Archives de l’auteur : Véronique Dujardin

Un parmentier avec des restes… maison!

Avec le panier de la semaine 46, 5, parmentier de poule, céleri, carottes et pommes de terreMarre des plats industriels? Pas moi, je n’en mange jamais… Trop salés pour moi. En dehors des mélanges douteux de viandes de cheval (et de porc) dans le pur bœuf, la qualité nutritionnelle de ces plats industriels est déplorable, le dernier numéro de Que Choisir montrait la différence entre ce qui est annoncé sur la boîte et le contenu réel, en comparant les photographies des boîtes et ce qui en sort, et en mesurant les faibles parts de viande et de poisson (par rapport à ce qui est annoncé), de légumes, et l’abus des sauces pour cacher le tout… Ils mettaient aussi le prix payé par rapport à une fourchette de prix si on les préparait « maison ». Il y a un peu plu d’un an, je vous montrai comment, avec l’un de mes paniers de légumes, préparer rapidement quelques bons plats en s’organisant bien… Je vous avais alors montré ce parmentier de poule, à faire avec n’importe quel reste de viande… pas du gras ou des bas morceaux venant d’on ne sait où et malaxés encore congelés…

Donc:

– couper la viande (ici des restes de poule et sa farce, ça peut être un reste de boeuf, du porc, du veau, les liens renvoient à des recettes qui peuvent vous faire des restes) en petits morceaux ou la mixer, la faire revenir à la poêle avec un ou deux oignons coupés en tout petits morceaux

– préparer une purée, soit seulement de pomme de terre, soit en mélangeant les saveurs, par exemple en ce moment avec des carottes, du céleri, du potiron ou du potimarron… Vous pouvez aussi utiliser des restes de légumes préalablement cuits. Rectifiez l’assaisonnement, éventuellement ajoutez un peu de muscade ou de cumin

– dans un plat allant au four, bien beurré, mettre une couche de purée, une couche de viande, une couche de purée (ou mélangez le tout si vous préférez), un peu de fromage râpé. Gratiner au four : quelques minutes à four très chaud ou en position grill si la purée que vous mettez est déjà chaude, sinon, si vous utilisez aussi un reste de légumes, laissez réchauffer une vingtaine de minutes thermostat 6/7, et grillez à la fin…

A servir avec une salade, en cette saison, de la mâche et quelques noix, par exemple…

Si le plat est trop gros pour vous, il se congèle très bien en parts individuelles (comme ça, j’alterne dans la semaine des plats préparés sainement que je n’ai plus qu’à réchauffer).

Il faudrait m’inventer de Gerrie Hondius

Couverture de Il faudrait m'inventer de Gerrie Hondius

Logo BD for Womenpioche-en-bib.jpgPour trouver des BD avec des auteures féminines, j’ai décidé de cibler la collection Traits féminins des éditions de l’An 2 (à l’origine, c’était un éditeur charentais), à la médiathèque.

Le livre : Il faudrait m’inventer de Gerrie Hondius (scénario et dessin), traduit du néerlandais par Johanna Schipper, collection Traits féminins, éditions de l’an 2, 2003, 144 pages, ISBN 9782848560045.

L’histoire : aux Pays-Bas sans doute autour des années 2000. Gerrie raconte sa vie quotidienne, ses amis et ses amants, ses parents, ses déplacements (à vélo et en train), ses interrogations en cuisine (l’anguille bouge encore…), etc.

Mon avis : un style un peu déroutant, au trait en noir et blanc, sans délimitation de bulles ni de coupure entre les histoires, il faut parfois un petit moment pour comprendre que le thème a changé, la consultation de la table des matières, en tête d’ouvrage, peut aider. Parce que ce n’est pas le décor qui aide à s’orienter: il y a aussi très peu d’éléments de contexte, en dehors des personnages. Je trouve que ces histoires quotidiennes manquent un peu d’épaisseur, de liens entre elles ou de coupures nettes, là, le tout mélangé fait un peu « bouillie brouillonne ».

Je vous ai aussi parler de Née quelque part, de Johanna Schipper, la traductrice de cet album.

Logo du top BD des blogueurs 2013 Cette BD sera soumise pour le classement du TOP BD des blogueurs organisé par Yaneck / Les chroniques de l’invisible. Mes chroniques BD sont regroupées dans la catégorie pour les BD et par auteur sur la page BD dans ma bibliothèque.

Des graines de courges grillées…

Graines de courge, 1, avec la pulpePuisque j’ai pris depuis un moment de TOUT cuisiner, y compris les épluchures, j’ai aussi voulu tester les graines de courges grillées… Il m’est arrivé d’en acheter, mais même en magasin bio, en général, elles viennent de l’autre bout du monde, grrr!

La première recette que j’ai testée est celle de Blog bio (beaucoup d’autres recettes sont similaires). Ils disent d’éplucher la courge, de nettoyer les graines à l’eau, puis de les faire grillées… Déjà, cela fait longtemps que je n’épluche plus les courges crues: si vous avez essayé, c’est un coup à se couper les doigts. Il suffit de bien brosser la courge (non traitée), la couper en deux ou trois, et la cuire dans l’eau, elle s’épluche toute seule quand elle est cuite! J’ai donc coupé la courge en deux, récupéré les graines… Et tenté de les laver! Les filaments sont collants, c’est un gros gaspillage d’eau pour un résultat décevant! J’ai ré-essayé (la photo) de faire sécher les graines avant de les laver, c’est un peu mieux, mais pas parfait.

Graines de courge, 2, directement dans l'eauLa fois suivante (avec la saison des courges, il y a du choix!), j’ai carrément mis les graines dans l’eau et fait cuire une dizaine de minutes, et là, miracle, les filaments partent tout seul (pour la quatrième tentative, j’ai carrément laissé les graines dans la courge, et les ai récupérées après cuisson).

Graines de courge, 3, à la sortie du grillEnsuite, les laisser sécher plusieurs jours, deux ou trois en remuant de temps à autre, et profiter d’un four chaud pour les faire griller, en fait, par économie d’énergie, quand le four a fini la cuisson précédente, mettre la plaque assez près de la résistance en coupant le four, et ça marche très bien, laisser jusqu’à refroidissement complet! Surtout qu’avec ma méthode, les graines sont déjà cuites à l’eau! Vous voyez, sur la plaque, j’ai regroupé des graines de plusieurs courges, inutile de les griller avant d’avoir de quoi faire une plaque complète…

Graines de courge, 4, dans le bocalEt voilà, il reste à trier (enlever les graines trop fines), puis à utiliser comme des pignons de pin, c’est juste un peu dur de casser la coque pour récupérer la graine. La prochaine fois, je testerai pour l’apéro, en mettant un peu d’huile et d’épices, un peu comme dans cette recette mais sans le sel, je mange toujours sans sel (et en extrayant les graines comme je viens de vous montrer)!

 

D’autres recettes avec des courges sur mon blog:

Avec le panier de la semaine 46, 3, topinambours et soupe de musquer et topinamboursSoupes à la courge et aux topinambours, à la courge butternut,

Courge butternut, 2, cake

Cake à la courge butternut

PâtissonGratin de pâtisson

 

 

Héro et Léandre de Pierre Laurent à La Rochelle

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 1, vus de dos

Pour la Saint-Valentin, je réédite cet article sur l’amour tragique de Héro et Léandre…

Article du 7 juin 2012

Dans le jardin des plantes, juste à côté du muséum d’histoire naturelle de la Rochelle, se trouve un groupe sculpté en marbre, présenté au salon des artistes français en 1903, sous le n° 2905, installé à cet emplacement dès 1904, Héro et Léandre, du sculpteur Pierre [Antoine] Laurent (Montluçon, 8 juillet 1868* – ?), dont je vous reparlerai pour le monument aux soldats et marins morts de 1870 (érigé en 1913) dans cette même ville.

*Voir le registre des naissances 1867-1868 de Montluçon, archives départementales de l’Allier, vue numérisée n° 182/241, page de droite. Cet acte porte en mention marginale son mariage à Paris 15e, le 13 mai 1900, avec Marie Constance Monard (ou Momard?), mais aucune indication sur son décès. Son père, également prénommé Pierre, était déjà tailleur de pierres. Impossible de trouver sa date et son lieu de décès, il est encore vivant en 1920 (réalisation du buste de Poilu du monument aux morts de Saint-Clément-des-Baleines).

Héro, prêtresse d’Aphrodite, était amoureuse du beau et jeune Léandre, qui hélas une nuit d’orage va se noyer… (pour en savoir plus sur ce récit mythologique, voir ici, ou alors, (re)lire les Héroïdes d’Ovide).

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 2, la signature Pierre Laurent Voici la signature et la date :  » Pierre Laurent / 1903 « .

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 3, vue de face Bon, la vue de dos ne vous suffit pas ? Alors, faisons le tour…

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 4, vue de trois quarts Héro, vêtue d’une robe moulante, soutient Léandre, nu et mourant…

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 5, détail des deux visages Elle semble presque l’embrasser dans la mort qui arrive… même si elle a la tête ceinte d’une couronne végétale et semble-t-il d’un voile (c’est une prêtresse…).

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 6, vus de côté En tournant un peu plus, Léandre, cabré, semble se retenir à la vague meurtrière.

Héro et Landre par Pierre Laurent à La Rochelle, 7, l'enlacement Oh, une déjection d’oiseau semble en plus faire saigner le cou des deux amoureux…

Toutes ces photographies datent du 25 juin 2011.

Aigle Navajo (6)

Aigle Navajo, sixième étape, bas de l'aile presque termineJ’ai bien avancé mon projet d’aigle Navajo, le bas de l’aile est presque terminé et le dessous du corps prend forme…

Il s’agit d’un kit De fil en imagecommencé pendant mes vacances de noël chez mon père, je l’avais poursuivi en posant la limite de l’aile et par la gauche, puis par la tête, le bas de l’aile

ATC de Vinvella et Fil de Dragon

ATC de nouvelle année 2013 de Fil de DragonJ’ai reçu il y a déjà quelques jours des ATC (art trading cards / cartes de 2,5 sur 3,5 pouces ou 6,4 sur 8,9 cm) de la part de Vinvella et de Faby/fil de dragon, toutes le deux sur le thème des fêtes de fin d’année.

Je commence par celle de Faby/fil de dragon, qui a semble-t-il été distribuée à une mauvaise adresse, alors que sur l’enveloppe, elle était bonne, le facteur a apparemment confondu 15 et 45… Elle a mis trois semaines à revenir chez moi…

ATC de nouvelle année 2013 de VinvellaL’ATC de Vinvella, qui était accompagnée d’une carte à publicité sur les polychromies à Chartes. Comme disent certains lecteurs de mon blog, comment arrive-t-on à mettre autant d’éléments sur une si petite carte? Un grand merci à vous deux, et n’hésitez pas à aller leur rendre visite : chez Vinvella et chez Faby/fil de dragon.

Au temps des Gaulois au musée d’Aquitaine à Bordeaux

Affiche de l'exposition Au temps des Gaulois à BordeauxIl y a une quinzaine de jours, lors d’un grand week-end à Bordeaux, j’ai pu voir l’exposition  « Au temps des Gaulois. L’Aquitaine avant César », qui se tient au musée d’Aquitaine jusqu’au 17 mars 2013.
Le visiteur est accueilli par un couloir qui reprend de nombreuses idées reçues sur les Gaulois. La première salle propose directement une reconstitution d’une maison, la plus archéologiquement satisfaisante que j’aie vue! Elle est en plus idéalement placée et peu aussi s’admirer depuis le patio à l’étage. Je suis un peu plus réservée sur les autres reconstitutions (atelier de porier, de forgeron), non pas par la qualité de la reconstitution, mais pour leur compréhension par le public, en tout cas si j’en juge par les commentaires que j’ai entendus. Le parcours est jalonné de nombreuses découvertes plus ou moins récentes. Dommage que le musée d’Angoulême n’aie prêté que la copie et non l’original du casque d’Agris… Le parcours est également jalonné par de nombreux jeux pour les enfants.

Je suis revenue avec le catalogue (aux éditions Errance), mais je ne l’ai pas encore lu…

Si vous passez par Bordeaux dans le mois qui vient, n’hésitez pas, allez voir cette exposition!

Cela faisait une éternité que je n’étais pas allée au musée d’Aquitaine. Les salles de préhistoire étaient fermées pour rénovation, je n’ai donc pas pu aller revoir la vénus de Laussel (et oui, je reste paléolithicienne…), mais j’ai découvert les salles sur l’esclavage et les relations entre Bordeaux et Saint-Domingue notamment.

Si l’école d’autrefois m’était contée (7)

Broderie du premier janvier 2013, étape 7, a, la deuxième moitié de l'alphabet majuscule, détail Je poursuis ma broderie du 1er janvier… J’ai choisi cette année une grille achetée au salon de Moncoutant… en 2010, Si l’école d’autrefois m’était contée, de Annick Abrial / les fils de morphée. J’ai brodé la deuxième moitié de l’alphabet en majuscules avec un fil dégradé rouge à vieux rose acheté à Tara en 2008.

Broderie du premier janvier 2013, étape 7, a, la deuxième moitié de l'alphabet majuscule Voici l’ensemble.

Des nouvelles des vaches maraîchines de la grole Bagnade

Les vaches maraîchines de la Frole et leur fromageIl y a quelques semaines, je vous ai parlé d’un projet de restaurant financé par Ulule, une plateforme de financement participatif (crowdfunding, littéralement « financement par la foule »). Le projet  a échoué, il a recueilli la somme souhaitée, mais le porteur de projet n’a pas pu le concrétiser (problème du coût de la location du local, en particulier). Les souscripteurs ont été remboursés.

Sur la même plateforme, j’ai aussi soutenu, outre la souscription de quelques livres, un projet d’achat de vaches maraîchines par de jeunes agriculteurs charentais, installés à la Grôle-Bagnade, à Saint-Laurent-de-Céris. Ils souhaitaient recueillir au moins 3000€, le prix de deux vaches, ils en ont eu plus de 4600… Certifiés bio, ils vendent sur plusieurs marchés de la région, notamment au marché de La Grange d’Olga à Confolens. Allez voir leur site, ils ont aussi des porcs Mangalitza, une race alpine à poils longs et bouclés. J’ai reçu la contrepartie de ma participation, une aquarelle, des photos des vaches maraîchines, de la documentation sur la biodynamie (voir aussi Les ignorants d’Étienne Davodeau, où le viticulteur, Richard Leroy, utilise aussi cette technique) et une part de fromage! Bonne chance à eux! Et je suis partante s’ils ont besoin d’un nouveau coup de pouce!

Benoît Biteau, dont je vous ai déjà parlé pour son témoignage lors du procès poitevin des faucheurs volontaires, a aussi des vaches maraîchines, particulièrement bien adaptées aux zones humides… Voir son aventure sur son site.

L’avenir du théâtre de Poitiers : parodie de concertation

Affiche de la réunion sur la cession du théâtre de Poitiers, 7 février 2013Jeudi dernier (7 février 2013), le maire de Poitiers avait invité les comités de quartier et les commerçants du centre-ville à une « réunion de concertation » sur l’ancien théâtre de Poitiers… Quelques jours plus tôt, la presse locale faisait état du vote en commission plénière du conseil municipal de la mise en vente du bâtiment… Et le panneau à l’entrée donnait clairement la teneur des décisions déjà prises : « cession de l’ancien théâtre ». Pourquoi annoncer une concertation? Depuis le déménagement de l’activité de théâtre et concerts au  TAP/théâtre et auditorium de Poitiers, en 2008, puis celle de cinéma il y a deux mois dans les murs désormais partagés du cinéma commercial, le bâtiment est sans affectation.

Miroir de l'ancien théâtre de Poitiers, 01, vue généraleLes enjeux: le bâtiment, construit au début des années 1950 par l’architecte Édouard Lardillier, spécialiste en construction de salle de spectacles, comprend une intéressante façade et surtout, parmi son mobilier d’origine, un grand miroir en verre églomisé (suivre le lien pour en savoir plus) des ateliers Pansart, un grand maître miroitier qui a notamment réalisé des œuvres pour des paquebots (à découvrir par exemple dans cet article paru dans L’Oeil, n° 499, en septembre 1998). C’est probablement le plus grand miroir conservé pour cet artiste.

La réunion fut à la hauteur du peu d’espoir mis en elle: le maire a expliqué pendant une demi-heure qu’il y avait beaucoup d’efforts pour la culture dans les quartiers, avec de nouveaux projets en cours (rénovation du centre de Beaulieu, construction d’une médiathèque à Saint-Eloi, rénovation du confort moderne) qui coûtent cher… Garder un établissement culturel en ville (genre maison des associations ou maison de la culture) n’est donc pas envisageable et comme il ne veut pas augmenter les impôts, la mise en vente du bâtiment pour y installer des commerces (encore, alors que beaucoup soufrent et ferment en centre-ville) est pour lui la seule solution… puis, si j’ai bien compris, le rachat ou la prise en bail d’une partie pour y installer une salle d’exposition d’art plastique (tiens, mais ce n’est pas de la culture?). Il a renvoyé d’un revers de main les « propositions de café du commerce », parues dans la presse le matin même mais discutées depuis des mois, comme  celles proposées par Poitiers jeunes (qui, entre autres, organise le carnaval et le festival des expressifs), ou celles des Verts (dans la majorité municipale) et de Pour une alternative à gauche (dans l’opposition de gauche au conseil municipal) qui demandent le maintien du bâtiment dans le domaine public, comme lieu d’échange culturel. Réponse du maire: « une fausse bonne idée » pour la maison des jeunes, pas dans nos moyens pour garder le théâtre dans les biens municipaux… mais aucun argument chiffré n’a été donné… En réponse, les partisans d’un maintien du théâtre dans le domaine public (avec un projet culturel et/ou associatif) annoncent une manifestation devant le théâtre le samedi 16 février 2013 à 14h.

Le nouveau théâtre de Poitiers, carte postale ancienne, vers 1955, façade sur la placeQuels risques pour le bâtiment? Actuellement, le théâtre ne fait l’objet d’aucune protection propre au titre des monuments historiques. Lors des travaux récent de ravalement, les lettres « théâtre » ont mystérieusement disparu. La mairie a saisi l’architecte des bâtiments de France pour inclure son avis dans le cahier des charges, il recommande:

– la conservation des deux façades principales, de l’escalier, du grand miroir et des ferronneries (dont les lustres)

– la possibilité de modifier les adjonctions sur le toit et de construire un étage supplémentaire vers l’arrière, ainsi que d’ouvrir des vitrines rue du Plat-d’Etain (aujourd’hui aveugle)

– la demande de protection au titre des monuments historiques du bâtiments et du miroir, immeuble par destination. Cette hypothèse a été balayée d’un revers de main par Maurice Monange, conseiller municipal à qui le maire avait donné la parole, estimant que le théâtre était déjà protégé par le secteur sauvegardé et par sa situation aux abords de plusieurs monuments historiques. Or aucune de ces deux protections ne vaut une protection du bâtiment en lui-même:

– à ma connaissance, le nouveau secteur sauvegardé n’est pas promulgué et opposable aux tiers, puisque, ainsi que cela a été dit, le règlement est encore en cours de rédaction!

– le premier secteur sauvegardé de Poitiers date de 1966, ce qui n’a pas empêché, dans son premier périmètre, une dizaine d’années plus tard, la construction de la « pénétrante » jusqu’aux pieds de Notre-Dame-la-Grande, la destruction de l’ancien marché Notre-Dame et des vestiges romains pour construire un parking souterrain alors même qu’une instance de classement au titre des monuments historiques était en cours

Poitiers, le clos Saint-Hilaire, le mur de clôture protégé monument historique – les abords des monuments historiques sont bien peu pris en compte à Poitiers. Le scandale le plus récent est l’affaire du Clos Saint-Hilaire, avec le massacre du cloître et du réfectoire de la collégiale Saint-Hilaire, sans respecter les prescriptions pourtant minimes de l’architecte des bâtiments de France (voir (voir les photographies de Didier Rykner dans son article de la Tribune de l’art, Saint-Hilaire dénaturé) alors même que l’un des murs (en bord de rue) est protégé monument historique et que l’église voisine est l’église fait également fait partie depuis 1998 des 77 édifices /  jalons du bien culturel  « chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France » sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

– aux abords des monuments historiques et dans le périmètre de l’extension prévue du secteur sauvegardé, nous avons aussi vu ces derniers mois des restaurations approximatives et le massacre de la patine du monument aux morts de 1870-1871… sans parler de la destruction du square du paysagiste Édouard André. Permettez moi donc de douter de ces protections « suffisantes »!

– et si l’argent est le nerf de la guerre, la protection au titre des monuments historiques permet d’obtenir quelques subventions lors de la restauration (qui sera de toute façon nécessaire pour le miroir, il y a des copeaux de métal qui se décollent du verre).

Pour en savoir plus :

Grégory Vouhé, Théâtre de Poitiers, pour Pansart et Lardillier, L’Actualité Poitou-Charentes, n° 97, juillet 2012, p. 25.

Daniel Clauzier et Laurent Prysmicki, Poitiers. Le théâtre municipal, une salle de spectacle du milieu du XXe siècleBulletin monumental, tome 172-1, 2014, p. 65-68.

Miroir de l'ancien théâtre de Poitiers, 03, schémaPS: Grégory me signale que le cadre du dessin original qui se trouvait en bas de l’escalier a été cassé juste avant la fermeture du lieu… Espérons que ce dessin précieux a été conservé! Par ailleurs, il m’a envoyé un scan de son article sur le miroir, clic sur les vignettes pour les voir en grand…

Article de Grégory Vouhé sur Pansart, haut de pageArticle de Grégory Vouhé sur Pansart, bas de page

PPS : voir le blog du Comité de défense de l’ancien théâtre de Poitiers, avec de très belles photographies de Laurent Prysmicki.