Archives par étiquette : polar

Les trois singes de Nuri Bilge Ceylan

La salle devait contenir moins d’une quinzaine de personnes, pour une séance à 18h (certes, la tempête était annoncée pour plus tard dans la soirée). Dommage pour ce film, Les trois singes (Uç Maymum), de Nuri Bilge Ceylan, prix de la mise en scène au festival de Cannes en 2008. Les acteurs principaux : Yavuz Bingol, Hatice Aslan, Ahmet Rifat Sungar, Ercan Kesal.

L’histoire : une route déserte – ou presque, la nuit. Le candidat aux prochaines élections à la chambre des députés s’endort au volant et heurte un piéton. Délit de fuite (et aussi d’une voiture qui fuyait, qui décide de prévenir la police, mais sans porter assistance à la victime). Il demande à son chauffeur de s’accuser à sa place, lui promet un bon avocat (il fera moins d’un an de prison, la vie humaine n’a donc aucune valeur en Turquie ?), le salaire poursuivi pendant la détention, et une forte somme à la sortie. Il est quand même battu aux élections. Quand la femme du chauffeur (l’actrice Hatice Aslan) va le voir pour obtenir une avance afin de payer une voiture au fils, il lui fait des avances…

Mon avis : la musique et la photographie, avec de nombreux clairs-obscurs (à l’extérieur et dans l’appartement), sont magnifiques, surtout les nombreuses scènes d’orage. Vraiment, si vous avez l’occasion, allez voir ce film. Mais est-ce si facile de se payer un remplaçant en prison en Turquie, comme autrefois en France un remplaçant à la conscription (système de remplacement mis en place sous le Consulat et l’Empire et jusqu’à la défaite de 1870) ?

PS : Depuis, j’ai aussi vu de ce réalisateur Il était une fois en Anatolie et Winter sleep.

Meurtre à l’université de Batya Gour

Meurtre à l'université, de Batya Gour Le livre : Meurtre à l’université de Batya Gour, Folio policier n° 455, 443 pages, ISBN 978-2-07-033921-1. Batya Gour était une auteure israëlienne, décédée en 2005.

L’histoire : le livre s’ouvre par un étrange séminaire de poésie à l’université hébraïque de Jérusalem. Ido Doudaï, étudiant en thèse qui rentre d’un mois d’études aux États-Unis, « tue le père », c’est-à-dire critique violemment son directeur de thèse, Tirosh, et un poète soviétique mort en camp, qu’il avait fait connaître, Ferber. Le problème, c’est que pendant le week-end suivant, Doudaï meurt au cours d’un stage de plongée (l’air de sa bouteille a été replacé par du monoxyde d’azote), et Tirosh est retrouvé la tête explosée à coups de statuette dans son bureau. Quand en plus, on apprend que Tirosh était un coureur de jupon et avait trompé Doudaï avec sa jeune épouse pendant son absence, que lors de son stage, Doudaï avait rencontré un autre professeur de l’université en congé d’un an aux États-Unis et rentré à Jérusalem pendant le même week-end, le commissaire Michaël Ohayon ne manque pas de pistes…

Mon avis : un polar bien ficelé. Avec cependant une absente de marque : la Palestine… Il n’y a guère qu’un balayeur arabe, un soupçon d’attentat parce que Tirosh était militant de La Paix maintenant (comme Amos Oz, l’auteur dont je vous a parlé de Une histoire d’amour et de ténèbre. En plus, ce livre est plein de références en arrière-plan : Samuel Yosef Agnon, prix Nobel de littérature en 1966, dont Amos Oz parle aussi beaucoup dans son livre, mais dont je n’ai pas trouvé de livre chez mon libraire, grrrr…., mais seulement six de ses livres ont semble-t-il été traduits en français), la musique de Janacek avec une œuvre que je ne pense pas avoir entendue, la messe glagolithique (celle là existe dans plusieurs enregistrements, je devrais pouvoir trouver, surtout que j’aime bien sa musique), etc.

Cela me donne envie de lire la série, si j’ai bien compris tous des enquêtes du commissaire Michaël Ohayon, en la reprenant dans l’ordre :

La femme en vert de Arnaldur Indridason

Couverture de la femme en vert d'Indridason Après avoir lu La voix et la Cité des jarres, j’ai eu envie de lire un autre livre de cette série.

Le livre : La femme en vert de Arnaldur Indridason, collection une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson, collection Points policier, P 1598, 2007, 348 pages, ISBN 978-2-7578.0317.2. Traduit de l’Islandais par Éric Boury. Grand prix littéraire des lectrices Elle 2007, prix clé de verre du roman noir scandinave, prix CWA Gold Dagger 2005.

L’histoire : dans la banlieue de Reykjavik. La ville s’étend sur des terrains où étaient autrefois des maisons d’été et, pendant la Seconde guerre mondiale, un baraquement anglais puis un dépôt de vivres américain. Lors de la fête d’anniversaire de son grand frère, une petite fille est retrouvée en train de mordiller une côté humaine. Très vite, on trouve d’où vient cet os. Erlendur Sveinsson, devenu commissaire, décide de faire dégager le corps par des archéologues (très lents, tiens, ça me rappelle quelque chose) plutôt que par la police scientifique. Le corps semble avoir été enterré il y a une cinquantaine d’années. En parallèle, le récit d’une femme battue, violemment battue, par son mari, avec trois enfants, dont une petite fille handicapée suite à une méningite infantile. Cette histoire de femme battue rappelle beaucoup un autre livre que j’ai lu il y a peu de temps (Ondine Khayat, Le pays sans adultes). Une troisième histoire interfère, celle de Eva, la fille du commissaire, que nous avions quittée enceinte, en voie de sevrage de drogue et réfugiée chez son père, que l’on retrouve dans le coma et en train de faire une fausse-couche.

Mon avis : un roman sombre, mais vraiment très bien monté.

Les livres de la série que j’ai lus :

logo tour du monde en lecture J’ai sélectionné ce livre pour le tour du monde en lecture proposé par Livresque.

Logo du challenge ABC critique de BabelioJ’ai sélectionné ce livre pour le défi ABC critique organisé par Babelio.

La cité des jarres de Arnaldur Indridason (et neurofibromatose)

Couverture de la cité des jarres d'Indridason Après avoir lu La voix, j’ai eu envie de lire les autres livres de cette série.

Le livre
: La cité des jarres, de Arnaldur Indridason, collection une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson, collection Points policier, P 1494, 2006, 328 pages, ISBN 978-2-7578.0023.2. Traduit de l’Islandais par Éric Boury. Clé de verre du roman noir scandinave, prix de la critique en 2006, prix cœur noir.

L’histoire : un cadavre est retrouvé assassiné d’un violent coup de lourd cendrier à la tête dans un appartement en sous-sol de Reykjavik. Un mot mystérieux a été déposé à côté du corps. Très vite, l’inspecteur Erlendur Sveinsson découvre qu’il avait été soupçonné de viol il y a fort longtemps. Parallèlement, l’inspecteur recueille chez lui sa fille, qu’il n’avait pas vu depuis longtemps, sa femme lui ayant refusé tout droit de visite après son divorce. Sa fille est enceinte et tente de se sevrer de la drogue.

Mon avis
: un roman noir, où il est aussi question d’une question éthique importante, la constitution d’une base de donnée génétique en Islande, croisée avec un fichier généalogique… Vous y découvrirez la neurofibromatose, une maladie génétique rare. Je suis allée vérifier dans mes documents, en fait, il existe trois formes de cette maladie. Le type 1 n’est pas si rare que ça, car elle touche quand même 1 personne sur 3.000 à 4.000 (une maladie est rare si elle touche moins d’une personne sur 2.000 pour l’OMS et l’Union européenne, voir sur le site de l’alliance maladies rares ce qui concerne les maladies rares et les maladies orphelines, ce qui représente en France toute maladie qui touche moins de 30.000 personnes*). La neurofibromatose de type 2 est beaucoup plus rare et touche une personne sur 50.000. La maladie décrite dans le livre, qui est associée à des tâches café au lait sur la peau, est la neurofibromatose de type 6. Il existe plusieurs associations pour cette maladie, si vous êtes concerné, n’hésitez pas à contacter ou aider la fédération des maladies orphelines / FMO, qui soutient plusieurs projets de recherche sur cette maladie. Pas de jolis paysages islandais ni de jeyser, seulement le côté sombre du pays, mais ce livre m’a bien plu, je vais lire le suivant très vite.

* par exemple, le diabète insipide central, dont je suis atteinte, est une maladie rare mais pas une maladie orpheline puisque nous disposons d’un traitement par une hormone antidiurétique de synthèse. Vous trouverez des informations sérieuses sur le site de la fondation pour le diabète insipide, en anglais avec une traduction partielle en français, que j’ai réalisée et qui a été validée par le Pr Legros, endocrinologue hospitalier à Liège. Il existe une association française,dont le site ne bénéficie pas du HonCod, avec des informations non validées par le corps médical et parfois erronées.

Les livres de la série que j’ai lus :

La voix de Arnaldur Indridason

Couverture de La Voix, de Indridason J’ai lu ce livre il y a déjà quelques semaines. Mais comme vous allez le voir, il fallait en réserver le compte-rendu pour aujourd’hui.

Le livre
: La voix, de Arnaldur Indridason, collection une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson, collection Points policier, P 1831, 2008, 401 pages, ISBN 978-2-7578.0725.5. Traduit de l’Islandais par Éric Boury. Grand prix de littérature policière 2007.

L’histoire
: quelques jours avant noël, dans un grand hôtel de Reykjavik, le père noël est retrouvé assassiné dans le cagibi qu’il habite au sous-sol, habillé de son habit mais culotte baissée, avec un préservatif. En fait, le père noël est habituellement l’homme à tout-faire de l’hôtel, vit là depuis des dizaines d’années. Mais le commissaire Erlendur Sveinsson découvre qu’il avait été un enfant vedette quand il était petit, chanteur soliste d’une chorale. Déprimé à la veille de noël – il est divorcé, n’a pas vu ses enfants grandir, maintenant, sa fille tente de sortir de la drogue – il s’installe dans une chambre de l’hôtel pour enquêter.

Mon avis
: une descente sombre dans le monde des chorales d’enfant, la façade arrière des grands hôtels. À lire pour découvrir aussi l’Islande, mais peut-être pas le jour de noël, plutôt lors d’un long trajet en train par exemple…

Les livres de la série que j’ai lus :

Mort à la Fenice, de Donna Leon

Couverture ed mort à la Fenice, de Dona Leon J’ai déjà lu plusieurs aventures du commissaire Brunetti à Venise, en français et aussi en anglais. Je vous ai parlé de L’affaire Paola, de La femme au masque de chair et de Requiem pour une cité de verre. Il s’agit à nouveau d’une enquête du commissaire Guido Brunetti.

Le livre : Mort à la Fenice, de Dona Leon, traduit de l’anglais par William Olivier Desmond, collection Points policier, réédition 2008 offerte en cadeau pour 3 volumes achetés dans la collection, 284 pages, ISBN 878.2.7578.1109.2.

Le début de l’histoire : un soir à la Fenice, le célèbre théâtre lyrique de Venise, celui qui a subi un incendie important en 1996 mais a rouvert en 2003, le site est en italien, mais il y a de superbes vues du théâtre. Revenons au livre. Après le second entracte de La Traviata de Giuseppe Verdi, le chef d’orchestre, Wellauer, grand maître d’origine allemand et déjà âgé, ne peut reprendre la représentation, et pour cause, il est mort, mais le spectacle continue avec le jeune chef remplaçant. Il a été empoisonné au cyanure. Mais qui pouvait lui en vouloir ? Un jaloux ? Sa très jeune épouse ? A-t-il été rattrapé par son passé pendant l’époque hitlérienne ? Et pourquoi une vieille dame lui en veut-elle à mort depuis 1939 ? Comment aurait-elle pu être à l’origine de ce crime, elle qui a refusé de jouer devant Mussolini, a été assignée à résidence et n’est guère sortie de chez elle depuis soixante ans ?

Mon avis : l’histoire est bien ficelée, et comme toujours, ce livre de Dona Leon nous permet de visiter Venise et ses environs, avec de petites piques pour la grande zone industrielle qui se trouve à ses portes, le supérieur incompétent, etc. Vous passerez je pense un agréable moment avec ce livre.

De cette auteure, je vous ai parlé de:

Requiem pour une cité de verre ;

– L’affaire Paola ;

Mort à la Fenice

Sans verser de larmes de Jean Failler

Couverture de Sans verser de larmes, de Jean Failler Je n’ai pas encore eu l’occasion de vous parler de cette série de romans policiers, même si j’ai la collection complète, depuis le premier, Les bruines de Lanester, qui a été adapté en téléfilm je crois, mais comme je ne regarde guère la télévision… Le tome 32 vient de sortir. [PS: depuis, je vous ai parlé des tomes 35, Casa del Amor, 36, Le 3e oeil du professeur Margerie, 37 et 38, Villa des Quatre Vents].

Le livre : Sans verser de larmes, de Jean Failler, collection Mary Lester, tome 32, aux éditions du Palémon, 2008, 416 pages, ISBN / EAN : 9782907572934. Il y a aussi un site consacré à Mary Lester, mais il a comme un problème de mise à jour car il annonce que la prochaine dédicace de l’auteur aura lieu le… 9 mai 2006.

L’histoire : il s’agit de la suite des tomes 30 et 31, Te souviens-tu de Souliko’o ? Marie Lester, la jeune policière qui a déjà eu tant de démêlés à travers toute la Bretagne avec les voyous et la gendarmerie, retourne comme dans les épisodes précédents à Trébeurnou [une commune imaginaire du Trégor]. Les gendarmes ont arrêté l’arme à la main un homme, Martin, pisciculteur au bord de la faillite, qui semble avoir criblé de coups de fusil de chasse la victime, Raoul Florent, qui gît à ses pieds. Mais est-ce bien lui, l’histoire semble trop simple, le nouveau maire de la commune (voir les épisodes précédents) exige la reprise de l’enquête par Mary Lester qui se fait aider comme d’habitude du lieutenant Fortin, fan de L’équipe (le journal de sport). Trouvera-t-elle le vrai coupable ? Sans aucun doute, elle le trouve toujours, mais qui est-il ?

Mon avis : bof ! J’aime bien la série parce qu’elle permet de se promener en Bretagne. Mais côté style et écriture, c’est plus que moyen, et côté roman policier, ça fera un scénario pour un téléfilm policier, minable ou acceptable ? telle est la question. Enfin, pour 8 euros, vous soutiendrez un éditeur breton, et si vous avez un trajet de 2 à 3 heures en train (un peu plus, j’oublie que je lis un peu vite), ça vous fera passer le temps sans désagrément mais sans grand enthousiasme non plus.

Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra

Couverture de Ce que le jour doit à la nuit, de Yasmina Khadra Petit rappel : début août, je vous ai annoncé la parution de Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra, paru le 21 août chez Julliard (ISBN 2260017584). Je l’ai dévoré… Il n’y a pas de traducteur pour ce livre, Mohamed Moulessehoul écrit en français, il justifie son choix sur son site officiel.

Le début de l’histoire : dans les années 1930, le narrateur a neuf ans et vit à la campagne avec sa mère, son père et sa sœur. La récolte s’annonce prometteuse quand, juste avant la moisson, les champs sont détruits par un incendie criminel. Le père doit hypothéquer ses terres et décide de partir refaire sa vie à Oran, où habite son frère, pharmacien. Mais pas question de vivre de la charité de celui-ci, il s’installe dans un bidonville, survit comme il peut, puis finit par confier son fils, pour un meilleur avenir, à son frère qui n’a pas d’enfant et est marié à une française catholique. Le livre se poursuit avec la vie parallèle entre les quartiers européens, où vivent quelques privilégiés algériens, et les bidonvilles et la misère de la grande majorité de la population. Jusqu’à l’indépendance de l’Algérie et une fin très émouvante…

Mon avis : un livre écrit dans une langue limpide, un grand pas vers une meilleure compréhension des causes de la guerre d’Algérie (pardon, des « événements »), sur les relations entre les colonisateurs et certains colonisés, et leur aveuglement par rapport à la misère de la grande majorité du peuple. Un grand pas pour une meilleure réconciliation après cette période. Et aussi, en fond de l’histoire, la vie des adolescents, de leurs amours et déboires amoureux. À lire sans faute…

L’auteur : sous le pseudonyme de Yasmina Khadra se trouve Mohamed Moulessehoul (voir sur le site officiel de l’auteur l’explication de ce pseudonyme). Il vit en France avec sa famille depuis 2001. Ce que j’ai oublié de dire dans mes derniers articles, c’est qu’alors qu’il était Personna non gratta au centre culturel algérien à Paris, il en a été nommé directeur en novembre 2007. Du coup, la presse algérienne a accueilli ce nouveau livre avec des articles louangeurs, par exemple ici pour El Watan. Il faudra que j’aille visiter ce centre culturel lors d’un prochain voyage à Paris (il est dans le 15e arrondissement, 171 rue de la Croix-Nivert). Yasmina Khadra a aussi été accueilli à Oran à l’invitation de l’Assemblée populaire de wilaya (équivalent de nos préfectures) cet été pour présenter le livre. Vous pouvez trouver un article et des extraits publiés avec l’autorisation de l’auteur sur ce blog.

Je vous ai déjà parlé de ces quatre autres livres de Yasmina Khadra, réédités cet été sous le titre Le quatuor algérien quatre enquêtes du commissaire Llob, chez Folio : La part du mort ; Morituri ; Double blanc et L’automne des chimères. Puis La longue nuit d’un repentiLes hirondelles de Kaboul. Et aussi celui-ci, plus pour adolescents : La rose de Blida.

Lecture : L’affaire Paola, de Donna Leon

Donna Leon, l'Affaire Paola J’ai déjà lu plusieurs aventures du commissaire Brunetti à Venise, en français et aussi en anglais (Requiem pour une cité de verre ; Mort à la Fenice, La femme au masque de chair). Je suis tombée sur celui-ci chez un bouquiniste, et je l’ai dévoré en une seule fois. Je suis encore en vacances, je peux donc lire beaucoup !

Le livre : L’affaire Paola, de Donna Leon, collection Points (P 1089), 2003, ISBN 2.02.055529.8.

Le début de l’histoire : Paola, la femme du commissaire Guido Brunetti, s’est disputée avec lui il y a quelques jours à propos des agences de voyage qui organisent des voyages de tourisme sexuel en Asie du Sud-Est. Une nuit, elle va détruire la vitrine d’une de ces agences. Son mari étouffe l’affaire, la vitrine est changée… et Paola récidive la nuit suivante. cette fois, elle est arrêtée, et son mari mis en congés quand, quelques jours plus tard, le propriétaire de cette agence est assassiné, avec à côté de lui un mot dénonçant le tourisme sexuel… Mais le propriétaire possédait aussi des usines chimiques et de produits pharmaceutiques. Alors, ce meurtre est-il une conséquence du geste de Paola contre la vitrine de l’agence de voyage?

Mon avis : une histoire qui nous plonge à nouveau dans les rues de Venise, ses canaux… Une dénonciation du tourisme sexuel, et une nouvelle attaque contre la mafia et ses agissements.

De cette auteure, je vous ai parlé de:

Requiem pour une cité de verre ;

– L’affaire Paola ;

Mort à la Fenice

Lecture : L’automne des chimères, de Yasmina Khadra

Couverture du quattuor algérien de Yasmmina Khadra Petit rappel : les éditions Gallimard (collection Folio policier, n° 510, 2008, ISBN 978-2-07-035755-0 ) ont eu la très bonne idée de rééditer pour cet été sous le titre Le quatuor algérien quatre enquêtes du commisaire Llob, par Yasmina Khadra (pseudonyme de Mohamed Moulessehoul, voir sur le site officiel de l’auteur l’explication de ce pseudonyme). L’auteur a choisi la forme du roman policier pour dénoncer le terrorisme des années 1990, et surtout ses causes sous-jacentes, dont la corruption généralisée que tente de combattre le commisaire intègre Brahim Llob, ancien combattant de la première heure lors de la guerre d’indépendance. Les histoires sont éditées ici dans l’ordre du récit, et non dans l’ordre de parution. Il s’agit dans l’ordre de :
La part du mort, édité pour la première fois aux éditions Julliard en 2004 puis en 2005 dans la collection Folio policier, dont je vous ai parlé il y a trois semaines ;
Morituri, édité pour la première fois aux éditions La Baleine en 1997 puis en 1999 dans la collection Folio policier et adapté au cinéma en 2007 par Okacha Touita et dont je vous ai parlé il y a quinze jours ;
Double blanc, édité pour la première fois aux éditions La Baleine en 1998 puis en 2000 dans la collection Folio policier, dont je vous ai parlé la semaine dernière ;
L’automne des chimères, édité pour la première fois aux éditions La Baleine en 1998 puis en 2000 dans la collection Folio policier.
Il n’y a pas de traducteur pour ces livres, Mohamed Moulessehoul écrit en français, il justifie son choix sur son site officiel. C’est également un ancien officier de l’armée algérienne, né en 1955, donc trop jeune pour avoir participé la guerre d’indépendance, mais qui a participé activement à celle contre le terrorisme. Son père a néanmoins rejoint l’ALN (armée de libération nationale) et est donc un résistant de la première heure, comme le commisaire Llob, héros de ces quatre romans (noirs plus que policiers). Il vit en France avec sa famille depuis 2001.

Aujourd’hui, je vous parle donc de L’automne des chimères.

Le début de l’histoire : le commissaire Llob accompagne l’un de ses anciens camarades de maquis, devenu artiste, à l’enterrement de son frère dans son village natal. À son retour à Alger, il est convoqué chez son directeur : il est mis à la retraite anticipée pour avoir publié Morituri, dans lequel on l’accuse de dénigrer l’institution de la police et du pouvoir, alors que pour lui, il n’a fait que dresser un tableau honnête de la corruption ambiante. Il rencontre d’anciens camarades, essaye de remonter la pente alors que sa femme et ses enfants sont toujours à l’abri, loin de lui.

Mon avis : ce dernier volet ne comprend pas vraiment les intrigues policières des premiers et semble très autobiographique. À lire d’une traite (150 pages, deux très petites heures), mais un jour où vous avez le moral, il est quand même presque aussi noir que les précédents…

Et bientôt… Pour la rentrée littéraire, le prochain livre de Yasmina Khadra Ce que le jour doit à la nuit paraîtra le 21 août chez Julliard. Vous pouvez déjà en lire un extrait dans le numéro d’été de la revue Lire.

Post-scriptum : depuis la rédaction de cet article, j’ai aussi lu Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra, paru fin août 2008, La longue nuit d’un repentiLes hirondelles de Kaboul et La rose de Blida.