
J’ai déjà édité cet article le 29 mars 2009 (juste après la date de l’Annonciation, le 25 mars), mais je n’avais mis qu’une mauvaise photographie faite avec mon ancien appareil photo. J’ai donc repris une vue générale et des photographies de détail, que je vous montre aujourd’hui avant de poursuivre avec le texte de mon précédent article.
Cette Annonciation à Marie par l’archange Gabriel de sa grossesse se trouve sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande (voir la dernière image de cet article pour sa localisation). Sur la gauche de cette scène quand on regarde la façade se trouvent quatre prophètes et sur la droite, l’arbre de Jessé. Sous les pieds de Marie se trouve une sirène (un triton plutôt), pour lequel j’ai aussi mis une nouvelle photographie (ainsi que pour les deux éléphants affrontés).
L’ange est un peu plus petit que Marie (question de hiérarchie)… du coup, le sculpteur a eu la place de mettre des petites plantes sous ses pieds. Alors que Marie est représentée de face, l’archange est lui sculpté de trois quarts, vêtu d’une longue robe (sa manche gauche tire-bouchonne), les deux bras tendus vers Marie.
Entre les têtes de l’ange et de Marie est gravée et peinte l’inscription « MARIA ».
Cette dernière est vêtue d’un riche vêtement et c’est une des figures de cette façade qui a conservé le plus de vestiges de polychromie.Vous remarquerez le plissé du bas de sa robe, on aperçoit aussi son long vêtement de dessous, non plissé, qui dépasse légèrement en bas et ses chaussures pointues en appui sur la petite moulure…
Voici de plus près le détail de son vêtement. Sa robe de dessus a de larges manches suivant la mode romane (à voir aussi dans l’exposition, en ligne sur cette page, ou sur l’un des lieux où elle circule, plus d’information sur le site la Région Poitou-Charentes / service de l’inventaire général du patrimoine culturel), avec un col en V richement orné. De ce col dépasse celui de sa chemise de dessous (la chainse). La robe est maintenue par une ceinture composée d’une cordelette fermée par un nœud plat. Notez au passage ses deux longues tresses qui lui reviennent sur l’épaule droite. Pour avoir une idée de la reconstitution des couleurs, depuis 1995 et la restauration de la façade sont projetées chaque soir d’été et des vacances de noël sur la façade des images colorisées par Skerzo.
Retrouvez le thème de l’Annonciation (Luc 1, 26-38) : à Chauvigny sur un chapiteau du choeur de l’église Saint-Pierre ; à Poitiers, sur la partie droite du portail Saint-Michel de la cathédrale et sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande.
[suite de l’article du 29 mars 2009]
L’Annonciation… Et oui, noël est dans neuf mois, elle a eu de la chance, Marie, l’archange Gabriel lui aurait ainsi annoncé la naissance à venir de Jésus dès le jour de sa conception… Euh, non, je n’ai pas du bien comprendre, pas de préservatif (oups ! En plus, ils n’étaient que fiancés, Joseph et Marie, alors… ), mais pas de conception… au sens charnel ! Pas d’Immaculée Conception non plus en dehors des catholiques (pour les orthodoxes et les protestants, cette notion n’existe pas…). Quant au pêché du monde (le pêché originel, c’est à l’extrême gauche de la façade) qui aurait ainsi été lavé… parce qu’elle est vierge et enceinte, c’est une question de théologie, contactez donc un prêtre ou lisez un catéchisme pour vous faire expliquer la question. Si nous ne voulons pas que ceux-ci se mêlent de notre vie privée ou de science (oui, l’évolution des espèces est un fait scientifiquement prouvé, et non, Mgr André Fort, évêque d’Orléans, les préservatifs ne sont pas poreux au virus du SIDA), alors ne nous mêlons pas de théologie. Je vous propose quand même de (re)lire la bible (dans quelle traduction ? À vous de choisir), par exemple Luc, 1, 26-38 pour l’Annonciation.
Un peu d’histoire, même si je reparlerai de cette église : mentionnée au 10e siècle, l’église Notre-Dame-la-Grande est construite en partie sur des fondations romaines et conserve sur son élévation nord un mur qui pourrait dater entre l’Antiquité tardive et l’époque carolingienne… Elle a été reconstruite et consacrée en 1086 par Eudes de Châtillon, le futur pape Urbain II. Il s’agissait alors d’une collégiale (avec un chapitre de chanoines). Il faudra que je vous montre le reste de la façade et l’intérieur…
Un peu de lecture :
– pas cher et pratique à emporter pour une visite sur place, paru à l’occasion de la fin des travaux de restauration de la façade, un Itinéraire du patrimoine, n° 85, dirigé par Yves-Jean Riou, La collégiale Notre-Dame-la-Grande, éditions Connaissance et promotion du patrimoine de Poitou-Charentes (CPPPC), 1995.
– beaucoup plus cher, très illustré, sous la direction de Claude Andrault-Schmitt et Marie-Thérèse Camus, Notre-Dame-la-Grande, l’œuvre romane, éditions Picard, CESCM, 2002.
Et retournez lire mes articles consacrés à cette église – collégiale Notre-Dame-la-Grande à Poitiers, petit joyau de l’art roman :
- Adam et Ève
- Nabucchodonosor
- les prophètes
- l’Annonciation
- l’arbre de Jessé
- David
- la Visitation
- la Nativité et Jésus au bain,
- Joseph contemplant Jésus enfant
- deux éléphants affrontés
- une sirène (un triton plutôt)
- deux dragons
- les douze apôtres, un pape et un évêque au deuxième niveau
- au deuxième niveau, au sud, registre inférieur, les arcs et chapiteaux sur la gauche et sur la droite
- le tétramorphe
- le soleil et la lune
Quelques nouvelles de Poitiers… en dehors des articles sur les monuments de la ville le dimanche à midi.
Il y a quelques semaines, je vous ai parlé d’une visite de Poitiers avec plusieurs architectes et vous ai déjà emmenés voir la
Avant d’entrer avec lui, revenons un peu en arrière, c’est-à-dire à l’arrivée dans le bâtiment par la rue Édouard Grimaud, alors en pleins travaux. Je vous ai déjà montré
Il voulait que son double bâtiment jaune (un cube pour l’auditorium, un pour le théâtre) se voit depuis cette rue, mais aussi que la vigne vierge pousse sur les murs pour faire écho à la vigne-vierge de la dernière maison à gauche de la rue Grimaud. De cette fenêtre, on voit la vigne qui grimpe peu à peu dehors…
Allez, on descend le grand escalier, conçu aussi comme un lieu de spectacle, de même que l’espace en bas, foyer des spectateurs mais aussi parfois avec des installations artistiques…
Une petite vue sur la salle de théâtre comme les spectateurs ne la voit pas, c’est-à-dire depuis la scène… 700 places… Le public de la visite (dont Jérôme Lecardeur, le « nouveau » -depuis un an quand même- directeur du TAP, très concentré 😉 , le seul dont j’ai laissé le visage sur la photo) suit attentivement les explications de l’architecte.
Un autre espace que l’on ne voit jamais, le foyer des acteurs en commençant par l’espace extérieur…
En fait, pour les personnes qui passent sur le parvis du TAP et osent se pencher, il est visible du haut par chacun… [ainsi que, depuis, les fissures, les infiltrations d’eau et l’écaillage de la peinture jaune]
… et la partie intérieure. Vous voyez tous les jeux de mots sur le mur, ils sont dus à l’artiste
Dans un escalier qui n’est pas non plus dans la partie publique, un envol de papillons…
On arrive dans l’auditorium… vu lui aussi depuis la scène. João Luis Carrilho da Graça nous rappelle son choix d’une salle à plat (1100 places), sans allée centrale, des calculs d’acoustique etc., qui ont déjà été présentés lors de l’inauguration et de visites du bâtiment. Une acoustique exceptionnelle… sauf que depuis quelques mois, les sièges grincent!!! [ils ont été huilés après]
Une présentation pleine d’entrain de sa belle réalisation… même M. Baudouin (à gauche), l’architecte de la médiathèque, écoute avec attention…
Une dernière vue de l’auditorium depuis le balcon, seuls les architectes, la presse, les élus sont encore en bas.
Ah, si, comme un clin d’œil à João Luis Carrilho da Graça qui a dit aimer la découverte de son chantier depuis le boulevard, la vue depuis la
Je vous ai déjà montré plusieurs enseignes des 15e et 16e siècles au fil des rues de Poitiers:
Voici la partie gauche…
…et la partie droite. Bon, il est beaucoup moins sympa que les autres enseignes, surtout avec la tête qui manque…
La signature, peu lisible (« A.J.S. Etex »), se trouve sur le côté.
Une mère agenouillée, vêtue d’une chemise à manches mi-longues, joue avec son enfant nu. La chemise a un peu glissé et dénude son épaule gauche.
L’enfant, sans doute une petite fille à cause de son chignon, à ses mains tendrement passées autour du cou de la mère.
elle-ci tient un objet, apparemment une boule, dans sa main gauche.
De dos, on voit le drapé du vêtement dont dépasse le pied droit nu de la mère.
Voici la statue de dos…
Et sur le côté, des fruits et du blé, symboles d’abondance et de bonheur.
Depuis plus d’un an (et encore pour au moins le double), le centre-ville de Poitiers est en travaux, tous ceux qui habitent en ville pestent, fatiguent avec le bruit, la poussière… Même si la place d’armes a
…ou orange et mauve (photographies recyclées de ces derniers mois).
A Tours, pour le tramway, ils doivent avoir le même fournisseur!! Option orange et blanc ici ce printemps 2011. Courage à Véro bis et à tous les Tourangeaux qui sont aussi partis pour des mois de travaux…
Niort, qui lance aussi une opération de cœur d’agglomération (avec un vrai archéologue recruté par la ville pour toute la durée des travaux, pas du bidouillage source de bien des destructions comme à Poitiers), a choisi des barrières ajourées, ici place de la brèche mi juillet 2011.
Les mêmes barrières que j’avais croisées mi novembre 2010 aux Sables-d’Olonne, où il s’agissait de reconstruire le front de mer très endommagé après la tempête Xynthia.
Cet article est une réédition augmentée de mon article d’avril 2009, publié à l’occasion de la saint Marc, mais avec des photographies de détail, j’ai joué les touristes à Poitiers en juillet 2011… et repris un peu le texte.
Au centre mais légèrement décalé vers la gauche par rapport à l’axe de la mandorle se trouve le Christ. Il a perdu sa tête mais est reconnaissable à son nimbe cruciforme (le disque avec une croix qui entoure sa tête). Il est représenté debout, les pieds nus pointes vers l’extérieur. Il porte le Livre (la Bible) dans sa main gauche. Quand le Christ est ainsi représenté dans une mandorle, on parle aussi de Christ en gloire ou en majesté (qu’il soit debout comme ici ou assis sur son trône). Il est ici encadré par le symbole des évangélistes.
Marc est souvent symbolisé par un animal, vous ne voyez pas ? Pensez à Venise… Ça y est, en bas à gauche, le lion… Le lion est ici représenté avec des ailes, comme un griffon. Pourquoi le lion ? Pourquoi quatre êtres ailés associés, qui forment le tétramorphe, soit le lion, le taureau/bœuf, l’aigle et l’homme ? Ils apparaissent une première fois dans l’Ancien Testament, dans les visions du prophète Ézéchiel. Puis dans l’Apocalypse de Jean (IV, 6-8) : » Devant le trône, on dirait une mer, aussi transparente que du cristal. Au milieu du trône et autour de lui, se tiennent quatre Vivants, constellés d’yeux par-devant et par-derrière. Le premier Vivant est comme un lion ; le deuxième Vivant est comme un jeune taureau ; le troisième Vivant a comme un visage d’homme. Le quatrième Vivant est comme un aigle en plein vol. Les quatre Vivants, portant chacun six ailes, sont constellés d’yeux tout autour et en dedans « .
… Un homme ou un ange pour Matthieu, ici en haut à gauche. il est ici représenté en buste, les mains serrées sur le ventre et maintenant le Livre ouvert. Il émerge des flots.
…Un aigle pour Jean. Sous ses pattes se trouve un livre. Il se trouve en haut à droite.
… un taureau ou un bœuf pour Luc,lui aussi ailé, et avec le livre sous sa patte avant gauche. Il est représenté en bas à droite de la mandorle.

Cette seconde peau sert d’écran anti-UV et protège les enfants du bruit et de la vue de la rue. Juste derrière se trouvent des espaces de jeu à moitié en plein air.
Au fond de la cour se trouvait un bâtiment du 19e siècle dont l’architecte des bâtiments de France demandait la conservation… Bon, ce genre de chose, j’ai du mal à comprendre, puisqu’on se retrouve avec une simple façade (très ordinaire au demeurant) et tout ce qui est derrière a été réorganisé, changement des planchers, des distributions…
Dans la cour, l’ancien marronnier qui donne son nom à la crèche a été abattu et remplacé par un jeune arbre…
Ah, si, il y a juste un petit décor sur l’ancienne façade du 19e siècle.
Je vais aujourd’hui vous parler de trois expositions vues ces deux dernières semaines, mais que vous pouvez encore voir un certain temps. Mais avant, je vous montre une amélioration très significative et colorée de
Passons maintenant à l’art contemporain revendiqué comme tel. Dans la chapelle Saint-Louis du collège Henri IV (promis, je vous la montrerai un de ces jours) se teint dans le cadre de la manifestation estivale itinérance organisée par la
Dans la
Quittons Poitiers pour Niort, j’y suis allée pour un rendez-vous d’ophtalmo, impossible d’en trouver un rapidement à Poitiers, et j’avais besoin de changer de lunettes… du coup, direction Bessines, en banlieue de Niort, pour 10 minutes de RDV (mais pas du luxe, la myopie a beaucoup bougé à droite, peu à gauche), mais j’avais pris toute ma journée pour me promener dans Niort, prendre des photographies ici et là… et aussi aller voir l’extension de la
Je vous l’avais à peine montré l’année dernière lors des
L’hôtel, de style Renaissance, se compose d’un corps de logis sur la gauche…
…d’une puissante tour d’escalier dans œuvre (dans le même alignement que la façade) et sur la droite, d’un porche qui permet d’accéder à une seconde cour (nous avons un hôtel sur cour et jardin) surmonté d’une pièce habitable. Les combles sont percés de lucarnes aux pignons ornés de crochets de feuillages. Dans cette première Renaissance, les fenêtres sont organisées en travées, mais celles-ci ont des largeurs variables
Des médaillons sculptés sont insérés entre les alignements verticaux de fenêtres. Voici un assemblage de ceux entre le premier étage et le comble du corps de logis gauche, ainsi que des lucarnes, dans le même ordre que sur la façade. Ceux entre le rez-de-chaussée et le premier étage sont trop érodés.
Voici le même exercice d’assemblage avec la tour d’escalier… Visages d’homme et de femme, armoiries, crosse d’évêque ou d’abbé.
Voici le portail…
… et le détail des sculptures de cette travée, le visage de femme en bas à gauche a été refait…
Il y a aussi une inscription pas très lisible (au-dessus du porche), je dirais qu’elle commence par un oméga. Je n’ai pas eu le temps d’aller chercher si elle était publiée quelque part.
Je vous invite aussi à regarder de près (avec des jumelles si vous en avez) les différents chapiteaux des colonnes des fenêtres, qui recèlent entre autre de jolis petits personnages, des têtes d’angelots et des animaux.
Bon, les constructions récentes (19e et 20e siècle) ne sont pas terribles.
En revanche, à l’extérieur, allez voir le deuxième portail, il est juste à côté du
Le décor d’ensemble est sans doute contemporain de l’hôtel particulier… à condition de faire abstraction des créneaux et mâchicoulis…
… et de l’inscription du 19e siècle… « école / normale / primaire / ancien doyenné / du chapitre royal / de Saint-Hilaire / le Grand ».