La isla minima, de Alberto Rodríguez

Affiche de La isla minima, de Alberto RodríguezJ’ai vu il y a une quinzaine de jours La isla minima, de Alberto Rodríguez.

Le film : au sud de l’Espagne, dans les marais du Guadalquivir, dans les années 1980, juste après la chute de Franco. Deux flics sont envoyés de Madrid dans un village où la fête bat son plein, mais où deux jeunes filles ont disparu. Pedro [Raúl Arévalo], jeune flic progressiste mis au placard pour avoir dénoncé les agissements d’un supérieur, et Juan [Javier Guttiérez], le baroudeur violent au passé trouble sous le régime fasciste. Ils vont devoir travailler ensembles, enquêter en milieu hostile, dans une société machiste (ces deux jeunes filles n’étaient-elles pas des filles faciles?), alors que les ouvriers agricoles sont en grève pour améliorer leurs salaires… mais le gros propriétaire terrien du coin préfère faire réprimer le mouvement que de négocier. Les jeunes filles sont vite retrouvées dans le marais, mortes…

Mon avis : les deux acteurs principaux sont excellents, mais le rôle principal est tenu par… le marais! Le film s’ouvre par de superbes vues aériennes du delta du Guadalquivir, et les recherches sur les chemins à travers ce marais en font quasiment un personnage à part entière! Au-delà du polar, ce film aborde également le poids du passé, du franquisme encore récent (tellement récent que des photos de Franco et de Hitler sont accrochées au crucifix de la chambre d’hôtel), de la gestion de ce passé: pardon, oubli, condamnation? Juan est certes violent, son passé trouble est révélé à son collègue par un photographe, mais ses méthodes « musclées » n’ont-elles pas permis d’obtenir des indices? Que valent des informations obtenues par la violence? Le film n’est pas passé longtemps à Poitiers, j’espère que vous pourrez encore le voir chez vous, sinon à ne pas rater quand il passera à la télévision dans quelques mois.

Robert Combas au Garage à Brive-la-Gaillarde

Le garage à Brive-la-GaillardeJ’ai vu cette exposition fin mai à Brive-la-Gaillarde, mais ai oublié de vous en parler… vous pouvez encore la voir au Garage (espace d’art contemporain) jusqu’au 20 septembre 2015 (entrée libre).

Comme lors de la grande rétrospective Robert Combas au musée d’art contemporain de Lyon en 2011, l’artiste s’est impliqué dans cette exposition (qu’il a intitulée Nos amis No !), et a réalisé une performance à l’occasion de la nuit des musées le 16 mai et une autre est programmée à la fin de l’exposition, le 19 septembre, pour les journées du patrimoine.

La quasi totalité des oeuvres exposées viennent de la collection personnelle de Robert Combas. Il a choisi une soixantaine d’oeuvres, principalement des peintures, des années 1980 à aujourd’hui (au sens propre, même s’il a moins investi les supports muraux qu’à Lyon!).

Il a également invité deux autres artistes dans la deuxième salle de l’exposition, son frère Marc, qui signe Topolino, et Lucas Mancione, avec qui il a formé le groupe de rock des Sans-Pattes, qui est programmé pour les deux performances de Brive et qui s’était aussi produit au sein du musée d’art contemporain de Lyon.

L’un des thèmes de cette exposition tourne autour du bestiaire, l’animal, réel ou imaginaire, est omniprésent dans les peintures sélectionnées par Combas. Les dessins de Lucas Mancione tournent autour du thème de la nature et des animaux, les gouaches sur kraft de Topolino représentent également, dans un style très différent, des animaux.

Bon, je préfère l’oeuvre de Robert Combas, si tourmentée, avec chaque motif cerclé de noir…

Pour aller plus loin: voir le site personnel de Robert Combas.

Puzzle de Franck Thilliez

Couverture de Puzzle de Franck ThilliezJ’ai acheté ce livre en poche, emporté lors de mon grand week-end à Brive-la-Gaillarde au début du mois de mai. C’est un auteur dont j’ai lu la plupart des ouvrages lors de déplacements (voir La mémoire fantôme, La chambre des morts, Le syndrome [E], Deuils de miel, Gataca, L’anneau de Moebius, Train d’enfer pour Ange rouge, La forêt des ombres, Vertige).

Le livre : Puzzle de Franck Thilliez, éditions Pocket, 2014, 477 pages, ISBN 9782266246446 [édition originale : Fleuve noir, 2013, 477 pages, ISBN 9782265093577].

L’histoire : de nos jours, dans les Alpes. Les corps de huit randonneurs sont retrouvés assassinés, dans un refuge. Près d’eux, un homme, Lucas Chardon, hébété, le meurtrier ? Il ne sait pas ce qu’il fait là. Déplacement. Quelque part dans la banlieue parisienne comme point de départ. Alors qu’ils ont été partenaires de chasses au trésor pendant longtemps, deux jeunes gens se sont séparés depuis un an lorsque Chloé vient relancer Ilan qui s’est isolé dans la maison de ses parents, scientifiques mystérieusement disparus en mer : elle a trouvé comment entrer dans un jeu mystérieux, Paranoïa, dont l’enjeu serait la somme de 300 000 euros. Les voilà qui passent les « présélections », dans un hangar puis à travers les rues de Paris. Les gagnants de la présélection,huit hommes et femmes au total, se retrouvent quelque part dans les Alpes, dans un ancien hôpital psychiatrique qui va constituer le terrain de jeu. Les voici à Swanessong avec un avertissement : « L’un d’entre vous va mourir »… et le premier cadavre (d’un candidat) ne va pas tarder à surgir, sur fond d’indices qui rappellent à Ilan la vie de ses parents.

Mon avis : comme dans d’autres livres, Franck Thiliez nous plonge dans l’univers de la psychiatrie via le passé de l’hôpital / terrain de jeu. L’énigme est bien montée, avec des indices semés au fil des pages pour arriver à la conclusion… qui va enfin éclairer le début du livre. Les joueurs ont le choix entre l’entraide (ne serait-ce que pour manger le premier jour) ou l’individualisme du « jouer perso ». Le lecteur navigue sans cesse entre normalité et folie, réalité et jeu, « tout n’est qu’un jeu », rappelle l’organisateur de ce jeu de piste… Virgile Hadès 😉 Hadès, dieu des enfers, Virgile, le poète latin qui accompagne Dante dans l’enfer (et le purgatoire) de sa Divine comédie. Certes, Franck Thilliez a joué sur la facilité avec le nom de ce personnage, mais il est aussi certainement pour quelque chose dans la montée (subconsciente) de l’intrigue. Le lecteur arrive lui-même aux portes de l’enfer, de la folie, celle des organisateurs du jeu, des anciens patients, des joueurs… ou même la sienne ? Allez, sur la plage, dans un train ou en voiture (pas le conducteur !), n’hésitez pas à vous perdre parmi ces pièces de puzzle jusqu’à trouver la dernière pièce qui éclairera l’ensemble !

Les mots qu’on ne dit pas, de Véronique Poulain

pioche-en-bib.jpgCouverture de Les mots qu'on ne dit pas, de Véronique PoulainCe titre faisait partie des livres recommandés pour cet été par le magazine Causette. Je l’ai trouvé à la médiathèque.

Le livre : Les mots qu’on ne dit pas, de Véronique Poulain, éditions Stock, 2014, 144 pages, ISBN 9782234078000.

L’histoire : ses parents sont nés juste après-guerre, sourds tous les deux, la mère de naissance, comme son oncle, son père suite à une méningite contractée bébé. Ils se sont rencontrés à un bal à Paris, où leurs propres parents sont venus, pour qu’ils aient la meilleure éducation, ont eu une fille, Véronique, entendante… Elle passe ses premiers mois en nourrice, puis ses grands-parents, qui habitent au-dessus de chez les parents, la prenne avec eux, elle navigue entre le mode des entendants et ses parents sourds, en joue, en soufre, s’adapte dans les deux cultures…

Mon avis : un livre très court, 144 pages, dont au moins un tiers de vide (chapitres de deux ou trois pages, avec de grands blancs au début et souvent à la fin). Ses parents et son oncle sont très « engagés » dans le monde des sourds, la reconnaissance de la langue et la « fixation » du dictionnaire. Mais elle parle surtout des stratégies de l’enfant, de ses cousins aussi, surtout sa cousine Ève, pour s’adapter et grandir dans cette double culture, la difficulté de vivre avec des sourds (bruyants!), le regard sur le handicap, le manque d’efforts de la société pour comprendre ses parents, de ses camarades de classe… Elle oscille entre la fierté de la double culture, parfois la honte quand ses parents ne comprennent qu’ils font un bruit inadapté en société, rapporte souvent le cocasse des situations. Un beau témoignage!

Logo rentrée littéraire 2014Ce livre entre dans le cadre du défi 1% de la rentrée littéraire organisé à nouveau cette année par Hérisson (il reste quelques jours pour la rentrée 2014!).

A la pêche… aux moules?

Une fillette qui pêche et un petit bateauNon, pas aux moules, la fillette a une canne à pêche! Un deuxième bateau s’est aussi posé sur ma toile, j’ai oublié de faire la vue générale avec le premier bateau! Les motifs mesurent 4 à 5 cm. Modèle pour un nécessaire de couture sur le thème de la mer créé par Sara Guermani paru dans le dernier Mains et merveilles (n° 109, juillet-août 2015).

Encore une maison!

La quatrième case du petit chaperon rouge, mise en place de la mason, des arbres et des nuages

Blog en rade hier, suite à une mise à jour des serveurs partagés avec un problème de compatibilité entre versions et php… Une ligne de code ajoutée et ça remarche! Bon, du coup, je laisse cet article que personne n’a pu lire…

Avant d’ouvrir les parois pour rejoindre le chemin entre les différentes cases du , j’ai d’abord fixé la prairie fleurie de la dernière case puis construit la deuxième maison (j’avais découpé les pièces en même temps que les toits et les murs de la première. Positionnement avec des épingles, coutures à la machine, zut, le toit est un peu de travers, tant pis. J’ai ensuite cousu, toujours à la machine, le tronc non rembourré de l’arbre dans l’angle, les frondaisons et les nuages. Retour à la phase de dessin… il s’agit de faire le patron du chemin, qui n’existe pas dans le livre. Côté droit, il faut qu’il coïncide avec le chemin de la troisième case.

La quatrième case du petit chaperon rouge, couture du chemin et de ses borduresEt c’est reparti, à nouveau à la machine, chemin en polaire, sans oublier de cacher un Pouët, pouët devant la porte de la maison, puis couture d’un ruban genre « bordure fleurie », comme dans la case voisine, à cheval sur les bords des chemins.

La quatrième case du petit chaperon rouge, principaux éléments en placeEnfin, j’ai solidarisé cette dernière case avec la troisième case, retournement et surpiqûre ; côté maison, c’est pour l’instant juste un rentré avant de mettre une doublure.plus tard. A la prochaine étape, il va falloir magner les ciseaux pour… percer les murs, les bois, la fenêtre, la porte!!!

Le projet: réaliser pour Noël 2014 (finalement courant 2015) trois contes tirés de Créez vos contes en tissus, de Anne Guérin, créapassions, 2011 (il existe une deuxième édition corrigée en 2013 mais apparemment avec toujours beaucoup d’imprécisions), Boucle d’or, le  et le haricot magique.

Suivre l’avancée du haricot magique

La vache du haricot magique terminéeLes poupées : le début et la fin de la vache, la casquette et la chemise de Jack,

Le haricot magique, l page de couverture terminéePage 1 : positionnement, début de la fixation des lettres, page 1 terminée

Le haricot magique, page 2, terminéePage 2 : le paysage, le début et la fin des feuilles de maïs, les barrières, page 2 terminée

Haricot magique, la page 3 terminéePage 3: le paysage, étals des marchands et du stand de tissus, les légumes, les marchands, la page 3 terminée

Le haricot magique, pages 4 et 5, terminéesPages 4 et 5: le patron, le paysage, les maisons, la fumée, les tuiles et les briques, fixation avec des points de feston, des points de tige et de bouclette, les pages 4 et 5 terminées

Le haricot magique, page 6 terminée avec des points de tige, de bouclette et de noeudPage 6: le patron, le décor et la maison, les briques et les tuiles, la page 6 terminée

Haricot magique, pages 3 à 6, terminées avec des oiseaux et quelques nouvelles fleursPages 3 à 6: l’assemblage, le début des finitions, pages 3 à 6 terminées

Page 7: demande de conseil, le début et la fin de la tige, les nuages extérieurs, le paysage, Pouët, pouët, le château vide, les poussins, la table de l’ogre, les feuilles sur la tige, sur un petit nuage

Le livre du haricot magique terminé

Suivre l’avancée du petit chaperon rouge

Les poupées du petit chaperon rouge: loup, bûcheron, grand-mère et filletteLes poupées: le loup, à poil, le bûcheron et sa scie, la grand-mère, le , le

La préparation du plateau de jeu

La forêt: troncs, un arbre peut en cacher un autre, d’autres arbres, des nuages, un chemin, des fleurs brodées, le chemin de la troisième case, les arbres et les nuages de la troisième case

La chambre de la grand-mère : l’armoire, le lit et la table, préparation de la pièce, la chambre meublée

Les maisons: les toits, les murs,

Les deux premières pièces

Voir la version de Hanrietta

Les nuits blanches du facteur, de Andreï Kontchalovski

Affiche de Les nuits blanches du facteur, de Andreï KontchalovskiSortie cinéma dimanche en fin d’après-midi avec Les nuits blanches du facteur, de Andreï Kontchalovski.

L’histoire : de nos jours dans le nord de la Russie, autour du lac Kenozero. Chaque jour, Lyokha le facteur [Aleksey Tryaptisyn], abandonné par sa femme, qui a arrêté de boire depuis deux ans, apporte aux villageois tout autour du lac le courrier, le pain, les journaux et surtout leur maigre pension. Il rend aussi visite à Irina [Irina Ermolova], la femme qu’il aime depuis son enfance, vit seule avec son jeune fils, Timur [Timur Bondarenko], à qui il entreprend de faire découvrir la vie d’avant, l’ancienne école en ruine, les légendes dont celle de la sorcière Kikimora qui habite le lac. Il rend aussi de multiples menus services, que ce soit à « Brioche », l’alcoolique du coin orphelin depuis l’âge de cinq ans, ou au général qui vient braconner dans le lac. Parfois, le matin, il voit un chat siamois tout gris, qui évidemment n’est pas là… Un jour, il se fait voler son moteur de bateau et part à la ville pour se le faire remplacer…

Mon avis : un film lent, très lent. Soit mon russe -appris sur le tas- est vraiment très rouillé, soit les personnages (notamment le vieil orphelin alcoolique) parlent tellement dans leur barbe qu’il est difficile de les comprendre, en dehors des mots courants (bonjour et salut, d’ailleurs sous-titrés de la même manière et sans nuance, merci, les nombres pour le compte des billets des pensions, le pain, les pommes de terre, etc.). Visiblement, d’autres personnes présentes à la même séance ont eu encore plus de mal que moi à suivre, ne pouvant pas goûté au décalage entre la vie rurale et la vie urbaine ou la base de lancement de Plesetsk. Les paysages de la réserve naturelle du lac de Kenozero [voir le site officiel en russe], classée au patrimoine mondial par l’Unesco, dans le district de Plesetsk (région d’Arkhangelsk, une ville de 350 000 habitants), sont superbes, hors du temps, filmés ici dans des paysages d’été et d’automne. Un bac, quelques heures de bus et voilà la vie urbaine contrastée qui attire les jeunes du coin… La vie rurale y ressemble beaucoup à ce que j’ai pu partager il y a une grosse vingtaine d’années dans l’est de l’Ukraine, pas d’eau courante, ils ont de l’électricité*, et donc captent la télévision, plutôt sur de vieux postes. L’intérieur de la maison d’Irina, avec sa nappe en toile cirée, son réchaud, sa cheminée au centre de la pièce à vivre, me rappelle l’intérieur de la maison où nous mangions. Mon voisin de siège n’a pas compris -et longuement commenté avec sa femme à voix basse- pourquoi le facteur demande une soucoupe (à hauts bords), y verse son thé depuis sa tasse et le boit dans la soucoupe plutôt que dans la tasse , c’est que ce monsieur n’a jamais goûté le thé brûlant sortant du samovar, même dilué avec l’eau moins chaude de la théière à côté, ça reste trop chaud pour être bu rapidement au milieu de la tournée à poursuivre… Bref, pour un spectateur non averti, le film peut sembler s’étirer interminablement pendant 1h45, mais profitez donc de la vie simple de la campagne profonde, les légendes qui restent vivantes (et participent à l’éducation des enfants), voyez ce film presque comme un reportage ethnographique… même si la garde-pêche ne se laisse pas corrompre par les habitants/braconniers, ce qui a peut de chance d’être vrai 😉 Notre société ne prend pas assez le temps de vivre et de s’ennuyer, de profiter du temps présent, ce film devrait vous y aider pendant un tout petit moment!

* en Ukraine, nous n’avions pas l’électricité, restrictions post-Tchernobyl obligent dans une zone située à l’est de la centrale donc pas touchée, les vents ayant chassé le nuage radioactif vers l’ouest et surtout la Biélorussie – pas du tout la France, si vous vous souvenez bien!

Le voyant de Jérôme Garcin

Couverture de Le voyant de Jérôme GarcinC’est une amie, Paulette (revoir son témoignage sur le Frontstalag 230 à Poitiers) qui m’a prêté ce livre qui a reçu plusieurs prix littéraires en 2015 (prix littéraire de la ville de Caen, prix Nice Baie des Anges, prix Relay des voyageurs-lecteurs). Du même auteur, je vous ai aussi parlé de Olivier et Bleus horizons.

Le livre : Le voyant de Jérôme Garcin, collection blanche, NRF, éditions Gallimard, 2015, 192 pages, ISBN 9782070141647.

L’histoire : né à Paris le 19 septembre 1924, Jacques Lusseyran est victime, à huit ans, d’un stupide accident à l’école qui le rend aveugle. Avec la force de sa volonté et celle de sa mère, il apprend en quelques mois le braille, manie une machine à écrire braille, apprend à se déplacer lors de vacances en Anjou à Juvardeil et réintègre sa classe dès la rentrée suivante. Il poursuit de brillantes études en sixième au lycée Montaigne à Paris puis à partir de la troisième à Louis-le-Grand, apprend l’Allemand. Evacué à Toulouse de septembre 1939 pour un an, il rentre à Paris et organise dès le 21 mai 1941 les « Volontaires de la liberté », dans l’appartement familial et au lycée, réseau qui devient vite officiellement reconnu puis intégré à une structure plus grande. Inscrit en khâgne en 1942, il est sorti de la salle du concours de l’ENS, un aveugle n’a rien à y faire selon un arrêté du ministre… Dès lors, il se consacre entièrement au réseau, avant d’être arrêté le 20 juillet 1943, déporté en janvier 1944 à Buchenwald…

Mon avis: une histoire hors du commun, racontée de manière simple et très efficace par Jérôme Garcin, presque comme un roman d’aventures pour la partie « exaltée » de la résistance, plus « déprimante » pour le retour du camp, les mariages, l’enseignement aux Etats-Unis, le retour en France jusqu’à l’accident de voiture qui lui coûte la vie le 27 juillet 1971. C’est aussi l’histoire d’un combat pour vivre normalement malgré son handicap, et surtout pour que les aveugles ne soient plus exclus de la fonction publique, ce qui ne sera finalement acquis qu’en 1955! Peu de déportés ont témoigné juste après leur retour, envie de se reconstruire mais surtout exclusion de « ceux qui étaient restés » et qui ne comprennent pas quel a été leur enfer. Jacques Lusseyran, lui, a très vite écrit et publié Et la lumière fut, que je vais essayer de trouver. Alors que Geneviève De Gaulle, dont il avait rejoint le réseau (et est tombé en même temps), vient symboliquement d’être inhumée au Panthéon, un éditeur pourrait avoir la bonne idée de rééditer ce témoignage…

Puisque je suis sur le sujet de la Seconde Guerre mondiale, juste pour information, la ville de Strasbourg a révélé ce week-end que suite à la polémique lancée par l’université de Strasbourg elle-même contre le livre de Michel Cymes, Hippocrate aux enfers, des restes humains des victimes des expérimentations nazzies ont bien été retrouvés ces drenières semaines, ils seront remis à la communauté juive pour être inhumé avec les autres victimes du Struthof…

Le temps des cerises se prolonge!

Le temps des ceerises, ATC de BluesyJeudi dernier, Bluesy a fait escale à Poitiers entre son lieu de villégiature et sa maison… L’occasion de faire connaissance « en vrai » aussi avec Guy, son mari, et l’une de ses amies. Au fil des mois, elle m’a abondamment gâtée et j’ai pu, vous le découvrirez petit à petit, enfin lui confectionner un petit cadeau… De son côté, elle m’a offert l’une de ses belles ATC (art trading cards / cartes de 3,5 sur 2,5 pouces ou 8,9 sur 6,4 cm) brodées, le temps des cerises… mais gare, un oiseau semble bien positionné pour en profiter en premier!

Viva de Patrick Deville

Logo de pioché en bibliothèque
Logo rentrée littéraire 2014Couverture de Viva de Patrick DevilleAlors que la rentrée littéraire 2015 pointera son nez dans moins d’un mois, il est grand temps que je vous parle de quelques livres de la précédente rentrée littéraire que j’ai lus ces dernières semaines sans vous en parler (comptes-rendus regroupés Hérisson). Un livre emprunté à la médiathèque et passé ensuite par les mains de Maryse et Vito, vu le thème… Vous pouvez aussi (re)lire mes avis sur Kampuchéa, Peste et choléra, également de Patrick Deville.

Le livre : Viva de Patrick Deville, éditions du Seuil, 224 pages, 2014, ISBN 9782021135961.

L’histoire : Dans les années 1930 au Mexique, un peu aux Etats-Unis et en Europe. En 1937, Léon Trotsky débarque pour l’ultime étape de son exil et est d’abord hébergé par l’éditeur Malcolm Lowry, concentré sur la rédaction de son chef-d’oeuvre Au-dessous du volcan, avant d’investir la maison bleue de Frida Kahlo. A Mexico, Tampico ou Cuernavaca se croisent aussi Diego Rivera, Tina Modotti, B. Traven, André Breton, Antonin Artaud et beaucoup d’autres. Se sachant menacé, Trosky écrit, revient sur sa longue fuite, préparant une riposte aux procès de Moscou, attendant les malles contenant ses papiers et écrits…

Mon avis : le livre est probablement très documenté et assez fidèle à la réalité, mais la narration non linéaire, avec de constants changements de lieux et de temps, rend le livre on ne peu plus confus. Même si je connais un peu cette histoire, c’est sans aucun doute beaucoup trop peu pour réussir à suivre ce récit. S’il avait été plus chronologique, ou au moins avec des repères qui permettent de savoir si l’on est en 1920, en 1937 ou plus tard, le livre aurait gagné en clarté!!! Bref, probablement très intéressant, mais je m’y suis sentie complètement perdue!