Invasion éléphantesque…

Elephant mauve à pois blancs, de profilA noël, j’ai offert à l’une de mes nièces un livre où il est question d’escargots et d’éléphants. Je l’avais accompagné d’un petit escargot… je viens de lui faire un éléphant! J’ai choisi un modèle déjà utilisé (voir un éléphant jaune et rose), tiré de Burda travaux manuels n° 28 spécial Doudou et Cie (août 2011). Un modèle beaucoup plus simple que cet éléphanteau et sa maman éléphant réalisés il y a quelques années !

Elephant mauve à pois blancs, de faceEt voici de face. Les oreilles sont dans le même tissu jaune (coupon inépuisable! voir mes tissus) que l’éléphant précédent,  le tissu du corps est celui utilisé pour un nécessaire à couture et la doublure du sac rose. Il mesure une douzaine de centimètres, je pense.

Eléphants découpés en bristolEt j’ai ajouté une ribambelle d’éléphant découpés sur une couronne de fête des rois, une pâtisserie de Poitiers qui avait choisi des fèves sur ce thème cette année!

Pourquoi j’ai construit une maison carrée, de Jean Guilaine

pioche-en-bib.jpgCouverture de Pourquoi j'ai construit une maison carrée, de Jean GuilaineUn certain nombre de préhistoriens se sont lancés dans l’aventure du roman historique… Il y a un peu plus de deux ans, Actes sud a réédité dans la collection Babel un livre publié par Jean Guilaine en 2006 (en lien avec les éditions Errance, plus spécialisées en archéologie). Je l’ai trouvé à la médiathèque.

Le livre : Pourquoi j’ai construit une maison carrée, de Jean Guilaine, collection Babel (n° 1186), éditions Actes Sud, 332 p., 2013, ISBN 978-2-330-01965-5 (1ère édition en 2006 sous l’ISBN 978-2-7427-6142-5).

L’histoire : il y a 10.000 ans… Cando raconte à ses enfants l’histoire de sa jeunesse. Direction le Proche-Orient. Cando appartient à un groupe de chasseurs-cueilleurs passés du nomadisme sous tente à des maisons rondes rapides à reconstruire ailleurs, mais autour d’eux, beaucoup de groupes sont passés à l’élevage (des chèvres) voire à l’agriculture, y compris chez des cousins. La lutte sera féroce avec les anciens, attachés à leurs traditions, pourquoi abandonner les maisons rondes en torchis pour bâtir des maisons carrées? C’était bien la peine de transporter autant de blocs, voici le village installé en bord de mer englouti par la montée des eaux… La promiscuité des animaux entraîne une épidémie mortelle, les dieux ne rejettent-ils pas ces innovations? A quoi bon ces pots en céramique, lourds, même s’ils mettent les céréales à l’abri? Et c’est quoi, cette mode des tissus, la peau tannée ne convient donc plus aux jeunes? Au sein du groupe, rien ne va plus, la scission est inévitable…

Mon avis : pour les besoins du récit, Jean Guilaine a condensé en une génération les évolutions qui se sont produites sur une période un peu plus longue, sédentarisation, transformation du mode de vie, domestication du chat (le loup avait été domestiqué depuis plusieurs dizaines de millénaires), apparition de la guerre (enfin, développement, plutôt…). La montée des eaux aussi a été impressionnante, rappelez-vous le déluge de la Bible ou l’Atlantide, des récits ancrés dans les mémoires collectives et pour cause, si aujourd’hui on s’inquiète pour une montée des eaux de quelques mètres, on oublie que la mer a monté de presque 55 mètres entre le dernier maximum glaciaire et l’Holocène (et aussi que le trait de la côte atlantique était 5 mètres plus haut qu’aujourd’hui au 5e siècle avant Jésus-Christ, avec des sites de production de sel à Muron, presque à Surgères, à une cinquantaine de kilomètres à l’intérieur des terres pour ceux qui connaissent la Charente-Martime). Revenons au Proche-Orient… Ce roman est agréable à lire, avec de nombreuses touches d’humour, ce qui change d’autres romans (pré)historiques: soit ils sont agréables à lire mais plein d’erreurs pour les préhistoriens, soit ils sont écrits par des préhistoriens et parfois pas très agréables à lire. Jean Guilaine a réussi à éviter cet écueil!

 

Les 10 mots de la semaine de la langue française 2016

Voici le retour de la semaine de la langue française, du 12 au 20 mars 2016 sur le thème dis-moi dix mots… la richesse des régionalismes francophones. Cela sera la 21e édition.

Nous avons donc à jouer avec les mots suivants:

  • « chafouin » et « fada » (en France)
  • « poudrerie » et « dépanneur » (au Québec)
  • « lumerotte » et « dracher » (en Belgique)
  • « ristrette » et « vigousse » (en Suisse)
  • « tap-tap » (« en » [sic sur le site, j’aurais dit à] Haïti)
  •   « champagné » (au Congo).

Affiche Dis-moi dix mots 2016Pour les définitions, il faut aller voir par là… la drache devrait pouvoir répondre à la poudrerie… même s’ils proposent ici le verbe dracher.

En attendant, je vais chercher mes commissions (ch’ti) au dépanneur (québecois) ou plutôt « à l’arabe du coin » (parisien, même si ces magasins de dépannage sont de plus en plus repris par des chaînes)… Champagné, je trouve que ce mot est plus joli que le verbe correspondant, réseauter, proposé parmi les dix mots de 2011.

Je vais essayer de ne pas flemmarder comme en 2015, où je n’ai pas écrit de texte. Vous pouvez revoir les versions que j’ai proposées en 2008, en 2009, en 2010, en 2011, en 2012, en 2013 et en 2014.

Les infâmes de Jax Miller

pioche-en-bib.jpgCouverture de Les infâmes de Jax MillerJe poursuis ma découverte de la  rentrée littéraire 2015 à travers les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Les infâmes de Jax Miller, traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire-Marie Clévy, éditions Ombres noires, 351 pages, 2015, ISBN 978-2-08-134790-8.

L’histoire : de nos jours aux États-Unis. Freedom Oliver vit dans l’Oregon, protégée par le FBI. Il y a dix-huit ans, elle avait passé deux ans en prison après l’assassinat de son mari, policier violent, puis libérée, un de ses beaux-frères ayant été reconnu coupable. Mais elle a été contrainte à abandonner ses enfants, Ethan (devenu Mason) et surtout Layla (Rebekah), dont elle était enceinte et qu’elle n’a vu que deux minutes à sa naissance, et de vivre avec changer d’identité pour échapper à la vengeance de sa belle famille. Tourmentée par son passé, elle a sombré par l’alcool et attiré la compassion des flics locaux. Un jour, elle apprend la libération de son beau-frère et la disparition de Rebekah, elle quitte son anonymat et décide de se lancer à sa recherche, en fonçant vers Goshen, dans le Kentucky, et l’église évangéliste radicale devenue sectaire des parents adoptifs de ses enfants, Virgil le pasteur et sa femme Carol Paul…

Mon avis : ce polar noir est rythmé par cette ritournelle, « je m’appelle Freedom et… », qui revient très régulièrement après la première phrase, « Je m’appelle Freedom Oliver et j’ai tué ma fille », un peu comme en ouverture d’une séance des alcooliques anonymes. Au fil du récit, on apprend peu à peu l’histoire de la narratrice, la vérité sur le meurtre de son mari arrive assez tard, mais dès le début, elle apparaît alcoolique, impulsive, capable de tendresse (pour sa vieille voisine de palier qui perd la tête, pour Mattley, l’un des flics qui la raccompagne souvent bourrée) comme de réactions vives et violentes. Elle se débat pour ne pas couler complètement, pour ses enfants, pour oublier le viol dont elle a été victime. Tous les personnages ont des traits de caractères forts: Mark le mari violent et flic pourri, Matthew le beau-frère violeur, Peter le beau-frère gentil en fauteuil roulant, les amérindiens Shoshones qui la soigne de deux piqûres de serpent à sonnettes dans l’Idaho, les skinheads qui trafiquent des armes et de la drogue, le pasteur et sa femme… Et le récit est parfois suspendu par un « intermède », un bout de récit à la troisième personne, où l’on quitte la narratrice principale et sa litanie (« je m’appelle Freedom et… »), des parenthèses qui interrompent l’histoire principale tout en l’éclairant. J’ai bien aimé ce polar d’abord, je pense, pour ce rythme particulier, cette course-poursuite de 350 pages à la recherche (à la poursuite) de la liberté (Freedom…) ou au moins de la libération des démons qui la hantent depuis près de vingts ans. Un premier roman réussi pour Jax Miller, pseudonyme d’Anne O’Donnel, née à New York, et vivant en Irlande.

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2015 par Hérisson.

Saint-Amour de Benoît Delépine et Gustave Kervern

Affiche de Saint-Amour de Benoît Delépine et Gustave de KervernCe week-end, ma sortie cinéma était pour Saint-Amour de Benoît Delépine et Gustave Kervern [voir aussi les films où il a un rôle principal,  Dans la cour de Pierre Salvadori et Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine].

Le film : bien qu’officiellement en retraite depuis cinq ans, comme chaque année, Jean [Gérard Depardieu], veuf, éleveur dans le Morvan, vient présenter son meilleur taureau au salon de l’agriculture. Il est accompagné de son fils, Bruno [Benoît Poelvoorde] qui n’a pas la foi pour reprendre l’élevage et profite comme chaque année de sa semaine de vacances au salon pour faire le « tour de France des vins », de stand en stand. Jean l’embarque en taxi, avec Mike [Vincent Lacoste] au volant. Ils y croiseront un propriétaire de la maison d’hôte dépressif [Michel Houellebecq], un enterrement de vie de jeune fille, Venus [Céline Sallette], une femme en mal d’enfant.

Mon avis : vous croyez que c’est normal de plus rire pour un documentaire (Merci Patron ! de François Ruffin la semaine dernière) que pour une comédie ? Bon, je pensais que ce film était au moins drôle et rendait hommage aux vignobles traversés, mais à part une plaquette sur le vin achetée sur une aire d’autoroute (et largement montrée à maintes reprises), il est peu question de vin de qualité, de terroir, même pas pour le Saint-Amour (un vin du sud du Jura) qui donne son nom au film, seulement beaucoup de beuveries et de « coucheries » (suggérées la plupart du temps)… Bon, aller, je n’ai pas aimé et me suis souvent ennuyée, mais beaucoup de spectateurs semblent apprécier ce film si on en juge par les entrées de la première semaine, une personne sur les trois qui étaient avec moi l’a aimé, l’autre a dit « bof », la dernière « sans intérêt », je partage son avis…

Journée maladies rares 2016 et Firendo

Le 29 février avait lieu la journée mondiale des maladies rares, je trouve qu’on en a très peu parlé nationalement… même si à Poitiers la presse locale (papier et France 3)  a relayé les actions de l’alliance maladies rares : présence au CHU ce jour-là et organisation d’un colloque avec l’agence régionale de santé, l’AFM téléthon, la Fondation maladies rares et le CHU (filière AVA Multi) le 3 mars. En pleine semaine, impossible pour moi d’y participer.

Filière AVA multiple, ça ne vous dit sans doute pas grand chose. Au cours du premier plan maladies rares ont été créés les centres de référence et les centres de compétences, des consultations spécialisées qui regroupent les cas en gros par types de maladies rares, afin d’assurer un meilleur diagnostic et la prise en charge la plus adaptée pour chacun. Créé à cette occasion, le site Orpha.net, plate-forme des maladies rares, a été sans cesse actualisé et amélioré. Dans le deuxième plan maladies rares, ces dernières ont été organisées en « filières » qui rassemblent des professionnels de santé (médicaux, paramédicaux, chercheurs, informaticiens, autorités de contrôle, …) et les associations de patients. Les différentes bases de données qui peuvent exister dans les filières, services hospitaliers de recherche etc. sont en cours de fusion dans une grande base de données, la BNDR (Banque Nationale de Données Maladies Rares).

logo de la Filière des maladies rares endocriniennesPour ma part, je participe à un groupe de travail de la filière Firendo (pour Filière maladies Rares ENDOcrines), sur l’annonce du diagnostic, par l’intermédiaire de  l’association Valentin Apac, association de porteurs d’anomalies chromosomiques. Si vous êtes concerné par une maladie rare endocrine, ou concerné pour l’un de vos proches ou de vos patients (professionnels de santé), je vous engage à aller visiter le site de la filière Firendo, un très gros travail a été réalisé pour rendre clair et accessible à tous une information souvent complexe, je vous recommande particulièrement le guide des maladies. A partie d’un accès simple par un corps humain montrant les diverses glandes endocrines, vous aurez bientôt accès, au delà du nom des maladies (pour moi Diabète insipide central acquis depuis 1990), à des définitions et renvois vers la consultation spécialisée la plus adaptée et les associations de patients qui peuvent vous apporter du soutien.

Merci Patron ! de François Ruffin

Affiche de Merci Patron ! de François RuffinJe suis allée voir Merci Patron !, premier  (documentaire) de François Ruffin, patron de Fakir, le journal indépendant d’Amiens « fâché avec tout le monde ou presque », comme dit sa devise (suivre le lien pour le découvrir).

Le film : 2012, dans le Nord de la France (Nord, Pas-de-Calais et Picardie). François Ruffin commence son enquête en fan absolu de Bernard Arnault, T-shirt, voiture, mug, tout le clame: « merci Bernard »! Sur le mode de la parodie, il va essayer de réconcilier d’ex-salariés du groupe de luxe contrôlé par « Bernard » et licenciés pour cause de fermeture, délocalisations, etc. Le voici à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, avec l’ancienne déléguée CGT (une soeur-ouvrière) d’une usine qui fabriquait des costumes Kenzo, rachetée et fermée par LVMH, délocalisée en Pologne… Jocelyne et Serge Klur tirent la langue pour vivre avec quelques centaines d’euros par mois à deux, heureusement que le jardin leur apporte les légumes, mais ils sont menacés d’expulsion. Il les embarquent, avec un inspecteur des impôts (belge… le siège du groupe étant en Belgique) et d’ex-vendeurs de la Samaritaine à l’assemblée générale du groupe. Il est expulsé manu-militari. Peu après, devant les menaces de saisie des biens des Klur, il monte une opération de « chantage », si « Bernard » ne paye pas, ils perturberont les grands raouts et événements privés organisés pour les actionnaires…

Mon avis : ce documentaire est JUBILATOIRE! Avec beaucoup d’humour, un financement par les lecteurs de Fakir et les militants qui le soutiennent, François Ruffin tourne en ridicule ce Bernard Arnaud si suffisant, que l’on voit tout au long de sa carrière par des extraits d’interviews, un Bernard si condescendant (quoi, ces gens qu’il a licenciés ne comprennent pas que c’est pour son bien à lui???), mais qui voit pointer la menace et cède à un chantage qui ressemble à une blague de potache et qui fonctionne au-delà des espérances des protagonistes! La dette de Klur est épongée, lui retrouve un emploi (en CDD puis six mois plus tard en CDI avec une petite pression en plus) dans le magasin Carrefour de son choix, sur intervention du chef de la sécurité de Bernard Arnaud (euh, pas sûre que lui garde longtemps son emploi!). Le ton humoristique rend encore plus percutant ce film condensé en 1h30!

Le service de sécurité rapproché de Bernard Arnaud est issu de nos si doués renseignements généraux… Pas étonnant qu’ils laissent passer les terroristes quand on voit comment l’un de leur ex-haut responsable se fait piéger!!! La mobilisation de la force publique (aux frais de l’État je suppose) sous la forme d’une rangée de CRS pour « sécuriser » une assemblée générale pose aussi question du point de vue du (de la) citoyen(ne) et de l’actionnaire (où est la démocratie supposée des assemblées générales d’actionnaires?)! La presse du groupe de Bernard Arnaud a été muselée : Le Canard enchaîné (24 février 2016) a rapporté pourquoi et comment les journalistes du Parisien Aujourd’hui en France et des Échos n’ont pas pu faire de critique positive du film. La presse du groupe Lagardère a aussi tenté de limiter les « dégâts » possibles en matière de publicité des gros annonceurs du luxe: Elle, mais aussi Europe 1 en ont fait les frais, avec une annulation d’une interview de François Ruffin sur Europe 1, puis une reprogrammation sur un autre créneau de la radio, après une mobilisation sur les réseaux sociaux pour relayer cette censure!!!

Abécédaire chat, troisième étape

Abécédaire chat, troisième étapeCe mois-ci, j’ai bien avancé mon projet de chat qui entre dans le cadre du SAL (projet de broderie en commun) « Chat va vider mon placard » (étendu aux broderies d’autres animaux), coordonné par Minouche. J’ai fini le H (après bien des hésitations pour suivre le modèle vu le nombre de lignes) et commencé le A. C’est un modèle d’abécédaire pris dans le livre Brodez-moi chat d’Isabelle Haccourt-Vautier et Adeline Cras.

Revoir: la première, la deuxième étapes, à suivre…

César 2016…

Affiche de Mustang de Deniz Gamze ErgüvenSi je n’ai pas vu le film primé pour le meilleur film (Fatima de Philippe Faucon) j’ai vu la plupart des films récompensés, ce qui ne sera sans doute pas le cas pour les Oscar ce week-end, puisque parmi les films sélectionnés, je n’ai vu que Mustang de Deniz Gamze Ergüven et Le fils de Saul de László Nemes. Vous pouvez voir ou revoir mes avis en suivant les liens… et voir que ce ne sont pas forcément des films que j’ai préférés. Je suis très heureuse des récompenses de Mustang de Deniz Gamze Ergüven.

Les films primés aux César que j’ai vus

  • Trois souvenirs de ma jeunesse (meilleur réalisateur pour Arnaud Desplechin)
  • Marguerite de Xavier Giannoli (meilleure actrice pour Catherine Frot, meilleurs costumes pour Pierre-Jean Larroque, meilleurs décors pour Martin Kurel, meilleur son pour François Musy et Gabriel Hafner)
  • La loi du marché de Stéphane Brizé (meilleur acteur pour Vincent Lindon)
  • Mustang de Deniz Gamze Ergüven (meilleur scénario original pour Deniz Gamze Ergüven et Alice Winocour, meilleur premier film, meilleur montage pour Mathilde Van de Moortel, meilleure musique originale pour Warren Ellis)

Les films sélectionnés aux César mais non primés que j’ai vus

Les films primés aux César que je n’ai pas vus

  • Fatima de Philippe Faucon (meilleur film, meilleur espoir féminin pour Zita Hanrot, meilleure adaptation)
  • La tête haute d’Emmanuelle Bercot (meilleur espoir masculin pour Rod Paradot, meilleur acteur dans un second rôle pour Benoît Magimel)
  • L’hermine (meilleure actrice dans un second rôle pour Sidse Babett Knudsen)
  • Birdman d’Alejandro González Iñárritu (meilleur film étranger)
  • Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent (meilleur documentaire)
  • Valley of Love (meilleure photographie pour Christophe Offenstein)
  • Le petit Prince de Mark Osborne (meilleur film d’animation)
  • Le Repas dominical de Céline Devaux (meilleur court métrage d’animation)
  • La Contre-allée de Cécile Ducrocq (meilleur court métrage)

Nobody au TAP

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014Nobody? Non, il n’y avait pas personne au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP, c’est le titre d’un spectacle présenté il y a quelques semaines en partenariat avec le festival Filmer le travail. Nobody, c’est donc une « performance filmique », comme dit le programme, une pièce de théâtre jouée sur scène avec un film produit en direct, d’après des textes de Falk Richter mis en scène par Cyril Teste et jouée par le Collectif MxM.

Le spectacle: sur la scène, au premier plan un « open-space » et un « bocal de confession » (une salle où défilent les salariés soumis à des questions par leur encadrant), à l’arrière-plan, une salle de réunion et une pièce cachée par un mur (tour à tour chambre à coucher, toilettes, salle de bain, autre bureau), sur le côté, un couloir avec l’ascenseur, le tout derrière une grande vitre. Au-dessus, un écran où est projeté le film réalisé en direct. Sur scène, les acteurs et deux cameramen tout vêtus de noir, qui filment aussi dans la pièce quasi invisible. Ces consultants spécialisés en restructurations d’entreprise sont eux-mêmes soumis à une méthode de « management » agressive, le « benchmarking »: chaque employé espionne et note ses collègues, ils notent et évincent chez les clients, mais aussi dans leur propre entreprise.

Mon avis: c’est à une grande performance que le spectateur assiste en allant voir cette pièce de théâtre / film éphémère, réalisé en direct et disparaissant au fur et à mesure… Il est aussi invité à réfléchir, certes, cette entreprise semble pousser au maximum des méthodes de direction de ses employés, mais est-ce si loin de ce que beaucoup vivent au quotidien? Travail jusqu’à pas d’heure, stagiaires, personnes poussées dehors, vie de famille qui en pâtit. En 1h30, énormément de thèmes sont soulevés, posés sans commentaires, au spectateur d’en tirer les conclusions. N’hésitez pas à aller la voir si elle passe près de chez vous. Cette pièce devrait être vue impérativement par nos dirigeants, au premier rang desquels Myriam El Khomri (la « sinistre » du travail), Emmanuel Macron et le premier ministre!

Je vais essayer de vous parler très vite des autres spectacles de ma saison 2015-2016…