Archives de l’auteur : Véronique Dujardin

Printemps de poètes : Toute la terre à vif, qu’on voit de Rémy Prin

COuverture de toute la terre à vif, qu'on voit Je vous ai déjà parlé de Rémy Prin à propos de son livre et de son site sur Aulnay de Saintonge et de son recueil de poésie, Visage inépuisable.

Dédicace de Rémy Prin Je vous présente aujourd’hui Toute la terre à vif, qu’on voit, qu’il m’a offert il y a quelques mois avec une très gentille dédicace. J’avais choisi de le garder pour voue le présenter à l’occasion du Printemps de poètes. L’occasion aussi de vous signaler l’ouverture d’une nouvelle librairie à Poitiers, au 12 rue des Grandes-Écoles, la Belle Aventure, librairie spécialisée pour les enfants, vient d’y ouvrir une belle librairie pour tous, avec au fond, dans un petit salon sous une verrière, le rayon Beaux-Arts et le rayon poésie, bien fourni, mais Rémy Prin y est absent… mais ils devraient très vite avoir en stock au moins le livre sur l‘église Saint-Pierre d’Aulnay (l’un des libraires vient d’une autre librairie que je ne fréquentais plus depuis quelques années pour diverses raisons).

Le livre : Toute la terre à vif, qu’on voit, de Rémy Prin, éditions paroles et patrimoine, 143 pages, 2007, ISBN 978-2-9529905-0-9.

L’histoire : rubrique délicate pour un recueil de poésie… La première partie, L’aigu des lieux, offre une promenade très sensibles de divers lieux marqués par de très belles églises romanes d’Aulnay et des environs (Doeuil-sur-le-Mignon, Nuaillé-sur-Boutonne, Contré, Salles-les-Aulnay, etc.). La seconde partie, Elle avait dit…, alterne des textes à la typographie et à la forme différentes (italiques, poèmes courts, longs, en prose…), autour de visions de femmes.

Mon avis : j’ai été beaucoup plus sensible à la première partie, dont j’avais entendu lire certains textes lors d’un spectacle proposé par la Comédie de l’Éperon (qui participe aussi à des lectures dans le cadre du Printemps de poètes). Probablement parce que je connais la plupart de ces lieux et qu’ils me parlent…

Pour aller plus loin : vous pouvez découvrir quelques extraits dans la colonne de gauche ici pour la première partie et là pour la deuxième partie. Et pour les dentellièr(e)s et autre amateurs de coiffes anciennes, je vous invite à aller voir le dossier sur les coiffes qu’il a mis en ligne ici (le lien est bon cette fois-ci). Vous y trouverez des coiffes, mais aussi leur contexte historique, territorial (toute la région Poitou-Charentes). Ainsi que le travail des femmes qui devaient réaliser, mais aussi entretenir, laver, repasser, mettre en forme ces coiffes.

La rafle, de Roselyne Bosch

Affiche de La Rafle Je suis allée voir La rafle, de Roselyne Bosch avec Mélanie Laurent, Jean Reno, Gad Elmaleh,etc.

Le film : juin 1942, à Paris, butte Montmartre. Un groupe d’enfants se rend à l’école, Joseph a honte de l’étoile jaune qu’il porte pour la première fois, essuie les propos racistes de la boulangère, mais des encouragements du brocanteur, puis de l’instituteur. A l’école de filles, pareil, la professeur demande qu’en cas de descente de police, chacune aide leurs deux camarades juives à fuir. Jo et sa famille se sont réfugiés des pays de l’est dans se quartier où vivent beaucoup de juifs, bien intégrés avec leurs voisins. Au cours des semaines qui suivent, la limitation des libertés des juifs s’accroît, malgré tout, aucun d’eux ne croît aux rumeurs d’extermination massive. Mais les Allemands demandent que des milliers de juifs leur soient livrés, la police française négocie, le 16 juillet plutôt que le 14, et des juifs étrangers (enfin, c’est plus facile quand on en déchoit des milliers de leur nationalité française). L’objectif pour Paris est de 24000. Le 16 juillet au matin, la rafle débute, 13000 juifs, dont une majorité de femmes, d’enfants, d’infirmes, sont internés au vélodrome d’hiver, la solidarité des voisins, permet à d’autres de fuir. Suivent les conditions démentes de détention au vélodrome, où un médecin juif tente d’apporter le secours qu’il peut (il ne reçoit que deux infirmières de l’extérieur), les conditions sont terribles, dans la chaleur, sans eau (les pompiers finiront par arriver, désobéir et dérouler les lances à incendie pour distribuer de l’eau). Puis vient l’internement dans des camps en France, en attendant la déportation.

Mon avis : un film très fort, une belle leçon d’histoire, très documentée. En ces jours où le débat sur l’identité nationale a été lancé et a dérapé dans la xénophobie et les propos indignes, ce film est un rappel indispensable de l’Histoire et de la responsabilité de chacun dans ce qui s’est passé, la complaisance de la majorité pour ces rafles, le défoulement abject de certains policiers français, et les petits gestes individuels puis collectifs qui ont quand même sauvé de trop rares personnes. Profitez du Printemps du cinéma (du 21 au 23 mars 2010) pour aller voir ce film, la place sera à 3,50 euros ce week-end…

Pour aller plus loin : voir le site officiel de la Rafle, avec notamment un espace pédagogique très intéressant.

SAL Pâques (5)

La boîte avec les oeufs du sal Pâques, les faces J’ai enfin finitionné les œufs du SAL de Pâques organisé par Catherine.

La boîte avec les oeufs du sal Pâques, les faces J’ai choisi d’en faire une boîte, en collant les broderies sur des cartonnettes, puis en recouvrant les angles de biais vert et de ruban mauve pâle.

La boîte avec les oeufs du sal Pâques, le couvercle Pour le couvercle et l’intérieur, j’ai utilisé mon papier maison. J’ai ajouté une petite poule en feutrine sur le dessus…

La boîte avec les oeufs du sal Pâques, l'intérieur et les objets en feutrine … et rempli la boîte de toute ma réserve de petits sujets en feutrine. Encore merci à Catherine pour ce SAL.

Toutes les étapes de ce SAL :

Toulouse, musée Saint-Raymond (1) : des gargouilles (et des gaulois)

Toulouse, musée Saint-Raymond, façade principale, gargouille 1 Avant même de connaître l’existence de la communauté des gargouilles, cariatides etc. créée par d’Amaryllis, je vous en avais pris en photo sur les deux façades du musée Saint-Raymond à Toulouse, juste à côté de l’entrée de la magnifique église romane de Saint-Sernin. Je vous parlerai une autre fois du musée et de son histoire.

Mais je voudrais quand même vous signaler l’exposition sur les bronzes guerriers de Tintignac-Naves, découverts il y a quelques années en Corrèze et restaurés à Toulouse, qui est prolongée jusqu’au 28 mars 2010. Cette exposition présente des panneaux explicatifs, et seulement deux objets originaux, mais quels objets, d’une extrême rareté à l’époque gauloise, à savoir un casque en forme de cygne et un carnyx, une trompette droite, de la taille d’un homme, qui se jouait dressée au-dessus de la tête du guerrier. Sur l’exemplaire présenté (d’autres fragments ont été trouvés en 2004 dans le dépôt de 500 objets métalliques de Tintignac), le pavillon a la forme d’une tête de sanglier. Si vous ne pouvez pas y aller, je vous conseille de consulter le dossier de presse et les images pour la presse

Toulouse, musée Saint-Raymond, façade principale, gargouille 2 Revenons à nos gargouilles… J’ai un gros doute sur leur datation. En effet, si le bâtiment date du 16e siècle, il a connu une restauration radicale par Viollet-le-Duc en 1868-1871, il ne serait donc pas très surprenant qu’il ait inventé certaines d’entre elles à partir de fragments… n tout cas, elles ne sont pas à leur place fonctionnelle et ne peuvent ici en aucun cas évacuer l’eau du toit, elles sont juste là pour faire b

Toulouse, musée Saint-Raymond, façade principale, gargouille 3 Je vous présente aujourd’hui les quatre gargouilles (il faudrait dire gargouilles saillantes, pour donner le juste nom du vocabulaire de l’architecture) de la façade principale. Il y en a autant sur la façade postérieure. Sur les photographies, vous apercevez un petit fil sur leur dos et leur tête, il s’agit d’un dispositif contre les pigeons, que l’on trouve sur de plus en plus de bâtiments monuments historiques (les déjections acides sont très nocives), un courant électrique dissuade les pigeons de se poser.

Toulouse, musée Saint-Raymond, façade principale, gargouille 4 Je vous les ai placées telles qu’elles se présentent de gauche à droite sur la façade.

Tous les articles sur le musée Saint-Raymond : les gargouilles de la façade antérieure, le musée ; les gargouilles de la façade postérieure ; les culots sculptés de la façade antérieure et ceux de la façade postérieure ; des vues anciennes.

Exposition Niel brut de fouilles.

Le SAL mystère de Brodstich (5)

SAL mystère, cinquième étape, la frise, verso Pour la cinquième étape du SAL mystère organisé par Brodstich, il s’agissait de broder deux frises…

SAL mystère, cinquième étape, la frise, verso Non, je ne me suis pas trompée, il y avait une partie sur l’envers, l’autre sur l’endroit… Il reste à attendre le mode d’emploi pour la finition, juste à temps pour moi !

Toute la broderie du SAL mystère de BrodstichToutes les étapes de ce SAL :

Marque-page en frivolité

marque page en frivolité pour Cathdragon J’ai trouvé ce modèle grâce à Fée Poet qui parlait d’un autre projet de ce site consacré aux frivolités. J’en ai d’abord réalisé un premier marque-page (que je ne vous ai pas encore montré, car c’est un chut pour un anniversaire), puis je m’étais interrogée sur la finition. Le modèle prévoyait de mettre un gland, mais cela me semblait trop épais pour un marque-page. J’avais alors appelé Monique / Bidouillette / Tibilisfil à l’aide, et elle m’avait suggéré plusieurs finitions. Aussi, quand j’ai su que je pourrai rencontrer Cathdragon, j’en ai fait un second et ajouté une base en macramé, je trouve le résultat sympa, je ferai donc la finition du premier marque-page aussi comme ça. Cette fois-ci, j’ai pris l’un des cotons n° 12 acheté au dernier salon de l’AEF chez Défi de toile. Oups, le fil tournicote un peu et il n’est pas toujours facile de bien serrer les boucles, contrairement au premier marque-page réalisé avec un autre fil… Encore merci à Cathdragon pour cette rencontre, et à monsieur Dragon d’avoir gardé les Dragonneaux et leurs copains tout un après-midi !

J’y ai ajouté un petit dragon que j’avais initialement prévu pour noël dernier, mais que je n’avais pas osé confier à la poste… Ah, j’en ai encore fait un autre… montré ici.

Sans raison de Patricia Cornwell

Couverture de Sans raison de Patricia Cornwell pioche-en-bib.jpgJe poursuis ma lecture des aventures de Scarpetta (voir les liens plus bas)… Emprunté à la médiathèque

Le livre : Sans raison, de Patricia Cornwell, traduction de Andrea-H. Japp, éditions des Deux Terres, 449 pages, 2006, ISBN 9782848930282. Il existe aussi en livre de poche.

L’histoire : en Floride, dans les années 2000… Kay Scarpetta est consultante à l’Académie nationale des sciences légales et enquête sur quatre disparition. Marino, l’ex-flic, n’est pas loin. Il découvre le corps d’une vieille dame juste assassinée sur son lit. Lucy, sa nièce, a une aventure avec une nouvelle fille. Johnny Swift, son médecin, a été assassiné ou s’est suicidé. Pendant ce temps, à des centaines de kilomètres, Benton Wesley participe à une recherche expérimentale d’IRM fonctionnelle sur le cerveau de criminels.

Mon avis : trop d’histoires parallèles, qui se recoupent certes, et se comprennent dans les cent dernières pages, mais cela manque un peu d’unité… Quant à rechercher par IRM des anomalies dans les cerveaux de criminels, je trouve cela inepte… J’espère que chez nous, les comités d’éthique refusent de telles recherches.

Pour aller plus loin : le site officiel en français de Patricia Cornwell.

Les aventures de Kay Scarpetta :

Et j’ai lu aussi la série Judy Hammer et Andy Brazil, il y a déjà longtemps : La ville des frelons, La griffe du Sud et L’île des chiens

 

Quelques précisions de vocabulaire…

Arc délardé sur une porte de Confolens pour la partie encadrée en rouge J’essaye de vous mettre des mots simples dans les articles, mais parfois, le naturel revient au galop et je vous mets des mots trop compliqué. Amaryllis a bien fait de poser la question, la semaine dernière, de savoir ce qu’est un arc délardé… Surtout que j’avais rédigé un peu vite l’article et qu’il s’agissait en fait sur la photo des voûtes supportant le balcon…

La définition officielle du dictionnaire de l’académie est ici, et je vous montre un exemple sur une photographie que je vous ai prise samedi dernier pour une série sur Confolens… Si vous n’avez pas la patience d’attendre l’article, vous pouvez aller voir le dossier réalisé dans le cadre de l’inventaire du patrimoine mené il y a quelques années par le service de l’inventaire du patrimoine culturel de la région Poitou-Charentes et la communauté de communes du Confolentais. Il s’agit de la partie creusée de l’arc.

Je vous propose une nouvelle série de vocabulaire illustré, comme j’avais commencé en regroupant quelques articles en lien sur cette page. Je ne vous garantis pas de régularité, mais si vous voyez des mots difficiles, n’hésitez pas à me le signaler, j’essayerai de répondre à vos questions… J’ai bidouillé rapidement les images suivantes avec Open office draw, mais ça devrait être compréhensible…

Division de la façade en étage Je reprends l’ancien cercle industriel de Poitiers, dont je vous ai parlé la semaine dernière. D’abord la répartition des niveaux, qui sont décalés par rapport aux étages… Le premier niveau est le rez-de-chaussée, le deuxième niveau, le premier étage que l’on appelle, dans notre jargon, étage carré, etc. Sous le toit, ici, se trouve un étage de comble, éclairé par des lucarnes.

Division de la façade en travée Les travées sont délimitées par les alignements verticaux de fenêtres…

Positionnement sur un schéma de consoles, niches, socles, voûtes Les statues que je vous ai montrées sont installées sur des socles dans des niches qui reposent sur des consoles (massifs maçonnés intégrés dans le mur et qui débordent, capables de soutenir une charge). Ce sont aussi sur des consoles que repose le balcon, de petites voûtes étant ici construites entre chacune de ces consoles. Ces voûtes ont sans doute plus une fonction décorative, le poids du balcon aurait pu être supporté par un simple plancher en surplomb.

Positionnement sur un schéma des mots clefs, mascarons, pilastres, chapiteaux, corniche, modillons Les fenêtres du deuxième étage sont encadrées de pilastres, on pourrait même dire de pilastres cannelés (en raison du décor de lignes verticales). Ces pilastres, comme des colonnes, reposent sur une base (cachée par la balustrade du balcon) et sont surmontés de chapiteaux. Les clefs des fenêtres sont ornées de masques, et peuvent donc être appelées ici mascarons. La corniche sous le toit est supportée par des modillons, enfin, ici, je pense qu’ils ont une fonction plus décorative que réellement fonctionnelle. J’espère avoir répondu à quelques questions…

Des frivolités pour Défi de toile (10)

Trois fleurs roses en frivolité Cette fois-ci, retour aux modèles de frivolité de Monique / Bidouillette / Tibilisfil, avec une fleur à grands pétales. La corolle est composée de quinze nœuds, et j’ai aussi fait des nœuds pour la tige. L’une des trois fleurs n’a qu’une feuille… la bobine de la navette était vide… et j’ai pensé que cela pouvait aller comme cela. Le fil est un fil à variation rose, n° 8, coloris PM 09, que vous trouverez dans la boutique de Défi de toile.

Retrouvez toutes les frivolités réalisées pour Défi de toile :

Douze… de Nikita Mikhalkov

Affiche du film 12, de Mikhalkov C’est décidément une semaine cinéma, mais que voulez-vous, je suis pas mal sortie ces derniers temps….

12 donc, c’est une adaptation très libre par Nikita Mikhalkov (qui joue lui-même le juré n° 2, président du jury) de 12 hommes en colère, pièce écrite par Reginald Rose en 1953 et réalisée au cinéma par Sidney Lumet en 1957.

Le nouveau film se situe donc de nos jours, à Moscou. Douze hommes, douze jurés, sont amenés à débattre – si possible rapidement – pour juger un homme, un jeune Tchétchène qui a assisté il y a quelques années au meurtre de ses parents et qui est aujourd’hui accusé du meurtre de son père adoptif, un officier russe qui l’a recueilli à l’époque. Le tribunal étant en travaux, ils se retrouvent enfermés dans un gymnase d’école transformé pour l’occasion en salle de délibération alors que l’accusé patiente à côté, revivant sans cesse la guerre de Tchétchénie… Le jugement ne devrait être qu’une question de minutes, mais l’un des jurés refuse de voter la culpabilité, et les douze hommes s’embarquent pour plusieurs heures de débats (2h30 pour le film). Coupable, non coupable ?

Mon avis : j’ai beaucoup aimé la façon de Nikita Mikhalkov de traiter cette histoire. « On » le dit proche du pouvoir, mais il dresse ici un portrait sans complaisance, je trouve, de la société russe d’avant (du temps des communistes), d’aujourd’hui, des exactions en Tchéchénie, de la corruption. Mikhalkov a rassemblé douze hommes ordinaires, de tous les horizons, pas de beau gosse comme au cinéma, un reflet de la société en général… Pour la Rollex du directeur de cimetière, rien à voir avec une scène franco-française, Mikhalkov a sorti son film en 2007 en Russie… mais toute la salle a souri. D’après une interview de l’auteur que j’ai entendue il y a quelque temps dans Cosmopolitaine de Paula Jacques sur France Inter, après la sortie du film, beaucoup de procès en Russie se sont terminés par des acquittements… À voir si vous le pouvez, sinon, à découvrir sur le site officiel.