
Pour poursuivre cette semaine sur 1914-1918, j’ai choisi à la médiathèque un album qui se passe juste après la guerre. Il a reçu le Prix Bulles en Nord à Lys-lez-Lannoy (Nord) en 2006.
Le livre : Une après-midi d’été, de Bruno Le Floc’h (scénario et dessins), collection Mirages, éditions Delcourt, 2006, 95 pages, ISBN 978-2-7560-0210-1
L’histoire : 1919, dans un petit port breton. Avant la guerre, Nonna était fiancé à Perdrix, mais à son retour, il ne pense qu’à la guerre. Hanté par ses souvenirs, il se renferme dans le mutisme, sculpte des statuettes de Poilus sans pouvoir reprendre la mer. Un matin, Perdrix en a marre et décide d’aller le voir pour le mettre en demeure de l’épouser enfin…
Mon avis : cet album est la suite de Trois éclats blancs, que je n’ai pas lu. Il se positionne juste après la guerre, mais celle-ci est si présente dans les souvenirs que l’on voit sans doute plus la guerre que l’après-guerre, le « héros » étant littéralement hanté par ses souvenirs, moments durs de la vie dans les tranchées ou petits instants moins tendus avec l’arrivée de la popote, accompagnée des « nouvelles du front », vrai « téléphone arabe », ou la distribution du courrier et parfois des colis. Le graphisme est intéressant, avec des dominantes bleues pour la Bretagne, grises pour le front, même si j’ai un peu de mal avec l’image d’Épinal dont est affublée la pauvre Perdrix. L’ouvrage aborde surtout le problème du retour de la guerre, l’absence de prise en charge de ce que l’on appelait pas encore le stress post-traumatique et qui a été la cause de bien des souffrances pour ceux qui sont revenus notamment sans blessures physiques graves. Ce n’est pas mon préféré dans ma sélection d’albums sur 1914-1918, mais je vous le recommande néanmoins.
– Le premier jour de la bataille de la Somme, 1er juillet 1916 de Joe Sacco (une vraie « merveille » malgré le thème)
– Mauvais genre de Chloé Cruchaudet
– Les folies Bergères de Porcel et Zidrou
– Crevaisons (Une aventure rocambolesque du Soldat inconnu, tome 5) de Manu Larcenet et Daniel Casanave
– Putain de guerre! Tome 1: 1914, 1915, 1916, de Jacques Tardi
Cette BD sera soumise pour le classement du TOP BD des blogueurs organisé par Yaneck / Les chroniques de l’invisible. Mes chroniques BD sont regroupées dans la catégorie pour les BD et par auteur sur la page BD dans ma bibliothèque.
Le dernier motif pour la housse de coussin en broderie suisse (kit de Brigitte Rainglet acheté à
J’ai ensuite ajouté les carrés, très rapides puisqu’une seule ligne à réaliser, et contrairement aux couronnes, il n’y a pas de « tirets » à préparer auparavant…
Et voilà l’ensemble terminé! Il me reste maintenant à coudre l’ensemble avec les autres éléments du kit (toile de lin et dentelle) pour avoir une housse de 40cm de côté.
A
C’est un peu mieux si on traverse…
Il ne se trouve là que depuis mai 1982. Il se trouvait avant sur une place arborée, devenue aujourd’hui square des Anciens d’Afrique du Nord, pas très loin, en fait presque de l’autre côté du boulevard, comme on peut le voir sur cette carte postale ancienne. il a été financé par souscription publique, subvention (au prorata du nombre de morts de la commune, rappelons-le) et des bénéfices sur la vente de poissons de Loire. Il y a été inauguré le 13 juillet 1924.
Cette autre carte porte comme mention « Angibault sculpt[eur], Garaud stat[uaire]. En fait, Gustave Angibault était marbrier à Amboise et n’a réalisé que les ornements annexes.
On retrouve les signatures sur le socle: « G. Angibault et Garand ». Ce dernier est Camille Garand (Nouans-les-Fontaines, 1879 – 1979), sculpteur tourangeau qui est l’auteur de plusieurs monuments aux morts dans le secteur.
Le monument se compose d’un haut socle en granite qui porte des listes de morts sur trois faces (deux pour 1914-1918, une pour les autres conflits) et au sommet, un groupe sculpté en calcaire.
Ce groupe comprend deux soldats qui se recueillent devant la tombe d’un soldat mort (« pro patria »), avec une croix de guerre et recouverte du casque du défunt d’où semble s’échapper une pluie de roses. Une allégorie féminine couronnée (la ville d’Amboise dont elle porte les armoiries), qui tient une couronne, les abrite sous son bras tendu.
Voici de plus près, je trouve que la couronne, faite de laurier (victoire) et de chêne (force) est plus une couronne de la Victoire qu’une couronne mortuaire comme j’ai pu le lire ici ou là [même si
Le soldat le plus âgé, moustachu et barbu, les yeux fermés, semblent plus affecté et tient, lui, une couronne mortuaire. Le jeune soldat semble lever les yeux vers l’avenir et tient son fusil au repos à sa droite.
Voici de dos. L’allégorie est vêtue à l’Antique alors que les soldats portent leurs diverses sacoches.
Il est complété par des stèles aux conflits ultérieurs (Afrique du Nord notamment, voir la première vue) et une stèle aux déportés de la ville.
Un second monument, datant de 1971, se trouve sur l’île de la Loire, après l’auberge de jeunesse.
De forme triangulaire, installé sur une butte, il se compose de grandes dalles de béton ajouré, avec sur le côté intérieur des listes de morts. La dédicace, « Mère voici tes fils qui se sont tant battus », n’est pas très explicite. Il s’agit d’une œuvre de [Henri] Paul Derycke (Ronq, 1928 – 1998,
Changement de laine pour ces snoods version 2014. Toujours en laine Katia mais en Love Wool (85°/° laine vierge, 15°/° alpaga). Une pelote et demi pour chaque snood.
Donc le premier je l’ai fait tout rouge et pour le second, j’ai acheté une pelote noire pour varier. Le truc c’est l’alternance du point mousse et du jersey. Pour le rouge j’ai respecté le modèle et pour le noir j’ai modifié le rythme des points. Une petite couture pour fermer et le tour est joué. Je l’ai faite au crochet en mailles coulées.
Le rouge et noir peut se porter recto ou verso car ça donne un effet différent.
A Dinan, il y a bien sûr un monument aux morts public et tout ce qu’il y a de laïc comme le veut la loi du 25 octobre 1919 (symboles religieux interdits, la commission départementale créée en 1920 doit y veiller). Mais à côté de ces monuments publics (sordidement subventionnés en fonction du nombre de morts de la commune entre 1920 -loi de finance- et 1925 -suppression des aides), il existe des lieux de commémoration dans la plupart des églises, qui peuvent aller d’une simple plaque avec le nom des membres du clergé et des paroissiens morts pour la France à des monuments plus importants. Dans des cas plus rares, ce sont des vitraux (verrières pour mes collègues et au bureau) qui ont été commandés, c’est le cas dans l’église Saint-Malo, avec en-dessous une plaque avec les noms des morts.
Le vitrail se compose de deux grandes parties: en bas un hommage aux soldats, au-dessus l’espoir (il faut y croire…) de l’Église. Et des motifs symboliques dans les lancettes.
Il porte la signature « H.M. Magne del(t) / Ch. Champigneulle pin(t) / Paris 1921 ». Il est donc l’œuvre de Henri Marcel (Urbain) Magne (Paris, 1877 – Paris, 1944), descendant d’une famille d’architectes, et de Charles Champigneulle, issu d’une grande
Bon, revenons à notre vitrail… la moitié inférieure, dédiée « aux enfants de Dinan morts pour la France », représente le champ de bataille et une scène d’enterrement.
Au milieu du champ de bataille et des pièces d’artillerie, un soldat semble mort et le porte-drapeau en mauvaise posture, « 94 » rappelle le sacrifice d’hommes jeunes (la classe 1894), même si bien sûr des soldats plus âgés ont aussi payé une lourde contribution à la guerre.
A gauche, les survivants, en uniforme bleu horizon, prient… encouragés par un homme en vareuse marron (l’aumônier?)…
Sur la tombe fraîche, un prêtre célèbre les obsèques…
… face à la veuve, la mère et l’orpheline, un thème fréquemment représenté que je vous invite à (re)voir en sculpture à
Au ciel, un bel aréopage attend les défunts dans la partie supérieure…
un évêque (saint Malo, titulaire de l’église?), l’archange Saint-Michel (avec sa devise « Quis u [t] deus »),
le Christ et Jeanne d’Arc…
portant un oriflamme aux armes de la ville avec les noms « Jhesus Maria ».
J’ai reçu de nouveaux envois de
Ah non, il y a aussi toujours beaucoup de bleu!
La journée de la céramique m’aurait bien tentée!
La pomme a un format carte postale mais peut se déplier, jusqu’à ce qu’il ne reste que le trognon, et au dos se trouve le programme de
Enfin, dans la dernière série, on reste dans la rubrique «
Je vous ai déjà montré plusieurs monuments commémoratifs des guerres à
Le sculpteur
Une carte postale propose même un «avant» (monument à Guillaume Ier) et après (monument aux Poilus) qui ne correspond pas au monument de Henri Bouchard mais le suivant…
Suite à des bisbilles, la municipalité avait en effet décidé de ne pas faire couler en bronze (avec le matériau récupéré des statues allemandes déboulonnées) le Poilu de Bouchard mais de passer commande à un sculpteur local, Emmanuel Hannaux (Metz, 1855 – 1934). Sa maquette est définitivement choisie en 1921 et c’est son Poilu libérateur, inauguré le 5 juin 1922, que l’on peut voir sur cette carte postale et qui sera détruit pendant la Deuxième Guerre mondiale, fondu dès 1940. Il est composé d’un haut socle sur lequel pose un soldat et à sa base, une allégorie de la France victorieuse les bras levés…
Il s’agit d’une version un peu différente : alors que le Poilu de 1919 écrasait du pied droit un casque à pointe allemand, il est désormais représenté les deux pieds au sol, une partie du barda et de l’armement (grenade notamment) posé par terre…
… ainsi que deux casques, mais dans une position moins « écrasante » par rapport au vaincu…
La signature de Bouchard est bien visible et l’inscription sur le socle fixe le titre: « Au Poilu libérateur – Le Souvenir Français de la Moselle 1918 ».
J’ai reçu une grosse enveloppe dodue de la part d’
Voici le devant et le derrière du joli sac en patchwork aux couleurs soigneusement choisies!
Des détails parfaits et une doublure à pois rouges. Je pense que je vais y ranger mes nouveaux crochets, ah oui, une collection complète en bambou arrivée de Chine (merci Y.!), en attendant que je me mette vraiment à cette technique! J’ai largement la place pour une ou deux pelotes et un modèle!
Trois jolis cahiers accompagnent l’ensemble. Un grand merci à toi,
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Mise à jour du 19 janvier 2015 : Vendredi dernier (16 janvier 2015), les lecteurs de Poitou-Charentes
Nous ne savons pas encore qui recevra le prix de la