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Drôle de chantier à Saint-Nazaire de Le Bourhis

Couverture de Drôle de chantier à Saint-Nazaire, de Le Bourrhis Je l’ai acheté chez un bouquiniste au marché du dimanche aux Sables-d’Olonne, pour le lire sur la plage (euh, avec un ciré, assise sur un rocher), juste après le salon de Moncoutant

Le livre : Drôle de chantier à Saint-Nazaire de Firmin Le Bourhis, collection Enquêtes et suspense, Éditions Alain Bargain, 2006, 302 pages (numérotées une page pour le feuillet gauche et droit), ISBN 978-2914532806.

L’histoire : Quimper, le 12 janvier… (2005 ou par là). Une voiture est repêchée à la sortie du port du Corniguel, dans les eaux de l’Odet, un cadavre côté passager, le capitaine François Le Duigou et le lieutenant Phil Bozzi sont chargés de l’enquête… Premier obstacle, le corps a séjourné un moment dans l’eau, et aucun élément pour l’identifier… La voiture appartient à une société de location, mais l’occupant n’est pas le locataire, un Polonais qui travaille comme co-réalisateur aux chantiers navals de Saint-Nazaire, mais celui-ci a signalé la disparition de sa voiture suite à une soirée en marge du chantier, où étaient présents trois types d’employés, ceux des chantiers, les intérimaires et les co-réalisateurs (des étrangers qui font le même travail, mais payé selon les salaires de leur pays d’origine). Très vite, une vieille dame arrive à Quimper, elle croit avoir reconnu son fils… ingénieur, chômeur, il est depuis quelques mois responsables des mêmes intérimaires à Saint-Nazaire, mais il est sensé être parti en voyage avec sa nouvelle petite amie en Asie le lendemain de la soirée où la voiture a disparu.. Qui était sa mystérieuse petite amie que ses collègues ne semblent pas connaître? Que s’est-il passé à cette fameuse soirée? L’enquête est transférée à Saint-Nazaire…

Mon avis : si ce polar permet de comprendre le fonctionnement des chantiers de Saint-Nazaire, la partie polar et enquête est vraiment trop lente et trop approximative à mon goût… Le recours à l’odorat pour identifier le meurtrier (qui finalement a commis un autre crime…), pourquoi pas, mais les multiples allusions à cette techniques sont un peu lourdes. Bref, avis très mitigé pour ce livre côté intrigue et enquête, il y a des polars beaucoup mieux écrits, qui permettent à la fois de découvrir un milieu (ici les chantiers) et de suivre une enquête avec moins de lourdeur… Et puis, si j’ai retrouvé un peu l’ambiance des chantiers, que j’ai visités il y a quelques années dans le cadre de ma formation pour les grues protégées monument historique (et le musée à l’extérieur de l’enceinte), puis de loin lors de Estuaire 2008, je trouve que cela manque un peu du chantier par lui même, si impressionnant, notamment le transport interne à vélo pour les employés…

L’héritage d’Esther de Sándor Márai

Couverture de l'héritage d'Esther, de Sandor Marai pioche-en-bib.jpgIl y a peu, Schlabaya, qui dirige le challenge du 1 % rentrée littéraire 2010, a parlé de ce livre et m’a tentée… surprenant, court, et… hongrois, idéal aussi pour mon tour du monde des livres, organisé par Livresque. Et coup de chance, il était à la médiathèque, dont j’attaque la seconde moitié avec ce 27e pays (sur 50 à parcourir). [Depuis, j’ai aussi lu Ce que j’ai voulu taire].

Le livre : L’héritage d’Esther de Sándor Márai, traduit du hongrois par Georges Kassai et Zéno Bianu, éditions Albin Michel, 2001 [première édition en Hongrie en 1939], 163 pages, ISBN 978-2226122452.

L’histoire : dans un village de Hongrie en 1938. Esther vit seule avec sa vieille Nounou (sa domestique) dans la maison de ses parents aujourd’hui décédés. Elle vient de recevoir une injonction de Lajos de le recevoir… Elle ne l’a pas vu depuis une vingtaine d’années… Manipulateur, amoureux d’elle, il avait alors épousé sa sœur, Vilma. Mais Vilma est morte avec des enfants en bas âge, Esther en a élevé les enfants pendant quelques années puis a fui avant le retour de l’étranger de Lajos. Aujourd’hui, elle se souvient et craint qu’il ne revienne, qu’il ne la manipule à nouveau, ne lui soutire à nouveau de l’argent… Comment la rencontre va-t-elle se passer ?

Mon avis : un texte court et surprenant… Qui montre à la fois une femme manipulée et consciente de l’être, sans pouvoir résister. Esther ne serait-elle pas, finalement, une victime consentante ? Un texte encore plus surprenant si on se replace dans le contexte de l’Europe centrale en 1938, à la veille de la seconde guerre mondiale. Je n’ai pas été absolument séduite, mais agréablement surprise.

logo tour du monde en lecture Ce livre entre dans le cadre du défi du tour du monde des livres, organisé par Livresque, au titre de la Hongrie.

La photographe de Christophe Ferré

Couverture de La photographe de Ferré pioche-en-bib.jpgJ’avais bien aimé dans cette collection La longue nuit d’un repenti de Yasmina Khadra. Du coup, quand j’ai vu ce volume sur une table de coup de cœur des bibliothécaires de la médiathèque, je n’ai pas hésité à l’emprunter, faisant confiance à leur choix et au choix éditorial. J’ai appris depuis qu’il a reçu le prix de la nouvelle 2010 de l’Académie française.

Le livre : La photographe de Christophe Ferré, collection Histoire courte, Les Éditions du moteur, 2009, 85 pages (numérotées une page pour le feuillet gauche et droit), ISBN 978-2-918602-02-6 (le site de l’éditeur est toujours aussi mal fait, impossible d’y trouver le livre en question en passant par l’accueil).

L’histoire : New-York, les 10 et 11 septembre 2001 (2010 oups pour le lapsus, merci à Petite fée Nougat de me l’avoir signalé!). La photographe, d’origine française (elle se souvient souvent au fil des pages de son enfance à Beaugency), la quarantaine, cherche dans New-York et à bord de ses ferrys de jeunes hommes comme modèles avec qui il lui arrive de coucher… Le dernier en date est un latino d’une vingtaine d’année. Cette fois, elle pense être tombée amoureuse. Elle a déjà passé une nuit avec lui à l’hôtel. En ce 10 septembre 2010, elle s’apprête à passer la nuit avec lui alors que demain matin, il doit être à 8h30 précise à son travail… au restaurant du dernier étage de la tour nord du World Trade Center.

Mon avis : un récit sans nom, les personnages sont la photographe, le latino, et autres, un peu comme pour mettre une certaine distance avec eux… Deux parties très différentes, dans la première, la photographe vit sa journée du 10 septembre, mais se souvient aussi de ses modèles précédents, de son enfance à Beaugency (elle comparera les tours de Manhattan au donjon de cette petite ville du val de Loire). La deuxième partie est très différente. La photographe, armée du zoom de son appareil photo, tente de voir son amant au dernier étage, assiste à la progression de l’incendie, finit par avoir son amant au téléphone… Quelques dizaines de minutes très fortes avec un récit très bien mené…

Trois nouvelles de Marguerite Yourcenar

Couverture de Conte bleu etc. de Marguerite Yourcenar pioche-en-bib.jpg
Logo du défi J'aime les classiques Logo du challenge ABC critique de BabelioAujourdh’ui, je fais d’une pierre deux coups avec ce livre de Marguerite Yourcenar : il entre à la fois dans le défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie (clic sur le logo pour voir mon récapitulatif) et dans le défi ABC critique organisé par Babelio Il ne me reste plus que la lettre U avec Sigrid Unset pour ce dernier Défi… J’ai longuement hésité dans le rayon de la médiathèque avant de choisir ce volume.

Le livre : Conte bleu. Le premier soir. Maléfice de Marguerite Yourcenar, collection NRF, éditions Gallimard, 1993, 88 pages (plus 21 pages d’introduction numérotées de I à XXI), ISBN 9782070730629 (a aussi été édité en Folio, le premier conte était inédit, écrit en 1927, le second a paru en 1929 dans la Revue de France et le troisième en 1933 au Mercure de France).

L’histoire : trois récits indépendants. Conte bleu se passe dans la Grèce antique, un groupe s’empare de saphirs et va peu à peu en être violemment dépossédé. Le premier soir et Maléfice sont contemporains de leur écriture (à la fin des années 1920), dans le premier, un mari, qui vient de plaquer sa maîtresse, part en train en voyage de noce avec sa jeune épouse… Le récit de cette première journée et première nuit ensembles. Dans le dernier, un groupe de femmes et l’amant organisent une soirée de magie noire avec un homme un peu sorcier pour comprendre qui a jeté un sort à l’une de leurs amies, qui se meurt lentement de maladie.

Mon avis : je n’ai pas trop mordu au premier récit. Le second, dit la préface, a été inspiré à Marguerite Yourcenar par un manuscrit de son père, je l’ai bien aimé, comme le dernier, qui montre la crédulité et la manipulation possible d’un groupe, et rappelle de sombres affaires d’exorcisme qui peuvent encore aujourd’hui défrayer la chronique.

Jardin d’hiver de Thierry Dancourt

Couverture de Jardin d'hiver, de Dancourt pioche-en-bib.jpg logo du chalenge 1% rentrée littéraire 2010 La médiathèque commence à acheter et recevoir les livres de la rentrée littéraire 2010, je peux donc continuer le challenge du 1 % rentrée littéraire 2010, repris par Schlabaya. Et voilà, j’en suis à trois livres sur sept au minimum, je suis sur la bonne voie, j’ai jusque juillet 2011 pour terminer ce défi… où il est bien sûr possible de lire plus de sept livres.

Le livre : Jardin d’hiver de Thierry Dancourt, éditions de la Table Ronde, août 2010, 169 pages, ISBN 9782710367338.

L’histoire : aujourd’hui en automne et en hiver à Royan… Hier, pendant la seconde guerre modiale, à Royan.. hier, il y a peu, à Paris… Pascal Labarthe, le narrateur, arrive par l’autocar en automne à Royan. Il cherche un hôtel, trouve l’Océanic, que le propriétaire est en train de fermer. Il ne loue plus qu’une chambre, à Serge Castel, un VRP qui vient y habiter lorsqu’il cherche des clients dans la région, des vieilles dames plutôt, pour leur placer de l’électro-ménager. À Paris, avec Helen, une jeune femme qui est venue quelques mois à Paris travailler pour des studios. À Royan, découverte d’une villa qu’il recherchait, d’une jeune étudiante qui termine une thèse sur la logique. À Royan, pendant la guerre, une jeune fille, et sa voisine, juive, raflée avec sa famille.

Mon avis : mitigé… Vous avez trouvé mon résumé décousu? Le livre l’est aussi. alors certes, il y a des portraits sympathiques, notamment le vieux monsieur Smeyers qui vient lire des journaux de sa jeunesse à la bibliothèque, une bibliothèque terrible, d’où les livres disparaissent… Le portrait de Royan en hiver est très réaliste aussi, moche, morte (ce fut ainsi que je découvris Royan pour la première fois en arrivant dans la région, en 1992…). D’ailleurs, je n’aime pas cette ville reconstruite (entièrement rasée par un bombardement allié), trop de monde en été, trop désert en hiver. Mais Royan vient d’obtenir en novembre 2010 le label ville d’art et d’histoire, peut-être y aura-t-il des opérations de valorisation et de dynamisation hors saison? Après, trop d’approximation, comme ce couple de jeunes retraités, qui vient d’une bourgade près de Poitiers, Beaulieu, en fait, c’est juste un quartier de Poitiers… On ne peut pas non plus parler DES Poitou-Charentes (à plusieurs reprises dans le livre), éventuellement du Poitou (les deux départements actuels de la Vienne et des Deux-Sèvres, et historiquement ce qui correspond à une grande partie de la Vendée) et des Charentes (Charente et Charente inférieure devenue maritime), sinon, il faut parler de (ou du) Poitou-Charentes. Alors, quelques bonnes pages, mais trop brouillon, un récit trop emmêlé aussi entre aujourd’hui et hier, entre Royan et Paris. N’hésitez quand même pas à vous faire votre vais vous-même, j’ai lu beaucoup de critiques positives sur ce livre, ce n’est pas parce que je n’ai pas vraiment mordu que vous ne l’aimerez pas. Et il est court, vite lu…

Marie, magasin général tome 1 de Loisel et Tripp

Couverture de Marie, de Loisel et Trip pioche-en-bib.jpgJ’avais entamé la série du Magasin général de Loisel et Tripp par le tome 3 : les hommes, seul disponible à ce moment là à la médiathèque. Je recommence donc la série par le début… et ai poursuivi avec le tome 2, Serge, puis le tome 4, Confessions, le tome 5, Montréal, le tome 6, Ernest Latulippe, le tome 7, Charleston et le tome 8, Les femmes.

Le livre : Magasin général, tome 1, Marie, de scénario et dessins de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, couleurs de François Lapierre, adaptation des textes en québécois: Jimmy Beaulieu, éditions Casterman, 80 pages, 2006, ISBN 9782203370111.

L’histoire : Notre-Dame-des-Lacs, petit village québécois, dans les années 1920. Le propriétaire du magasin général vient de décéder. Marie, sa veuve, décide de reprendre le commerce. Le lendemain, tous les habitants se pressent chez elle, abusent de sa gentillesse (partent en lui laissant l’ardoise), Marie perd pied. Elle prend pour commis Gaëtan, le fils du maire, bien gentil et un peu attardé mentalement…

Mon avis : pas de doute, il vaut mieux commencer une série par le premier tome… J’ai bien aimé, cette fois-ci, la vie de ce petit village des années 20 au Québec, les hommes partis travailler à l’extérieur, le village aux mains des femmes, des enfants, des hommes inaptes au travail (le curé, le vieil alcoolique, le handicapé mental).

Logo du classement BD de Yaneck Cette BD sera soumise pour le classement du TOP BD des blogueurs organisé par Yaneck / Les chroniques de l’invisible. Mes chroniques BD sont regroupées dans la catégorie pour les BD et par auteur sur la page BD dans ma bibliothèque.

Les Analogies de la lumière de Odysséas Elýtis

Couverture de l'analogie de la lumière de Elytispioche-en-bib.jpgJe poursuis ma lecture des livres des prix Nobel de littérature (regroupés par auteur sur cette page) avec Odysséas Elýtis, prix Nobel de littérature en 1979, écrivain grec (1911-1996), un auteur à découvrir par exemple sur ce site. Je l’ai fait sortir de la réserve de la médiathèque, il n’avait pas dû sortir depuis un moment… J’ai l’impression que tous les prix Nobel de littérature un peu ancien ont été relégués à la réserve…

Le livre : Les Analogies de la lumière de Odysséas Elýtis, Poèmes et proses choisis, traduits, présentés et annotés par Jacques Phytilis avec la collaboration de Andréas Helmis, éditions Actes sud, 1983, 262 pages, ISBN 2.86446.023.8.

L’histoire : impossible pour moi de vous raconter ces poèmes aux thèmes variés, je ne suis vraiment pas douée pour parler de poésie… Quelques figures récurrentes, la femme, la mer (mer Égée, mer méditerranée), l’Antiquité grecque, la Grèce tout court (et l’Albanie), le soleil, omniprésent, et ses rayons…

Mon avis : je n’avais pas vu le sous-titre (pas sur la fiche de la médiathèque), textes présentés et annotés… Les 105 premières pages, je les ai sautées, c’était le traducteur qui déblatérait et s’écoutait parler d’Odysséas Elýtis, alors, non merci, trop ch…t. (j’ai aussi arrêté page 225, après, des notes pour ceux qui veulent de l’exégèse, pas pour ceux qui veulent savourer un texte d’auteur…). Arrivée à la deuxième partie, le miracle! Ne pas rater vers la fin un poème intitulé L’après Nobel, un retour très humoristique sur la remise du prix… Un ami a qui je parlais de ce livre m’a dit avoir d’autres titres d’Odysséas Elýtis dans sa bibliothèque, j’accepte volontiers l’offre de poursuivre mes lectures de cet auteur…

La lecture de ce livre m’a donné envie de reprendre ma série sur mon voyage en Grèce il y a deux ans, interrompu suite aux émeutes puis à la crise grecque, je n’avais plus envie de vous parler de bonheur dans un pays qui souffre beaucoup ces derniers mois… Je la reprendrai tous les 15 jours le jeudi, quand j’aurai fini ma série sur Chaumont 2010. Voici en attendant un petit retour sur ce voyage :

  1. le départ du Pirée
  2. Mykonos ;
  3. Éphèse, la bibliothèque ;
  4. Éphèse (2) ;
  5. Patmos ;
  6. le port de Rhodes ;
  7. les remparts de Rhodes ;
  8. vieilles rues de Rhodes ;
  9. l’hôpital des hospitaliers et le musée archéologique de Rhodes ;
  10. l’acropole du Mont Smith à Rhodes ;
  11. Rhodes, la rue des Chevaliers et le Palais des Grand-Maîtres ;
  12. Rhodes, une villa ;
  13. Rhodes, le départ
  14. la Crête, Knossos ;
  15. Crète, Heraklion
  16. débarquement à Santorin
  17. sur l’île de Santorin
  18. et bientôt la suite…

Vous pouvez aussi voir une image de déesses des Cyclades sur cet article.

logo tour du monde en lecture Ce livre entre dans le cadre du défi du tour du monde des livres, organisé par Livresque, au titre de la Grèce.

Logo du challenge ABC critique de BabelioCe livre constitue aussi la lettre E du Challenge ABC de Babelio. Il ne me manque plus que des auteurs en U et Y, lettres pour lesquelles j’ai choisi Sigrid Undset et Marguerite Yourcenar.

Une ceinture de feuilles de Patrick White

Couverture de la ceinture de feuilles de White pioche-en-bib.jpgJe poursuis ma lecture des livres des prix Nobel de littérature (regroupés par auteur sur cette page) avec Patrick White, prix Nobel de littérature en 1973, écrivain australien (1912-1990). Je l’ai fait sortir de la réserve de la médiathèque, il n’avait pas dû sortir depuis un moment…

Le livre : La ceinture de feuille de Patrick White, traduit de l’anglais par Jean Lambert, collection Le monde entier, éditions de Gallimard, 1981, 427 pages.

L’histoire : en Tasmanie (une île au large de l’Australie) en mai 1936. Un couple, M. et Mme Roxburgh, se prépare à rejoindre la Grande-Bretagne après avoir rendu visite pendant quelques mois au frère de M. Roxburgh, exilé après avoir commis une escroquerie ou quelque chose comme ça en Angleterre. M. Roxburgh, bien que perpétuellement souffrant, a décidé d’aller le voir, malgré le péril du voyage. Il attend maintenant avec impatience le départ du bateau. Sa femme, beaucoup plus jeune que lui, se rappelle son enfance dans une ferme, de la rencontre avec son futur mari, venu se requinquer à la campagne, puis son mariage et son éducation « au monde » par sa belle-mère. Le bateau part enfin… mais quelques jours plus tard, c’est le nauffrage, l’errance dans les deux chaloupes, un arrêt sur un récif, la reprise de la mer pendant des jours et des jours, et enfin la terre… Mais à peine arrivés, un groupe d’indigènes arrive. Un membre de l’équipage sort un fusil, tue l’un d’eux… et c’est le massacre, le capitaine et M. Roxburgh sont tués, sa femme est épargnée… mais transformée en esclave. Très vite, elle s’aperçoit que ses compagnons de route… ont été mangés par la tribu. S’en sortira-t-elle, avec pour seul bagage une ceinture de feuilles qu’elle s’est fabriqué et à laquelle elle a attaché son alliance?

Mon avis : un portrait très fort de cette femme, Helen Roxburgh. Je trouve le portrait de la tribu aborigène très péjoratif et plein de préjugés, mais j’ai dévoré ce gros livre un peu comme un livre d’aventures, type de roman que je n’avais pas lu depuis longtemps.

logo tour du monde en lecture Ce livre entre dans le cadre du défi du tour du monde des livres, organisé par Livresque, au titre de l’Australie, en complément de Le dernier rêve de la colombe Diamant, d’Adrian Hyland.

Logo du challenge ABC critique de BabelioCe livre constitue aussi la lettre W du Challenge ABC de Babelio. Il ne me manque plus que des auteurs en E, U et Y, lettres pour lesquelles j’ai choisi Odysséas Elýtis, Sigrid Undset et Marguerite Yourcenar.

Mangue amère de Bulbul Sharma

Couverture de Mangue amère de Bulbul Sharma pioche-en-bib.jpg logo du chalenge 1% rentrée littéraire 2010 La médiathèque commence à acheter et recevoir les livres de la rentrée littéraire 2010, je peux donc commencer sérieusement le challenge du 1 % rentrée littéraire 2010, repris par Schlabaya.

logo tour du monde en lecture Et je fais d’une pierre deux coups, ce livre entrant dans le cadre du défi du tour du monde des livres, organisé par Livresque, au titre de l’Inde.

Le livre : Mangue amère de Bulbul Sharma, traduit de l’anglais (Inde) par Mélanie Basnel éditions Philippe Picquier, septembre 2010, 171 pages, ISBN 978-2809702002.

L’histoire : en Inde aujourd’hui. Pour l’anniversaire des funérailles de Bharueai Jog, il convient que des femmes de sa famille (huit ici, menées par Badibua préparent un repas constitué de ses mets préférés, ce qui leur prendra de l’aube à l’heure du déjeuner. En épluchant les légumes puis en préparant les divers plats, chacune de ces femmes prend la parole à tour de rôle pour raconter une anecdote, une histoire qui met en scène une femme, presque toujours mariée dans le cadre d’un arrangement, vivant selon la tradition dans la belle-famille et dans une relation à la nourriture et à la préparation des repas.

Mon avis : un livre que j’ai dévoré, même si, après avoir lu la dernière histoire, je n’aurais eu droit qu’à un curry ultra-léger réservé aux malades et à ceux qui n’ont jamais vécu en Inde! Mais les piments ne sont pas que dans les plats, ils sont aussi dans les histoires, qui montrent une Inde traditionnelle, la femme soumise à sa belle-famille (et surtout la belle-mère) et aux prêtres de divers temples. Mais aussi la ruse de ces femmes pour prendre le contrôle de leur mari, qu’elles n’ont souvent pas choisi. L’exil pour les études ou le travail, en Inde ou aux États-Unis, des hommes surtout, est aussi évoqué au fil de ces pages qui cachent derrière un ton badin une réalité profonde et difficile pour ces femmes. Un livre à lire absolument si vous le trouvez !

Scènes de la vie d’un jeune garçon de J.M. Coetzee

Couverture de Scènes de la vie d'un jeune garçon de JM Coetzee pioche-en-bib.jpgAprès avoir lu L’été de la vie de J. M. Coetzee, j’ai eu envie de reprendre son autobiographie depuis le début…. J’ai emprunté ce livre à la médiathèque.

Le livre : Scènes de la vie d’un jeune garçon, de J. M. Coetzee, traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Catherine Glenn-Lauga, éditions du Seuil (existe au format poche), 190 pages, 1997, ISBN 9782020321037.

L’histoire : à Worcester en Afrique-du-Sud, dans les années 1950. John vit avec son frère une vie d’enfant très protégé par ses parents, son père, avocat, vient de rentrer de la guerre et n’a plus de cabinet, sa mère avait été institutrice mais ne travaille pas. Alors qu’à l’école et chez les scouts, il semble inadapté à la vie (il est trop protégé par ses parents, pas battu par eux), il nous livre une vue sans complaisance de l’école qui maltraite les enfants, et pourtant, c’est une école réservée aux blancs… Il suit un enseignement en anglais, méprise les Afrikaners, leur langue et leur grossièreté, est fasciné par les métis et les noirs, mis à l’écart… À l’école, le choc des religions est bien vivant. Comme ses parents ne lui ont pas donné de consigne et qu’il est fasciné par Rome et la Grèce antique, il se déclare catholique romain… Il est alors rejeté de la majorité des protestants, traité de « juif » (ces derniers sont les seuls qui ne semblent pas le tourmenter)… et les catholiques ont des doutes sur sa foi puisqu’il ne vient pas au catéchisme… À la maison, c’est la mère qui semble tenir le ménage, le père est effacé… jusqu’au retour (catastrophique) à la vie d’avocat au Cap…

Mon avis : beaucoup d’humour et d’auto-dérision dans ce récit, peut-être pas autant que dans le dernier paru, L’été de la vie, mais tous les ingrédients sont déjà là… La lecture de ce premier volume permet aussi de mieux comprendre sa relation avec son père dans le dernier tome. il faudra que je lise aussi Vers l’âge d’homme pour boucler la boucle de l’autobiographie de ce prix Nobel de littérature (2003).