La vie moderne de Raymond Depardon

Les critiques étaient mitigées, et j’ai été déçue par le travail de photographies qu’il a fait récemment dans la région Poitou-Charentes. J’avais donc boudé le film lors de sa sortie, surtout qu’il n’est pas resté longtemps à l’affiche. J’ai pourtant profité de ce qu’il soit sélectionné pour le festival Télérama pour aller le voir.

L’histoire : c’est un documentaire, donc pas d’histoire, quoique… Depuis une dizaine d’années, Raymond Depardon suit des familles de paysans / d’agriculteurs / d’éleveurs (cela dépend de l’idéologie, agriculture productiviste contre agriculture qui se veut raisonnée ou paysanne) de moyenne montagne, surtout dans les Cévennes, en Lozère, mais aussi en Ariège, en Haute-Saône et en Haute-Loire. Le troisième et dernier épisode (last but not least?) a été filmé sur une année environ.

Mon avis : les deux frères de plus de 80 ans, qui ronchonnent contre la nouvelle femme non paysanne (et en plus ch’ti du Pas-de-Calais) de leur neveu, sont absolument à voir… comme un témoignage historique ou ethnographique. Mais le gros tracteur tout propre (enfin, presque, il a dû avoir droit à un coup de bombe de boue pour 4×4) et tout neuf dont je tairai la marque n’est absolument pas crédible dans ce type de petites parcelles en terrasse. C’est d’ailleurs un autre tracteur que l’on voit sur les autres séquences, sans doute un sponsoring de la marque ? Ou du vendeur du coin ? Ou l’agriculteur qui veut montrer la belle machine dont il rêve ? C’est dans ce film que j’ai vu pour la première fois le reportage sur les obsèques de l’abbé Pierre… et probablement la dernière traite à la main de deux vaches que maintiennent un vieux couple dans une économie de subsistance. C’est une image beaucoup trop pessimiste et noire de la vie de moyenne montagne, un manque absolu d’espoir, un quart-monde rural… et un public qui rit sur certaines scènes qui, en fait, sont pathétiques, mais ces urbains sont incapables de les comprendre. À voir ou pas ? Je ne sais pas. Comme un témoignage sur certains agriculteurs de moyenne montagne, certainement, comme un tableau actuel de l’agriculture dans cette zone certes difficile, sûrement pas.

La fçade de la fondation Cartier à Paris Actuellement : la fondation Cartier à Paris, que j’aime bien fréquenter (voir par exemple mes avis sur l’exposition César ou celle consacrée à Patti Smith), organise jusqu’au 15 mars 2009 une exposition intitulée Terre natale, ailleurs commence ici, de Gérard Depardon et Paul Virilio, accompagnée d’un catalogue (éditions de la fondation Cartier, EAN 9782869250833, 299 pages). Je n’ai vu ni l’exposition ni le livre…

Pour les 15 films du festival Télérama, ils se partagent en quatre catégories :

Ceux que j’ai vus et dont je vous ai parlé (pas beaucoup cette année)

Ceux que j’ai ratés et que je vais essayer de voir cette semaine au théâtre

Ceux que j’ai ratés et que je vais essayer de voir cette semaine au Dietrich

Ceux que je n’irai pas voir, sauf si vous avez des arguments pour me convaincre d’y aller…

  • À bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson
  • L’heure d’été d’Olivier Assayas
  • Home d’Ursula Meier, finalement vu au Dietrich
  • Into the Wild de Sean Pen
  • Juno de Jason Reitman
  • There will be blood de Paul Thomas Anderson

4 réflexions au sujet de « La vie moderne de Raymond Depardon »

  1. Léthée

    OH… pour quelle raison ne pas aller voir Into the wild ? Tous mes amis qui l’ont vu m’ont dit que c’est un film fascinant, qui donne une impression de liberté qui ne vous lâche plus pendant plusieurs jours… Et que les images sont magnifiques…

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