis
  • les oeuvres de Dominique Bailly dans le parc et les écuries et celles de Bob Verschueren (Dominique Perrault, Herman de Vries, Manfred Menz)
  • Colorès dan
    s le vallon des brumes
  • les oeuvres de Tadashi Kawamata, de Dominique Perrault (avec de nouvelles photographies des oeuvres de Anne et Patrick Poirier, François Méchain, Victoria Klotz et Rainer Gross), dans le parc

Un doudou au tricot (4)

Une tortue au tricot : les sept écailles Pour un cadeau de naissance (et oui, encore un autre bébé!!!), après le ventre en laine écrue et les pattes et la tête, la première écaille, voici l’ensemble des sept écailles du dos, tricotées en laine Phildar Impact, coloris automne (et centre avec un reste de laine bleue)… et épinglées sur la table à repasser pour leur donner leur forme…

Une tortue au tricot : avant assemblage Le modèle se trouve dans Animaux tricotés de Claire Garland (éditions Fleurus, 2011)…

Et voici l’ensemble, il n’y a plus qu’à assembler

Dans le même livre, j’ai réalisé:

Petite histoire des colonies françaises, tome 2, l’Empire, de Grégory Jarry et Otto T.

Couverture de Petite histoire des colonies françaises, tome 2, l'empire, de Jarry et Otto

Bienvenue en arabeLorsque je vous ai parlé de Village toxique, j’avais promis de vous parler aussi de la Petite histoire des colonies françaises de Grégory Jarry et Otto T. Je commence par le tome 2, parce qu’il rentre mieux dans le défi sur le monde arabe organisé par Schlabaya que le tome 1, l’Amérique française. A suivre dans les prochaines semaines les tomes 3 (la décolonisation) et 4 (la Françafrique). La série a fait l’objet d’une exposition lors du festival de la bande dessinée d’Angoulême en 2011, reprise début 2012 à la médiathèque de Poitiers.

Le livre : Petite histoire des colonies françaises, tome 2, l’Empire de Grégory Jarry et Otto T., éditions Flbl, 2007, non paginé, ISBN 978-2-914553-63-6.

L’histoire : en Afrique, en Asie et en Océanie, de 1805 (Trafalgar) à 1914. Après une introduction sur la période de l’Empire (napoléonien), ce volume ouvre par un premier long chapitre consacré à la conquête de l’Algérie, à partir de 1830, puis un second chapitre sur l’Algérie française. Le troisième chapitre s’intéresse au Maroc et à la Tunisie sous protectorat. Suivent ensuite l’Afrique coloniale (chapitre 4), en commençant par le partage de l’Afrique par l’Europe à la conférence de Berlin en 1884 et la présence française en Océanie, y compris l’Indochine (chapitre 5)

Mon avis : le récit est porté par un général de Gaulle très stylisé, qui introduit chaque séquence. Comme les autres livres signés Grégory Jarry et Otto T., nous sommes à la limite de la bande dessinée, avec sur chaque page un bloc de texte qui narre l’histoire et en dessous, une série de vignettes non délimitées par des cases, qui illustrent souvent avec beaucoup d’humour le texte, dans un dessin en noir et blanc sur fond brun. Un dessin très stylisé, les personnages sont représentés avec un gros corps, une petite tête, et une figuration « en fil de fer » du cou, des bras et des jambes. L’humour est mis au service d’une histoire complexe, survolée à grands traits, comme une introduction et une invitation à approfondir le sujet, sans oublier les grandes exactions, les massacres, avec une optique résolument anti-colonialiste et pro-droits de l’Homme.

Un mur peint en trompe-l’oeil à Angoulême

Angoulême, le mur peint au 45 rue Hergé, par Sineux Il y a quelques jours, Chris / C en Roussillon proposait de montrer des murs peints en trompe-l’œil… Je pensais avoir quelque part une photographie du mur de la maison de la presse de Civray ou celui de Chaunay (Dalinele vous en a montré un petit morceau ici et en entier là), réalisés tous les deux par Armand et Janie Langlois (ils ont aussi réalisé un autre mur à Clussais-la-Pommeraie, voir cet article du journal de Civray), mais impossible de les retrouver. Je suis donc repartie sur mon stock de photographies des murs peints par des (ou d’après des) auteurs de bande dessinée à Angoulême, parmi lesquels je vous ai déjà montré ceux de Margerin et Morris.

D’autres murs ont été peints dans la ville, sans rapport direct à la bande dessinée, mais plus en lien avec le thème des trompe-l’œil proposé par Chris / C en Roussillon. Nous sommes ici au premier étage d’une mutuelle, au 45 rue Hergé à Angoulême. Je n’ai pas trouvé les photographies de détail, mais les ateliers Sineux ont complété le pignon et la façade de cette maison avec de nouvelles fenêtres, une plante qui grimpe sur la gouttière et qui s’étale jusque sous le toit, un chat qui marche sur la corniche… Ces ateliers ont réalisé d’autres murs à Angoulême, aux alentours (boucherie du gond-Pontouvre) et un peu partout en France…

Mon arbre à sous pour Mamazerty

Mon arbre à sous Il y a quelques semaines, Mamazerty a lancé un concours photo sur le thème de l’arbre à sous, qui se clôturait le premier mai… Je suis partie à la chasse des pièces de dix centimes d’euros… que j’ai posés sur le fond de l’arbre que m’avait envoyé Dalinele il y a quelque temps. Les votes devant être clos, j’ai programmé cet article depuis l’envoi de ma photographie il y a presque un mois.

Je n’ai pas réussi à trouver les 17 pays de la zone euro, parmi les « historiques », il me manque la Finlande, et presque tous les nouveaux venus, la Slovénie, Chypre et Malte, et la Slovaquie. Mais j’ai eu la surprise de trouver une pièce de dix centimes provenant d’Estonie, le dernier pays entré dans la zone euro en 2011. Sans doute venue via un des nombreux chauffeurs routiers de ce pays qui sillonnent nos routes. Il me manque aussi les pièces des trois micro-pays hors Union européenne qui ont l’euro pour monnaie, Monaco, le Vatican et Saint-Marin… J’ai donc mis sur la photo les faces « pays » des pièces de dix centimes d’euros (par ordre alphabétique, pour ne pas faire de jaloux) de l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, du Luxembourg, des Pays-Bas et du Portugal. Pas si mal…

Si je trouve les autres, je referai une photo!

Vive l’Europe, vive l’euro…

Un tricot pour moi (6)

un pull pour moi, le devant terminé J’ai terminé le devant de ce pull (modèle de Fait main hors série n° 28, spécial tricot du printemps 2012), il ne me reste plus que le col et l’assemblage…

Un pull de printemps pour moi, tricoté en 3,5 avec 9 pelotes de laine achetée à Angoulême avec Emmanuelle / le Marquoir d’Élise, qualité Calzetteria (70 % de laine et 30% de polyamide).

Toutes les étapes de ce pull:

 

Palestine de Hubert Haddad

Couverture de Palestine de Hubert Haddad pioche-en-bib.jpgAprès avoir lu Opium Poppy, j’ai eu envie de découvrir d’autres livres de Hubert Haddad. mon choix s’est porté sur Palestine, trouvé à la médiathèque. Il a reçu le prix des cinq continents de la francophonie en 2008 et le prix Renaudot poche en 2009.

Le livre : Palestine de Hubert Haddad, éditions Zulma, 2007, 156 pages, ISBN 978-2-84304-421-2.

L’histoire : vers 2005 en Cisjordanie, entre la Ligne verte et la « ceinture de sécurité », au sud d’Hebron, entre un village arabe, un ancien cimetière et la colonie juive de Ber Schov. Cham, jeune soldat israélien, devrait être en permission, mais il l’un de ses supérieurs lui demande de faire une dernière ronde… quand un commando palestinien attaque. Son compagnon est tué, lui est kidnappé, la tête recouverte d’un keffieh. En se réveillant, il se souvient qu’il s’est fait volé ses papiers la veille sur l’esplanade des mosquées, mais il ne se rappelle de rien d’autre, pas même de son nom. Il est déplacé d’une cache à l’autre, et devient Nessim, le fils disparu d’une mère aveugle, Asmahane, et le frère de Falastìn, qui le soignent et le cachent, il se retrouve pris entre les tirs palestiniens et les tirs israëliens, entre le Hamas et le Fatah…

Mon avis : un texte fort sur le conflit israëlo-palestinien, mais que j’ai quand même trouvé un cran en-dessous de Opium Poppy que j’ai adoré. Une façon poétique et tragique d’aborder ce conflit, l’absurdité de la ligne de séparation, qui entraîne encore plus de révolte du côté palestinien… jusqu’au dénouement final que je ne vous révèlerai pas… Mais quand l’armée israélienne considère juste comme une erreur d’avoir rasé une maison avec une vieille dame aveugle à l’intérieur (ben oui, elle aurait dû lire l’avis placardé la veille!), comment ne pas comprendre la révolte, tout en sachant que la violence n’apporte que la violence et ne résout pas les conflits…

Bienvenue en arabeUn livre qui entre dans le cadre du défi sur le monde arabe organisé par Schlabaya. L’auteur, Hubert Abraham Haddad, est né à Tunis en 1947, il a suivi l’exil de ses parents quelques années plus tard, à Belleville.

Des chefs-d’oeuvre de broderie médiévale au musée Paul Dupuy à Toulouse

Façade du musée Paul Dupuy à Toulouse Le musée Paul Dupuy à Toulouse, qui par ailleurs présente de belles collections d’arts décoratifs et d’arts graphiques, présente jusqu’au 18 juin 2012 une exposition intitulée Le parement d’autel de Toulouse : anatomie d’un chef-d’œuvre du XIVe siècle (informations pratiques ici).

L’exposition : l’exposition présente avant tout un parement d’autel, celui de l’ancien couvent des Cordeliers à Toulouse. La première partie de l’exposition présente d’abord l’histoire de ce couvent aujourd’hui quasiment détruit, avec des vues anciennes et du mobilier qui en provient.

Dans la dernière salle sont présentés trois œuvres majeures, des prouesses de broderie médiévale, le parement d’autel qui est dans le titre de l’exposition et deux chapes (grands manteaux de cérémonie semi-circulaires quand on les pose à plat), l’une de Saint-Louis d’Anjou (habituellement conservée à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume dans le Var, voir les photographies – en noir et blanc – du dossier de protection), l’autre de Saint-Bertrand-de-Comminges au sud de la Haute-Garonne (habituellement conservée dans l’ancienne cathédrale, voir les photographies – en noir et blanc – du dossier de protection). Ces trois pièces, si elles ont des fonctions liturgiques différentes, présentent des structures assez proches, avec des scènes de la vie du Christ (scènes dites de l’Enfance, qui vont en gros de l’Annonciation à la fuite en Égypte, et scènes de la Passion, qui vont plus ou moins du procès de Jésus à la Résurrection en passant par la Cène et la Crucifixion) dans des médaillons, et entre les médaillons, des représentations de saints mais aussi, pour la dernière, de petits médaillons intermédiaires dont il n’est pas question dans le cartel ni dans le panneau explicatif et qui sont de magnifiques représentations d’oiseaux tous différents encadrés de quadrupèdes (chiens, chats, lions, etc.).

Mon avis : les trois pièces brodées sont des pièces majeures, avec des broderies remarquables, pleines de détails (voir par exemple le massacre des Innocents sur la chape de Saint-Louis d’Anjou, ou sur la même pièce les détail de la suivante dans la scène de la présentation au Temple, avec une jolie guimpe (la pièce de tissu qui enserre la tête et le menton) et un panier avec deux oiseaux… Je regrette en revanche la présentation, certes, des tissus doivent être présentés à moins de 50 lux pour des raisons de conservation. Mais les chapes sont de grandes pièces, les présenter contre un mur en légère pente ne permet pas de voir les détails de la partie supérieure, trop éloignée du visiteur. J’ai vu ce genre de pièces dans beaucoup d’autres expositions, un autre choix est souvent fait, avec une vitrine à plat autour de laquelle on peut circuler et des loupes pour pouvoir observer les détails (cf. à Angers ou à Dijon, ces dernières années). Les loupes ne sont pas inconnues à Toulouse, il y en a dans l’exposition qui vient d’ouvrir au musée Saint-Raymond… un peu dommage… Il y a aussi très peu d’informations sur la technique de broderie, juste un panneau à la fin de l’exposition, pour les détails, il faut acheter le (beau) catalogue.

Il y a également des approximations étranges. Par exemple, un « fermail de chape » (la grosse agrafe qui permet de fermer la chape) est dit en grenat ou en tourmaline. Il est possible de distinguer ces deux pierres et même leur provenance par des analyses non destructives par exemple grâce à l’accélérateur de particules du laboratoire de recherche des musées de France (sous le musée du Louvre), ils ont ces dernières années apporté beaucoup d’éléments sur les mines de grenat pour une période un peu plus ancienne (notamment pour les fibules et plaque-boucles mérovingiennes au sens large).

Pour le public non averti, il aurait peut-être aussi été utile de donner quelques précisions, notamment sur l’usage liturgique d’une chape ou d’un autel… Il est certes impossible d’expliquer chaque scène représentée, mais un bon nombre de visiteurs ne doit pas facilement comprendre certaines d’entre elles… Un petit exemple sur le parement d’autel… Qui sait aujourd’hui placer l’Annonciation à Zacharie dans l’histoire de l’enfance du Christ??? (pour info, c’est dans Luc 1, à lire par exemple ici, l’archange Gabriel annonce d’abord à Zacharie que sa femme, Élisabeth, pourtant ménopausée, va enfanter un fils, le futur saint Jean Baptiste, quelques mois avant d’annoncer à Marie, la cousine d’Élisabeth, qu’elle enfantera de Jésus, Marie allant ensuite – scène de la Visitation- annoncer la nouvelle à Élisabeth). Sans faire un panneau, un petit mémo genre « fiche de salle » pourrait être mis à disposition de ceux qui souhaitent mieux comprendre ou aller plus loin…

Voir quelques-unes de ces scènes en sculpture, sur mon blog: l’Annonciation, sur un chapiteau de Chauvigny, la Visitation de la façade de Notre-Dame-la-Grande à Poitiers.

Le catalogue : Le parement d’autel des cordeliers de Toulouse, Catalogue d’exposition de l’exposition Anatomie d’un chef-d’œuvre du XIVème siècle, sous la direction de Maria Alessandra Bilotta et Marie-Pierre Chaumet, éditions Somogy, 2012, ISBN 978-2757205754.

Une pochette trousse de toilette et à pharmacie

Une pochette de voyage pour Zazimuth, fermée Pour l’anniversaire de Zazimuth, j’ai choisi cette année de lui préparer un ensemble pour voyager… J’ai décidé de m’inspirer essentiellement de Créations futées pour mes voyages de Cécile Pouget aux éditions Dessain et Tolra, 2005, dans lequel j’ai déjà pioché un damier pour Véro bis… Après la ceinture de voyage et le masque, voici la pochette à deux compartiments, un pour les affaires de toilette et l’autre pour la pharmacie… Vous devez reconnaître les tissus jaune et rose… Fermeture par de petits rubans…

Une pochette de voyage pour Zazimuth, ouverte, recto et verso Et voici ce que ça donne, mots brodés à l’extérieur et appliqués à l’intérieur (dans le modèle original, les motifs sont peints).

Voir la suite : la broderie du dragon, plaquée en poche sur un T-Shirt.