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Les chaussures italiennes de Henning Mankell

Couverture des chaussures italiennes de Mankell pioche-en-bib.jpgJ’ai récupéré ce livre à la médiathèque, je l’avais noté dans le petit carnet offert par Emmanuelle après un article de Monique / Bidouillette / Tibilisfil en mars. Henning Mankell est un auteur que j’ai beaucoup lu, mais je ne vous ai parlé que du cerveau de Kennedy. Depuis, j’ai aussi lu L’homme inquiet.

Le livre : Les chaussures italiennes de Henning Mankell, traduit du suédois par Anna Gibson, Editions du Seuil, 2009, 341 pages, ISBN 9782020944656.

L’histoire : de nos jours un peu avant noël sur une minuscule île de la Baltique en Suède. Fredrik Welin, ancien chirurgien orthopédique, 66 ans, y vit reclus depuis douze ans avec son chien et son chat, avec juste pour visiteur le facteur de l’archipel, deux fois par semaine. Au fil des pages, on apprend qu’il s’est retiré dans cette île qui appartenait à ses grands-parents suite à une terrible erreur médicale. Chaque matin, il creuse un trou dans la glace et s’y plonge quand, un jour, en sortant nu de son trou, il voit apparaître une femme avec un déambulateur… Cette femme, c’est Harriet, qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt alors qu’il était encore étudiant, partant en Amérique… Et là, sa vie va basculer, cette femme mourante lui demande de l’emmener voir un lac dont il lui avait parlé… puis sa fille, dont il ne connaissait pas l’existence. Il découvre alors la vie de sa fille qui vit dans une caravane dans la forêt, avec de curieux amis dont ce très vieil italien qui fabrique deux ou trois paires de chaussures sur mesure chaque année. Rentré précipitamment sur son île, il décide de prendre contact avec la victime de son erreur médicale, de rester en contact avec son ex-amie et sa fille…

Mon avis : un roman qui s’étale sur un an et demi, deux hivers et un été qui ont bouleversé la vie d’un homme. Une réflexion sur la solitude choisie… Une erreur médicale due au surmenage du chirurgien et de son équipe… dans un pays, la Suède, qu’ici nous pensons comme un paradis social. La maison d’accueil de trois jeunes adolescentes pommées montre aussi une autre face noire (ou en tout cas pas très reluisante) du système social suédois. Aussi une belle approche de la fin de vie, des soins palliatifs à domicile, de l’accompagnement de la fin de vie et d’une sorte de choix de mourir dans la dignité (ici avec la mort naturelle, pas un suicide assisté). Un beau portrait aussi de la vie dans les îles, le facteur est un personnage haut en couleur, les garde-côtes sont moins présents mais aussi intéressants. Un Mankell sans Kurt Wallander (dont l’ultime aventure vient de paraître), à lire sans aucune hésitation, de quoi relativiser aussi notre petit hiver 2010-2011.

Confessions, magasin général tome 4 de Loisel et Tripp

pioche-en-bib.jpg Couverture de Confessions, de Loisel et Tripp J’avais entamé la série du Magasin général de Loisel et Trip par le tome 3 : les hommes, seul disponible à ce moment là à la médiathèque. J’ai repris la série par le début (Marie), poursuivi avec le tome 2, Serge, et maintenant le tome 4, en attendant la suite, le tome 5, Montréal, le tome 6, Ernest Latulippe, le tome 7, Charleston et le tome 8, Les femmes.

Le livre : Magasin général, tome 4, Confessions, de scénario et dessins de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, couleurs de François Lapierre, adaptation des textes en québécois: Jimmy Beaulieu, éditions Casterman, 70 pages, 2008, ISBN 9782203016910.

L’histoire : Notre-Dame-des-Lacs, petit village québécois, dans les années 1920. Alors que le village assiste au baptême d’un nouveau né, les commères continuent à exiger du curé le mariage de Marie et Serge. Sauf que si Marie est tombée amoureuse de Serge, celui-ci se refuse à elle, parfois avec une certaine violence verbale. Marie va se confesser au curé, Serge au voisin alcoolique qui construit son bateau. En fait, Serge est homosexuel. Mais comme cela ne semble pas entendable, les hommes vont faire courir le bruit qu’il est impuissant suite à une blessure reçue à la guerre (1914-18).

Mon avis : et bien, finalement, peut-être que la série s’essouffle… J’étais restée sceptique sur le tome 3, lu en premier, avais bien aimé les deux premiers tomes, Marie et Serge, mais reste sur ma faim avec ce quatrième tome, un peu comme si les personnages tournaient en rond, comme la vie de ce village… Des questions importantes (le deuil des parents chez les jeunes adultes handicapés mentaux, l’homosexualité masculine) sont traitées avec trop peu de profondeur… J’essayerai quand même de trouver le tome 5…

Logo du classement BD de Yaneck Cette BD sera soumise pour le classement du TOP BD des blogueurs organisé par Yaneck / Les chroniques de l’invisible. Mes chroniques BD sont regroupées dans la catégorie pour les BD et par auteur sur la page BD dans ma bibliothèque.

Pêcheur d’Islande de Pierre Loti

Couverture des oeuvres de Pierre Loti
Logo du défi J'aime les classiques Ce mois-ci s’achève le défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie, avec un livre de Pierre Lotil. Je continuerai en 20111 de lire ou relire mensuellement un classique dont je vous parlerai le dernier mercredi du mois.

Le livre : Pêcheur d’Islande, de Pierre Loti (pseudonyme de Julien Viaud), première édition chez Calmann-Lévy en 1886. Je l’ai lu en édition spéciale Omnibus / Grand Livre du mois, 1989, p. 527 à 647. La bibliothèque nationale de France / Gallica propose en ligne une édition de 1900 et tous les autres textes de Pierre Loti en numérisation des versions originales ou en recueil d’œuvres complètes chez Calmann-Lévy.

L’histoire : de 1883 à 1885 en mer d’Islande et en Bretagne. Cinq hommes font un repas de fête (pour la Vierge…), le capitaine, trois matelots, et Sylvestre, tout juste 17ans ; ils attendent encore Yann… Ces marins bretons partent chaque hiver pour plusieurs mois sur la Marie pêcher le cabillaud qu’ils transforment en morue salée dans les eaux froides de la mer d’Islande, au milieu des tempêtes qui se déchaînent. À bord, 6 hommes, trois couchettes, et le mousse, septième homme qui semble ne pas compter beaucoup… Yann est tout contrit d’abandonner sa belle à terre, Gaud, fille d’un gros commerçant de Paimpol. Leur relation n’est déjà pas facile, avec la différence de classe sociale, mais l’attendra-t-elle pendant ses mois en mer ? Et puis en reviendra-t-il, tout simplement ? L’interminable attente à terre, dans la lande bretonne battue par les vents, alors que tant de bateaux périssent en mer, de marins sont portés disparus cette année, tout retard dans la rentrée au port vers la fin août n’est-il pas annonciateur de mauvaise nouvelle ?

Mon avis : j’avais en souvenir une description des grandes tempêtes de la mer d’Islande, je ne me souvenais pas des parties sur l’attente à terre qui sont tout aussi fortes. Pas de doute, c’est un sujet que Pierre Loti connaissait bien, en tant qu’officier de la marine. Pour ces descriptions, je ne regrette absolument pas d’avoir relu ce livre!

Pour aller plus loin : si vous passez sur la côte atlantique, n’hésitez pas à faire un détour par Rochefort pour visiter la maison Pierre Loti (attention, le nombre de place à chaque visite est limité, en juillet et août, il faut impérativement réserver, plus d’informations sur le site de la ville de Rochefort. Si vous faites abstraction des orgies qui s’y sont passées et des actes délictueux (Loti aimait des garçons dont certains étaient beaucoup trop jeunes), vous apprécierez cette visite surprenante.

Sous un ciel qui s’écaille de Goran Petrović

Couverture de Sous un ciel qui s’écaille de Goran Petrović pioche-en-bib.jpglogo du chalenge 1% rentrée littéraire 2010J’ai trouvé ce livre à la médiathèque dans les nouvelles acquisitions… et atteins ainsi le 1 % de livres de la rentrée littéraire 2010 (dans le cadre du challenge du 1 % rentrée littéraire 2010, repris par Schlabaya).

Le livre : Sous un ciel qui s’écaille de Goran Petrović, traduit du serbe par Gojko LukicGojko Lukic, Editions Les Allusifs, 2010, 192 pages, ISBN 978-2-923682-08-2.

L’histoire : de nos jours à Kraliévo en Serbie, le narrateur revient sur l’histoire de l’hôtel Yougoslavie devenu le cinéma Uranie puis a connu divers autres usages. La construction en 1932 est le fruit d’un hasard (peut-être provoqué) : un cordonnier a acheté en salle des ventes des milliers de chaussures droites, puis des milliers de chaussures gauches (ou l’inverse?), les a patiemment ré-apareillées ou vendues à l’unité à des amputés de guerre, puis avec le bénéfice, a fait construire cet hôtel… Mais ce n’était pas son métier, il fit faillite. Nous en arrivons au début du mois de mai 1980 (en fait le 4, même si le livre ne le dit pas, c’est le jour de la mort de Tito), la salle est peu remplie, mais avec un public varié, plus l’ouvreur, embauché avant la seconde guerre mondiale, et maintenu dans ses fonctions après la nationalisation, et le projectionniste, qui prélève quelques mètres sur chaque bobine qui lui est confiée, il veut en faire un long métrage personnel…

Mon avis : Je trouve que c’est une excellente idée de partir d’une salle de cinéma (au ciel -plafond- qui s’écaille et au lourd rideau bleu nuit poussiéreux) pour aborder l’histoire de la Yougoslavie au 20e siècle, de la première guerre mondiale à l’explosion de la Yougoslavie dans les années 1990, à partir des portraits des spectateurs – très variés – à une séance de cinéma… qui sera interrompue suite à l’annonce de la mort de Tito. Le ton est léger, et pourtant, vous y verrez des bandits, un collabo, des cancres de trois collèges différents, deux Roms (un illettré et l’autre qui interprète les sous-titres à partir de la centaine de mots qu’il reconnaît), un ancien pilier du parti local (très drôle, son portrait par petites touches), des filles de la cafétéria d’à-côté qui viennent assister à quelques minutes du film, un avocat, une perruche, des amoureux, un marchand de bois pas très net… une micro-société, reflet de la société d’hier et d’aujourd’hui. Un petit livre charmant, qui change des longs romans, tout est dit avec légèreté en quelques pages. Merci aux bibliothécaires d’avoir mis ce livre dans leur sélection de nouveauté, sinon, je ne l’aurais jamais lu… Et j’adore la couverture qui change de celles que l’on voit ces temps-ci, extra, ce visage pixellisé et les yeux en bobines de film, très en accord avec le livre, en plus…

logo tour du monde en lecture Ce livre entre dans le cadre du défi du tour du monde des livres, organisé par Livresque, au titre de la Yougoslavie (Serbie).

Au commencement était la mer de Tomàs Gonzàlez

Couverture de Au commencement était la mer, de Tomas Gonzales logo du chalenge 1% rentrée littéraire 2010pioche-en-bib.jpgJ’ai trouvé ce livre à la médiathèque parmi les nouvelles acquisitions… et atteins ainsi le 1 % de livres de la rentrée littéraire 2010 (dans le cadre du challenge du 1 % rentrée littéraire 2010, repris par Schlabaya).

Le livre : Au commencement était la mer de Tomàs Gonzàlez, traduit l’espagnol colombien par Delphine Valentin, Editions Carnets Nord, 2010, 224 pages, ISBN 9782355360442 (Première édition en Colombie en 1983, mais il s’agit de la première édition en français ; attention, ce titre est aussi le titre d’un livre de Maïssa Bey).

L’histoire : 1976, dans un île au large de la Colombie. J. et Elena ont quitté Medellín, après des heures de bus et encore 4 de bateau, les voici arrivés dans leur nouvelle demeure. Pas d’eau courante, un couple avec enfants, qui s’occupaient de la maison avec le précédent propriétaire et qu’ils embauchent, beaucoup de ménage à faire pour s’installer, un peu (de plus en plus) d’alcool pour aider à vivre, une malle de livres pour lui, une machine à coudre qui a été cassée dans le voyage pour elle, deux lits de camp jusqu’à la construction d’un grand lit à deux places. Très vite, on sait que l’histoire va mal se terminer, avec la mort de J… Mais comment vont-ils en arriver là, alors qu’ils rêvent de paradis? De prêt en prêt, de voyage à Medellín (le couple a été escroqué de toutes leurs économies) au montage d’un magasin qui ne vend presque qu’à crédit, de bains de mer sous les yeux curieux des villageois au montage d’une scierie sans expérience de la coupe du bois, ou comment un rêve va tourner au cauchemar…

Mon avis : ce livre est écrit dans un style très particulier, avec une sorte de distanciation au personnage principal, qui n’est jamais désigné que par J alors que sa femme et les autres personnages sont désignés par leur prénom pour les plus proches, leur nom pour les plus lointains (le cousin, certains habitants du village). La lente dérive du couple, le rêve de départ, mais aussi la progression des deux personnages sont fascinants. Elena, qui semble ne communiquer que dans le conflit, hurlant sur le chauffeur de la compagnie de bus, la femme qui s’occupe de la maison, les villageois qui la regardent sur la plage. J, qui fuit on ne sait quoi, mais surtout ses responsabilités, complètement à côté des réalités du monde et plongé dans ses livres et son journal intime, qui se réfugie de plus en plus dans l’alcool. Les villageois, qui à la fois ont du mal à les accepter, profitent de l’épicerie, craignent Elena mais accueillent J tout en exploitant ses faiblesses. Le batelier qui assure le transport régulièrement… Des portraits par petites touches, assez fascinants.

logo tour du monde en lecture Ce livre entre dans le cadre du défi du tour du monde des livres, organisé par Livresque, au titre de la Colombie, en complément de Douze contes vagabonds du cosmopolite Gabriel García Márquez.

Ecrit dans un jardin de Marguerite Yourcenar

Couverture de Ecrits dans un jardin, de Yourcenar pioche-en-bib.jpgEn cherchant l’autre jour à la médiathèque un livre de Marguerite Yourcenar (je n’avais pas envie de relire l’un des miens), j’avais choisi Conte bleu. Le premier soir. Maléfice, mais aussi ce tout petit livre que j’ai aussi emprunté à cause de l’éditeur, Fata Morgana. Vous n’avez guerre de chance de pouvoir le trouver : pour la première édition originale en 1980, il y a en 50 exemplaires, avec une gravure originale de Pierre Albuisson, et la présente édition imprimée en novembre 1992 par Georges Monti à Cognac, a été tirée à mille exemplaires sur vergé ivoire.

Le livre : Ecrit dans un jardin de Marguerite Yourcenar, Fata Morgana, 1992, environ 20 pages (non numérotées), pas d’ISBN.

L’histoire : tout est dans le titre… un texte poétique, écrit dans un jardin, avec un arbre comme personnage principal… l’eau et la terre pour lui tenir compagnie.

Mon avis : un petit bijou impossible à raconter… Si vous tombez dessus, malgré la faible probabilité [voir le commentaire de mon père : il est toujours au catalogue de l’éditeur], lisez-le, mais installez-vous d’abord confortablement (pourquoi pas dans un jardin ou un parc), pour le savourer doucement, page à page…

Enlèvement avec rançon de Yves Ravey

Couverture de Enlèvement avec rançon de Yves Ravey pioche-en-bib.jpglogo du chalenge 1% rentrée littéraire 2010Je continue d’emprunter les livres nouvellement acquis par la médiathèque, et ainsi poursuivre le challenge du 1 % rentrée littéraire 2010, repris par Schlabaya.

Le livre : Enlèvement avec rançon de Yves Ravey, Editions de minuit, 2010, 140 pages, ISBN 9782707321251.

L’histoire : aujourd’hui dans les Alpes, en hiver, côté français mais à la frontière avec la Suisse. Jerry, qui vient de passer vingt ans en Afghanistan, revient clandestinement dans la maison familiale occupée par son frère Max (son père est mort, sa mère perd la tête en maison de retraite). Max est comptable dans une entreprise d’emboutissage, et il va accepter de participer au plan de son frère : enlever Samantha, la fille du patron, réclamer au près, Salomon Pourcelot, une grosse rançon avec laquelle Jerry financera ses activités en Afghanistan et Max partira avec sa mère… Le plan réussira-t-il ?

Mon avis : un polar court, dont la dernière page permet de comprendre les tenants et aboutissants. Un polar bien mené, et pourtant, je ne sais pas, il ne restera pas comme un grand instant de lecture pour moi… Tragédie ou comédie ? On hésite au fil des pages… Surtout que l’otage, Samantha, semble bien sympathique alors que son père, le patron, ne semble pas très net, emploie (et ne paye pas) des ouvriers syriens, utilise d’autres ouvriers comme gros bras, dispose d’une grosse partie de la rançon dans son coffre… Le point de vue est bien sûr un peu biaisé, dans la bouche de Max… qui est aussi le narrateur!

Mon vieux et moi de Pierre Gagnon

Couverture de Mon vieux et moi de Pierre Gagnon logo du chalenge 1% rentrée littéraire 2010pioche-en-bib.jpgCe livre figurait sur le rayon nouvelles acquisition / rentrée littéraire à la médiathèque. Il rentre dans le cadre du challenge du 1 % rentrée littéraire 2010, repris par Schlabaya.

Le livre : Mon vieux et moi de Pierre Gagnon, Éditions Autrement, 2010, 87 pages, ISBN 978-2746714366.

L’histoire : de nos jours quelque part au Québec. Un jeune retraité décide d’adopter un vieux monsieur de 99 ans qui vivait dans le centre d’hébergement (chez nous, nous dirions maison de retraite…) où sa tante vient de mourir. Les services sociaux viennent visiter sa maison, recommandent des aménagements, un animal de compagnie, et Léo arrive, avec ses légers troubles cognitifs, en dépit des mises en garde de l’entourage du narrateur. Tout semble se passer assez bien, mais un jour, Léo fait une chute. Un séjour à l’hôpital, et il revient avec des problèmes de mémoire et d’orientation très importants… Le narrateur arrivera-t-il à continuer à le prendre en charge ?

Mon avis : un livre qui aborde de manière plaisante la question du grand âge et de la dépendance, de l’accueil des malades d’Alzheimer et apparentés. Un livre très court, moins de 90 pages écrites en gros, avec double interligne, même pas une heure de lecture… L’écriture avec beaucoup d’humour à la première personne permet de prendre conscience de certaines difficultés, sans insister trop, en rendant quand même compte de la vie difficile des aidants familiaux et de leur épuisement, ici, un aidant particulier, puisqu’il a laissé sa tante dans une maison de retraite puis, à sa mort, recueilli et adopté un parfait inconnu.

Il y a quand même une chose qui me surprend, la retraite au Québec serait-elle à 50 ans pour les fonctionnaires??? Je m’explique, le vieil homme adopté a 99 ans. Page 11, le narrateur :  » en ce qui me concerne, je termine tout juste une carrière dans la fonction publique « , page 24 :  » le demi-siècle nous séparant ne semble occuper que peu d’espace « , page 60, au sujet de sa carrière passée :  » pendant près de trente ans […] « . Bon, alors, trente ans de service et retraite au Québec??? Ou juste une incohérence de l’auteur?

logo tour du monde en lecture Ce livre entre dans le cadre du défi du tour du monde des livres, organisé par Livresque, au titre du Canada (plus canadien que Chez Borges de Alberto Manguel que j’avais placé pour ce pays…

Serge, magasin général tome 2 de Loisel et Tripp

pioche-en-bib.jpg Couverture de Serge, de Loisel et Trip J’avais entamé la série du Magasin général de Loisel et Trip par le tome 3 : les hommes, seul disponible à ce moment là à la médiathèque. J’ai repris la série par le début (Marie)… et poursuis avec le tome 2. J’ai aussi lu le tome 4, Confessions, le tome 5, Montréal, le tome 6, Ernest Latulippe, le tome 7, Charleston et le tome 8, Les femmes.

Le livre : Magasin général, tome 2, Serge, de scénario et dessins de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, couleurs de François Lapierre, adaptation des textes en québécois: Jimmy Beaulieu, éditions Casterman, 72 pages, 2007, ISBN 9782203370135.

L’histoire : Notre-Dame-des-Lacs, petit village québécois, dans les années 1920. Serge, un étranger en perdition, en panne de moto au bord de la route, a été recueilli au début de l’hiver par Marie, qui tient le magasin général et qui revenait de s’approvisionner à la ville voisine. Le curé intervient, aide à préparer une dépendance pour qu’il puisse dormir à l’écart de la jeune veuve… Très vite, il s’intègre en ouvrant dans le magasin un espace pour offrir de bons dîners aux villageois, il a appris la cuisine à Paris…

Mon avis : J’ai bien aimé la suite de la vie de ce petit village des années 20 au Québec, le tableau de ces hommes – et surtout de ces femmes – pourrait sans problème être transposé aujourd’hui, commérages, médisances, abus de la gentillesse de Marie… et de la cuisine de Serge.

Logo du classement BD de Yaneck Cette BD sera soumise pour le classement du TOP BD des blogueurs organisé par Yaneck / Les chroniques de l’invisible. Mes chroniques BD sont regroupées dans la catégorie pour les BD et par auteur sur la page BD dans ma bibliothèque.

Apocalypse bébé de Virginie Despentes

Couverture de Apocalypse bébé, de Despentes pioche-en-bib.jpglogo du chalenge 1% rentrée littéraire 2010Ce livre a reçu le prix Renaudot 2010, mais je l’avais réservé avant à la médiathèque, ayant vu qu’il revenait souvent dans les critiques dans les revues et sur les blogs… avec des avis très contrastés, certains ont adoré, d’autres détesté… Il rentre aussi dans le cadre du challenge du 1 % rentrée littéraire 2010, repris par Schlabaya.

Le livre : Apocalypse bébé de Virginie Despentes, Éditions Grasset, 2010, 343 pages, ISBN 978-2246771715.

L’histoire : à Paris aujourd’hui. Lucie, employée dans une agence de détectives privés spécialisée dans la surveillance d’ados paumés et de nettoyage de pages web, prend un savon par une cliente dans le bureau de son chef… Elle a perdu la trace de Valentine, 15 ans, qu’elle surveillait depuis 15 jours, et sa grand-mère n’est pas contente… mais lui demande quand même de retrouver sa petite-fille. Pas formée à ce type de recherche, Lucie demande l’aide de la Hyène, un mythe du milieu des détectives, free lance, lesbienne militante (Lucie a peur de tomber entre ses griffes). Très vite, il apparaît que Lucie a changé ces derniers mois, changement vestimentaire, rejet du portable, des copains (en fait, elle n’en a pas vraiment, dans sa nouvelle école pour riches paumés)… Son père, avec qui elle vit, écrivain sur le déclin, ne pense qu’à son nouveau livre qui vient de sortir, sa grand-mère est trop intrusive. Sa mère l’a abandonnée quand elle était bébé, mais il apparaît vite de Valentine a retrouvé ses cousins et son autre grand-mère… Enlèvement, fugue? En passant par Bourges, l’enquête mène les deux femmes à Barcelone…

Mon avis : trop trash à mon goût… les scènes de partouses bissexuelles sont de trop! Comme le père de la jeune disparue, j’imagine l’auteure… Je cite, page 41 :

Mais il y avait eu Internet. Aujourd’hui, il devait faire un effort constant pour ne pas passer ses journées à tourner en rond sur la toile, hagard et accablé. Les commentaires. Cet anonymat crapuleux, litanie d’insultes obstinées, délivrées par des incompétents. […] Les commentaires de la toile. Il ne s’y faisait même pas insulter. Il aurait voulu pouvoir s’affoler, s’offusquer, se plaindre du traitement qui lui était réservé. Mais il n’était même pas jugé assez intéressant pour que les veaux tarés lui fassent l’aumône d’un mauvais sort. Il en était réduit à écrire, lui-même et sous pseudonyme, quelques phrases de louange subtilement critique sur les forums et blogs littéraires.

Les lecteurs incompétents de la toile, peut-être, mais ils disent ce qu’ils pensent des livres, genre j’aime / j’aime pas, sans se laisser corrompre comme les critiques littéraires ou les jurés de prix littéraires… (vous pouvez relire ma position sur la critique ici). Alors sur ce coup là, moi, je n’ai pas aimé! Pas seulement à cause des pages de sexe trash, aussi pour le manque de consistance des personnages, le style qui ne me convient pas, l’histoire improbable (avec la bonne-sœur à Barcelone, la fin du roman, par exemple). Passer du point de vue d’un narrateur à l’autre ne me gène pas, d’habitude, mais là, c’est un peu trop hermétique entre chaque point de vue. Le portrait d’une époque, conclut la quatrième de couverture… j’espère bien que ce n’est pas le cas!