Le miel 2014 de Parrains d’abeilles!

Miel, récolte 2014, 10 kgSamedi, j’ai fait la connaissance « en vrai » d’Ammaria (et Monsieur… je vous montre rapidement les gros cadeaux qu’ils ont apportés) et nous sommes partis par les routes, direction plein est au départ de Poitiers, en passant par , Saint-Savin (voir la voûte), puis dans l’Indre Le Blanc (aux portes du parc naturel de la Brenne), nous passons à deux pas de Ciron où sont morts Spinelli et Sivel, puis d’Argenton-sur-Creuse (avec le site antique d’Argentomagus) et Saint-Marcel et sa grotte préhistorique de La Garenne… et arrivons dans un petit hameau de Chavin où se niche l’exploitation agricole de parrains d’abeilles, où j’ai parrainé une ruche comme en 2013 (voir dans cet article pourquoi j’ai arrêté le parrainage antérieur  avec un toit pour les abeilles).

Miel, variété des couleurs de la récolte 2014Nous avons été très gentiment accueillis avec du pain d’épice et une dégustation de miels de cette année, dont celui du printemps, très blanc (plus blanc que l’année dernière), fleurs de forêt, de prairie ou à dominante de sarrasin (le plus foncé). L’année n’a pas été facile, avec un printemps pluvieux puis juillet et août encore pires. Chaque ruche n’a donné que 12 kg de miel au lieu d’une vingtaine habituellement… mais nous sommes revenues avec 15,5kg de miel, 5,5 pour Ammaria, autant pour moi et 9 pots de 500g de plus pour des amis (dont Maryse -qui écrit désormais régulièrement ici- et Olivier). Nous avons visité l’installation d’extraction à froid (extracteur, maturateur). Je ne manquerai pas de tester les nonettes dont la recette était jointe à la récolte!

Cire d'abeille, récolte 2014Et j’ai aussi pris de la cire d’abeille (brute, juste fondue en pain, avec quelques impuretés), je vais pouvoir tester les recettes de crème cosmétique de Flore de Saintonge!

Allez vite découvrir le travail de parrains d’abeilles, et n’hésitez pas à participer à l’opération en 2015! Pré-financement (participatif donc) de la récolte en février/mars, livraison en octobre/novembre.

Poitiers antique, 40 ans d’archéologie préventive

Jardin du Puygarreau à Poitiers, 15 septembre 2012, le chantier archéologiqueLe 6 novembre dernier, la ville de Poitiers et l’Inrap (institut national d’archéologie préventive) lançaient au musée Sainte-Croix la plaquette Poitiers antique, 40 ans d’archéologie préventive, rédigée par Frédéric Gerber qui donnait pour l’occasion une conférence sur les fouilles du jardin du Puygarreau. A la grande surprise de tous, y compris du conférencier, personne n’a ouvert la séance en le présentant. Il y avait pourtant Alain Claeys, maire de Poitiers, au moins trois adjoints et élus, le directeur du musée et plusieurs autres représentants de cette institution (la responsable de la médiation aurait pu intervenir), ainsi que plusieurs responsables régionaux de l’Inrap. Ayant patienté le « quart d’heure poitevin », jeté moultes regards, Frédéric Gerber s’est lancé dans sa conférence bien adaptée au grand public. A la fin, il pensait aussi que quelqu’un prendrait la parole, même si le maire était parti… mais c’est encore lui qui a dû préciser que cette conférence avait lieu pour le lancement de la plaquette, que tout le monde pourrait prendre à la sortie avec d’autres documents de l’Inrap. Un manque de coordination pour cette absence de « protocole » minimal? Ceci étant, je vous invite à lire la plaquette pour les Poitevins, vous devez réussir à la trouver à la mairie ou dans les mairies annexes. Vous y trouverez aussi des édifices dont je vous ai parlés:

Quatre vues de l'amphithéâtre de Poitiers, 2013l’amphithéâtre romain et sa reconstitution par Golvin

Jardin du Puygarreau à Poitiers, 15 septembre 2012, le chantier archéologiqueRetour sur les travaux du jardin du Puygarreau

 

Le rempart romain de Poitiers dans le square Jeanne-d'Arcle rempart romain dans le square des Cordeliers et le rempart médiéval et moderne de Blossac

Rempart romain vu de trois-quarts, résidence Jean-Jaurès à Poitiers le rempart romain dans la résidence Jean-Jaurès

 

Hypogée des Dunes à Poitiers, quatre vues des sarcophageset pas l’hypogée des dunes et le buste de Camille de la Croix, ou bien j’ai sauté une page? Il est certes hors les murs (mais pas plus que le temple de Mercure) et fouillé il y a longtemps… [Grégory a trouvé 2 mentions: « cimetière des Dunes » page 8 dans une liste de fouilles anciennes et « nécropole des Dunes » page 30, mais là, c’est l’extension d’une fouille sous le parc à fourrage en 2008, par une entreprise concurrente de l’Inrap -ça, ce n’est pas marqué].

Poitiers, Minerve Athêna de l'ecole Paul Bert au Musée… mais pas plus que la « fouille » de l’école Paul-Bert suite à la découverte de la Minerve/Athêna, en cours de restauration au musée, où vous pourrez suivre gratuitement (sur inscription, places limitées) mardi prochain la fin de sa restauration [pour info, je suis prise ailleurs pour un déjeuner].

Poitiers, l'ancien musée de l'hôtel de ville, 3, Miverve vue de face Je vous l’avais montré dans l’ancien musée dans l’hôtel de ville.

Poitiers, égide de Minerve Athêna de l'école Paul Bert au musée Sainte-CroixQue la Méduse de son égide vous protège!

Boisson aux pommes

Trognons et épluchures de pommes, 1, dans la cocotteParmi les recettes antigaspi proposées par de grands chefs pour La ruche qui dit oui et la région île de France, dans le cadre de la semaine de la réduction des déchets, j’avais repéré, outre les croquettes zéro déchet, une recette de boisson aux pommes, proposée par Marmiton. Avec des trognons et des épluchures de pommes (attention, bio, car sinon, les pommes sont, avec les raisins, les fruits qui reçoivent le plus de traitements), je vous ai déjà proposé la gelée d’épluchures et de trognons de pomme.

Les ingrédients (pour un verre):
– le trognon et la peau d’un pomme (j’en ai mis deux, c’étaient de petites pommes, bien sûr j’ai mangé les quartiers tout de suite!)
– 1 cuiller à soupe (bien bombée) de miel (celui de 2013, je viens juste d’aller chercher hier la récolte 2014 avec Ammaria chez parrains d’abeilles près d’Argenton-sur-Creuse)
– une pincée de cannelle en poudre
– le jus d’un citron

Préparation du jus de trognon de pomme et citron, ingrédients, blender et filtration

La recette:

Mettre tout dans un blender, mixer (attention, bien fermer le couvercle, sinon ça éclabousse, regardez les bords de mon blender), laisser macérer 30 minutes au frais à couvert (la recette dit au frigo, un peu froid je trouve, à la cave si vous avez), filtrer, servir froid, éventuellement avec un glaçon.

Verdict:

Jus de trognon de pomme et citron, le verre pleinPas mal, j’ai ajouté un peu d’eau passée dans le filtre, sinon le citron dominait (ou plutôt l’acide, malgré le miel, mais c’est dû à mon anosmie/agueusie). Comme j’avais pris une pomme rouge, le jus a une belle couleur. Ça fait quand même beaucoup de vaisselle (blender, filtre, pot) pour un verre (multi-vitaminé il est vrai), la prochaine fois, j’en ferai pour plusieurs personnes. N’oubliez pas de mettre les résidus de pomme broyée obtenus après filtration sur votre tas de compost!

Histoire de chaussettes chiliennes

Aujourd’hui, c’est à nouveau Maryse qui prend les clefs de mon blog!

Histoire de chaussettes chiliennes

Chaussettes chiliennes de MaryseEn fait ces chaussettes sont un prétexte pour vous parler du Chili en 1985, à l’époque du régime dictatorial d’Augusto Pinochet bien en place et déterminé à rester au pouvoir manu militari.

J’étais logée à Santiago, chez une amie chilienne, Nella, connue à la fac de Poitiers quelques années auparavant. Le couvre-feu à 23h écourtait les soirées hors de la maison: pas de restos, pas de ciné, sauf en fin d’après-midi, et bien sûr, pas de réunions nocturnes. Les hélicoptères sillonnaient la ville à basse altitude dès l’heure fatidique, avec d’énormes gyrophares qui scrutaient les rues, les trottoirs, les places et qui tiraient sur tout ce qui pouvait bouger. Les rafales de mitraillettes étaient stressantes et on en entendait souvent. Les enfants de mon amie se réveillaient alors en sursaut et pleuraient. Difficile de les rendormir. Ils faisaient beaucoup de cauchemars.

Le climat était tendu et dans la journée on voyait dans les rues adjacentes aux avenues principales du centre ville les chars et les militaires armés. Il y avait de quoi susciter la crainte et l’insécurité.
Je voyais lors de ces soirées en famille, Alejandro, son mari, qui s’emparait d’un bouquin et plongeait très vite dans un sommeil profond. Il rentrait tard du lycée où il enseignait l’histoire pour un salaire dérisoire. On discutait aussi beaucoup de la situation du pays, de la France (chez nous, c’était l’époque Mitterrand). Parfois des copains venus dîner, restaient coucher: on se couchait plus tard et on buvait du pisco.

Chaussettes chiliennes de Maryse, détail du pointNella, pour s’occuper lors de ces discussions, tricotait des bonnets, des écharpes et/ou des chaussettes pour l’hiver pour toute la famille. J’ai alors eu envie de l’accompagner, et elle est allée chercher son sac à laines (équivalent à celui que Véronique nous montrait il n’y a pas longtemps). Beaucoup de pelotons de laines de toutes les couleurs!
Que faire avec tout çà?

Chaussettes chiliennes de Maryse, enversDes chaussettes bien sûr, et en m’inspirant d’une paire qu’elle faisait en grosse laine écrue et marron, j’ai commencé un dessin. En tâtonnant un peu au début pour mélanger les couleurs, ce n’était pas évident, j’ai réussi à faire cette paire qui reste pour moi un souvenir inoubliable et un témoignage d’une belle amitié. Elle m’a fait cadeau de celle qu’elle faisait avec moi et c’est mon fils aîné qui les porte le soir en guise de chaussons.

2007 l’Odyssée de l’espace vert, par Joël Polomski

Voeux 2012 par petite fée Nougat, 1, l'ensemble Avec les événements du barrage de Sivens, je voulais rééditer mon avis sur ce livre… mais je me suis aperçue que je n’avais pas rédigé d’article sauf quand je l’ai reçu dans une enveloppe dodue de Petite fée Nougat (qui n’alimente plus son blog).

Voeux 2012 par petite fée Nougat, 3, la dédicace de Polomski …Elle avait même fait dédicacé cette aventure d’Emile Adiou à son auteur, Joël Polomski (dont je vous ai déjà parlé pour deux autres albums aussi offerts par Petite fée Nougat, Le disparu de Saint-Cirq-Lapopie et Le Diable du pont Valentré)…

Le livre: 2007 l’Odyssée de l’espace vert, les aventures extraordinaires d’Emile Adiou, paysan du Quercy, par Joël Polomski, 2009, auto-édité, ISBN 9782951891661.

L’histoire: sur le Causse du Quercy, Emile Adiou, sa femme, le voisin Lucien, le filston qui n’aime pas l’école, le représentant du « crédit arboricole », les campeurs venus de la ville pour les vacances.

Mon avis: un album en noir et blanc, en petit format à l’italienne (horizontal). De nombreux aspects de la vie des paysans y sont abordés sous la forme de saynètes humoristiques, la difficulté de la vie des agriculteurs, de trouver une épouse, de résister au représentant du crédit agricole (pardon, arboricole) qui réussit à leur vendre avec un crédit de 30 ans le dernier modèle de tracteur dont ils n’ont pas vraiment besoin, juste pour ne pas avoir l’air « ridicule » sur le vieux tracteur alors que le voisin vient d’acheter le nouveau (dont il n’avait pas plus besoin)… De même, ne sera-t-il pas contraint de planter des OGM alors qu’il est contre, mais qui seraient subventionnés et lui permettraient de rembourser ses prêts? Un grand sourire quand le fils ajoute un tag dans la grotte de Pech-Merle… pour laisser la trace de son époque (et demander 10% des droits d’entrée, LOL!). Auto-éditée, cette BD ne sera sans doute pas facile à trouver, mais je vous la recommande chaudement!

Logo top BD des bloggueurs Cette BD sera soumise pour le classement du TOP BD des blogueurs organisé par Yaneck / Les chroniques de l’invisible. Mes chroniques BD sont regroupées dans la catégorie pour les BD et par auteur sur la page BD dans ma bibliothèque.

Un dessous de plat personnalisé

Dessous de plat en bois personnalisé sur le thème de la peintureJe poursuis ma réédition des articles de janvier 2008, en republiant avec des photographies de meilleures qualités (à l’époque, over-blog, mon hébergeur d’alors, limitait fortement le poids des images)

Article du 27 janvier 2008

Je rentre de plusieurs jours de déplacement professionnel sur Dijon, où je n’ai pas trouvé de cyber-café en centre-ville. Avant de vous faire part de mes visites de musées et expositions dans cette ville [voirla collection Magnin et le musée de la vie bourguignonne], voici un des articles que je pensais poster ces derniers jours.

Le modèle : pas vraiment de modèle prédéfini, c’était selon l’inspiration.

Les matériaux : un dessous de plat en bois brut, du paraloïd® B72 (à la place du vernis-colle, voir plus haut la boîte décorée et la fiche technique sur le produit, archivée dans mes trucs et astuces), des planches de motifs à découper, de la gouache.

La réalisation : faire les découpages, coller et vernir avec le paraloïd®, plus concentré pour le collage, très dilué pour le vernis.

Du mou et du dur…

Scène d'accouplement, sculpture gothique sur un chapiteau dans l'église de Payroux, Vienne, vue rapprochéeOh, j’entends quelques petites voix amies qui pensent à mes articles du mot-clef «  » (au Moyen-Âge – je n’ai pas résolu la question de la position pour cette photo à 😉 – ou à l’époque moderne)… mais non, ce sont juste les recommandations de la diététicienne pour reprendre un minimum de plaisir à manger malgré mon anosmie/agueusie. Parmi les exemples, elle m’a dit que les croquettes pouvaient être une bonne solution.

Les ingrédients pour la soupe de betterave et la tatin de céleriElle m’a aussi conseillé d’alterner les rares odeurs qui commencent à revenir et l’introduction de nouvelles odeurs. Cette fois, j’ai choisi une odeur revenue, la coriandre… à forte concentration, donc juste quand je coupe ou quand j’en mets vraiment beaucoup (ici un gros bouquet! sur la photo, vous voyez dans le verre de la coriandre, de la ciboulette pour la soupe froide de betterave et le persil que j’ai mis en entier dans une omelette). Les croquettes, je n’en cuisine presque jamais. Je faisais parfois des pancakes aux flocons d’avoine et lentilles, mais le goût était peu prononcé « avant ». Et puis j’ai pensé à l’une des recettes antigaspi proposées par de grands chefs pour La ruche qui dit oui et la région île de France, en partenariat avec Marmiton, dans le cadre de la semaine de la réduction des déchets : les croquettes zéro déchet, recette proposée par Gabrielle Menzeluk du restaurant l’Assiette, Paris 18e.

Les ingrédients: pour une dizaine de croquettes (2 personnes)

50g de pain rassis
1 verre (6,5 cl) de lait
1 œuf
30g de roquette (remplacée par beaucoup plus de coriandre fraîche)
20g de chèvre cendré (je me limite à 30g de fromage maxi par jour, à cause du sel, je n’ai donc mis du chèvre que sur quelques croquettes, euh, Monsieur mon producteur de chèvre, j’ai oublié de vous en prendre samedi, en plus du fromage frais, alors c’est cette fois du chèvre « industriel » de Bougon)
Sel, poivre, huile d’olive

La recette (un peu modifiée, j’avais la flemme de pétrir à la main): Croquettes au pain rassisdans le bol du robot, couper le pain en petits morceaux, verser le lait, laisser gonfler, ajuster (j’ai ajouté un peu de lait), ajouter l’œuf, la roquette (la coriandre) ciselée, assaisonner, mixer ou pétrir. Après, économie de vaisselle oblige, j’ai directement réalisé les croquettes dans la poêle chaude huilée, après retournement, j’ai baissé le feu et laissé fondre un peu plus de 2 minutes le chèvre. Puis j’ai préparé une deuxième fournée!

Verdict: je retiens cette recette, même si j’ai assez peu souvent du pain rassis, que je coupe en crouton pour les soupes en hiver, réduit en panure ou plus rarement cuisine en pain perdu…

Journal de Alix Cléo Roubaud

Couverture du journal d'Alix Cleo Roubaud

A l’occasion de l’exposition Autoportraits  organisée en ce moment à la Bibliothèque nationale de France (site François-Mitterrand, jusqu’au 1er février 2015), je réédite cet article. Je n’ai pas vu l’exposition mais ai pu feuilleter le beau catalogue, Alix Cléo Roubaud, Photographies, sous la direction d’Anne Biroleau, Hélène Giannecchini et Dominique Versavel. Il y a aussi une petite vidéo en ligne sur le site de la BnF.

Article du 9 septembre 2010 : Il y a quelques années, nous avions discuté avec mon père de Quelque chose, noir (que j’avais trouvé la première et lui avait offert). Puis je vous ai brièvement parlé du sujet dans cet article. Mon père vous en a aussi parlé en mettant sur son blog (ce lien est direct) le film de Jean Eustache (Les Photos d’Alix, 1980) édité sur youtube en deux parties. Aussi, quand il a vu dans Le Monde qu’il y avait une nouvelle édition du Journal, avec une introduction de Jacques Roubaud et toutes les photographies de Si quelque chose noir (des autoportraits d’Alix Cléo Roubaud), il l’a acheté et l’a ensuite partagé avec moi…

Le livre : Journal (1979-1983) de Alix Cléo Roubaud, collection fiction et compagnie, éditions du Seuil, 223 pages, 2009 (1ère édition 1984, mais ici, édition augmentée), ISBN 978-2-02-100209-6. Avec une préface de Jacques Roubaud, qui a aussi réalisé la transcription des journaux, et des photographies de l’auteure.

L’histoire : le Journal d’Alix Cléo Roubaud, au fil des ans un peu partout, en français et en anglais (traduit… parfois par elle-même, elle était Canadienne anglophone), de 1971 à sa mort début 1983, à l’âge de 31 ans. La forme des cahiers qui ont constitué le journal est respectée. D’états d’âmes en prise de conscience de son attitude autodestructrice (alcool, médicaments, tentatives de suicide), le récit d’une vie si difficile à vivre… même son mariage avec Jacques Roubaud, rencontré en 1979.

Mon avis : un journal terrible, avec les doutes et les tentatives de suicides évoquées au fil des pages, sans cesse répétées, les cures pour combattre son asthme… Si elle est morte le 28 janvier 1983 officiellement d’une embolie pulmonaire, il reste, comme après la lecture de Quelque chose noir de Jacques Roubaud, plutôt une impression d’attitude qui aurait dû la conduire droit vers un suicide réussi. Un texte à lire si vous êtes en bonne forme psychique, même pour voir les magnifiques mais terribles auto-portraits photographiés qui accompagnent le texte.

Pour aller plus loin : voir les articles chez terres de femmes, dans plusieurs articles, notamment un extrait du journal et un Hommage à Alix Cléo Roubaud, par Marie Fabre

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Une nappe à peine brodée retrouvée…

Une nappe brodée à peine entaméeC’est un projet commencé en 1990 et que j’ai retrouvé soigneusement plié au au fond d’un placard… Je n’ai pas vraiment mesuré, je dirais 120 ou 140 de côté… Bon, on va dire que j’ai « changé de style », mais la toile damassée me plaît bien…

Ebauche d'un motif papillon sur une nappe brodéeJe ne sais pas où j’avais trouvé ces motifs. Un genre de papillon, passé plat et point de tige…

Ebauche d'un motif floral sur une nappe brodéeEt un motif floral centré, dont seuls le contours et les fleurs sont brodés.

Je ne sais pas ce que je vais en faire, le ré-enterré sous une pile, sans doute…

La Métamorphose version androïde d’Oriza Hirata

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014Dans le cadre de ma saison 2014-2015 au  théâtre et auditorium de Poitiers / TAP, je suis allée voir la semaine dernière La Métamorphose version androïde d’Oriza Hirata (traduit par Mathieu Capel assisté de Hirotoshi Ogashiwa) d’après la nouvelle de Franz Kafka, avec l’androïde Repliee S1 créé par le Pr Hiroshi Ishiguro et l’ingénieur Takenobu Chikaraishi, manipulé par Thierry Vu Huu qui lui donne aussi sa voix. Le spectacle a été créé par le Festival d’automne en Normandie (dont c’était la dernière
édition…)

L’histoire : En 2040 quelque part dans le sud de la France. Grégoire
Samsa [l’androïde Repliee S1] se réveille un matin sous les traits d’un
robot androïde. Seul le haut de son corps est mobile, il ne peut pas se lever pour aller travailler. C’est la guerre en Méditerranée, les
départs au front se multiplient, le travail se fait de plus en plus
rare, les émigrés et les réfugiés affluent. Stupeur de sa sœur
[Laetitia Spigarelli] puis de sa mère [Irène Jacob]. Le père [Jérôme
Kircher], débordé par son propre travail menacé, refuse tout simplement d’y croire. Puis peu à peu, ils finissent par accepter cet autre Grégoire qui leur parle, et leur pose aussi problème: il ne travaille plus, l’argent ne rentre plus, d’autant que le père puis la sœur sont licenciés, ce n’est pas le bénévolat de la mère dans une association d’alphabétisation des migrants qui va faire bouillir la marmite. La présence de Grégoire menace l’acceptation d’un locataire, Monsieur Darmon, un médecin réfugié spécialiste du cerveau [Thierry Vu Huu]…

Le spectacle et mon avis: Comme un personnage principal, un lit, une fenêtre à l’arrière, un cadre qui marque le mur vers le reste de l’appartement, une porte, la porte de la chambre, les voix
off des autres membres de la famille, à l’arrière, invisibles à
certains moments. Sur le lit [je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à  Romain Duris dans La nuit juste avant les forêts, seul en scène sur un lit dans une pièce de Koltès] un robot, corps métallique mais un masque blanc de théâtre traditionnel japonais à la place de la tête et des mains également gantées de blanc. La bouche, les lèvres, les yeux, les bras, les mains bougent, la voix est enregistrée mais parfaitement synchronisée. Je ne sais pas, mais je pensais que le robot serait plus mobile. Un questionnaire avait été distribué à l’entrée, ramassé à la fin, sur la crédibilité et l’acceptabilité des robots. Je ne sais pas ce qu’ils pourront en tirer, il y avait énormément de questions négatives, ce qui complique la compréhension de la réponse! (ex fictif: le robot n’est pas crédible, à noter sur une échelle allant de 0 « je n’y crois pas » à 10 « j’y crois »).
Il faudrait que je me replonge dans la Métamorphose de Kafka, écrite en pleine première guerre mondiale (1915), lue il y a des lustres (au
lycée?), car ici, dans la transposition, l’auteur nous invite à réfléchir sur la guerre, l’immigration, les réfugiés, le bénévolat. La brève intervention du locataire pousse la réflexion sur les états végétatifs, les organes artificiels, jusqu’où peut-on parler d’un humain? Un spectacle que je vous conseille s’il passe près de chez vous!