Retour de la plage?

Cinquième étape du nécessaire à couture sur le thème de la mer, poissons, hippocampe et fillette qui pêcheDeux poissons, un hippocampe, une nouvelle petite fille avec une canne à pêche… voici des petits motifs pour ne pas vous faire regretter le retour de la plage pour la rentrée scolaire désormais imminente!

Cinquième étape du nécessaire à couture sur le thème de la merEt voici l’ensemble. Modèle de Mains et merveilles (n° 109, juillet-août 2015) pour la réalisation d’un nécessaire de couture sur le thème de la mer, créé par Sara Guermani. Revoir le premier bateau et la pêche avec un deuxième bateau, encore un bateau et de la friture, à l’abri d’un parasol…

Dheepan, de Jacques Audiard

Affiche de Dheepan, de Jacques AudiardJe suis allée voir Dheepan, le dernier film de Jacques Audiard, palme d’or à Cannes en 2015 (revoir Un prophète, De rouille et d’os).

Le film : il y a quelques années, dans un camp de réfugié. Dheepan [Antonythasan Jesuthasan], ancien combattant des Tigres Tamouls, au Sri Lanka, a perdu toute sa famille, massacrée. Il achète des papiers, il lui faut trouver une femme et une fille d’environ 9 ans pour coller à ceux de la famille décédée dont il va prendre l’identité. Ça sera Yalini [Kalieaswari Srinivasan], qui rêve de rejoindre sa cousine en Angleterre, et Illayaal [Claudine Vinasithamby], une jeune orpheline trouvée dans les allées du camp. Les voici à Paris, sans parler la langue, vendeur à la sauvette, à la préfecture pour l’enquête pour les papiers de réfugiés, et finalement Dheepan est envoyé comme gardien dans une cité sensible. Il est accueilli par Youssouf [Marc Zinga], qui lui explique les règles, qu’il doit respecter les dealers, leurs horaires. Illayaal est scolarisée, Yalini est casée comme aide-ménagère chez un monsieur handicapé, dont le fils, Brahim [Vincent Rottiers], ne tarde pas à revenir, libéré de prison sous bracelet électronique, chef des trafics (drogue etc.) dans la cité…

Mon avis : j’ai beaucoup aimé ce film. Vous lirez partout des commentaires sur les trafics de cette cité sensible (drogue, mais aussi en filigrane sexe, armes), je n’aborderai pas cet aspect. Je vous conseille le dossier des Inrocks sur la transformation de la paisible cité Coudraie à Poissy en zone de non-droit dans le film, avec l’implication des habitants. La partie violente annoncée partout est assez brève, un peu avant la fin critiquée elle-aussi mais elle permet aussi de repartir le cœur plus léger du cinéma… L’intégration de la famille est montrée de manière discrète, d’abord la fillette qui apprend très vite le français, puis la mère et le père, qui apprennent de plus en plus de mots ; le logement, vide quand ils arrivent, se meuble peu à peu, jusqu’à l’apparition d’une machine à coudre. Le poids de la diaspora n’est pas oublié, avec le rôle du traducteur [voir ci-dessous], qui signale que l’histoire servie par les passeurs ne sera pas crue, qui retrouve quelques mois plus tard la « famille » lors d’une cérémonie religieuse et qui conduit Dheepan à un ancien supérieur militaire qui va essayer de le racketter. Le film donne d’ailleurs envie d’en savoir plus sur la guerre civile au Sri-Lanka, qui est censée avoir pris fin en 2009 : les Tigres Tamouls avaient été inscrits sur la liste des organisations terroristes par l’union européenne, le tribunal a annulé cette inscription, mais en ce début 2015, le gouvernement sri-lankais a encore essayé de faire pression sur l’UE pour qu’aucun Tigre tamoul n’y reçoive le statut de réfugié… Dheepan a trouvé de quoi contourner cette interdiction en passant dans le camp des victimes par l’achat de papiers. Le film est aussi l’histoire de l’apprivoisement (au sens du Petit Prince de Saint-Exupéry) de trois personnes qui ne se connaissent pas, qui ont vécu la guerre civile et des choses terribles, visiblement dans des camps opposés, et qui doivent apprendre à se connaître pour former la famille conforme aux passeports achetés aux passeurs.

Pour aller plus loin : sur le thème des traducteurs et de leur rôle dans les préfectures : (re)lire Assommons les pauvres de Sinha Shumona.

Deux charmants petits monstres…

Monstres en couture d'EmmanuelleAlors que c’est moi qui avais plusieurs mois de retard pour son anniversaire, Emmanuelle / le Marquoir d’Élise n’est pas venue me voir les mains vides la semaine dernière! Elle avait prévu des confitures contenant des agrumes (voir ses recettes sur son deuxième blog Effondrille et abat-faim), saveur que je commence à pouvoir distinguer, et deux charmants petits monstres, même pas peur!!!

C’est une bonne idée pour donner libre cours à son imagination pour utiliser des stocks de boutons et de chutes de tissus, et ce format (une douzaine de centimètres) est plus maniable pour les loger sur une table de travail que Harry le monstre, au format jeu de bébé 😉

Attention, ils me surveillent derrière ma machine à coudre, en appui sur la boîte à bobines de fil!

Nuit européenne de la chauve-souris 2015

Une chauve-souris dans le tunnel de ma résidence, 1La nuit européenne de la chauve-souris, c’est ce soir (29 août 2015)! Il y aura partout en Europe des points d’observation, ainsi que demain… vous pouvez retrouver en suivant le lien toutes les informations et les lieux d’observation en France, pour les autres pays, je n’ai pas cherché… Protégez ces petites bêtes, laissez leur des gîtes sympathiques, la plupart de celles qui vivent dans nos contrées sont insectivores et mangent notamment des milliers de moustiques chacune! Celle de la photographie vient régulièrement se mettre au frais quelques jours dans le tunnel interne de la résidence où j’habite, qui permet de relier le « plateau » de Poitiers en ascenseur. Elle doit y trouver la fraîcheur des grottes. Les arbres en abritent aussi beaucoup, même s’il faut attendre de les voir sortir à la chasse aux insectes pour les voir. Lors des animations et des sorties nocturnes, des enregistrements des infrasons qu’elles émettent permettent de les identifier et de les repérer plus facilement.

Stalles de la cathédrale de Poitiers, dosseret, chauve-sourisSinon, pour les amis et visiteurs poitevins, vous pouvez aussi aller voir la chauve-souris sculptée sur l’un des dosserets des stalles de la cathédrale de Poitiers ou celles qui logent au-dessus des voûtes de l’église Sainte-Radegonde, et volent régulièrement dans la nef en passant par les anciens trous des cordes des cloches.

Pour aller plus loin : voir Le guide des chauves-souris en Poitou-Charentes, de Olivier Prévost (Collection les cahiers naturalistes, 2004, Geste éditions, 197 pages, ISBN 978-2845611625).

La chambre sous-marine de Joost Zwagerman

Couverture de zwagermanJ’ai acheté un lot de livres de la collection « Motifs » chez un soldeur il y a quelques mois.

Le livre : La chambre sous-marine de Joost Zwagerman, traduit du néerlandais par Alain Van Crugten, 1ère édition Calman-Lévy, 1994, ISBN 9782702123058 ; ré-édition collection Motifs (n° 117), éditions du serpent à plumes, 2001, 438 pages, ISBN 9782842612238.

L’histoire : à Amsterdam, dans les années 1990. A quinze ans, Simon Prins avait déjà visité le quartier chaud de sa ville natale, Alkmaar. Étudiant à Amsterdam, il est devenu un client assidu de quelques prostituées, passant devant les « vitrines », finissant dans les chambres de passe sordides. Jusqu’au jour où il repère la chambre sous-marine de Lizzie Rosenthal, dont il tombe amoureux, passant de client à amant…

Mon avis : je ne connaissais pas du tout cet auteur néerlandais qui aurait eu toute sa place il y a quelques années dans le cadre du défi lecture Octobre fritissime. Ce livre nous emmène dans le milieu de la prostitution à Amsterdam. Le sujet est abordé du point de vue du client, un client probablement atypique, étudiant qui a découvert la prostitution adolescent et est devenu « accro », circulant devant les « vitrines » lorsqu’il n’a pas les moyens de se payer une passe. Alors qu’il a « levé le pied », il repère face à sa chambre celle d’une « fille ». À travers le portrait de la prostituée dont le narrateur tombe amoureux, nous assistons à la chute d’une fille, Lizzie Rosenthal, venue de sa province faire des études, qui se prostitue pour gagner un peu d’argent, puis évidemment abandonne ses études. Un sujet je pense rarement abordé dans le cadre d’un roman (et non d’un polar), bien servi par l’écriture de son auteur.

Logo de Octobre, le mois FritissimeIl y a quelques années, ce livre aurait eu toute sa place dans le défi Octobre fritissime, littérature et patrimoine du Benelux.

ATC aériennes de Mamazerty

ATC à base de dentelles, par MamazertyIl y a déjà un petit moment que j’ai reçu une grosse enveloppe de la part de Mamazerty, elle contenait des cartes à publicité (il faut que je fasse un classement avant de les photographier) et deux ATC (art trading cards / cartes de 3,5 sur 2,5 pouces ou 8,9 sur 6,4 cm) à base de dentelles anciennes.

ATC à base de dentelles, par MamazertyElle a choisi de ne pas les coller sur le support, juste de les poser sur le fond qui porte au dos, comme il est d’usage, le nom de la créatrice, la date de réalisation, et le titre, à gauche, « implorer les cieux » (34) et à droite, « sur un air de piano » (4/4). Elles font partie d’une série plus importante à voir ici, intitulée Arsenic et vieilles dentelles. Bravo à toi, Mamazerty, je reconnais bien là ton humour, et un grand merci!

Préhistoire de la bande-dessinée à Lussac-les-Châteaux

La sabline, musée de Préhistoire, salle consacrée à l'art Il reste quelques jours de vacances, amis poitevins ou de passage dans la Vienne, je vous propose de vous déplacer jusqu’à Lussac-les-Châteaux, à la Sabline, vous irez bien sûr à l’étage voir les portraits gravés magdaléniens de la grotte de La Marche et les autres sites préhistoriques,et peut-être lire au bord de l’étang sur le site de l’ancien château L’enfance heureuse d’un petit paysan de Léon Pineau, qui y fut écolier.

Affiche de l'exposition Préhistoire de la bande dessinée et du dessin animé à Lussac-les-ChâteauxAu rez-de-chaussée est présentée depuis quelques semaines et jusqu’au 27 septembre 2015 l’exposition Préhistoire de la bande dessinée et du dessin animé proposée par le préhistorien Marc Azéma. Il y présente les travaux issus de sa thèse, mais accessibles à tous, sur la représentation du mouvement dans l’art préhistorique et propose de voir dans le dédoublement de certaines peintures ou gravures des décompositions des mouvements. La découverte de la grotte Chauvet (voir La grotte des rêves perdus, de Werner Herzog) a permis de vérifier à grande échelle un phénomène plus discret ailleurs, mais il montre des exemples appliqués à Lascaux, Niaux, Les Trois-Frères, Baume Latrone ou encore ici à Lussac-les-Châteaux, sur une plaquette de la Marche. Dans la conférence qui a suivi, comme dans son livre et le DVD qui l’accompagne (voir extrait ci-dessous, j’avais déjà vue la démonstration au colloque de l’IFRAO à Tarascon-sur-Ariège en 2010), il a également montré sa reconstitution d’archéologie expérimentale: une rondelle en os magdalénienne perforée trouvée au Mas-d’Azil en Ariège (conservée au musée d’archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye) pourrait être l’ancêtre du thaumatrope. Il n’y a plus qu’à analyser les traces d’usures sur les perforations de la pièce expérimentale et sur la pièce originale! Et aussi à vérifier toutes les rondelles perforées gravées, à analyser les fractures (contraintes dues au mouvement)…

Thaumatrope? Il s’agit d’un procédé d’optique qui joue sur la persistance rétinienne de l’image, comme les flipbooks (revoir Quand les livres s’amusent au musée de l’imprimerie à Lyon) ou les zootropes (revoir l’exposition Des mondes de papier, l’imagerie populaire de Wissembourg à Strasbourg). Les abonnés au journal de Mickey doivent en avoir vu sans connaître le nom. Le thaumatrope est composé d’une rondelle (en carton, en os), on glisse une ficelle ou un élastique, on fait tourner, et par exemple l’oiseau entre dans la cage… Battu de plus de quinze millénaires, le physicien John Ayrton Paris qui est censé avoir inventé le procédé en 1825 (et aussi son concurrent l’astronome John Herschel)! Vous voulez vous en fabriquer un? Rendez-vous sur le site de loisirs créatifs de La tête à modeler!

Pour aller plus loin : Marc Azéma, La Préhistoire du cinéma : origines paléolithiques de la narration graphique et du cinématographe, éditions Errance, 2011, 293 pages, 1 DVD.

Marc Azéma, Préhistoire de la bande dessinée et du dessin-animé, catalogue d’exposition, Musée d’Orgnac-Centre du Pech-Merle-Passé Simple, 2008.

Une maille endroit, une maille envers…

Début du tricot écru pour une pochetteUne maille endroit, une maille envers… ou plutôt un rang envers sur l’endroit suivi de 3 mailles ensemble / 3 mailles dans une maille et ainsi de suite, je ne sais pas le nom de ce point que j’avais déjà réalisé il y a longtemps, et qui n’est pas indiqué dans Tricot mag’ n° 27 (mai / juin 2015), spécial 100% accessoires [PS après vérification, c’est le point d’astrakhan]. Après avoir réalisé le sac rose, il m’a tentée. Bon, c’est un peu long à réaliser, j’ai pas mal fait concurrence à Pénélope, mais j’ai avancé peu à peu par deux rangs… jusqu’à atteindre finalement 60 cm (ici j’en suis à une vingtaine de centimètres). Si on se trompe avec ce point, il est quasiment impossible de récupérer la faute sans démonter jusqu’au rang envers précédent l’erreur, il y en a d’ailleurs une que je n’ai pas vue à temps, mais elle est discrète, chut…

Les temps sauvages de Ian Manook

Couverture de Les temps sauvages de Ian ManookAprès Yeruldelgger, j’ai acheté et lu la suite.

Le livre : Les temps sauvages de Ian Manook, éditions Albin Michel, 2015, 528 pages, ISBN 9782226314628.

L’histoire : de nos jours en Mongolie. Le commissaire Yeruldelgger est victime d’un complot. Il est alerté par un ornithologue sur le comportement étrange d’un gypaète… qui le met sur la piste d’un homme mort dans une crevasse. Sa collaboratrice, Oyün, enquête sur la mort d’un cavalier sur son cheval, surmonté d’un yack, mort également. Mais voici qu’il est suspendu par la police des polices, suspecté d’avoir assassiné une prostituée qui l’a aidé dans sa précédente enquête. Elle aurait adopté un enfant des rues, porté disparu comme Gantulga, gamin envoyé poursuivre son apprentissage au septième monastère des moines Shaolin par le commissaire. Les deux garçons se seraient vu peu avant leur disparition.  Et voici que six jeunes garçons sont retrouvés morts dans un container au Havre…

Mon avis : comme dans le premier tome, le lecteur est plongé dans une Mongolie tiraillée entre traditions et modernité, coincée entre ses puissants voisins, Chine et Russie. Certaines scènes, notamment de tortures, sont un peu dures, mais l’auteur laisse ensuite le temps de souffler pendant quelques pages. Alors que l’auteur est Français, ce sont peut-être les pages au Havre qui sont le moins crédibles. Corruption, trafics de matières premières, d’êtres humains, vengeance personnelle, rien ne manque dans ce polar qui se dévore. Même si la rentrée approche, il vous restera peut-être un peu de temps pour attaquer ce gros volume haletant!

… à l’abri d’un parasol…

Parasol, friture et bateau brodésMême si les orages de cette fin d’été ont rafraîchi l’atmosphère et si les jours commencent à sérieusement raccourcir, ce parasol peut encore servir… en attendant de servir la friture (crabe, poisson, étoile de mer) en chocolat pour Pâques???

Quatrième étape du nécessaire à couture marinEt voici l’ensemble. Modèle de Mains et merveilles (n° 109, juillet-août 2015) pour la réalisation d’un nécessaire de couture sur le thème de la mer, créé par Sara Guermani. Revoir le premier bateau et la pêche avec un deuxième bateau, encore un bateau et de la friture, …