Lors de mon séjour à Toulouse fin avril, début mars, je suis aussi allée avec mes amis à Figeac. Après avoir eu des difficultés à trouver un restaurant (dernier dimanche des vacances de printemps, entre ceux fermés le dimanche et ceux qui étaient en congé, pas facile), nous sommes allés visiter le musée Champollion ou musée des écritures du monde. La rénovation de la maison est un peu curieuse de l’extérieur, pas de fenêtre au niveau supérieur. En fait, des plaques de cuivre sont posées un peu en retrait, ajourées de lettres de toutes les langues du monde. De nuit, le résultat est très beau d’après les photographies que j’ai vues, de jour, de l’intérieur, c’est aussi pas mal, mais de l’extérieur, étrange, ces ouvertures sans huisseries… Mais entrons dans la maison natale de Jean-François Champollion. Après une salle consacrée à l’égyptologie, avec notamment des originaux et des copies venant du musée du Louvre, les différentes écritures du monde sont abordées avec des films, des jeux (ouille, retracer les caractères chinois sur l’écran en suivant le cour du maître calligraphe, pas facile). Dans la dernière salle, toutes les écritures sont accessibles à partir d’une carte interactive. Et pour les nouveaux Champollion, il y en a plusieurs qui attendent d’être déchiffrées. J’ai aussi beaucoup aimé les livrets jeux pour enfants (ben, oui, je n’ai même pas tout réussi dans celui des 10-12 ans), et la boutique avec de jolis objets de calligraphie chinoise. Si vous passez dans le sud-ouest, pas trop loin, n’hésitez pas à faire le détour – et à visiter cette belle ville de Figeac.
Archives de catégorie : Visites, musées et expositions
Les orchidées du Sénat…
J’avais gardé en réserve ces photographies de l’exposition d’orchidées du sénat lors de ma dernière visite à Paris en février, elle avait lieu dans l’orangerie, quand j’y suis allée, il neigeait un peu et la queue encore modérée. Je devais aller voir des orchidées sauvages avec des professionnels dimanche, mais la sortie est reportée d’un mois, ces belles dames étant en retard sur le calendrier habituel. Ce week-end, vaporchidhoya / mes passions les orchidées et les hoyas est allée voir les floralies gantoises. Milkinise / Anne-Lise de son côté est allée au parc floral d’Orléans voir l’exposition d’orchidées Orchiflore …
Je vous montre donc aujourd’hui ces orchidées, dans des vues générales, et à la fin, une vue des arbustes, notamment des agrumes et les palmiers, mis à l’abri chaque année dans ce beau lieu en bordure du parc du Luxembourg à Paris. Je ne vous mets pas de photographies de détail, elles étaient autorisées seulement pour un usage privé… Bonne visite !


Toulouse, musée Saint-Raymond (2) : le musée
J’ai attaqué ce musée par le petit bout des gargouilles, le voici plus en détail. Le musée Saint-Raymond à Toulouse abrite les collections antiques de la ville de Toulouse. Dans son sous-sol, les vestiges romains et notamment la nécropole de Saint-Saturnin, qui a précédé Saint-Sernin. Vous y verrez de superbes sarcophages paléochrétiens, j’ai un faible pour celui qui présente sur ses petits côtés Adam et Ève à gauche et David et les lions à droite, et différentes scènes bibliques, comme les noces de Cana, la multiplication des pains, la résurrection de Lazarre et un très émouvant sacrifice d’Abraham sur sa face principale… Dans les étages, vous découvrirez notamment de jolis portraits en marbre et des objets de la vie quotidienne à l’époque romaine.
Tel qu’il se présente aujourd’hui, le musée Saint-Raymond est sans doute en grande partie une invention de Viollet-le-Duc, dans les années 1868-1871. Il a voulu restaurer le collège (lieu d’hébergement des étudiants n’habitant pas Toulouse) construits en 1523 sous la direction de l’architecte Louis Privat à l’emplacement d’un hôpital (nous dirions plutôt hospice de nos jours) pour les pauvres fondé en 1075 par Raimon Gairart, chanoine de Saint-Sernin, et le comte Guilhem (Guillaume) IV de Toulouse, transformé en collège probablement au 14e siècle. Le bâtiment a échappé aux destructions des bâtiments de la place pour dégager la basilique Saint-Sernin en 1852-1853. La ville de Toulouse y installa son musée des antiques en 1891. Il a été classé Monument historique en 1975.
Le jardin, devant le musée, est un petit écrin de verdure, même en cette journée pluvieuse de début mars…
…une autre vue du petit bâtiment dans la cour.
Tous les articles sur le musée Saint-Raymond : les gargouilles de la façade antérieure, le musée ; les gargouilles de la façade postérieure ; les culots sculptés de la façade antérieure et ceux de la façade postérieure ; des vues anciennes.
Voir aussi l’exposition Niel brut de fouilles.
L’amphithéâtre de Périgueux
La ville de Périgueux ne met pas mieux en valeur son amphithéâtre romain que la ville de Poitiers. Il va falloir que j’aille à Saintes vous faire des photographies d’un amphithéâtre mieux entretenu et mis en valeur… À Périgueux donc, l’amphithéâtre se trouve à quelques minutes à pied de la villa aménagée en le musée de Vésunna (qui en présente une maquette) et de la tour de Vésonne. Il était situé en périphérie de la ville romaine, comme la plupart des amphithéâtre, qui nécessitent de vastes espaces périphérique pour l’école des gladiateurs, la logistique (le pacage des animaux, etc.).
Un square a pris place à l’intérieur de ce qui était l’arène et les gradins. Il a probablement été construit au cours du 1er siècle de notre ère. Sa maçonnerie imposante a fait qu’au début du Moyen-Âge, il a été remblayé et aménagé en motte castrale… Il reste donc plusieurs mètres de remblais sous le jardin (la ville a installé ici un jardin-école en 1875, confié à la Société d’horticulture) pour atteinte l’arène.
Seules dépassent quelques structures massives qui sont la partie supérieure qui supportait les gradins…
… et quelques vomitoires.
Les fouilles de 1821, puis 1877, reprises entre 1963 et 1982, ont montré qu’il pouvait accueillir 18.000 spectateurs dans un édifice de 80 travées, réparties du 141m de long pour 118 de large. Sa hauteur est estimée à 25 mètres.
Il mériterait sans doute d’être mis en valeur, c’est plus facile qu’à Poitiers, puisque, ici, il ne reste pas d’habitations à l’intérieur, mais un jardin public propriété de la commune.
Pour aller plus loin : je vous conseille la lecture du guide archéologique de la France, Périgueux antique, par C. Girardy-Caillat (il date de 1998 mais doit encore se trouver, aux éditions du centre des monuments nationaux, ISBN 978-2-85822-225-4).
Retour sur la fontaine Belle-Paule à Toulouse
Vous avez été nombreux à réagir à mon article sur la fontaine Belle-Paule à Toulouse. Amaryllis, Dianou / Claudiane et Virjaja ont notamment parlé des petits animaux, grenouilles et autres au pied du socle… En cherchant de la documentation sur une autre fontaine avec Clémence Isaure, aujourd’hui disparue (Les Gloires de Toulouse), et son sculpteur, Paul Ducuing, dont je vous parlerai dans quelques mois (patience !), je suis tombée sur cet article du journal des débats politiques et littéraires n° 176 du 25 juin 1912 (que vous pouvez lire en entier sur le site de la Bibliothèque nationale de France. Je vous livre donc ce texte, paru peu après l’inauguration de la fontaine dont le chroniqueur n’aime pas la modernité, et notamment pas ces petits animaux… J’ai mis en avant quelques passages en caractères gras.
» […] M. Laporte Blairzy, autre enfant du pays, a été désigné pour » ériger sur une place publique de Toulouse une fontaine monumentale à la mémoire de Clémence Isaure » et on ne saurait lui reprocher d’avoir démesurément grandi un bibelot pour en faire un monument. Je lui reprocherais peut-être bien aussi, ayant coiffé Clémence Isaure du hennin d’Isabeau de Bavière, l’avoir juchée sur un socle modern style qui, n’étant pas très beau en soi, produit, par la juxtaposition brusque et le contraste, un effet de surprise assez déplaisant. Aux pieds de Clémence Isaure, au lieu des gloires de Toulouse, c’est ici un chœur de grenouilles qui apparaît. Et les exégètes de l’avenir découvriront peut-être dans la présence de ces batraciens un symbolisme très profond » (extrait du journal des débats politiques et littéraires n° 176 du 25 juin 1912). Les goûts et les couleurs, la position face à l’art contemporain… mieux accepté presque cent ans après. Toutes les photos sont dans cet article.
Périgueux, la tour de Vésonne
Lors de mon dernier voyage à Périgueux, j’ai pris quelques photographies, que je partage avec vous aujourd’hui… Après le musée de Vésunna, je vous emmène juste à côté, pour vous montrer la tour de Vésone.
En fait, il ne s’agit pas d’une tour, mais de la cella (la partie sacrée) d’un temple romain construit dans la deuxième moitié du 2e siècle de notre ère. Ce temple était dédié à Vésonne, patronne de la ville. Situé à l’époque dans les murs de la cité, il s’est retrouvé hors-les-murs lorsque l’enceinte a été resserrée au 3e siècle (pour faire face aux invasions dites barbares). Construite en petit appareil très soigné en parement extérieur, mais en blocage de pierres liées avec le célèbre et très solide béton romain dans l’épaisseur des murs, la tour a survécu aux outrages du temps… Elle est quand même conservé sur 23 mètres de haut, environ 20 mètres de diamètre.
À la base, les murs font plus de deux mètres d’épaisseur. Elle était recouverte e plaques de marbre, dont certaines ont été retrouvées lors des fouilles, comme le plan des autres pièces du temple et son péristyle (enceinte avec des colonnes).
Encore une petite vue, il faisait très beau en ce début septembre 2009.
Pour aller plus loin : je vous conseille la lecture du guide archéologique de la France, Périgueux antique, par C. Girardy-Caillat (il date de 1998 mais doit encore se trouver, aux éditions du centre des monuments nationaux, ISBN 978-2-85822-225-4).
Toulouse, musée Saint-Raymond (1) : des gargouilles (et des gaulois)
Avant même de connaître l’existence de la communauté des gargouilles, cariatides etc. créée par d’Amaryllis, je vous en avais pris en photo sur les deux façades du musée Saint-Raymond à Toulouse, juste à côté de l’entrée de la magnifique église romane de Saint-Sernin. Je vous parlerai une autre fois du musée et de son histoire.
Mais je voudrais quand même vous signaler l’exposition sur les bronzes guerriers de Tintignac-Naves, découverts il y a quelques années en Corrèze et restaurés à Toulouse, qui est prolongée jusqu’au 28 mars 2010. Cette exposition présente des panneaux explicatifs, et seulement deux objets originaux, mais quels objets, d’une extrême rareté à l’époque gauloise, à savoir un casque en forme de cygne et un carnyx, une trompette droite, de la taille d’un homme, qui se jouait dressée au-dessus de la tête du guerrier. Sur l’exemplaire présenté (d’autres fragments ont été trouvés en 2004 dans le dépôt de 500 objets métalliques de Tintignac), le pavillon a la forme d’une tête de sanglier. Si vous ne pouvez pas y aller, je vous conseille de consulter le dossier de presse et les images pour la presse…
Revenons à nos gargouilles… J’ai un gros doute sur leur datation. En effet, si le bâtiment date du 16e siècle, il a connu une restauration radicale par Viollet-le-Duc en 1868-1871, il ne serait donc pas très surprenant qu’il ait inventé certaines d’entre elles à partir de fragments… n tout cas, elles ne sont pas à leur place fonctionnelle et ne peuvent ici en aucun cas évacuer l’eau du toit, elles sont juste là pour faire b
Je vous présente aujourd’hui les quatre gargouilles (il faudrait dire gargouilles saillantes, pour donner le juste nom du vocabulaire de l’architecture) de la façade principale. Il y en a autant sur la façade postérieure. Sur les photographies, vous apercevez un petit fil sur leur dos et leur tête, il s’agit d’un dispositif contre les pigeons, que l’on trouve sur de plus en plus de bâtiments monuments historiques (les déjections acides sont très nocives), un courant électrique dissuade les pigeons de se poser.
Je vous les ai placées telles qu’elles se présentent de gauche à droite sur la façade.
Tous les articles sur le musée Saint-Raymond : les gargouilles de la façade antérieure, le musée ; les gargouilles de la façade postérieure ; les culots sculptés de la façade antérieure et ceux de la façade postérieure ; des vues anciennes.
Exposition Niel brut de fouilles.
Elaine Sturtevant : The Razzle Dazzle of Thinking (au MAM)
Encore une exposition que j’ai vue lors de mon dernier séjour à Paris. Je ne l’avais pas inscrite au programme, mais l’exposition que je voulais voir au musée du quai Branly (la fabrique des images) ne commençait que deux jours plus tard, j’ai donc pris la passerelle sur la Seine et rejoint le palais de Tokyo et le musée d’Art moderne (MAM) de la Ville de Paris juste en face. D’autres expositions y ont aussi commencé depuis le 19 février, mais là, j’ai vu Elaine Sturtevant : The Razzle Dazzle of Thinking, qui se poursuit jusqu’au 25 avril 2010. Ne fuyez pas aux premiers mots de la présentation officielle de l’exposition : » Elaine Sturtevant, artiste conceptuelle américaine (vit et travail à Paris) « .
L’exposition se partage en quatre espaces. Devant le mur de la fée électricité de Raoul Dufy (à voir absolument si vous ne connaissez pas, c’est dans la partie gratuite du musée), un jeu de neuf (et pas neufs, comme écrit sur la plaquette remise à l’entrée) écrans vidéos (elastic tango. Puis en haut de l’escalier, une salle qui donne un peu le vertige, The dillinger running series, avec un projecteur placé sur une sorte de tourniquet qui projette donc des images en tournant sur les murs. Puis vous entrez dans un grand espace intitulé wild to wild, attention au chien qui courre sur le mur (finite infinite), n’oubliez pas de tourner la manivelle sur le mur de Duchamp nu descendant l’escalier (j’ai vu peu de monde le faire), vous retrouverez la plupart des objets en photo sur le petit manège dans la dernière salle, Duchamp 1200 coal bags, une salle au plafond rabaissé par des sacs de jute et où sont présentés quelques Ready made de Duchamp. Les Beuys fatchairs sont un peu dégoutantes de graisse, je trouve, mais réparties le long de petits espaces (vertical monad) où vous verrez un écran bleu avec des bandes parallèles verticales tout en écoutant une lecture de l’Éthique de Spinoza en VO (en latin donc, et avec le titre complet Ethica Ordine Geometrico Demonstrata ou Ethica More Geometrico Demonstrata).
Puis vous retraversez la salle au vidéoprojecteur tournant pour entrer dans la House of horror. J’ai ADORÉ!!! Sans doute un rien de nostalgie… Il s’agit en fait d’un train fantôme, oui, un vrai, avec des wagonnets sur des rails, entrée à travers un rideau noir et tout et tout. Et à l’intérieur ? Vous ne croyez quand même pas que je vais vous révéler le contenu de la boîte noire… Quelques indices sur la vidéo en ligne… Si vous passez par Paris, cette exposition est presque donnée, 5 euros, tour de manège compris dans le prix ! (Et, euh, gratuit pour moi et quelques autres avec la carte Icomos, réservée aux professionnels du patrimoine).
Dans les salles permanentes, vous pouvez aussi retrouver des œuvres de Boltanski (!!!), mais aussi une collection d’œuvres Dada que je vais volontiers voir et revoir (pas cette fois-ci).
De retour… un peu de printemps…
Me voici de retour et je m’aperçois que j’avais oublié de programmer un article pour ce matin… Je vous prépare donc en vitesse quelques photographies printanières de ce début de semaine à Toulouse… où j’ai été choyée par mes amis et où j’ai rencontré Cathdragon, qui m’a plus que gâtée, je vous montrerai cela très vite, le temps de faire un peu le tri dans les photographies, d’aller demain à Confolens à un colloque, et s’il ne fait pas trop mauvais, dimanche au jardin voir s’il y a des dégâts…
Voici d’abord un mimosa du jardin des plantes…
… un autre du musée Georges-Labit…
… et quelques jonquilles, à nouveau au jardin des plantes…
Vous avez jusqu’au 28 juin 2010 pour voir l’exposition C’est la vie, vanités de Caravage à Damien Hirst, au