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Le Poilu de l’Espanade (à Metz)

Metz, le Poilu de Bouchard, nouvelle version, trois vuesIl y a quelques jours, je recevais un commentaire de Alain Kolb sur un article qui date déjà, concernant le monument au Poilu libérateur de la Moselle à Metz. Avec son accord, je publie ici son texte, qui sera plus visible qu’en commentaire…

Voici le texte d’Alain Kolb

Pour me rendre en ville à pied par le plan d’eau, je passe au moins une fois par semaine devant la statue du poilu. Un jour je me suis imaginé ce qu’il pourrait dire à un passant comme moi. Cela m’a inspirer le poème ci-dessous:

LE POILU DE L’ESPLANADE

Toi qui passe devant moi sans même lever les yeux,
Souviens-toi que c’est moi, allié à tes aïeux,
Qui avons défendu au péril de nos cœurs,
Ce qu’aujourd’hui pour toi sont beauté et douceur.
Laisse-moi te conter la descente aux enfers
De nos générations vouées à Lucifer.
J’ai couru les tranchées de Verdun à la Somme,
J’ai vu souffrir les hommes comme bêtes de somme,
J’ai vu tous les combats et cent mille batailles,
J’ai vu mes compagnons fauchés par la mitraille.
J’ai vu la bête immonde excitée par ces crimes,
Dévorer les entrailles des héros anonymes.
J’ai marché dans le sang des enfants innocents
Que des Nations indignes ont jeté au néant.
Pour nous pas de répits, pas l’espoir d’une trêve,
On giclait de la boue et c’était marche ou crève.
Mes yeux hallucinés, aveuglés par l’horreur,
Ont tant versé de larmes en ces temps de fureur,
Que j’en ai renié, dans l’éclat des rafales,
Nos Dieux bien à l’abri au fond des cathédrales.

Mais le temps a passé sur les terres de Lorraine,
Oubliées les folies et oubliées les haines.
Même si dans le marbre on grave l’épopée,
La mémoire de l’Histoire fini par s’estomper,
Et les hommes affairés à leurs passions vénales
Ne voient plus les dangers des rancœurs ancestrales.
Toi qui marche tranquille avec sérénité,
Si l’air que tu respires en toute liberté
T’apporte le bonheur et te rempli d’espoir,
Pense, que c’est à moi que tu dois ta victoire.
Maintenant au repos, l’âme parée d’airain,
Je contemple le monde rassuré et serein.
Pourtant je n’abdique pas les devoirs de ma charge,
Mon regard vigilant est tourné vers le large.
J’ai toujours l’arme au pied et l’épée à mon flanc,
Prêt à porter plus haut l’étendard triomphant,
Prêt à défendre encore la Terre de mes parents
Pour la léguer intacte à mes petits enfants.
Dormez peuples de France, je garde la maison,
Je veille, l’amour au cœur et l’œil sur l’horizon.

Kolb Alain Avril 2013

Le monument au Poilu libérateur de la Moselle à Metz

Metz, le Poilu de Bouchard, nouvelle versionJe vous ai déjà montré plusieurs monuments commémoratifs des guerres à (revoir : monument aux morts de 1914-1918, hommage aux Hommes de fer, Albert Ier roi des Belges). Aujourd’hui, je vous présente le Poilu libérateur, qui se dresse au bout de l’Esplanade. Et vous allez avoir trois monuments aux morts (voire quatre monuments avec Guillaume Ier) pour le prix d’un! Comme pour les autres monuments de Metz, il a eu une histoire mouvementée.

Metz, le Poilu de Bouchard, première version, 1919Le sculpteur Henri Bouchard (Dijon, 1875 – Paris, 1960), grand prix de Rome en 1901 [revoir le monument à Audouin-Dubreuil à Saint-Jean d’Angély], était lieutenant à Nancy, où il fabriquait des arbres de camouflage [renvoi l’exposition 1917 qui abordait le sujet] et rejoint Metz pour l’entrée des Poilus libérateurs le 19 novembre avec le maréchal Pétain à leur tête. En secret, il réalise entre le 2 et le 7 janvier 1919 ce monument à la façon d’un maquette grandeur nature, en bandes plâtrées (serpillières trempées dans le plâtre) posées sur une armature en fer et grillage, prêt pour la grande parade sur l’emplacement du monument à Guillaume Ier dont il a gardé une partie du socle en remplaçant l’inscription allemande « On les a ». Fragile, le monument n’est jamais fondu en bronze et ne résiste pas aux intempéries mais plusieurs cartes postales l’ont immortalisé.

Metz, monument à Guillaume Ier et Poilu de HannauxUne carte postale propose même un «avant» (monument à Guillaume Ier) et après (monument aux Poilus) qui ne correspond pas au monument de Henri Bouchard mais le suivant…

Metz, Poilu de HannauxSuite à des bisbilles, la municipalité avait en effet décidé de ne pas faire couler en bronze (avec le matériau récupéré des statues allemandes déboulonnées) le Poilu de Bouchard mais de passer commande à un sculpteur local, Emmanuel Hannaux (Metz, 1855 – 1934). Sa maquette est définitivement choisie en 1921 et c’est son Poilu libérateur, inauguré le 5 juin 1922, que l’on peut voir sur cette carte postale et qui sera détruit pendant la Deuxième Guerre mondiale, fondu dès 1940. Il est composé d’un haut socle sur lequel pose un soldat et à sa base, une allégorie de la France victorieuse les bras levés…

Henri Bouchard n’avait toujours pas renoncé à son Poilu et il avait été retenu en 1937 pour le monument aux morts place du Trocadéro (cimetière de Passy). La Deuxième guerre mondiale en décida autrement et ce fut après guerre le projet de Paul Landowski qui fut retenu à Passy…

En 1945, le Souvenir français aurait voulu voir ériger une nouvelle œuvre dédiée aux poilus mais la municipalité se contente d’une stèle. Henri Bouchard est recontacté. En 1956, suite à une souscription publique, le monument d’Henri Bouchard est réalisé par le fondeur Hohwiller et inauguré par le maréchal Juin.

Metz, le Poilu de Bouchard, nouvelle version, trois vuesIl s’agit d’une version un peu différente : alors que le Poilu de 1919 écrasait du pied droit un casque à pointe allemand, il est désormais représenté les deux pieds au sol, une partie du barda et de l’armement (grenade notamment) posé par terre…

Metz, le Poilu de Bouchard, nouvelle version, détail de dos et au sol… ainsi que deux casques, mais dans une position moins « écrasante » par rapport au vaincu…

Metz, le Poilu de Bouchard, nouvelle version, signatureLa signature de Bouchard est bien visible et l’inscription sur le socle fixe le titre: « Au Poilu libérateur – Le Souvenir Français de la Moselle 1918 ».

Le modèle en ciment-pierre qui a servi à cette fonte se trouve à Maizières-lès-Metz.

Pour aller plus loin : Voir l’article en ligne de Jean-Claude Jacoby, Le Poilu libérateur, l’œuvre messine du sculpteur Henri Bouchard

Photographies août 2012.

Les vitraux de Jacques Villon dans la cathédrale de Metz

Cathédrale de Metz, vitraux de Marc Chagall, déambulatoire, baie gauche, lutte de Jacob et de l'AngeDans l’édition du 6 août 2014 du Canard enchaîné, je découvre les déboires de l’artiste-verrier Jean-Pierre Raynaud, démarché il y a un an par un chanoine de la cathédrale de Metz qui vient de découvrir une de ses créations à Noirlac. Commande est passée pour un projet, il reste des baies non refaites après les bombardements de la Deuxième guerre mondiale. Il dessine un carton avec un damier de carreaux blancs et de carreaux portant le signe nucléaire en noir, sa « thématique du bien et du mal à partir de l’atome » (dixit le chanoine), n’a pas été comprise. L’État propriétaire ne bronche pas, projet rejeté! Les prédécesseurs à la cathédrale avaient plus d’ouverture d’esprit en acceptant les vitraux de Marc Chagall (l’illustration, revoir le paradis terrestre, la baie gauche des prophètes et des rois, la baie droite des rois et des prophètes), de Roger Bissière et de Jacques Villon… objets de l’article du jour!

Cathédrale de Metz, chapelle du sacrement, vitraux de Jacques VillonLes vitraux de la cathédrale de Metz sont les seuls réalisés par l’artiste Jacques Villon (frère de Marcel Duchamps… revoir l’exposition Jacques Villon en 2012 au musée des Beaux-Arts d’Angers pour quelques éléments biographiques). Ils se situent dans la chapelle du Saint-Sacrement (la deuxième à droite en entrant) et les thèmes ont été imposés par le Commanditaire…

Cathédrale de Metz, vitraux de Jacques Villon, signature et 1957… et ont été réalisés en 1957, comme en atteste la signature,

Cathédrale de Metz, vitraux de Jacques Villon, signature, date et atelier de Simon et Marq… par les ateliers l’atelier de Charles Marq, Brigitte et Jacques Simon à Reims (maître-verrier de père en fils depuis 1640), comme quelques années plus tard les vitraux de Marc Chagall.

Cathédrale de Metz, vitraux de Jacques Villon, première baie, l'exodeLa première baie à gauche illustre l’Exode (vitraux aussi appelés La Pâque ou l’Agneau pascal). Certes, le réseau de plomb, les lignes abondantes, les nuances de bleu en bas, de rouge, de jaune et de vert en haut, ne sont pas très figuratifs, mais prouvent l’audace des commanditaires à insérer ces vitraux lors de la Restauration / reconstruction de la cathédrale. Dans la zone claire un peu jaune, je pense que vous distingués quand même l’Agneau de Dieu.

Cathédrale de Metz, vitraux de Jacques Villon, deuxième baie, la CèneLa deuxième verrière illustre la Cène. Cette fois, je pense qu’il est facile de reconnaître la table, la vaisselle et les apôtres, disposés en diagonale, ce qui change des Cènes « frontales » de l’art classique. Le premier personnage en bas à gauche est Juda (en jaune) qui, contrairement aux autres, tend son assiette (en bleu de l’autre côté de la table).

Cathédrale de Metz, vitraux de Jacques Villon, troisième baieLa troisième verrière, dans l’axe de la chapelle, est consacrée à la Crucifixion. Là encore, le Christ sur sa croix, en blanc/jaune dans la zone verte en haut, est facilement identifiable. En bas à droite, sur fond bleu, se détachent le visage et les mains de Marie.

Cathédrale de Metz, vitraux de Jacques Villon, quatrième baieLes Noces de Cana occupent la quatrième verrière. Au premier plan, les jarres dans lesquelles le Christ aurait transformé l’eau en vin (Jean, 2, 1-11)… L’Évangile parle de six jarres, j’en compte cinq… mais le Christ (tête sur fond bleu au-dessus des jarres) en tient peut-être une dans les mains…

Cathédrale de Metz, vitraux de Jacques Villon, cinquième baieLa dernière verrière quand on compte à partir de la gauche (donc la première à droite) est consacrée au rocher de l’Horeb, frappé par Moïse pour en faire jaillir une source (Exode 17, 6).

Cathédrale de Metz, vitraux de Marc Chagall, déambulatoire, baie gauche, Moïse et le buisson ardentCe rocher est plus célèbre pour son buisson ardent (Exode, 3, 1 ; 1Rois, 19, 8), où Moïse a reçu de Dieu les Tables de la Loi avec les 10 commandements. On trouve juste un peu plus loin dans la cathédrale une version du Buisson ardent, par Marc Chagall réalisée quelques années plus tard.

Pour aller plus loin : voir Christian Schmitt, Les Vitraux de Jacques Villon – Cathédrale Saint-Étienne de Metz, éditions des Paraiges, 2014.

Voir aussi le livre 101 vues de la cathédrale de Metz, par la Médiathèque de Metz sur Calaméo (pages 42 et suivantes, article d’Anne Dell’essa).

Photographies de juillet 2012.

Le monument aux mères françaises par Henri Marius Petit à Metz

Scène d'accouplement, sculpture gothique sur un chapiteau dans l'église de Payroux, Vienne, vue rapprochéeJ’ai déjà abordé plusieurs fois sur mon blog la famille… depuis Comment on fait des bébés? (A poil, au Moyen-Âge aussi!)

Poitiers, le bonheur maternel par Etex, 4, vu de trois quarts jusqu’au bonheur maternel

Poitiers, la douleur maternelle par Etex à Blossac, 3, vu de trois quartscontrebalancé par La douleur maternelle d’Antoine Etex,

Affiche des fêtes des mères 1942, 1943 et 1944en passant par les  affiches de la France de Pétain pour la fête des mères

La défense de la famille par Boisseau à Paris, dans le square d'Ajaccioou La défense de la famille par Emile André Boisseau

Mairie de Montreuil-Bonnin, mur 1… ou la famille nombreuse de Marie Baranger dans la mairie de Montreuil-Bonnin.

Monument des mères françaises par Petit à Metz, vue éloignée de dosAujourd’hui, direction Metz, à nouveau sur l’Esplanade (boulevard Poincarré, revoir le cheval de Fratin et Paul Verlaine par James Vibert).

Monument des mères françaises par Petit à Metz, la signature de Henri Marius PetitIl porte la signature de Henri Marius Petit (Paris, 1913 – Boulogne-Billancourt, 2009), élève de Paul Niclausse. Il a présenté cette œuvre au salon des artistes français de 1934 sous le titre de La Maternité et a reçu la médaille d’argent. La ville de Metz l’achète et lui donne un nouveau titre, Monument aux Mères Françaises et l’installe sur l’Esplanade en 1938. Caché pendant la guerre, elle a échappé aux fontes par les Allemands des sculptures en bronze.

Monument des mères françaises par Petit à Metz, la statue de dosLe sculpteur s’est inspiré de Louis Forest, de son vrai nom Louis Nathan, né à Metz le 4 mars 1872, dont il place une citation au dos du socle de la sculpture:

Monument des mères françaises par Petit à Metz, la citation de Forest

« S’il prenait fantaisie à mes amis / après ma mort de vouloir honorer / ma mémoire, qu’ils s’abstiennent de / donner mon nom à une voie publique / ou de graver mes traits dans le bron- / ze ou la pierre. Ils seront mieux ins- / pirés en édifiant sur une place / une statue représentant une jolie femme / de France, avec un bel enfant dans / ses bras, cet hommage me sera le / plus agréable parce qu’il sera ren- / du à la natalité et à la famille / française / Louis Forest »

Monument des mères françaises par Petit à Metz, vue de faceL’artiste a donc choisi de représenter une femme coiffée d’un chignon, assise torse nu, les jambes drapées, et tenant dans ses bras un bébé…

Monument des mères françaises par Petit à Metz, la mère et le bébé… qu’elle allaite…

Monument des mères françaises par Petit à Metz, le visage de la mère… tout en détournant le regard!

Monument des mères françaises par Petit à Metz, le bébé et la poitrine de sa mèreSi elle a les seins bien gonflés, elle a aussi les clavicules bien saillantes!

Le réseau Facebook refuse les photos de nu(e)s, même artistiques (voir l’affaire de l’origine du monde de Courbet ou les photographies du jeu de paume qui a cédé), mais vient d’accepter celles des mères d’allaitantes. Vous croyez que celle-ci passerait??? Je vais essayer!

Pour aller plus loin:  voir le site de Henri Marius Petit

Paul Verlaine par James Vibert à Metz

Metz, le monument à Paul Verlaine, dans son massif fleuriEn ce samedi, je vous emmène à nouveau à Metz, cette fois boulevard Poincaré (au bout de l’Esplanade, presque à l’opposé du cheval de Fratin), toujours avec des photographies prises début août 2012.

Metz, le monument à Paul Verlaine, carte postale ancienneLe socle a été modifié par rapport à son socle d’origine, qui portait la dédicace « A Paul Verlaine / 1844-1896 », comme on peut le voir sur cette carte postale ancienne. Désormais, c’est « Paul Verlaine / né à Metz 1844-1896 ».

Metz, la maison natale de Paul VerlaineLors de ma visite en 2012, la rue était en travaux devant la maison natale de Paul Verlaine (gérée par l’association des amis de Paul Verlaine), à l’angle de la rue Poncelet et de la rue de la Haute-Pierre.

Metz, le monument à Paul Verlaine, détail de l'inscription Pauvre LélianSur la base du bronze se trouve aussi la mention « Pauvre Lélian », anagramme de Paul Verlaine.

D’après la fiche de la base e-monumen, la statue (plus probablement le prix du tirage par un fondeur de Decauville), inaugurée en juin 1925, a été financée par Les Amis de Verlaine, « le buste est offert par le sculpteur », Alexandre Vibert, et la ville a financé les frais du socle. Il doit y avoir un os quelque part, car Alexandre Vibert, né en 1847, est mort en 1909… Un don depuis l’au-delà? Ou de ses héritiers? Non, et le style ne correspond pas du tout, c’est juste une coquille et une confusion de la base de données, en fait, l’auteur est James Vibert (Carouge, Suisse, 1872 – 1942, frère du graveur Pierre-Eugène Vibert)! Cet élève de Rodin avait connu Verlaine (voir dans cet article).

Metz, le monument à Paul Verlaine, trois vues de face et de trois quarts

Le buste est représenté de manière très simplifiée, tout en rondeur, avec les deux mains reportées sur le côté gauche de la statue.

Metz, le monument à Paul Verlaine, détail du visageLes coulures de la patine donnent un air bien sévère à Paul Verlaine, avec sa moustache bien taillée…

Pour aller plus loin : voir cet article de Philippe Hoch sur Gustave Kahn et Paul Verlaine. Il faut que je vous montre aussi le monument à Gustave Kahn à Metz également!

Albert Ier par Paul Niclausse à Metz

Metz, le monument à Albert Ier par Paul NiclausseAprès le monument aux morts de 1914-1918 de Metz et l’Orpheline à , je continue à vous présenter des œuvres de Paul Niclausse. Retour à Metz, au centre de l’avenue Foch, avec des photographies prises en août 2012 du monument à Albert Ier, roi des Belges (Bruxelles, 1875 – Marche-les-Dames, 1934). Devenu roi en décembre 1909, c’est lui qui a inauguré en 1910 le musée royal d’Afrique à Bruxelles (alors musée du Congo belge, à Tervuren près de Bruxelles). Aujourd’hui, l’inscription clame « Au / roi / soldat / Albert Ier« , pendant la première guerre mondiale, le roi a été très actif à la tête de ses troupes après que l’Allemagne a piétiné la neutralité de la Belgique.

Metz, le monument à Albert Ier par Paul Niclausse, vue ancienne avec les reliefs latérauxComme le monument aux morts de 1914-1918 de Metz, celui-ci a été amputé. Il ne conserve plus aujourd’hui que le buste du roi habillé en soldat, mais il était à l’origine (il fut inauguré en juin 1936) encadré par deux reliefs sculptés, comme on peut le voir sur cette carte postale ancienne. Ces deux allégories vêtues à l’Antique regardent vers l’extérieur du monument, à gauche, une femme symbolysant L’indépendance et à droite, un homme représentant Le courage.

Metz, le monument à Albert Ier par Paul Niclausse, le busteAlbert Ier est habillé en simple soldat, casque vissé (enfin, retenu par une jugulaire) sur la tête.

Metz, le monument à Albert Ier par Paul Niclausse, de dosCe buste est un peu abandonné au milieu de l’allée centrale fleurie de ce boulevard… Une petite explication en accompagnement serait la bienvenue… Pourquoi ce monument à Metz (« juste » parce qu’il a tenu tête aux Allemands et ainsi permis indirectement le retour de Metz à la France en 1918?), dans quel contexte (plus que certainement pendant la deuxième guerre mondiale) a-t-il perdu ses reliefs allégoriques?

Et pour rire un peu, je vous propose cette page de chansons paillardes de garnison, qui rapproche (sans doute involontairement) L’artilleur de Metz et La chanson du roi Albert!

Paris, monument à l'amitié franco-belge, 4, vue rapprochée Sur un sujet voisin, (re) voir le monument « à la France, la Belgique reconnaissante, 1914-1918″ de Isidore de Rudder à Paris.

Art contemporain dans la ville à Metz

221.5° ARC x 15, installé par Bernar Venet à MetzDes œuvres d’art contemporain parsèment la ville de  Metz. Dans la pelouse de l’avenue Ney (devant le palais du Gouverneur militaire de la Région Nord-Est, construit en 1905) se trouve 221.5° ARC x 15, installé par Bernar Venet (voir son site officiel) après son exposition dans la ville en 2007.

221.5° ARC x 15, installé par Bernar Venet à Metz, vue rapprochéeElle se compose de trois ensembles de cinq arcs de cercles en acier, des arcs correspondant à un angle de 221,5°. En dehors de ses arcs de cercle, Bernar Venet réalise aussi des peintures à base de formules mathématiques. Il faut que je cherche dans mes milliers de photographies pour partager avec vous d’autres œuvres de cet artiste.

Deux vues de La sentinaile d'Antoine Poncet à MetzPrès de l’Arsenal se dresse une sorte de flamme en marbre de carrare due à l’artiste Antoine Poncet (voir son site officiel). Elle a pour titre « La sentinaile » et a été installée pour les 10 ans de la transformation de l’arsenal Ney en salle de spectacles.

Inscription gravée sur le socle de La sentinaile d'Antoine Poncet à MetzLe texte gravé sur le socle montre encore un élu qui ne se prend pas pour une m…e!

A Metz, se croisent les routes /
qui du nord au midi, de l’Orient à l’Occident, /
sillonnent le continent Europe, /
acheminent les biens et font /
les peuples se rencontrer. /
A Metz se bâtit l’Europe unie /
voulue par Jean-Marie Rauch,
sénateur-maire, et la municipalité de Metz,
sculptée par Antoine Poncet /
elle s’élance, tel un guetteur /
des promesses du troisième millénaire /
26.11.1999

Metz, Cyrille André, 2, les deux personnages des RécolletsLors de ma visite en août 2012, certaines étaient présentées dans le cadre de  l’art dans les jardins : (re)voir celles de  Cyrille André

Metz 2012, Alain Bresson, 8, assemblée de VIP… et celles de Alain Bresson.

Metz, cône du jardin en chantier, août 2012Dans le cadre des présentations de l’été 2012, d’autres œuvres parsemaient la ville, comme ce cône de chantier géant planté au milieu d’un parterre fleuri, Jardin en chantier.

Metz, jardin en chantier, août 2012 place de la comédieTout un jardin éphémère avait été installé place de la Comédie et conçu par Caroline Grimm, architecte paysagiste de la ville (en savoir plus ici).

Un aller simple de Didier van Cauwelaert

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Couverture de Un aller simple de Didier van CauwelaertCela fait très longtemps que je n’avais pas lu de livre de Didier van Cauwelaert, en tout cas pas depuis plusieurs années… J’ai sorti ce livre, qui a reçu le prix Goncourt en 1994, au hasard de mes pérégrinations dans le rayon « basse vision » de la médiathèque. Même si je récupère peu à peu sur le plan visuel, les livres en gros caractères (et surtout avec de larges interlignes) restent plus faciles d’accès pour l’instant et retardent surtout l’apparition de la diplopie (vision double).

Le livre: Un aller simple de Didier van Cauwelaert (lu en large vision aux éditions VDB), éditions Albin Michel, 1994, 208 p., ISBN 9782226070104.

L’histoire: dans les années 1990, Aziz a été « recueilli » bébé par des Tsiganes des quartiers nord de Marseille, dans une Ami 6 qu’ils avaient volée après un accident mortel. Sans papier depuis ce jour, ayant quitté jeune l’école avec un livre de récits et de légendes du monde offert par son prof d’histoire-géo, il vit de vols et est amoureux d’une jeune tsigane. Mais le jour de ses fiançailles, il est arrêté par la police, accusé d’avoir volé la bague… qu’il assure avoir achetée. Ses papiers (marocains avec une carte de séjour, il n’avait pas les moyens de se payer un faux passeport français) sont faux, bien sûr, et le ministère des affaires étrangères vient de lancer un nouveau programme d’accompagnement des expulsés de France: il sera donc accompagné dans son retour, médiatisé, par Jean-Pierre, jeune et brillant fonctionnaire bombardé « attaché humanitaire », en pleine rupture, qui doit le raccompagner « chez lui » et veiller à ce qu’il trouve un emploi. Sauf qu’Aziz n’a jamais vécu au Maroc, il s’inspire de son livre de contes pour imaginer une histoire, gobée par Jean-Pierre, et les voici errant dans le Haut-Atlas…

Mon avis : au fil des pages, on passe du monde des Tsiganes de Marseille au monde de Jean-Pierre, parvenu aux plus hautes études et qui un jour a eu honte de ses parents, du milieu de la sidérurgie à Uckange en Moselle. Le tout avec une interminable errance dans l’Atlas… et dans la mémoire des personnages, après l’histoire reconstituée d’Aziz, Jean-Pierre commence à écrire un récit de leur aventure (une parenthèse vers le milieu du livre), poursuivi finalement par Aziz, le narrateur principal à la première personne. Ce livre est désormais au programme scolaire, on y étudie apparemment l’image du double etc., de quoi sans doute dégoutter les lycéens de cette lecture (revoir Une vie de Guy Maupassant pour comprendre…). Mais c’est aussi un livre agréable à lire et d’une étonnante actualité, entre les quartiers nord de Marseille, la fermeture des derniers hauts fourneaux de Lorraine, l’expulsion des sans-papiers qui se poursuit sans fin et sans solution (plus question d’accompagnement humanitaire!).

Le monument aux morts de 1914-1918 de Metz

Metz, le monument aux morts de 1914-1918, au milieu des travaux en 2012J’ai choisi aujourd’hui de vous présenter le monument aux morts de 1914-1918, du souvenir français et de la ville de Metz car il a connu une histoire liée aussi à la seconde guerre mondiale (pour cette dernière, revoir le monument en hommage aux Hommes de fer). Il se trouve square Gallieni, près de la Porte serpenoise… et était, au moment de mes photographies en août 2012, noyé au milieu de travaux.

Metz, le monument aux morts de 1914-1918, carte postale des années 1930A l’origine, ce monument, inauguré en 1935, célébrait la réunification de l’Alsace et de la Lorraine (en fait de la Moselle) à la France en 1918. Il est l’œuvre du sculpteur Paul [François] Niclausse (Metz, 1879 – Paris en 1958) et non Paul Miclaux comme indiqué en légende de la carte postale. Du même Paul Niclausse, je dois avoir quelque part les photographies de l’Orpheline, présentée dans le parc Tassart à Cahors et le buste d’Albert Ier roi des Belges à Metz. Outre les personnages centraux, le monument comportait à l’origine un relief central dominant le groupe sculpté, avec une représentation allégorique de la famille laissée par le soldat envoyé au front: une mère portant son nourrisson dans les bras, encadrée par les grands-parents. Sur les côtés prenaient place deux reliefs représentant chacun un Poilu.

Le sculpteur Niclausse a donc ajouté trois hauts-reliefs : deux montrent les libérateurs de la ville, en uniforme de poilus, et l’autre une scène de famille, représentant les femmes, les vieillards, un bébé, toutes les victimes civiles de la guerre. Si l’énorme pietà est figée, le relief de la famille – les parents, l’épouse et l’enfant qui ont perdu un être cher – est criant de détresse. – See more at: http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=643#sthash.f8I3w36j.dpuf
Le sculpteur Niclausse a donc ajouté trois hauts-reliefs : deux montrent les libérateurs de la ville, en uniforme de poilus, et l’autre une scène de famille, représentant les femmes, les vieillards, un bébé, toutes les victimes civiles de la guerre. Si l’énorme pietà est figée, le relief de la famille – les parents, l’épouse et l’enfant qui ont perdu un être cher – est criant de détresse. – See more at: http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=643#sthash.f8I3w36j.dpuf

Metz, le monument aux morts de 1914-1918, carte postale pendant la Deuxième guerre mondialePendant la Deuxième Guerre mondiale, dès 1940, les Allemands suppriment les reliefs sculptés pour ne conserver que l’allégorie féminine et le soldat mort. Cette carte postale porte pour légende « Metz, das Deutsche Denkmal » (le monument allemand) et sur la stèle martelée, on peut lire l’inscription en lettres gothiques qui a remplacé les bas reliefs: « Sie starben für das Reich » (ils sont morts pour l’Empire).

Metz, le monument aux morts de 1914-1918, en 2012, de face et de trois quartsL’inscription allemande a été enlevée dès la fin de la guerre. Le monument ne conserve que le groupe sculpté central composé d’une mère et d’un soldat mort. Une figuration très allégorique du deuil, avec la mère représentée assise, pieds nus et habillée d’une longue robe drapée à l’Antique. Elle porte sur ses genoux le soldat figuré nu, tête et pieds en appui sur les massifs qui l’encadrent. Sans uniforme, impossible de savoir que ce soldat a combattu dans les rangs allemands, puisque la Moselle était allemande depuis 1871.

Metz, le monument aux morts de 1914-1918, inscriptionL’inscription qui a été ajoutée à la base du socle est désormais « Aux morts de la guerre », sans préciser laquelle… En bas à droite, il reste toujours l’inscription d’origine « érigé par le Souvenir français ».

Metz, le monument aux morts de 1914-1918, détail des têtes de l'allégorie féminine et du soldatVoici un détail des têtes de la mère, avec les cheveux tressés ramenés sur le front, et du soldat mort.

Voir aussi l’histoire compliquée du monument au Poilu libérateur de la Moselle, également à Metz

Photographies d’août 2012.

La porte des Allemands à Metz

Metz, la porte des Allemands, au milieu des voituresIl y a quelques semaines, Zazimuth me signalait un article du site indépendant Tout Metz sur la restauration de la porte des Allemands à Metz… Avant l’été, le lieu devrait avoir retrouvé un attrait plus important et pouvoir accueillir du public et des spectacles. C’est l’occasion de vous montrer les photographies que j’ai prises en août 2012 et de reprendre ma série d’articles sur Metz. Quand vous êtes à cette porte, je vous conseille une promenade dans les anciennes fortifications (je partagerai un de ces jours mes photographies avec vous)  et de terminer par le monument en hommage aux Hommes de fer. Bon, au premier abord, le lieu est noyé dans un flux de voitures…

Metz, la porte des Allemands, vue générale

La porte des Allemands protégeait l’entrée de la ville du coté oriental. Elle doit son nom à un établissement monastique incluant un hôpital et qui se trouvait à proximité (Saint-Marie des Alamans). Il ne reste pas grand chose des premières constructions du 13e siècle (1230) ; elle a été remaniée de multiples fois même si elle a de beaux restes des 15e et 16e siècles. Vauban l’a modifiée en 1674 pour l’intégrer dans ses fortifications (que je vous montrerai bientôt). Les restaurations du 19e siècle (notamment lors de l’occupation allemande de 1871 à 1918, elle accueillit un musée archéologique de 1907 à 1918) ont aussi laissé pas mal de traces, ce qui donne un ensemble hétéroclite et peu lisible sur le plan architectural…

Metz, la porte des Allemands, cour intérieure

La cour intérieure, que l’on peut (pouvait lors de ma visite en 2012 et pourra à partir de mai 2014, plus exactement) traverser montre ces constructions successives, mais la lecture architecturale en reste compliquée…

Metz, la porte des Allemands, vue de l'autre face

Si l’on se recule un peu, on voir mieux les fortifications qui protègent les deux rives de la Seille et le pont qui enjambe la rivière.

Metz, la porte des Allemands, la Seille traverse le lieu

On voit mieux sur cette vue, prise depuis l’autre rive, les quatre tours (deux sur chaque rive) et le pont fortifié qui permet d’entrer vers la ville de Metz, qui se trouve vers la droite ici.

Metz, la porte des Allemands, la Seille

Les rives de la Seille sont elles aussi protégées (et canalisées) par les ouvrages de fortification. J’espère que la restauration en cours permettra de mieux lire l’histoire du monument, tout en lui donnant de nouvelles fonctions (lieu de spectacles, de rencontres), et comme point de départ pour une promenade dans les fortifications voisines, qui étaient bien désertes en ce début août 2012…

Pour aller plus loin: voir l’histoire du site sur Tout Metz. La fiche monument historique en ligne est sommaire…