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Challenge ABC

Logo du challenge ABC critique de Babelio Babelio lance un challenge ABC critiques, repris sur l’idée de challenge ABC 2010. Comme nous pouvons reprendre des articles déjà publiés, voici mon choix, il manque assez peu de lettres… E, U, W et Y. Y sera pour Marguerite Yourcenar (c’est fait) et un coup double avec le défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie. Pour les trois autres, ils entreront à la fois dans les lectures de prix Nobel et le tour du monde des livres, organisé par Livresque : Sigrid Undset (Norvège, prix Nobel 1928), Patrick White (Australie, prix Nobel 1973, lu depuis ici) et Odysséas Elýtis (Grèce, prix Nobel 1979, également lu). Affaire à suivre dans les prochaines semaines, j’ai déjà pris ou réservé les livres à la médiathèque. Il me reste à ajouter les liens sur les artcles des livres concernés et à entrer les critiques chez Babelio.

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  1. Azzedine Saphia : Mon père est femme de ménage ;
  2. Bey Maïssa : Pierre Sang Papier ou Cendre ;
  3. Camus Albert : L’étranger ;
  4. Diderot Denis : La religieuse ;
  5. Elýtis Odysséas : Les Analogies de la lumière
  6. Fottorino Éric : Un territoire fragile ;
  7. García Márquez Gabriel : Douze contes vagabonds ;
  8. Hemingway Ernest : Le vieil homme et la mer ;
  9. Indridason Arnaldur : La femme en vert ;
  10. Jouanard Gil : Le goût des choses ;
  11. Khadra Yasmina : La part du mort ;
  12. Lafayette Madame de : Princesse de Clèves
  13. Manciet Bernard :Jardins perdus ;
  14. NDiaye Marie : Trois femmes puissantes ;
  15. Oz Amos : Une histoire d’amour et de ténèbres ;
  16. Pamuk Orhan : Neige ;
  17. Quint Michel : Effroyables jardins et Aimer à peine ;
  18. Rouanet Marie : Nous les filles ;
  19. Sansal Boualem : Le village de l’Allemand ;
  20. Taibo II Paco Ignacio : Jours de combat ;
  21. U ;
  22. Verne Jules : Les cinq cents millions de la Bégum ;
  23. White Patrick : La ceinture de feuille
  24. Xingjian Gao : La montagne de l’âme ;
  25. Yourcenar Marguerite : Conte bleu. Le premier soir. Maléfice
  26. Zafón Carlos Ruiz : L’Ombre du vent ;

L’été de la vie de J. M. Coetzee

logo du chalenge 1% rentrée littéraire 2010 Jacquette de l'été de la vie de JM Coetze Avec ce livre dont on parle beaucoup, j’inaugure mes lectures du défi du challenge du 1 % rentrée littéraire 2010, repris par Schlabaya, j’alimente ma page des prix Nobel de littérature (2003 pour JM Coetzee) et celle de mon tour du monde en lecture, défi organisé par Livresque.

Le livre : L’été de la vie de J. M. Coetzee, traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Catherine Lauga du Plessis, éditions du Seuil (possibilité de lire le premier chapitre), 316 pages, 2010, ISBN 97820210002906.

L’histoire : de 1972 à 1975 (carnets de Coetzee en Afrique-du-Sud), en septembre 2007 à Sheffield en Angleterre (interview de Martin), en décembre 2007 à Saõ Paulo au Brésil (Adriana) et à Sommerset West en Afrique-du-Sud (Margot), en janvier 2008 à Paris (Sophie), en mai 2008 à Kingston en Ontario (Julia). Un universitaire anglais réalise à travers le monde une série d’entretiens avec des personnes qui ont connu Coetzee, récemment décédé (dans le livre…). Il a choisi de s’entretenir avec Julia, une ancienne amante qui rapporte leur brève liaison, Margot, une cousine qui raconte un noël en famille près de Merwille, Adriana, une danseuse brésilienne dont le mari est dans le coma suite à une agression et dont il a la fille en cours particulier, Martin, avec qui il a été en concurrence pour un poste à l’université du Cap, Sophie, avec qui il a réalisé un cours sur la littérature africaine.

Mon avis : une forme très originale d’autobiographie romancée… S’imaginer mort et sa vie racontée par des personnes qui l’ont connu, voilà le parti choisi par Coetzee (sans prénom, c’est son choix, parfois John dans les entretiens), un portrait pessimiste, qui montre un homme terne, mal peigné et pas toujours agréable, qui vit avec son père mais qui n’approuve pas ses positions sur l’apartheid, mais dont il dresse un portrait très sensible dans les dernières pages. Un livre brillant, que j’ai dévoré lors de mes dernières vacances… L’apartheid, la place des métisses surtout, sont en filigrane tout au long du livre. Derrière un récit (enfin, des récits) en apparence d’interview, des questions importantes sont abordées. Par exemple, pour Margot, il s’agit de la lecture par l’universitaire de la transcription d’un premier entretien… Margot n’y reconnaît pas ses mots, a dû mal avec une transcription à la troisième personne, trouve que l’universitaire a romancé et trahi certains de ses propos. Une critique de l’entretien par le sociologue ou l’ethnologue derrière quelques phrases au passage. Un peu sur le même thème, Martin, s’interroge sur le choix des témoins. Coetzee aborde aussi au fil des pages, juste par évocation, certains de ses livres… Terre de crépuscule avec Julia, Foe avec Adriana, Au cœur de ce pays avec Sophie, etc.

Du même auteur, j’ai aussi lu Scènes de la vie d’un jeune garçon.

logo tour du monde en lecture Ce livre entre dans le cadre du défi du tour du monde des livres, organisé par Livresque, au titre de l’Afrique-du-Sud.

Scarface de Armitage Trail

Coffret de huit polars réédités par Télérama en 2010 Il y a quelques mois, Télérama a réédité une série de polars (voir liste en bas de cet article). J’en poursuis la lecture…

Le livre : Scarface de Armitage Trail, traduit de l’anglais (États-Unis) par François Guérif, Télérama / Rivages / noir, 2010 , 215 pages, ISBN 978-2-86930-523-6 (première édition aux États-Unis à la fin des années 1920, première traduction française chez Rivages en 1992).

L’histoire : juste avant 1914 et après 1918 dans une ville des États-Unis qui n’est ni Chicago, ni New-York (citées comme lieux possibles d’exil). Avant 1914, Tony Guarino, dont le frère est policier, a monté un petit trafic basé sur le racket. Un jour, il tue un rival pour une question de femme. Il doit fuir, et s’engage dans l’armée, part à la guerre, d’où il revient avec une formation de tireur d’élite avec une grande balafre (d’où son surnom). De retour, il commence par tuer sa petite amie, qui ne l’a pas attendu, et reprend son activité sous la protection d’un riche truand. En ville, la guerre des gangs fait rage pour le contrôle de la production et de la distribution d’alcool (interdite, nous sommes en pleine prohibition). La police, qui touche de chacun d’eux, tente de maintenir l’équilibre alors que Tony monte très vite dans la hiérarchie du gang et de la mafia… Jusqu’où ira-t-il ?

Mon avis : ce roman a un peu vieilli, mais reste d’une lecture agréable pour un trajet en train par exemple… L’auteur, de son vrai nom Robert Coons, est mort en 1931, et son livre fut adapté au cinéma dès 1932 par Howard Hawks (avec Paul Muni et George Raft). La seconde adaptation, en 1983, par Brian de Palma, avec Al Pacino et Michelle Pfeiffer, la seule que j’ai vue il y a longtemps, est en fait très loin du livre…

Tous les titres du coffret Télérama que j’ai lus

La promesse de l’aube de Romain Gary

Couverture de légendes du je, de Gary et Ajar Je poursuis la lecture des légendes du je, sélection de romans de Romain Gary/Émile Ajar (liste ci-dessous).

Je l’ai lu dans le cadre des coups de cœur de la blogosphère, défi organisé par Theoma (voir en bas de l’article).

Le livre : La promesse de l’aube de Romain Gary. Première édition en 1960. Je l’ai lu dans Romain Gary, Émile Ajar, Légendes du Je, récits, romans, collection Quarto, éditions Gallimard, 2009, 1428 pages (pages 267-540), ISBN 978-2070121861.

L’histoire : à Vilnius après 1914, en Californie en 1960, à Varsovie dans les années 1920, à Nice dans les années 1930, à Paris en fac de droit en 1935-1938, à Salon-de-Provence en 1938-1939, en Afrique du Nord et en Europe avec la résistance de 1939 à 1945… Alors qu’il est consul général de France à Los Angelès, il se rappelle son passé, son enfance, sa jeunesse, la résistance, mais surtout sa mère, juive non pratiquante, l’absence du père, la relation de plus en plus fusionnelle avec sa mère, qui voit en lui un futur ambassadeur dès son enfance… Sa vie pauvre à Varsovie, où sa mère est modiste, à la tête d’un atelier de confection de chapeaux. La grave maladie de Roman, qui l’entraîne à l’amener en convalescence sur la Côte-d’Azur. Le retour à Varsovie, la crise de 1929, qui provoque la faillite. L’installation à Nice, les débuts difficile, puis l’esprit d’entreprise de sa mère qui prend le dessus, elle ouvre une pension de famille, mais tombe à son tour malade (diabétique)… Le départ à la guerre, puis l’entrée dans la résistance dès juin 1940, en culpabilisant de laisser sa mère malade à Nice.

Mon avis : un livre fort… un récit autobiographique… réécrit et romancé (notamment pour ce qui concerne la place du père et la minimisation de son rôle dans la résistance, rejointe dès les premiers jours de manière rocambolesque, tentative de vol d’avion comprise). Surtout un portrait de mère hyper-possessive et étouffante. Un passage est cité dans La tête en friche de Jean Becker (je venais de terminer le livre quand j’ai vu le film). Un livre à lire absolument dans le contexte actuel de xénophobie, de haine des autres et de retrait de nationalité française… En 1938, Roman Kacew (futur Romain Gary, son nom de résistance adopté à l’état civil à la restauration), polonais né à Vilnius, a suivi la préparation militaire supérieure. Mais contrairement à ses camarades, il n’est pas intégré, à l’issue des classes, comme officier. Il apprendra plus tard que c’est parce qu’il a été naturalisé trois ans avant qu’il a été mis sur la touche, pas pour ses capacités. Nationalité à deux vitesses… Et le régime de Vichy ôtera la nationalité française à tous ceux qui avaient été naturalisés dans les 15 dernières années, afin de pouvoir déporter plus de juifs (dont une bonne partie de la famille paternelle et maternelle de Gary) et de tziganes! Alors, attention aux tentations populistes, cela est en train de revenir dans la tête de nos gouvernants!

Les titres du volume :

Logo des coups de coeur de la blogosphère Je l’ai lu dans le cadre des coups de cœur de la blogosphère, challenge organisé par Theoma dont je regroupe mes articles sur cette page. Il était recommandé par Praline.

Mystère bouffe de Dario Fo

Couverture de Mystère bouffe de Dario Fo pioche-en-bib.jpgJ’ai emprunté ce livre à la médiathèque à la fois pour poursuivre ma lecture des prix Nobel de littérature (1997 pour Dario Fo) et pour avoir un livre plus sérieux que La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano pour représenter l’Italie dans le tour du monde des livres, organisé par Livresque.

Le livre : Mystère bouffe, jonglerie populaire de Dario Fo, éditions Dramaturgie, 1984, 223 pages, ISBN 9782902165087 (l’éditeur ne parle pas, en tête de livre, de traduction mais d’une adaptation française des commentaires (presque la moitié du livre) de Dario Fo par Ginette Herry, et des mystères par Agnès Gauthier, Ginette Herry et Claude Perrus). Première publication en 1969 (l’ouvrage comprend une longue postface de J. Guinot et F. Ribes, qui éclaire le contexte de l’œuvre).

L’histoire : l’auteur revisite les farces médiévales, ces pièces qui pouvaient être jouées près des églises pour expliquer la Bible et surtout ses dogmes e interprétations. Mais cette fois, il s’agit de contrer le discours de l’église… Le massacre des innocents ou les soldats qui viennent de crucifier le Christ sont de petites prouesses de réinterprétation. Les petites pièces genre pantomime mettent en scène un jongler, un fou, des joueurs. Quand le paralytique croise un aveugle, ils s’entraident… et tentent d’éviter le Christ qui passe par là, de peur d’être guéris par un miracle.

Mon avis : j’ai bien aimé que l’auteur intercale des commentaires entre ses pièces courtes, en commentant quelques photographies d’œuvres médiévales qu’il a sélectionnées. L’idée de revisiter la commedia del arte et la farce médiévale est très intéressante. En revanche, les pièces sont prévues pour être jouées par un homme seul, avec des dispositifs scéniques traditionnels, et là, je ne vois pas trop comment ça peut marcher… Cette pièce a été montée cette année à la comédie française, elle tournera peut-être, j’aimerais bien la voir au moins une fois. L’Église catholique, à l’époque, tenta de faire interdire les représentations, fit arracher les affiches, elle manque vraiment d’humour, , le portrait de Boniface VIII, le pape mis en Enfer par Dante, est à se tordre de rire!

logo tour du monde en lecture Ce livre entre dans le cadre du défi du tour du monde des livres, organisé par Livresque, au titre de l’Italie.

Les mots de Jean-Paul Sartre

Couverture des mots de Jean-Paul Sartre Suite à une série d’émissions sur France culture, il y a quelques mois, mon père a acheté et lu Les mots de Jean-Paul Sartre, comme je n’avais pas lu ce livre et que nous en avions parlé (je venais de relire Le Diable et le Bon Dieu du même auteur), il l’a apporté pour les vacances.

Le livre : Les mots de Jean-Paul Sartre, Folio n° 607, édition de 2009 (1ère publication en Folio : 1972 ; 1ère édition chez Gallimard : 1964), 212 pages, ISBN 978-2-007-036607-1.

L’histoire : en 1963, Sartre revient sur son enfance jusqu’à l’âge de 11 ans, et notamment à Paris et Arcachon, de 1910 à 1915/1916. Orphelin de père à onze mois, le jeune Sartre a été élevé par sa mère et ses grands-parents maternels. Vers 4/5 ans, sous la coupe de son grand-père, il découvre la lecture, dévore les livres (pas de son âge, ce qu’il trouve dans la bibliothèque du grand-père…), vit avec des adultes, commence à noircir des pages et des pages de cahiers. Sa tentative d’intégration dans un cours privé fut un échec, et il n’entre vraiment à l’école qu’au petit lycée (en sixième), avec une relation pas toujours facile avec ses camarades. Deux parties dans ce récit, Lire et écrire… tout un programme !

Mon avis : un récit plein d’humour (voir la scène du grand-père qui le conduit chez le coiffeur contre l’avis de la mère) et d’auto-dérision. Les critiques professionnels ont écrit qu’il s’agissait d’une recherche par Sartre des origines de sa névrose, d’une sorte d’analyse (au sens psychanalytique)… C’est surtout un beau récit, terrible, d’une enfance étouffée par sa mère et son grand-père, avec pour seule évasion les livres et l’écriture, déjà…

Pour aller plus loin : je vous conseille l’exposition en ligne de la bibliothèque nationale de France sur Jean-Paul Sartre, notamment cette page sur Les mots ou en plus grande photographie le manuscrit (clic sur les manuscrits… et aller page 13, vous aurez une photo des pages du manuscrit de ce livre). Il est très intéressant, constitué de deux lots de pages, celles écrites à partir de 1953 pour un livre qu’il souhaitait intituler Jean sans terre et celles reprises en 1963 pour constituer le texte définitif paru fin 1963 dans une revue (Les temps modernes puis début 1964 chez Gallimard. Mille fois repris, ce manuscrit est composé de plein de types de papiers et d’encres différents.

À tous les lycéens et étudiants qui passeront par ici, inutile de me demander ce que je pense de ce livre et autre demande d’analyse, je parle des livres comme j’ai envie et pas en fonction de vos devoirs et mémoires… Chaque fois que je parle d’un grand livre au programme des lycées ou universités, je reçois ce genre de demande… Juste une petite information que vous trouverez partout, ce livre est paru quelques mois avant que Sartre ne refuse le prix Nobel de littérature en 1964.

Le mec de la tombe d’à côté de Mazetti

Couverture de la tombe du mec d'à côté, de Mazetti, aux éditions Gaïa pioche-en-bib.jpgJe ne sais plus où j’ai lu la critique… J’en ai retrouvé une chez Theoma mais ce n’est pas celle-ci qui m’a fait réservé immédiatement le livre à la médiathèque, sans passer par la case petit carnet offert par Emmanuelle… Sa critique est trop ancienne (elle a aussi parle du livre suivant, Les larmes de Tarzan. J’ai refait le tour des blogs de lecture que je suis régulièrement, presque tous en parlent, Ma petite fabrique, L’ivresque des livres, Amanda Meyre. Alors par Flo, qui n’a pas de blog? Je ne me souviens pas, mais il revient vraiment souvent!

PS : de la même auteure, j’ai aussi lu Un doudou divin.

Le livre : Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti, traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus, éditions Gaïa, 2007, 254 pages, ISBN 978-2847200799 (a aussi été publié chez Actes sud, en collection Babel en 2009).

L’histoire : dans une petite ville de Suède, de nos jours. Désirée vient souvent sur la tombe de son mari, décédé trop jeune. Elle y croise souvent Benny, qui vient sur la tombe de sa mère. Désirée, bibliothécaire, pâlichonne, urbaine, vêtue sans goût aux yeux de Benny, l’éleveur de vaches, qui apporte des fleurs à sa mère, est vêtu d’un bonnet qu’elle ne supporte pas. Deux sourires, et de cette rencontre va naître une histoire d’amour dévorante dans le choc des cultures, entre la contrainte de 24 vaches à traire deux fois par jour et les livres partout au travail et dans l’appartement de Désirée, prise de remords de « trahir » son mari récemment décédé… Une lente découverte et apprivoisement de chacun, mais jusqu’où iront-ils?

Mon avis : passée la surprise de la lecture de pages roses, je suis rentrée tête la première dans ce livre et n’en suis sortie que 2h30 plus tard, à la dernière page… j’ai beaucoup aimé l’histoire et l’écriture, qui alterne les chapitres vus du point de vue de Désirée et de Benny. Très différent de beaucoup d’histoires d’amour, le récit d’une relation amoureuse improbable! Le tout avec humour et auto-dérision des narrateurs… Un moment de lecture très agréable.

logo tour du monde en lecture Ce livre entre dans le cadre du défi du tour du monde des livres, organisé par Livresque, au titre de la Suède.

pioche-en-bib.jpgCe logo « pioché en bibliothèque », je l’ai vu pour la première fois chez Theoma. Il a été créé par Antigone (lien en cliquant sur le logo).

L’éducation européenne de Romain Gary

Couverture de légendes du je, de Gary et Ajar Dans le cadre du défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie, j’ai choisi cette fois un livre de Romain Gary.

Je l’ai aussi lu dans le cadre des coups de cœur de la blogosphère, challenge organisé par Theoma (voir en bas de l’article).

Le livre : L’éducation européenne de Romain Gary. Première édition en anglais en 1944, pour cause de deuxième guerre mondiale, puis en français en 1945. Gary a remanié ensuite son texte, c’est la version de 1956 publiée dans Romain Gary, Émile Ajar, Légendes du Je, récits, romans, collection Quarto, éditions Gallimard, 2009, 1428 pages (pages 75-259), ISBN 978-2070121861.

L’histoire : au début de l’hiver 1942 dans une forêt près de Wilno (Vilnius, aujourd’hui en Lituanie), alors sous domination polonaise. Janek Twardowski, adolescent, est mis à l’abri par son père médecin dans un trou dans la forêt, pour le protéger des exactions nazies après la mort de ses deux frères aînés, avec des vivres pour une longue durée. Très vite, son père ne vient plus le voir et disparaît (il a en fait voulu libérer sa femme capturée par les Allemands, a tué un certains nombre d’entre eux avant d’être abattu). Le jeune garçon rentre alors en contact avec un groupe de partisans qui vivent dans la forêt et participe avec eux à des opérations à Wilno. Résistera-t-il à la faim et au froid ? Comment, avec des étudiants, apprendre la littérature ? Que deviendra-t-il avec la jeune Zosia, utilisée par les résistants pour recueillir par la prostitution des informations ?

Mon avis : un livre fort sur la résistance (Gary était lui-même résistant dans l’aviation au moment où il écrit ce livre), mais aussi sur la maladie, sur l’amour, la vie qui continue malgré tout, la lointaine et si présente bataille de Stalingrad… Un plaidoyer aussi envers l’éducation (incarnée par un groupe d’étudiants), qui seule permettra de faire reculer la folie des hommes.

Les titres du volume :

Logo du défi J'aime les classiques Je l’ai lu dans le cadre du défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie.

Logo des coups de coeur de la blogosphère Je l’ai aussi lu dans le cadre des coups de cœur de la blogosphère, challenge organisé par Theoma dont je regroupe mes articles sur cette page. Il était recommandé par Praline.

Bleus Marine, de Catherine Normier

Couverture de Bleus Marine, de Normier Il y a quelques semaines, la critique de Zazimuth m’a donné envie de lire ce livre. Un petit tour virtuel à la médiathèque, et zut, ils n’ont pas le livre, il n’est plus non plus en librairie… C’est Flo (pas de blog) qui l’avait prêté à Zazimuth, du coup, le livre fait un crochet par chez moi avant de repartir chez Flo…

Le livre : Bleus Marine. Histoire d’une différence, récit de Catherine Normier, éditions du reflet, 1999, Librio 2001, 126 pages, ISBN 2-290-31580-X.

L’histoire : Paris, à la fin des années 1990. Pour les 20 ans de sa fille Marine, l’auteure, enseignante de harpe, fait le récit du parcours de sa fille, autiste, et celui de sa famille, son père Nicolas, son frère Grégoire et sa fille Pauline, de son ami Simon, aussi autiste, de l’errance du diagnostic aux difficultés de prise en charge, d’éducation…

Mon avis : Un récit tendre et émouvant. Jusqu’à ces dernières années, l’autisme, ou plutôt les troubles envahissants du développement, aux causes multiples (une petite partie sont dues à des anomalies chromosomiques, voir Valentin Apac, association de porteurs d’anomalies chromosomiques pour plus d’informations), était mal diagnostiqué, mal compris des médecins, et comme beaucoup de maladies handicapantes, faisaient l’objet d’annonces catastrophiques quand on n’accusait pas purement et simplement la mère d’être la cause des troubles. Un récit poignant donc, d’une mère qui s’est battue pour avoir un diagnostic, puis pour essayer de faire progresser Marine, au moins pour qu’elle puisse vivre sans trop de souffrance dans notre société qui rejette tant le handicap, quel qu’il soit, et encore plus le handicap mental et le poly-handicap (handicap mental, physique et/ou sensoriel, fréquent dans le cas d’anomalies chromosomiques). Même le handicap visuel peut faire l’objet de rejets absurdes et honteux : la semaine dernière, un restaurant indien de Poitiers a refusé l’accès à un aveugle à cause de la présence de son chien… Le restaurateur risque 400 euros d’amende, pour refus d’accès d’un chien public (notion qui regroupe les chiens pour aveugles mais aussi ceux d’aide aux personnes souffrant d’autres types de handicap)… et je n’y irai plus tant qu’il n’aura pas déclaré publiquement qu’il regrette son geste dû à une méconnaissance (j’espère, que c’est une méconnaissance et pas un acte délibéré de discrimination).

Meurtres à la table de billard de Glen Baxter

Couverture de meurtre à la table de billard de Glen Baxter pioche-en-bib.jpgAprès le cycle autour de Glen Baxter à Poitiers, je suis passée à la médiathèque voir s’il y avait d’autres ouvrages et j’ai emprunté ces Meurtres à la table de billard.

Le livre : Meurtres à la table de billard de Glen Baxter, éditions Hoëbeke, 2000, 254 pages, ISBN 978-2842300906.

L’histoire : à une époque indéterminée, à travers le monde, en Angleterre et ailleurs… Quand un premier cadavre est découvert, l’inspecteur Trubcock est perplexe. mais très vite, les morts se multiplient, avec un point commun, ils ont tous mangé des cannellonis, tous ont été les amants de la redoutable Gladys Babbington Morton et des éléments d’une table de billard apparaissent à chaque fois. L’inspecteur se lance à la poursuite de la redoutable Gladys à travers le monde…

Mon avis : un récit complètement loufoque, avec de nombreuses illustrations (pas vraiment des bandes dessinées, le livre est rangé en BD à la médiathèque mais considéré comme un roman illustré). Entre humour anglais et pataphysique, ce livre m’a bien plu, mais je suis bien consciente qu’il doit déranger et ne pas plaire à tout le monde par son anti-conformisme et sa narration déjantée…

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