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Bien connu des services de police de Dominique Manotti

Couverture de bien connu des services de police, de Manotti pioche-en-bib.jpgJ’ai récupéré ce livre à la médiathèque, je l’avais noté dans le petit carnet offert par Emmanuelle, suite à la venue de Aurélien Masson, le jeune directeur de publication de la série noire chez Gallimard, au club polar de la Fnac de Poitiers.

Le livre : Bien connu des services de police, de Dominique Manotti, collection série noire, éditions Gallimard, 211 pages, 2010, ISBN 978-2-07-012832-7.

L’histoire : aujourd’hui à Panteuil, aux portes de Paris. Une patrouille de la BAC (brigade anti-criminalité) rackette des prostituées dans un parking public. Au commissariat, Sébastien Doche, tout juste 20 ans, ancien petit délinquant et débarqué de son Nord natal pour sa première affectation, découvre au bureau des plaintes que l’on ne prend pas toutes les plaintes, question de chiffres et de statistiques. Il se rend aussi vite compte que certains sont protégés dans le quartier. Une autre stagiaire est arrivée en même temps que lui, dès le premier jour, l’un de ses collègues la violente. La commissaire Le Muir n’a qu’une ambition, se faire remarquer de la hiérarchie grâce aux bons chiffres de son commissariat, en limitant les bavures, mais quitte à provoquer le destin… L’incendie d’un squat de Maliens, qui fait 15 morts, est-il vraiment accidentel? Telle est la question de Noria Ghozali, commandant aux renseignements généraux qui s’intéressait à ce commissariat dans l’histoire des prostituées du parking…

Mon avis : bof! Certes, l’auteure dénonce certaines dérives (contrôles d’identité abusifs, protection contre espèces sonnantes et trébuchantes, racket, pots-de-vin, perversité des statistique dans la police), mais je trouve le récit trop prévisible et en même temps mal construit… Seul avantage? Il est très court, vite lu dans un petit trajet en train. J’avais de beaucoup préféré Nos fantastiques années fric, paru il y a quelques années dans la collection Rivages/Noir (c’était bien avant l’ouverture du blog).

Le chant du poète de Marie Soumeillan

Couverture du chant du poète de Marie Soumeillan J’ai acheté ce recueil de poésie (et quelques autres) à la librairie Castéla à Toulouse, lors de mon dernier séjour partiellement placé sous l’influence des muses (revoir ici la fontaine Belle-Paule). Je lis, vais écouter des lectures de poésie, mais vous en parle rarement, le dernier article doit être Toute la terre à vif, qu’on voit de Rémy Prin, il y a quelques mois. Pas facile de parler de poésie, à la lecture si propre à chacun…

Le livre : Le chant du poète de Marie Soumeillan, éditions La Nouvelle Pléiade Paris, 60 pages, ISBN 978-2-84185-226-1.

L’histoire : pas d’histoire pour de la poésie… Ici, la source d’inspiration est souvent la campagne, la nature, les vergers…

Mon avis : le recueil est composé de poèmes le plus souvent à base de quatrains rimés (avec des rimes assez pauvres), mais pas uniquement. Que dire de plus ? Je me suis laissée portée par le texte dans mon propre jardin, au bord de l’eau, dans un état d’esprit très favorable à la lecture de ces poèmes, à se laisser porter par le texte.

Pour aller plus loin : comme je pense que ce livre n’est pas vraiment distribué par les éditions La Nouvelle Pléiade Paris, car il s’agit d’un éditeur de poésie à compte d’auteur, je vous renvoie sur le site de OPI des Tescou’s, optimiser, promouvoir, initier au pays des Tescous, ce lien vous mènera directement à un article et aux coordonnées de Marie Soumeillan et à l’un de ses recueils de poésie, Flamme incandescente

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J’étais Dora Suarez de Robin Cook

Coffret de huit polars réédités par Télérama en 2010 Il y a quelques mois, Télérama a réédité une série de polars, dont celui-ci, de Robin Cook, l’auteur anglais (1931-1994), pas l’auteur américain (1940-) de polars à dominantes médicales (que j’ai à peu près tous lus).

Le livre : J’étais Dora Suarez, de Robin Cook, traduit de l’anglais par Jean-Paul Gratias, Télérama / Rivages / noir, 264 pages, 2010, ISBN 978-2-86930-476-5 (première édition en anglais : 1990, en français : chez Rivages en 1990).

L’histoire : à Londres, en 1990 (une victime, Betty Carstairs, a 86 ans et il est dit plus loin qu’elle est née en 1904). La prostituée Dora Suarez, âgée d’une trentaine d’années, est massacrée avec une extrême violence, à coups de haches. Son meurtrier a bu de son sang. La vieille dame qui la logeait, ayant surpris le meurtrier, est violemment projetée contre une vieille horloge et meurt aussi. La même nuit, Felix Roata, proxénète et copropriétaire d’un club très particulier, est abattu à quelques rues de là par le même tueur. La hiérarchie policière rappelle un des ses policiers solitaires qu’elle avait mis à pied pour avoir frappé un de ses supérieurs dans une précédente affaire. Il réintègre donc son service. Très vite, l’autopsie révèle que Dora Suarez était en train de mourir du SIDA (en phase terminale) et l’enquête qu’elle préparait son suicide pour le soir même. Coïncera-t-il le tueur?

Mon avis : noir, c’est noir… La narration est originale, alternant la troisième personne (surtout au début et à la fin) quand il s’agit du point de vue du tueur, et la première personne pour le point de vue du policier, qui reste sans nom tout au long du récit. Ce policier est un vrai écorché, sa femme avait sombré dans la folie et assassiné leur fille de neuf ans. Il mène l’enquête à sa façon, presque seul, il n’accepte l’aide que de l’enquêteur chargé du meurtre de Roanna. Où l’on touche de près la corruption de la police, mais notre enquêteur ne se laisse pas acheter, et la contamination criminelle de filles pour satisfaire de riches atteints (et le sachant) du SIDA.

Pour aller plus loin : ce volume est le quatrième de la série Factory qui comprend On ne meurt que deux fois (1984), Les mois d’avril sont meurtriers (1985), Comment vivent les morts (1986) et donc J’étais Dora Suarez (1990). Je ne me souviens pas avoir lu les premiers…

Retrouvez tout le coffret Télérama

Le Diable et le Bon Dieu de Jean-Paul Sartre

Couverture du Diable et le Bon Dieu de Sartre, en vieux Folio Dans le cadre du défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie, la relecture d’un Sartre s’imposait à son tour. J’ai choisi une pièce de théâtre, et je la classe avec les lectures de prix Nobel (regroupés par auteur sur cette page), même si Jean-Paul Sartre l’a refusé lorsqu’il a été désigné en 1964.

Le livre : Le Diable et le Bon Dieu, de Jean-Paul Sartre , drame en trois actes, première parution en 1951 chez Gallimard, lu en Folio n° 869, édition de 1987, 252 pages, ISBN 978-2-07-036869-6.

L’histoire : à Worms, en Allemagne, au 16e siècle, lors de la révolte des paysans contre l’Église. Dans la ville, les paysans ont enfermé les prêtres et menacent de les massacrer. Dehors, Gœtz, bâtard d’une famille noble, tient le siège et vient de tuer son frère, qui dirigeait la révolte. L’évêque de la ville est menacé par Nasty, qui dirige la bande des pauvres, à l’extérieur, l’archevêque, par l’intermédiaire d’un banquier, tente de raisonner Gœtz. Mais celui-ci, par simple envie de faire le Mal et de défier Dieu, comme il le répète, décide de passer à l’attaque et de raser la ville. La trahison de Heinrich, modeste curé qui vivait avec les pauvres, qui a reçu in extremis (au sens propre) des mains de l’évêque une clef permettant d’entrer secrètement en ville, va lui donner l’occasion de perpétrer le massacre. Mais coup de théâtre, Heinrich convainc Gœtz que le Bien est plus difficile à faire que le Mal, et ce dernier, par défi, décide de se consacrer à faire désormais le Bien… Mais est-ce si simple et sans conséquence tragique?

Mon avis : j’ai eu du mal à entrer dans la pièce, mais ensuite, je me suis laissée porter par les tableaux successifs qui forment cette pièce de théâtre. Pour information, tout au long de la pièce, Sartre donne une notion religieuse au bien et au mal en les dotant systématiquement d’une majuscule.

Pour aller plus loin : pour suivre l’interprétation philosophique et religieuse de cette pièce, je vous laisse chercher en ligne, mais vous conseille quand même de podcaster (burk, ce mot… télécharger en vue d’une ballado-diffusion, comme disent certains…) l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut sur Sartre aujourd’hui, avec Isabelle Stal et Juliette Simon, diffusée le 12 juin 2010 (49 minutes à retrouver ici).

Sur la pièce elle-même, elle fut montée pour la première fois à Paris au Théâtre Antoine (direction Simone Berriau) le 7 juin 1951, dans une mise en scène de Louis Jouvet avec la distribution suivante : Pierre Brasseur (Gœtz), Jean Vilar (Heinrich), Henri Nassiet (Nasty), Jean Toulout (Tetzel), R.J. Chauffard (Karl), Maria Casarès (Hilda), Marie-Olivier (Catherine), Maurice Dorléac (le banquier), Anne-Marie Cazalis, Maria Meriko ; mise en scène : Louis Jouvet, décors : Félix Labisse, costumes : Francine Galliard-Risler réalisés par la maison Schiaparelli.

À propos de Maria Casarès, vous pouvez retrouver sa maison (un ancien manoir) à Alloue en photographie ici (sur le dossier documentaire, clic sur les vignettes pour voir les photos en plus grand), dans l’Image du patrimoine Le Confolentais : entre Poitou, Charente et Limousin (à la fin de l’introduction), ou sur place, en Charente-Limousine, en particulier lors du festival de théâtre début juillet, sa maison étant devenue une maison du comédien.

Vous pouvez aussi voir des images de la création au théâtre (et de sa reprise en 1968 au TNP) sur le site de la Bnf (bibliothèque nationale de France) dans le dossier qu’ils consacrent à Jean-Paul Sartre. Vous pouvez aussi en trouver un extrait avec François PERIER et Juliette MAGRE, extrait diffusé à l’occasion d’une rétrospective le jour de la mort de Sartre, le 15 avril 1980.

Logo du défi J'aime les classiques Je l’ai lu dans le cadre du défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie. Je ne sais pas encore ce que je lirai le mois prochain… peut-être un Victor Hugo.

Le cerveau de Kennedy de Henning Mankell

Couverture du cerveau de Kennedy de Mankell J’avais acheté ce livre en poche dans une librairie de la rue Mouffetard à Paris (retrouvez l’arbre à lettres sur leur blog), lors de mon séjour en février, pour le train… mais ne l’ai lu qu’un peu plus tard. Henning Mankell est un écrivain engagé, il a été arrêté le 31 mai 2010 dans les eaux internationales lors de la scandaleuse bavure d’Israël contre la flottille de la paix qui voulait ravitailler Gaza.

Le livre : Le cerveau de Kennedy, de Henning Mankell, traduit du suédois par Rémi Cassaigne, collection Points (n° 2301), éditions du Seuil, 426 pages, 2009, ISBN 9782757816356 (première édition en suédois : 2005, en français : 2009).

L’histoire : à l’automne 2004, en Europe (Grèce, Suède, Espagne), en Australie, en Afrique (Afrique-du-Sud et Mozambique). L’archéologue Louise Cantor part de son chantier du Péloponnèse pour rentrer en Suède, où elle doit présenter une communication sur la céramique à un colloque. En sortant de la salle de conférence, elle se réjouit de revoir son fils Henrik. Mais celui-ci ne répond pas au téléphone, et pour cause, elle le retrouve quelques heures plus tard mort dans son lit. Suicide aux somnifères, dit la police. Elle croit plutôt à un meurtre, parce qu’il était en pyjama et n’en portait jamais… Elle part d’abord à la recherche de son ex-mari, Aron, crack d’informatique, qu’elle retrouve en Australie. Ils découvrent que Henrik avait un appartement inconnu d’eux, à Barcelone. Ils commencent une enquête à deux, mais très vite, Aron disparaît. Morte de peur, Louise poursuit son enquête au Mozambique, découvre que son fils était riche, et séropositif, en quête de réponse sur des mensonges d’État: qui a subtilisé le cerveau de Kennedy après sa mort, qui a tué Henrik, qu’avait-il découvert?

Mon avis : j’ai moins aimé que la série des Wallander, père et fille ensuite. Mais il s’agit d’une enquête dans un pays que Henning Mankell connaît bien, puisqu’il vit une partie de l’année au Mozambique. Il y décrit un pays littéralement décimé par le SIDA, abandonné par l’Occident, sauf quand des laboratoires sans scrupules décident de se servir de cobayes humains pour leurs recherches totalement illégales…

PS : depuis, je vous ai parlé, aussi de Mankell, des chaussures italiennes et de L’homme inquiet.

Les amants de la terre sauvage de Catherine Scholes

Couverture des amants de la terre sauvage de Kathrine Scholes Logo de Chez les filles J’ai reçu ce polar de la part du site Chez les filles.com (merci à eux et notamment à Suzanne), qui m’ont déjà envoyé d’autres livres, que j’ai parfois aimés, parfois pas du tout. Retrouvez-les sur la page des livres reçus pour critique.

Le livre : Les amants de la terre sauvage, de Catherine Scholes, traduit de l’anglais (Australie) par Françoise Rose, éditions Belfond, 331 pages, 2010, ISBN 978-2-7144-4561-2.

L’histoire : en 1968, en Tanzanie. Mara, originaire de Tasmanie, en Australie, 27 ans, habite depuis trois ans avec son mari John dans un lodge. Ils y vivent de safaris, de chasses aux éléphants et autres animaux de la savane, mais la situation financière est difficile. John a dû partir s’embaucher à l’autre bout du pays, il n’y a plus d’argent pour acheter du pétrole pour faire marcher le générateur électrique et donc le réfrigérateur. Avant le départ de John, elle s’est rendue compte qu’il l’a trompait. Allait-elle rester ici, retourner en Australie où ses parents désapprouvent son mariage ? Et voilà que débarque un producteur de cinéma américain, il souhaite louer le lodge pour terminer un film avec une équipe restreinte et deux acteurs vedettes. Très vite, Mara s’impose comme chef du lodge, des employés à la place de son mari, gère l’équipe qui sauvera peut-être l’entreprise, Lillian Lane, l’actrice qui a tendance à trop boire, qu’elle remplace comme doublure dans quelques scènes… et l’inévitable arrive, elle tombe amoureuse de l’acteur Peter Heath. restera-t-elle fidèle à son mari infidèle?

Mon avis : comment dire… Ce livre doit être pas mal pour la plage ou un trajet en train, moins pour une lecture matinale avant d’aller travailler. Des phrases simples, efficaces, un scénario sans originalité et éternellement repris, ici avec beaucoup moins de talent que Gustave Flaubert dans Madame Bovary ou Guy de Maupassant dans Une vie… Un décor plus exotique, l’Afrique de la fin des années 1960, juste après l’indépendance (le 26 avril 1964 pour la Tanzanie née de l’union du Tanganyika et de Zanzibar, mais ce sujet n’est pas abordé). Un style beaucoup moins riche, un récit assez prévisible… surtout que la quatrième de couverture en dévoile les trois quarts.

Delirium Tremens de Ken Bruen

Couverture de delirium tremens de Ken Bruen, en série noire pioche-en-bib.jpgJe poursuis mon exploration du rayon Ken Bruen à la médiathèque, suite à la venue de Aurélien Masson, le jeune directeur de publication de la série noire chez Gallimard, au club polar de la Fnac de Poitiers. Après Le gros coup, Le mutant apprivoisé et Les Mac Cabés dans la série R et B, j’attaque la série consacrée à Jack Taylor par le premier titre. Je l’ai emprunté à la médiathèque, en le faisant venir d’une autre bibliothèque du réseau.

Le livre : Delirium Tremens : une enquête deJack Taylor (tome 1), de Ken Bruen, traduction de Jean Esch, collection série noire, éditions Gallimard, 313 pages, 2004, ISBN 9782070304110 (existe aussi en Folio policier).

L’histoire : à Galway (Irlande), la date n’est pas précisée. Jack Taylor est un ancien policier qui a été viré pour cause d’alcoolisme chronique, qui a abouti à ce qu’il donne un coup de poing à un ministre. Il s’est installé comme détective privé… dans un bar. Un jour, une mère, Ann Henderson, vient le voir, elle ne croit pas au suicide par noyade de sa fille Sarah et lui demande d’enquêter et prouver qu’il s’agit d’un meurtre. Très vite, il apparaît que d’autres filles sont décédés dans les mêmes circonstances. Vague de suicides ou de meurtres ? Nous allons croiser trois autres personnages importants, Sean, le patron du pub, Padraig, le chef des clochards qui est une source d’informations, et Cathy, sorte d’assistante de Jack Taylor. Et surtout l’alcool et ses démons.

Mon avis : moins qu’un polar, l’enquête est au second plan dans ce roman, il s’agit d’un livre sur l’alcool, la déchéance qu’il entraîne, la cure de sevrage à l’hôpital psychiatrique, la brève sobriété, la rechute, etc. Il y a aussi le monde littéraire, avec de nombreuses citations, en tête de chapitre ou au fil du texte. Une écriture assez originale, et très différente de la série B et B du même auteur.

Pour aller plus loin : le site officiel de Ken Bruen (en anglais).

De cet auteur, j’ai aussi lu Le gros coup, une enquête des inspecteurs Roberts & Brant (R&B, tome 1), ; Le mutant apprivoisé (R&B, tome 2), Les Mac Cabés (R&B, tome 3), Calibre (R&B, tome 6) ; Delirium Tremens, une enquête de Jack Taylor (tome 1), En ce sanctuaire (Jack Taylor tome 7).

Un territoire fragile d’Eric Fottorino

couverture de Un territoire fragile de Fottorino, chez Stock Logo des coups de coeur de la blogosphère Theoma organise le challenge les coups de cœur de la blogosphère, que je regroupe pour ce qui me concerne sur cette page. J’ai commencé par Le village de l’Allemand de Boualem Sansal proposé par Amanda Meyre, poursuivi avec Romain Gary et Émile Ajar (les articles sont programmés), et ai eu envie d’essayer celui-ci, proposé par Antigone. J’avais été intriguée par la préface de Éric Fottorino à Lire tue de Nicolas Vial (depuis, j’ai aussi lu Le dos crawlé). J’ai emprunté ce livre à la médiathèque.

pioche-en-bib.jpgLe livre : Un territoire fragile, de Éric Fottorino, éditions Stock, 166 pages, 2000, ISBN 978-2-234-05273-4. (existe en édition de poche chez Folio et au livre de poche).

L’histoire : à Bergen en Norvège, à la fin du 20e siècle. Clara Werner, 23 ans, a décidé de fuir son passé en Norvège, à l’institut océanographique qui cherche une biologiste francophone, pour l’aider à comprendre la notice de l’ancien marégraphe de Marseille, qu’ils viennent d’acheter. Mais Clara semble émotive, se couvre d’eczéma. Son patron l’envoie chez un de ses amis, qui est « accordeur de corps » (plus ou moins chiropracteur si l’on veut). Petit à petit, il met à jour son passé, sa mère qui ne l’embrassait jamais, son mariage désastreux à Fez, puis sa vie à Dublin avec un mari qui la bat…

Mon avis : une façon originale de raconter l’histoire, tantôt avec Clara comme narratrice, tantôt l’accordeur. une histoire terrible, mais très sensible. Par ses doigts à fleur de peau, il fait ressortir peu à peu le passé de Clara, comme si cette peau avait gardé la mémoire des événements passés. Pas gai, ce livre, mais je l’ai dévoré d’une traite…

Logo du challenge ABC critique de BabelioJ’ai sélectionné ce livre pour le défi ABC critique organisé par Babelio.

Quai des enfers d’Ingrid Astier

Couverture de Quai des enfers d'Ingris Astier pioche-en-bib.jpgJ’ai récupéré ce livre à la médiathèque, je l’avais noté dans le petit carnet offert par Emmanuelle, suite à la venue de Aurélien Masson, le jeune directeur de publication de la série noire chez Gallimard, au club polar de la Fnac de Poitiers.

Le livre : Quai des enfers, d’Ingrid Astier, collection série noire, éditions Gallimard, 401 pages, 2010, ISBN 978-2-07-012710-8.

L’histoire : Paris, sur la Seine en contrebas du 36 quai des Orfèvres, tôt le matin du 18 décembre 2008 (l’année n’est pas citée, mais il y a le jour de la semaine pour de nombreuses dates, et le 12 avril pour Pâques vers la fin du livre, ce qui est arrivé en 2009). La brigade fluviale découvre une barque abandonnée avec un cadavre à bord. Elle a sur elle la carte de visite du parfumeur Camille Beaux, ami de l’un des inspecteurs. Vite identifiée comme Kéa Sambre, une mannequin qui présentait l’un de ses parfums. Très vite, l’enquête se tourne vers Jim Troppman, un directeur artistique qui a monté des shows à scandale, et dont la petite amie était décédée le 18 décembre 2003, et son factotum. Mais ceux-ci sont retrouvés morts, dans un mise en scène spectaculaire, et un nouveau cadavre est abandonné sur une autre barque. Que se passe-t-il à Paris ?

Mon avis : j’ai bien aimé ce livre où l’intrigue est une excuse pour visiter Paris et ses bistrots et restaurants, ses rues, le monde de la création des parfums, des artistes qui travaillent dans la provocation. Mais j’ai parfaitement conscience que ce livre est trop élitiste, il fait allusion à de très nombreuses références musicales, artistiques, littéraires, architecturales, et ne peut être lu en comprenant ces allusions que si l’on connaît déjà ces œuvres… je vous mets quelques pistes plus bas, pour ceux que cela intéresserait… C’est bien sûr une sélection très personnelle, il y a tant de références… Encore une petite remarque, si la date officielle de parution est le 14 janvier 2010, le colophon ou « achevé d’imprimer », en fin d’ouvrage, dit qu’il a été achevé d’imprimer… le 18 décembre 2009, clin d’œil aux dates du livre (18 décembre 2003 et 2008) ou est-ce un hasard ?

Quelques pistes sur quelques artistes cités dans le livre :

Grand théâtre de François Ferbos

couverture de Grand Théâtre par François Ferbos livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.comAprès Traque en haute mer de François Ferbos il y a quelques mois, toujours dans le cadre de Masse critique, Babelio m’a envoyé Grand théâtre du même auteur. Entre temps, j’avais reçu Ils sont fous ces américains ! Guide de premiers secours pour survivre aux USA de Tamarik, en même temps que ce livre en fait, l’avant-dernière masse critique a télescopé la dernière en raison des délais des éditeurs.

Le livre : Grand théâtre, de François Ferbos, éditions Le Télégramme, 222 pages, 2010, ISBN 978-2848-33235-2.

L’histoire : à Bordeaux à la fin des années 1990. Le commissaire Laffargue, après ses exploits bretons, a été nommé à la brigade financière de sa ville natale. Son adjoint, Muller, y a aussi demandé sa mutation. Sa femme Sylvie et son fils Pierre prennent leurs marques. Comme Mea, le voilier, tout juste réparé. Vincent Laffargue est tout de suite mis en garde par le patron de la PJ: pas de zèle, pas de travail en solo, pas d’initiative, se contenter de faire le point sur les affaires en cours. Très vite, il repère un homme en vue localement, qui se fait appeler de Fronsac (un nom d’usage sans rapport avec son nom de famille), qui est mêlé à de nombreuses affaires… toutes enterrées. Une vieille dame vient porter plainte contre lui pour une sombre histoire à propos d’une vigne. Son mari, n’ayant pas cédé aux pressions, a vu ses récoltes sabotées et vient de se donner la mort… Quelle est la responsabilité de Fronsac dans cette affaire et d’autres? Candidat à la députation, il a de nombreux appuis et ne se laisse pas inculper…

Mon avis : pas mal, mais je suis moins séduite que par le précédent. D’abord, j’ai dû être agacée par les nombreuses coquilles (ca pour ça p. 70, va pour vas p. 80, ou pour où p. 93 et 157, du pour dû p. 192, une ponctuation défaillante dans les dialogues, etc.). L’éditeur devrait investir dans un bon correcteur d’épreuves. Le bateau et la voile sont moins présents que dans le précédent volume. L’histoire du clochard quasi sosie de de Fronsac aurait dû être moins mise en valeur vers le début du livre, cela nuit au suspense dans la suite du récit, je trouve. Essai pas tout à fait transformé, je trouve, pour ce deuxième roman.

Les livres reçus dans le cadre de Masse critique de Babelio

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