Archives par étiquette : musicien

Monument à Victor Nessler à Strasbourg

Strasbourg, parc de l'orangerie, monument à Victor Nessler, vue d'ensembleLe samedi, quand je peux, après le marché, j’assiste au concert qui est donné à Poitiers à Notre-Dame-la-Grande. En cherchant dans mes photographies, j’ai retrouvé ce compositeur très peu joué de nos jours, Victor [Ernst] Nessler (Baldenheim, 1841 – Strasbourg, 1890) comme le dit en partie son monument… qui se trouve dans le parc de l’Orangerie à . Il est peut-être plus joué en Allemagne, je ne me souviens pas d’avoir entendu une de ses œuvres… à découvrir dans sa biographie sur ce site de musicologie. J’ai trouvé quelques CD: découvrir par exemple son opéra Der Trompeter Von Sackingen (j’ai testé le prélude et le premier acte…). Le monument a été dessiné par l’architecte Joseph Hug, avec un haut socle en grès rouge sur lequel est installé un buste en bronze, coulé à Munich, œuvre du sculpteur [Frédéric] Alfred Marzolff (Strasbourg, 1867 – Rountzenheim, 1936), dont je n’ai pas trouvé la signature.

Strasbourg, parc de l'orangerie, monument à Victor Nessler, le buste et le haut du socleLe monument a été inauguré pendant la grande exposition industrielle, le 28 mai 1895. Caché en 1941, le buste a été ré-installé dans le parc seulement en 1953.

Strasbourg, parc de l'orangerie, monument à Victor Nessler, le socle en grèsLe texte inscrit à la base du socle en grès est illisible. Une lyre repose sur une branche de laurier.

Strasbourg, parc de l'orangerie, monument à Victor Nessler, le buste en bronzeMèche au vent, belle barbe, joli nœud papillon, Victor Nesler le porte beau sur ce buste!

Strasbourg, parc de l'orangerie, monument à Victor Nessler, vue rapprochée du visageDe plus près, le nez un peu froncé, les sourcils proéminents, lui donne un air plus concentré que de loin, les poches sous les yeux et les pattes d’oie le vieillissent, il est pourtant mort à moins de 50 ans (d’une hépatite).

Photographies d’octobre 2010.

Le tombeau de César Frank par Auguste Rodin au cimetière du Montparnasse à Paris

Médaillon par Auguste Rodin sur la tombe de césar Franck, cimetière du Montparnasse à Paris, le tombeauLe musicien César Frank (Liège, 1822 – Paris, 1890) est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris. Le tombeau a été dessiné par l’architecte Gaston Redon (1853-1921): voir le dessin au musée d’Orsay.

Médaillon par Auguste Rodin sur la tombe de césar Franck, cimetière du Montparnasse à Paris, signature d'Auguste RodinLe tombeau porte un médaillon sculpté par (Paris, 1840 –  Meudon, 1917) dont on peut lire la signature. L’original du médaillon ayant été volé une première fois puis restitué (et mis à l’abri), c’est un tirage moderne, de 1995, qui orne la tombe…

Médaillon par Auguste Rodin sur la tombe de césar Franck, cimetière du Montparnasse à Paris, le médaillonLe musicien est représenté par son profil droit cerné par une branche de laurier.

Médaillon par Auguste Rodin sur la tombe de césar Franck, cimetière du Montparnasse à Paris, le médaillon face au visage

Si on tourne un peu, on s’aperçoit que le portrait est réalisé en haut relief et le visage de César Franck apparaît en entier avec ses favoris qui descendent assez bas, laissant juste le menton glabre.

Médaillon par Auguste Rodin sur la tombe de césar Franck, cimetière du Montparnasse à Paris, détail de l'épaule et du colSur le col se lit l’inscription BEATITUDES et une portée avec quelques notes de musique est gravée sur l’épaule.

Photographies de juin 2013.

Poulet aux prunes, de Satrapi et Paronnaud

Affiche de poulet aux prunes, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud Je suis allée au cinéma, voir Poulet aux prunes, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, avec Mathieu Amalric dans le rôle du musicien. J’avais beaucoup aimé la bande dessinée (revoir ici mon avis sur Poulet aux prunes, la BD), ainsi que Persepolis, en bande dessinée et en dessin animé (avant le blog).

L’histoire : Téhéran, en 1958. Un musicien célèbre décide de mourir parce que sa femme, dans un accès de colère, lui a cassé son instrument de musique… Pour la suite, revoir le résumé de la bande dessinée, juste en remplaçant le tar, instrument de musique traditionnel, par un violon…

Mon avis : j’ai été plutôt déçue… Dans mon souvenir, Poulet aux prunes était aussi une manière de revoir l’histoire de l’Iran, ce qui apparaît dans le film vraiment à peine dans un dialogue avec son frère… Je ne me souvenais pas de la place de cette histoire d’amour de jeunesse, sans lendemain à cause du refus du père de la jeune fille…

Ce film n’a pas la force de Persepolis. Les flashs backs (et flashs forward, pour l’avenir du fils notamment) sont parfois traités avec des techniques surprenantes, le diable est ridicule à souhait… Je n’ai pas dû tout saisir du second / troisième degré de certains passages… Même si j’ai retrouvé parfois la poésie de l’album, ce n’est qu’à la marge…

Le monument à François Rude, par Just Becquet, à Tours

Tours, le monument à Rude par Becquet, 1, vue générale Dans le jardin du musée, dont je vous ai déjà parlé, se trouve un groupe sculpté en marbre (voir plus bas).

Tours, le monument à Rude par Becquet, 2, la dédicace Il a été érigé  » A LA MEMOIRE DE F. RUDE « , ainsi qu’il est écrit sur le socle. François Rude, sculpteur né à Dijon le 4 janvier 1784 et mort à Paris le 3 novembre 1855, a reçu le grand prix de Rome de sculpture en 1812. Installé en Belgique en 1815, il y réalise notamment un ensemble de neuf bas-reliefs pour le palais de Tervuren. De retour à Paris, il est surtout connu pour le Départ des volontaires de 1792, surnommé La Marseillaise, haut-relief pour l’arc de triomphe de l’Étoile à Paris. Il est aussi l’auteur du monument au Maréchal Ney (1853), avenue de l’Observatoire à Paris (je dois avoir des photos quelque part sur mon ordi…). La ville de Dijon lui consacre un musée (installé depuis 1947 dans le transept de l’église Saint-Étienne) où vous verrez notamment un moulage de ses principales œuvres.

Tours, le monument à Rude par Becquet, 3, la signature Just Bocquet Revenons à Tours… Le monument à François Rude est signé de Just Becquet (Besançon 1829 – Paris 1907), un élève de François Rude. J’ai eu beaucoup de mal à le pister. Aucune information sur ce monument sur le site du musée des Beaux-Arts ni dans mes bases de données préférées, qui ont bien des œuvres de Just Becquet mais aucune qui correspond, ni dans Mérimée (architecture), Palissy (objets), ou Joconde (collections des musées), il y a bien un faune à Amboise et un buste de Rude à Paris, mais aucun ne correspond. J’ai fini par trouver une photographie du modèle en plâtre dans la base de données des fonds figurés des archives nationales : la statue a été présentée en 1880 dans la cour de l’école des Beaux-Arts, au salon des artistes français… Retour donc aux catalogues des salons sur Gallica (ouvrages numérisés de la bibliothèque nationale de France). Avec l’année, c’est plus facile… Je l’ai trouvé page 564 sous le numéro 6089 :  » Faune jouant avec une panthère, statue, marbre, h 2m00, App. à État « . Si quelqu’un à un indice sur la date du monument de Tours, je complèterai cet article, mais bon, un peu après 1880. À moins qu’il ne s’agisse d’un dépôt de l’original du salon de 1880, il est si sale qu’il est impossible de dire s’il est en calcaire ou en marbre. Il en existe un tirage en bronze dans le square Brignole Galliera, dans le 16e arrondissement à Paris (j’ai voulu vérifier en y allant en octobre, mais il y avait des travaux… Je n’ai pas pu le prendre en photo, derrière les barrières). En attendant que j’y retourne, vous pouvez en voir une photographie sur le blog couleur du temps. Et en poursuivant les recherches dans le catalogue des Artistes français, j’ai trouvé une première version en plâtre dans le catalogue de 1857, page 302, sous le n° 2732 « Faune jouant avec une panthère, statue, plâtre ». D’après le site racines comtoises, cette œuvre aurait été repérée par Baudelaire… Allons voir les textes critiques de Baudelaire : je n’ai pas trouvé celui de 1857… Edmond About ne semble pas en parler dans son ouvrage de 1858, Nos artistes au Salon de 1857 (à lire chez Gallica), pas plus que Maxime Du Camp dans Le salon de 1857, peinture, sculpture (à lire aussi chez Gallica). Mais si vous voulez vous amuser sur ce salon, je vous conseille Nadar jury au Salon de 1857, texte et caricature de Nadar (Félix Tournachon dit Nadar). Et on le trouve également sous le n° 1674 de l’Exposition universelle de Paris en 1889, avec la mention « faune jouant avec une panthère, groupe, marbre, musée de Tours, E.N. 1883 », voir la vue numérisée 89 du catalogue, et un autre Faune avec une panthère est présenté sous le n° 3211 au salon des artistes français de 1896….

Tours, le monument à Rude par Becquet, 4,<br /><br /><br /><br /><br />
le monument vu de face Arrivons à notre groupe sculpté. Il représente un faune sous les traits d’un jeune homme debout, bras gauche levé, dans une position proche de celle d’un discobole, avec une panthère à ses pieds.

Tours, le monument à Rude par Becquet, 5, le monument vu de dos Tournons un peu, le jeune homme tient dans sa main droite une flûte de pan, normal me direz-vous pour un faune.

Tours, le monument à Rude par Becquet, 6, détail de la flûte de pan La voici de plus près …

Tours, le monument à Rude par Becquet, 7, détail du lion …la tête de la panthère qui lève la patte avant droite…

Tours, le monument à Rude par Becquet, 8, détail de la vigne … encore un détail, la vigne et le raisin entre les pieds du jeune homme et la panthère, devant un tambourin posé au sol.

Poulet aux prunes de Marjane Satrapi

Couverture de poulet aux prunes de Marjane Satrapi

pioche-en-bib.jpg

Logo BD for WomenUne BD à nouveau empruntée à la médiathèque. J’avais adoré Broderies et Persepolis et son adaptation en dessin animé (lu et vu avant le blog). Cet album a reçu le prix du meilleur album de l’année 2004 (décerné en 2005) du festival de la bande dessinée d’Angoulême.

Le livre : Poulet aux prunes, de Marjane Satrapi (scénario et dessins), collection Ciboulette, éditions L’Association, 84 pages, 2004, ISBN 978-28441415902844141590.

L’histoire : Téhéran, en 1958. Khan, joueur de tar, a décidé de se laisser mourir par une grève de la faim parce ce que sa femme, dans un accès de colère, lui a cassé son instrument de musique. Allongé dans sa chambre, il revient sur sa jeunesse, leur rencontre, avec son frère sur leur enfance. Lui, Nasser Ali, l’aîné et le cancre, Abdi, le cadet, bon élève, premier de la classe puis prisonnier politique… Un retour sur la vie (voire une anticipation de l’avenir) qui est aussi l’occasion d’aborder l’histoire de l’Iran…

Mon avis : J’ai beaucoup aimé cette histoire rédigée comme un récit tout en dessins en noir et blanc. Où est passé le temps où les femmes iraniennes avaient l’interdiction de porter le voile, fumaient, où les enfants résistaient au mariage arrangé par les parents? En arrière plan aussi, très discrètement, le rôle des États-Unis et leur interférence dans les affaires de l’Iran, influant sur l’arrivée ou la destitution des dirigeants. L’époque a bien changé, mais ce passé explique sans doute en partie l’Iran d’aujourd’hui…

PS: j’ai beaucoup moins aimé le film qui en a été tiré…

 

Cette BD sera soumise pour le classement du TOP BD des blogueurs organisé par Yaneck / Les chroniques de l’invisible. Mes chroniques BD sont regroupées dans la catégorie pour les BD et par auteur sur la page BD dans ma bibliothèque.

Meurtre au philharmonique de Batya Gour

Couevrture de meurtre au philharmonique de Batya Gour, en édition Fayard pioche-en-bib.jpgAprès les mondes de la psychanalyse, de l’université et du kibboutz, Batya Gour et son commissaire, Michaël Ohayon, vont aborder le monde de l’orchestre philharmonique. J’ai emprunté le livre à la médiathèque.

Le livre : Meurtre au philharmonique, de Batya Gour, traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz, série une enquête du commissaire Michaël Ohayon, Fayard, 1997, 465 pages, ISBN 978-2213599793 (existe dans d’autres éditions, notamment au format poche).

L’histoire : à Jérusalem, à la veille du nouvel an juif, le commissaire Ohayon s’apprête à fêter seul cette fête (il est déprimé, sans affectation dans la police en ce moment) quand il entend les pleurs d’un nourrisson. Il le recueille et décide, de manière irraisonnée, de le garder pour lui et engage une procédure d’adoption avec sa voisine du dessus, Nita Van Helden, une jeune violoncelliste qui a aussi un jeune bébé dont elle n’a pas dit qui était le père… Quelques jours plus tard, il assiste au premier concert de celle-ci depuis longtemps, avec son frère Théo à la tête de l’orchestre et son autre frère Gabriel au violon. Son père, qui devait assister à la représentation, n’est pas là… Il est retrouvé mort chez lui un peu plus tard, apparemment étouffé par un bâillon alors qu’une toile de maître hollandais d’un grand prix et toutes ses économies en liquide (il avait peur des banques) ont disparu. Peu après, c’est Gabriel qui est sauvagement assassiné après une répétition à laquelle avait participé le commissaire avec les deux bébés. qui pouvait lui en vouloir ? Ce n’est quand même pas son projet d’orchestre baroque et de festival Wagner (interdit de pupitre en Israël) qui en est la cause ? Engagé auprès de Tina, le commissaire pourra-t-il mener l’enquête ou devra-t-il céder la place à Balilti, un agent des services secrets ? Qu’est devenu le tableau ? Pourra-t-il adopter le bébé qu’il a trouvé ?

Mon avis : comme dans les livres précédents, les cent premières pages sont surtout consacrées à dresser le tableau, celui de la voisine dépressive depuis sa grossesse, celui de l’orchestre philharmonique, de son fonctionnement, des concurrences entre musiciens, etc. J’ai passé un agréable moment avec ce livre.

Ce livre me donne envie de poursuivre la lecture de la série, dans l’ordre :

Le joueur de tambour de la cathédrale de Poitiers

Cathédrale de Poitiers, joueur de deff En ce 21 juin, premier jour de l’été et fête de la musique, je vous invite à aller voir les modillons gothiques (du 13e siècle) qui soutiennent la corniche dans la nef de la cathédrale de Poitiers et dans l’église voisine de Sainte-Radegonde. Munissez-vous de jumelles, vous verrez mieux… et désolée pour le flou de la photo, mon appareil a eu du mal à faire le point. De nombreux animaux et personnages ornent ces modillons. J’en ai choisi un seul, ce petit joueur de tambour carré de la cathédrale. Il tape avec une baguette son deff ou daff, encore appelé pandero. Cet instrument se compose d’un cadre carré sur lequel une peau est tendue. Il peut se jouer à la main, comme un tambourin. Sous la peau, un timbre (cordon) était tendu et renforçait le son…

En cette journée, j’ai prévu d’aller participer au 4×21, organisé chaque 21 de changement de saison par la Région Poitou-Charentes dans le cadre du temps des arts de la rue, et d’abord à 11h au jeu du carillon ambulant de Douai (Nord), puis dans l’après-midi à la grande parade de Kloch, ça va sonner, du compositeur Eryck Abeckassis, qui partira du parc de Blossac pour un grand final à la cathédrale.