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C’est parti pour le festival de Confolens!

Affiche du festival de Confolens 2014 Le 57e festival de Confolens, art et traditions populaires est lancé avec le prélude ce soir, si l’alerte météo orange lancée pour cette nuit le permet, ça serait vraiment dommage que ce spectacle soit annulé! Du 12 au 17 août 2014, la ville vibrera au son des musiques du monde et au mouvement des danseurs, certains venus de très loin comme le groupe micronésien Mimar Bamboo (plusieurs heures de vol rien que pour aller faire établir les visas… plus de 24h de trajet, ils vont subir un sacré choc de culture entre l’île de Wap et Confolens! Si vous êtes dans le secteur, n’hésitez pas à aller y passer une soirée, mais aussi une journée, il y a de nombreuses animations gratuites, d’autres payantes, plein d’ateliers pour vous initier à ces danses, plein de rencontres pour vous évader très loin tout en restant… en Charente, aux confins du Limousin!

couverture du parcours du patrimoine sur Confolens Habituellement, la ville de (moins de 3.000 habitants, plus petite sous-préfecture de France) est plutôt déserte, je sais de quoi je parle, j’y ai étudié la quasi totalité des maisons du centre-ville il y a quelques années dans le cadre de l’inventaire du patrimoine du Confolentais, qui a donné lieu à deux livres, voir le parcours du patrimoine Confolens. Charente et l’Image du patrimoine sur le Confolentais. Mais pendant la semaine du festival et quelques jours avant, la ville est envahie par des centaines de danseurs (650 cette année, 28 groupes de presque autant de pays) et 20.000 visiteurs payants (presque 50.000 billets vendus, chacun assiste à plusieurs soirées), 100.000 visiteurs en cumulé avec les journées gratuites.

Ce festival est l’un de ceux qui ont fait l’objet d’une étude économique détaillée en 2012 financée par  par le conseil général de Charente (avec le ministère de l’économie et des finances (méthodologie tourisme, le ministère de la culture) : chaque euro de subvention rapporte 1,6€ de retombées économiques sur place (2,3€ si on inclut les tournées annexes des groupes): 217.000€ de subventions cette année là (l’association du festival a un budget global de 900.000€, le plus gros budget étant l’acheminement des groupes) ont rapporté presque 364.000€ de dépenses sur place des visiteurs, des organisateurs et des bénévoles. Non négligeable pour un territoire très rural, en 2003, je préférais calculer la densité de population des moutons que celle des habitants…  sans le festival, ce serait sans doute une ville sans restaurant, sans hôtel, avec des commerces encore plus en difficulté!

Le monument aux morts par Coutheillas à Confolens

Le monument aux morts de Confolens par Coutheillas, 1, le monument Nous retournons aujourd’hui à Confolens… qui doit son nom à la confluence du Goire et de la Vienne, et justement, nous allons tout au bout du square Jules Halgand, juste à la confluence. Son emplacement fut très discuté, comme vous pourrez le lire dans les annexes du le dossier documentaire… En effet, avant le monument aux morts se trouvait là… l’abattoir, les anciens combattants de 1914-1918 n’aimaient pas le symbole, les édiles ont défendu qu’avant l’abattoir, c’était le lieu de la fondation de la ville (ce qui reste vraiment à prouver… mais il faudrait des fouilles en milieu humide dont il n’est aucunement question aujourd’hui, je vous rappelle qu’un archéologue ne fouille jamais pour juste fouiller, il sait très bien qu’il détruira l’objet de son étude à jamais et donc mieux vaut garder les vestiges enfouis pour les générations futures).

Le monument aux morts de Confolens par Coutheillas, 2, la signature de l'architecte Berteau Revenons à notre monument aux morts… commandé finalement en 1924 et inauguré en juin 1928. Il a été conçu par l’architecte parisien Élie Berteau, bon, là, il va falloir me croire sur parole, mais son nom est gravé sur le socle en granite. Il est constitué d’un obélisque en granite sur lequel sont reportés le nom des victimes de la Première Guerre mondiale (complétés par ceux des autres conflits, pour les généalogistes, les noms figurent aussi en annexe du dossier documentaire) et d’un groupe sculpté en marbre dû au sculpteur Henri François Coutheillas.

Le monument aux morts de Confolens par Coutheillas, 3, la signature de Coutheillas Ah, cette fois, la signature est bien lisible. C’est lui qui, contacté d’abord par les habitants de Confolens, a choisi l’architecte, un peu l’inverse de ce qui se faisait habituellement : la commune, quand elle ne prenait pas une œuvre de catalogue, faisait un appel à candidatures, choisissait éventuellement le projet sur maquette (de l’architecte et du sculpteur). Henri François Coutheillas était un sculpteur de Limoges (1862-1927). Il avait déjà travaillé avec Élie Berteau pour le monument aux morts de Châlus (Haute-Vienne), était connu à Confolens pour le médaillon commémorant Corot depuis 1904 à Saint-Junien (en Haute-Vienne, mais ce n’est pas loin de Confolens).

Le monument aux morts de Confolens par Coutheillas, 4, le groupe sculpté Pour Confolens, il a proposé un groupe sculpté qu’il a intitulé La Confolentaise et l’Enfant. Il est composé d’une veuve, représentée de profil quand on est face au monument, de son enfant, qui est dos à l’obélisque, et de la tombe du soldat mort.

Le monument aux morts de Confolens par Coutheillas, 5, le dos de la veuve La veuve, vue ici de dos, est vêtue d’une cape de deuil limousine, avec la capuche rabattue sur ses épaules.

Le monument aux morts de Confolens par Coutheillas, 6, la mère face à la tombe Elle porte une coiffe locale et présente un bouquet de fleurs (notamment des roses) à la tombe de son mari, symbolisé par la croix et son casque qui repose sur un lit de palme et de laurier.

Le monument aux morts de Confolens par Coutheillas, 7, la tombe du père Nous les voyons ici, face au monument.

Le monument aux morts de Confolens par Coutheillas, 8, détail de la mère et de l'enfant L’enfant, debout, la tête en appui sur l’épaule de sa mère, est nu-tête, tenant son couvre-chef dans la main gauche. Ici, on voit mieux le recueillement du fils et la coiffe de la mère.

Des maisons à pan de bois à Confolens

Confolens, maisons à pan de bois, 1, maison du duc d'Epernon Confolens conserve de nombreuses maisons à pan de bois. Le problème, c’est qu’aucune ne porte de décor, mis à part dans de très rares cas de moulures non significatives pour la datation. Comme souvent, de nombreux bois sont remployés d’une construction à l’autre, et même si, comme on va le voir en photographies, il y a des différences dans le mode de construction (avec ou sans décharges en croix de Saint-André, ces pièces de bois croisées qui font la célébrité des maisons à pan de bois, mais il y a aussi des maisons sans ces croix, avec uniquement ou majoritairement des poteaux verticaux. Les rez-de-chaussée ont souvent été très modifiés, mais devaient dans la plupart des cas ici être en pierre. En l’absence de datations par dendrochronologie (étude des cernes des bois), il est impossible de dater ces maisons, qui doivent se répartir entre le 15e et le 18e siècle… Je vous en présente quelques-unes, avec des liens vers les dossiers documentaires réalisés en 2003 lors de l’inventaire du patrimoine culturel de Confolens (plus de précisions en fin d’article).

Confolens, maisons à pan de bois, 2, maison du duc d'Epernon La plus connue à Confolens est sans doute celle de ces premières photographies, dite maison du duc d’Epernon, située dans l’étroite rue du Soleil. Selon la tradition orale, sans aucune preuve, c’est dans cette maison que pendant les guerres de Religion, en février 1619, se seraient réunis Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d’Epernon, son fils, archevêque de Toulouse, et 300 gentilshommes qui voulaient faire évader Marie-de-Médicis, retenue prisonnière à Blois. La maison a été partagée en deux et les réparations faites séparément sur chaque lot. Voir le dossier de la maison du 12 rue du Soleil.

Confolens, maisons à pan de bois, 3, rue du Soleil Juste à côté se trouvent d’autres maisons du même type, mais recouvertes d’un enduit… Les pans de bois n’étaient en général pas fait pour être à l’air libre, et des règlements des 18e et 19e siècles ont imposé dans la plupart des villes de les couvrir d’un enduit si ce n’était pas déjà fait, afin de limiter les risques de propagation des incendies. Les étroites ruelles de séparation entre les maisons (ici appelées andrones) ont également une fonction de coupe-feu. Voir le dossier de la maison du 10 rue du Soleil.

Confolens, maisons à pan de bois, 4, lattis place Fontaine de Guimard Le remplissage entre les pans de bois est variable. A Confolens, il s’agit souvent d’un mélange de terre et de végétaux, quasiment jamais de briques (ou alors, il s’agit de reprises de ces remplissages). Exceptionnellement sur cette maison située près de la Fontaine de la Fontorse, un lattis (un ensemble de planchettes longues, minces et étroites) a été fixé par dessus les bois, puis recouvert d’enduit (sa chute partielle permet de voir ce lattis). Voir le dossier de la maison du 1, rue Théophile Gibouin.

Confolens, maisons à pan de bois, 5, rue des portes d'Ansac Si vous allez un peu plus loin, rue des Portes-d’Ansac, la quasi totalité des maisons, qui étaient à l’origine un quartier de tanneurs, était construite en pan de bois. Voir le dossier de la maison du 2, rue des Portes d’Ansac, sa voisine (sans n°, l’entrée étant rue Fontaine de Guimard), celle du n° 4 et celle du n° 6.

Confolens, maisons à pan de bois, 6, rue du Vieux Château Si vous remontez vers la partie haute de la ville, près du donjon, rue du Vieux-Château, se trouve cette maison où l’on voit bien l’utilisation d’un remplissage en terre, ainsi qu’au centre, une construction en grille (poteaux verticaux sans décharge oblique ou en croix. La plupart des poteaux sont des remplois, on y distingue des encoches d’assemblage dans une mise en œuvre précédente. Cela ne se voit pas trop sur cette photographie, mais elle est complètement déformée, avec des aisseliers (les pièces de bois assemblées qui soutiennent le toit ici très débordant, pour protéger la façade de la pluie) déportés vers la gauche. Vous voyez aussi qu’à Confolens, la quasi totalité de ces maisons présente des encorbellements, avec l’étage plus large que le rez-de-chaussée, ce qui permet de gagner de l’espace, ici dans une mise en œuvre simple, avec des porte-à-faux des solives (les poutres horizontales perpendiculaires à la façade) coincées entre les sablières (les bois porteurs horizontaux parallèles à la façade)… Voir le dossier de la maison du 3 rue du Vieux Château.

Parfois, les bois peuvent porter des marques facilitant leur assemblage (voir la dernière photographie d’un ici précédent article ici)

Des violettes à Confolens, vues de prèsQuelques précisions : en mars 2010, j’ai profité d’une belle journée printanière à Confolens (pour un colloque) pour faire une série de photographies et partager avec vous quelques-une d’entre elles, comme ces violettes près de l’église Saint-Barthélemy (revoir ici sa façade). Pour plus d’informations sur Confolens et la communauté de communes du Confolentais, deux livres sont toujours en librairie, Parcours du patrimoine n° 325 consacré à Confolens, ou encore l’image du patrimoine Le Confolentais : entre Poitou, Charente et Limousin.

Les reliefs de l’église Saint-Michel à Confolens

Les reliefs de l'ancienne église Saint-Michel à Confolens, 1, l'ange Il y avait une troisième église romane à Confolens, l’église Saint-Michel, en plus de de l’église Saint-Barthélemy (revoir ici les reliefs de sa façade) et de l’église Saint-Maxime. C’est d’ailleurs dans cette dernière que les reliefs sont visibles aujourd’hui, sur le mobilier liturgique. Vous pouvez approfondir l’histoire de l’église Saint-Michel dans son dossier documentaire et dans celui des reliefs. Il s’agissait d’une église romane, probablement du 12e siècle, les reliefs étant très proches de ceux de l’église Saint-Maxime à Confolens ou de l’église Saint-Étienne à Esse. L’église Saint-Michel fut détruite au début du 19e siècle, il en restait le clocher, à son tour démoli une cinquantaine d’années plus tard, les matériaux étant alors récupérés pour la reconstruction du clocher de Saint-Maxime en 1859. Revenons à nos reliefs… Ils ont été trouvés vers 1980 dans les décombres d’une maison proche de l’ancienne église Saint-Michel et ont été inclus en 2000 dans le mobilier moderne du chœur de l’église Saint-Maxime. Le premier, qui était à gauche, est aujourd’hui inséré dans le lutrin.

Les reliefs de l'ancienne église Saint-Michel à Confolens, 2, détail de l'ange Il s’agit d’un ange (facile, avec les ailes…), probablement d’un archange à cause de l’auréole. Il porte, enroulé sur son bras droit, un phylactère, bandelette de cuir où est écrit le texte sacré.

Les reliefs de l'ancienne église Saint-Michel à Confolens, 3, l'Agneau pascal Sur l’autel, le relief qui se trouvait au centre porte l’Agneau pascal, reconnaissable à son nimbe cruciforme (symbole du Christ rédempteur) et à la croix au-dessus de son dos.

Les reliefs de l'ancienne église Saint-Michel à Confolens, 4, détail de l'Agneau et du Livre De sa patte avant gauche, il soutient le Livre (la Bible).

Les reliefs de l'ancienne église Saint-Michel à Confolens, 5, un saint Sur la tablette (le support du tabernacle), un personnage auréolé, donc un saint, à moitié à genoux, les jambes repliées pour entrer dans le cadre circulaire.

Les reliefs de l'ancienne église Saint-Michel à Confolens, 6, détail du saint Ce cadre est d’ailleurs interrompu pour laisser passer la tête et son auréole. Au passage, vous remarquerez, malgré l’érosion (il ne faut pas oublier que ce relief était sur le portail ouest de l’église Saint-Michel, exposé aux intempéries) que la reliure du Livre était ornée de riches pierreries. Il pourrait s’agir de saint Jean, auteur de l’un des Évangiles.

Quelques précisions : en mars 2010, j’ai profité d’une belle journée printanière à Confolens (pour un colloque) pour faire une série de photographies et partager avec vous quelques-une d’entres elles. Pour plus d’informations sur Confolens et la communauté de communes du Confolentais, deux livres sont toujours en librairie, Parcours du patrimoine n° 325 consacré à Confolens, ou encore l’image du patrimoine Le Confolentais : entre Poitou, Charente et Limousin.

Le palais de justice de Confolens

Le palais de justice de Confolens, la façade Le palais de justice de Confolens a fait l’objet, au milieu du 19e siècle, de nombreux débats pour son implantation (pour en savoir plus, voir le dossier de l’inventaire du patrimoine culturel). C’est finalement un emplacement situé un peu à l’écart du centre-ville ancien, non loin du lycée, qui est choisi. Le projet est confié à l’architecte départemental Charles Dubacq et les travaux sont achevés en 1868. Il fait parti de ces palais de justice que la RGPP (révision générale des politiques publiques) a rendu obsolète… Déjà, depuis de nombreuses années, la partie arrière accueillait les services de l’équipement. Quel sera l’avenir de ce bâtiment?

Le palais de justice de Confolens, vue rapprochée et sculptures Pour augmenter l’impression de justice qui domine, le bâtiment a non seulement été construit en hauteur par rapport à la Vienne, mais aussi avec une volée de marches pour y accéder. En revanche, le décor est assez sobre. Il joue sur le décor d’architecture (pilastres, fronton) et de petits ornements géométriques comme des denticules. Juste deux motifs sculptés des symboles de la justice, d’un côté la main de justice entrecroisée avec un sceptre, et de l’autre, la balance.

Des violettes à Confolens, vues de près Quelques précisions : en mars 2010, j’ai profité d’une belle journée printanière à Confolens (pour un colloque) pour faire une série de photographies et partager avec vous quelques-une d’entre elles, comme ces violettes près de l’église Saint-Barthélemy. Pour plus d’informations sur Confolens et la communauté de communes du Confolentais, deux livres sont toujours en librairie, Parcours du patrimoine n° 325 consacré à Confolens, ou encore l’image du patrimoine Le Confolentais : entre Poitou, Charente et Limousin.

Les reliefs de la façade de l’église Saint-Barthélemy à Confolens

Confolens, l'église Saint-Barthélemy, 1, la façade Revenons sur la façade de l’église Saint-Barthélemy à Confolens. Nous sommes quelque part dans le 12e siècle. Les trois reliefs centraux ont été réalisés en pierre calcaire importée, les reliefs latéraux en granite local. Les reliefs du centre rappellent ceux qui existaient, aussi à Confolens, dans la façade de Saint-Michel (aujourd’hui inclus dans l’église Saint-Maxime), je vous en reparlerai (si vous êtes impatients, vous pouvez aller lire le dossier documentaire) ou que vous pouvez toujours voir à moins d’une dizaine de kilomètres sur la façade de l’église Saint-Etienne à Esse.

Confolens, les reliefs de l'église Saint-Barthélemy, 1, les motifs centraux Passons aux reliefs en calcaire au-dessus du portail, qui représentent un Agnau pascal encadré de deux anges, qui semblent donc le porter au Ciel.

Confolens, les reliefs de l'église Saint-Barthélemy, 2, l'ange à gauche L’ange situé à gauche a la tête auréolée et les pieds relevés en arrière…

Confolens, les reliefs de l'église Saint-Barthélemy, 3, l'Agneau pascal eu centre Au centre, l’Agneau pascal, symbole du Christ et notamment du Christ rédempteur (qui rachète la faute des hommes) est reconnaissable… non pas à sa silhouette, qui ne ressemble pas trop à un agneau (quand on pense qu’aujourd’hui, il y a plus de moutons que d’habitants dans le Confolentais… ce sculpteur roman ne semble pas avoir été très observateur), mais au nimbe cruciforme (le cercle avec une croix autour de la tête). Il semble mettre la patte avant droite sur le Livre (la Bible, c’est une position classique). Il est situé au centre d’un cercle orné d’un motif de grecques et entouré de vaguelettes.

Confolens, les reliefs de l'église Saint-Barthélemy, 4, l'ange à droite L’ange à droite est dans une position symétrique de l’autre, mais plus érodé. Il a aussi la tête dans une auréole et les pieds relevés.

Confolens, les reliefs de l'église Saint-Barthélemy, 5, le boeuf de Luc Un relief en granite se trouve de chaque côté vers l’extérieur des contreforts plats qui encadrent le portail. Ils sont insérés de telle sorte qu’ils semblent tourner le dos au relief central. Celui de gauche représente le boeuf ailé, symbole de l’Évangéliste Luc.

Confolens, les reliefs de l'église Saint-Barthélemy, 7, le lion de Marc En position symétrique, à droite, un lion ailé (si, je vous assure, c’est un lion, maladroit, mais il ressemble à beaucoup de lions romans), symbole de l’Évangéliste Marc.

Des violettes à Confolens, vues de prèsQuelques précisions : en mars 2010, j’ai profité d’une belle journée printanière à Confolens (pour un colloque) pour faire une série de photographies et partager avec vous quelques-une d’entres elles, comme ces violettes près de l’église Saint-Barthélemy. Pour plus d’informations sur Confolens et la communauté de communes du Confolentais, deux livres sont toujours en librairie, Parcours du patrimoine n° 325 consacré à Confolens, ou encore l’image du patrimoine Le Confolentais : entre Poitou, Charente et Limousin.

Les halles couvertes de Confolens

Lien vers le blog de Véronique D, la halle de Confolens, 1, vue générale Confolens avait des halles que l’on voit bien sur le cadastre ancien, mais qui avaient des problèmes de salubrité. Plusieurs projets se succèdent dans la seconde moitié du 19e siècle et finissent par se fixer sur le terrain où s’étaient trouvés les anciens abattoirs, à la confluence de la Vienne et du Goire. Les terrains sont achetés à partir de 1890 et confiés à l’architecte Wiart, qui eut des difficultés à convaincre la municipalité du bien-fondé de son choix d’une structure métallique (voir la correspondance transcrite dans le dossier de l’inventaire du patrimoine culturel).

Lien vers le blog de Véronique D, la halle de Confolens, 2, la signature de Legrand entrepreneur Les travaux sont finalement adjugés à l’entrepreneur Legrand à Bellac (voir l’inscription sur une poutre, « J. Legrand / Entrepreneur / de travaux publics / et constructeur / Bellac – H[au]te Vienne / 1893 ».

Lien vers le blog de Véronique D, la halle de Confolens, 3, sgnature de J. Guérin fondeur, 1892 La fonte des piliers revient à J. Guérin, fondeur à Niort. Comme dans cette ville (où il y a des halles à structure métallique, dont la fonte avait été confiée vingt ans plus tôt à un fondeur lillois), chaque pièce de fonte porte la signature du fondeur, engagement de qualité. Ici « J. GUERIN / NIORT / 1892 ».

La halle est organisée avec un lanterneau central (une partie plus élevée qui permet l’éclairage de la halle). La structure intérieure (c’était fermé ce jour de mars 2010 où je suis repassée à Confolens, reportez vous au dossier documentaire pour voir des images (clic sur les vignettes pour les agrandir) laisse en revanche une vaste halle dégagée de tout support intermédiaire, pas de poteau au centre…

Confolens, l’église Saint-Maxime

Confolens, l'église Saint-Maxime, 1, le portail occidental Nous retournons à Confolens avec, ce mois-ci, l’église Saint-Maxime, sur la rive droite de la Vienne, dépendant du diocèse de Limoges. Il s’agissait d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Lesterps (à découvrir ici). Vous trouverez un dossier plus complet sur l’église Saint-Maxime de Confolens ici. La seule partie ancienne concernée est le portail occidental, construit en granite.

Confolens, l'église Saint-Maxime, 2, détail du portail limousin avec chapiteaux à crochets Il date probablement de la transition de l’époque romane et de l’époque gothique, autour de 1200. Il s’agit de ce que l’on appelle un portail limousin, qui se caractérise par une voussure composée d’un ensemble de rouleaux en arc légèrement brisé, quatre dans le cas présent, reposant sur des chapiteaux ornés de crochets, ces sortes de boules cannelées que vous voyez sur la photographie de détail.

Confolens, l'église Saint-Maxime, 3, le côté nord Le reste de l’église a été reconstruit au fil des siècles. D’importants travaux ont lieu lorsque, après des années d’abandon pendant la Révolution, l’édifice a été rendu en mauvais état au culte.

Confolens, l'église Saint-Maxime, 4, les maisons adossées au nord Mais des travaux importants avaient déjà eu lieu au 15e siècle, comme on le devine aux ouvertures du côté nord de l’église.

Confolens, l'église Saint-Maxime, 4, les maisons adossées au nord De ce côté, de nombreuses échoppes étaient adossées à l’église. Elles ont été progressivement démolies dans le dernier quart du 19e siècle, même s’il reste encore cette maison à pans de bois, avec des fenêtres en pierre à couverture en accolade (du 15e ou plus probablement du 16e siècle, plus de détails ici), qui a échappé aux démolitions.

Confolens, l'église Saint-Maxime, 5, l'élévation sud et le clocher Le côté sud est plus difficile à voir, il y a le presbytère et diverses maisons accolées. Allez, courage, on monte vers la porte de Ville, puis le donjon et on redescend vers la rue de la Cure, pour réussir à voir le mur sud de la nef et le « joli » clocher des années 1850. De là haut (non, vous n’y monterez pas… et j’en connais qui ont de méchants souvenirs de la descente) il y a une très belle vue sur Confolens et surtout sur la Salle, ancienne porte de ville et tribunal médiéval qui du bas, est difficile à prendre en photographie tant il est enserré dans le bâti…

Confolens, l'église Saint-Maxime, 6, l'intérieur Un petit tour à l’intérieur, pour lequel je vous reparlerai du mobilier religieux contemporain qui inclut des éléments romans provenant de l’église détruite Saint-Michel de Confolens.

Des violettes à Confolens, vues de prèsQuelques précisions : en mars 2010, j’ai profité d’une belle journée printanière à Confolens (pour un colloque) pour faire une série de photographies et partager avec vous quelques-une d’entre elles, comme ces violettes près de l’église Saint-Barthélemy (revoir ici sa façade). Pour plus d’informations sur Confolens et la communauté de communes du Confolentais, deux livres sont toujours en librairie, Parcours du patrimoine n° 325 consacré à Confolens, ou encore l’image du patrimoine Le Confolentais : entre Poitou, Charente et Limousin.

Confolens, les ponts sur la Vienne

Confolens, le pont vieux depuis l'amont Deux ponts en pierre permettent aujourd’hui de franchir la Vienne à Confolens et de réunir les deux villes qu’elles séparaient… Car la Vienne coupe la ville en deux, chaque rive, au Moyen-Âge, dépendait d’un diocèse différent… La rive gauche, avec Saint-Barthélemy, au diocèse de Poitiers et la rive droite, avec Saint-Maxime, au diocèse de Limoges. Le plus ancien pont est le Pont-Vieux, qui était fortifié et soumis à un droit de passage, bien sûr, pour les hommes comme pour les animaux et les marchandises, vous trouverez plus de détails ici). L’origine romaine de ce pont est légendaire, et sa construction n’a pas pu être datée au cours du Moyen-Âge, il existait en tout cas au début du 14e siècle. Il a en outre subi beaucoup de dégâts à l’occasion de crues centenaires, par exemple en 1615, quand une crue emporta plusieurs arches et le pont-levis. Jusqu’au 18e siècle, ce pont levis coupait le pont aux deux-tiers, il fut démoli en 1770, comme une partie des maisons qui avaient été construites sur le pont. Il comporte aujourd’hui dix arches, construites de manière plus serrée du côté de la rive gauche et de la Fontorse. Les substructions des trois anciennes tours étaient visibles jusqu’il y a une vingtaine d’années en période d’étiage bas de la Vienne les première, quatrième et neuvième piles (depuis, le cours est régulé en été par des lâchers d’eau des barrages situés en Haute-Vienne). La photographie a été prise depuis l’autre pont, il s’agit donc de la face amont.

Confolens, le pont vieux depuis l'aval Voici maintenant sa face aval, désolée pour le contre-jour, j’ai pris toutes les photographies le même jour en deux heures, donc je n’ai pas pu attendre que le soleil tourne…

Confolens, le pont Babaud-Laribière depuis l'aval Le second pont, baptisé pont Babaud-Laribière (du nom d’un député originaire de Confolens, Léonide Babaud-Larribière (1819-1873), dont vous pouvez découvrir la biographie sur le site de l’assemblée nationale), a été construit en 1849. Les cinq arches et le tablier sont plus élevés que pour le Vieux-Pont, histoire que la ville ne soit plus coupée lors des crues… ce qui fonctionne lors des crues ordinaires, pas des crues centenaires. La photographie de la face aval a été prise depuis le pont Vieux le même jour que les deux précédentes, donc avec le même niveau de la Vienne, en période de décrue, la différence se voit bien. La construction de ce nouveau pont (voir ici pour plus de détails) va permettre la construction de nouveaux bâtiments publics au sud de la ville ancienne, la sous-préfecture sur la rive gauche et le palais de justice sur la rive droite.

Et pour être complet, il existe un troisième pont sur la commune de Confolens, mais pas en ville, tout au sud, qui permet de relier la commune d’Ansac-sur-Vienne, il a été construit à la fin du 19e siècle, commandé juste après la grande crue de 1896 et inauguré en 1898 (il s’agit d’un pont à structure métallique, à voir ici). Encore une chose, il faut imaginer, surtout en été, que la rivière était immonde, entre les rejets des tanneries et ceux de l’hôpital situé près de la confluence (là où il y a aujourd’hui le service des impôts).

Des violettes à Confolens, vues de prèsQuelques précisions : en mars 2010, j’ai profité d’une belle journée printanière à Confolens (pour un colloque) pour faire une série de photographies et partager avec vous quelques-une d’entre elles, comme ces violettes près de l’église Saint-Barthélemy. Pour plus d’informations sur Confolens et la communauté de communes du Confolentais, deux livres sont toujours en librairie, Parcours du patrimoine n° 325 consacré à Confolens, ou encore l’image du patrimoine Le Confolentais : entre Poitou, Charente et Limousin.

Mettez vos chaussures, sortez votre APN, dates (suite)

Poitiers, date de 1516 sur une porte Comme promis hier et pour terminer le défi de la semaine proposé par Monique / Bidouillette / Tibilisfil, voici un petit complément sur Poitiers, Confolens et Lessac, dans le Confolentais. J’ai aussi ouvert un article qui regroupe toutes les dates portées publiées sur ce blog.

Comme je n’ai pas trouvé de 16e siècle à Cahors, je commence à Poitiers avec une date portée sur la partie centrale d’une porte près du palais de justice de Poitiers. 1516… juste après Marignan pour cet hôtel particulier…

Poitiers, date de 1580 sur un portail Je vous en montre une seconde dans ce qui est aujourd’hui une cour à l’arrière de la rue de la Regratterie, probablement une rue au Moyen Âge, fermée avant 1580, si l’on en croit cette date sur un portail qui barre cette ancienne rue.

Poitiers, date de 1626 sur un linteau Dans la même cour, il y a deux restaurants… et une autre date, 1626.

Poitiers, façade de la chambre régionale des comptes Voici un autre exemple original à Poitiers, sur un hôtel particulier qui est devenu la chambre régionale des comptes (un bâtiment qu’il faudrait que je vous montre plus en détail…), rue Scheurer-Kestner, juste dans l’axe de la rue d’Alsace-Lorraine. Un chiffre est porté sur la clef de chaque fenêtre du deuxième étage (sauf sur la travée centrale), pour former la date 1859.

Lessac, date de 1779 portée sur un linteau de porte du bourg avec des outils de forgeron Je vous emmène maintenant à Lessac, près de Confolens, pour cette maison du bourg qui présente en remploi un linteau portant des outils de forgeron et la date 1779. J’avais pris cette photographie et les suivantes il y a juste un an, au retour d’un colloque à Confolens (je vous présente un article de cette série tous les mois)… Au fait, j’ai oublié de vous le signaler hier, au 18e siècle, le 7 n’a pas de barre comme quand on écrit aujourd’hui un 7 manuscrit (un peu comme le 7 des machines à écrire et des ordinateurs… et surtout celui des anglo-saxons). Non loin de là, à Montrollet une autre forge, plus vielle d’un siècle (elle porte la date de 1661) a un linteau avec les mêmes outils, à voir dans ce dossier documentaire.

Confolens, date de 1835 sur une grille en ferronnerie rue des Portes d'Ansac Partons à Confolens, justement, avec cette date portée (1835) sur une ferronnerie d’une maison de la rue des Portes d’Ansac

Lessac, date de 1908 portée sur l'acrotère du toit d'une grange Retour à Lessac, mais cette fois, c’est sur l’acrotère (la tuile décorée au bout de la rangée de tuiles faîtières) d’une grange qu’est portée la date 1908 sur une grange aux Roufferies (désolée, la photo était à contre-jour, j’ai retravaillé le contraste, je ne suis pas sûre que ça sorte bien).

Je pensais avoir pris en photographie les vieilles croix de chemin, je ne les ai pas trouvées sur mon ordinateur, mais vous pouvez aller les voir sur les dossiers établis dans le cadre de l’inventaire du patrimoine, ici et toutes deux datées de 1778 à Ansac-sur-Vienne (clic sur les vignettes pour voir les images en grand quand vous suivez ces liens, la plupart de ces photographies sont les miennes… mais réalisées dans le cadre du boulot, soumises au droit d’auteur donc). Il y en a une encore plus vieille, datée 1631, à Saint-Christophe (celle-ci, je l’ai vue il y a quelques années, mais n’y suis pas retournée l’année dernière). Et voilà, vous avez ainsi un meilleur aperçu des possibilités de dates et d’emplacement…

Et pour aller plus loin, je vous invite à revoir plein de dates que je vous ai déjà montrées!