Archives de l’auteur : Véronique Dujardin

Lecture : Thierry Jonquet, Le secret du rabbin

Couverture du secret du rabbin de Thierry Jonquet Lors de mon dernier voyage en train, samedi dernier, j’ai lu Le secret du rabbin de Thierry Jonquet, en réédition 2005 dans la collection Folio policier n° 199, ISBN 2-07-041204-0.

Le début de l’histoire :
Printemps 1920, dans la petite ville de Lvov, en Pologne, l’ancien rabbin Morchedai Hirschbaum meurt pendant l’office, à l’âge de 97 ans. Il charge son successeur d’exécuter un étrange testament (qu’on ne connaîtra qu’à la fin, présenté tout au long du livre comme la quête d’un trésor), qui nécessite la venue de quatre de ses neveux : Rachel, membre active du parti bolchevik en Russie, Moses, truand à New-York, Léon (qui a francisé son nom), officier mutilé en 1918 et habitant Paris, et David, militant sioniste en Palestine. Aucun d’entre eux ne veut venir en Pologne, mais tous y sont poussés par leur entourage pour des raisons improbables. S’ensuivent un tas d’aventures dans une Pologne en pleine guerre pendant l’été 1920, on y croise d’autres personnages improbables.

En dehors de la ponctuation assez défectueuse (due à l’éditeur, pas à l’auteur), qui a le don de m’agacer, je n’ai pas trop apprécié ce livre. Je trouve que l’idée de départ est sympa, mais ensuite, tout est à peine effleuré, trop superficiel. Vous pouvez vous faire une idée par vous-même.

Post-scriptum : de Thierry Jonquet, décédé en août 2009, j’ai lu et parlé de :

Essai sur les 10 mots de la semaine de la langue française 2008

Les dix mots 2008 de la semaine de la langue française (en mars) sont cette année communs à la France et au Québec (400e anniversaire de la ville de Québec par Champlain oblige…). Rappel des mots : apprivoiser, boussole, jubilatoire, palabre, passerelle, rhizome, s’attabler, tact, toi, visage (en trichant un peu sur le mot boussole…).

Ô toi, au visage grave,
Qui t’es attablé au fond du bistrot,
Tu sembles apprivoiser ta peine,
Malgré le manque de tact de tes amis,
Dont la palabre jubilatoire te déboussole,
Tel un rhizome qui courrait sur la conversation,
Passerelle entre ton monde morose
et le monde enjoué qui continue à tourner sans toi.

Post-scriptum : les 10 mots de 2008, ma proposition en 2009, la version de 2010 et maintenant aussi celles de 2011 et de 2012.

Un livre en tissu

Livre en tissu fermé, devant et derrière

Le modèle : dans la même revue que la girafe et les bavoirs, soit Idées Bébé, n° 7, mai-juin-juillet 2006.

Les matériaux : des chutes de tissu ; du molleton garanti pour les enfants ; un gros bouton pour la fermeture du livre.

Livre en tissu ouvert, pages ouvertes La réalisation : là aussi, les explications étaient très claires. La réalisation est un peu (beaucoup même) plus longue que pour la girafe. J’ai modifié l’ordre des pages par rapport au modèle, en fonction des couleurs de tissu dont je disposais. La plupart des coutures sont faites à la machine : les appliqués, les surpiqûres et l’assemblage des “ pages ”. C’est un cadeau original, un peu long mais facile à faire : il faut juste prendre pas mal de temps pour tracer chaque pièce de tissu.

Post scriptum : depuis, j’ai aussi réalisé un doudou poisson dans la même revue.

Exposition : l’atelier d’Alberto Giacometti au centre Pompidou

La façade du centre Pompidou le 17 août 2008 Samedi, je suis allée voir l’exposition L’atelier d’Alberto Giacometti, collection de la fondation Alberto et Annette Giacometti, au centre Pompidou à Paris. Il était temps, elle se termine le 11 février. Elle est présentée au dernier étage du centre et couvre un assez grand espace subdivisé en 18 salles. Les œuvres sont nombreuses, avec beaucoup de pièces venant de l’atelier de l’artiste, de nombreux plâtres enduits de la matière grasse qui permet la fabrication du contre-moule pour les tirages en bronze. Une toute petite figurine féminine, de deux cm de haut environ, est impressionnante, isolée seule au milieu d’une grande vitrine. Un regret cependant : pourquoi au centre Pompidou, les groupes n’utilisent-ils pas comme dans de nombreux musées et expositions les émetteurs-récepteurs ? Cela permet d’éviter la concurrence de niveau sonore entre les groupes, et empêche aussi l’agglutination autour de ceux-ci d’autres visiteurs, qui obstruent le passage. Et pourquoi ne pas réfléchir à des horaires réservés aux seuls groupes, pour que les visiteurs individuels puissent profiter tranquillement des expositions ?

Le musée de la vie bourguignonne et le musée d’art sacré à Dijon

Vendredi en huit, au cours d’une réunion professionnelle à Dijon, j’ai eu le bonheur de visiter le musée d’art sacré et le musée de la vie bourguignonne Perrin de Puycousin sous la conduite de Madeleine Blondel, conservatrice des deux musées installés dans l’ancien couvent des bernardines, rue Sainte-Anne.
L’entrée de ces deux musées est gratuite.
Le musée d’art sacré occupe la chapelle de l’ancien couvent. Des visites guidées gratuites permettent de visiter des parties habituellement fermées au public : la partie haute de la chapelle et les réserves où un important programme de conservation préventive a été mis en place pour une bonne conservation des tissus et autres objets en matières fragiles. Même si vous n’avez pas d’attirance pour les calices, chasubles et autres objets  » du culte catholique « , (comme disent les thésaurus des bases de données de l’inventaire général du patrimoine culturel), ce musée ne vous laissera pas indifférent.

Le musée de la vie bourguignonne plaira à un public plus large. Il se compose de plusieurs espaces. Au rez-de-chaussée est présentée la collection d’ethnographie Perin de Puycousin, donnée à la ville dans les années 1930. Cette collection a été remise en scène ici, en gardant les mannequins de la première présentation au public. J’ai adoré la réflexion sur la calligraphie… Au fil des vitrines, des textes courent sur les parois et sur des petits éléments qui expliquent la fonction des objets. Ainsi, le mot  » mort  » adopte la forme d’une flamme au-dessus d’un cierge. On retrouve une forme de lampe à huile et de flamme respectivement pour « l’éclairage » et « domestique », etc.
Au premier étage, diverses boutiques de Dijon, aujourd’hui fermées, ont été remontées : la biscuiterie, la pharmacie, le photographe (où on peut se faire tirer le portrait), le fourreur, le chapelier, le confiseur (avec des bocaux de bonbons !), etc. Un vrai cauchemar pour le conservateur que tous ces matériaux fragiles, mais un bonheur pour le visiteur. Les affiches mises sous film plastique ont vraiment un aspect d’affiche, même si elles sont ainsi protégées et peuvent être changées tous les 2 mois pour éviter qu’elles ne passent à la lumière. On trouvera aussi à cet étage les grands hommes de Dijon (et une évocation d’Eiffel, originaire de la ville, par des produits très kitchs) ou une collection de pots à moutarde, de petits objets fabriqués par les soldats en 1914-1918, etc.
Au second étage, un petit train électrique (un TGV et son paysage, illustré aussi par de vieilles affiches de la SNCF sur Dijon) courre le long du mur du fond… et subjugue les garçons… et leurs papas !!! On trouve aussi des modules sur les matériaux (pierre, terre, bois), une surprenante maquette de cathédrale réalisée en cahiers recyclés réalisés par les enfants de l’école de Molesme, une salle de projection et une très belle salle pédagogique qui permet un accueil dans des conditions idéales des classes en visite.

Un musée à voir absolument si vous passez par Dijon !

Une girafe facile à coudre…

Girafe en tissu Le modèle : Idées Bébé, n° 7, mai-juin-juillet 2006.

Les matériaux : de la toile à matelas ; de la bourre synthétique garantie pour les enfants ; de la cordelette de coton.

La réalisation : les explications du modèle sont vraiment très claires. Il se réalise très vite, couture à la machine, avec finitions à la main (fixation de la cordelette des pattes et de la queue ; fermeture à points invisibles de l’ouverture qui permet de bourrer le corps). J’en ai réalisé plusieurs, elles ont toujours été très appréciées.

Post scriptum : dans la même revue, j’ai aussi réalisé les bavoirs, le doudou poisson et le livre en tissu.

SAL ABC 02

La deuxième étape du SAL ABC : lettres C et D Hier la deuxième étape du SAL de Grandma’s kitchen était en ligne sur le site néerlandais : ce sont les lettres D et E.

Voici le résultat.

Retrouvez toutes les étapes de ce SAL :

Les dix mots de la semaine de la langue française 2008

Voici les dix mots proposés cette année par le ministère de la culture et de la communication dans le cadre de la semaine de la langue française :

  • visage
  • s’attabler
  • toi
  • rhizome
  • passerelle
  • palabre
  • tact
  • boussole
  • apprivoiser
  • jubilatoire.

Pour plus d’informations, voir le site. À suivre à partir de demain, des petits textes à partir de ces mots. Et voici ce j’en ai fait.

Post-scriptum : les 10 mots et ma proposition en 2009, et voir celles de 2010, de 2011 et de 2012.

L’ombre du vent, par Carlos Ruiz Zafón

Couverture de l'ombre du vent de Zafon Après plusieurs livres courts, j’ai pris un livre plus gros, environ 630 pages en livre de poche. Pour les brodeuses, ce serait un UFO, ces ouvrages que l’on commence et abandonne pendant longtemps. Je l’ai retrouvé mercredi dernier dans une pile de livres à lire, avec un marque-pages avant la page 20. J’avais dû appliquer un des préceptes de Daniel Pennac, le droit d’abandonner un livre (relire régulièrement Comme un roman, les droits imprescriptibles du lecteur).
Je ne me souviens plus des circonstances dans lesquelles j’avais acheté ce livre. Il s’agit donc de L’ombre du vent, par Carlos Ruiz Zafón, traduit de l’espagnol par F. Maspero, première édition française chez Grasset, en édition du livre de poche (2006, ISBN 2-253-11486-3).

Le début de l’histoire : par un matin brumeux de 1945, à Barcelone, un libraire emmène son fils Daniel, âgé de 10 ans, au Cimetière des livres oubliés, un lieu où sont stockés et protégés de nombreux livres. Il lui demande de choisir un ouvrage, qui va modifier le cours de sa vie. Il prend L’ombre du vent, d’un auteur apparemment inconnu, Julián Carax. Pendant 600 pages, le jeune enfant, devenu adolescent puis adulte, va partir à la recherche de cet écrivain, de son passé (et de son présent). Le tout sur fond de Barcelone sous la guerre civile, puis dans l’après-guerre franquiste, avec d’anciens camarades de collège du jeune Carax, devenus eux aussi adultes. Le personnage du camarade frustré, fils du concierge expulsé du collège et humilié devenu un inspecteur de police qui torture et tue impunément est terrifiant mais très réaliste. À lire absolument.

Et si certains d’entre vous connaissent d’autres livres de cet auteur, je suis preneuse de suggestions de lecture.

logo tour du monde en lecture J’ai sélectionné ce livre pour le tour du monde en lecture proposé par Livresque.

Logo du challenge ABC critique de BabelioJ’ai sélectionné ce livre pour le défi ABC critique organisé par Babelio.

Revue « enfantines » sur Mouchin (1935)

Couverture de la revue Enfantines, halte à la Douane à MouchinIl y a quelques jours, la communauté  » Au fil des mots  » m’accueillait gentiment, et je ne vous ai pas remercié, ni même mis un seul message.

Je voudrais rebondir sur les dix mots offerts à tous dans le cadre de la semaine de la langue française, mais avant de vous faire part de mes réflexions dans les prochains jours, je voulais partager avec vous la découverte d’une vieille revue, publiée dans le mouvement Freinet.

Par hasard, parce que je cherche occasionnellement des documents sur le village de mon enfance, j’ai acheté par une librairie spécialisée en livres anciens le n° 67 de cette revue, écrite par les enfants (enfin, les seuls garçons) de l’école primaire de Mouchin (Nord) en 1935. Je vous en recommande la lecture et les petites illustrations, apparemment des bois gravés à partir des dessins des enfants. Il en existe une version en ligne. Allez voir, c’est contre la douane, les droits de douane pour les passages à pied, en voiture et même en vélo, sur le trafic de tabac. Toutes les ruses contre les douaniers sont rapportées, jusqu’à l’usage de petits chiens pour passer le tabac. Il n’y avait pas seulement les douaniers au Bas-Préau (les gens du coin comprendront, pour les autres, c’est un chemin qui était jusqu’à l’ouverture des frontières européennes réservé aux riverains, en principe sans marchandise), mais aussi une tranchée pour empêcher le passage ! Pendant la Seconde Guerre mondiale, une tranchée anti-char s’y trouvait.

Tant que vous êtes sur le site de Freinet, allez aussi voir les autres numéros de cette revue, ils sont souvent savoureux.

revue Enfantines, n° 67, halte à la Douane à Mouchin, illustration page 15, la barrière de la douane et les douaniersPS: j’ai publié ici finalement toutes les pages retranscrites, avec les illustrations d’origine et des photographies de mon père: voir les douaniers, la circulation, la fraude en auto, la fraude avec les chiens, les gendarmes, une belle ruse, le passage à niveau et un pauvre chien et les dernières pages consacrées à d’autres ruses.