Abécédaire chat, neuvième étape

Avancée d'octobre 2016 pour mon abécédaire chatJe n’avais pas brodé une seule croix dans le courant du mois d’octobre, mais je me suis rattrapée pour le dernier week-end (ouf, juste le 31!) et j’ai terminé le dernier chat, y compris les points arrière! Ce chat participe toujours au SAL (projet de broderie en commun) « Chat va vider mon placard » (étendu aux broderies d’autres animaux), coordonné par Minouche…

Abécédaire chat, vu d'ensemble fin octobre 2016Ce projet avance bien au fil des mois… j’espère terminer à la fin du mois de novembre! Il ne me reste que quelques lettres et encore des points arrière. C’est un modèle d’abécédaire pris dans le livre Brodez-moi chat d’Isabelle Haccourt-Vautier et Adeline Cras.

Revoir: la première étape, la deuxième, la troisième,  la quatrième, la cinquième, la sixième, la septième, la huitième étapes, à suivre…

Moi, Daniel Blake, de Ken Loach

Affiche de Moi, Daniel Blake, de Ken LoachHier, je suis allée au cinéma voir Moi, Daniel Blake, de Ken Loach, qui a reçu la palme d’or au dernier festival de Cannes (voir ou revoir mon avis sur Jimmy’s Hall).

L’histoire : de nos jours à Newcastle. Daniel Blake [Dave Johns], menuisier de 59 ans, veuf depuis peu, se remet doucement d’une crise cardiaque. Son médecin le juge encore inapte à reprendre le travail, mais une évaluation téléphonique par une société prestataire de pôle emploi estime qu’il n’a plus le droit aux indemnités d’invalidité et doit à nouveau chercher du travail. Le voici à pôle emploi, qui le renvoie à une inscription sur internet. Alors qu’il tente de reprendre ses esprits dans cette situation ubuesque, il tente de venir en aide à Katie [Hayley Squires], mère célibataire de deux enfants, qui est mise à la porte pour être en retard ; elle vient d’être relogée à 450 km au nord de Londres et s’est perdue dans la ville. Se sortiront-ils de cette situation?

Mon avis : un très beau film sur l’absurdité de l’administration de l’aide sociale en Angleterre, mais ce n’est sans doute pas très différent chez nous (voir ci-dessous). Quoi de mieux qu’une administration bornée (ou ses sous-traitants, plateforme d’appel ou gestionnaire de site internet) pour faire baisser les indemnisations pour inaptitude au travail ou les allocations chômage? Venir en aide aux plus précaires devrait être leur mission, la direction ne l’entend pas ainsi et remet à sa place l’employée qui tente de faire preuve d’humanité, comme les bénévoles de la banque alimentaire ou les usagers de la bibliothèque qui vont tenter de guider Daniel sur sa découverte d’internet – ou plutôt du formulaire en ligne de pôle emploi. Ken Loach filme avec justesse ce fossé entre la mission de pôle emploi et la capacité d’adaptation et de survie de ses deux personnages principaux, cabossés par des accidents de la vie. Quand on est une jeune femme et que l’on s’enfonce au fond du trou, devinez l’ultime solution proposée par un vigile de supérette un peu mac sur les bords? Les deux enfants donnent le contrepoint au film, le garçonnet agité après des mois passés dans une chambre en foyer à Londres, la fillette qui souffre du regard des autres à l’école, évoluent grâce à toute la gentillesse de Daniel Blake.

Il ne faut pas rire de l’absurdité du questionnaire qui ouvre le film, en disant ah ces Anglais, chez nous aussi, les formulaires d’évaluation des maisons départementales du handicap commencent par l’autonomie de la marche (50 m, 100 m etc.), de la réalisation des mouvements ou de « l’évacuation » [des sphincters], comme ils disent. C’est le même formulaire pour tout le monde, adapté sans doute aux personnes à mobilité réduite, pas du tout au handicap lié aux maladies. Le score obtenu (comme le 12 de Daniel Blake alors qu’il lui fallait 15) vous classera handicapé ou pas bien davantage que les certificats médicaux, dans certains départements -sans doute débordés, plusieurs mois d’attente d’instruction-, ceux-ci ne semblent lus que lors de l’appel des décisions lors des recours!

 

La fille inconnue de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Affiche de La fille inconnue de Luc et Jean-Pierre DardenneSortie cinéma hier en fin d’après-midi, pour aller voir La fille inconnue de Luc et Jean-Pierre Dardenne. Vous pouvez aussi (re)voir mes avis sur leurs films précédents Le gamin au vélo, Le silence de Lorna, Deux jours une nuit.

L’histoire : de nos jours à Seraing, dans la banlieue de Liège, sur les bords de la Meuse. Jenny Davin [Adèle Haenel], jeune médecin, devrait avoir terminé ses consultations du jour depuis une heure avec Julien, son stagiaire [Olivier Bonnaud], avec qui elle vient de se disputer. Épuisée, elle décide de ne pas ouvrir à un ultime appel. Le lendemain, la police vient sonner chez elle pour récupérer la vidéo-surveillance qui film l’entrée du cabinet. Une jeune fille noire a été retrouvée morte sur le quai non loin de là. Alors qu’elle avait trouvé un poste bien rémunéré dans un centre de santé privé le lundi suivant, Jenny décide de reprendre le cabinet du vieux généraliste malade, de s’y installer et de mener l’enquête pour identifier la jeune inconnue.

Mon avis : La médecin fume trop, le cabinet n’est pas vraiment adapté à la patientèle avec son perron et surtout la volée de marches pour aller de la salle d’attente au cabinet. Le film se disperse, entre les doutes du jeune stagiaire, l’enquête et le portrait des patients et de leur prise en charge : la jeune médecin aide la vieille dame à se lever, va voir tard un ado cancéreux, appelle les services sociaux pour un patient diabétique qui ne peut pas aller recharger son compteur de gaz, etc… Très vite, par un jeune patient, elle découvre que l’inconnue se prostituait, mais cela n’a guère d’importance, je me suis plutôt ennuyée dans ce défilé de patients (pauvres, banlieue sidérurgique sinistrée de Liège oblige) avec leurs maux ordinaires, la compassion (ou au moins l’empathie) de la médecin, sa recherche qui finit par virer à l’obsession.

Juste la fin du monde, de Xavier Dolan

Affiche de Juste la fin du monde, de Xavier DolanUn mois sans cinéma pour cause de déplacements, j’ai failli ne pas voir Juste la fin du monde, de Xavier Dolan, grand prix du jury au dernier festival de Cannes, programmé en dernière semaine ici. Il s’agit d’une adaptation d’une pièce de Jean-Luc Lagarce (mort à 38 ans du sida, en 1995). Du même réalisateur, revoir mon avis sur Mommy.

L’histoire : de nos jours dans un coin paumé au Canada, à une heure de l’aéroport. Louis [Gaspard Ulliel], auteur de pièces de théâtre, 34 ans, revient dans sa famille après douze ans d’absence, avec un objectif, annoncer sa mort prochaine. Il retrouve sa mère [Nathalie Baye], Antoine son frère aîné [Vincent Cassel] et sa femme Catherine [],dont il fait la connaissance, et  Suzanne [], sa petite sœur. Le repas dominical s’annonce tendu, entre la mère « qui en fait trop », Suzanne, jeune adulte qui suit la vie de son frère par des coupures de presse et ses brèves cartes postales, Antoine, désagréable, la violence à fleur de peau, et Catherine, qui essaye maladroitement de détendre la situation… Louis réussira-t-il à faire son annonce?

Mon avis : un film avec juste cinq personnages, un lieu, une maison et son jardin, et surtout de très gros plans de visages, la petite cicatrice qui fait fossette sur la joue de Gaspard Ulliel quand il sourit n’a plus de secret à la fin du film… mais les secrets de famille, omniprésents, alourdissant l’ambiance, n’arrivent pas à émerger dans cette famille incapable de communiquer: pourquoi Louis est-il parti? Qui est le père, absent? Pourquoi Antoine envoie-t-il en permanence des références douteuses à l’homosexualité de son frère? S’est-il passé un fait grave, comme le suggère Suzanne, qui a peu de souvenirs de cette période? Louis non plus n’est pas doué pour communiquer, sa mère moque ses phrases de trois mots, tous ses cartes postales, si courtes et vides de mots ouverts à tous avec leur absence d’enveloppes… Pour rompre le huis-clos, il ne faut pas compter sur le bref voyage en voiture des deux frères, où la tension monte encore, la respiration vient de quelques flash-backs, le retour des courses de la mère et de Suzanne, le pique-nique dominical du dimanche (avec le père, tiens, tiens, mais avant la naissance de Suzanne), l’attente au buffet du petit aéroport, une nuit de l’adolescent avec son amant…

PS : comme Danielle et Nini 79, deux fidèles lectrices du blog, l’ont souligné en commentaire, je n’ai pas donné mon avis sur le film… Acte manqué… le film a fait écho à beaucoup de vécu personnel. J’ai bien aimé cette façon de filmer les visages, les clairs-obscurs et surtout les silences, les non-dits, le secret!

Hommage à Nijinski, par Dominique Brun

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014

Je ne vous ai pas parlé de tous les spectacles que j’ai vus au cours de saison 2015-2016 au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP, ni donné mes choix pour la saison 2016-2017, mais je suis allée au premier spectacle cette semaine, L’hommage à Vaslav Nijinski, par Dominique Brun.

Le spectacle : trois pièces sont proposées, L’Après-midi d’un faune (1894, illustrant un poème de Stéphane Mallarmé sur une musique de Claude Debussy) avec la restitution de la mise en scène par Nijinski, qui l’avait transcrite dans un système de notation des mouvements (1915), Jeux (musique de Claude Debussy) et Le Sacre du printemps (musique de Igor Stravinsky), tous deux créés en 1913 à quelques jours d’écart, pour lesquels la chorégraphie n’est pas conservée et a donc été créée par Dominique Brun. Le tout sur une musique enregistrée (oui, un peu dommage…).

Mon avis : si j’avais été déçue par le dernier spectacle de danse vu la saison dernière, cette fois, j’ai été enchantée par cette soirée! Les trois pièces sont d’une grande modernité, et l’on peut comprendre le scandale provoqué lors de leur création, surtout Jeux, qui joue sur l’ambiguïté sexuelle et l’amour à trois… Un grand bravo aux six danseurs / danseuses qui échangent leurs costumes (assimilé à « masculins » ou « féminins ») quasiment à chaque passage en coulisse.Le Sacre du printemps est dansé sur un « tapis vert » devant un grand décor de lac, à défaut de proposer un décor de scène par un grand artiste comme les fonds de scènes proposés par les artistes d’avant-garde autour de la Première Guerre mondiale (comme Parade, réalisé par Pablo Picasso en 1917, vu dans l’exposition éponyme à Metz), souvent accompagnés de costumes très colorés (par exemple ceux de Marc Chagall).

Point d’extravagance ici dans les costumes de Sylvie Skinazi pour les deux premières pièces, mais ils sont parfaitement au service de la chorégraphie, avec les perruques à l’Antique pour L’Après-midi d’un faune où la chorégraphie joue sur le profil des danseurs et danseuses ou les costumes et robes blanches pour Jeux, même s’ils se sont salis lors des mouvements au sol.

S’il passe près de chez vous, n’hésitez pas!

Pour aller plus loin : voir un extrait proposé par la philharmonie de Paris.

Pas pleurer de Lydie Salvayre

Couverture de Pas pleurer de Lydie SalvayreCe livre avait obtenu le prix Goncourt en 2014, une amie me l’a prêté en version de poche.

Le livre : Pas pleurer de  Lydie Salvayre, éditions du Seuil, 2014, 288 pages, ISBN 9782021116199.

L’histoire : de nos jours… Montse, une vieille dame, la mère de la narratrice, a tout oublié de sa vie sauf quelques mois en 1936 en Espagne. Adolescente dans un village, elle se rebelle contre  sa mère qui cherche le « bon parti » pour un mariage. Quand les « Révolutionnaires » arrivent, parlent de liberté, de partage des terres, ils séduisent son frère aîné, José, et elle décide de partir avec eux « à la ville », à Burgos. Suite à une relation d’une nuit avec un volontaire français des Brigades Internationales, elle tombe enceinte… En réponse à ce récit de Montse, la colère de Georges Bernanos, catholique convaincu, en séjour à Majorque, dénonce la passivité du clergé espagnol face aux exactions des Nationaux (les Franquistes).

Mon avis : Les deux récits se mêlent, alternent. Les passages plus longs de la vie de Montse sont écrits dans une langue haute en couleur, qui reflète l’exil, le mélange de mots espagnols ou « fragnol », avec des néologismes mêlant les deux langues de cette vieille dame exilée – la langue natale fatalement n’a jamais disparu – mais aussi peut-être la tendance de certains malades d’Alzheimer à utiliser un vocabulaire scatologique par levée des inhibitions et qui aboutit donc à l’irruption dans le récit de mots qui peuvent paraître comme « grossiers » mais arrivent très naturellement dans le récit imagé de ces quelques semaines tragiques. J’ai lu un certain nombre de livres autour de la guerre d’Espagne (voir notamment Espagne, Espagne!, de ), elle est cette fois abordée du point de vue d’un village, de ses habitants qui vont se déchirer en quelques semaines autour d’enjeux qui les touchent de près, notamment le partage ou non des terres et des richesses. Le mélange avec le point de vue de Georges Bernanos, en Espagne aussi mais sur l’île de Majorque, m’a d’abord déconcertée, avec le décalage de lieu, de langue, d’enjeu puisque l’on a un notable, intellectuel exilé depuis deux ans pour des raisons financières. Georges Bernanos… un auteur ultra-catholique qui ne m’a jamais vraiment tenté. Membre de l’Action française, mouvement politique à tendance royaliste et d’extrême droite, Georges Bernanos ne m’est pas particulièrement sympathique, mais ce livre m’a donné envie de lire Les grands cimetières sous la lune.

Prix Nobel de littérature

Le prix Nobel de littérature 2016, Bob Dylan, ne me donnera pas beaucoup de lecture!!! Mais c’est peut-être l’occasion de reprendre la lecture des ouvrages de certains auteurs devenus des grands classiques ou tombés dans l’oubli…

Article du 11 février 2013 : Sur mon ancien blog, les Prix Nobel étaient regroupés sur une page, j’ai préféré en faire ici un article… et cela me rappelle que j’avais comme objectif d’en lire au moins un par mois… A reprendre très vite! Cela intéresserait quelqu’un de participer avec moi, histoire de se soutenir dans cette aventure???

En commençant la lecture de Une histoire d’amour et de ténèbres, long récit autobiographique d’Amos Oz je me suis aperçue que je ne connaissais absolument pas Samuel Yosef Agnon, dont il parle et qui reçut le prix Nobel de littérature en 1966 conjointement et symboliquement avec la poétesse suédoise d’origine juive allemande (émigrée avec sa famille en Suède en 1940), Nelly Sachs. Je me suis alors penchée sur la liste des prix Nobel de littérature. Bilan : j’en avais lu très peu. Je me propose donc de lire ou relire chaque mois une de leurs œuvres, et de compléter au fur et à mesure cette nouvelle page Prix Nobel de littératures, livres lus avec les liens vers mes articles. Et pour l’occasion, j’ouvre aussi une nouvelle rubrique, livre et lecture, prix Nobel.

Voici la liste des prix Nobel de littérature, avec la liste de leurs livres présents dans ma bibliothèque (honte à moi, il y en a très peu, mais tous ont été lus) et les liens vers les articles lorsque j’en ai rédigés à leur sujet.

  • 1901 : Sully Prudhomme, France ;
  • 1902 : Theodor Mommsen Empire allemand ;
  • 1903 : Bjørnstjerne Martinus Bjørnson, Norvège ;
  • 1904 : Frédéric Mistral, France, et José Echegaray y Eizaguirre, Espagne ;
  • 1905 : Henryk Sienkiewicz, Pologne ;
  • 1906 : Giosuè Carducci, Italie ;
  • 1907 : Rudyard Kipling, Royaume-Uni : Le livre de la jungle ; Le second livre de la jungle ; La première apparition de Mowgli ; Kim ; Simples contes des collines ; Fantômes et prodiges de
    l’Inde ; Capitaines courageux ;
  • 1908 : Rudolf Christoph Eucken, Empire allemand ;
  • 1909 : Selma Lagerlöf, Suède : Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède ;
  • 1910 : Paul Heyse, Empire allemand  ;
  • 1911 : Maurice Maeterlinck, Belgique ;
  • 1912 : Gerhart Hauptmann, Empire allemand ;
  • 1913 : Rabîndranâth Tagore, Royaume-Uni (colonie, Calcutta, Inde) ;
  • 1914 : non attribué ;
  • 1915 : Romain Rolland, France ;
  • 1916 : Verner von Heidenstam, Suède ;
  • 1917 : Karl Adolph Gjellerup, Danemark, et Henrik Pontoppidan, Danemark ;
  • 1918 : non attribué ;
  • 1919 : Carl Spitteler, Suisse  ;
  • 1920 : Knut Pedersen Hamsun, Norvège : Rosa ; Un vagabond joue en sourdine ;
  • 1921 : Anatole France, France : Les autels de la peur ;
  • 1922 : Jacinto Benavente, Espagne ;
  • 1923 : William Butler Yeats, Irlande ;
  • 1924 : Wladyslaw Stanislaw Reymont, Pologne ;
  • 1925 : George Bernard Shaw, Irlande ;
  • 1926 : Grazia Deledda, Italie ;
  • 1927 : Henri Bergson, France ;
  • 1928 : Sigrid Undset, Norvège ;
  • 1929 : Thomas Mann, Allemagne : La mort à Venise ; Tristan ; Les Buddenbrook ;
  • 1930 : Sinclair Lewis, États-Unis ;
  • 1931 : Erik Axel Karlfeldt, Suède ;
  • 1932 : John Galsworthy, Royaume-Uni ;
  • 1933 : Ivan Bounine, URSS ;
  • 1934 : Luigi Pirandello, Italie : Henri I ; Le jeu des rôles ; Qui sait la vérité ? ;
  • 1936 : Eugene O’Neill, États-Unis ;
  • 1937 : Roger Martin du Gard, France ;
  • 1938 : Pearl Buck, Etats-Unis : La famille dispersée ; Le patriote ; Pavillon des femmes ; Es-tu maître de l’aube ?
  • 1939 : Frans Eemil Sillanpää, Finlande ;
  • 1940 à 1943 : non attribué ;
  • 1944 : Johannes Vilhelm Jensen, Danemark ;
  • 1945 : Gabriela Mistral, Chili ;
  • 1946 : Hermann Hesse, Allemagne : Lettre à un jeune artiste ; Mon enfance ; Le loup des steppes ; Die Märchen ; Narciss und Golmund (ces deux derniers en allemand, car étudiés en classe préparatoire) ;
  • 1947 : André Gide, France : Les caves du Vatican ; La symphonie pastorale ; L’immoraliste ; La Porte étroite ;
  • 1948 : Thomas Stearns Eliot, États-Unis ;
  • 1949 : William Faulkner, États-Unis : Monnaie de singe ;
  • 1950 : Bertrand Arthur William, comte Russell, Royaume-Uni ;
  • 1951 : Pär Lagerkvist, Suède ;
  • 1952 : François Mauriac, France : Tante Zulnie ; Le Baiser au lépreux ; Genitrix ; Le désert d’amour ; Thérèse Desqueyroux ; Thérèse chez le docteur ; Thérèse à l’hôtel ; Destins ; Le nœud de vipères ; Le mystère Frontenac ; Les anges noirs ; Le Rang ; Conte de Noël ; la Pharisienne ; Le Sagouin ;
  • 1953 : Sir Winston Leonard Spencer Churchill, Royaume-Uni ;
  • 1954 : Ernest Hemingway, États-Unis : 50000 dollars ; Les neiges du Kilimandjaro suivi de Dix indiens ; Pour qui sonne le glas ; Le vieil homme et la mer ;
  • 1955 : Halldór Laxness, Islande ;
  • 1956 : Juan Ramón Jiménez, Espagne ;
  • 1957 : Albert Camus, France : Caligula ; Le malentendu ; L’étranger ; La peste ; Noces ; L’été ;
  • 1958 : Boris Pasternak, URSS (contraint à refuser le prix) ;
  • 1959 : Salvatore Quasimodo, Italie ;
  • 1960 : Saint-John Perse, France: Amers suivi de Oiseaux ;
  • 1961 : Ivo Andric, Yougoslavie : Visages
  • 1962 : John Steinbeck, États-Unis ;
  • 1963 : Giorgos Séféris, Grèce ;
  • 1964 : Jean-Paul Sartre, France (refuse le prix) : Le Diable et le Bon Dieu ; Les mots ;
    Huis clos ; Les mouches ;
  • 1965 : Mikhaïl Cholokhov, URSS ;
  • 1966 : Samuel Yosef Agnon : Israël, et Nelly Sachs, juive allemande exilée en Suède ;
  • 1967 : Miguel Ángel Asturias, Guatemala ;
  • 1968 : Yasunari Kawabata, Japon : Le lac ;
  • 1969 : Samuel Beckett, Irlande ;
  • 1970 : Alexandre Soljenitsyne, URSS ;
  • 1971 : Pablo Neruda, Chili ;
  • 1972 : Heinrich Böll, République fédérale d’Allemagne : Lettre à un jeune catholique ; Lettre à un jeune non-catholique ;
  • 1973 : Patrick White, Australie : La ceinture de feuille ;
  • 1974 : Eyvind Johnson, Suède, et Harry Martinson, Suède ;
  • 1975 : Eugenio Montale, Italie ;
  • 1976 : Saul Bellow, États-Unis ;
  • 1977 : Vicente Aleixandre, Espagne ;
  • 1978 : Isaac Bashevis Singer, États-Unis ;
  • 1979 : Odysséas Elýtis, Grèce : Les Analogies de la lumière ;
  • 1980 : Czeslaw Milosz, Pologne ;
  • 1981 : Elias Canetti, Royaume-Uni, né en Bulgarie ;
  • 1982 : Gabriel García Márquez, Colombie : La mala hora ; L’amour aux temps du choléra ; Douze contes vagabonds ;
  • 1983 : William Golding, Royaume-Uni ;
  • 1984 : Jaroslav Seifert, Tchécoslovaquie ;
  • 1985 : Claude Simon, France : Le tramway ;
  • 1986 : Wole Soyinka, Nigeria ;
  • 1987 : Joseph Brodsky, URSS ;
  • 1988 : Naguib Mahfouz, Égypte : Le voleur et les chiens ; Récits de notre quartier ;
  • 1989 : Camilo José Cela, Espagne ;
  • 1990 : Octavio Paz, Mexique ;
  • 1991 : Nadine Gordimer, Afrique du Sud ;
  • 1992 : Derek Walcott, Sainte-Lucie ;
  • 1993 : Toni Morrison, États-Unis : La chanson de Salomon ; Home
  • 1994 : Kenzaburo Oe, Japon ;
  • 1995 : Seamus Heaney, Irlande ;
  • 1996 : Wislawa Szymborska, Pologne ;
  • 1997 : Dario Fo, Italie : Mystère bouffe, jonglerie populaire ;
  • 1998 : José Saramago, Portugal : Pérégrinations portugaises ;
  • 1999 : Günter Grass, Allemagne : Le chat et la souris ;
  • 2000 : Gao Xingjian, France, né en Chine : La montagne de l’âme ; Le livre  d’un homme seul ;
  • 2001 : Vidiadhar Surajprasad Naipaul, Royaume-Uni ;
  • 2002 : Imre Kertész, Hongrie ;
  • 2003 : John Maxwell Coetzee, Afrique du Sud : L’été de la vie ; Scènes de la vie d’un jeune garçon  ;
  • 2004 : Elfriede Jelinek, Autriche ;
  • 2005 : Harold Pinter, Royaume-Uni ;
  • 2006 : Orhan Pamuk, Turquie : Neige ; Cette chose étrange pour moi ;
  • 2007 : Doris Lessing, Royaume-Uni : Le rêve le plus doux ;
  • 2008 : Jean-Marie Gustave Le Clézio, France : La ronde et autres faits divers.
  • 2009 : Herta Müller, Allemagne (auteure d’origine roumaine) : L’homme est un grand faisan sur terre, La convocation, Animal du cœur, La bascule du souffle
  • 2010 : Mario Vargas Llosa, Espagne (auteur d’origine péruvienne)
  • 2011 : Tomas Tranströmer, Suède: Baltiques et autres poèmes
  • 2012 : Mo Yan, Chine : Grenouilles, Le veau et le coureur de fond
  • 2013 : Alice Munro, Canada : Amie de ma jeunesse
  • 2014 : Patrick Modiano, France : Un pedigree, Du plus loin de l’oubli
  • 2015 : Svetlana Alexievitch, Biélorussie
  • 2016 : Bob Dylan, États-Unis
  • 2017 : à venir à l’automne…

Les chasseurs d’aigles de Jules Coutan, à Paris

Les chasseurs d'aigles de Jules Coutan, vue d'ensembleAujourd’hui [7/10/2016], je vous emmène au Muséum d’histoire naturelle à Paris, ou plutôt sur la façade de l’un des bâtiments (galerie d’Anthropologie) rue Buffon. J’ai pris ces photographies en juin 2014… je passerai voir lors d’une prochaine visite à Paris si quelque chose a été fait pour restaurer cette sculpture ou si les sangles sont toujours là. Je ne suis pas sûre d’avoir le temps d’aller voir ce qu’il en est ce week-end.

Les chasseurs d'aigles de Jules Coutan, vue d'ensemble, octobre 2016[PS du 11/10/2016 : les sangles sont toujours en place… juste un peu plus sales! Le provisoire peut durer longtemps au Muséum… Et pour mes fidèles lecteurs, je suis encore en vadrouille quelques jours, au Pays basque, reprise des articles à mon retour].

Signature J. Coutan 1900 sur Les chasseurs d'aigles de Jules CoutanElle porte la signature J. Coutan 1900, pour Jules Coutan (Paris, 1848 – 1939), prix de Rome en 1872, artiste dont je vous ai déjà parlé au sujet du monument aux morts de 1870-1871 à Poitiers et de la tombe de la famille Herbette dans le  à Paris. Le plâtre monumental (hauteur 5m35 ; largeur 3m05 ; profondeur 1m2) a été commandé en 1893 et terminé en 1900 d’après la notice du musée d’Orsay où il se trouve sous le titre Les chasseurs d’aigles. Commandé par l’État, le tirage en bronze, réalisé par Denonvilliers, a été présenté sous le titre Les races humaines, sans doute pour être en accord avec la galerie d’Anthropologie! Mais la tenue des chasseurs – l’un nu, les autres vêtus de peau de bête – et leurs armes – arc rudimentaire, pierre, massue – explique aussi ce changement de titre sans remous… Autre époque! Je ne l’ai pas trouvé dans les Catalogues des artistes français (j’ai contrôlé 1893 à 1901).

Les chasseurs d'aigles de Jules Coutan, aigle blessé par une flècheSi l’un des aigles est bien blessé par une flèche…

… et un aiglon semble mort (désolée, le point s’est fait sur la sangle et pas la sculpture…)…

Les chasseurs d'aigles de Jules Coutan, aigle qui attaque les chasseurs… le troisième aigle est bien vaillant et attaque les trois chasseurs !

Tout en bas, l’archer, nu, est accroupi à l’affût, armé d’un arc rudimentaire avec de grosses flèches.

Les chasseurs d'aigles de Jules Coutan, chasseur armé d'une brancheLe chasseur du haut se protège le visage avec le coude gauche et une branche de bois – même pas un gourdin – qu’il brandit de la main droite. Il a les cheveux couverts d’une peau de bête qui lui retombe dans le dos.

Les chasseurs d'aigles de Jules Coutan, chasseur armé d'une pierreCabré en arrière, le troisième chasseur, dont les yeux sont visés par l’aigle survivant, brandit une simple pierre de la main droite. Il est vêtu d’un pagne en fourrure…

Les chasseurs d'aigles de Jules Coutan, pieds chaussés de fourrure maintenue par des bandes molletières… mais comble du raffinement ;-), il porte des guêtres, enfin, des bandes de fourrure maintenue par des bandes molletières!

Photographies juin 2014 et octobre 2016