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Bienvenue chez des ch’tis… un conte de noël

Après Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon, voici un huis-clos chez d’autres ch’tis, sans l’accent, dans une maison bourgeoise de Roubaix : Un conte de Noël d’, l’un des trois films français du dernier festival de Cannes [depuis, du même réalisateur, j’ai aussi vu Jimmy P. et Trois souvenirs de ma jeunesse]. Un film long (2h30), mais je n’ai pas vu le temps passer, avec un joli choix d’acteurs excellents, , Jean-Paul Roussillon, , Anne Consigny, Melvil Poupaud, Emmanuelle Devos et . Pour l’histoire, vous en avez certainement entendu parler. Il y a fort longtemps, le petit Joseph est mort à l’âge de 6 ans d’une maladie génétique rare, une sorte de leucémie. Aujourd’hui, à la veille de noël, sa mère est atteinte de la même maladie et attend un donneur compatible, l’occasion de réunir toute la famille séparée depuis des années suite à de sombres histoires de famille. J’ai beaucoup aimé, mais vous laisse découvrir par vous-mêmes. Ici, il passe en salle d’art et essai, et samedi soir, il y avait beaucoup de monde en dépit du match de foot, je suppose que les fans de foot sont plus rarement fans de cinéma d’art et essai.

Je voudrais cependant vous livrer mes réflexions sur quelques points.

Comme vous le savez peut-être, je suis secrétaire de l’association Valentin APAC, Association des Porteurs d’Anomalies Chromosomiques, membre de la fédération des maladies orphelines, qui organise dans quelques jours sa journée de collecte de dons dite des nez rouges. Alors, si vous en voyez près de chez vous, participez ! Il y a quelques semaines, avec certains membres, j’ai participé à une session de l’école de l’ADN de Poitiers, qui nous a expliqué les différents processus des remaniements chromosomiques. Alors, j’ai été littéralement séduite par une scène du film : de superbes mitoses qui se réalisent sous nos yeux. Si vous voulez voir sur des schémas à quoi ça ressemble, voici les ressources proposées lors de l’école de l’ADN, une mitose sur le site de Jussieu et une autre le mitose en animation flash.

Au-delà, ce site pose un problème d’éthique important. Alors que Joseph était malade, le couple a mis en route un autre bébé, en espérant que celui-ci serait du bon groupe HLA compatible avec l’enfant malade. Dès l’amniocentèse, il s’est révélé que ce n’était pas le cas… et ce sera très lourd pour l’enfant pas encore né, appelé parfois à tort (pas dans le film) comme un bébé médicament, et surtout cause de son rejet, de son absence d’investissement affectif par la mère (Junon / Catherine Deneuve éblouissante). Cet Henri (magistralement interprété par Mathieu Amalric) que l’on découvre dans le film comme un raté, un alcoolique, rejeté et mal-aimé dès son enfance.

Il y aurait plein d’autres petites touches à commenter, la médaille Fields (équivalent du prix Nobel pour les mathématiques, toujours attribuée à un jeune mathématicien, de moins de 35 ans) du mari d’Élisabeth, la schizophrénie de leur fils Yvan, etc.

Il a reçu le prix des auditeurs 2009 du Masque et la plume sur France-Inter, Jean-Paul Roussillon a reçu le César 2009 du meilleur acteur dans un second rôle.

Post-scriptum : merci à tous mes visiteurs, la barre des 10 000 visiteurs uniques (depuis le 3 janvier) pour 23 500 pages vues et presque 200 articles, a été franchie ce matin. Le cinq centième commentaire devrait tomber ce mois-ci, j’enverrai un petit cadeau à celle (et oui, peu de probabilité que ce soit celui, les gars semblent fuir mon blog, mais je ne serai pas sexiste) qui postera ce commentaire. Et je pars ce midi pour Tournus, à un colloque organisé par l’université de Dijon sur les petites villes, retour vers minuit vendredi, et je repars samedi à l’aube pour Niort, à une réunion de l’association des archéologues de Poitou-Charentes. Je vous ai préparé de petits articles pour patienter…

Pour les 15 films du festival Télérama, ils se partagent en quatre catégories :

Ceux que j’ai vus et dont je vous ai parlé (pas beaucoup cette année)

Ceux que j’ai ratés et que je vais essayer de voir cette semaine au théâtre

Ceux que j’ai ratés et que je vais essayer de voir cette semaine au Dietrich

Ceux que je n’irai pas voir, sauf si vous avez des arguments pour me convaincre d’y aller…

  • À bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson
  • L’heure d’été d’Olivier Assayas
  • Home d’Ursula Meier, finalement vu au Dietrich
  • Into the Wild de Sean Pen
  • Juno de Jason Reitman
  • There will be blood de Paul Thomas Anderson

Lecture : Fred Hamster et Madame Lilas, de Philippe Delepierre

Couverture de Fred Hamster et Madame Lilas de Delepierre Dans le cadre de l’échange livre et marque-page organisé par Delphine, j’ai reçu un superbe marque-page orné de rhinocéros. Laurence avait choisi pour l’accompagner le livre Fred Hamster et Madame Lilas, de Philippe Delepierre (Pocket n° 12511, septembre 2005, ISBN 2-266-15176-2).

Le début de l’histoire : pendant la guerre d’Algérie, à Bourdain, dans le nord, le fils de l’épicier, Fred, âgé d’une dizaine d’années, narre en alternance avec Leïla sa vie dans ce trou perdu. Leïla s’est enfuie d’Algérie pour éviter un mariage forcé et a épousé un marinier. Depuis quelques années, son couple va à vau-l’eau et elle a été débarquée de la péniche par son mari. Au jour le jour, le lecteur suit la vie sociale de cette petite bourgade et son racisme ordinaire.

Mon avis : j’ai adoré ce livre ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre d’un seul coup, tenue par l’histoire, jusque tard dans la nuit… Merci à Laurence de m’avoir fait découvrir ce livre et cet auteur, qui a aussi écrit un épisode du Poulpe, un des rares que je n’ai pas lu et qu’il faudra que j’essaye de trouver.

Bienvenue chez les ch’tis de Dany Boon

Jeudi soir, je suis allée voir Bienvenue chez les ch’tis de Dany Boon (qui joue aussi Antoine, le facteur et carillonneur), avec un super Kad Merad dans le rôle de Philippe Abrams, directeur de poste muté pour cause disciplinaire de Salon-de-Provence à Bergues dans le Nord. Vous avez dû soit le voir, soit en entendre parler… Ça m’a bien plu, je pense quand même que pour les non-ch’tis, tout n’est pas compréhensible.
Je voudrais en revanche à nouveau protester contre le propriétaire de la salle CGR du centre-ville de Poitiers. Pour la séance de 19h, au lieu d’ouvrir la caisse vers l’extérieur du hall, ils avaient ouvert celle près du guichet de friandises, à vous ensuite de remonter la deuxième queue de ceux qui ont des billets en vous faufilant entre les ceux qui attendent leurs billets. Ensuite, patience, d’abord dans la queue, puis dans les escaliers, entrée, 10 minutes après l’heure prévue du film, dans une salle très sale (pop-corn sur les sièges et par terre) et qui sentait très mauvais (sueur après une journée bondée, sans aération !). À 20 h05 enfin, le noir, et enfin une bonne surprise, pas de publicité… À la fin, à nouveau comme lundi dernier un profond mépris pour les œuvres, en rallumant la salle pendant le générique, alors même qu’ici, le générique est accompagné d’une sorte de making-off du film. Scandaleux !

Line Renaud est limite crédible quand elle essaye de parler ch’ti…

Revue « enfantines » sur Mouchin (1935)

Couverture de la revue Enfantines, halte à la Douane à MouchinIl y a quelques jours, la communauté  » Au fil des mots  » m’accueillait gentiment, et je ne vous ai pas remercié, ni même mis un seul message.

Je voudrais rebondir sur les dix mots offerts à tous dans le cadre de la semaine de la langue française, mais avant de vous faire part de mes réflexions dans les prochains jours, je voulais partager avec vous la découverte d’une vieille revue, publiée dans le mouvement Freinet.

Par hasard, parce que je cherche occasionnellement des documents sur le village de mon enfance, j’ai acheté par une librairie spécialisée en livres anciens le n° 67 de cette revue, écrite par les enfants (enfin, les seuls garçons) de l’école primaire de Mouchin (Nord) en 1935. Je vous en recommande la lecture et les petites illustrations, apparemment des bois gravés à partir des dessins des enfants. Il en existe une version en ligne. Allez voir, c’est contre la douane, les droits de douane pour les passages à pied, en voiture et même en vélo, sur le trafic de tabac. Toutes les ruses contre les douaniers sont rapportées, jusqu’à l’usage de petits chiens pour passer le tabac. Il n’y avait pas seulement les douaniers au Bas-Préau (les gens du coin comprendront, pour les autres, c’est un chemin qui était jusqu’à l’ouverture des frontières européennes réservé aux riverains, en principe sans marchandise), mais aussi une tranchée pour empêcher le passage ! Pendant la Seconde Guerre mondiale, une tranchée anti-char s’y trouvait.

Tant que vous êtes sur le site de Freinet, allez aussi voir les autres numéros de cette revue, ils sont souvent savoureux.

revue Enfantines, n° 67, halte à la Douane à Mouchin, illustration page 15, la barrière de la douane et les douaniersPS: j’ai publié ici finalement toutes les pages retranscrites, avec les illustrations d’origine et des photographies de mon père: voir les douaniers, la circulation, la fraude en auto, la fraude avec les chiens, les gendarmes, une belle ruse, le passage à niveau et un pauvre chien et les dernières pages consacrées à d’autres ruses.

Lectures, Michel Quint

Couverture du coffret de Michel Quint Parmi les bonnes résolutions 2008, terminer ce que j’ai en cours, côté ouvrages, mais aussi pour la cinquantaine de livres non lus. Au cours des vacances de noël, j’ai parcouru le dossier du Point sur Lille, où plusieurs personnalités donnaient leurs adresses préférées. Parmi elles figuraient Michel Quint. Je viens donc de lire ces deux petits récits achetés il y a déjà longtemps et restés dans une pile. Ce sont deux petits livres d’une soixantaine de pages chacun, Effroyables jardins (édité en 2000, ISBN 2-84412-164-0) et Aimer à peine (2002, ISBN 2-84412-115-2), publiés aux éditions Joëlle Losfeld dans la collection Arcanes. Le premier est un récit autour du procès de Papon et du passé de jeunes adultes résistants du père et de l’oncle du narrateur. Dans le second, le même narrateur rapporte son séjour en tant que stagiaire en Allemagne, en 1972, au cours de laquelle il se confronte à la culpabilité et aux séquelles de la Seconde Guerre mondiale, avec la mort violente de sa copine allemande (pour les circonstances, lisez ce livre, ça vous prendra moins d’une heure). Pour le premier livre, ceux qui ne sont pas ch’tis risquent de se heurter à certains mots, par exemple page 40, on peut lire :  » l’ostrogoth sort son briquet, son casse-croute « . Je ne suis pas sûre que l’apposition avec la virgule permette au lecteur non initié de comprendre que le briquet, c’est le nom donné au casse-croute par les mineurs (de charbon)…

Du même auteur, Michel Quint, je vous ai parlé de Effroyables jardins et Aimer à peine (ci-dessus) ; Avec des mains cruelles ; La folie Verdier ; Close-up ; L’espoir d’aimer en chemin ; Et mon mal est délicieux ; Fox-trot
Logo du challenge ABC critique de BabelioJ’ai sélectionné ce livre pour le défi ABC critique organisé par Babelio.