Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal

Couverture de Réparer les vivants, de Maylis de KerangalC’est une amie (voir son témoignage sur le camp de la Chauvinerie à Poitiers) qui m’a passé ce livre en version « poche », il en a été beaucoup question en 2014 (nombreux prix littéraires) et le magazine Causette publie une série de reportage sur son adaptation en cours au cinéma par Katell Quillévéré. De la même auteure, (re)voir mon avis sur Tangente vers l’est et À ce stade de la nuit.

Le livre : Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal, collection Verticale, éditions Gallimard, 288 pages, 2014, ISBN 9782070144136 (lu en Folio n° 5942, 2015, 299 pages).

L’histoire : de nos jours près du Havre. Trois jeunes gens partent au petit matin faire une sortie en surf. Au retour, le chauffeur s’endort au volant. Simon, 19 ans, qui n’avait pas mis la ceinture de sécurité, est gravement blessé à la tête. Dès son arrivée au service de réanimation, il s’avère qu’il est dans un état désespéré et rapidement en état de mort cérébrale. Il pourrait être donneur de ses organes…

Mon avis : beaucoup de lecteurs ou de critiques parlent du réalisme de ce livre, qui a fait pleurer Audrey Azoulay, la nouvelle ministre de la culture (Le Journal du Dimanche du 14/02/2016, repris pas Le Canard enchaîné du 17 février). Réalisme peut-être, surtout de longues descriptions que j’ai trouvées parfois ennuyeuses (les états d’âme de l’un ou de l’autre des personnages, avec de longues digressions qui ont pour fonction surtout de faire reprendre leur souffle au lecteur). Je trouve dommage que pour un livre qui semble documenté sur le thème des greffes, il y ait une grosse imprécision page 185 (en édition Folio): dans la « vraie vie » (« vraie mort » plutôt), le foie et les reins ont chacun deux receveurs, pas un seul, car il y a deux reins et deux lobes au foie, le grand -lobe droit- en général pour un adulte et le petit -lobe gauche- pour un enfant. Mises à part ces réserves, le livre a le mérite de populariser tout ce qui entoure les greffes, et notamment la greffe cardiaque : constat de la mort cérébrale, annonce aux parents, recueil du consentement (du mort, via les parents, s’il n’a pas dit son opposition de son vivant), organisation de la répartition des organes par l’agence de biomédecine, prélèvements et réimplantation (que pour le cœur dans le livre). Presque 300 pages pour juste 24h très denses (5h30 lorsque le réveil de Simon sonne pour partir à la plage, 5h30 quand son cœur bat dans la poitrine de Claire, la receveuse) dans la vie de tous les personnages, mais qui ne m’ont pas émue, contrairement à certains témoignages que je suis en train de relire et qui seront prochainement édités en livrets par l’association Valentin Apac, association de porteurs d’anomalies chromosomiques. Au passage, rappelons qu’il est préférable de faire part de votre position par rapport aux dons d’organe de votre vivant (je suis résolument POUR) comme il vaut mieux aussi préparer ses directives anticipées (pas réservées aux mourants, un accident peut arriver cf. le cas Vincent Lambert). Il est possible dans certaines conditions de faire des dons d’organe entre vivants: reins, mais aussi foie (un gros fragment d’un lobe gauche d’adulte, greffé sur un nourrisson, il régénérera en quelques mois chez le donneur, un lobe droit d’un adulte à un autre adulte).

Un bonnet en jacquard

Bonnet en jacquard, tricot recto et versoCet automne, je me suis lancée dans un projet en jacquard pour Danielle, un ensemble coordonné bonnet et écharpe créé par KAZEKOBO et paru dans Bonnets en jacquard (éditions de Saxe, 2015). Voici d’abord le bonnet, vous remarquerez que j’ai fait attention au dos, pas de fils qui traînent!

Bonnet au jacquardUne couture et voici le résultat, il n’a pas dû servir beaucoup avec cet hiver particulièrement doux, mais des gelées sont annoncées cette semaine en Poitou.

Les innocentes d’Anne Fontaine

Les innocentes d'Anne FontaineJe suis allée voir hier Les innocentes d’Anne Fontaine (revoir mon avis sur un de ses films précédents, La fille de Monaco).

L’histoire : en Pologne, en décembre 1945. Dans un hôpital temporaire de la Croix Rouge,  Mathilde Beaulieu [Lou de Laâge], fille d’ouvriers communistes, assiste Samuel [Vincent Macaigne], le chirurgien juif dont toute la famille a été décimée à Bergen-Belsen. Un jour, une jeune sœur d’un couvent de bénédictines vient chercher de l’aide : l’une des religieuses souffre en couches depuis 24 heures. Contre l’ordre établi (les Polonais doivent être aidés par la Croix-Rouge polonaise), elle finit par se rendre au couvent, pratique une césarienne avec les moyens du bord, avant d’apprendre que sept religieuses sont enceintes et sur le point d’accoucher, toutes ont été violées il y a 9 mois par des soldats soviétiques. La Mère supérieure [Agata Kulesza] lui fait jurer le silence, elle confiera l’enfant au village, il n’est pas question qu’elle revienne. Mais l’une des religieuses, Maria [Agata Buzek], promet de la faire entrer pour vérifier les suites de la césarienne. Au retour de cette deuxième visite, des soldats russes arrêtent son véhicule et entreprennent de la violer, arrêtés in-extremis par leur supérieur. Il ne la laisse cependant pas passer et elle doit retourner au couvent…

Mon avis : Anne Fontaine s’est inspirée de l’histoire de Madeleine Pauliac dont elle a eu connaissance par son neveu, qui détenait son journal intime. Elle mêle plusieurs thèmes, les viols commis par des soldats, les enfants abandonnés ou orphelins de guerre, la foi / les fois (catholique, juive, communiste?), l’occupation de la Pologne dans les mois qui suivent la Deuxième Guerre mondiale. La vision semble parfois un peu simplistes: les médecins soignent sans arrière-pensée, alors que dans le camp des religieuses, il y a certes la foi pour la quasi totalité (pas toutes), mais aussi le secret, l’infanticide, le suicide… pas très catholiques! Révéler le secret serait la mort du couvent, dont les biens sont convoités par le nouveau gouvernement communiste. La mère supérieure a cru bon de se débarrasser des premiers bébés en les confiants à Dieu (au pied d’un calvaire dans le froid de l’hiver polonais) plutôt qu’à une famille, mais elle est « punie » (je fais un raccourci qui me semble implicite dans le film) car victime d’une syphilis à un état avancé, qu’elle refuse de laisser soigner. Je trouve que ce film n’est cependant pas aussi fort que Ida, de Paweł Pawlikowski, qui abordait le thème d’une petite fille juive cachée dans un couvent polonais.

Macbeth de Verdi, adapté par Fabrizio Cassol et Brett Bailey au TAP à Poitiers

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014Jeudi soir, je suis allée voir Macbeth de Verdi, adapté par Fabrizio Cassol et mis en scène par Brett Bailey (revoir l’année dernière Exhibit B), au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP. Heureusement que j’avais choisi la représentation de 19h30 (comme pour beaucoup de spectacles de ma saison 2015-2016 ), à part des micro-endormissements de 20h10 à 20h20 (merci à mon voisin qui a veillé à me réveiller jusqu’à ce que le « coup de barre passe »), j’ai réussi à tout voir!

Le spectacle: sur la scène, à gauche (à jardin), dix chanteur(se)s noir(e)s [la compagnie Third World Bunfight], victimes de guerre, exilés de force ou anciens enfants soldats, comme le souligne le générique. À droite (à cour), douze musicien(ne)s blanc(he)s [le No Borders Orchestra] et le chef d’orchestre [Premil Petrovic]. Au centre, un podium surmonté d’un écran sur lequel sont projetées des textes sur les massacres constatés par les médias ou l’ONU, des photos en noir et blanc, de Marcus Bleasdale et Cedric Gerbehaye, qui en témoignent, des motifs de tissus africains, des oiseaux comme composés en pièces de tan-gram qui s’animent, etc. De chaque côté de la scène, une petite estrade individuelle sur laquelle un soliste vient de temps à autre prendre place. Et deux écrans de surtitrage en français et en anglais (le texte est en italien). Fabrizio Cassol a condensé l’opéra, passé de 2h50 environ à 1h40, et l’a transposé, avec Brett Bailey à la mise en scène, dans le Congo victime d’une guerre civile.

Mon avis : comme dans la pièce de Shakespeare adaptée par Verdi, Macbeth [Owen Metsileng] reste un général, sa femme [Nobulumko Mngxekeza] une intrigante et Banquo [Otto Maidi] ne se laisse pas faire. Les trois sorcières sont aussi bien là, habillées et masquées de blanc. La transposition au cœur de la guerre civile du Congo est très forte, surtout que les chanteurs sont aussi (et même avant-tout) des comédiens, tous bougent, changent de costumes, manipulent des décors simples (caisses gerbables, sacs de vêtements, malle, chaise en plastique, …), rien à voir avec un opéra classique statique. Le tout est souligné et mis en valeur par un très beau travail sur la lumière [Felice Ross]. Cela donne l’impression très forte d’assister à une pièce de théâtre chantée, un retour à Shakespeare plus qu’à Verdi… alors que l’opéra est pourtant bel et bien là, même s’il est coupé et adapté autour de la guerre civile et ses conséquences, la souffrance des civils, l’exil, les viols de guerre (suggéré mais bien là), les meurtres, les profiteurs à l’affût de gros bénéfices qui s’accaparent des compagnies minières néo-colonialistes. Un spectacle très fort, s’il passe près de chez vous, n’hésitez pas à aller le voir!

Pour découvrir un extrait proposé par la compagnie Third World Bunfight

MACBETH by BRETT BAILEY / Third World Bunfight par Free State Productions sur Vimeo.

La dernière image, de Gani Jakupi

Couverture de La dernière image, une traversée du Kosovo de l'après-guerre, de Gani Jakupipioche-en-bib.jpgUn album trouvé à la médiathèque.

Le livre : La dernière image, une traversée du Kosovo de l’après-guerre, de Gani Jakupi (scénario, dessins et couleurs), collection Noctambule, éditions Soleil, 2012, 88 pages, ISBN 9782302020627.

L’histoire : juin 1999. Gani Jakupi est envoyé au Kosovo avec un photographe par un magazine espagnol juste après le départ des troupes serbes. Il est accompagné d’un photographe qui cherche « l’image choc », lui, le dessinateur, profite de sa connaissance de la langue pour sortir des sentiers battus. Comment illustrer tel thème ou tel autre ? Son origine kosovar lui permet-elle de garder toute l’objectivité nécessaire à un journaliste sur le terrain ? N’a-t-il pas été piégé par le magazine qui avait surtout commandé un reportage photographique sur le retour d’un Kosovar dans son pays dévasté par la guerre, confronté aux retrouvailles avec ses proches…

Mon avis : j’ai choisi cet album sur la base de son titre, pensant qu’il serait dans la droite ligne de Goražde et Šoba, de Joe Sacco. Gani Jakupi s’est installé en France à la fin des années 1970 (donc bien avant la guerre des Balkans), a acquis la nationalité française en 1983, avant de s’installer en Espagne dix ans plus tard. En 1999, il y vivait quand il a été envoyé en reportage au Kosovo, il a mis presque quinze ans pour raconter cette mission qui l’a marqué, retour dans son pays natal, qui tourne à une grosse interrogation, comment raconter les ravages de la guerre? Lui n’a pas envie de faire un scoop ou de rapporter des images « à la Goya » (voir Les désastres de la guerre de Francisco de Goya), il choisit de dessiner plutôt les ambiances tout en racontant la position inverse du photographe qui l’accompagnait et qui avait finalement peut-être la mission de montrer les réactions du dessinateur / journaliste. Du coup, l’auteur/narrateur s’interroge sur le poids des images, l’éthique du reportage photographique, la recherche du scoop ou de l’image choc plutôt que de l’image qui refléterait davantage la réalité ambiante. Les couleurs sont douces pour un sujet aussi tragique. Un album très différent de ce à quoi je m’attendait, mais qui m’a bien plu…

Il faut tenter de vivre, d’Éric Faye

pioche-en-bib.jpgCouverture de Il faut tenter de vivre, d'Éric FayeUn livre trouvé parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Il faut tenter de vivre, d’Éric Faye, éditions Stock, 176 pages, 2015, ISBN 9782234078017.

L’histoire : de nos jours, le narrateur se souvient de Sandrine Broussard, la trentaine. Il y a 23 ans, il a recueilli le récit de sa vie en vue d’écrire un livre qu’il n’a jamais rédigé. Jeune adulte mariée à 17 ans, déjà divorcée quelques mois plus tard, avec son compagnon, Sandrine a monté dans le Nord une entreprise d’escroqueries : elle passe des petites annonces roses pour appâter des hommes du Midi, puis se fait envoyer l’argent pour un voyage qu’elle ne réalisera jamais. Recherchés, lui se rend, elle continue sa vie chaotique, fuit en Belgique le temps d’attendre la prescription de ses délits (5 ans), s’engage comme serveuse dans un bar à hôtesses près de la frontière…

Mon avis : l’auteur a choisi de décaler le temps de la narration et le temps du recueil de la « confession » de Sandrine d’une vingtaine d’années. Léger décalage temporel – quelques années – aussi entre la confession (« J’avais quelque chose comme vingt-six ou vingt-sept ans et Sandrine à peine plus« ) et l’histoire elle-même, mais l’auteur ne « joue pas » de ces décalages.

la route de Douai à Tournai, passage de l'ancien poste frontière de Mouchin, cliché Lucien DujardinL’essentiel du livre se passe dans les années 1980, alors qu’il y a encore des douaniers (plutôt rares, peu à peu remplacés par « la volante »…) à la frontière entre la France et la Belgique : voir dans la circulation, extrait de Halte à la douane à (avec des bois gravés des enfants de l’école en 1935 et des photographies actuelles de mon père), un petit poste qui ressemble à celui décrit dans le livre…

Le passage de la frontière au Bas-Préau à Mouchin, cliché Lucien Dujardin… à moins que ce ne soit carrément un passage réservé aux seuls riverains, comme celui-ci, pour les extraits où elle cherche un passage discret. Ce second poste de Mouchin ne semble aujourd’hui plus connu de la police ni des douaniers français, le premier n’a pas non plus été bloqué lors des attentats de 2015 (alors que des herses avaient été déployées lors des attentats de 1985-1986), il est surtout contrôlé le samedi soir et le dimanche matin pour les retours alcoolisés de boîte de nuit en Belgique.

Revenons au livre… Sandrine peut donc passer tranquillement la frontière entre la France et la Belgique dans les années 1980, avec juste ce qu’il faut de frissons lors de rares contrôles, mais à l’heure de la libre circulation dans l’espace Schengen (espérons que ça dure!), ils ne peuvent aujourd’hui être vraiment compris que par des frontaliers.

Le portrait de Sandrine aurait aussi mérité plus de profondeur: petite délinquante qui boit et vit sous amphétamine, elle a eu une enfance compliquée, a fait six mois de prison et ne veut pas y retourner, mais on ne comprend pas vraiment pourquoi elle fuit tant la vie et veut ainsi se détruire, avec des hommes fantasmés (les photographies des hommes du Midi qu’elle ne verra jamais) ou réels (son ami de délinquance, les clients du bar « à putes » à qui elle refuse son corps, le riche commerçant marié qui finit par l’entretenir). Finalement, j’ai lu ce livre d’une traite (sur un aller-retour Poitiers-Paris en train, entrecoupé de sieste, je l’avais choisi pour sa « lisibilité » sans mon visioagrandisseur maison), mais il ne me laissera probablement aucun souvenir à moyen ou long terme.

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Petit escargot…

Escargot en tissuIl y a quelques semaines, j’ai offert à l’une de mes nièces un livre où il est question d’escargots et d’éléphants… En attendant l’éléphant (plutôt dans le genre de celui-ci, cet éléphanteau et sa maman éléphant réalisés il y a quelques années sont plus compliqués et impossibles à miniaturiser), je me suis lancée dans de l’improvisation avec des chutes de tissus. J’ai réalisé un long boudin  juste assez large pour permettre le retournement, rempli d’un peu de bourre, j’ai improvisé un patron pour le corps, puis enroulé la coquille. Il restait à broder les yeux, la bouche et faire des « cornes »… Et voilà, un petit escargot de 5 cm environ.

Un petit escargot brodé sur toile jauneEt pour la chanson de l’escargot, de Jacques Prévert, je l’ai déjà illustrée ici 😉

J’ai terminé depuis plusieurs mois les contes en tissus pour mes neveu et nièces, il faut que je termine de vous montrer les résultats! Voir Boucle d’or (bientôt), le petit chaperon rouge et le haricot magique.

La fin de M. Mouton?

La fin de M. Mouton? Photo de Philippe Baudelot

La fin de M. Mouton? Photo de Philippe Baudelot

Il y a une quinzaine de jours, Philippe m’a envoyé cette photographie de l’un des piliers de la pénétrante ouverts à la libre expression des grapheurs. « This is the end », est-ce une annonce de la fin de l’aventure des moutons collés régulièrement en ville à Poitiers? [PS : d’autres moutons étant apparus depuis la publication de cet article, l’hypothèse émise par Grégory tient mieux la route : « This is the end, beautiful friend / This is the end, my only friend, the end« , paroles des Doors en hommage à une disparition ? (celle de Bowie survenue peu avant ?)].

Moutons poitevins, pagaille autour de la porte de ParisEn fait, M. Mouton n’a pas posé beaucoup de messages depuis fin août/début septembre où il y avait eu un « rebond » très réactif sur la pagaille engendrée par le réaménagement du carrefour de la porte de Paris. Même si la pagaille fut de courte durée, son illustration était très bien sentie (et la police et autres balayeurs municipaux les ont traqués et fait disparaître très vite).

Poitiers, porte de Paris, travaux en cours début septembre 2015Ce carrefour était compliqué « avant », surtout pour les non poitevins, selon la destination, il fallait passer à droite ou à gauche de la tour. Et même pour aller d’Angers : Nantes vers Tours, ceux qui ont raté la rocade devait passer sous la voie ferrée, faire le tour de la tour, et repasser sous la voie ferrée. Le nouvel aménagement a modifié les habitudes, désormais, dans le dernier cas, on n’a plus à faire le tour, pour tous les autres, elle devient comme un rond-point, mais avec des feux au milieu de carrefour.

Poitiers, porte de Paris, travaux en cours début septembre 2015En plus, les travaux n’étaient pas terminés pour la mise en service…

Poitiers, blocage de la porte de Paris le 3 septembre 2015 à 17h45Il ne faut surtout pas s’engager à l’orange, sinon ça paralyse totalement le dispositif (ici le 3 septembre à 17h45), ce qui fut le cas les premiers jours. Puis les gens sont passés ailleurs (revenus peu à peu depuis), les flics ont fait la circulation, le tracé des voies de bus a été revu, les bus scolaires du conseil départemental (qu’on voit sur la photographie) passent ailleurs, et à part le vendredi soir (trop grosse affluence), ça marche plutôt mieux qu’avant. Les piétons peuvent traverser de manière plus sécurisée, en revanche, catastrophe pour les cyclistes: soit ils se transforment en piéton, soit ils doivent s’insérer au milieu des voitures, nez au ras des pots d’échappement.

Mouton poitevin, le monde marche sur la têteQuelques jours plus tard était délivré ce message, « le monde marche sur la tête ».

Mouton poitevin, dollar avec un loupIl y a aussi eu un dollar avec un loup qui guette les moutons… à classer avec d’autres dollars et d’autres loups (revoir l’index).

Moutons poitevins avec antenne de télé gardés par un mouton-loup devant une ville ancienneLe loup était sur ces moutons à antenne télé il y a longtemps (clic sur l’image)…

Mouton à antenne de télévisionLe mouton à antenne est revenu seul sur cette version.

Mouton repéré à Châtellerault en décembre 2015En décembre 2015, j’ai repéré à Châtellerault plusieurs modèles déjà vus à Poitiers, qui avaient manifestement « vécus » leur vie, pluies et intempéries, sans être enlevés par les employés municipaux.

Moutons poitevins, contre la policeEt celui-ci, que je n’avais pas partagé car le message, « all cops are bastards » / tous les flics sont des c…d », est un peu limite, même si l’image joue sur d’autres registres.

Égalité filles / garçons en primaire???

Centre Presse, 4 février 2016La semaine dernière, le 4 février 2016, le quotidien régional Centre Presse, édition de la Vienne, proposait un article sur une visite de 26 élèves de CM2 de l’école Jacques-Brel à l’IUT de Génie Thermique et Énergie de Poitiers. Sur le fond, il s’agit de promouvoir les études scientifiques dès le plus jeune âge, par l’intermédiaire de l’association des Petits débrouillards, qui organise des stages gratuits dans de nombreuses villes autour des sciences abordées par l’expérimentation. Ils sont très bons dans ce domaine, en revanche, pour la mixité et l’égalité filles / garçons dans les activités, ils repasseront! La photographie qui illustre l’article m’a interpellée (je l’ai partagée avec des ami(e)s féministes et sur les réseaux sociaux et envoyée au magazine Causette) : pour la réunion finale dans l’amphithéâtre, il y a deux rangs de garçons devant et un rang et demi de filles derrière. Je veux bien qu’en CM2, les garçons et les filles se mélangent peu dans la cour de récréation (en classe, le (la) « professeur(e) des écoles devraient veiller à la mixité), mais une telle séparation spatiale, avec les filles DERRIÈRE, ça n’aidera pas les filles à prendre confiance en elles en général, et pour les métiers scientifiques en général!!! Comment voulez-vous ensuite qu’il y ait une égalité hommes / femmes dans le monde du travail, le partage des tâches ménagères, etc.? N’est-ce pas le rôle des accompagnants, nombreux (un pour 5 enfants), de veiller au mélange des genres? Il y a sur la photographie quatre jeunes avec un sweat-shirt des Petits débrouillards de l’IUT et un adulte (instituteur? professeur de l’IUT?), que des hommes, la féminisation des métiers scientifiques est sur de bien mauvais rails! Tiens, il faudrait que je demande à l’association Femmes et sciences ce qu’elle en pense…

Il s’appelait Géronimo, d’Étienne Davodeau et Joub

pioche-en-bib.jpgCouverture de Il s'appelait Géronimo, d'Étienne Davodeau et JoubLa série de Géronimo, d’Étienne Davodeau et Joub, s’achève avec ce tome trouvé à la médiathèque, avec un changement d’éditeur et ne porte donc pas le nom de « tome 4 » de la série. Vous pouvez (re)lire mes avis sur les tomes précédents en suivant les liens : voir le tome 1, le tome 2 et le tome 3.

Le livre : Il s’appelait Géronimo, d’Étienne Davodeau et Joub, éditions Vents d’ouest, 128 pages (dont un dossier genre « making-off » d’une vingtaine de pages) 2014, ISBN : 9782749306667.

L’histoire : de nos jours (ou même dans quelques années?), Benji retrouve son ami Geronimo dans un bel appartement parisien sous le nom d’Emmanuel Croupy. Qu’est-il devenu depuis son adolescence un peu rebelle? Il reprend son histoire là où on l’avait laissé. Embarqué clandestinement sur un cargo qu’il pensait à destination des États-Unis, au « pays des Indiens » qu’il a tant rêvé chez son oncle, il débarque à Cayenne. Alors qu’il fait la manche, un homme est poursuivi et blessé près de lui. Il le cache à sa demande, part chercher ses affaires à l’hôtel et de l’argent avec sa carte bleue (un objet inconnu de Geronimo…), mais à son retour retour, l’homme est mort. Ni une ni deux, il prend son identité et rentre à Paris en avion…

Mon avis: je dis « dans quelques années », peut-être, car on voit page 41 un passeport délivré en 2012 et l’histoire est censée se passer une dizaine d’années plus tard. C’est un détail, l’histoire est intemporelle. Geronimo passe en quelques pages de l’adolescent dégingandé et tenu à l’écart de la « vie moderne » par son oncle à un homme qui a du bien, fonde une famille, et peut enfin découvrir la vérité sur sa mère. Un bel album sur la quête d’identité, la place du secret de famille dans la construction d’une vie.

Le dossier à la fin de l’album montre le travail à quatre mains des auteurs, mêlant photographies et dessins qui en ont été tirés.

Pour découvrir l’auteur : voir le site d’Étienne Davodeau, que je trouve très riche… et le récapitulatif dans l’article écrit pour l’une des venues à Poitiers de l’auteur. Il faudra que je lise son dernier album, qui a reçu le prix du public au dernier festival d’Angoulême, Cher pays de notre enfance, enquête sur les années de plomb de la Ve République (avec Benoît Collombat).

Pour rappel, je vous ai parlé de nombreux albums d’Étienne Davodeau

de Kris et Davodeau

et de Davodeau et Joub