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Ils sont fous ces américains ! par Tamarik

Ils sont fous ces américains ! Guide de premiers secours pour survivre aux USA par Tamarik livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com J’ai reçu ce livre la semaine dernière, dans le cadre de l’avant-dernière opération Masse critique, organisée par Babelio. L’éditeur avait pris un peu de retard dans la parution du livre… J’ai d’ailleurs reçu celui de la dernière masse critique, Grand théâtre de François Ferbos, le même jour.

Le livre : Ils sont fous ces américains ! Guide de premiers secours pour survivre aux USA, de Tamarik, éditions Les carnets de l’info, 173 pages, 2010, ISBN 978-2916-62863-9.

L’histoire : comment préparer un voyage aux États-Unis, du bouclage des bagages à la douane, puis sur place, que faire et ne pas faire pour ne pas paraître un OVNI, dans tous les domaines ou presque…

Mon avis : un livre au style direct, qui implique le lecteur (« vous » ceci ou cela). J’ai beaucoup souris à de nombreuses reprises. Jaune, pour le chapitre sur la contraception. Franchement, pour les longues marches en montagne et les grandes méchantes bêtes à affronter. Quelques astuces sans doute efficaces, mais pas forcément faciles à mettre en œuvre, comme par exemple enfermer la nourriture que vous pourriez vouloir envoyer à des amis aux États-Unis dans des boîtes de conserve métalliques scellées. Je ferai remarquer à l’auteur que la maladie de Lyme (p. 162) n’est pas une spécificité américaine, elle sévit aussi dans les forêts autour de Poitiers (n’oubliez pas votre tire-tique) et ailleurs en France. Sinon, cela m’a conforté dans mon avis de ne pas y aller, vous imaginez déjà à la douane avec mon passeport, à part le Canada, je peux dire tourisme pour le reste, à savoir la Turquie, l’Égypte et deux fois l’Algérie… Avec tout ça, je dois bien avoir des amis terroristes, et il me faudra des sérieux cours d’anglo-américain pour déjà passer ce premier obstacle. Si vous voulez passer un moment agréable de détente ou vous préparer à un futur voyage (attention, l’euro baisse, donc le voyage est moins intéressant qu’il y a quelques mois), n’hésitez pas à le lire. Le relecteur de l’éditeur a cependant un petit problème avec la distinction quant/quand, il a mis au moins deux fois le second pour le premier (p. 124 et 137). Quelques exercices de Bled en perspective ?

Les livres reçus dans le cadre de Masse critique de Babelio

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Les Mac Cabés de Ken Bruen

Couverture des Mac Cabées de Ken Bruen pioche-en-bib.jpgJe poursuis mon exploration du rayon Ken Bruen à la médiathèque, suite à la venue de Aurélien Masson, le jeune directeur de publication de la série noire chez Gallimard, au club polar de la Fnac de Poitiers. Après Le gros coup et Le mutant apprivoisé et avant Delirium Tremens, une enquête de Jack Taylor (tome 1), voici Les Mac Cabés.

Le livre : Les Mac Cabés : une enquête des inspecteurs Roberts & Brant (R&B, tome 3), de Ken Bruen, traduction de Marie Ploux et Catherine Cheval, collection série noire, éditions Gallimard, 167 pages, 2006, ISBN 978-2-07-031456-4.

L’histoire : au début des années 2000, dans un quartier défavorisé de Londres. Deux flics, Roberts et Brant. S’ils n’ont pas encore été virés de la police pour leurs bavures et autres propos limites (racistes, homophobes, etc.), c’est parce qu’ils ont résolu, parfois malgré eux, quelques grosses affaires. Roberts est même devenu commissaire, mais n’a pas perdu ses mauvaises habitudes. Une nuit, il est réveillé par un coup de fil de son frère, qu’il n’a pas vu depuis des années. Celui-ci est mourant, il a juste le temps de le rejoindre, de recueillir une confidence (qu’il ne partagera pas avec les autres enquêteurs) et d’assister à son décès. Parallèlement, Brant et l’agent Falls (noire, ce qui a son importance au niveau de racisme de ces policiers), partent à la recherche d’un violeur en série qui sévit dans les boîtes de nuit, Falls servira d’appât. L’arrestation tourne mal, Brant tue de sang froid le violeur et fait croire à la légitime défense. Mais un nouveau viol est commis, alors que Roberts cherche toujours activement le meurtrier de son frère.

Mon avis : le style de cette série a beaucoup évolué, le récit est mieux construit, le vocabulaire moins familier. Ces policiers sont toujours au-delà de la limite de l’illégalité. Je pense que je vais poursuivre l’exploration des bas-fonds de Londres avec Ken Bruen, j’essayerais bien quand même de découvrir aussi l’Irlande de Jack Taylor, l’ancien flic devenu détective privé, du même auteur, il faut que je fasse venir le premier volume, Delirium Tremens, d’une bibliothèque de quartier dès que j’ai une place libre sur les trois réservations simultanées auxquelles j’ai droit.

Pour aller plus loin : le site officiel de Ken Bruen (en anglais).

De cet auteur, j’ai aussi lu Le gros coup, une enquête des inspecteurs Roberts & Brant (R&B, tome 1), ; Le mutant apprivoisé (R&B, tome 2), Les Mac Cabés (R&B, tome 3), Calibre (R&B, tome 6) ; Delirium Tremens, une enquête de Jack Taylor (tome 1), En ce sanctuaire (Jack Taylor tome 7).

Chez les fous d’Albert Londres

Couverture de Chez les fous de Albert Londres au serpent à plumes Dans le cadre du défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie, la relecture d’un Albert Londres s’imposait. J’avais acheté et dévoré tous les titres parus dans la collection Motifs du serpent à plumes, et vous recommande particulièrement, si vous ne les avez jamais lu, Au bagne, Les Forçats de la route ou Tour de France, tour de souffrance, Pêcheurs de perles, Terre d’ébène et Dans la Russie des Soviets

Le livre : Chez les fous, d’Albert Londres, collection Motifs, éditions du serpent à plumes, 173 pages, 1995, ISBN 978-2-84261-033-4 (première édition chez Albin Michel en 1925).

L’histoire : en 1925, Albert Londres décide de partir en guerre contre le scandale des asiles psychiatriques en France. Il tente d’abord d’obtenir une autorisation officielle, refusée. Il essaye alors de se faire passer pour fou, mais le médecin de garde le connaît et refuse de l’admettre dans son service. Il finit par pouvoir visiter plusieurs asiles, publics ou privés. En une série de douze chapitres (douze articles), il dénonce les mauvais traitements (malades mis à l’isolement, tabassés), le manque de moyens et de nourriture, montre un établissement plus innovant, où les malades ne sont pas brutalisés (mais l’un d’eux a assassiné le précédent directeur), etc. Il ouvre aussi le débat sur la privation de liberté au bon vouloir des médecins, la question des personnes guéries qui ne sont pas libérées et vice versa (des fous criminels remis dans la société et qui récidivent).

Mon avis : à lire absolument, même si la psychiatrie a beaucoup évolué depuis, et cette série d’articles y a beaucoup participé en faisant grand bruit à son époque. Tiens, je l’enverrais bien à un certain agité qui, vus les critères de l’époque, aurait certainement fini enfermé! Et aussi comme base de réflexion sur le taux anormalement élevé de malades psychiques graves dans les prisons françaises (10% d’après un rapport de la semaine dernière).

Logo du défi J'aime les classiques Je l’ai lu dans le cadre du défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie. Je ne sais pas encore ce que je lirai le mois prochain…

Un pied au paradis de Ron Rash

Couverture de Un pied au paradis de Ron Rash pioche-en-bib.jpgVoici le dixième livre que j’ai lu dans le cadre du challenge du 1 % rentrée littéraire 2009, organisé par la Tourneuse de page, et qui prévoit de lire et chroniquer d’ici juillet 2010 au moins 7 livres. J’ai emprunté ce volume à la médiathèque.

Le livre : Un pied au paradis, de Ron Rash, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Isabelle Reinharez, éditions du Masque, 262 pages, 2009, ISBN 9782702434017.

L’histoire : en août 1952 (indices, le coup d’État de Batista à Cuba, la sortie de Chantons sous la pluie au cinéma… et un vieux calendrier vers la fin du livre), à Oconee, un comté rural au sud des Appalaches. Les habitants de la vallée sont inquiets, la compagnie d’électricité Carolina Power rachète peu à peu tous les terrains de la vallée pour construire une retenue d’eau, un immense lac qui va recouvrir les fermes et les champs. Mais le shérif Will Alexander a un autre souci. Holland Winchester, un mauvais gars qui cherche la bagarre dans les bars, a disparu, d’après sa mère qui accuse le voisin. Elle a entendu un coup de feu plus tôt dans la journée, et soupçonne son fils de fréquenter la voisine. En effet, son mari est réputé stérile et l’épouse est maintenant enceinte, son fils ne peut qu’être le père. Mais après deux jours de fouilles, rien, que s’est-il passé, a-t-il disparu, a-t-il été tué ? Et dans ce cas, où est passé son cadavre ?

Mon avis : j’ai beaucoup aimé ce récit avec un mode de narration original, qui donne la parole successivement au shérif, à la voisine, au voisin, puis plus tard au fils et à l’adjoint du shérif. Un très beau tableau de la vie pauvre dans cette campagne reculée, les ragots à l’église, la sage-femme, la « sorcière » ou « guérisseuse », la culture du maïs, du tabac et des choux suivant des méthodes qui relèvent plus du jardinage, les nuisibles (buses, vers qui attaquent les cultures, serpents)…

Les neiges du Kilimandjaro de Ernest Hemingway

Couverture des neiges du killimandjaro de Ernest Hemingwy, couverture de 1982 J’ai relu ce livre qui était dans ma bibliothèque… J’ai décidé d’essayer de reprendre la lecture des livres des lauréats de prix Nobel de littérature, ceux qui sont dans ma bibliothèque et si possible un de chaque auteur, si j’arrive à les trouver, certains ne semblent avoir jamais été traduits en français. Pour Hemingway, je vous ai déjà parlé du Vieil homme et la mer.

Le livre : Les neiges du Kilimandjaro suivi de dix indiens, de Ernest Hemingway, traduit de l’anglais par Marcel Duhamel, Folio n° 151, 188 pages, 1982, ISBN 2-07-036151-9 (première édition dans la collection en 1972, il y en a eu d’autres depuis, ici, la couverture est extraite du film adapté de la nouvelle titre, avec Gregory Peck et Ava Gardner, réalisé par Henry King, en 1952. Pour mémoire, première édition en anglais de la nouvelle titre dans Esquire en 1936, certaines autres sont un peu plus tardives).

L’histoire : ce recueil regroupe douze nouvelles de longueur variable, une bonne quarantaine de pages pour les les neiges du Kilimandjaro et l’heure triomphale de Francis Macomber, quelques-unes seulement pour d’autres. Certaines se passent dans l’Afrique colonisée, en particulier les deux plus longues, qui toutes deux parlent de la chasse au gros gibier, les autres sont variées, en Europe (attente devant une gare dans hommage à la Suisse, en Palestine au 1er siècle de notre ère (c’est aujourd’hui vendredi), aux États-Unis, etc. Voici le titre des autres nouvelles : dix indiens, la capitale du monde, le vieil homme près du pont, la lumière du monde, la fin de quelque chose, une journée d’attente, là-haut dans le Michigan, trois jours dans la tourmente.

Mon avis : j’ai bien aimé la chasse au lion et aux buffles de l’heure triomphale de Francis Macomber, surtout sa chute, la lente agonie du héros des neiges du Kilimandjaro, avec le retour sur le passé, l’attente hypothétique de l’arrivée de secours pour la voiture en panne avant que la gangrène ne tue l’homme, et ses relations avec sa femme riche… J’ai adoré la courte nouvelle c’est aujourd’hui vendredi, discussion chez un marchand de vin de deux légionnaires qui ont assisté à la crucifixion du Christ et la commente avec cynisme. J’ai moins aimé les autres…

logo tour du monde en lecture J’ai sélectionné ce livre pour le tour du monde en lecture proposé par Livresque.

Le mutant apprivoisé de Ken Bruen

Couverture du Mutant apprivoisé de Ken Bruen, en série noire pioche-en-bib.jpgJe poursuis mon exploration du rayon Ken Bruen à la médiathèque, suite à la venue de Aurélien Masson, le jeune directeur de publication de la série noire chez Gallimard, au club polar de la Fnac de Poitiers. Après Le gros coup, et avant Delirium Tremens, une enquête de Jack Taylor (tome 1) et Les Mac Cabés (R&B, tome 3), voici Le mutant apprivoisé, toujours dans la série R et B.

Le livre : Le mutant apprivoisé : une enquête des inspecteurs Roberts & Brant (R&B, tome 2), de Ken Bruen, traduction de Catherine Cheval et Marie Ploux, collection série noire, éditions Gallimard, 212 pages, 2005, ISBN 978-2-07-030212-1 (a été aussi publié en poche chez Folio).

L’histoire : au début des années 2000, dans un quartier défavorisé de Londres. Deux flics, Roberts et Brant, toujours aussi ripoux. Mais pas seulement à Londres, aussi à New-York, où se sont exilés le couple Sparadrap (qui a failli trucidé Roberts et Brant à la fin de l’épisode précédent), à San Francisco puis au Mexique où l’on suit Fenton alias le Mutant, à Galway en Écosse, où Brant poursuit le même Fenton avec un peu de retard. Roberts append qu’il a un cancer de la peau et n’arrive à l’annoncer ni à sa femme, ni à Brant. Falls, la policière noire, enceinte, le joue solo et se fait attaquer.

Mon avis : dans ce second tome, le vocabulaire est moins familier que dans le précédent, mais l’histoire peut-être encore plus embrouillée. Je n’ai pas vraiment mordu à l’histoire, je ne sais pas si je vais poursuivre la série (voir Les Mac Cabés) ou tenter la série sur l’Irlande de Jack Taylor, l’ancien flic devenu détective privé, du même auteur, ou carrément laisser tomber Ken Bruen.

Pour aller plus loin : le site officiel de Ken Bruen (en anglais).

De cet auteur, j’ai aussi lu Le gros coup, une enquête des inspecteurs Roberts & Brant (R&B, tome 1), ; Le mutant apprivoisé (R&B, tome 2), Les Mac Cabés (R&B, tome 3), Calibre (R&B, tome 6) ; Delirium Tremens, une enquête de Jack Taylor (tome 1), En ce sanctuaire (Jack Taylor tome 7).

Silex, la tombe du chasseur, de Daniel De Bruycker

de_bruycker_silex.jpg J’ai lu ce livre à Toulouse il y a quelques semaines, emprunté dans la bibliothèque d’amis préhistoriens… Avis impartial, donc 🙂 . Et oui, je ne sais pas comment il a pu m’échapper, j’adore lire les livres sur la préhistoire et surtout le Paléolithique, qu’ils soient loufoques ou très documentés.

Le livre : Silex, la tombe du chasseur , de Daniel De Bruycker, Collection Babel poche, éditions Actes Sud, 187 pages, 2001 (première édition en 1999), ISBN 978-2742732388.

L’histoire : du 21 mars au 9 juillet 1985, dans les steppes du Tadjikistan. Une équipe de trois archéologues, composée de Daniel Andreïevitch Izgolchtchikov (anthropologue), de Vera Petrovna Khabarova (anthropologue) et de Oleg Pavlovitch Zmietline (palynologue) est partie fouillée une sépulture d’homme de Néandertal en bord de rivière. Ils se sont tués dans un accident au retour de la mission, et nous lisons le journal de bord de Daniel Andreïevitch Izgolchtchikov. La mission est financée par l’Uzbékistan (où a déjà été trouvé en 1938 le squelette d’un enfant néandertalien à Teshik-Tash), et l’équipe a régulièrement la visite d’Osman, un berger nomade qui mène ses troupeaux à proximité pour l’été.

Mon avis : j’ai adoré ! Emmanuelle, si tu ne l’as pas lu, il faut que tu le trouves… D’un côté, il est très bien écrit, avec de très beaux poèmes qui rythment chaque jour du journal, la confrontation entre les archéologues et les descendants des habitants de toujours (enfin, pas du squelette, c’est un Néandertal, une espèce différente de nous, hommes modernes ou Cro-Magnon). J’ai bien aimé cette petite madeleine qu’est pour moi l’histoire de Baba Yaga, la sorcière des contes traditionnels russes. Côté préhistoire, il est très documenté, parle de la plupart des sépultures néandertaliennes trouvées dans le monde (sauf celles de Charente et Charente-Maritime, départements qui ont pourtant livré le plus grand nombre de restes humains néandertaliens en France, avec Saint-Césaire, La Quina, Marillac, etc., et celles d’Espagne qui ont été trouvées plus récemment). S’il parle de Charente, c’est à propos d’art et d’hésitation avec l’homme moderne, pour le bâton percé avec un bouquetin et un saumon (vous trouverez les références bibliographiques nécessaires sur cette page de mon site personnel de préhistoire). L’histoire se finit mal, pour les archéologues mais pas seulement, mais ce petit livre est vraiment très agréable à lire.

Post-scriptum : j’ai programmé cet article il y a déjà un moment. Ce soir, Monique / Bidouillette / Tibilisfil a titillé ma curiosité… Ce livre a reçu le prix Victor Rossel en 2000, et son auteur, belge, a publié depuis plusieurs romans, mais c’est avant tout un poète, à découvrir sur le site des éditions du cygne ou sur celui des éditions l’Amourier.

logo tour du monde en lecture J’ai sélectionné ce livre pour le tour du monde en lecture proposé par Livresque.

Anaisthêsia d’Antoine Chainas

Couverture de Anaisthesia d'Antoine Chainas pioche-en-bib.jpgJ’ai récupéré ce livre à la médiathèque, je l’avais noté dans le petit carnet offert par Emmanuelle, suite à la venue de Aurélien Masson, le jeune directeur de publication de la série noire chez Gallimard, au club polar de la Fnac de Poitiers. Pour ceux qui préfèrent les nouveautés, Antoine Chainas vient de publier Une histoire d’amour radioactive, également en série noire chez Gallimard.

Le livre : Anaisthêsia, d’Antoine Chainas, collection série noire, éditions Gallimard, 309 pages, 2009, ISBN 978-2-07-012310-0.

L’histoire : dans un lieu non nommé, vers 2006 (indice page 149-150 pour la date). Désiré Saint-Pierre, premier flic noir à avoir intégré un groupe d’investigations après des émeutes interraciales, revoit les six derniers mois de sa vie depuis la table d’autopsie où il repose. Il y a six mois, juste avant noël, il avait eu un grave accident de voiture dont il était sorti défiguré. Après son coma, il est devenu complètement indifférent à la douleur physique et psychique et une sorte de cobaye pour un neurologue. Il a quand même réintégré sa brigade, mis au placard (noir et défiguré, bien assez pour qu’il ne soit pas vu du public). Il revient sur l »enquête à laquelle il participait avant son accident, sur la Tueuse aux Bagues, et va se retrouver dans une soirée orgiaque à servir d’appât. Parallèlement, sa vie privée est compliquée. Un kilo de cocaïne a disparu juste avant son accident, sa copine, complètement camée, semble en avoir hérité, et le grossiste en drogue ne semble pas l’entendre de cette oreille. Sa mère le soumet à une étrange séance de vaudou. Mais pourquoi est-il mort ? (de quoi, on le sait depuis les premières pages, avec la description clinique de son autopsie).

Mon avis : Antoine Chainas est présenté ici et là comme un nouveau grand auteur de polar, qui frôle et joue avec des concepts dérangeants… Ici, c’est la scène d’orgie et de sexe avec un groupe de femmes qui doit jouer ce rôle. Mais je trouve que cette scène ne vaut même pas des descriptions de soirée chez Pierre Loti à Rochefort par exemple… Le style est déroutant, alternant un récit fluide et de longues insertions de descriptions cliniques (l’autopsie, les symptômes neurologiques, mais aussi, au passage, des nerfs, des os, des influx nerveux). Un peu trop, parfois… Je pense que l’auteur a voulu trop en dire d’un coup, les descriptions anatomiques, la discrimination positive qui isole finalement le policier noir, les relations de celui-ci avec les bandes, ses collègues pas toujours nets non plus, pas plus que le neurologue ou la tenancière du bordel orgiaque. Trop de choses survolées en 300 pages, pas assez d’approfondissement d’un thème. Avis mitigé donc pour moi.

Encore un petit mot sur le correcteur. Très peu de coquilles, chez Gallimard, série noire ou blanche, ils ont encore de bons correcteurs. Mais il a dû s’endormir page 146. Première ligne,un s pou un t dans  » il ne m’étais « . Un peu plus bas, il manque la cédille à un « Ca  » avec C majuscule au lieu de Ça.

Pour aller plus loin : le blog d’Antoine Chainas.

Trois femmes puissantes de Marie NDiaye

Couverture de trois femmes puissantes de Marie Ndiaye pioche-en-bib.jpgAvec ce livre, prix Goncourt 2009, j’atteins 1,3% des livres lus dans le cadre du challenge du 1 % rentrée littéraire 2009, organisé par la Tourneuse de page. J’ai enfin réussi à l’avoir à la médiathèque.

Le livre : Trois femmes puissantes, de Marie NDiaye, Collection Blanche, éditions Gallimard, 317 pages, 2009, ISBN 9782070786541.

L’histoire : entre Dara Salam, Dakar, Paris et la Gironde. trois chapitres, trois récits, trois femmes. Norah retrouve son père à Dakar après plusieurs années à Paris. Son père qui l’a abandonnée, elle, sa mère et sa sœur, en retournant au pays avec son fils, Sony. Mais aujourd’hui, sous le flamboyant en fleur, le père a besoin de sa fille, devenue avocate, je vous laisse découvrir pourquoi, ainsi que la vie des deux autres femmes. Fanta, en Gironde, et Khadi Demba, qui tente de fuir le Sénégal…

Mon avis : le troisième récit m’a beaucoup touchée, mais j’ai eu du mal à rentrer vraiment dans les deux premiers chapitres. Peut-être le rythme lent de l’écriture, ou bien le changement de point de vue et de narrateur à la fin de chaque chapitre ? D’autant que dans le second, c’est plutôt Rudy Descas, le narrateur à la vie ratée, qui est au centre du récit, que Fanta, qui n’apparaît qu’en filigrane… et dans la dernière page du chapitre où elle devient narratrice. Avis mitigé donc pour ce prix Goncourt 2009.

Logo du challenge du un pour cent rentrée littéraire 2009 Avec ce livre, j’atteins 1,3% des livres lus dans le cadre du challenge du 1 % rentrée littéraire 2009, organisé par la Tourneuse de page, et qui prévoit de lire et chroniquer d’ici juillet 2010 au moins 7 livres. J’ai enfin réussi à l’avoir à la médiathèque. Je vais poursuivre mes lectures jusqu’en juillet.

Logo du challenge ABC critique de BabelioJ’ai sélectionné ce livre pour le défi ABC critique organisé par Babelio.

Le gros coup de Ken Bruen

Couverture du gros coup de Ken Bruen en série noire pioche-en-bib.jpgL’autre soir, à la Fnac de Poitiers, le club polar, l’invité était Aurélien Masson, le jeune directeur de publication de la série noire chez Gallimard. Cela fait longtemps que je ne fréquente plus la série noire, depuis le changement de format, je pense. Ingrate que je suis, à la sortie de la réunion, ou plutôt le lendemain midi, je file à la médiathèque et pas au rayon polar (de toute façon, les livres, en général, je les achète dans une vraie librairie indépendante), voir s’ils ont l’un des trois auteurs que j’ai noté sur le petit bout de feuille extrait du fond de mon sac, Antoine Chainas, pour des polars très noirs, Ingrid Astier, pour son premier polar sur Paris et la Seine, et Ken Bruen, pour sa série Jack Taylor. Aïe, aucun n’est en rayon, je fais venir les deux premiers d’une bibliothèque de quartier, plus de place pour réserver la série, également présente dans une autre bibliothèque du réseau, alors, je me rabats sur R & B, aussi de Ken Bruen. Coup de chance, je peux commencer la série par le premier (dans l’ancien petit format de la série noire).

Le livre : Le gros coup, une enquête des inspecteurs Roberts & Brant (R&B, tome 1), de Ken Bruen, traduction de Marie Ploux et Catherine Cheval, collection série noire, éditions Gallimard, 234 pages, 2004, ISBN 978-2-07-030456-6 (existe aussi en Folio).

L’histoire : au début des années 2000, dans un quartier défavorisé de Londres. Deux flics, Roberts et Brant. Ce dernier fan de 87e district, de McBain. Ils accumulent les bavures, les propos limites (racistes, homophobes, etc.), boivent trop, règlent violemment certaines affaires et ne rêvent que de faire un gros coup pour que la presse populaire en parle. Cela tombe bien, le gang E fait en ce moment trembler le quartier, tue de petits trafiquants de drogue et les pend aux réverbères. Et un « Arbitre  » tue un à un les membres d’une équipe de cricket. S’ils pouvaient résoudre l’une ou l’autre affaire, voire les deux, ça serait le gros coup…

Mon avis : je n’ai pas trop mordu au style de l’écriture, beaucoup trop décousue et familière, alternant les chapitres du point de vue du meurtrier dit l’arbitre, de celui du gang E et de celui des policiers… Pas toujours facile à suivre. Mais le directeur de la série a dit qu’il fallait laisser le temps aux auteurs de s’installer, d’évoluer, je continuerai donc la série, en sortant les livres de la médiathèque (voir Le mutant apprivoisé et Les Mac Cabés) et en les abandonnant au besoin. Mais c’est très vite lu, pas épais et petites pages très aérées. J’ai aussi lu Delirium Tremens, une enquête de Jack Taylor (tome 1).

Pour aller plus loin : le site officiel de Ken Bruen (en anglais).

De cet auteur, j’ai aussi lu Le gros coup, une enquête des inspecteurs Roberts & Brant (R&B, tome 1), ; Le mutant apprivoisé (R&B, tome 2), Les Mac Cabés (R&B, tome 3), Calibre (R&B, tome 6) ; Delirium Tremens, une enquête de Jack Taylor (tome 1), En ce sanctuaire (Jack Taylor tome 7).