Archives de l’auteur : Véronique Dujardin

Les dix mots de la langue française 2010

Bandeau des dix mots de la semaine françaiseJe suis tombée par hasard sur le site de la caravane des mots… Ils proposent déjà les mots pour la semaine de la langue française (en mars 2010). J’ai essayé de vérifier sur la page de la semaine de la langue française sur le site du ministère de la culture, ils en sont encore à 2009. Mais la liste des dix mots est bonne, elle se retrouve sur de nombreuses pages des alliances françaises et des services culturels français à l’étranger. Le thème est la « fabrique des mots », soit, dit le premier site, des mots qui invitent à découvrir comment ils se transforment, se façonnent et entrent dans le langage courant. Voici la liste :

crescendo / remue-méninges / mobile / variante / galère / baladeur / cheval de Troie / mentor / escagasser / zapper

Et cette fois, ceux et celles qui veulent participer ont plusieurs mois pour réfléchir, je suis sûre que Zazimuth va se laisser à nouveau tenter… En attendant, vous pouvez relire ma participation en 2008 et en 2009 et voir celles de 2010, de 2011 et de 2012.

PS: le site de la délégation à la langue française, différentes associations, bibliothèques, alliances françaises, centres culturels français, etc. proposeront des jeux autour de ces mots, des lectures, des ateliers d’écriture dans les prochains mois… Le jeu le plus fréquent consiste à caser tous ces mots dans un texte court…

Deux nouveaux concours de broderie…

La semaine dernière, je me suis inscrite à deux nouveaux concours de broderie.

Cadeau reçu pour la participation au concours d'Avanton en 2008 Le premier est pour mars 2010. Il est organisé par FilAvanton, souvenez-vous, j’avais déjà participé au concours en 2008, mais pas en 2009… Je n’avais pas gagné, mais quand même reçu un joli petit lot, je viens de m’apercevoir que je ne vous avais jamais montré la photographie… Le thème de 2010 est Fenêtre sur…, le thème pourra être interprété librement, de manière figurative ou symbolique, dit le règlement. Vous pouvez encore vous inscrire, les renseignements sont sur le site du château d’Avanton.

Le second concours est réservé aux 100 premières inscrites… qui devront également être présentes au salon de Moncoutant (dans les Deux-Sèvres) le 13 ou le 14 novembre 2010. Je sais donc où je serai dans un an… Ce salon a lieu tous les deux ans. En 2008, c’était la dimension de la broderie et les fils qui étaient imposés. En 2010, ce sera un kit qui nous sera fourni d’ici quelques semaines. Je ne pouvais pas résister, le thème est tout en bleu. Nous allons recevoir un coupon de toile de lin de 45 sur 50 cm, du coton mouliné bleu, 1 m galon fantaisie, 5 boutons, 50 cm de dentelle, et pourrons utiliser 5 éléments supplémentaires au maximum. Toutes les réalisations sont permises (sac, broderie, chapeau)… Je vais commencer à réfléchir… Les inscriptions se font par courrier ou téléphone auprès de la mercerie Petits points et dessous à Bressuire.

Deux pièces de théâtre au TAP…

Le parvis du théâtre ausitorium de Poitiers Ces deux derniers vendredis, je suis allée voir des pièces de théâtre au théâtre auditorium de Poitiers. Deux textes à lire aussi. Pour le TAP, la salle a juste un an et les sièges grincent déjà de manière très désagréable. J’espère aussi n’avoir pas attrapé les microbes, ils y avaient plein de gens qui toussaient samedi… sans compter le ronflement d’un spectateur trois rangs derrière moi !

D’abord Un nid pour quoi faire, sur un texte d’Olivier Cadiot adapté par Ludovic Lagarde, comme le colonel des zouaves vu il y a peu au même endroit. Cette fois, pas un homme seul en scène, mais neuf dans un chalet à la montagne dans la Forêt noire. Le sujet, c’est une cour royale exilée dans un chalet aménagé façon Ikéa, avec la cour et le roi qui dorment dans la même pièce, et accueillent un nouvel arrivant qui a répondu à une petite annonce recherchant un conseiller en image… Un beau délire… qui dérape carrément dans le dernier quart d’heure qui, à mon avis, est de trop… Une réflexion sur le pouvoir et la tyrannie. Avec un usage intéressant de la vidéo utilisée sur le fond de scène.

Un genre beaucoup plus grave vendredi dernier avec La Douleur de Marguerite Duras, mise en scène par Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang. Une performance remarquable, extraordinaire de Dominique Blanc, seule en scène pendant une heure vingt d’un texte poignant. Le décor est minimaliste, une table avec deux chaises rouges d’un côté, sept chaises de l’autre. Le texte est un récit autobiographique de Marguerite Duras, qui attend avec une énorme douleur des nouvelles des on mari, déporté par les nazis à Dachau. Seule dans son appartement, dans les locaux qui reçoivent le retour des prisonniers et des déportés en ce printemps 1945. Toute l’horreur de l’attente, des espoirs, des déceptions, jusqu’au retour d’un presque cadavre. Un texte extrêmement fort, et une actrice magnifique. Si la pièce passe vers chez vous, n’hésitez pas à y aller, mais prévoyez une petite transition avant de rentrer chez vous… Le texte est si fort, la performance si époustouflante…

Voyage en Corse (5) : Ajaccio

La cour du musée Fesch à Ajaccio Avec une semaine de retard, retour en Corse… De retour de Saint-Eustache et Porto-Vecchio, une journée sans grand trajet à Ajaccio.

La cour du musée Fesch à Ajaccio, banderolle Je commence mon périple en ville par le musée Fesch

…mais comme cela était indiqué à l’aéroport, il est fermé, il me faudra revenir pour voir les primitifs italiens (entre autres), car je ne vais pas aller voir l’exposition Trésors du musée Fesch : collections italiennes, napoléoniennes et impressionnistes Corses qui tourne au Japon pendant cette fermeture. Le musée devrait rouvrir en juin 2010.

Du coup, passage à la poste, très longue queue, des guichetiers qui ont un mal fou à trouver le tarif pour un timbre pour la Nouvelle-Zélande, alors que je leur avais dit, mais ils ne voulaient pas croire que c’était le même tarif que pour l’Afrique et l’Amérique… Bon, en tapant Australie, ils admettent que j’ai raison et acceptent de me vendre un timbre de collection et pas une vignette.

La maison Bonaparte à Ajaccio Direction maintenant la Maison Bonaparte. Je dois faire jouer de ma carte professionnelle pour pouvoir entrer, les groupes ayant saturé le musée ont le nombre de visiteurs est limité, à cause de la configuration des lieux. Je fais rapidement le tour des souvenirs napoléoniens (et surtout de mes cours d’histoire contemporaine en prépa…) pour voir calmement et seule, tout en haut, une exposition sur une épave fouillée récemment, coulée lors de l’expédition de Sardaigne pendant la Révolution en 1793. Le reste du musée a besoin d’un sacré coup de jeune, la restauration des appartements est en cours, il faudrait aussi sans doute revoir ces vitrines pleines de médailles et de souvenirs…

Le pressoir de la maison Bonaparte à Ajaccio Vers la sortie du musée, n’oubliez pas de regarder les pressoirs et autre matériel our la fabrication de l’huile d’olive…

La citadelle d'Ajaccio Avant de déjeuner en ville, un petit coup d’œil à la citadelle, toujours occupée par l’armée. La suite la semaine prochaine…

Et pour retrouver le voyage de 2009 en Corse, suivez les liens…

Un nouvel envoi de Zazimuth…

l'envoi de Zazimuth Dianou / Claudiane a des problèmes d’accès à internet et vous passe le bonjour…

Grande surprise la semaine dernière, je reçois une enveloppe de Zazimuth. Une carte, une cartonnette en récup pour le fil ou les rubans (très gourmande, vous voyez ces groseilles…), et une nouvelle ATC (carte d’artiste) tout en rouge.

l'envoi de Zazimuth, détail de l'ATC en broderie suisse La voici de plus près… Zazimuth vient de se mettre à la technique de la broderie suisse, c’est une très bonne idée d’en avoir mis une minuscule sur une ATC… Je vous rappelle qu’elle mesure 2,5 sur 3,5 pouces…

Biscornu à 15 faces, la deuxième face…

SAL bonne année 2010, les lettres B et B Hier après midi, Véro 21 / On se motive encore nous a livré la grille pour la deuxième face du biscornu à 15 faces pour la nouvelle année 2010… Un O, c’est donc bien BONNE ANNEE… Si on ajoute 2010, sans espace, cela fait 14 faces… Une étape vite brodée. Et j’ai enfin terminé le contour des 15 faces…

SAL bonne année 2010, les 15 cases et les deux premières lettres Retrouvez toutes les étapes de ce SAL :

Les belles choses que porte le ciel de Dinaw Mengestu

Couverture de Les belles choses que porte le ciel de Dinaw Mengestu Il y a quelques jours, j’ai reçu ce livre de la part de Suzanne, de Chez les filles.com. Idéal pour un dimanche après-midi pluvieux… [PS, depuis, j’ai aussi lu de cet auteur Ce qu’on peut lire dans l’air].

Le livre : Les belles choses que porte le ciel de Dinaw Mengestu, traduit de l’anglais par Anne Wicke, Le livre de poche, n° 31523, 282 pages, 2009, ISBN 9782253125815 (première édition en français en 2007 chez Albin Michel, prix du roman étranger en 2007).

L’histoire : de nos jours à Washington, pas très loin de la Maison Blanche. Le narrateur, Sepha, est arrivé depuis des années d’Éthiopie, qu’il a fui après l’assassinat de son père lors d’un soulèvement. Il tient une petite épicerie dans un quartier assez pauvre. Il a un oncle, qui vit dans une tour où sont regroupés de nombreux Éthiopiens, et deux amis africains, Joseph, ingénieur originaire du Congo et Kenneth, serveur dans un grand hôtel fréquenté par les parlementaires. Ils se retrouvent autour d’un verre (enfin, plusieurs) chaque semaine et jouent au  » jeu des dictateurs africains « , sorte de trivial pursuite maison avec pour thème les soulèvements et coups d’État en Afrique depuis les années 1960. Peu à peu, son quartier semble évoluer, les loyers augmentent, les plus pauvres sont expulsés, une mère, Judith, et Naomie, sa fille de onze ans, emménagent dans une grande bâtisse longtemps restée à l’abandon… Elles vont bouleverser sa vie calme.

Mon avis : j’ai beaucoup aimé ce court roman qui est une autre vision du rêve américain, de l’intégration (ou non avec l’oncle et surtout ses voisins) et de la désillusion. Rappelons que l’auteur est lui-même né en Éthiopie. Le récit principal se déroule autour de l’arrivée de Judith et de sa fille, mais quelques chapitres intercalés se déroulent après leur départ, et des digressions permettent de reconstituer peu à peu le cauchemar vécu en Éthiopie il y a des années par Sepha. En revanche, je n’ai pas percé le mystère du titre, Les belles choses que porte le ciel, emprunté à l’Enfer de Dante…

Logo de Chez les filles Le site Chez les filles.com (merci à eux et notamment à Suzanne) m’ont déjà envoyé ces autres livres, que j’ai parfois aimés, parfois pas du tout. Retrouvez-les sur la page des livres reçus pour critique.

Bon anniversaire Dianou !

Vase brodé stylisé Il y a une quinzaine de jours, Dianou / Claudiane fêtait son anniversaire… Je lui ai choisi un modèle de vase tout en rouge tiré du n° 19 de Anna Burda (mai 2009), le même que celui où se trouvait le cœur.

Trousse au vase stylisé, la face brodée Comme celui-ci, je l’ai finitionné en trousse…

Trousse au vase stylisé, le dos, tissu avec éventails …avec le même tissu à motif d’éventails déjà utilisé pour la trousse de Muriel .

Le chevet de Sainte-Radegonde de Poitiers

Chevet de Sainte-Radegonde à Poitiers Je vous promettais l’autre jour de vous montrer l’église Sainte-Radegonde de Poitiers, située tout près de la cathédrale, comme je vous l’ai déjà montré depuis les escaliers sur l’autre rive du Clain. C’était une église de pèlerinage importante au Moyen-Âge. D’abord par la personnalité de Radegonde, née vers 520, épouse de Clotaire, fils de Clovis, à qui il accorda de se retirer à Poitiers pour y fonder un monastère, près du baptistère et du rempart : ce sera l’abbaye Sainte-Croix, à qui l’empereur de Constantinople fit don d’une relique de la vraie croix… Radegonde décède en 587, et est inhumée, comme il est d’usage à l’époque, hors les murs, dans ou près de l’église Sainte-Marie-hors-les-Murs qu’elle avait fait construire. Les miracles s’y multiplient… Après plusieurs péripéties, reconstructions suite à des incendies, l’église dont vous voyez ici le chevet a été dédicacé en 1099. Au ras du sol, vous apercevez les jours qui éclairent la crypte contenant le tombeau de sainte Radegonde.

La crypte et le tombeau de sainte Radegonde à Poitiers Voici de l’intérieur la crypte avec le tombeau (clic sur le lien pour plus de détails). Un étroit couloir permet de passer derrière la crypte, et de s’arrêter pour prier sur des autels situés dans les chapelles rayonnantes. Les murs de la crypte et d’une partie de la nef portent des ex-votos, en remerciement des miracles de la sainte. Mais attention, le rituel est complexe, si l’on en croit les témoignages, et il ne faut pas oublier de la remercier. Une urne reçoit les demandes de prières des religieuses de Sainte-Croix, dont le monastère se trouve maintenant hors de la ville.

Au-dessus, le chœur roman avec son déambulatoire et ses chapiteaux à décor repeints au 19e siècle, dont le célèbre chapiteau historié que je vous ai déjà montré, qui porte du côté du déambulatoire Adam et Ève, vers l’ouest, Nabuchodonosor, et vers le sanctuaire, Daniel dans la fosse aux lions.

L’église a encore connu de nombreuses évolutions, avec une nouvelle nef construite au 13e siècle, puis un portail au 15e siècle, plaqué sur le clocher-porche roman… Puis la crypte a été réaménagée, la flèche construite. Mais il faut que j’aille faire d’autres photographies… Celles-ci datent de l’été 2008.

Le dernier homme qui parlait catalan de Carles Casajuana

Couverture du dernier homme qui parlait catalan de Carles Casajuana Il y a une quinzaine de jours, je recevais une proposition de partenariat du site Alapage. Il s’agissait de choisir un livre sur leur site, je le recevrai et en ferai la critique. Je venais justement de lire une critique de Daniel Fattore qui parlait d’un livre dont je venais de noter la référence dans le petit carnet offert par Emmanuelle. Ce livre l’avait laissé perplexe au moins sur sa fin… Mon choix s’est donc porté sur celui-ci, je l’ai terminé dans le train pour Tours hier… Tours où j’ai visité plein d’expositions dont je vais vous parler très vite…

Le livre : Le dernier homme qui parlait catalan de Carles Casajuana, traduit du catalan par Marianne Millon, collection pavillons, éditions Robert Laffont, 2009, 238 pages, ISBN 978-2221113554. Il a reçu en 2009 le prix Ramon-Lull (prix des lettres catalanes). Vous pouvez trouver ce livre chez Alapage par ce lien direct.

L’histoire : à notre époque, à Barcelone. Ramón Balaguer est le dernier propriétaire d’un immeuble racheté à la découpe par un promoteur immobilier. En dépit de multiples offres et de brimades (coupure du gaz, de l’ascenseur), il refuse de partir tant qu’il n’aura pas fini de rédiger son quatrième livre, pour lequel il a pris un congés sans solde… Il le rédige en castillan. Un jour, il découvre la présence d’un squatteur au deuxième étage. Il finit par découvrir Miquel Rovira, un gardien de nuit qui le jour essaye d’écrire son premier roman, mais lui écrit en catalan, et le sujet de son livre est la mort de catalan, peut-être trois ou quatre générations plus tard, mort du catalan parce que ceux-ci parlent de plus en plus castillan, que les auteurs catalans écrivent en castillan… Il fait connaissance aussi des amis de Rovira, tous fervents défenseurs du catalan, et finit par tomber amoureux de Rosa, l’amie de Rovira.

Mon avis : les deux thèmes du livre, la vente à la découpe d’appartements et le problème de la langue, m’ont vraiment séduite… Certes, la traduction ne permet certainement pas de comprendre les subtilités de l’opposition du catalan, langue présentée comme langue d’usage, et du castillan, vécu par Rovira (et probablement l’auteur) comme un envahisseur. Le petit dialogue où un prof de fac raconte qu’il fait son cours en catalan et que des étudiants Erasmus s’en sont plaint m’a rappelé L’auberge espagnole de Klappisch… Mais nous qui vivons dans un pays où le français s’est imposé sur tout le territoire surtout par l’école de Jules Ferry et la guerre de 1914-1918, nous avons du mal à comprendre ce problème linguistique qui va plus loin, l’identité régionale ou nationale (les identités nationales, régionales, européennes ?) passant probablement en partie par la langue… Et aussi par la culture ou les musées, et là (ce n’est pas dans le livre), le programme culturel du musée d’histoire de la Catalogne et celui du musée national d’art de la Catalogne (MNAC), définis par décrets, ne pourraient probablement pas exister chez nous, ils affirment clairement l’identité catalane avant tout autre programme. Comme quoi le débat sur l’identité est assez universel…

Post-scriptum : Michel Valière me (et vous) conseille la lecture  » de l’œuvre de l’écrivain occitan (et traduit) Joan Bodon [sur] ce thème de la disparition d’une langue minoritaire «  … je note dans mon petit carnet magique (voir plus haut), mais il n’y en a pas à la médiathèque de Poitiers…

Un grand merci au site Alapage pour m’avoir envoyé ce livre.

Lien vers le site de l’éditeur : éditions Robert Laffont.

Logo du challenge du un pour cent rentrée littéraire 2009 Ce livre est en outre le quatrième que je lis pour le challenge du 1 % rentrée littéraire 2009, organisé par la Tourneuse de page.

logo tour du monde en lecture J’ai sélectionné ce livre pour le tour du monde en lecture proposé par Livresque.