Archives de l’auteur : Véronique Dujardin

Jans va mourir de Anna Seghers

Couverture de Jans va mourir de Anna Seghers

Le château de Schönbrünn à Vienne en Autriche en 1993, 2, de plus près

Pour le défi Mars, mois de l’Europe centrale organisé par Schlabaya, j’ai fait une descente à la médiathèque où j’ai emprunté une dizaine de livres…

Le livre : Jans va mourir de Anna Seghers, traduit de l’allemand par Hélène Roussel, éditions Autrement, écrit en 1925 mais retrouvé tardivement, en 1999, par son fils, publié en français en 2001, 71 pages (y compris l’introduction de son fils Pierre Radvanyi et la postface de la traductrice), ISBN 9782746700857.

L’histoire : dans un lieu indéterminé, à une époque non précisée, sans doute dans les années 1920. Un couple dans une seule pièce, Martin Jansen, ouvrier, Marie, femme au foyer, enceinte. Et leur fils, Jans, sept ans, l’espoir d’une vie meilleure… Mais un jour, la maladie entre dans la maison, Jans est faible, plein de fièvre, crache du sang… Le père, d’absent, plus ou moins mis à l’écart par la mère, devient tendre… Puis Jans réussit à se lever, à passer la journée dans un fauteuil, sa sœur naît, survivra-t-il?

Mon avis : un texte parfois plein de poésie, comme quand Jans regarde tomber les flocons par la fenêtre et se perd dans ses rêves… La traduction du titre allemand me laisse perplexe… Jans VA mourir, dans la version française, mais Jans MUSS sterben en allemand, doit mourir, comme un fait inéluctable. Un fait dont on aimerait qu’il ne se passe pas, Jans le petit malade est attachant…

Défi photo, quelle empreinte laissons-nous

Empreinte, photo des liquidateurs de Tchernobyl, 1, galerie au sol

Le nouveau thème du défi marche / photo de Monique / Bidouillette / Tibilisfil est cette fois-ci « Quelle empreinte laissons-nous »… J’aurais pu vous montrer des empreintes de pas (d’hommes ou d’animaux) fossilisés dans le bitume des trottoirs ou dans la boue au bord de la rivière… J’aurais pu vous parler de l’empreinte carbone ou autre que nous laissons sur terre…

J’ai choisi de vous montrer cette empreinte photographique laissée par les liquidateurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl… qui a explosé le 26 avril 1986. Beaucoup sont morts dans les jours, les mois ou les années suivantes, d’autres souffrent toujours de graves cancers. Preuve vivante (morte plutôt) s’il en est de la dangerosité de la radioactivité… A la veille du premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima et alors que les incidents continuent à s’égrener dans nos propres centrales nucléaires (mon dernier article sur la vie de nos centrales parlait de Cattenom sur le Rhin et de Civaux près de Poitiers, avec sa désormais célèbre fuite de tritium… dans la nappe phréatique), il s’agissait pour le collectif Sortir du Nucléaire et les organisations amies de rappeler ces catastrophes et de se souvenir des milliers d’hommes qui se sont sacrifiés à Tchernobyl. Sur les 700.000 personnes qui ont participé à la gestion de la catastrophe (25.000 dans les premiers mois, quasiment tous sont morts) puis à la construction du sarcophage (qu’il va maintenant falloir encore renforcer), au moins 25.000 sont morts pour les évaluations les plus basses, 125.000 pour les estimations hautes (et 90% des survivants seraient gravement malades), et l’on ne parle que des liquidateurs, pas des populations.

La mairie de Poitiers avait interdit que des portraits en grand format soient présentés samedi dernier (10 mars 2012) sur la place d’Armes (place Leclerc) et le samedi suivant sur la place du marché près de Notre-Dame-la Grande (place De Gaulle). Au motif, d’après la presse, que ces portraits pourraient choquer les jeunes enfants… Ce ne sont que des photographies avec le nom, la date de naissance et de décès de 270 liquidateurs…

Empreinte, photo des liquidateurs de Tchernobyl, 2, devant Notre-Dame Chaque manifestant a donc pris l’une de ces photographies… Direction Notre-Dame la Grande, pour quelques discours, notamment sur Besson qui s’est dégonflé et n’est pas allé à Civaux pour célébrer la mise en place d’une force d’intervention nucléaire. Il faut dire que cette centrale nucléaire est toujours construite sur le karst, en zone sismique, en aval du barrage réputé indestructible de Vassivière, accumule les incidents ces derniers mois, la Vienne déjà très basse ne va pas améliorer les choses et nous risquons encore de revivre cette année le cycle sécheresse, puis crue de la Vienne qui emporte la jussie qui se développe encore plus dans l’eau chaude, voire une fuite de tritium à cause de bassins de stockage trop sollicités (impossible de jeter le tritium et les déchets chlorés à la rivière si elle n’a pas assez de débit).

Empreinte, photo des liquidateurs de Tchernobyl, 3, rassurez-vous avec les pastis d'iode! Deux clowns du réseau des Deux-Sèvres étaient là pour détendre l’atmosphère… Leur « brigade de rassurage nucléaire » distribuait aux passants des « pastis à l’iode » (des bonbons à la menthe…).

Alors, quelle empreinte laissons-nous pour les générations futures? La demi-vie radioactive (durée après laquelle la radioactivité diminue de moitié) du plutonium 240 (un atome qui n’existe pas dans la nature, pur produit de l’industrie nucléaire) est de 6650 ans, le plutonium 239 et le plutonium 241 ont des demi-vies très différentes, 24.110 ans pour le premier, 14,4 ans pour le second, etc. il y a 19 isotopes du plutonium, tous ont une activité importante de rayonnements alpha, bêta et gamma. Pour qu’un stock de plutonium soit inoffensif ou presque, il faut plusieurs cycles complets, on estime cette durée à 200.000 ans… Une partie de ce plutonium est stockée (souvent en barres, c’est un métal, dans des fûts pas toujours étanches dans le temps), une autre part est intégrée dans le MOX, un combustible qui était présent à Fukushima et que certains experts soupçonnent d’avoir aggravé le problème au moment de la fusion du combustible des réacteurs.

Quelle empreinte les liquidateurs de Tchernobyl laissent-ils sur terre, sans monument commémoratif, niés par les autorités pour qui, officiellement, il y a eu 30 morts par irradiation directe et massive sur le site dans les premières heures, 1.500 morts parmi les habitants des zones les plus contaminées et 2.200 morts parmi les liquidateurs… à multiplier par dix ou cent suivant les experts…

Et demain, qu’en sera-t-il pour les liquidateurs de Fukushima? Il n’y a pas eu de gros incendie ni dissémination massive par explosion, mais nombre de liquidateurs ont mis et mettent encore leur vie en danger, des professionnels du nucléaire, mais aussi des SDF recrutés dans la rue, bien payés jusqu’à ce qu’ils atteignent une dose considérée comme dangereuse (recalculée à 5 fois la dose annuelle maximale autorisée en France pour les travailleurs du nucléaire).

Et pour les pro-nucléaires, et ceux qui répètent que c’est l’énergie la moins chère, n’oubliez pas que:

l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas! Isolons no
s habitations, éteignons les lumières la nuit, éteignons les appareils électriques plutôt que de les laisser en veille, etc.

– en cas de catastrophe nucléaire, il n’y a aucune provision de la part d’EdF, qui a obtenu une loi après Tchernobyl… Elle n’assurera que 91,5 millions d’euros maximum de responsabilité civile… Tchernobyl et Fukushima ont un coût de centaines de milliards de dollars (l’Ukraine aurait déjà dépensé 200 milliards de dollars pour Tchernobyl, 25% de son budget de 1985 à 1991, la Biélorussie aurait dépensé à peu près autant, la Russie refuse de communiquer, il est trop tôt pour chiffrer Fukushima)…

– la cour des comptes a demandé un vrai chiffrage du coût du démantèlement des centrales nucléaires… L’expérience de Brinellis, dont le démantèlement a commencé en 1985, a été évalué en 2005 à presque un demi milliard d’euros, et cela ne concerne pas encore la partie la plus sensible, le réacteur dont on ne sait que faire… A multiplier par 58 réacteurs actifs à eau pressurisée et 10 en cours de démantèlement très partiel (Brinellis, réacteur gaz-eau-lourde, et 9 graphite-gaz arrêtés progressivement après la fusion partielle des coeurs de Saint-Laurent-Nouan dans le Loir-et-Cheren 1969 et 1980)… pour ne compter que le nucléaire civil d’EdF, il faudrait ajouter Phénix et Superphénix. Quant à l’EPR de Flammanville, pour l’instant, il a tant de malfaçons (l’Autorité de sûreté nucléaire / ASN a rappelé dès 2008 à Bouygues comment faire du béton avec du ciment et pas que des cailloux, voir les différentes lettres d’inspection de l’ASN à Flamanville) que ce n’est pas sûr qu’il ouvre un jour, tant qu’il n’est pas chargé en combustible, il ne produit pas de déchet (mais il coûte! jusqu’à présent, il est estimé à 6 milliards d’euros, le double de ce qui était prévu).

– le coût de la prolongation de la durée de vie des 58 réacteurs en activité n’est pas vraiment chiffré… EdF l’a estimé à 50 milliards sur les 25 prochaines années, la cour des comptes est dubitative.

– le coût du stockage et de la surveillance des déchets radioactifs pendant des centaines de milliers d’années n’est bien sûr pas chiffré…la cour des comptes n’a pas pu savoir à quoi correspondaient exactement les 30 milliards d’euros annoncés par l’Andra (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs).

Un dernier chiffre, ramené en euros constant, la filière nucléaire a déjà coûté en France 228 milliards d’euros, valeur de 2010, d’après la cour des comptes.

Voix publiques : entre Archer et Pinceau ! Pour un instant…

Poitiers, le musée Sainte-Croix, 01, la cour

Le château de Schönbrünn à Vienne en Autriche en 1993, 2, de plus près

Dans le cadre du festival Voix publiques, dont le thème était Le temps est un présent, j’ai assisté le 25 février 2012 dernier à une performance dans l’auditorium du musée Sainte-Croix. Le titre était entre Archer et Pinceau ! Pour un instant… J’aurais plutôt écrit archet… D’un côté, Sébastien Hurtaud au violoncelle, de l’autre, Thomas Duranteau au pinceau devant une grande toile blanche. Deux jeunes artistes pour un même projet, une performance donnée aussi la veille à la prison de Vivonne (une fois pour les hommes et une fois pour les femmes).

Sébastien Hurtaud avait choisi des œuvres de Bach, de et de Kaija Saariaho (compositrice contemporaine finnoise), mélangeant les thèmes des trois compositeurs qu’il avait choisis au grès de son inspiration…

De l’autre, Thomas Duranteau a réalisé en même temps, au fil de l’inspiration donnée par la musique, une toile d’assez grand format. Thomas Duranteau est également poète (voir son blog) et publiera en mai aux éditions Elytis un recueil en forme de carnet de voyage, textes et illustrations, fruit d’un travail avec d’ancien résistants dans plusieurs camps de concentration (Des miettes et des étoiles, préface de Raphaël Esrail, éditions Elytis, Bordeaux, 2012, à paraître).

Camps de concentration, musique d’Europe centrale, cet article entre dans le cadre du défi Mars, mois de l’Europe centrale organisé par Schlabaya.

Une trousse de noël

Une trousse de noël Et oui, je ne suis pas en avance sur cette finition… Vous vous souvenez du père noël du SAL de décembre 2011 de Hélène? Je l’ai finalement transformé en trousse, pour ranger les petits accessoires de scraps de noël… Au dos, un tissu sur le thème de noël…

Retrouvez toutes les étapes de ce SAL :

A l’ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque

Couverture de A l'ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque pioche-en-bib.jpg

Le château de Schönbrünn à Vienne en Autriche en 1993, 2, de plus prèsPour le défi Mars, mois de l’Europe centrale organisé par Schlabaya, j’ai fait une descente à la médiathèque où j’ai emprunté une dizaine de livres… Celui-ci, je l’ai lu au collège, en cinquième, je dirais, avec d’autres livres sur la guerre 1914-1918, vue des deux camps.

Le livre : A l’ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque, traduit de l’allemand par Alzir Hella et Olivier Bournac, première édition en allemand en 1928, je l’ai relu en livre de poche n° 197, réédition de 1996.

L’histoire : à l’ouest du front allemand, de 1914 à 1918. Après dix semaines d’entraînement, Paul Bäumer, 19 ans, est envoyé sur le front… Il expose à la première personne l’enrôlement, accompagné de leur professeur, Kantorek, l’instruction brutale par le caporal Himmelstoss, et surtout, au fil des jours, la vie quotidienne au front, les morts, les blessures, mais aussi la camaraderie, la permission, l’hôpital…

Mon avis : un roman qui a fait date dans le mouvement pacifiste, et qui a valu à son auteur de devoir fuir l’Allemagne nazie. Je n’ai pas eu le temps de rechercher la copie du devoir que j’avais rendu au collège (elle doit être bien rangée), mais j’ai relu ce livre d’une seule traite, et je pense que tout le monde devrait le garder en tête… Un grand et terrible roman, qui n’a pas empêché les guerres suivantes… A lire absolument si ce n’est pas déjà fait!

Pour Nans-sous-Sainte-Anne???

La vache de Pako, 1, avec les points arrière et reste de fil Je viens de terminer de broder une vache d’un kit de Pako…

Un kit très bien fourni, voyez tout le fil qui me reste après avoir tout terminé, y compris les points arrière?

Pourquoi cette vache? Pour le prochain concours de Nans-sous-Sainte-Anne??? Il y a deux thèmes, que j’ai déjà annoncé ici, Le rouge que j’aime et les vaches de nos verts pâturages… Que nenni, cette vache ne fait pas la taille règlementaire, LOL!

Pour les participantes, plus de renseignements chez Marlie (les ouvrages doivent lui parvenir avant le 31 mars 2012).

Vous pouvez aussi revoir le motif brodé inspiré des bannières de Cluny terminé en trousse à deux compartiments pour le concours d’idées de Nans-sous-Saint-Anne en 2011 et les cadeaux reçus.

Et le week-end prochain, je serai à Bouchemaine, à côté d’Angers, pour découvrir pour la première fois en vrai des bannières de Cluny…

Bannières brodées pour Cluny

Petit rappel des grilles brodées avec les grilles parues dans le livre Les bannières de Cluny etc. (toutes les informations pour l’acheter sont ici)

– avec les grilles réalisées pour des projets supplémentaires

Poitiers, saint Martin dans l’église Saint-Hilaire-le-Grand

Poitiers, la charité de Martin, peinture murale dans l'église Saint-Hilaire

Le château de Schönbrünn à Vienne en Autriche en 1993, 2, de plus près

Pour le défi Mars, mois de l’Europe centrale organisé par Schlabaya, j’ai longuement hésité à vous « refaire le coup de saint Martin »… Mais il n’est pas facile de tenir la chronique sur Poitiers et de répondre en même temps à ce défi… Pour la semaine hongroise en 2011, je vous avais donc présenté saint Martin, né en Hongrie (à Sabaria ou Savaria en Pannonie, aujourd’hui Szombathely) et fondateur de l’abbaye de Ligugé dans la Vienne. Je vous ai ensuite reparlé de ce personnage à Tours, avec un aperçu de la basilique, la charité de Martin par Varenne, la messe miraculeuse de saint Martin par Alaphilippe… Donc, si vous voulez relire son histoire, je vous invite à relire mon article sur Ligugé, et à aller aussi sur place visiter l’abbaye, sa librairie et sa boutique (plus d’informations sur son site officiel).

Cette fois-ci, je vous emmène à Poitiers, dans l’église Saint-Hilaire-le-Grand, dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois avec la mort d’Hilaire sur un chapiteau, le chevet et une autre vue ici, l’inscription d’Hugo le trésorier, le tombeau de Constantin de Melle, le chemin de croix de Jean Claro. Un important ensemble de peintures murales du 11e siècle y a été mis au jour. Il y a notamment des évêques, des scènes en rapport avec l’Apocalypse, mais cela, ça sera pour un autre article. Je vous emmène aujourd’hui dans l’absidiole nord. Si vous regardez la fenêtre, l’ébrasement gauche nous concerne aujourd’hui, il faut regarder assez haut. Il s’agit de l’une des scènes les plus fréquemment représentées dans la vie de saint Martin, dite la Charité de Martin. La scène se passe en 337, alors que Martin, soldat romain, est en garnison à Amiens. Il partage la moitié de son manteau avec un pauvre: c’est alors qu’il est frappé par la foi et se convertit au christianisme. En général, dans les Charités, il est représenté à cheval. Ici, il est représenté debout, vêtu en soldat romain, son nimbe (le disque jaune derrière sa tête) indique sa sainteté. il tient son manteau et son épée devant lui, en faisant face au pauvre, maigre, à moitié dévêtu, les genoux pliés.

Poitiers, verrière de saint Martin dans l'église Saint-Hilaire La fenêtre située au nord du chœur, donc à gauche de l’absidiole précédente, est fermée par une verrière qui porte également une représentation de saint Martin, cette fois vêtu de ses vêtements épiscopaux. Cette verrière a été réalisée en 1921 par les ateliers de Luc Fournier, peintre verrier à Tours.

Gutenberg à Strasbourg

Strasbourg, monument Gutenberg, 1, vue de loin

Le château de Schönbrünn à Vienne en Autriche en 1993, 2, de plus près

En plein centre-ville de Strasbourg, à deux pas de la cathédrale se trouve la place Gutenberg (ancienne place du Marché aux herbes), dominée par le monument qui commémore ce grand homme qui est installée devant un beau bâtiment dont je vous reparlerai, la Chambre de commerce construite en 1585.

La statue en pied, de très grande taille (3,31 m) est posée sur un haut socle de grès rouge sur lequel ont été ajoutés des bas-reliefs également en bronze. Bien que protégée pendant la seconde guerre mondiale, la statue est endommagée par des bombardements en 1943 et elle est restaurée en 1957.

Strasbourg, monument Gutenberg, 2, signature de David d'Angers et date de 1839 La statue porte la signature « P.J. DAVID D’ANGERS » et la date 1839. Je vous reparlerai de ce sculpteur, j’ai visité il y a peu sa galerie… à Angers (où vous pouvez voir le plâtre préparatoire)! Mais si vous souhaitez déjà découvrir Pierre Jean David dit David d’Angers (1788-1856), vous pouvez consulter le dossier de l’exposition que lui consacre la bibliothèque nationale de France à Paris (site Richelieu) jusqu’au 25 mars 2012. La fonte est de SOYER et INGER. L’idée de ce monument revient à une société savante de Strasbourg en 1835, la statue en pied est fondue en 1839, le moment inauguré en juin 1840 pour le 400ème anniversaire de l’invention de l’imprimerie. Pour les Parisiens encore, vous pouvez en voir une copie dans le 15e arrondissement, rue de la Convention, devant l’ancien siège de l’Imprimerie Nationale. Ce deuxième tirage, réalisé par le fondeur J.H. Destailleur, a été inauguré en octobre 1851. Une petite différence entre les deux: sur le tirage en papier (euh, en bronze) que Gutenberg tient entre les mains, à Paris est inscrit « et la lumière fut », extrait de la Genèse. Sur l’exemplaire de Strasbourg, elle a été traduite en allemand lors de l’occupation allemande.

Strasbourg, monument Gutenberg, 3, vue rapprochée Johannes Gensfleisch, dit Gutenberg, est né entre 1394 et 1399 à Mayence. Il a séjourné à Strasbourg de 1434 à 1445, où plusieurs personnes, dont Jean Mentelin (1410-1478), cherchaient le moyen de reproduire les textes en série… C’est à Strasbourg qu’il réalisa la première impression à partir de caractères mobiles en 1440… l’imprimerie était née, avec juste une page. Il imprimera plus tard à Mayence, où il était rentré, une grammaire en 1451 puis le premier gros livre, la Bible, en 1452-1454. A sa mort (à Mayence) en 1468, il lègue son invention à l’humanité… Pas de brevet donc, une découverte mise à disposition de tous! Ah l’heureux monde où le bien collectif primait sur l’intérêt individuel…

Strasbourg, monument Gutenberg, 4, vu de face et de dos

Gutenberg tient donc une feuille imprimée à la main, et une presse (qui est plutôt due aux travaux de Jean Mentelin, est posée au sol à sa gauche (à droite quand on regarde la statue de face).

Strasbourg, monument Gutenberg, 5, le relief Europe

Les quatre bas-reliefs en bronze du socle ont été ajoutés en 1844, ils n’étaient pas terminés lors de l’inauguration, ce sont des modèles en plâtre peint qui avaient été mis en 1840. Ils représentent les bienfaits de l’imprimerie en Amérique, en Afrique, en Asie et en Europe. Sur chaque relief, on reconnaît une presse d’imprimerie et des personnages qui sont identifiés par des inscriptions. Pour l’Europe, que l’on voit ici, le projet était de figurer Luther et Bossuet à côté de Gutenberg. Ils étaient sur le plâtre peint en 1840. Devant la polémique qui éclata dans les milieux catholiques et protestants, ils ont finalement été remplacés sur le bronze par Erasme et Montesquieu (il existe une version intermédiaire de 1842, toujours avec Luther et Bossuet, conservée au musée de Strasbourg).

Strasbourg, monument Gutenberg, 6, le relief Europe, deux détails Voici deux détails de la plaque consacrée à l’Europe. En haut, vous apercevez les personnages célèbres avec leurs noms gravés sur le fond au-dessus d’eux (il y a aussi des inscriptions tout en bas), et au centre en bas, un groupe d’enfants qui apprennent à lire et à écrire.

Strasbourg, monument Gutenberg, 7, le relief Amérique

Voici maintenant l’Amérique. Sur la droite (zut, ma photo de détail de cette partie était floue, je ne l’ai pas mise), une partie militante, des esclaves qui supplient pour leur libération tout en se rapprochant de Bolivar… Au-dessus de la presse, Benjamin Franklin brandit l’acte d’indépendance des États-Unis, avec à ses côtés Georges Washington, Thomas Lefferson, Gilbert de La Fayette et d’autres signataires de cet acte.

Strasbourg, monument Gutenberg, 8, le relief Amérique, détail Un détail de l’Amérique…

Strasbourg, monument Gutenberg, 9, le relief Afrique

L’Afrique… A gauche de la presse, William Wilberforce, abolitionniste anglais, étreint et semble protéger un Africain représenté nu et tenant un livre contre sa poitrine… Ce panneau est très militant sur l’abolition de l’esclavage.

Strasbourg, monument Gutenberg, 10, le relief Afrique, deux détails Deux détails de l’Afrique, en haut, on voit mieux le détail de la scène. Sur la droite de la plaque (détail en bas), Thomas Clarkson libère un groupe d’esclaves de leurs liens et de leurs fers. A l’arrière-plan, un groupe de femmes récupère leurs enfants enfin libérés. D’autres figures abolitionnistes, comme l’abbé Grégoire, sont représentés dans ce bas-relief foisonnant.

Strasbourg, monument Gutenberg, 11, le relief Asie

L’Asie semble plus apaisée… Au centre, à gauche de la presse, William Jones et Anquetil Duperron (merci les inscriptions, sinon, impossible de reconnaître ces messieurs) offrent des livres imprimés à des Brahmanes qui sont debout de l’autre côté de la presse. A gauche de cette scène, le sultan Mahmoud II lit le journal, a abandonné son turban et revêtu des vêtements européens. Tout à gauche de la plaque, un Chinois lit un livre de Confusius. A droite, un Européen enseigne à un groupe d’enfants et des femmes semblent écouter un homme identifié comme le philosophe indien Rammonhun-Roy…

Strasbourg, monument Gutenberg, 12, le relief Asie, détail

Un détail de la partie centrale de l’Asie… Nous avons donc un discours plutôt en faveur de l’abolition de l’esclavage, de l’instruction des enfants et des peuples… mais qui semble relativement favorable à la colonisation (ce sont des Européens qui apportent le livre et l’instruction sur tous les continents…).

Cet article entre dans le cadre du défi Mars, mois de l’Europe centrale organisé par Schlabaya.

Deux fois merci à Dalinele!!!

Dalinele en mars, 1, l'ensemble En rentrant chez moi l’autre jour, le concierge m’a dit qu’une amie m’avait posé un gros paquet… Cette amie, c’est Dalinele… Voici ce qu’il contenait (en plus du livre que je lui avais prêté… Le rouleau est le petit journal de l’exposition Simenon à l’historial de Vendée, l’arbre avait le message personnel (et je l’ai utilisé pour réaliser ensuite un arbre à sous)…

Dalinele en mars, 2, étui à post'it fermé J’avais admiré les superbes étuis à post’its qu’elle a réalisé ces derniers temps le dernier ici)… Elle m’en a fait un, charnière en tissu et cartonnage, superbe et très pratique!

Dalinele en mars, 3, étui à post'it, ouvert Et voilà ce que ça donne une fois ouvert, un gros bloc de post’it (grand format carré), aucune excuse pour ne rien trouver pour prendre des notes…

Dalinele en mars, 4, cartes à publicité Elle a ajouté une énorme collecte de cartes à publicité…

Dalinele en mars, 5, cartes à publicité Vous voyez cette nouvelle série? J’adore celle que j’ai mise en haut à gauche, un pot de confiture pour un pot de culture aux Sables-d’Olonne…

Dalinele en janvier, 1, guirlande Et en janvier, nous nous étions croisées à un concert du midi, un « concert-sandwich » au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP… Elle m’avait préparé une guirlande avec des pliages en papier pour mettre dans mon ficus l’année prochaine à noël (je le mettrai mieux l’année prochaine, là, c’était juste un test!), en attendant, je l’ai rangée dans ma boîte de noël.

Dalinele en janvier, 2, pochette Elle avait ajouté une enveloppe maison comme je les aime…

Dalinele en janvier, 3, cartes à publicité … et qui contenait plein de cartes à publicité!

Dalinele en janvier, 4, cartes à publicité Un énorme (et même deux énormes) mercis à toi, Dalinele!

PS: Tite DamePicPatch organise en ce moment un jeu de devinettes…

ATC série calendrier 2011, l’album…

Calendrier ATC, la finition, 1, préparation des pages En rangeant mes photographies, je vois que j’ai encore pas mal de choses à vous montrer de noël dernier… Cette fois, voici l’album que j’ai réalisé six fois, pour Cathdragon, Zazimuth, Jardin zen, Véro bis et Capucine O, pour ranger les ATC réalisées tout au long de l’année 2011…

D’abord, j’ai préparé des pages pour les coller, donc treize fois six pages (78…) à préparer… à partir de récupération, que ce soit pour la cartonnette ou le motif qui recouvre les deux faces…

Calendrier ATC, la finition, 3, les pages se montent 78 pages, ça fait un beau paquet…

Calendrier ATC, la finition, 2, un peu de bricolage Ensuite, un peu d’organisation avec la préparation de gabarits pour préparer les pages en série… Le premier pour marquer le pli qui sera du côté de la reliure, le second pour percer trois trous, le troisième pour mettre des coins photos sur la page de gauche (en fait, seulement les coins internes, j’ai envoyé aux copines les coins pour mettre du côté externe après avoir mis en place l’ATC de chaque mois…), le quatrième pour coller la page pour inscrire les dates d’anniversaire ou autre sur la page de droite…

Calendrier ATC, la finition, 6, les six carnets Et voilà, six carnets, avec une reliure « pseudo japonaise » (vue l’épaisseur, le passage en haut et en bas de la reliure japonaise – dont mon père est un adepte inconditionnel – avait tendance à « sauter » sur l’angle, j’ai don opté pour cette variante…), de l’autre côté, j’ai mis un élastique coloré pour maintenir le carnet fermé…

Calendrier ATC, la finition, 5, la double page de juin

Et voici le mien ouvert à la page de juin… J’avais rainuré les pages côté reliure, mais le livret ne s’ouvre pas très bien. J’aurais dû monter les pages sur onglet, c’est une technique plus efficace, mais très longue, et j’avais eu la flemme de la mettre en œuvre pour 78 pages…

Tout le calendrier ATC 2011 :

De mon côté, j’ai reçu une enveloppe dodue de Cathdragon.