Archives de l’auteur : Véronique Dujardin

La sculpture 15e siècle, façade de Sainte-Radegonde à Poitiers (3)

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, vue du tympan Comme promis, voici la réponse à la question de la semaine dernière. Combien y a-t-il d’apôtres dans les niches du portail de la fin du 15e siècle de l’église Sainte-Radegonde à Poitiers ? Sont-ils bien douze???

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, numérotation des apôtres et sculptures du 19e siècle Allez, on compte, au passage, je vous rappelle que les statues centrales (dans le rectangle bleu) datent de la fin du 19e siècle. Aïe, quatorze niches, que se passe-t-il? Le collège apostolique est-il accompagné, comme à Notre-Dame-la-Grande, d’un pape et d’un évêque ? Il va falloir sortir les jumelles, ou le zoom de l’APN…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, le Christ supporté par deux anges La réponse se trouve au centre… Vous ne voyez pas bien?

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, le Christ de la clef Sur la clef de l’arc se trouve le Christ, représenté en buste.

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, l'ange de gauche Et en fait, il est porté au ciel par deux anges… J’ai redressé les photographies pour qu’ils soient plus faciles à lire… Les ailes de celui de gauche sont bien visibles…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, l'ange de droite C’est un peu moins net à droite…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, apôtres 1 à 6 Nous avons donc bien douze apôtres (enfin, le dernier en bas à droite a disparu). Comme je vous le disais l’autre jour, ils sont trop endommagés pour être identifiés… Voici les 6 à gauche…

Poitiers, portail de Sainte-Radegonde, apôtres 7 à 12 … et les six à droite… Ah, et qui sont les apôtres ? Et bien, leurs noms varient selon les évangiles! La liste est donnée quatre fois dans le Nouveau testament. Il y a quand même des constantes… Ils sont toujours douze. Pour Matthieu, X (1-4) et Marc, III (3-19), il s’agit de Simon (dit Pierre), André (son frère), Jacques et Jean (deux frères fils de Zébédée), Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu, Jacques (fils d’Alphée), Thaddée, Simon le Cananéen et Judas l’Iscariote. Pour Luc VI (12-16), les Actes des Apôtres 5 (13), il s’agit de Pierre et André, son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques (fils d’Alphée), Simon (appelé le zélote), Jude « de Jacques » et Judas l’Iscariote.

Si vous voulez en savoir plus sur l’église Sainte-Radegonde à Poitiers, vous pouvez relire les autres articles sur les chevets de la cathédrale et de Sainte-Radegonde vus de loin, le chevet vu de près, le parvis de justice du 15e siècle (avec un détail du pavage ici), la façade occidentale : les parties romanes, le portail de la fin du 15e siècle (le collège apostolique et les singes monstrueux), les sculptures de la fin du 19e siècle (Vierge à l’Enfant, saintes Agnès, Radegonde, Disciole, saint Hilaire).

Bon anniversaire Flo!

Pour l'anniversaire de Flo : l'emballage Flo, qui n’a pas de blog, fêtait son anniversaire la semaine dernière. C’est elle qui m’a envoyé les photographies… Un emballage en récupération de publicités…

Pour l'anniversaire de Flo : 26 ATC, abécédaire couture On ouvre, et voici un abécédaire au format ATC (art trading card, toujours au format 2,5 sur 3,5 pouces) sur le thème des travaux de coutures et broderies… J’ai donc choisi :

  • aiguille,
  • bouton,
  • coton,
  • dentelle,
  • épingle,
  • frivolité (je vous l’avais montrée ici),
  • galon,
  • hardanger (je vous l’ai aussi montré, sur cette lettre, c’est Dalinele qui m’a sauvé la lettre),
  • imprimé,
  • jean’s (la, une idée d’une autre amie, j’avais pensé à jute, mais n’en avais pas sous la main, ou jersey, mais celui que j’avais n’était pas terrible),
  • kimono en kraft (bon, j’ai un peu triché),
  • laine,
  • mètre-ruban,
  • nœud,
  • ouatine,
  • point de croix,
  • queue de rat,
  • raphia,
  • satin,
  • tricot,
  • uni,
  • volant,
  • www (ben oui, pour plein de choses, modèles, partage, etc.),
  • XXL,
  • yo-yo
  • et zip

Semaine hongroise (7) : des inventions

De la vitamine C, des allumettes et un style à billeQuel est le point commun entre le stylo à bille, l’allumette ou la vitamine C? Ils ont tous eu une histoire hongroise…

Commençons par la vitamine C… Elle a été isolée en 1928 par Albert Szent-Gyorgyi (né en 1893 à Budapest, mort en 1986 à Woods Hole dans le Massachusetts). Il reçut pour cette découverte (et celle des flavonoïdes) le prix Nobel de médecine en 1937. Maintenant, il me reste à avaler le contenu du tube, LOL!

Le stylo à billes est inventé à la fin des années 1930 par le journaliste László József Bíró (né en 1899 à Budapest, mort en 1985 à Buenos Aires). L’idée vient d’une observation sur l’encre d’imprimerie, qui sèche plus vite sur le papier que l’encre alors utilisée pour les stylos-plumes. Mais l’encre d’imprimerie est trop « grasse », pas assez liquide pour fonctionner avec un stylo-plume. Il travaille alors avec son frère, Georg, qui était chimiste. Ils inventent leur stylo muni d’une bille qui roule dans l’encre de la cartouche. Ils déposent leur brevet en 1938 à Paris, où ils s’étaient réfugiés aprèss avoir fui les lois antisémites hongroises. Il fuient à nouveau le nazisme, en 1943, et émigrent en Argentine, où ils créent une nouvelle société… Dans plusieurs pays d’Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande, le stylo à billes prend le nom de biro ou birome (comme plus tard en France celui de Bic…). Ils deviennent vite indispensables aux aviateurs britanniques à la fin de la guerre: ils fonctionnent beaucoup mieux que les stylos-plumes en altitude. Et le bic? Et bien, pour la France, en 1945, les frères Bíró avaient cédé leur brevet à Marcel Bich. Il l’améliore d’abord avec un bille plus petite, en acier, bien régulière, d’un millimètre de diamètre. Son stylo ne bave plus… En 1952, il invente le modèle « cristal » qui permet de surveiller le niveau de l’encre… et de ne pas tomber en panne intempestivement.

Pour l’allumette, c’est beaucoup plus compliqué… Il est parfois écrit que János Irinyi est l’inventeur de l’allumette moderne en 1836, mais en fait, l’histoire de l’allumette moderne est semée de découvertes décisives. En 1680, Robert Boyle découvre les propriétés du phosphore et du soufre mais ne parvient pas à vraiment fabriquer une allumette. En 1805, K. Chancel, assistant du professeur L.J. Thénard à Paris, met au point un mélange inflammable à base de chlorate de potassium, de soufre, de sucre et de caoutchouc (plus qu’un mélange inflammable, je dirai un mélange… explosif!). Pour l’enflammer, il fallait le plonger dans un petit flacon d’amiante (si! l’amiante est hautement cancérigène mais un excellent isolant) rempli d’acide sulfurique. En 1827, John Walker, un pharmacien, reprend les travaux de Boyle et obtient une allumette qui prend feu par friction (frottement) sur une surface rugueuse. Son mélange contient du sulfure d’antimoine, du chlorate de potassium, de la gomme et de l’amidon. Le premier brevet d’allumettes (alors appelées… lucifers, comme le diable, bon, avec l’odeur de soufre qui devait se dégager, ça se comprend) est déposé par Samuel Jones. Mais la flamme n’était pas stable, le mélange pouvait toujours exploser, et l’odeur était nauséabonde… Elles sont néanmoins adoptées par des fumeurs qui la trouve plus pratique que le briquet à silex… En 1831, Charles Sauria, un Français, réduit les mauvaises odeurs en ajoutant du phosphore blanc. Ces allumettes peuvent être gardées dans une boîte hermétique. L’année suivante, c’est un Allemand, Jakob Friedrich Kammerer, qui innove et fonde la première usine de fabrication de ces allumettes. Mais le phosphore blanc est toxique, utilisé en grande quantité dans des ateliers mal aérés, il provoque des maladies osseuses (notamment de la mâchoire) chez les ouvriers. En 1836, c’est au tour du Hongrois János Irinyi d’améliorer la petite allumette… Ce pharmacien (encore!) réussit à ce qu’il n’y ait plus d’explosion lors de l’allumage, en utilisant de phosphore, du chlorate de potassium et du dioxyde de plomb. Mais ce n’est qu’en 1844 que les pharmaciens (décidément!) Suédois Gustaf Erik Pasch et Charles Frantz Lundström lui donnent sa forme actuelle et surtout le grattoir spécial, qui évite que l’allumette prenne feu par suite de n’importe quel frottement. L’allumette suédoise, aussi appelée allumette de sûreté, est composée de sulfure d’antimoine, de dioxyde de manganèse et de chlorate de potassium. Ce mélange réagit sur le grattoir composé de poudre de verre (qui augmente la friction) et de phosphore rouge (qui réagit avec les autres composants). Le brevet définitif est déposé en 1910 par une société américaine.

http://vdujardin.com/blog/wp-content/uploads/2011/03/60890631_p3.jpgComme je vous l’avais annoncé, cette semaine sera hongroise, organisé du 7 au 13 mars 2011 chez par Schlabaya (qui organise aussi le défi du 1 % rentrée littéraire 2010) et Cryssilda (qui a créé le logo) : il s’agira de présenter des lectures, des recettes, des voyages en Hongrie…Je vais essayer de programmer un article chaque jour vers midi…

 

Mes articles de la semaine hongroise :
– une lecture : Le Faon de Magda Szabó ;
– une découverte de blog : Falby de là bas et son p’tit bonheur
– un vin : le tokay ou tokaji aszù
– une découverte patrimoniale : saint Martin (né en Hongrie et fondateur de Ligugé)

– une broderie : un berlingot sur une grille hongroise

– des timbres hongrois

– des découvertes : le stylo à billes, les allumettes et la vitamine C.

 

SAL pochette de Tournicoton (3)

SAL pochette de Tournicoton, troisième étape Aujourd’hui, cela fait déjà quatre ans que ma mère s’est suicidée. J’ai toujours l’impression que c’était hier…

Je termine la partie brodée du SAL proposé par Valérie / Au fil des fées sur une grille de Tournicoton parue dans Passion fil n° 7, avec la partie basse de la pochette et le contours du bas et du centre de la pochette. Il reste maintenant à s’attaquer à la finition…

Toutes les étapes de ce SAL

Semaine hongroise (6) : des timbres

Des timbres hongrois, 1, dentelle, orfèvrerie et autres thèmes Je poursuis ma semaine hongroise avec des timbres… personne n’a trouvé hier! J’ai fait une petite descente à la boutique d’Emmaüs rue de la cathédrale à Poitiers, et suis revenue avec plusieurs séries… j’ai eu la chance de trouver de la dentelle, je suis très contente… un peu de vin, d’orfèvrerie, de thèmes divers…

Des timbres hongrois, 2, des hommes célèbres et des métiers Et puis des hommes célèbres… (quasi pas de femmes) même d’avant la chute du mur de Berlin, vous avez reconnu Lénine? Et une glorification des métiers…

Des timbres hongrois, 3, bateaux, fleurs, papillons, etc. Et puis, des bateaux, des ponts (presque le Danube suggéré hier par Capucine O), des fleurs, des papillons, des oiseaux et autres animaux… Bon, je réfléchis maintenant à une utilisation de tous ces timbres, LOL! Je quelques idées…

http://vdujardin.com/blog/wp-content/uploads/2011/03/60890631_p2.jpgComme je vous l’avais annoncé, cette semaine sera hongroise, organisé du 7 au 13 mars 2011 chez par Schlabaya (qui organise aussi le défi du 1 % rentrée littéraire 2010) et Cryssilda (qui a créé le logo) : il s’agira de présenter des lectures, des recettes, des voyages en Hongrie…Je vais essayer de programmer un article chaque jour vers midi…

Mes articles de la semaine hongroise :
– une lecture : Le Faon de Magda Szabó ;
– une découverte de blog : Falby de là bas et son p’tit bonheur
– un vin : le tokay ou tokaji aszù
– une découverte patrimoniale : saint Martin (né en Hongrie et fondateur de Ligugé)

– une broderie : un berlingot sur une grille hongroise

– des timbres hongrois

– des découvertes : le stylo à billes, les allumettes et la vitamine C.

Semaine hongroise (5) : une broderie

Broderie hongroise en vert, avant montage Je poursuis ma semaine hongroise avec une broderie sur une grille trouvée sur le blog hongrois de Ancsanaplo. Je l’ai brodée en fils DMC 986 et 988 sur une toile de lin ordinaire (pas calibrée).

Broderie hongroise en vert, montée en berlingot Je l’ai montée en berlingot et envoyée à Dalinele, qui avait posté le 15.001e commentaire dans la même minute que la grande gagnante du 15.000e commentaire, Cathdragon, qui elle a reçu ceci). J’ai aussi prévu un petit lot de consolation pour Milkinise / Anne-Lise, qui elle avait posté deux minutes avant le 14.999e commentaire! Qui devinera les thèmes que j’aborderai dans les deux derniers articles de la semaine hongroise?

http://vdujardin.com/blog/wp-content/uploads/2011/03/60890631_p2.jpgComme je vous l’avais annoncé, cette semaine sera hongroise, organisée du 7 au 13 mars 2011 par Schlabaya (qui organise aussi le défi du 1 % rentrée littéraire 2010) et Cryssilda (qui a créé le logo) : il s’agira de présenter des lectures, des recettes, des voyages en Hongrie…Je vais essayer de programmer un article chaque jour vers midi…

Mes articles de la semaine hongroise :
– une lecture : Le Faon de Magda Szabó ;
– une découverte de blog : Falby de là bas et son p’tit bonheur
– un vin : le tokay ou tokaji aszù
– une découverte patrimoniale : saint Martin (né en Hongrie et fondateur de Ligugé)

– une broderie : un berlingot sur une grille hongroise

– des timbres hongrois

– des découvertes : le stylo à billes, les allumettes et la vitamine C.

Poulet aux prunes de Marjane Satrapi

Couverture de poulet aux prunes de Marjane Satrapi

pioche-en-bib.jpg

Logo BD for WomenUne BD à nouveau empruntée à la médiathèque. J’avais adoré Broderies et Persepolis et son adaptation en dessin animé (lu et vu avant le blog). Cet album a reçu le prix du meilleur album de l’année 2004 (décerné en 2005) du festival de la bande dessinée d’Angoulême.

Le livre : Poulet aux prunes, de Marjane Satrapi (scénario et dessins), collection Ciboulette, éditions L’Association, 84 pages, 2004, ISBN 978-28441415902844141590.

L’histoire : Téhéran, en 1958. Khan, joueur de tar, a décidé de se laisser mourir par une grève de la faim parce ce que sa femme, dans un accès de colère, lui a cassé son instrument de musique. Allongé dans sa chambre, il revient sur sa jeunesse, leur rencontre, avec son frère sur leur enfance. Lui, Nasser Ali, l’aîné et le cancre, Abdi, le cadet, bon élève, premier de la classe puis prisonnier politique… Un retour sur la vie (voire une anticipation de l’avenir) qui est aussi l’occasion d’aborder l’histoire de l’Iran…

Mon avis : J’ai beaucoup aimé cette histoire rédigée comme un récit tout en dessins en noir et blanc. Où est passé le temps où les femmes iraniennes avaient l’interdiction de porter le voile, fumaient, où les enfants résistaient au mariage arrangé par les parents? En arrière plan aussi, très discrètement, le rôle des États-Unis et leur interférence dans les affaires de l’Iran, influant sur l’arrivée ou la destitution des dirigeants. L’époque a bien changé, mais ce passé explique sans doute en partie l’Iran d’aujourd’hui…

PS: j’ai beaucoup moins aimé le film qui en a été tiré…

 

Cette BD sera soumise pour le classement du TOP BD des blogueurs organisé par Yaneck / Les chroniques de l’invisible. Mes chroniques BD sont regroupées dans la catégorie pour les BD et par auteur sur la page BD dans ma bibliothèque.

Semaine hongroise (4) : saint Martin… à Ligugé!

Ligugé, 1, saint Martin sur le trumeau du portail de l'église (19e siècle) Aujourd’hui, je vous présente un sujet un peu « tordu » pour la semaine hongroise… C’est pour cela que je suis allée dimanche à Ligugé. Vous le voyez ici sur le trumeau (la partie verticale qui sépare le portail en deux)… en fondateur de l’abbaye de Ligugé. Il s’agit d’une statue du 19e siècle, créée par le père Jean Gourbeillon (1814-1895), parfois appelé Jehan de Solesmes.

Ligugé, 2, la plaque de l'itinéraire culturel et son symbole Bon, je vous explique mon choix… Martin est né en 316 ou en 317 à Sabaria (ou Savaria) en Pannonie, aujourd’hui Szombathely dans l’actuelle Hongrie (et non dans l’ex-Yougoslavie, comme il est indiqué dans la plaquette à disposition des visiteurs dans l’église de Ligugé). Szombathely est aujourd’hui une ville de près de 80.000 habitants (chiffres de 2007), la 20e de Hongrie par sa population. Vous imaginez bien que je n’ai pas de photographie de son lieu de naissance (mais il y en a sur le site officiel de la ville, en anglais, en allemand ou en hongrois), je vais rapidement vous retracer son itinéraire, qui vous ai développé sur le site officiel de l’itinéraire culturel européen consacré à Saint-Martin (et dont vous voyez le logo ici sur la plaque de la chapelle du catéchumène et dans l’angle gauche, au sol, la marque de l’itinéraire) ou dans la Vie de Martin de Sulpice-Sévère, écrite peu après la mort de Martin. Revenons à lui. Fils d’un soldat romain, il passe son enfance à Pavie, en Italie. Il s’engage dans la cavalerie à l’âge de 15 ans. En 337, alors qu’il est en garnison à Amiens, il partage la moitié de son manteau avec un pauvre (c’est l’un des représentations les plus fréquentes de Martin): c’est alors qu’il est frappé par la foi, se convertit au christianisme et quitte l’armée en 356. Il est alors arrivé, toujours avec sa légion, à Worms, en Allemagne. Il se met alors au service de Hilaire, premier évêque de Poitiers. Il lui confie la fonction d’exorciste. Son périple (à lire en détail sur le site de l’itinéraire culturel européen) le renvoie en Panonie, à Milan, sur une île de Ligurie avant qu’il ne revienne à Poitiers, où Hilaire est revenu d’exil (360). Vous voyez le nombre de kilomètres parcourus à cheval et à pied en quelques années! Martin s’installe alors en ermite à Ligugé (ouf, nous y sommes!), dans une villa romaine en ruine mais il est très vite rejoint par des disciples et il fonde là le premier monastère d’Occident. Il est peu après appelé par les tourangeaux qui l’élisent évêque de Tours (le 4 Juillet 371 disent certains textes, les historiens préfèrent l’estimer entre 570 et 572). Il fonde tout près de la ville le monastère de Marmoutier et les premières églises rurales de la Gaule romaine. Il meurt 8 novembre 397 à Candes-Saint-Martin et est enterré le 11 novembre à Tours (après une bagarre autour de sa dépouille pour son lieu d’inhumation), hors les murs romains, dans un lieu… où une basilique est ensuite construite sur son tombeau.

Ligugé, 3, les ruines de l'ancienne église À Ligugé, vous avez plusieurs choses à voir, très proches les unes des autres. D’abord, les vestiges les plus anciens, à l’état de ruine dans la pelouse à l’avant de l’actuelle église (je reviendrai une autre fois sur cet édifice). Ensuite, la crypte, pas prise en photographie, qui est le seul élément qui a survécu aux destructions des guerres de religion. On y voit aussi des restes de la villa romaine où Martin s’est installé. Plutôt que de vous assommer avec ces ruines, je propose que ceux qui sont intéressés aillent directement lire sur la plateforme de Persée l’article de Carol Heitz sur les fouilles du père Camille de la croix (fouilles et datation de l’ancienne abbatiale Saint-Martin de Ligugé, paru en 1992 dans les Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 136e année, n° 4, p. 857-868).

Ligugé, 4, l'église et l'abbaye Puis vous avez l’église et l’abbaye… L’église a eu une histoire mouvementée dont je vous parlerai une autre fois, cet article est déjà long… Sachez juste qu’elle a été reconstruite à partir de 1479 dans un chantier qui se traîne en longueur jusqu’au 16e siècle. Elle avait été incendiée en 1359, pendant la guerre de Cent Ans, d’abord par les paysans qui ne voulaient pas qu’elle tombe aux mains des Anglais (juste après la bataille de Poitiers, en 1356 et en fait la bataille eut lieu à Nouaillé-Maupertuis, où le roi de France Jean II le Bon est fait prisonnier, puis l’incendie de nombreux édifices en 1358-1359), puis par les Anglais qui sont quand même passés par là… N’hésitez pas à aller à la boutique de l’abbaye, vous y trouverez de beaux émaux, de nombreux enregistrements (le père abbé est un grand musicologue) ou même venez y passer quelques nuits… l’abbaye accueille chaque année 12000 personnes dans son hôtellerie (plus d’informations sur le site de l’abbaye).

Ligugé, 5, la chapelle du catéchumène Et enfin la chapelle du catéchumène, qui a été érigée un peu à l’écart de l’église. Cette chapelle date du 13e siècle et a été fortement (et radicalement) restaurée au 19e siècle.

Ligugé, 6, l'intérieur de la chapelle du catéchumène La légende (rapportée par Sulpice-Sévère, mais un texte hagiographique – vie d’un saint, est toujours suspect et illustrée par ce vitrail contemporain en dalle de verre) veut qu’un catéchumène (un homme adulte à cette époque, qui vient apprendre les textes saints avant de recevoir le baptême) était venu se joindre aux novices autour de Martin. Mais un jour, il est pris de fièvre et mourut avant même d’avoir pu être baptisé (attention, en principe, au 4e siècle, il n’y a que l’évêque qui baptise… ou quelques rares personnes – dont Martin – à qui l’évêque a délégué la fonction, je ne pense pas que ce que l’on a appelé des siècles plus tard le baptême d’urgence, qui pouvait être donné par exemple par une sage-femme à un nourrisson mourant à la naissance, existait). Lorsque Martin revient, il s’enferme avec le cadavre et, à force de prières, il le ressuscite. De part et d’autre de l’autel, vous voyez les ex-votos, en remerciement de miracles ou intercessions de Martin depuis le 19e siècle. La légende veut que le catéchumène soit mort d’une piqûre de vipère.

Ligugé, 7, le linteau de la chapelle du catéchumène Sur le tympan du 19e siècle de la chapelle, vous avez en haut le Christ bénissant et en-dessous, Martin et ses disciples accueillant de nouveaux arrivants.

http://vdujardin.com/blog/wp-content/uploads/2011/03/60890631_p2.jpgComme je vous l’avais annoncé, cette semaine sera hongroise, organisé du 7 au 13 mars 2011 chez par Schlabaya (qui organise aussi le défi du 1 % rentrée littéraire 2010) et Cryssilda (qui a créé le logo) : il s’agira de présenter des lectures, des recettes, des voyages en Hongrie…Je vais essayer de programmer un article chaque jour vers midi…

Mes articles de la semaine hongroise :
– une lecture : Le Faon de Magda Szabó ;
– une découverte de blog : Falby de là bas et son p’tit bonheur
– un vin : le tokay ou tokaji aszù
– une découverte patrimoniale : saint Martin (né en Hongrie et fondateur de Ligugé)

– une broderie : un berlingot sur une grille hongroise

– des timbres hongrois

– des découvertes : le stylo à billes, les allumettes et la vitamine C.

Un mini-hardanger

Motif minuscule en hardangerAprès la petite frivolité, je cherchais, pour un projet qui va encore rester secret quelques jours (maintenant visible ici), quelque chose en couture ou travaux d’aiguilles qui commencerait par un h et je séchais totalement… C’est Dalinele qui m’a sauvée en me soufflant le hardanger. Du coup, j’ai ressorti le livre L’art de broder en Hardanger de Frédérique Marfaing (édition l’Inédite, 2007, dans lequel j’ai réalisé ce motif en hardanger monté en pique-épingles) et cette fois, j’ai brodé le petit motif d’un exercice…

Concours oiseaux sauvages (4)

Concours oiseau, étape 4, détail du hibou Je poursuis ma broderie pour le concours de broderies d’oiseaux sauvages organisé par l’association de Fil en idées et relayé par Zéliane pour un salon à Fleury-les-Aubray les 16 et 17 avril 2011. Après la première et la seconde chouettes et un petit piaf, voici le dernier oiseau, avec des petites oreilles, j’ai bien retenu la leçon, c’est un hibou! Toujours tiré d’un modèle de Rico Design paru dans Point de croix magazine n° 57, septembre/octobre 2008.

Concours oiseau, étape 4, deux chouettes, un hibou et un oiseau Voici l’ensemble, pas de finition pour l’instant, juste un petit surfilage pour respecter les conditions du concours… L’ensemble est revenu ici avec un petit bonus. Et vous pouvez découvrir aussi la finition en boîte à ruban.