L’abbaye de Ligugé possède depuis une dizaine d’année une pâtisserie qui fabrique le scofa, mais son émaillerie est beaucoup plus ancienne, créée en 1945. Cette partie n’est pas accessible au public, mais Père Vincent, doyen de l’atelier, nous en a fait une visite très approfondie, avec démonstrations, lors de notre visite avec Philippe de Tout Poitiers (vous pouvez découvrir ici sa vision de la visite), Grégory Vouhé et Coccinelle à Poitiers. Un grand merci à lui pour sa patience et le partage de sa passion (et métier).
Comme vous pouvez le voir dans ces vues de l’atelier, les moines travaillent à l’ancienne, un travail physique pour le découpage et la mise en forme des plaques de cuivre, mais aussi et surtout pour le broyage des émaux.
Les étapes suivantes sont plus faciles, fabrication de colle de pépins de coings (il faudra que j’essaye, après les colles de farine et de riz)…
… cuisson du contre-émail au dos (qui évitera les déformations de la plaque à la cuisson de l’émail), choix des couleurs avec des nuanciers selon les fabricants, mise en place des poudres soigneusement lavées sur la plaque, avant la cuisson. Au fait, si vous connaissez un fond d’atelier d’émailleur qui ne sert plus, je suis sûre que les moines de Ligugé lui trouveraient une seconde vie. La palette des émaux se rétrécit d’année en année par les fabricants, ils sont preneurs de « galettes » d’émail non broyé (ou même broyé), si vous en connaissez qui n’ont plus d’usage…

Revenons dans la partie ouverte au public. En face de la boutique se trouve le musée qui présente des œuvres d’art réalisées par l’atelier d’émaillerie. Car si les moines réalisaient au quotidien des croix et autres sujets religieux, ils ont aussi collaboré avec les plus grands artistes contemporains, Georges Rouault, Georges Braque (la vitrine de la photographie ci-dessus), Alfred Manessier, Marc Chagall etc. De toutes petites séries (quelques exemplaires) numérotées et signées par les artistes. J’aime beaucoup aussi les créations de Frère Pascal, qui a utilisé des inclusions assez improbables (pour la tenue physique) au cœur des parties émaillées. Ces dernières années, des collaborations se sont créées avec des auteurs de bandes dessinées, profitant du festival de bande dessinée de Ligugé.
Un grand merci aux moines de Ligugé pour leur accueil et l’autorisation spéciale que m’a accordée le père Abbé pour entrer dans des espaces réservés aux moines. N’hésitez pas à aller à la boutique de l’abbaye, vous y trouverez de beaux émaux, de nombreux enregistrements (le père abbé est un grand musicologue), des livres (c’est une librairie affiliée au réseau des libraires indépendants de Poitou-Charentes/LIRE) ou même venez y passer quelques nuits… l’abbaye accueille chaque année 12000 personnes dans son hôtellerie, plus d’informations sur le site de l’abbaye de Ligugé. Un grand merci aussi à frère Patrick, pour son accueil avec le scofa et à la librairie.
Vous pouvez aussi relire d’anciens articles que j’ai consacrés à Ligugé: la chapelle du catéchumène, l’église et l’abbaye (en jouant pour un défi hongrois, vous comprendrez en lisant l’article), la gare et des toits, le monument aux morts, le scofa.
Pour en savoir plus sur l’émaillerie de Ligugé :
Grégory Vouhé, Rouault, Braque et Ligugé, L’actualité Poitou-Charentes, n° 92, avril 2011, p. 44 ; Jean-Claude Bessette, Le long chemin de l’émailleur, ibid., p. 45.
Sabine de Lavergne, Les émaux de Ligugé, d’après Georges Rouault, Charles Ranc, Georges Braque, Alfred Manessier, André Marchand, Edouard Goerg, Jacques Villon, Antoni Clavé, Marc Chagall, Frère Pascal, éditions Siloë, 1998 (en vente à la librairie de l’abbaye).
En vous montrant l’autre jour le monument à
Aujourd’hui, je vous emmène donc à Limoges (photographies de novembre 2010), dans le
Assis sur son fauteuil, barbiche et moustache très « troisième République », Adrien Dubouché examine l’une des pièces de sa collection… Au passage, remarquez les catalogues représentés par l’artiste sous le siège…
Voici de plus près le visage et le vase…
Les anciens bains Juin, 28 rue Baugier à Niort, étaient en juillet 2011, lors de mon passage, en bien piètre état. Il s’agit du premier établissement de bains-douches à Niort, installé en 1804 (vous pouvez aussi y voir les
Voici quelques autres vues. La rumeur veut que la façade hispanisante soit l’œuvre d’un architecte mexicain. Ils ont été transformés dans les années1950 en immeuble de rapport et partagés en appartements. Un projet de réhabilitation en hôtel de charme a échoué il y a quelques années. La tour à l’arrière abritait les machines.
L’art dans la rue, ce sont aussi ces panneaux transformés au pochoir ou avec des autocollants (le cas ici)… Il y a quelque temps, un lecteur m’a envoyé
En restant dans le domaine des arts de la rue et dans le même esprit que ceux que j’avais
Revenons à Poitiers, avec de l’art officiel cette fois-ci. Dans le cadre de
C’est bizarre, il y a un trou à un tiers vers la droite, et sur la gauche, mais les protections noires ont commencé à être enlevées en fin de semaine. Ces poteaux sont triangulaires, rouge et bleu côté place (on ne peut plus parler de square) et vert côté mur… Ce qui m’étonne, c’est qu’ils sont aussi loin du mur, cela fait une belle surface tentante pour les tagueurs… Et côté civilité, les voitures que vous voyez là ne sont pas autorisées, mais vendredi en fin d’après-midi, il y avait le marché bio et les expressifs… et plus de place pour les piétons, vive le cœur de ville rendu aux piétons qui ont encore plus de difficultés qu’avant dans certains secteurs!
Comme je commence à vous avoir montré plusieurs maisons natales et autres maisons de résidence de personnes célèbres, j’ai choisi de créer une nouvelle page de liens sur les maisons natales dont je vous ai déjà parlé et y ajouterai au fur et à mesure les articles à venir… Je les ai classées par ordre de département dans le tableau ci-dessous… et en ai certainement oublié dans mes anciens articles. Pour








Cela fait longtemps que je ne vous ai pas emmenés à
Le voici d’un peu plus près, au sommet de la colonne, un buste du président Sadi-Carnot (« A Carnot La Charente », dit l’inscription sous le buste), avec une allégorie féminine à ses côtés et une autre au pied du monument…
… qui porte la signature du sculpteur
Sur l’autre extrémité du socle se trouve la signature de l’entrepreneur (« A. Mien entr »).
Au dos, une plaque explique les circonstances de la construction (en majuscules, mais je vous mets le texte en minuscules, plus facile à lire):
Au sommet donc, le buste du président dont l’assassinat avait frappé toute la France (en créant des rues Carnot, comme
A sa gauche (à droite quand on regarde le monument), une femme ailée, allégorie de la Renommée, qui flotte en l’air, pieds nus, et dépose devant lui une palme et une branche d’olivier. Une autre renommée de Raoul Verlet (réalisée en 1900) est visible à Angoulême, sur le monument aux morts de 1870 commandé par le Souvenir Français au cimetière de Bardines, il faudra que j’aille le photographier la prochaine fois que j’irai à Angoulême, en attendant, vous pouvez le découvrir dans le livre Les allégories de la République sur les monuments aux morts en Poitou-Charentes, par Charlotte Pon-Willemsen, dont je vous ai
Au pied du monument, une autre allégorie, cette fois la France en deuil, également pieds nus et vêtue à l’Antique (deux caractéristiques assez fréquentes des allégories), qui se tient la tête voilée, soutenant un drapeau. Elle vous rappelle peut-être un peu la France en deuil également sur le monument aux morts de 1870, dit 
Détruit par les Allemands en 1940, il a été reconstitué par les sculpteurs de l’œuvre Notre-Dame de Strasbourg en 1980 et réinstallé sur la place Broglie, non loin de l’opéra, derrière l’hôtel de ville. L’opération était assez facile, puisque la maquette originale en plâtre, datée de 1919, n’a pas été détruite (et est 
L’un est chaussé de bottines, l’autre de sabots… Cliché sur le mélange du peuple dans l’armée révolutionnaire…
Voici une dernière vue, de dos, avec le bloc de pierre brut… J’avoue que ce monument n’est pas mon préféré pour la sculpture des années 1920…
Cela fait un moment que je ne vous ai pas emmenés à La Rochelle. Il va vous falloir un peu d’imagination pour le début de la visite… impossible de faire des photographies avec les véhicules garés rue Chaudrier (le 25 juin 2011). A l’origine se trouve un hôtel particulier du 13e siècle, l’hôtel de Baillac, qui fut occupé au 14e siècle par Jean Chaudrier, maire de La Rochelle. Il en subsiste
Ce qui nous intéresse se trouve au fond… Un corps de bâtiment sur la gauche, en légère avancée, qui avait au premier étage le cabinet de travail, un autre corps dé bâtiment avec le logement sur la droite, et une galerie qui les relie. Il s’agit de l’hôtel Pontard. A partir de 1555 et pendant une quinzaine d’années, Hugues Pontard, procureur du roi en Saintonge, se fait construite cet hôtel » à la mode « , en style Renaissance, occupé par son fils François, maire de La Rochelle en 1567. Ces bâtiments ont accueillis le bureau des finances à la toute fin du 17e siècle, à partir de 1695, puis le corps de ville jusqu’en 1748. Ils ont ensuite été transformés en appartements, la galerie est alors fermée. Rachetés par la ville en 1894, il sont restaurés et remis en état : en 1908, le célèbre photographe Eugène Atget en fait 
Le bâtiment gauche a les angles renforcés par des contreforts ornés de faunes dont on voit bien les pieds de bouc à gauche…
… comme à droite.
Les clés des arcs des grandes ouvertures sont décorées de têtes de lion à gueule ouverte ou fermée…
… tandis que tout le décor décline le vocabulaire de l’architecture de la Renaissance, avec des colonnes doriques au rez-de-chaussée et ioniques à l’étage, des consoles à pattes de lion autour des lucarnes, et, entre le rez-de-chaussée et le premier étage, une frise composée de bucranes et de médaillons séparés par des éléments verticaux (pas tout à fait les triglyphes que l’on trouve d’habitude, il leur manque un motif plein sur la gauche, voir ici pour un
Les plafonds de la galerie sont richement sculptés.

Une dernière petite vue avant de partir, la gargouille qui garde la rue des Augustins.
Rouget de Lisle (enfin, sa statue en bronze) se dresse sur un haut socle place de la Chevalerie à Lons-le-Saunier.
Le monument est très bavard et raconte son histoire… en majuscules, mais je vous mets le texte en minuscules, c’est plus facile et agréable à lire. Sur la face principale, le texte de la Marseillaise est gravé dans le bronze. Au dos, on peut lire » ROUGET DE LISLE / Né à Lons-le-Saunier le 10 mai 1760 / mort à Choisy-le-Roy le 27 juin 1836 / auteur de la Marseillaise / Ce chant de la patrie / lui fut inspiré et fut créé par lui / à Strasbourg / 1792 / Ce monument est érigé à sa mémoire / par sa ville natale / et par souscription nationale 1880 / classé monument historique 1990 / Restauré en 1991 par la marbrerie Nachon à Lons-le-Saunier « . Sur les côtés, des citations » Cela est divin et rare d’ajouter / un chant éternel à la voix des nations / Michelet » ; » La Marseillaise est liée à la Révolution / et fait partie de notre délivrance / Victor Hugo » et » La Marseillaise est un chant de fraternité / Michelet « . La
Ce monument a été inauguré le 27 août 1882 et est signé et daté » A. BARTHOLDI / SCit 1882 « … [Frédéric]
Le bronze a été fondu par » THIEBAUT FRERES Fondeur « , Thiébaut frères, mes fidèles lecteurs commencent à les connaître (revoir le monument de
Le voici qui se dresse tout en mouvement retenu sur son socle, prêt pour une envolée lyrique…
Il est représenté sous les traits d’un homme jeune et volontaire…

Début août 2012, j’ai passé quelques jours à Metz… Après les expositions