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Jimmy’s Hall de Ken Loach

Affiche de Jimmy's Hall de Ken LoachJe vous le disais lundi, il y a des semaines « avec » et des semaines « sans », côté cinéma. Pour la première fois, le TAP Castille (3 des 4 salles d’art et essai à Poitiers) fermera 15 jours, du 2 au 17 août 2014, puis je serai en vacances, donc pas ou très peu de cinéma en août, si je souhaite voir certains films, c’est maintenant, ils ne passeront plus en septembre! Je suis donc allée voir Jimmy’s Hall de Ken Loach [du même réalisateur, voir aussi mon avis sur Moi, Daniel Blake].

Le film: 1932 dans la campagne irlandaise, dans le comté de Leitrim. Jimmy Gralton [Barry Ward] revient dans la ferme familiale tenue par sa mère après 10 ans d’exil aux États-Unis. Il y a dix ans, il avait ouvert un bal (« Hall ») monté par la communauté et animée par elle, avec cours de dessins, d’apprentissage de la lecture, de chant et bien sûr danses. Menés par le curé, le Père Sheridan [Jim Norton] et les proriétaires terriens, les « bien-pensants » de la commune avait obtenu l’exil de Jimmy Gralton. Après la guerre civile et la nomination d’un nouveau gouvernement, et à la demande des « anciens jeunes », en tête desquels Oonagh [Simone Kirby], l’amour de sa vie qu’il a abandonnée et qui s’est mariée après son départ, il rouvre le lieu, le jazz rapporté grâce à un grammophone et des leçons de danse et de musique trouve sa place à côté de la musique traditionnelle. Les conservateurs, curé en tête, ne l’entendent toujours pas de cette oreille…

Mon avis: entre musique irlandaise et jazz, la bande son est remarquable! Que Ken Loach ait choisi de raconter cet épisode de l’histoire irlandaise (d’après une histoire vraie racontée par Paul Laverty), qui montre l’emprise de l’église sur la société, n’est sans doute pas un hasard! L’Eglise catholique reste très influente en Irlande, qui reste l’un des pays les plus rétrogrades d’Europe en matière d’avortement, autorisé seulement depuis août 2013 suite à un scandale (octobre 2012, mort de Savita Halappanavar au cours d’une fausse-couche après un refus d’avortement) dans les cas où la mère est en danger, mais pas en cas de viol ou d’inceste. Elle est à peine écornée par les scandales qui éclatent, pédophilie couverte par la hiérarchie et découverte de charniers d’enfants dont elle avait la charge, dont l’un de 800 bébés et enfants à Tuam (enfants souvent de mère célibataires, recueillis par l’Église, dénutris, objets de mauvais traitements, guère mieux que le sort réservé aux enfants qui ne naissaient pas parfaits dans les Lebensborn, voir Dans le berceau de l’ennemi de Sara Young). Point de ces scandales ici, mais une emprise insidieuse et durable de l’Église. Pas question pour le curé que d’autres que ceux qu’il a agréés enseignent à lire (quels livres?), à penser indépendamment, en respectant la liberté de conscience et de religion! Dénonciation en prêche de ceux qui fréquentent le Hall, union avec les propriétaires terriens (dont l’expulsion des fermiers pauvres est remise en cause par les progressistes), encouragement à la haine, Ken Loach montre ici toute la capacité de nuisance de l’Eglise! La guerre civile de 1922/1923 est à peine esquissée, c’est pourtant elle qui a enterriné la partition de l’Irlande avec la partie nord qui est restée britannique. Ken Loach a choisi de montrer la vie d’un village, la campagne vallonée, paisible s’il n’y avaient pas ces haines.

Ni chaud ni froid, de Minette Walters

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Couverture de Ni chaud ni froid, de Minette WaltersCela faisait longtemps que je n’avais pas lu de polar de Minette Walters, je n’en ai d’ailleurs jamais parlé sur mon blog… Un titre trouvé au rayon large vision (qui reste bien plus confortable pour moi) à la médiathèque.

Le livre: Ni chaud ni froid, de Minette Walters, traduit de l’anglais par Philippe Bonnet, éditions Stock, 2000 (lu en édition A vue d’œil, 2001, 256 pages).

L’histoire: entre juin 1998 et mars 1999 à Sowerbridge, en Angleterre. Une vieille dame et sa garde-malade ont été sauvagement assassinées, un voisin, Patrick O’Riordan, a été arrêté, les bijoux de la vieille dame ayant été retrouvés chez lui. Il est Irlandais, handicapé d’un bras depuis que son père l’a frappé il y a longtemps, vit avec sa mère elle aussi handicapée, clouée dans un fauteuil roulant. A l’approche du procès, la mère est l’objet de nombreuses menaces, Siobahn Lavenham, une voisine irlandaise aussi, s’en inquiète et s’en ouvre à la police, qui ne la prend pas au sérieux jusqu’à ce que le jour de l’ouverture du procès, leur maison, évacuée le matin même, prend feu, et un cadavre est retrouvé à l’intérieur…

Mon avis: un polar beaucoup moins sanglant que d’autres que j’ai lus de la même auteure! Je ne sais pas si c’est l’état de mon cerveau, mais j’ai eu beaucoup de mal à suivre le récit non linéaire. Même si la date est indiquée au début de chaque changement (24 juin 1998, 8 mars 1999 23h30, 10 février 1999, 8 mars 1999 23h45 pour le début), le suivi temporel m’a semblé bien compliqué… Le récit est pourtant bien ficelé, avec un dénouement inattendu, mais il manque un petit je ne sais quoi, peut-être l’approfondissement des relations entre Anglais et Irlandais, au-delà de quelques clichés? Un roman court (250 pages en large vision, 160 en Pocket), mais qui n’est pas, et de loin,le meilleur que j’ai lu de Minette Walters!

Logo God save the livre Ce livre entre dans le défi God save the livre, saison 3, organisé par Antoni / passion livres. Il s’agit de lire un ou plusieurs livres anglais d’ici fin février 2014 et atteindre l’une de ces catégories : « Duty Harry » (1 livre lu), « Prince Charles » (5 livres), « Prince William » (10 livres), « Lady Di » (15 livres), « The Beatles » (20 livres et plus), « Queen Mom » (au moins un livre en VO)…

Absolution par le meurtre de Peter Tremayne

couverture de Absolution par le meurtre de Peter Tremayne

Un livre trouvé sur une brocante, dans une des séries de Grands Détectives (10/18) que je n’ai pas encore testée… C’est le premier titre de la série.

Le livre : Absolution par le meurtre (Les enquêtes de Sœur Fidelma) de Peter Tremayne, traduit de l’anglais par Cécile Leclère, Grands Detectives n° 3630, éditions 10/18, 2004, 285 pages, ISBN 9782264033529.

L’histoire : en 664, dans le monastère de Streoneshalh. Le roi de Northumbie, Oswy, réunit le haut clergé des églises romaines et celtiques pour savoir si, en son royaume, il va adopter les rites romains ou celtiques (avec des variations sur la tonsure, le jour de Pâques, le célibat ou pas des religieux, etc.). Mais voici qu’alors qu’elle doit ouvrir le synode, l’abbesse irlandaise Étain est retrouvée sauvagement assassinée dans sa cellule. Le roi charge de l’enquête l’un de ses fidèles, Eadulf, et une religieuse irlandaise, Fidelma, amie de la défunte mais surtout spécialiste du droit. Les deux tendances (romaine et irlandaise) doivent garantir la neutralité de l’enquête… quand un second moine est retrouvé pendu dans sa cellule… Suicide d’un homme plein de remords ou nouveau meurtre?

Mon avis : pas facile de s’y retrouver au début du livre dans cette foison de personnages, de réussir à les situer dans l’une ou l’autre tendance, surtout que l’histoire de l’église anglaise et irlandaise au 7e siècle, ce n’est pas un sujet qui m’est familier. Dans d’autres séries des Grands Détectives (je pense en particulier aux séries avec Frère Cadfael ou l’enquêteur aborigène Napoléon Bonaparte), des plans ou des croquis aident à s’y retrouver, un tableau ici aurait grandement aidé à classer correctement les protagonistes dans un camp ou dans l’autre… Une fois familiarisée avec les personnages, j’ai pu mieux profiter du roman, sans être aussi séduite qu’avec d’autres séries de la collection… J’essayerai peut-être quand même un autre titre pour voir comment évolue la série…

Logo God save the livre Ce livre entre dans le défi God save the livre, saison 2, organisé par Antoni / passion livres. Il s’agit de lire un ou plusieurs livres anglais d’ici fin février 2013 et atteindre l’une de ces catégories : « Duty Harry » (1 livre lu), « Prince Charles » (5 livres), « Prince William » (10 livres), « Lady Di »(15 livres), « The Beatles » (20 livres et plus), « Queen Mom » (au moins un livre en VO)…

En ce sanctuaire de Ken Bruen

Couverture de En ce sanctuaire de Ken Bruen pioche-en-bib.jpglogo du chalenge 1% rentrée littéraire 2010 J’ai emprunté ce livre à la médiathèque, où je l’ai fait venir d’une annexe.

Le livre : En ce sanctuaire de Ken Bruen, traduit de l’anglais par Pierre Bondil, collection Série Noire, éditions Gallimard, 2010, 200 pages, ISBN 978-2-07-012576-0.

L’histoire : à Galway en Irlande, de nos jours… Pour cette septième aventure, Jack Taylor, le détective privé, ex-flic viré pour son alcoolisme, sobre depuis quelque temps, boiteux et devenant sourd (il porte maintenant une prothèse auditive), a décidé, après sa dernière aventure, de partir en Amérique, il a vendu sa maison, trouvé un nouveau minuscule appart’, mais reporté son départ pour soutenir une amie, Ridge, victime d’un cancer. Il reçoit à sa nouvelle adresse, qu’il croit secrète, une lettre signée Benedictus annonçant la mort de deux flics, d’un juge et d’un enfant. Il avertit son ex-chef, le surintendant Clancy, qui l’envoie promener. Mais voilà, dans le journal, il apprend la mort d’un juge réputé laxiste, qui est supposé s’être suicidé. Il est intrigué, mais à plus urgent à régler: une affaire de cheval enlevé (qu’il confie à Ridge, pour lui éviter de sombrer à son tour dans l’alcoolisme) et son voisin qui est victime d’actes homophobes. Quand une jeune femme qui devait prononcer ses vœux disparaît à son tour, il prend conscience que les prédictions de la lettre sont en train de se réaliser… Il se jette dans l’enquête (et à nouveau l’alcool), sauvera-t-il l’enfant et trouvera-t-il ce Benedictus? [petit clin d’œil à la fête du jour, sainte Bénédicte?].

Mon avis : une écriture particulière qui m’avait fait abandonner la série après le premier tome (Delirium Tremens)… Mais cette fois, je suis mieux entrée dans ce style particulier et ce personnage anti-héros, violent et alcoolique qui finit toujours par sombrer à nouveau après un temps d’abstinence. Je ne suis quand même pas devenue fan… Et s’il ne s’agissait pas d’une nouveauté de la rentrée littéraire 2011 (défi repris par Schlabaya) je ne l’aurais sans doute pas lu…

De cet auteur, j’ai aussi lu Le gros coup, une enquête des inspecteurs Roberts & Brant (R&B, tome 1), ; Le mutant apprivoisé (R&B, tome 2), Les Mac Cabés (R&B, tome 3), Calibre (R&B, tome 6) ; Delirium Tremens, une enquête de Jack Taylor (tome 1), En ce sanctuaire (Jack Taylor tome 7).

Pour aller plus loin : le site officiel de Ken Bruen (en anglais).

Delirium Tremens de Ken Bruen

Couverture de delirium tremens de Ken Bruen, en série noire pioche-en-bib.jpgJe poursuis mon exploration du rayon Ken Bruen à la médiathèque, suite à la venue de Aurélien Masson, le jeune directeur de publication de la série noire chez Gallimard, au club polar de la Fnac de Poitiers. Après Le gros coup, Le mutant apprivoisé et Les Mac Cabés dans la série R et B, j’attaque la série consacrée à Jack Taylor par le premier titre. Je l’ai emprunté à la médiathèque, en le faisant venir d’une autre bibliothèque du réseau.

Le livre : Delirium Tremens : une enquête deJack Taylor (tome 1), de Ken Bruen, traduction de Jean Esch, collection série noire, éditions Gallimard, 313 pages, 2004, ISBN 9782070304110 (existe aussi en Folio policier).

L’histoire : à Galway (Irlande), la date n’est pas précisée. Jack Taylor est un ancien policier qui a été viré pour cause d’alcoolisme chronique, qui a abouti à ce qu’il donne un coup de poing à un ministre. Il s’est installé comme détective privé… dans un bar. Un jour, une mère, Ann Henderson, vient le voir, elle ne croit pas au suicide par noyade de sa fille Sarah et lui demande d’enquêter et prouver qu’il s’agit d’un meurtre. Très vite, il apparaît que d’autres filles sont décédés dans les mêmes circonstances. Vague de suicides ou de meurtres ? Nous allons croiser trois autres personnages importants, Sean, le patron du pub, Padraig, le chef des clochards qui est une source d’informations, et Cathy, sorte d’assistante de Jack Taylor. Et surtout l’alcool et ses démons.

Mon avis : moins qu’un polar, l’enquête est au second plan dans ce roman, il s’agit d’un livre sur l’alcool, la déchéance qu’il entraîne, la cure de sevrage à l’hôpital psychiatrique, la brève sobriété, la rechute, etc. Il y a aussi le monde littéraire, avec de nombreuses citations, en tête de chapitre ou au fil du texte. Une écriture assez originale, et très différente de la série B et B du même auteur.

Pour aller plus loin : le site officiel de Ken Bruen (en anglais).

De cet auteur, j’ai aussi lu Le gros coup, une enquête des inspecteurs Roberts & Brant (R&B, tome 1), ; Le mutant apprivoisé (R&B, tome 2), Les Mac Cabés (R&B, tome 3), Calibre (R&B, tome 6) ; Delirium Tremens, une enquête de Jack Taylor (tome 1), En ce sanctuaire (Jack Taylor tome 7).

Un territoire fragile d’Eric Fottorino

couverture de Un territoire fragile de Fottorino, chez Stock Logo des coups de coeur de la blogosphère Theoma organise le challenge les coups de cœur de la blogosphère, que je regroupe pour ce qui me concerne sur cette page. J’ai commencé par Le village de l’Allemand de Boualem Sansal proposé par Amanda Meyre, poursuivi avec Romain Gary et Émile Ajar (les articles sont programmés), et ai eu envie d’essayer celui-ci, proposé par Antigone. J’avais été intriguée par la préface de Éric Fottorino à Lire tue de Nicolas Vial (depuis, j’ai aussi lu Le dos crawlé). J’ai emprunté ce livre à la médiathèque.

pioche-en-bib.jpgLe livre : Un territoire fragile, de Éric Fottorino, éditions Stock, 166 pages, 2000, ISBN 978-2-234-05273-4. (existe en édition de poche chez Folio et au livre de poche).

L’histoire : à Bergen en Norvège, à la fin du 20e siècle. Clara Werner, 23 ans, a décidé de fuir son passé en Norvège, à l’institut océanographique qui cherche une biologiste francophone, pour l’aider à comprendre la notice de l’ancien marégraphe de Marseille, qu’ils viennent d’acheter. Mais Clara semble émotive, se couvre d’eczéma. Son patron l’envoie chez un de ses amis, qui est « accordeur de corps » (plus ou moins chiropracteur si l’on veut). Petit à petit, il met à jour son passé, sa mère qui ne l’embrassait jamais, son mariage désastreux à Fez, puis sa vie à Dublin avec un mari qui la bat…

Mon avis : une façon originale de raconter l’histoire, tantôt avec Clara comme narratrice, tantôt l’accordeur. une histoire terrible, mais très sensible. Par ses doigts à fleur de peau, il fait ressortir peu à peu le passé de Clara, comme si cette peau avait gardé la mémoire des événements passés. Pas gai, ce livre, mais je l’ai dévoré d’une traite…

Logo du challenge ABC critique de BabelioJ’ai sélectionné ce livre pour le défi ABC critique organisé par Babelio.

Coupures irlandaises de Kris et Vincent Bailly

Couverture de Coupures irlandaises, de Kris et Bailly pioche-en-bib.jpgJe n’ai toujours pas pu récupérer à la médiathèque la BD Un homme est mort de Kris et Davodeau, mais dans le bac de Kris, j’ai trouvé ce volume.

Le livre : Coupures irlandaises, de Kris (scénario) et Vincent Bailly (dessin et couleur), éditions Futuropolis, 62 planches suivies d’un dossier de 16 pages, 2008, ISBN 978-2-7548-0029-7.

L’histoire : au début des années 1990, en Bretagne puis à Belfast. Deux jeunes bretons, adolescents, s’en vont faire un séjour linguistique à Belfast, car leur professeur y a des relations… Deux mois en immersion, quoi de mieux pour apprendre l’anglais ? Le voyage est long, ils arrivent dans une ville grise, sous la pluie, avec des militaires, des barrages… Et les deux garçons ne logeront pas ensemble : Nicolas reste dans la famille ouvrière, catholique, qui l’a accueilli le premier jour, alors que Chris part dans une riche famille protestante à l’autre bout de la ville.. Dans un Belfast où les tensions sont vives, les garçons vont faire la découverte des filles, mais aussi de la guerre civile…

Mon avis : j’ai beaucoup aimé ce récit pour partie auto-biographique… Si la guerre civile a cessé, au sein de l’Europe, l’Ulster (Irlande du Nord) est toujours occupée par la Grande-Bretagne, vive l’Union européenne…. qui a certes contribué à ce qu’il n’y ait plus de bombes, mais n’a pas permis la réunification de l’Irlande ni la condamnation de la Grande-Bretagne pour son nom respect des droits de l’homme avec les prisonniers de l’IRA. J’ai bien aimé aussi le graphisme, même si ce sont des couleurs froides qui dominent, mais elles sont bien adaptées au récit.

Sur un thème voisin, je vous invite à (re)lire mon avis sur le film Hunger de Steve Mc Queen.

Logo du classement BD de Yaneck Cette BD sera soumise pour le classement du TOP BD des blogueurs organisé par Yaneck / Les chroniques de l’invisible. Mes chroniques BD sont regroupées dans la catégorie pour les BD et par auteur sur la page BD dans ma bibliothèque.

Ulysse de James Joyce

Couverture d'Ulysse de Joyce en Folio, ancienne édition Le livre : Ulysse de James Joyce, traduit de l’anglais par Auguste Morel assisté de Stuart Gilbert, traduction revue par Valery Larbaud et l’auteur (le tout étant sur la 4e de couverture et dans l’ours), édition Folio, n° 2830, 2002 (première édition par Gallimard en 1929, première édition en anglais en 1922), 1135 pages, ISBN 2-07-040018-2.

Pour ceux qui me connaissent et qui ont dit Enfin ! ont perdu ! Je n’ai même pas essayé de franchir la page 50 pour la quinzième fois… Simplement, je pense à ce livre dont tout le monde parle comme un chef d’œuvre parce qu’hier, sur France Inter, lors d’une interview, Sempé a déclaré avoir commencé des dizaines de fois ce livre sans réussir à aller plus loin que la page 50… Bon, j’ai déjà lu des pages plus loin, une fois, j’ai sauté directement à la page 100 et pas mieux mordu à la lecture. C’est un des rares livres que je n’arrive pas à lire. La journée du 16 juin 1904 de Leopold Bloom à Dublin ne passe décidément pas. Peut-être faudrait-il que j’essaye la nouvelle traduction collective coordonnée par Jacques Aubert en 2004. Plusieurs écrivains ont cité ce livre dans le sondage de Télérama auprès de 100 d’entre eux cette année au moment du salon du livre… Trouver une personne de renom, comme Sempé, qui coince aussi sur cette lecture me rassure !

Hunger de Steve Mc Queen

Il est temps de vous parler un peu des films que j’ai vus dans le cadre du festival Télérama 2009. Je commence par Hunger de Steve Mc Queen. Présenté au 61ème festival de Cannes en 2008 dans la sélection Un certain regard, il a reçu la caméra d’or, qui récompense le meilleur premier film toutes sections confondues. [PS: depuis, j’ai aussi vu 12 years a slave].

L’histoire : 1981, le quartier spécial de la prison de Long Kesh / Maze, en Irlande du Nord. Des prisonniers de l’IRA réclament le statut de prisonniers politiques. N’ayant à leur disposition que leurs corps, ils font la grève du port de l’uniforme de prisonnier (ils protestent nus, avec une seule couverture, Blanket Protest, mais acceptent les vêtements pour les visites et la messe, plus pratique aussi pour trafiquer) et de l’hygiène (vidange des seaux hygiéniques sous la porte, peinture aux excréments sur les murs, etc.). Le film suit le jeune Davey Gillen (Brian Milligan) vient d’être incarcéré, sa lente dégradation physique, les bains forcés, l’émeute… Lors des visites de famille, des informations et des objets (textes sur papier tiré de la bible, poste de radio à galène, etc.) s’échangent malgré tout. Et la communication avec le leader du mouvement, Bobby Sands []. N’obtenant toujours pas le statut de prisonnier politique, après un long entretien avec un prêtre, ce dernier décide d’organiser une grève de la faim et de la soif avec un nouveau gréviste tous les quinze jours… pour ne pas subir le même échec que quelques mois plus tôt. À ce sujet, vous pourrez aller écouter le reportage vidéo de Radio-Canada sur le 5 mai 1981, diffusé le 30 juin 1981, sur la mort de Bobby Sands en prison (en français).

Mon avis : mis à part Valse avec Bachir d’Ari Folman, que j’avais vu lors de sa sortie, Hunger est probablement le film le plus fort de la sélection du festival Télérama 2009. Un grand silence a accompagné la fin du film, même si la salle était loin d’être même à moitié pleine, c’était impressionnant. Heureusement qu’il n’y a pas encore d’odeurs en même temps que les images. Un film qui montre la violence des deux côtés, IRA, régime de Thatcher (que l’on entend en voie off…) et gardiens.

Il a fallu attendre la mort de 10 grévistes de la faim (Bobby Sands, 6 autres membres de l’IRA et 3 de l’INLA) et de 26 gardiens assassinés à l’extérieur pour que ces prisonniers obtiennent les conditions de détention d’un prisonnier politique, sans en avoir le statut. Personne n’a été poursuivi pour le non respect des droits de l’homme et des conventions internationales… La médiatisation de cette grève de la faim a entraîné un afflux de ressources pour les indépendantistes et probablement contribué à la poursuite des actions sanglantes de l’IRA pendant de nombreuses années.

Que ce film soit aussi l’occasion d’avoir une pensée pour tous les prisonniers politiques (la frontière entre terroriste et combattant de la liberté peut être très ténue…) du monde entier, mais aussi pour le respect des droits de l’homme en prison, en France aussi (voir le nombre anormal de suicides et de crimes en prison ces derniers mois). Et pour que tous ceux qui violent les droits de l’homme et les conventions internationales, ou les ont violé, même à Abu Ghraib (voir l’article du centre de recherche sur les tortures dans le monde) ou à Guantánamo (voir le rapport d’Amnesty international)… camp où il y a aussi eu des grévistes de la faim, mais qui ont été alimentés de force.

Et Messieurs des ex-RG, n’oubliez pas d’ajouter une ligne à ma jolie fiche du fichier Edwige, rebaptisé d’un nom pas possible mais je suppose pas mis à la poubelle…

Pour les 15 films du festival Télérama, ils se partagent en quatre catégories :

Ceux que j’ai vus et dont je vous ai parlé (pas beaucoup cette année)

Ceux que j’ai ratés et que je vais essayer de voir cette semaine au théâtre

Ceux que j’ai ratés et que je vais essayer de voir cette semaine au Dietrich

Ceux que je n’irai pas voir, sauf si vous avez des arguments pour me convaincre d’y aller…

  • À bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson
  • L’heure d’été d’Olivier Assayas
  • Home d’Ursula Meier, finalement vu au Dietrich
  • Into the Wild de Sean Pen
  • Juno de Jason Reitman
  • There will be blood de Paul Thomas Anderson

Lecture : Le jour et l’heure de Gil Jouanard

Jouanard, le jour et l'heure, couverture Il y a quelque temps, je vous avais parlé d’un livre de Gil Jouanard, Le goût des choses. Le jour et l’heure (éditions Verdier, 1998, ISBN 2-86432-296-X) en est la suite, récit toujours plus ou moins au jour le jour de ses notes de voyage et impressions de 1995 à 1997. Il y a toujours des allusions à la préhistoire, aux origines de l’homme, à la conservation de cet héritage (il s’offusque de la destruction d’un tumulus sur un des causses par un agriculteur pour élargir son champ). Les pages de descriptions de Dublin et autres régions d’Irlande sous la pluie m’ont rappelé mon dernier séjour là-bas ! À lire si vous aimez cette succession de textes courts (souvent moins d’une page), dans un langue très poétique (enfin, c’est mon opinion).