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Tours (6), la basilique Saint-Martin

la basilique Saint-Martin à ToursLe dôme de la basilique saint Martin de Tours a été restauré en 2016, dans le cadre de l’année des 1700 ans (supposés) de la naissance de saint Matin.

Tours, la basilique Saint-Lartin en mai 2016En mai 2016, quand je suis allée voir les expositions Robert Capa et la couleur et Bertrand Bellon au château de Tours et 200 ans de tourisme en Touraine à l’hôtel Gouïn, le dôme était sous des échafaudages et la statue de saint Martin déposée (depuis février 2014) dans un atelier de restauration en Dordogne, où il voisinait avec l’archange saint Michel du Mont-Saint-Michel.

Basilique Saint-Martin de Tours, dôme et statue restauréePour la saint Martin (11 novembre), le dôme était débarrassé de ses échafaudages et la statue reposée en grande pompe.

Statue de saint Martin redorée au sommet de la basilique Saint-Martin à ToursLa ville de Tours aurait voulu la dorer entièrement, mais l’État s’y est opposé, aucune source n’indiquait qu’elle avait été ainsi dorée… la ville avait trouvé un projet de qui le montrait ainsi, mais il n’a sans doute jamais été réalisé (c’est très fréquent dans les projets).

Quatre vues de la statue de saint Martin, sur la basilique à ToursUne solution intermédiaire a été trouvée, dorer les attributs liturgiques, le pallium, la couronne, la crosse, le pectoral et l’anneau, ainsi que le bas des manches, de l’étole et de la chasuble et le bout des chaussures, ce qui donne déjà un effet assez « bling-bling ». Cette statue de 4,25 m de haut est une œuvre du sculpteur Jean [Baptiste] Hugues, fondue par Thiébaut frères.

basilique Saint-martin de Tours, statue de saint Martin au-dessus de la coupole, vue rapprochéeLa statue de saint Martin qui domine la coupole menace de tomber depuis un moment (premier élément de plomb tombé en 2011)… revoir mon article de 2014, la statue de saint Martin menace Tours.

Réédition de l’article du 23 janvier 2010

Tours, novembre 2009, basilique Saint-Martin : la rue des Halles

La première basilique (encore un terme à vous expliquer un jour, disons pour simplifier une grande église construite sur un plan hérité de l’Antiquité romaine et qui abrite le tombeau d’un saint ou des reliques importantes dites reliques insignes) fut construite vers 437 par saint Brice, évêque de Tours, à l’emplacement du tombeau du troisième évêque de la ville (de 371 à 397), saint Martin, mais si vous le connaissez, c’est celui qui a partagé son manteau avec un pauvre. Le tombeau était situé en dehors de la ville, comme il était de tradition jusqu’à la fin de l’époque romaine. C’est la même chose à Poitiers pour le tombeau d’Hilaire et la création de l’abbaye de Saint-Hilaire, hors les murs, et aussi pour le tombeau de sainte Radegonde. Vous trouverez ainsi des exemples dans toutes les anciennes cités romaines. Très vite, l’édifice doit être agrandit et l’évêque Perpet consacre en 482 une nouvelle basilique, vite trop petite elle aussi, le tombeau prestigieux (pare que riche de miracles) de saint Martin attirant les foules. En 818, elle devient collégiale avec un très important chapitre de 200 chanoines. L’histoire est ensuite mouvementée, avec des incendies qui endommagent plus ou moins gravement l’édifice en 853 et 903. Une nouvelle basilique est consacrée en 917, et les chanoines fortifient le faubourg qui devient Châteauneuf. Je vous passe ensuite les détails, que vous pourrez retrouver par les liens en bas de ce papier. Convertie en écurie pendant la révolution, mal entretenue, la nef s’écroule en 1797. En 1802, l’église est éventrée par la nouvelle rue des Halles, seuls les deux tours sont conservées :

Tours, novembre 2009, basilique Saint-Martin : la tour Charlemagne … la tour Charlemagne …

Tours, novembre 2009, basilique Saint-Martin : la tour de l'horloge … et la tour de l’horloge.

Tours, novembre 2009, basilique Saint-Martin : la façade de la basilique contemporaine Dans le renouveau catholique du 19e siècle, il était hors de question d’abandonner le si célèbre tombeau de saint Martin. Dès 1822, des projets de reconstruction, ou plutôt d’une construction neuve et plus modeste, sont établis. Il faudra près de 50 ans pour que le projet aboutisse. C’est finalement l’architecte Victor Laloux qui le mène à bien, la crypte avec le tombeau est inaugurée en 1889, et la nouvelle basilique, de style néo-classique, l’année suivante. L’achèvement des travaux donne lieu à une bénédiction en 1902, mais la basilique n’est finalement consacrée qu’en 1925. En raison des contraintes liées aux terrains qui ont pu être achetés et à l’emplacement du tombeau, le chœur de cette nouvelle basilique n’est pas orienté (tourné vers l’est), mais au nord de l’édifice. Comme je suis allée à Tours la semaine suivant la saint Martin (11 novembre), il y avait de nombreux pèlerins en prière dans la basilique et dans la crypte, je n’ai donc pas pris de photographie pour ne pas les déranger.

Tours, novembre 2009, basilique Saint-Martin : le côté est de la basilique contemporaine et au fond, la tour Charlemagne Ici et là, des vestiges de l’ancienne basilique restent visibles ou perceptibles [voir en débit d’article une photographie similaire de novembre 2016, avec les dorures].

En sortant de la basilique, empruntez la rue Rapin et admirez les maisons canoniales (maisons des chanoines), du 15e siècle pour certaines. Allez jusqu’au musée Saint-Martin.

Tours, novembre 2009, basilique Saint-Martin : la façade du musée Saint-Martin En saison (j’y suis passée le dernier jour d’ouverture pour 2009), juste à côté, dans l’ancienne chapelle Saint-Jean, construite au 13e siècle à l’emplacement supposé d’un baptistère fondé par Grégoire de Tours, vous pouvez visiter le musée municipal Saint-Martin, inauguré en 1990. Dans un espace dense, très serré, vous pourrez découvrir la vie de saint Martin, le culte qui lui est rendu, mais surtout admirer quelques vestiges des fresques de l’ancienne église détruite, et une copie du chapiteau avec Daniel dans la fosse aux lions si difficile à voir en vrai.

Tours, novembre 2009, basilique Saint-Martin : la tour Charlemagne, chapiteau historié Daniel dans la fosse aux lions est un grand thème traité par les artistes de l’époque romane, je vous en ai montré plusieurs représentations à Poitiers, vous trouverez sur ce précédent article des liens utiles sur ce thème. Ici, il est plus ou moins visible sur le vestige de la tour dite tour Charlemagne. Il se trouve sur la colonne supportant la tribune du pavillon nord.

2Tours, novembre 2009, basilique Saint-Martin : la tour Charlemagne, chapiteau historié, Daniel dans la fosse aux lions caché par la végétation Mais il est largement caché par la végétation pour la face où on devrait le voir le mieux…

Tours, novembre 2009, basilique Saint-Martin : la tour Charlemagne, chapiteau historié avec Daniel dans la fosse aux lions Si vous voulez mieux le voir, il vaut mieux aller sur le trottoir opposé de la rue des halles et vous munir de vos jumelles… car bien sûr, vous avez toujours une paire de jumelles quand vous allez visiter des édifices romans (ou autres). Je blague, mais c’est bien pratique de les avoir toujours à portée de main, le décor est parfois caché bien haut… ou bien loin.

Tours, la tour Charlemagne et ses abors en novembre 2016En novembre 2016, la végétation a été enlevée, mais la tour n’est toujours pas restaurée.

Pour aller plus loin : mes collègues du service de l’inventaire de la région Centre ont numérisé et mis à la disposition de chacun les dossiers sur l’ancienne basilique (ne pas rater l’abondante iconographie ancienne).

Martin de Tours, le rayonnement de la Cité, au musée des Beaux-Arts de Tours

tours_musee_ockeghemComme je vous le disais dimanche dernier, je suis allée voir l’exposition Martin de Tours, le rayonnement de la Cité, au musée des Beaux-Arts de Tours, réalisée à l’occasion du 1700e anniversaire (supposé) de la naissance de Martin de Tours (316-397), et présentée jusqu’au 8 janvier 2017. Sous le grand cèdre a été installée une sorte de boîte avec la musique de Jean de Ockeghem, compositeur flamand et trésorier de la basilique Saint-Martin de Tours de 1459 à 1497. Il s’agit d’une déclinaison du projet Cubiculum Musicae, développé par le Centre d’études supérieures de la Renaissance, qui permet de s’immerger dans la musique d’une époque. Je trouve que l’effet est très réussi. En plus, l’accès est gratuit (pas plus de 6 personnes à la fois dans la boîte).

Affiche de l'exposition Martin de Tours, 2016, à ToursEntrons dans l’exposition… Après une salle d’introduction, une grande carte retrace le périple de Martin à travers toute l’Europe, en passant par Ligugé 😉 Les salles suivantes sont consacrées aux deux édifices tourangeaux en grande partie détruits, la basilique Saint-Martin et l’abbaye de Marmoutier. Une vidéo montre la réalisation de la restitution en trois dimensions de la basilique dans son état du 15e siècle, couplée au projet du laboratoire de musicologie dont je vous ai parlé plus haut, baptisé RéVisMartin, Renaissance en musique de la collégiale Martin de Tours. La maquette virtuelle 3D est très réussie, il resterait maintenant à faire l’évolution de la collégiale / basilique, depuis sa construction, les phases romanes, et jusqu’à sa destruction après la Révolution et la construction de la nouvelle basilique par Victor Laloux.

Cette partie de l’exposition comprend aussi les cartons du verrier Lobin à Tours avec les scènes de la vie de saint Martin réalisés dans la basilique actuelle.

La seconde partie de l’exposition est consacrée à la naissance du culte de saint Martin, aux scènes les plus fréquemment représentées, comme la charité de Saint-Martin (le partage de son manteau à Amiens) ou la messe miraculeuse, sont expliquées aussi bien que les représentations moins fréquentes, comme la résurrection du catéchumène, puis à la construction d’un « mythe » (c’est moi qui souligne) au 19e siècle, à l’aide d’exemples venus de toute la France, à travers des tableaux, reliquaires, manuscrits, broderies, etc. Quelques écrans permettent de feuilleter la version numérique de manuscrits, il est un peu dommage que la cote des autres n’est pas inscrite sur les cartels, ce qui permettrait de noter au fil de l’exposition les références pour aller chercher les versions numériques en ligne. Il y a des QR-code sur certains cartels (mais mon téléphone ne permet pas leur lecture), peut-être que les pages vers lesquels ils mènent donnent plus d’informations. Ces cotes figurent dans le catalogue, on peut donc aller naviguer de chez soi en prenant pas mal de temps pour chercher les sites de chaque bibliothèque qui a prêté un manuscrit (bibliothèque de Tours, Bibliothèque Nationale, bibliothèque Sainte-Geneviève et bibliothèque mazarine à Paris, etc.).

Couverture du catalogue Martin de ToursLe catalogue est riche, bien illustré et à un prix raisonnable (35€)… peut-être parce que c’est un éditeur italien! Martin de Tours, le rayonnement de la Cité, Éditions Silvana Editoriale, 352 pages, 200 illustrations, ISBN : 9788836634118. Il est organisé en six parties : Saint Martin, de Sabaria à Candes ; La geste martinienne, la Charité et les miracles ; Les hauts-lieux martiniens, en Poitou et en Touraine ; Saint Martin source d’inspiration intellectuelle et artistique ; Le renouveau du culte martinien au XIXe siècle ; Sur les chemins de saint Martin.

Je ne vous recommande pas le site sur l’année Saint-Martin, complètement inaccessible en navigation large vision, mais si vous passez par Tours ou à proximité, n’hésitez pas à aller voir cette exposition!

Pour aller plus loin :

Sur le musée des beaux-arts de Tours, vous pouvez en attendant mon nouvel article (re)voir mes articles précédents sur le cèdre et l’éléphant, le monument à François Rude par Becquet, les expositions Max Ernst et Richelieu.

Voir aussi la chapelle du catéchumène, l’église et l’abbaye de Ligugé.

 

 

Petit tour à… Tours!

tours_musee_ockeghemIl y a une dizaine de jours, je suis allée à Tours pour voir au musée des Beaux-Arts l’exposition sur saint Martin, à l’occasion des 1700 ans (supposés) de sa naissance, je vous en parle très vite! En attendant, voici la « boîte » où le visiteur peut s’immerger dans la musique de Jean de Ockeghem, compositeur flamand et trésorier de la basilique Saint-Martin de Tours de 1459 à 1497. Sur le musée, vous pouvez en attendant mon nouvel article (re)voir mes articles précédents sur le cèdre et l’éléphant, le monument à François Rude par Becquet, les expositions Max Ernst et Richelieu.

Gare de Tours, panneaux en céramique déposés en 2016Dès l’arrivée à la gare, une petite surprise, les céramiques peintes ont été déposées et remplacées par des photographies faisant appel à un financement participatif pour leur restauration. Vous pouvez revoir en suivant les liens celles  du côté nord (Carcassonne, Langeais, Chinon, Arcachon, Cahors, Luchon et, pas photographiés, Vicq-sur-Cère et Amboise), du côté sud (Azay-le-Rideau, les gorges du Tarn, Loches, Biarritz, Belle-Isle-en-Mer, Josselin, Erdeven, Saint-Jean-de-Luz et Fontarabie) et leurs signatures (Utzschneider et Compagnie, Alexandre de Geiger, Digoin, Paris, Sarreguemines, Simas, Mothes), ainsi que l’ancien embarcadère, la façade par le sculpteur Henri Varenne et le projet de l’architecte Victor Laloux, les allégories de Limoges et Nantes par Jean Hugues, les allégories de Bordeaux et Toulouse par Jean-Antoine Injalbert.

Basilique Saint-Martin de Tours, dôme et statue restauréeJe suis aussi bien sûr allée à la basilique Saint-Martin, avec son dôme restauré…

Statue de saint Martin redorée au sommet de la basilique Saint-Martin à Tours… où trône la statue restaurée et redorée de saint Martin, qui était déposée lors de ma précédente visite à Tours pour voir les expositions Robert Capa et la couleur et Bertrand Bellon au château et 200 ans de tourisme en Touraine à l’hôtel Gouïn. Elle a été reposée en grande pompe pour la saint Martin, le 11 novembre 2016 (revoir aussi la statue de saint Martin menace Tours).

Tours, la tour Charlemagne et ses abors en novembre 2016La tour Charlemagne n’a pas été restaurée, juste nettoyée des végétaux envahissant pour la construction d’un modèle numérique virtuel… Quelques panneaux explicatifs ont été apposés sur le mur voisin.

La charité de saint Martin par Henri Varenne devant la basilique Saint-Martin à ToursEn revanche, la charité de Martin par Henri Varenne semble flambant neuve : je vais mettre les nouvelles photographies sur l’article que je lui ai consacré.

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 01, vue générale A l’intérieur de la basilique, vous pouvez aussi revoir la messe miraculeuse de saint Martin par Camille Alaphilippe.

 

 

La charité de saint Martin devant la basilique à Tours

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 1, vue de loinVoici une réédition de mon article du 14 juin 2011, avec des photographies de fin novembre 2016. Je laisse la première ici pour vous rendre compte de la différence, j’ai laissé les anciennes photos de 2011 en fin d’article.

La charité de saint Martin par Henri Varenne devant la basilique Saint-Martin à ToursDevant la basilique Saint-Martin de Tours se trouve une charité de saint Martin, scène très souvent représentée où Martin, soldat romain dans la région d’Amiens, partage son manteau avec un pauvre. Je tire une partie des données du dossier documentaire établi par le service régional de l’inventaire de la région Centre. Je vous ai déjà parlé du fameux Martin à propos de l’abbaye qu’il a fondée à Ligugé dans la Vienne.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, signature du sculpteurCe monument est signé de 
et a été inauguré en 1928. Je vous ai déjà parlé de ce sculpteur pour les façades de l’hôtel de ville et de la gare de Tours. Je vous parlerai aussi bientôt de son buste du général Meunier dans le jardin des prébendes d’Oe, toujours à Tours, et des sculptures de la gare (voir l’extérieur et l’intérieur) et de la préfecture de Limoges. Un premier projet de monument, daté de 1922, avait été présenté par le sculpteur François Sicard (l’auteur à Tours des atlantes de l’hôtel de ville et, à venir bientôt, du monument à Racan dans le jardin des prébendes d’Oe et d’Anatole France dans le jardin de la préfecture), dont un plâtre est conservé au Musée des Beaux-Arts de Tours. La signature « H. VARENNE », très érodée, apparaît sur la base du groupe sculpté et les initiales H.V. sur la base de chacune des statues latérales.
Charité de saint Martin par Varenne à Tours, vue de dosLe monument, en ciment moulé et pierre sculptée, se compose d’un pilier formé de quatre colonnes corinthiennes (ici de dos)

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, la Charité encadrée de deux évêques … au sommet duquel se trouve la charité dans une représentation très classique, surmontée d’une croix…

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, le dos de la croix… plus ouvragée au dos.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail de la charitéMartin, vêtu en cavalier romain, assis sur son cheval…

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail de saint Martin…  coupe en deux avec son épée son manteau…

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail de l'infirme… pour l’offrir à un pauvre infirme agenouillé, appuyé sur sa béquille.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail de l'infirme vu de trois quartsOn le voit peut-être mieux ainsi de trois quarts.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail de saint PerpetSur des consoles posées à hauteur de la base des chapiteaux corinthiens ont pris place deux statues d’évêques en pied. Si les auteurs s’accordent pour Perpetuus, francisé en Perpet ou Perpétue (6ème évêque de Tours (évêque de Tours de 460 environ à sa mort vers 490, canonisé), qui fit construire la première basilique Saint-Martin consacrée le 4 juillet 471), l’identification du second évêque est plus variable.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail du deuxième évêqueCertains y voient un second saint Martin, d’autres, et c’est plus probable, saint Grégoire, 19ème évêque de Tours (né vers 539 et mort à Tours en 594), historien de l’Église et des Francs. Tous deux en tout cas portent tous les vêtements liturgiques, chasuble, aube, étole, pallium dont je vous ai détaillé la description sur cet autre exemple.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, paons à la coupeDeux paons s’affrontent de chaque côté d’un vase (rappelant les oiseaux à la coupe de l’époque romane) sur un décor de vignes sur le piédestal du pilier.

Pour mémoire, mes photographies de 2011…

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 3 bis, le monument, vue générale rapprochée

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 2, la signature H. Varenne Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 3, les colonnes et la croix vues de dos

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 4, le groupe sculpté de la Charité en haut

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 5, détail de la charité

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 6, la Charité, le soldat et l'infirme avec béquille

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 7, l'évêque à gauche

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 8, l'évêque à droite

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 9, les deux paons affrontés

La statue de saint Martin menace Tours…

basilique Saint-martin de Tours, statue de saint Martin au-dessus de la coupole, vue éloignéeJe pensais vous avoir déjà montré la statue de saint Martin qui menace de tomber du toit de la basilique qui porte son nom à , mais non… Je vous ai montré plusieurs éléments de cette basilique, mais pas cette statue, même si on l’aperçoit sur le premier article (revoir les épisodes précédents: aperçu de la basilique; la charité de Martin par Varenne; la messe miraculeuse de saint Martin par Alaphilippe). Mes photographies datent d’octobre 2011, un beau ciel bleu, ça fait du bien aussi, non?

basilique Saint-martin de Tours, statue de saint Martin au-dessus de la coupole, vue rapprochéeLa statue de saint Martin qui domine la coupole menace de tomber depuis un moment (premier élément de plomb tombé en 2011), voir l’article paru dans la Nouvelle République du 1er février 2014. Elle devait être déposée pour restauration le 11 février (opération finalement reportée au 17 février)… si elle ne tombe pas avant. Les dernières tempêtes l’ont un peu plus déstabilisée, un nouveau coup de vent est annoncé la nuit prochaine, espérons qu’elle tiendra jusqu’à son démontage, car dans sa chute, elle pourrait endommager sérieusement la coupole! Elle mesure 4,25m de haut pour 1,7 tonne de bronze et d’armature interne (elle est creuse, heureusement). Vous pourrez toujours voir la maquette en plâtre de la tête à l’intérieur de la basilique, si elle n’a pas bougé depuis 2011, elle se trouve juste à côté de messe miraculeuse de saint Martin par Camille Alaphilippe. La basilique Saint-martin de Tours est l’œuvre de l’architecte , la crypte avec le tombeau est inaugurée en 1889, et la nouvelle basilique, de style néo-classique, l’année suivante. L’achèvement des travaux donne lieu à une bénédiction en 1902, mais la basilique n’est finalement consacrée qu’en 1925. La statue est l’œuvre de , grand prix de Rome de sculpture en 1875, qui a travaillé sur d’autres projets avec (notamment les gares de Tours et d’Orsay, l’hôtel de ville de Tours, pour lesquels il a sculpté des allégories, voir ou revoir les allégories de Limoges et Nantes, la force et le courage). Saint Martin (suivez le lien pour retrouver d’autres articles sur ce saint, sinon la chapelle du catéchumène, l’église et l’abbaye de Ligugé pour un bref aperçu de son histoire), portant ses vêtement sacerdotaux, est présenté debout, appuyé sur sa crosse, bénissant la ville de la main droite… signe de protection s’il ne s’effondre pas dans les prochains jours 😉

Il a été fondu en 1889 par les frères Thiébaut, des fondeurs dont je vous ai déjà montré pas mal de réalisations.

Tours, la basilique Saint-Lartin en mai 2016PS : En mai 2016, le dôme est sous cloche…

Statue de saint Martin redorée au sommet de la basilique Saint-Martin à Tours11 novembre 2016, saint Martin, restauré, est remis en place en grande pompe. La ville de Tours aurait voulu la dorer entièrement, mais l’État s’y est opposé, aucune source n’indiquait qu’elle avait été ainsi dorée… la ville avait trouvé un projet de qui le montrait ainsi, mais il n’a sans doute jamais été réalisé (c’est très fréquent dans les projets).

Quatre vues de la statue de saint Martin, sur la basilique à ToursUne solution intermédiaire a été trouvée, dorer les attributs liturgiques, le pallium, la couronne, la crosse, le pectoral et l’anneau, ainsi que le bas des manches, de l’étole et de la chasuble et le bout des chaussures, ce qui donne déjà un effet assez « bling-bling ». Cette statue de 4,25 m de haut est une œuvre du sculpteur Jean [Baptiste] Hugues, fondue par Thiébaut frères.

 

Pour les curieux, voici quelques articles de mon blog qui peuvent vous intéresser sur Tours:

Kutzenhausen, Broder’idées 2013, novembre

Calendrier pour Kutzenhausen 2013, novembre, saint MartinAprès janvier, février et marsavril, mai, juinjuillet, août, septembre, octobre et la préparation des cases, j’ai brodé le mois de novembre sur une grille saint Martin proposée par Carole Djiane pour Joli Tambour Création… Et oui, le pauvre , fêté le 11 novembre… et donc plus sur le calendrier depuis près de cent ans (mais vous pouvez retrouvez quelques articles que je lui ai consacré (la chapelle du catéchumène, l’église et l’abbaye de Ligugé et la basilique Saint-Martin de Tours avec un aperçu de la basilique; la charité de Martin par Varenne; la messe miraculeuse de saint Martin par Alaphilippe).

Pour les fils, j’ai choisi Coeur choco de Anne-So/les fils à Soso, offert par Luna, et des fils DMC, 94, 3722, 169 et 407 (ce dernier offert par Brigitte / Boîte de Biscotte).

Calendrier pour Kutzenhausen 2013, novembre, l'ensemble

Les grilles sont bien carrées, mais j’ai pris une toile de tissu d’ameublement non calibrée, en choisissant une déformation verticale. C’est une toile que j’aime bien broder quand les déformations n’ont pas grande importance… Le tour est en DMC 915. La zone brodée mesure environ 40 sur 30 cm.

L’année dernière, j’ai participé, grâce à Marlie, aux oriflammes brodées pour Kutzenhausen, dans le Bas-Rhin, présentées lors du Festival autour du Point de Croix 2012 de Kutzenhausen, « Au fil des couleurs », en brodant deux carrés, un U et un N. Cette année, la maison rurale d’outre-forêt propose un projet au fil des mois, une grille et une créatrice par mois, enfin, des petits mois, nous devrons envoyer le tout en octobre, le festival aura lieu du 25 au 27 octobre et du 1er au 3 novembre 2013.

Poitiers, église Sainte-Thérèse, vitraux d’Auguste Labouret

Poitiers, église Sainte-Thérèse, vitraux du choeur d'Auguste Labouret, les vitraux du choeurAprès la visite générale de l’église Sainte-Thérèse à Poitiers, son chemin de croix, les peintures des murs nord et sud du transept et les autels secondaires de Marie Baranger (1902-2003) et le décor à l’ouest (anges, Sagesse, Force, mosaïque de saint Hilaire, rosace), je termine la visite de cette église avec les vitraux du chœur. Chacune des cinq verrières s’organise avec le saint auquel se rapporte le vitrail en pied, en grand, encadré en haut et en bas par des épisodes de sa vie, et une légende tout en bas qui permet d’identifier la scène. La verrière centrale est occupée par la Vierge accompagnée des saintes titulaires de l’élise, Thérèse et Jeanne d’Arc, encadrée de Martin et Joseph et, sur les extérieurs, deux saints locaux. Ces vitraux ont été réalisés dans un deuxième temps, en 1948 (l’église a été consacrée en 1935), les premiers vitraux avaient été détruits lors des bombardements de 1944, juste après la canonisation Grignion de Montfort (il y est qualifié de saint, il n’a été canonisé qu’en 1947).

Poitiers, église Sainte-Thérèse, vitraux du choeur d'Auguste Labouret, signature de LabouretChacune des cinq verrière de cet ensemble porte la signature d’Auguste « Labouret, Paris » (Laon, 1871 – Kerveron, 1964), inventeur de la technique du cloisonné de ciment tenant des dalles de verre, technique qu’il a brevetée en 1933.

Poitiers, église Sainte-Thérèse, vitraux du choeur d'Auguste Labouret, Théophane Vénard

Le premier vitrail à gauche est consacré au « B[ienheur]eux Théophane Vénard / glorieux martyr du Poitou ». Théophane Vénard (Saint-Loup-sur-Thouet, 1829 – Hanoï, 1861), élève au petit séminaire de Montmorillon (où Léon Pineau avait refusé d’aller) puis au grand séminaire de Poitiers, est un prêtre missionnaire, mort par décapitation (en bas du vitrail, il attend, enchaîné, l’exécution de la sentence), béatifié en 1909 et canonisé en 1988.

Poitiers, église Sainte-Thérèse, vitraux du choeur d'Auguste Labouret, saint MartinLe deuxième est consacré à saint Martin (« Saint Martin / évêque, père des Bénédictins »): je vous ai déjà exposé dans un précédent article (saint Martin à Ligugé) l’importance la venue de Martin auprès de saint Hilaire, avant de fonder l’abbaye de Ligugé puis de devenir évêque de Tours (voir un aperçu de la basilique, la charité de Martin par Varenne, la messe miraculeuse de saint Martin par Alaphilippe). En haut, Martin partage son manteau avec le pauvre, à comparer avec la version romane et le vitrail du 19e siècle dans l’église Saint-Hilaire-le-Grand à Poitiers.

Poitiers, église Sainte-Thérèse, vitraux du choeur d'Auguste Labouret, le Vierge, sainte Thérèse et Jeanne-d'ArcLe troisième, au centre, est consacré à la Vierge entourée, dans le motif central, de Jeanne d’Arc à gauche (avec son épée) et de sainte Thérèse. En haut, le sacré cœur est encadré du texte suivant : « Le / coeur / de Jésus / a donné à / la France / le / coeur / [de] Marie / reine de / la Paix ». Il est complété par cette légende en bas : « Le cœur de Marie a choisi / pour protéger la France / Jeanne et Thérèse ».

Poitiers, église Sainte-Thérèse, vitraux du choeur d'Auguste Labouret, saint JosephLe quatrième est dédié à Joseph, qui dans la partie centrale tient tendrement Jésus qui s’accroche à son manteau : « Saint Joseph / Patron des travailleurs chrétiens ». Sur la scène du bas, on peut aussi lire « Nazareth ».

Poitiers, église Sainte-Thérèse, vitraux du choeur d'Auguste Labouret, Grignon de Montfort

Le cinquième et dernier met en scène la vie de « S[ain]t Grignion de Montfort / le grand saint du Poitou ». Louis Marie Grignion de Montfort (Montfort, 1673 –  Saint-Laurent-sur-Sèvre, 1716), prêtre, prêtre est le fondateur de la Compagnie de Marie (Pères Montfortains) et des Frères de l’instruction chrétienne de Saint-Gabriel.

Photographies de novembre 2012 et avril 2013.

Festival BD 2013 de Ligugé, un flop pour moi

Plan Ligugé-Poitiers par Saint-BenoîtSamedi et dimanche dernier avait lieu le 18e festival de la bande dessinée de Ligugé. Pour la première fois, un partenariat avait été passé avec la compagnie de bus, les horaires étaient affichés dans tous les bus Vitalis, aller-retour spécial, départ 14h de pôle Boncenne, retour 18h40 du domaine de Givray… Sauf que ce n’était absolument pas un bus spécial samedi, mais un bus 5C, qui nous a donc laissé à l’arrêt normal de Givray (le point rouge), à 1,5 km environ du domaine où se tenait le festival (le point bleu). Heureusement qu’il ne pleuvait pas… Arrivée sur place à 14h35, les gens font déjà la queue à chaque table de dédicaces, une queue si compacte qu’il est impossible de s’approcher pour voir les albums. A 15h, j’en ai déjà marre, je décide de repartir sans avoir rien acheté. J’ai alors deux solutions, repartir vers le bourg de Ligugé et la boutique de l’abbaye (le A tout en bas de la carte), mais il n’y a pas de bus avant 18h30, et je ne suis pas sûre qu’il y ait un train… cela ferait beaucoup trop de parts de scofa avant le retour! Bien sûr, comme je n’ai pas prévu de rentrer à pied, je n’ai pas pris ma carte au 1/25.000e du secteur, j’ai de bonnes chaussures, mais pas de chaussures de marche.

Bords de Clain entre Ligugé et Saint-BenoîtJe ne sais pas exactement où prendre le GR si ce n’est près de l’arrêt de bus où je suis descendue, je décide de jouer la sécurité et de suivre le Clain, le chemin croisera nécessairement dans quelques kilomètres le GR qui passe à Ligugé et à Poitiers, mais dans ce secteur, traverse la forêt et ne longe pas la rivière (il coupe en gros la boucle du Clain que j’ai suivie). Le chemin est assez boueux, normal, avec les giboulées de ces derniers jours. Je croise d’abord le viaduc de la voie ferrée vers Bordeaux. A la croisée du Faon, je retrouve le GR (que j’avais emprunté par exemple pour le défi photo Mettez vos chaussures… et photographiez des toits). Un peu plus loin, voici le viaduc des trains Poitiers-Niort-La Rochelle. A 15h35, je suis à la base de loisir de Saint-Benoît. Comme je sais qu’il n’y a pas de bus de la ligne 12 au départ du bourg de Saint-Benoît le samedi après-midi, je décide de rejoindre l’Ermitage (à Saint-Benoît) et d’y prendre un bus 5B, il y en a toutes les demi heures. J’ai de la chance, je réussis à attraper celui de 15h52 (si je ne l’avais pas eu je serais aller prendre des photographies de l’aqueduc romain juste à côté), à 16h, je suis chez moi et j’ai fait une promenade de presque 5km. Pas sous le soleil, mais pas de pluie…

Borne du chemin culturel de saint Martin entre Ligugé et Saint-BenoîtAu passage, j’ai croisé une des bornes de l’itinéraire culturel européen consacré à Saint-Martin, oui, je vous ai déjà parlé plusieurs fois de l’histoire de saint Martin notamment dans l’article sur la chapelle du catéchumène, l’église et l’abbaye de Ligugé. Cette borne a perdu presque toutes ses incrustations, il n’en reste qu’une sur chaque face.

Poitiers, saint Martin dans l’église Saint-Hilaire-le-Grand

Poitiers, la charité de Martin, peinture murale dans l'église Saint-Hilaire

Le château de Schönbrünn à Vienne en Autriche en 1993, 2, de plus près

Pour le défi Mars, mois de l’Europe centrale organisé par Schlabaya, j’ai longuement hésité à vous « refaire le coup de saint Martin »… Mais il n’est pas facile de tenir la chronique sur Poitiers et de répondre en même temps à ce défi… Pour la semaine hongroise en 2011, je vous avais donc présenté saint Martin, né en Hongrie (à Sabaria ou Savaria en Pannonie, aujourd’hui Szombathely) et fondateur de l’abbaye de Ligugé dans la Vienne. Je vous ai ensuite reparlé de ce personnage à Tours, avec un aperçu de la basilique, la charité de Martin par Varenne, la messe miraculeuse de saint Martin par Alaphilippe… Donc, si vous voulez relire son histoire, je vous invite à relire mon article sur Ligugé, et à aller aussi sur place visiter l’abbaye, sa librairie et sa boutique (plus d’informations sur son site officiel).

Cette fois-ci, je vous emmène à Poitiers, dans l’église Saint-Hilaire-le-Grand, dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois avec la mort d’Hilaire sur un chapiteau, le chevet et une autre vue ici, l’inscription d’Hugo le trésorier, le tombeau de Constantin de Melle, le chemin de croix de Jean Claro. Un important ensemble de peintures murales du 11e siècle y a été mis au jour. Il y a notamment des évêques, des scènes en rapport avec l’Apocalypse, mais cela, ça sera pour un autre article. Je vous emmène aujourd’hui dans l’absidiole nord. Si vous regardez la fenêtre, l’ébrasement gauche nous concerne aujourd’hui, il faut regarder assez haut. Il s’agit de l’une des scènes les plus fréquemment représentées dans la vie de saint Martin, dite la Charité de Martin. La scène se passe en 337, alors que Martin, soldat romain, est en garnison à Amiens. Il partage la moitié de son manteau avec un pauvre: c’est alors qu’il est frappé par la foi et se convertit au christianisme. En général, dans les Charités, il est représenté à cheval. Ici, il est représenté debout, vêtu en soldat romain, son nimbe (le disque jaune derrière sa tête) indique sa sainteté. il tient son manteau et son épée devant lui, en faisant face au pauvre, maigre, à moitié dévêtu, les genoux pliés.

Poitiers, verrière de saint Martin dans l'église Saint-Hilaire La fenêtre située au nord du chœur, donc à gauche de l’absidiole précédente, est fermée par une verrière qui porte également une représentation de saint Martin, cette fois vêtu de ses vêtements épiscopaux. Cette verrière a été réalisée en 1921 par les ateliers de Luc Fournier, peintre verrier à Tours.

La messe miraculeuse de saint Martin par Camille Alaphilippe à Tours

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 01, vue générale Sur le revers de la façade de la basilique Saint-Martin à Tours se trouve un grand bas-relief représentant la messe miraculeuse de saint Martin et seconde charité de saint Martin. C’est une œuvre de grande taille, 2,29m de haut sur 2,35m de large si on prend l’information dans le dossier documentaire établi par le service régional de l’inventaire de la région Centre.

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 02, marque Grès de BIGOT Il est réalisé en « grès de Bigot », comme l’indique cette marque en bas à gauche de la partie centrale. Il provient de la manufacture de grès flammés d’Alexandre Bigot à Mer, dans le Loir-et-Cher, dont Camille Alaphilippe sera nommé directeur en 1914.

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 03, signature C. ALAPHILIPPE Le bas-relief est donc signé en bas à droite de la partie centrale du sculpteur Camille Alaphilippe, né à Tours en 1874 et mort en Algérie après 1934, élève de Henri Laurens et Louis Ernest Barrias à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, grand prix de Rome de sculpture en 1898 avec Caïn après la mort d’Abel poursuivi par la vengeance céleste ou Caïn après la mort d’Abel entend la malédiction de l’Éternel. Ruiné, il s’installe après la première Guerre Mondiale en Algérie, où il réalise notamment les monuments aux morts de Skikda (Philippeville) déplacé à Toulouse en 1969, de Mostaganem (à voir par exemple sur ce site) et une dizaine d’autres au moins. Vous pouvez aussi voir au musée du Petit-Palais à Paris sa Femme au singe, et sur mon blog le Premier miroir dans le jardin des plantes de Nantes. Je suis à la recherche du livre Les artistes de l’Algérie, de Elisabeth Cazenave et Bernard Giovanangeli, publié en 2001 à Alger aux Éditions de l’Association Abd-el-Tif … Une autre sculpture de Camille Alaphilippe, les mystères douloureux, est présente dans le jardin Mirabeau à Tours. Pour les parisiens, vous pouvez aussi voir le décor qu’il a créé pour le Ceramic Hotel, 34 avenue de Wagram (j’ai trouvé des photographies intéressantes sur ce document consacré à l’architecte Jules Lavirotte, aller page 15 et suivantes) ou les anciens grands magasins Félix Potin boulevard Malesherbes.

Revenons à notre messe miraculeuse de saint Martin. Fin 1905, Camille Alaphilippe travaille semble-t-il à une esquisse de la partie centrale. Le relief devait porter trois épisodes de la vie de Martin : la guérison du lépreux, la messe miraculeuse et la mort de Martin (pour la vie de Martin, se reporter à l’article que je lui ai consacré à propos l’abbaye de Ligugé. La partie centrale devait être en grès flammé partiellement émaillé et le reste peint. Le projet est ensuite modifié, et l’œuvre mise en place en juin 1908.

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 04, dédicace Elle a été offerte par la veuve du comte Charles de Morry en mémoire de son défunt mari, comme le confirme l’inscription pas facile à prendre en photo, cachée par la maquette placée devant :  » IN MEMORIAM / CAROLI DE MORRY / QUI VIVENS / B. MARTINUM / COLVIT SINGULAR PIETATE / HOC POSUIT UXOR « . Elle comprend trois grandes arcades que je vais vous décrire de gauche à droite.

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 11, détail de l'autel À gauche se trouve l’autel.

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 10, inscription sur l'autel Au-dessus de cet autel se trouve l’inscription : « NECESSE / EST / CONFITERI / MARTINO / NEMINEM / CONFERENDUM / [SULPIT ???] »

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 11, détail de l'autel L’inscription sur l’autel est, quant à elle,quasiment illisible… et personne ne semble s’être risqué à en proposer une transcription (ni même du reste… mes collègues de l’inventaire de la région centre on botté en touche avec cette phrase « résumé de l’ épitaphe : EN MEMOIRE DE CHARLES DE MORRY », reprise de site en site…). À son pied se trouvent divers objets dont un rouleau (de parchemin) portant l’inscription « EVANGELIUM ».

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 07, Martin priant Au centre se trouve Martin, qui pourrait être représenté sous les traits de Charles de Morry, dont vous pouvez toujours voir l’hôtel particulier qu’il s’était fait construire en 1875 aux n° 70 et 72 boulevard Béranger.

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 08, détail de Martin et inscription Voici de plus près Martin, vêtu de ses vêtements sacerdotaux, en position d’imploration de Dieu (mains levées, paumes vers l’avant), avec un globe de feu au-dessus de sa tête, expliquée par cette citation de la Vie de saint Martin par Fortunat (à lire ici si vous voulez, en version bilingue) :  » NAMQUE / VIRI / SACRO / DE VERTICE / FLAMMA / REFULSIT / FORTUNAT  » (la citation complète serait « Namque viri sacro de vertice flamma refulsit / ignis et innocui surgit ad astra globus »), voir dans le tome 13 des oeuvres complètes de Mgr Xavier Barbier de Montault, p. 185, Messe de saint Martin (à lire si cela vous intéresse ici).

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 05, les enfants à droite Les enfants à droite sont des portraits des petits-enfants des donateurs, un garçon et une fille, accompagnés de l’inscription  » SACERDOS DEI / MARTINE / A(?)STOR EGREGIE / ORA / PRO / NOBIS / DEUM « .

Tours, dans la basilique, la messe de St Martin par Alaphilippe, 06, détail des enfants, citation Voici un détail de ces enfants en position de prière, debout devant Martin…

Tours, dans la basilique, plaque commémorative Au-dessus de ce monument, quelques inscriptions commémoratives pour des chanoines de Saint-Martin morts sous la Révolution et la libération de Tour en 1944: « À LA MÉMOIRE / DES CHANOINES DE St MARTIN / MORTS POUR LA FOI / CHAPT DE RASTIGNAC / CHANOINE DE St MARTIN / PRÉVOST DE RESTIGNÉ / MASSACRÉ, PRISON DE L’ABBAYE / LE 2 SEPt 1792 / LOUIS LONGUET / CHANOINE SEMI-PRÉBENDÉ / MASSACRÉ, PRISON DES CARMES / LE 2 SEPt 1792 / URBAIN VIOLLET / CHANOINE DE St MARTIN / DÉPORTÉ DANS LES CACHOTS DE BLAYE / LE 26 AVRIL 1794 » et « ACTIONS DE GRÂCES / POUR LA DELIVRANCE / DE TOURS / 1 SEPTEMBRE MCMXLIV ».