L’enseigne du noyer inversé à Poitiers

Maison avec l'enseigne du noyer inversé à Poitiers Je n’ai pas eu le temps d’aller faire de nouvelles photographies de l’hôtel du grand prieuré d’Aquitaine pour pouvoir détailler les mots compliqués de la semaine dernière, mais je n’ai pas oublié. Du coup, je vous montre une enseigne qui pourrait être un peu plus ancienne que celle du Mouton rue Carnot à Poitiers. Cette fois, nous partons à la jonction de la rue du Colonel-Denfert et de la rue de l’Ancienne-Comédie (je dirais que c’est le 5 rue du Colonel-Denfert, mais c’est peut-être le 1 de la rue de l’Ancienne Comédie?), elle est juste en face de vous si vous remontez la rue des Balances-d’Or, tout juste refaite sans trottoir, dans une préfiguration de ce que seront les rues après l’opération Poitiers cœur d’agglomération.

l'enseigne du noyer inversé à Poitiers Voici le détail de l’enseigne, qui pourrait dater du 16e siècle, dite enseigne du noyer inversé. Je n’ai pas trouvé à quoi elle correspondait… Sur la droite, un homme barbu et moustachu, apparemment torse-nu, sourit en soutenant un arbre retourné à l’envers, racines vers le haut. Tout le monde le désigne comme un noyer, avec ses grosses noix.

l'enseigne du noyer inversé à Poitiers, marquage de la position des piedsIl est en position assise, vous pouvez voir ses pieds sortir du feuillage, et ses jambes derrière les branches. Pour mieux comprendre ce chêne, je vous invite à lire les commentaires ci-dessous et l’article complémentaire sur le conte de Tord chêne.

Je vous ai déjà montré plusieurs enseignes des 16e et 17e siècles à Poitiers :
– rue du Colonel-Denfert, l’enseigne du noyer inversé, du 16e siècle, avec un retour sur le conte de tord chêne,

– rue de la Cathédrale, l’enseigne du coq

– rue Rabelais, l’enseigne au phénix (16e siècle)

– et l’enseigne au Mouton rue Carnot, provenant d’un hôtel de voyageurs du 17e siècle.

12 réflexions au sujet de « L’enseigne du noyer inversé à Poitiers »

  1. M.V.

    Bonjour Véronique et encore merci. pour cette image pictave.

    Nu et barbu, j’y vois le thème de l’homme sauvage (wild man). Plus particulièrement quelque héros du type Tord-chêne du conte de Jean-de-l’Ours…

    Un homme très fort qui d’un revers de main arrache un arbre pour faire un lien à son fagot. Peut-être aussi l’illustration d’un conte de mensonge où un Homme fort (Strong man), arrache seul un arbre pour en cueillir les fruits : ici les noix. Si quelqu’un est intéressé, je peux communiquer les N° d’index des contes correspondants dans la Classification internationale des contes…

    Pures hypothèses fondées sur les traditions orales régionales.

     

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    1. Véronique D

      A creuser, à première vu, je pensais à la source d’huile des noix, mais avec l’arbre à l’envers, cela n’allit pas trop. Je veux bien la référence, je prends qq jours de congés dans dix jours, j’aurais un peu de temps pour approfondir qq sujets et préparer la suite des chroniques dominicales sur Poitiers… Je n’ai rien trouvé sur cette enseigne, mais suis allé au plus rapide (liste des immeubles inscrits, SAO, etc.). Bon dimanche, je file au jardin après déjeuner, j’ai besoin de me fatiguer un peu pour mieux dormir…

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  2. amaryllis

    Merci pour ces explications et pour ce zoom, franchement si tu n’avais pas insisté sur cet élément j’aurais été « à côté de ses pompes » …. Merci j’adore !

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  3. mamazerty

    je me suis énervée à essayer de retrouver quel souvenir me rappelle cette sculpture, j’ai dû voir quelque chose d’approchant, mais où?rrrrh!ce que j’ai trouvé sur le net est une piètre compensation à ma mémoire fugitive: »le noyer
    dans les contes et légendes le noyer renferme souvent des objets dotés de pouvoir magique. c est l abondance…les ressources cachées…le noyer et symbole de revelation mystique…il est symbole de fertilitée…arbre cher au rituels magiques…c est un arbre beni chez les celtes! »…bon, Poitiers n’est pas vraiment celte, tu me diras…à qui appartenait cet hôtel, pour qu’il ait eu envie d’y faire figurer ce mystère?

    passionnant, en tout cas!

     

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    1. Véronique D

      Je pensais que le noyer ici n’a aucun symbolisme, sauf qu’il était à cette époque là la principale voire unique source d’huile… L’enseigne est probablement celle d’une auberge (qui offrait donc ausi l’hébergement), elle annonçait juste un lieu bien accueillant…Mais un ethnologue de la région (voir les commentaires, un peu plus bas), propose un conte sur le mensonge. J’essayerai de suivre ces pistes dès que je trouve un petit moment!

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