Un joli mouton par Maryse!

Mouton brodé par MaryseJ’ai reçu une surprise de la part de Maryse! Un joli mouton brodé sur sur une bande Aïda… Quand elle a vu ce mouton sur un kit,

Mouton anarchiste poitevin, allô quoi, brûle ta téléelle n’a pas pu résister au clin d’œil par rapport aux Moutons poitevins… Ils sont d’ailleurs discrets depuis la rentrée des classes. Je n’ai retrouvé que celui-ci, qui m’avait sans doute échappé: « Allo, quoi, brûle ta télé »!

Mouton peint au pochoir trouvé par Maryse au Mexique_mexiqueSans oublier celui qu’elle avait trouvé au Mexique.

Mouton accroché au rideau qui ferme mon meuble en carton pour les tissusJe l’ai accroché au rideau avec mes broderies, qui ferme mon meuble en carton pour mes tissus. Elle m’a aussi brodé une belle initiale rouge avec un V, elle cogite pour la finition!

Sur un cargo de Jean-Richard Bloch

Logo de pioché en bibliothèqueCouverture de Sur un cargo de Jean-Richard BlochAlors que l’exposition Une fenêtre sur le monde, Jean-Richard Bloch à la Mérigotte se poursuit encore une quinzaine de jours  (jusqu’au 31 octobre 2014) et que la dernière conférence aura lieu demain (16 octobre) à la médiathèque de Poitiers (voir le programme d’animations), j’ai lu plusieurs ouvrages de Jean-Richard Bloch (rééditions ou originaux issus de sa bibliothèque). Si j’ai lu chez moi la réédition de Espagne, Espagne!, j’ai lu plusieurs ouvrages au fond patrimoine de la médiathèque, qui a bien voulu déplacer pour moi le lourd visioagrandisseur de la salle des revues où il est habituellement et me mettre de côté les ouvrages sur plusieurs jours, ne pouvant pas lire plus de 50 à 100 pages à la fois. Après la traduction de Karl et Anna, de Leonhard Frank, voici Sur un Cargo, en attendant Cacaouettes et bananes.

Le livre: Sur un cargo, de Jean-Richard Bloch, Documents bleus n° 10, Nouvelle revue Française, éditions Gallimard, 229 pages, 1924 (réédité en 2009, ISBN 9782070127122, lu en édition originale).

L’histoire: Avril 1921. Convalescent, Jean-Richard Bloch embarque à Saint-Nazaire sur un cargo, La Pantoire. Après une maladie, Jean-Richard Bloch a l’idée de passer sa convalescence à bord d’un cargo, La Pantoire, à destination de Dakar. Mais le cargo part d’abord charger du charbon à Cardiff. , puis dans divers ports bretons, jusqu’à Dakar. Grève, problème de fret, avarie, le voici qui fait des ronds dans l’eau entre l’Angleterre, Le Croisic, Ambleteuse, Gand, Rotterdam, retour à Saint-Nazaire! Et enfin les Canaries et l’Afrique…

Mon avis: relevant de maladie (il fut toujours souffrant après ses trois blessures au cours de la première guerre mondiale et en à sans doute rapporté des cauchemars, voir page 218: « Réveil en pleurs d’un cauchemar que vous me dispenserez de vous raconter« ), Jean-Richard Bloch embarque sur un cargo. A côté des ragots de marins, des histoires de naufrage, de descriptions de la mer ou du mal de mer, des conditions de travail (dimanche payé double, page 189), il rapporte des réflexions que je n’aurais pas pensé trouver ici, comme une digression sur Marcelin Boule sur la Préhistoire, les hommes fossiles et Homo alpinus (p. 39 et suivantes), mais ce n’était visiblement pas un sujet qui lui était familier: « Une photographie me retient longtemps. Elle représente une vertèbre d’homme paléolithique du Cro-Magnon, percée d’une flèche néolithique » (c’est moi qui souligne…).. Il cite également Marcelin Boule, à replacer dans le contexte de la montée du nazisme et de l’antisémitisme et les discussions sur l’existence ou non de « races »: « il n’y a pas une race bretonne mais un peuple breton, pas une race française mais une nation française, pas une race aryenne mais des langues aryennes, pas une race latine mais une civilisation latine« . Je pense que cette phrase devrait toujours être méditée… Page 70, il poursuit la réflexion avec Henri Bergson autour de Homo sapiens et Homo faber (l’ouvrier). A bord de son cargo qui fait des ronds dans l’eau, il lit, descend à terre. Ainsi, à Gand (qui lui rappelle son arrivée à Marseille, enfant, avec ses parents), il va au cinéma: « Charlot voyage est un film mal composé » et il poursuit avec deux pages de critique (p. 123 et suivantes). Plus loin, il se moque de l’éducation nationale (rappelons qu’il est professeur d’histoire-géographie, même s’il a arrêté d’enseigner peu après son arrivée à Poitiers, avant la première guerre mondiale: « Le nouvel inspecteur de P… exige des maîtres qu’ils ne racontent pas, à des enfants de 6 ans, l’histoire de Proserpine sans en tirer une morale. Ce doit être un homme bien intelligent » (page 159). Une lecture agréable, qui mêle des sujets très variés, entre le rapport de ce qu’il observe et ce qu’il lit, ses réflexions, etc.

Grand salon national de l’économie sociale et solidaire à Niort ce week-end!

Affiche du salon de l'Economie sociale et solidaire à Niort, 17 et 18 octobre 2014Le week-end prochain (17, 18 et 19 octobre 2014), si je n’avais pas prévu d’aller à   pour l’ouverture de l’atelier d’artiste de mon père dans le cadre des Poaa/portes ouvertes d’ateliers d’artistes, je serais allée à  (les vendredi 17 et samedi 18, salle de l’Acclameur), pour le premier grand salon national de l’économie sociale et solidaire (ESS), coordonné par la caisse régionale de l’économie sociale et solidaire / CRESS et la Région Poitou-Charentes, qui y tiendra sa session. Suivez le lien pour avoir tout le programme! Plein de lycéens y seront le vendredi, dans le cadre d’une opération conjointe de découverte de l’ESS organisée par la MGEN et la Maif. Des ministres et quelques pointures sont annoncées aux débats (Laurence Parisot, ancienne présidente du Médef, défendra sans doute le modèle capitaliste dominant face à Étienne Caniard, président de la Fédération Nationale de la Mutualité Française, et Roger Belot, président du Conseil des Entreprises, Employeurs et Groupements de l’Économie Sociale, etc.), des ateliers divers, des rencontres sans aucun doute très riches… Je vous mets en fin d’article un petit film de présentation de l’ESS… pour ceux qui doutent encore!

Logo d'EnercoopSi j’y étais allée, j’aurais sans aucun doute passé un petit -grand!- moment avec Enercoop, une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC), mon fournisseur d’électricité (plus cher, c’est un choix!), le seul à garantir une énergie électrique sans apport du nucléaire. Je fais une piètre coopératrice, je n’ai pas encore pu assister à une assemblée générale, mais n’oublie pas de voter!

Vous y trouverez aussi, entre autres, Les ateliers du bocage (réparation de téléphones, ordinateurs etc.), Atemporelle (études archéologiques, animation du patrimoine etc., bonjour à toute l’équipe!), compost’age (association qui œuvre pour… le compostage comme moyen de réduction des déchets), la ligue de l’enseignement (loisirs, éducation populaire), la ruche qui dit oui (vente de produits en circuits courts), terre de liens (achat de terres agricoles pour permettre l’installation de jeunes agriculteurs), et beaucoup d’autres avec qui j’ai des contacts plus ou moins directs et/ou réguliers etc…

Logo de j'adopte un projetA l’occasion de ce salon sera lancée une plateforme locale (Poitou-Charentes) de financement solidaire, J’adopte un projet… je me suis inscrite, même si pour l’instant, le choix de projets est limité, j’en reparlerai sans doute prochainement.

Mes participations chez KivaJe vous rappelle que je suis déjà engagée dans ce type de démarche depuis longtemps (presque 10 ans) via Kiva (microcrédit),

Les vaches maraîchines de la Frole et leur fromage Ulule (financement participatif, revoir ma participation au projet d’achat d’une vache maraîchine de la grole Bagnade, il faudrait que je vous parle de quelques livres et BD achetés aussi par ce moyen)

Livraison du miel 2013 de Parrains d'abeilles
ou du miel, désormais en pré-financement direct à l’apiculteur, parrains d’abeilles, dans l’Indre.

 

Alors, si vous ne venez pas dans le Nord (dommage, mon père organise une super expo!), foncez au salon national de l’économie sociale et solidaire (ESS) à Niort les 17 et 18 octobre!

Un petit film de présentation de l’ESS (Jeun’ess), si ça ne marche pas, voir sur youtube.

Mommy de Xavier Dolan

Mommy de Xavier DolanDimanche, je suis allée voir Mommy de Xavier Dolan, qui a reçu le prix du Jury au festival de Cannes en 2014, en VO sous-titrée… et oui, film québecois, mais sous-titres nécessaires pour l’accent et les expressions de certains acteurs [du même réalisateur, voir aussi Juste la fin du monde].

Le film: au Canada, en face de Montréal, en 2030. Steve [Antoine-Olivier Pilon], un jeune adolescent souffrant de TDAH [trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité], est viré du centre éducatif où il se trouve pour avoir commis vols et autres délits: il vient de mettre le feu au réfectoire, plusieurs adolescents sont blessés, dont un gravement brûlé. Deux choix s’offrent à sa mère, Diane “Die” Després [Anne Dorval], veuve depuis trois ans: le reprendre avec elle ou l’abandonner dans un hôpital au nom d’une nouvelle loi. Elle décide de l’accueillir à la maison, même s’il nécessite une surveillance de tous les instants et de suivre les cours à domicile. La voisine d’en face, Kyla [Suzanne Clément], une prof’ en congé sabbatique depuis deux ans, à cause de difficultés d’expression, leur vient en aide…

Mon avis: une mère récupère son enfant perturbé et doit le gérer seule puis avec une voisine, qui sans doute s’implique trop. Comme épée de Damoclès, une nouvelle loi qui permet aux parents de se « débarrasser » d’un enfant malade psychique dans un hôpital, en le confiant à la charge de l’État. Le film montre une relation très forte, parfois violente, pathologique, entre le fils et sa mère. Il aborde les difficultés du huis-clos, mais aussi un manque de suivi médical du fils, le choix étant visiblement soit de le garder à domicile sans aide, soit de l’abandonner (en perdant les droits parentaux) dans un hôpital psychiatrique.

En revanche, le film ne montre pas du tout un adolescent atteint de TDAH trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), diagnostic avancé par la mère dans une confidence à sa voisine, encore moins autiste comme j’ai pu l’entendre dans la bouche de critiques! C’est un enfant en grande souffrance, sa mère dit qu’il a été diagnostiqué TDAH à la mort de son père, donc vers 13 ans. Or on le voit sagement assis avec la voisine à faire un cours de mathématiques, pour les TDAH que j’ai pu fréquenter, c’est absolument impossible à moins d’être shooté à la ritaline. Bon, donc, nous avons un adolescent perturbé, qui exprime son malaise par la violence et la délinquance, avec de graves troubles psychologiques, mais pas un TDAH. A un moment, la mère parle de trouble oppositionnel, ce qui est très différent, mais semble mieux correspondre au comportement de Steve: le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) est à inclure dans la famille des psychoses et peut être annonciateur de la schizophrénie. Certes, c’est un film, une fiction (d’ailleurs l’introduction prend soin de placer le film dans l’avenir), mais c’est dommage d’avoir collé cette étiquette de TDAH (trouble neurologique) alors qu’une autre, le TOP (trouble psychique), aurait sans doute mieux convenu à son problème. Si beaucoup de gens vont voir ce film et connaissent des enfants TDAH, ils risquent de se faire une idée fausse de ce qu’ils deviendront à l’adolescence!

Ces réserves mises à part, c’est un film que j’ai bien aimé.

Ce film a été inclus dans le festival Télérama 2015, dans lequel j’ai vu:

Alphabet arabe, la partie rouge du cadre

Alphabet arabe brodé, le rouge du cadreMonotone pour monotone, j’ai choisi de continuer ma progression couleur par couleur… En commençant par le rouge. Ainsi, le motif complet est posé! Zone brodée de 33 sur 32 cm.

Alphabet arabe brodé, les dix premières étapesVous avez donc, de droite à gauche,

ligne 1:
étape 3: ﺍ alif, ﺏ  ba, ﺕ ta
étape 2: ﺙ ṯa (tha), ﺝ ǧim (jim), ﺡ Ḥa
étape 1 : ﺥ ẖa (kha), ﺩ dal, ﺫ ḏal (dhal)

Ligne 2:
étape 4: ﺭ ra, ﺯ zay, ﺱ sin, ﺵ šin (shin)
étape 5: ﺹ Ṣad, ﺽ Ḍad

Ligne 3:
suite de l’étape 5: ﻁ Ṭa, ﻅ  Ẓa,  ﻉ ʿayn
étape 6 : ﻍ ġayn (ghayn), ﻑ fa, ﻕ qaf, ﻙ kaf, ﻝ lam

Ligne 4:
étape 7: ﻡ mim, ﻥ nun, ﻩ ha, ﻭ waw, ﻱ ya,

Le cadre : le début, le haut,

De chez nous, de Christian Authier

Logo de pioché en bibliothèqueLogo rentrée littéraire 2014Couverture de De chez nous, de Christian AuthierParmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque, j’ai choisi celui-ci. C’est le deuxième dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé à nouveau en 2014 par Hérisson.

Le livre: De chez nous, de Christian Authier, éditions Stock, 2014, 171 pages, ISBN 9782234077331.

L’histoire: 18 juin 2010, c’est la date choisie par le narrateur pour fêter ses 40 ans, son anniversaire tombe normalement le 24 décembre. Il réunit quelques amis dans un restaurant… Après, je ne sais pas comment résumer le livre, voici donc…

La présentation de l’éditeur:

« Les frontières de notre pays sont mouvantes. Elles viennent du passé et ne cessent de se renouveler en guettant l’horizon, elles n’épousent pas une identité nationale réduite à des papiers officiels, une feuille d’impôts ou une carte d’électeur. Pour les dessiner et peindre les visages qui en composent le coeur battant, nous aurons recours à l’Histoire, à la littérature, aux poètes, aux amis, aux vivants et aux morts, à des sentiments ordinaires et rares, à des souvenirs et à des espérances. Nous emprunterons des chemins buissonniers et d’autres plus balisés, des raccourcis et des digressions, des tangentes et des lignes droites.
Bienvenue chez nous. »

Mon avis: je ne sais pas trop quoi dire de ce livre sauf qu’il est un grand fourre-tout où l’on croise des résistants (Fernand Zalkinov, un juif russe fusillé en 1942 au mont Valérien), des collabos, le conseil national de la réistance, la guerre d’Algérie et la torture, des écrivains vivants (Guillaume Clémentine, Bernard Chapuis) ou morts (Léautaud, au moins deux fois Princesse de Clèves, page 129 et 157, sans citer l’auteure, Mme de Lafayette, Simone de Beauvoir pour une diatribe contre Germaine Tillion à propos de la guerre d’Algérie p. 70, etc.), Pierre Rabhi, un vigneron, Eric Callcut avec son picrate, etc. De tout sans ordre, oui, c’est le grand désordre qui m’a frappée dans ce livre. Bon, je suis quand même d’accord avec sa protestation page 93 contre la poste qui refuse l’affranchissement au tarif lettre de tout ce qui dépasse une certaine épaisseur et le rôle que la direction impose à ses employers dans ses nouveaux bureaux « ouverts »… Je n’y mets plus les pieds! j’achète les timbres par correspondances et me débrouillent pour faire le plus souvent possible des paquets de moins de 2,7 cm (l’ouverture mesurée de la boîte aux lettres à côté du bureau de poste), ça sera pire avec l’augmentation annoncée des tarifs! Bref, des choses sérieuses mêlées à des anecdotes, chacune s’étire sur plusieurs pages au style travaillé mais ennuyeux, qui tombe souvent dans le pédantisme, je n’ai pas du tout compris le propos de l’auteur qui dit aborder les frontières mouvantes de l’identité nationale (voir le site des éditions Stock).

Moncoutant 2014 (6), la Japonaise appliquée

Le devant du kimono pour Moncoutant 2014, après fixation de la broderieMaintenant que j’ai terminé la broderie de la japonaise et préparé les éléments pour la couture, il me restait à assembler l’ensemble. J’ai d’abord renforcé la broderie par du thermocollant, puis je l’ai appliquée en formant un ovale sur le devant du kimono. J’ai ensuite caché la couture avec un galon « qui va bien » trouvé parmi ceux achetés en 2012 à la brocante des 3-Quartiers. Je l’ai fixé à petits points. Avant de continuer avec d’autres broderies ou pose de galons, j’ai réalisé les coutures du « col » et du bas du kimono pour le concours du salon de Moncoutant/création autour des fils qui aura lieu les 8 et 9 novembre 2014. Je vais continuer à vous présenter mes avancées toutes les 2 à 3h de travail, même si je l’enverrai avant la fin de sa présentation dans ces pages!

PS:

Concours de Moncoutant 2012, 8, la boîte fermée, les quatre faces et le toit Pour Moncoutant 2012 : le matériel, les contours, la première, la deuxième, la troisième et la quatrième faces, le toit, l’intérieur, la finition en boîte, mes achats

Le tablier pour Moncoutant, de retour avec les cadeaux Pour Moncoutant 2010 : vous pouvez maintenant voir les préparatifs le tablier lors du concours, le tablier à son retour et la pendouille à ciseaux… ainsi que mes achats.

Ma participation au concours de MoncoutantPour Moncoutant 2008 : la broderie pour le concours et mes achats. [il faudrait que je refasse une photo!]

Attention, péchés capitaux!

Stalles de la cathédrale de Poitiers, l'avaricePetite révision… les péchés capitaux, ça vous dit quelque chose? Vous vous souvenez de la liste? Un truc que l’Église catholique met toujours dans son catéchisme et source de bien des frustrations, pour sauver votre tête (caput > capital), vous êtes prié de vous tenir à l’écart de l’orgueil (superbia), de l’avarice (avaritia), de l’envie (invidia), de la colère (ira), de la luxure (luxuria), de la gourmandise (gula) et de l’acédie ou paresse spirituelle (acedia)… En cherchant, je me suis aperçue que j’en ai plein en stock dans mes photos! Je pense en faire une petite série, parfois contrebalancée par les vertus associées! Je ne sais pas encore si je vous les présenterai par site (tous les vices de l’église Saint-Denis d’Amboise par exemple) ou par thème (vice après vice…). Qu’en pensez-vous? Aujourd’hui, direction la cathédrale de Poitiers et ses stalles du 13e siècle pour vous présenter l’avarice et l’orgueil.

Stalles de la cathédrale de Poitiers, l'avarice, carte postale ancienne Jules RobuchonComme ma photographie n’est pas terrible (toujours le contre-jour gênant pour les stalles côté sud), voici un cliché de Jules Robuchon sur une carte postale ancienne. Une femme est assise sur un tabouret (ou un banc) devant un coffre qui déborde de pièces (vous distinguez bien je pense sur la carte postale les petits ronds des pièces) au point qu’il est impossible de fermer le couvercle. Un sac suspendu derrière elle doit contenir d’autres trésors, et pourtant, elle semble de pas avoir les moyens de s’acheter des chaussures, vous voyez son pied nu?

Stalles de la cathédrale de Poitiers, l'avarice, détailElle ne dépense pas non plus ses richesses pour refaire ses vêtements: vous voyez sur ce détail, sa robe est trouée au niveau du coude. Ses cheveux longs tressés sont retenus par un foulard noué à l’arrière. Elle tient de sa main gauche une coupe et plonge la droite dans le coffre, comme pour se rassurer sur la présence de ses pièces. « Ma cassette, ma cassette », semble-t-elle prête à crier comme l’avare de Molière!

Stalles de la cathédrale de Poitiers, l'orgueilL’orgueil n’est pas mieux sur ma photographie…

Stalles de la cathédrale de Poitiers, l'orgueil, carte postale ancienne Jules Robuchon… voici donc celle de Jules Robuchon. Comme dans d’autres représentations du 13e siècle, l’orgueil est représenté comme un homme qui tombe de cheval. Du cheval, on voit le dos et la très belle queue. La selle est bien en place. L’orgueilleux cavalier est lui dans une position grotesque, la tête en bas, les fesses au niveau de la selle, les jambes grands écartées, l’une en appui sur le bord de l’écoinçon, l’autre avec le pied replié vers l’encolure du cheval.  La chute de cheval de Gurbanguli Berdymukhamedov, président dictateur du Turkmenistan, a été censurée en 2013! Orgueil, avez-vous dit?

Photographies de septembre 2014.

Les écoinçons des dorsaux des stalles nord, rangée supérieure de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, numérotés à partir de l’ouest (à gauche quand on les regarde)

Les écoinçons des dorsaux des stalles sud, rangée supérieure de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, numérotés à partir de l’est (à gauche quand on les regarde)

  • écoinçon 1 et tous les écoinçons impairs, des anges, le premier à gauche porte une seule couronne, le dernier à droite a été coupé lors du rétrécissement des stalles, les autres portent deux couronnes, comme sur la rangée nord
  • Stalles de la cathédrale de Poitiers, un lion terrasse un dragonécoinçon 2 : un lion mange un dragon
  • écoinçon 4 : deux avants-corps de chien
  • écoinçon 6 : deux lutteurs
  • Stalles de la cathédrale de Poitiers, dosseret, tuerie du cochonécoinçon 8 : un charcutier avec ses outils et une tête de cochon
  • Stalles de la cathédrale de Poitiers, architecteécoinçon 10 : un architecte
  • Stalles de la cathédrale de Poitiers, l'avariceécoinçon 12 : l’avarice
  • Stalles de la cathédrale de Poitiers, l'orgueilécoinçon 14 : l’orgueil
  • Stalles de la cathédrale de Poitiers, la gourmandiseécoinçon 16 : la gourmandise
  • écoinçon 18 : un basilic ou un cocatrix
  • écoinçon 20 : un homme assis et un animal fantastique

Deux produits de saison: bernache et jus de pomme

Bernache et jus de pomme fraisJe suis revenue du marché avec deux produits de saison: du jus de pomme tout juste pressé, oups, il n’est même pas encore étiqueté (il existe aussi en version pétillante) et de la bernache. Le jus de pomme, nous le trouverons stérilisé toute l’année, mais la bernache ne se trouve que pendant un gros mois, au moment des vendanges (en gros de fin septembre à mi novembre).

Etiquette, bouchon et verre de bernacheDe la bernache? Non, pas l’oie sauvage! Je l’ai découverte il y a presque 25 ans en arrivant à Poitiers (ça n’existe pas chez les ch’tis), on l’appelle bernache sur la Loire vers Vouvray et beurnoche en saumurois. Il s’agit de moût de raisin en cours de fermentation. Elle est vendue en bouteille d’un litre, avec un bouchon en plastique percé (comme la capsule légale) car la fermentation se poursuit, d’ailleurs, des bulles s’échappent de temps en temps, à tenir bien droit dans le panier. Elle a une couleur claire, un peu trouble à cause des levures en pleine croissance. Elle a un goût sucré, même avec mon agueusie, je profite de son pétillant et du sucre. J’ai achetée cette dernière chez Amandine, sous les halles à Poitiers, mon fournisseur d’angélique, de pâte de pistache, lentilles de toutes les couleurs, céréales en vrac, etc. Celle-ci vient de la Loire, mise en bouteille chez Hubert des Rottes du côté de (tiens, de là où provient la Mise au tombeau montrée hier!). Allergiques (ou sensibles) aux sulfites, s’abstenir si vous ne voulez pas avoir mal au crâne, les producteurs en ajoutent tous pour éviter que la fermentation alcoolique ne vire au vinaigre. Et attention, elle est accélère le transit intestinal (ne pas boire le litre d’un coup!) et contient 5,5° d’alcool lors de la mise en bouteille après 4 jours de fermentation (ça continue à évoluer ensuite). Cette boisson à d’autres noms selon les régions, vin bourru de son nom générique, bourret en Béarn, Neuer Süsser en Alsace, Federweiße en Allemagne, Sturm en Autriche. Dans le Beaujolais existe une version rouge que j’aimerais tester un jour, ne serais-ce que pour son nom, le paradis!  Si on le laisse fermenter un peu plus, on se retrouve avec les vins primeurs. Il existe une version pasteurisée du vin bourru, qui se conserve donc, le pétillant de raisin, réputé « sans alcool », mais en réalité avec 1 à 3° d’alcool (dixit la législation), et qui connaît un grand succès ici dans les apéritifs et autres pots d’inauguration sans alcool.

PS: le mot bernache aurait une origine gauloise, pour ne rien gâter, comme Vouvray (< vober, friche), la chaille (<caill, chaillou, caillou)… ou dans un autre domaine la bougette!

😉

La Mise au tombeau de l’église Saint-Denis à Amboise

Eglise Saint-Denis à Amboise, mise au tombeau, 16e siècleJe vous emmène à nouveau à Amboise, dans l’église Saint-Denis, pour voir la très belle Mise au Tombeau, déménagée dans cette église en 1863, comme la statue voisine, ainsi que le précise la fiche Palissy, puis restaurée en 1975.

Eglise Saint-Denis à Amboise, sainte Madeleine, 16e siècle, détail du busteJuste à droite de la vue générale, vous apercevez la tête d’une femme lisant un livre…

Eglise Saint-Denis à Amboise, sainte Madeleine, 16e siècleSa fiche Palissy propre l’identifie à sainte Madeleine, statue en pierre du 16e siècle, classée monument historique comme les autres œuvres présentées dans cet article.

Eglise Saint-Denis à Amboise, mise au tombeau, 16e siècleLa mise au tombeau provient de la chapelle souterraine du château de Bondésir à Montlouis-sur-Loire fermée en 1770. Elle a été commandée dans la première moitié du 16e siècle par le surintendant Philibert Babou (né vers 1484 – 1557, surintendant des finances de François Ier de 1524 à 1544, il avait un grand hôtel particulier à Tours). Il aurait fait représenter les membres de la famille Babou de la Bourdaisière pour les personnages de cette Mise au tombeau, traditionnellement les saintes femmes, saint Jean, la Vierge, Joseph d’Arimathie à la tête et Nicodème aux pieds du Christ.

Eglise Saint-Denis à Amboise, mise au tombeau, 16e siècle, carte postale ancienneUne carte postale ancienne précise « œuvre présumée de Léonard de Vinci » (Vinci, 1452 – Amboise, 1519), ce qui est une hypothèse peu probable, l’œuvre étant sans doute réalisée quelques années après la mort de Léonard, à l’apogée de la carrière de Philibert Babou, donc plus vers le milieu du 16e siècle. C’est de toute façon un chef-d’œuvre de la Renaissance.

Mise au tombeau du 16e siècle à Notre-Dame-la Grande à Poitiers, 1, vue généraleVous pouvez la comparer avec la Mise au tombeau, datée de 1555, commandée par Renée d’Amboise pour être offerte à l’abbaye poitevine de la Trinité, aujourd’hui détruite, conservée dans l’église Notre-Dame-la-Grande à Poitiers.

Eglise Saint-Denis à Amboise, mise au tombeau, 16e siècle, Josephe d'Arimathie à la tête du ChristRevenons à Amboise avec des détails de la Mise au tombeau… Côté tête du Christ donc devrait se tenir Joseph d’Arimathie.

Eglise Saint-Denis à Amboise, mise au tombeau, 16e siècle, les saintes femmes, saint Jean et la ViergeVoici un détail des saintes femmes, donc plus précisément une sainte femme, saint Jean, une autre sainte femme, la Vierge (couronnée) et une troisième sainte femme.

Eglise Saint-Denis à Amboise, mise au tombeau, 16e siècle, la Vierge, une sainte femme et NicodèmeEt voici Nicodème qui tient le suaire aux pieds du Christ.

Eglise Saint-Denis à Amboise, gisant d'une jeune noyée, 16e siècleDans la même église Saint-Denis à Amboise, le gisant de marbre dit de la femme noyée date également du 16e siècle et provient comme la mise au tombeau de la chapelle souterraine du château de Bondésir à Montlouis-sur-Loire fermée en 1770. Je ne sais pas où elle a été entreposée après pendant un siècle, car la fiche Palissy précise qu’elle est dans l’église Saint-Denis d’Amboise depuis 1896. Il s’agit probablement d’une femme de la famille Babou noyée dans la Loire.

Eglise Saint-Denis à Amboise, gisant d'une jeune noyée, 16e siècle, détail du haut du corpsElle mériterait une petite rénovation, mais vous voyez l’aspect « mouillé » de ses vêtements qui ne cachent donc presque plus « rien ».

Photographies d’août 2014.