Archives par étiquette : lecture

L’étranger de Camus

Couverture de l'étranger de Camus en folio de 1986 Pour le défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie et en cette année Camus, je ne pouvais pas ne pas en (re)lire un… J’ai choisi le premier roman qu’il a publié.

Le livre : L’étranger, de Albert Camus, paru en 1942. Dans ma bibliothèque, je l’avais en collection Foilio, n° 2, 1986, 186 pages. Je ne vous mets pas l’ISBN, vous trouverez plus facilement des éditions plus récentes.

L’histoire : dans les années 1930, à Alger. Meursault reçoit un télégramme lui annonçant le décès de sa mère à l’asile de vieillards où a dû la placer (il ne pouvait plus travailler et s’en occuper), à 80 km d’Alger. Il assiste à la veillée funèbre par les amis de sa mère sans vouloir la voir une dernière fois (le cercueil est fermé mais non scellé), puis suit dans un état second, apparemment indifférent, les obsèques qui ont été organisées par le directeur. De retour à Alger, il rencontre une ancienne amie, Marie, qui devient son amante. Il croise le vieux Salamano, qui bat son chien. Il témoigne aussi en faveur de son voisin, Raymond Sintès, qui vient de battre sa maîtresse arabe (mauresque dit le texte). Ils se retrouvent tous quelques jours plus tard sur une plage, où ils sont invités dans la cabane d’un ami de Raymond. Au cours d’une promenade, ils croisent deux hommes, dont le frère de la femme battue par Raymond. Ce dernier est blessé au couteau, Meursault récupère son révolver. Quelques heures plus tard, dans la chaleur de l’été, il retourne dans ce coin de la plage, tombe à nouveau sur ce frère, et l’abat froidement quand il ressort son couteau. Sa vie bascule, la deuxième partie est consacrée à la vie en prison, l’attente du procès puis de l’exécution de la sentence. Son apparente indifférence à l’enterrement de sa mère et dans les jours qui suivent (aller à la plage, coucher avec Marie) jouera un rôle important dans le verdict.

Mon avis : la narration à la première personne dans la peau de Meursault est particulièrement efficace. Un ton neutre, et une interrogation sur l’enchaînement des événements, la justice et la peine de mort derrière un récit qui se lit d’une traite. Le rapprochement du chien battu par Salamano et de la maîtresse arabe battue par Raymond est saisissant… Le passage avec la confrontation avec l’aumônier de la prison est aussi très fort.

L’avis des savants : L’étranger prend place dans la trilogie que Albert Camus a nommé le cycle de l’absurde, avec les deux pièces de théâtre Caligula et Le Malentendu. Il faut ajouter à ce cycle Le mythe de Sisyphe, un essai philosophique. Sisyphe, vous le trouvez chez Homère, il est condamné dans les enfers à pousser éternellement un gros rocher au sommet d’une montagne d’où il retombe sans cesse pour son rôle dans une sombre et énième histoire d’amour de Zeus.

Logo du défi J'aime les classiques Je l’ai lu dans le cadre du défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie. Je ne sais pas encore ce que je lirai le mois prochain…

Logo du challenge ABC critique de BabelioJ’ai sélectionné ce livre pour le défi ABC critique organisé par Babelio.

L’aiguille dans la botte de foin, d’Ernesto Mallo

COuverture de l'aiguille dans la botte de foin, de Mallo J’avais lu une critique qui m’avait parue prometteuse dans Le monde des livres et noté le livre dans le petit carnet offert par Emmanuelle, je l’ai acheté à la librairie pour le lire lors d’un de mes derniers voyages en train.

Le livre : L’aiguille dans la botte de foin, d’Ernesto Mallo, traduit de l’espagnol (Argentine) par Olivier Hamilton, collection Rivages Noir, n° 745, Payot-Rivages, 256 pages, 2009, ISBN 978-2-74362-000-4.

L’histoire : à Buenos Aires, à la fin des années 1970, dans l’Argentine aux mains de la dictature et des militaires. Lascani, dit Perro (le chien) est un officier de police intègre, qui ne cède pas à la corruption. Il est très affecté par la mort de sa femme, qui envahit littéralement sa vie quotidienne. Un jour, enfin, plutôt, un matin tôt, un camionneur a signalé la présence de deux cadavres, un jeune homme et une jeune fille, visiblement exécutés d’une balle dans la tête. Mais en arrivant sur place, il trouve aussi un troisième cadavre, celui d’un homme bedonnant, d’un certain âge et visiblement mort d’une balle dans le ventre. S’il ne peut rien pour les deux premiers, les militaires étant tout puissant, il décide de résoudre le troisième. Ce qui revient à chercher une aiguille dans une botte de foin (le titre du livre utilise des articles définis), à croiser un médecin légiste intègre aussi, Fuseli, un policier pourri qui vient de voler pour lui un bébé tout juste né d’une mère qui fut exécutée juste après la naissance (et que sa femme a du mal à accepter), un prêteur sur gage juif, un gérant de bordel clandestin, une jeune femme poursuivie par les flics corrompus, un juge louche…

Mon avis : j’ai adoré ce livre à l’écriture très agréable. La collection Rivages noirs est vraiment une collection à part dans le monde du polar, ils ont le chic pour découvrir de petites pépites, où l’intrigue policière n’est souvent qu’un prétexte à une étude sociale ou une écriture très différente de ce que l’on croise dans ce genre.

Logo du challenge du un pour cent rentrée littéraire 2009 Bon, je ne sais pas si ce livre entre ou non dans le cadre du challenge du 1 % rentrée littéraire 2009, organisé par la Tourneuse de page… Parce que ce défi prend en compte les livres parus entre le 13 août et le 28 octobre 2009. Celui-ci est paru en août 2009, mais ne figure pas dans les listes de livres de la rentrée littéraire. Bon, aller, je le compte quand même, car si le copyright indique une impression en août, le site de l’éditeur Payot-Rivages indique une parution le 9 septembre 2009, et inédit en français, donc, je le compte dans le défi. Avec lui, j’ai dépassé les 7 livres et le premier pour cent des livres de la rentrée… Mais j’en ai encore deux autres qui sont réservés à la médiathèque, ma place dans la queue avance… et j’ai encore jusqu’à juillet 2010 pour les lire… En route pour le 2% de la rentrée littéraire ?

logo tour du monde en lecture J’ai sélectionné ce livre pour le tour du monde en lecture proposé par Livresque.

Le poisson mouillé de Volker Kutcher

Couverture du poisson mouillé de Kutcher
J’ai reçu ce polar de la part du site Chez les filles.com (merci à lui et notamment à Suzanne).

Le livre : Le poisson mouillé, de Volker Kutcher, traduit de l’allemand par Magali Rigault, collection Seuil policier, éditions du Seuil, 566 pages, 2010, ISBN 9782020962599.

L’histoire : Berlin, de fin avril à fin juin 1929. Le commissaire Gereon Rath, fils de commissaire, qui a un frère ainé mort au chemin des dames et un autre qui a déserté en fuyant aux États-Unis, a été muté à Berlin suite à une bavure qu’il a commise à Cologne. Il est affecté à la brigade des mœurs et plonge vite dans le monde de la pornographie… Parallèlement, Berlin est en effervescence, avec de violentes manifestations (interdites) de communistes pour le 1er mai, et une répression abusive de la police. En même temps, le service voisin doit s’occuper du cadavre d’un inconnu repêché dans un canal. Accompagnant les cadavres de deux femmes tuées par la police, il reconnaît cet inconnu qu’il l’a croisé quelques jours plus tôt, cognant brillamment de nuit à sa porte. Il décide de ne pas révéler cette information et d’enquêter seul, espérant ainsi intégrer la brigade criminelle. Sur fond de police politique, d’agitation de communistes et d’émergence des SA et des nazis, il mène l’enquête non sans se livrer à nouveau à des actes violents.

Mon avis : si le Berlin de la fin des années 1920 me semble bien décrit, j’ai trouvé que ce polar manquait parfois de rythme. Dès le début, la scène de l’arrestation puis de l’interrogatoire des artistes pornos arrêtés chez un photographes, en tenues ridiculisant le régime impérial, m’a paru d’une longueur exagérée. Peut-être qu’un récit plus condensé (le roman fait plus de 550 pages) aurait servi le propos… Mais je ne regrette pas de l’avoir lu.

Il s’agit, d’après la quatrième de couverture, du premier roman d’une série mettant en scène le commissaire Gereon Rath. L’un des prochains volumes sera-t-il consacré à la crise de 1929, qui se déclencha en octobre ?

Logo de Chez les filles J’ai reçu ce polar de la part du site Chez les filles.com (merci à lui et notamment à Suzanne)., qui m’a déjà envoyé d’autres livres, que j’ai parfois aimés, parfois pas du tout. Retrouvez-les sur la page des livres reçus pour critique.

logo tour du monde en lecture J’ai sélectionné ce livre pour le tour du monde en lecture proposé par Livresque.

De la critique…

logo pour la liberté d'expression Avant-propos un peu long mais indispensable : certains lecteurs ont subi des pressions à propos de critiques négatives ou mitigées sur leur blog, de la part d’éditeurs, d’auteurs et d’autres lecteurs. Je vous invite à lire ce billet chez Théoma/Audouchoc. Cela ne m’est pas arrivé pour des lectures, mais pour des critiques de cinéma (de la part d’un acteur) et d’art contemporain (de la part d’un pseudo artiste qui ne supporte pas certains artistes), j’ai laissé et les commentaires, et mes articles, en ajoutant un post-scriptum sur le premier. Vous remarquerez que dans les deux cas, ils ne laissent pas leurs coordonnées, pas de réponse possible. Tant qu’il n’y a pas d’injures ou de propos diffamatoires, je me refuse à supprimer un commentaire (d’ailleurs, les deux seuls que j’ai supprimés étaient des invitations à visiter des blogs pornos qui n’avaient rien à voir avec mon article). J’ai aussi eu des commentaires d’auteurs… contents des critiques, en cinéma, en lecture classique ou en BD… Il y aura sans doute des réactions (négatives) à mon prochain article sur Hey Girl, de Castellucci (programmé pour le 15 avril, j’ai attendu pour le rédiger que passe un peu mon ressenti à la sortie du spectacle et avoir l’occasion de le modifier avant parution, si jamais je m’amadouais sur le sujet). Si je n’aime pas un livre, un film, une exposition, je continuerai à le dire, même si ce livre m’a été envoyé gratuitement, rien ne m’engage à en faire une critique positive, si l’éditeur ou l’organisme tiers n’est pas content, qu’il n’envoie plus rien par la suite, libre à lui aussi, bien sûr. Je signale aussi toujours ce que je reçois gratuitement, pour ne pas vous induire en erreur, un don pourrait entraîner même involontairement une certaine indulgence. Les livres reçus pour critique ne sont pas égaux dans la démarche. Les services de presse des éditeurs ou des intermédiaires comme Chez les filles.com lisent nos critiques et peuvent se faire une idée de nos goûts littéraires, cibler les envois. Dans l’offre que j’avais reçue de Alapage, il s’agissait de choisir un livre jusqu’à un certain prix dans une sélection. Chez Babelio, l’opération masse critique propose de sélectionner des livres dans une liste collectée auprès des éditeurs, qui envoient ensuite l’ouvrage (je dois en recevoir un vers mi avril). Les démarches sont différentes. Je signale aussi quand j’emprunte un livre à la médiathèque, pas pour lui faire de la publicité (le lien renvoie à ma présentation de la médiathèque et pas directement sur le site de celle-ci), parce que je pense que ce n’est pas la même chose de lire un livre que l’on a acheté, un livre que l’on nous a donné (pour critique ou offert en cadeau), un livre que l’on m’a prêté ou un livre emprunté à la bibliothèque. Je vous ai déjà parlé de la manière dont je choisis mes lectures. Par ailleurs, vous l’avez probablement remarqué, j’organise mes articles de lecture en trois parties distinctes, la première donne les informations sur le livre (titre, auteur, traducteur, éditeur avec quand c’est pertinent et que je n’oublie pas un lien vers son site), un résumé personnel du début du livre (jamais la 4e de couverture), mon avis, bien identifié, et parfois, des liens utiles ou qui me semblent tels, signalés par un « Pour aller plus loin ». Il faudrait que je reprenne ainsi les tout premiers articles de lecture, il y a un peu plus de deux ans… J’essaye aussi de le faire pour le cinéma ou les spectacles.

Je devrais peut-être aussi rappeler systématiquement lorsque je ne paye pas une entrée de musée ou d’exposition? Mais c’est le cas en général, avec ma carte de l’Icomos, réservée aux professionnels du patrimoine (et pas gratuite, elle, juste pour information!). Les lecteurs réguliers le savent, mais pas les lecteurs occasionnels qui arrivent par un moteur de recherche.

Si une ville n’entretient pas un monument qui lui appartient, je le signale aussi.

Vous trouverez donc régulièrement ce logo, pour la liberté d’expression, je m’engage à mon tour.

 

Le dernier rêve de la colombe Diamant, d’Adrian Hyland

Logo du challenge du un pour cent rentrée littéraire 2009 Couverture du dernier rêve de la colombe diamant de Hyland Avec ce livre, j’atteins le 1% des livres lus dans le cadre du challenge du 1 % rentrée littéraire 2009, organisé par la Tourneuse de page, et qui prévoit de lire et chroniquer d’ici juillet 2010 au moins 7 livres. Je vais poursuivre mes lectures jusqu’en juillet. Je l’ai acheté après avoir lu une critique dans le Monde des livres et noté la référence dans le petit carnet offert par Emmanuelle.

Le livre : Le dernier rêve de la colombe Diamant, d’Adrian Hyland, traduit de l’anglais (Australie) par D. Fauquemberg, collection Domaine Policier, n° 4266, 10/18, 410 pages, octobre 2009 (inédit), ISBN 9782264047755.

L’histoire : dans un trou perdu au fin fond de l’Australie, aujourd’hui. La petite communauté aborigène de Moonlight Downs y vit dans un campement près de Bluebush. Emily Tempest, fille d’une aborigène et d’un prospecteur géologique / chercheur d’or revient voir cette communauté où elle a passé son enfance et dont elle est partie à l’adolescence pour d’obscures raisons. Mai le lendemain de son arrivée, le chef de la communauté est retrouvé assassiné. Est-ce par le sorcier, avec qui il a eu une violente dispute la veille au soir ? Quel est le rôle de l’amie d’enfance d’Emily, dont le rêve est une colombe Diamant ? Et les relations avec les éleveurs voisins, qui s’opposent au fait de devoir rendre des terres aux aborigènes ? Avant même que la police n’arrive, la communauté s’est dispersée, Emily se réfugie à Bluebush, où elle trouve un petit boulot de serveuse, retrouve des amis d’enfance et bientôt son père, de passage dans le secteur…

Mon avis : un premier polar qui m’a passionnée, surtout pour la description de l’Australie profonde d’aujourd’hui, la confrontation entre des hommes travailleurs esseulés et alcooliques dans la petite ville, des aborigènes qui tentent de maintenir leurs traditions (ou d’y revenir), et des grands éleveurs qui ne pensent qu’à leurs troupeaux…

Sur le même sujet : il y a quelques années, toujours chez 10/18, j’ai dévoré la série des Napoléon Bonaparte, policier aborigène, de Arthur Upfield, même s’ils se passent plutôt dans les années 1950/1960. Pour mieux comprendre le rôle du rêve et la vie des aborigènes, je vous conseille le chant des pistes, de Bruce Chatwin (première édition en 1987).

logo tour du monde en lecture J’ai sélectionné ce livre pour le tour du monde en lecture proposé par Livresque.

Out de Natsuo Kirino

Couverture ed Out, de Natsuo Kirino pioche-en-bib.jpgAlors que vient de sortir de Natsuo Kirino, Le vrai monde (avec une bonne critique, apparemment), j’ai trouvé à la médiathèque un de ses précédents livres, out, grand prix japonais du roman policier [PS: depuis, j’ai lu Intrusion et Le vrai monde].

Le livre : Out, de Natsuo Kirino, traduit du japonais par Ryôji Nakamura et René de Ceccatty, éditions du Seuil, 587 pages, 2006, ISBN 978-2020789531 (paru depuis en format poche dans la collection Points).

L’histoire : dans la banlieue pas très reluisante de Tokyo, aujourd’hui. Masako, Yoshie dite la patronne, Kuniko et Yayoi ont comme point commun de travailler de nuit à fabriquer des paniers-repas et d’avoir des maris lamentables qui au mieux les ignore, au pire les bats. Le mari de Yayoi a même été jusqu’à dépenser leurs économies dans une salle de jeux clandestins et en tournant autour d’une prostituée. La veille, il a donné à sa femme un violent coup au ventre. Elle en a marre, malgré ses enfants en bas âge, un soir, elle l’étrangle. Elle appelle Masako à l’aide, que faire du corps ? Avec Yoshie (qui elle est veuve mais doit s’occuper de sa belle-mère grabataire), elle décide de dépecer le corps dans la salle de bain de Masako et de le disperser dans des sacs poubelles. Kuniko vient frapper à l’improviste, pour demander un prêt d’argent, elle est embringuée dans l’affaire, même si les amies lui font moyennement confiance. La police retrouve vite quelques morceaux, mais soupçonne Mitsuyoshi Satake, le patron de la salle de jeux clandestins. Arrêté puis relâché, celui-ci refuse la situation et veut trouver le coupable… Comme un prêteur sur gages usurier du quartier. Les quatre femmes s’en sortiront-elles ?

Mon avis : j’ai lu ce livre par un samedi pluvieux, avec un gros rhume… Je ne l’ai pas quitté avant de l’avoir fini. J’y ai découvert un Japon insoupçonné (comme il y a quelques années, la Suède de Kurt Wallander, l’inspecteur puis commissaire créé par Henning Mankell), loin des clichés que l’on en a, avec des femmes qui survivent à peine, exploitée dans un petit boulot, avec des prêteurs sur gage encore pire que nos sociétés de crédit revolving, une mafia qui ne se cache pas. Encore un gros pavé, mais cette fois, captivant. Pas de doute, je lirai les autres polars de cette auteure, Disparitions, Monstrueux et Le vrai monde.

logo tour du monde en lecture J’ai sélectionné ce livre pour le tour du monde en lecture proposé par Livresque.

Les cinq cents millions de la Bégum de Jules Verne

verne_begum.jpg Après la Princesse de Clèves, de Madame de Lafayette le mois dernier, pour le défi J’aime les classiques proposé par les Carabistouilles de Marie, j’ai relu Les cinq cents millions de la Bégum de Jules Verne. En fait, je ne m’en souvenais pas vraiment, j’ai lu tout Jules Verne dans la voiture entre la maison et le collège en classe de cinquième… J’aurais bien aimer lire aussi la nouvelle de Paschal Grousset dont Jules Verne s’est inspiré…

Le livre : Les cinq cents millions de la Bégum, de Jules Verne, première édition en 1879 dans la Bibliothèque d’éducation et de récréation de Jules Hetzel, il en existe de très nombreuses éditions sur le marché… J’ai pris le volume paru dans la collection lecture clé en français facile chez Nathan… Je ne suis pas très d’accord, pour comprendre ce récit, il faut un minimum de notions d’histoire…

L’histoire : dans les années 1870, à Londres. Le Dr François Sarrasin, un médecin français (ch’ti de Douai) présente une communication sur l’hygiène… Un avoué l’identifie comme un héritier des 525 millions de francs de la riche Bégum Gokool, en Inde. Quelques jours plus tard, un autre héritier se fait connaître, le professeur Schultze, un Allemand. Ils se partagent la fortune et s’en vont tous deux dans la très libérale Amérique naissante au capitalisme. Le premier construit une ville utopique, Franceville, avec les principes d’urbanisme et d’hygiène pour le confort de chacun. De son côté, Schultze construit Stahlstadt, avec une mine de charbon, de fer et une usine de métallurgie. Marcel, l’ami alsacien du fils de Sarrasin, réussit à s’y faire embaucher. Réussira-t-il à percer le secret de Stahlstadt et ses formidables canons ?

Mon avis : ce livre doit être replacé dans le contexte qui a suivi la guerre de 1870/1871, dont je vous ai un peu parlé ici. La perte de l’Alsace-Lorraine par la France, la course à l’armement qui précéda la guerre de 1914-1918 sont le fond de ce récit écrit en 1879. Les chiffres des bienfaits de Franceville sont biaisés, les chercheurs ayant sélectionné les habitants, il est impossible de les comparer à la population générale d’Amérique (elle aussi biaisée par l’immigration) ou d’Europe… Au passage, Jules Verne invente quand même les trop fameuses et meurtrières bombes à sous munitions (BASM, plus d’informations ici) et la téléconférence… Un petit livre à lire ou à relire…

Pour aller plus loin : voir Jules Verne à Nantes.


Logo du défi J'aime les classiques Je l’ai lu dans le cadre du défi J’aime les classiques (attention, nouveau blog) proposé par les Carabistouilles de Marie. Le mois prochain, un livre d’Albert Camus

Logo du challenge ABC critique de BabelioJ’ai sélectionné ce livre pour le défi ABC critique organisé par Babelio.

Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg

Logo du challenge du un pour cent rentrée littéraire 2009 Couverture du tailleur de pierre de Camilla Läckberg Voilà trois semaines que je ne vous ai pas parlé de livres lus dans le cadre du challenge du 1 % rentrée littéraire 2009, organisé par la Tourneuse de page, et qui prévoit de lire et chroniquer d’ici juillet 2010 au moins 7 livres (voici le sixième). Mais que voulez-vous, pour les nouveautés, il y a encore et toujours une longue queue électronique à la médiathèque.

Le livre : Le tailleur de pierre de Camilla Läckberg , traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus, collection Actes Noirs, éditions Actes Sud, 475 pages, 2009, ISBN 978-2742786626.

L’histoire : à Fjällbacka, aujourd’hui. Un pêcheur de pioche-en-bib.jpghomards ramène dans sa nasse le cadavre d’une enfant. Très vite, il apparaît que ce n’est pas une noyade accidentelle mais un meurtre. Dans le village, l’enquêteur Patrik Hedström lève des tas d’histoires sordides de voisinage, de relations entre les gens, pas vraiment aidé par le policier que le commissaire lui associe. À Fjällbacka toujours et Strömstad, en 1923, l’histoire s’intercale dans le récit principal. Agnès, la jeune fille du patron de la carrière, tombe amoureuse d’un tailleur de pierre. Enceinte, elle est mariée de force et chassée par son père.

Mon avis : bof… il y a des passages vraiment trop longs, comme la description de l’hyperactivité dont souffrait la petite fille, le syndrome d’Asperger (autisme de haut niveau) de l’un des voisins, la dépression larvée de la femme de l’enquêteur, le grand-père par alliance qui souffre et ne veut pas aller à l’hôpital, un pédophile qui rode… Pourquoi cette collection (où il y a Millénium de Stieg Larsson) ne publie que des pavés de plus de 400/450 pages ? Je ne pense pas que je lirai les deux premiers épisodes de cette série, La princesse des glaces et Le prédicateur.

logo tour du monde en lecture J’ai sélectionné ce livre pour le tour du monde en lecture proposé par Livresque.

La ville insoumise de Jon Fasman

Couverture de La ville insoumise de Jon Fasman Il y a quelques jours, j’ai reçu ce livre de la part de Suzanne, de Chez les filles.com.

Le livre : La ville insoumise de Jon Fasman, traduit de l’anglais (États-Unis) par Madeleine Nasalik, éditions du Seuil, 381 pages, 2010, ISBN 978-2.02..097732.6.

L’histoire : aujourd’hui, en Ingouchie. Dans une prison, une expérience de contamination par un virus vient d’être réalisée (par qui, pourquoi, mystère), elle est détruite par un incendie. Quelques mois plus tôt, près de Chicago, Jim Vilatzer, 34 ans, est rattrapé par ses dettes de jeux (24000 dollars). Il ne veut pas impliquer ses parents, l’un d’origine juive russe, l’autre d’origine irlandaise. Ils se démènent pour leur petit restaurant de quartier. Il se rapproche d’un de ses amis, devenu avocat. Il l’aide à faire patienter les créancier et lui trouve un travail à Moscou. Il parle russe, il travaillera pour une fondation qui recueille la mémoire de victimes du goulag. Il a cependant du mal à trouver des personnes à interviewer quand soudain, un soir, lors d’une soirée, il rencontre Kaisa qui l’oriente vers son grand-père… et de fil en aiguille, en quelques jours, il rencontre plusieurs personnes. Sauf que la semaine se termine par son enlèvement par les services secrets américains… Que lui arrive-t-il, où a-t-il mis les pieds ? Je vous laisse le découvrir…

Mon avis : ce thriller est bien mené, c’est surtout un prétexte pour découvrir le Moscou d’après l’union soviétique… qui ne semble pas avoir beaucoup changé depuis que j’y avais mis les pieds pendant la Perestroika dans le cadre d’un voyage Zelidja. Plus de Mafia, mais autant de débrouilles pour survivre au quotidien… Certes, de nouveaux venus, comme les casinos ambulants bas de gamme, abritant des machines à sous dans des caravanes. Ce livre m’a bien plu, l’intrigue de l’espionnage est crédible, mais surtout, ce tableau de la société m’a séduite.

Pour aller plus loin : voir le site de Jon Fasman (en anglais). Sinon, j’ai lu dans le dernier Télérama que l’ambiance n’est pas au mieux au Seuil, qui doit rejoindre en bordure du périphérique à Paris les autres éditions du groupe La Martinière. Bon courage pour ce déménagement, et résistez pour ne pas emporter que le strict minimum…Logo de Chez les filles

Le site Chez les filles.com (merci à eux et notamment à Suzanne) m’ont déjà envoyé ces autres livres, que j’ai parfois aimés, parfois pas du tout. Retrouvez-les sur la page des livres reçus pour critique.

Printemps de poètes : Toute la terre à vif, qu’on voit de Rémy Prin

COuverture de toute la terre à vif, qu'on voit Je vous ai déjà parlé de Rémy Prin à propos de son livre et de son site sur Aulnay de Saintonge et de son recueil de poésie, Visage inépuisable.

Dédicace de Rémy Prin Je vous présente aujourd’hui Toute la terre à vif, qu’on voit, qu’il m’a offert il y a quelques mois avec une très gentille dédicace. J’avais choisi de le garder pour voue le présenter à l’occasion du Printemps de poètes. L’occasion aussi de vous signaler l’ouverture d’une nouvelle librairie à Poitiers, au 12 rue des Grandes-Écoles, la Belle Aventure, librairie spécialisée pour les enfants, vient d’y ouvrir une belle librairie pour tous, avec au fond, dans un petit salon sous une verrière, le rayon Beaux-Arts et le rayon poésie, bien fourni, mais Rémy Prin y est absent… mais ils devraient très vite avoir en stock au moins le livre sur l‘église Saint-Pierre d’Aulnay (l’un des libraires vient d’une autre librairie que je ne fréquentais plus depuis quelques années pour diverses raisons).

Le livre : Toute la terre à vif, qu’on voit, de Rémy Prin, éditions paroles et patrimoine, 143 pages, 2007, ISBN 978-2-9529905-0-9.

L’histoire : rubrique délicate pour un recueil de poésie… La première partie, L’aigu des lieux, offre une promenade très sensibles de divers lieux marqués par de très belles églises romanes d’Aulnay et des environs (Doeuil-sur-le-Mignon, Nuaillé-sur-Boutonne, Contré, Salles-les-Aulnay, etc.). La seconde partie, Elle avait dit…, alterne des textes à la typographie et à la forme différentes (italiques, poèmes courts, longs, en prose…), autour de visions de femmes.

Mon avis : j’ai été beaucoup plus sensible à la première partie, dont j’avais entendu lire certains textes lors d’un spectacle proposé par la Comédie de l’Éperon (qui participe aussi à des lectures dans le cadre du Printemps de poètes). Probablement parce que je connais la plupart de ces lieux et qu’ils me parlent…

Pour aller plus loin : vous pouvez découvrir quelques extraits dans la colonne de gauche ici pour la première partie et là pour la deuxième partie. Et pour les dentellièr(e)s et autre amateurs de coiffes anciennes, je vous invite à aller voir le dossier sur les coiffes qu’il a mis en ligne ici (le lien est bon cette fois-ci). Vous y trouverez des coiffes, mais aussi leur contexte historique, territorial (toute la région Poitou-Charentes). Ainsi que le travail des femmes qui devaient réaliser, mais aussi entretenir, laver, repasser, mettre en forme ces coiffes.