Courir après les ombres de Sigolène Vinson

Couverture de Courir après les ombres de Sigolène Vinsonpioche-en-bib.jpgCela fait un moment que j’avais envie de lire un livre de cette collaboratrice régulière de Charlie hebdo et Causette. Le 7 janvier 2015, elle devait discuter des aspects économiques de son roman avec Bernard Maris qui avait lu le manuscrit, elle lui dédie le livre avec ce sobre  » à Bernard Maris, à son étoile « .

J’ai trouvé ce livre parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Courir après les ombres, de Sigolène Vinson, éditions Plon, 2015, 200 pages, ISBN 978-2-259-22957-9.

L’histoire : à Djibouti, de nos jours. Désabusé, Paul , fils d’un économiste devenu fou, est trader de matières premières au service de la Chine, ou plutôt de la multinationale qui l’emploie et qui cherche notamment à installer un comptoir (une base navale) permanent(e) dans la Corne de l’Afrique. Pour lui, tout s’achète, si possible à bas prix, comme ce lac qu’il lorgne en fait pour ses terres rares… Entre deux embarquements, il fouille avec Harg, un nomade éthiopien l’épave du Pingouin, où il espère retrouver un manuscrit inédit qu’Arthur Rimbaud, lui-même devenu marchand d’armes, aurait pu écrire avant d’être rapatrié en France. A l’étape suivante (à Mascate), il retrouve Mariam, une jeune pêcheuse de Djibouti, avant de rencontrer Louise, une française qui rentre au pays en cargo… Quand sa compagnie tente de faire transporter illégalement des déchets radioactifs sur son bateau, pour lui, une ligne rouge est franchie…

Mon avis : de 1981 à 1988, Sigolène Vinson a vécu une bonne partie de son enfance à Djibouti, et cela se ressent dans sa manière de décrire le désert, les gens, avec parfois des accents qui font penser à Marguerite Duras. Tous les personnages vivent l’Afrique et l’Asie, sur fond de mondialisation, il y a les spoliés, les acheteurs, et en bout de chaîne, nous, qui achetons les objets sans nous préoccuper de ce qu’ils impliquent, et en renvoyant nos poubelles nucléaires. Dans ce « monde de brutes », il reste l’espoir de la poésie, ou plutôt la folle utopie de vouloir retrouver la trace d’Arthur Rimbaud. En 200 pages, il y a quelques morts violentes (sans que l’on puisse qualifier ce roman de polar, il n’est nullement question d’enquête pour retrouver les coupables), on croise des migrants qui bravent l’hostilité de la mer avec ses requins (animaux ou passeurs), des pirates, des voyous, alors que tout semble partir à vau-l’eau, il reste les rêves, retrouver les derniers poèmes de Rimbaud ou la moto de Romain Garry, des trésors qui n’ont peut-être jamais existé mais qui donnent au trader sa force de continuer à vivre. Je vous laisse découvrir ce roman assez inclassable et qui m’a bien plu, sans doute parce qu’il sort du « formatage » actuel de bons nombres de romans.

Logo rentrée littéraire 2015Ce livre entre dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé par Hérisson.

Béliers de Grímur Hákonarson

affiche de Béliers de Grímur HákonarsonJe suis allée voir Béliers, de Grímur Hákonarson, lors de sa sortie il y a un mois. Il a reçu le prix Un certain regard au festival de Cannes 2015.

L’histoire : en Islande, un concours d’éleveurs de moutons oppose notamment deux frères sexagénaires et célibataires, Gummi [Sigurður Sigurjónsson] et Kiddi [Theodór Júlíusson], fâchés depuis 40 ans, mais qui habitent à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre. Kiddi gagne le concours, mais son frère soupçonne l’apparition d’un cas de tremblante du mouton dans son élevage et le dénonce aux services vétérinaires. Les tests sont positifs, tous les moutons de la vallée doivent être abattus. Kiddi tente de résister, alors qu’en apparence, Gummi se soumet…

Mon avis : l’Islande en été ou au printemps, c’est séduisant… L’hiver est plus rude. Les polars et autres romans islandais nous ont habitués au blizzard, mais dans ce film, il prend toute sa matérialité, dans une longue scène qui a fait frissonner les spectateurs (ah la suggestion!). Deux méthodes de réchauffement pour l’hypothermie sont montrées avec toute leur ampleur dramatique, le bain chaud et le peau à peau dans un igloo de fortune… Le film ne révèle pas la cause de la fâcherie des frères, mais montre sa ténacité. La dure condition des éleveurs aussi, des éleveurs traditionnels qui refusent, comme dans d’autres contrées islandaises, de doper leurs bêtes aux hormones. Mais le débat fait rage entre eux: reconstruire un élevage? Partir et reconstruire sa vie ailleurs? Tenir tête aux services vétérinaires. Je me souviens d’un cas d’épizootie de fièvre aphteuse dans le Confolentais, apparue avec des moutons importés illégalement d’Angleterre par un éleveur, les charniers étaient recouverts de chaux avant d’être enterrés dans de grandes fosses sur place, les voitures roulaient dans les pédiluves (euh… pédiluves pour les roues???) de désinfectant en entrant dans la zone, mais les médias n’avaient pas vraiment abordé les conséquences à plus long terme pour ces éleveurs (pas plus que pour ceux touchés par la vache folle ou ceux qui aujourd’hui luttent contre la grippe aviaire).

Allez voir ce film si possible au cinéma plutôt que d’attendre son passage en DVD ou à la télévision, la grande scène dans le blizzard mérite d’être sur grand écran enrobé du son de la tempête… Le dernier plan aussi ne doit pas donner toute sa force sur petit écran… Allez, vite, au cinéma!

Images révélées, derniers jours à Poitiers

Affiche de l'exposition Images révélées à PoitiersVoici déjà venus les derniers jours pour l’exposition Images révélées : Poitiers à l’épreuve de la photographie (1839-1914). Elle se tient pour partie à la médiathèque de Poitiers, jusqu’à ce samedi, pour partie au musée Sainte-Croix, jusqu’à dimanche (17 janvier 2016). Le commissaire de l’exposition, Daniel Clauzier, proposera encore des visites guidées ce week-end. Elle est aussi accompagnée d’une série de conférences (de qualité variable), la dernière, repoussée après les attentats du 13 novembre, aura lieu après la fermeture de l’exposition, jeudi prochain. Le service du patrimoine de feue la région Poitou-Charentes (oui, pub gratuite 😉 ) a prêté plusieurs clichés et propose en ligne l’ensemble de l’album de Louis Guitteau, vues de Poitiers en 1894-1895).

L’exposition présente une vue générale de la pratique de la photographie à Poitiers des premiers daguerréotypes des années 1840 aux expositions artistiques du début du 20e siècle, en passant par l’apparition de la photographie par des amateurs (éclairés…) avec l’apparition des premiers appareils automatiques, la production de cartes-photographies, les travaux de professionnel(le)s comme Hélène Plessis-Vieilllard, etc. L’évolution des techniques est abordée au travers d’épreuves et de tirages d’époque (sauf pour un cliché conservé au Getty Museum à Los Angeles identifié à l’occasion de l’exposition). Beaucoup de ces clichés sont inédits, certains ont été acquis ou restaurés pour l’exposition. Vous y découvrirez le travail d’Auguste-Hippolyte Collard, qui a commencé sa carrière photographique à Poitiers (avant de rejoindre Paris qu’il avait quitté suite à des problèmes liés à ses activités politiques), les photographies de la mission héliographique (premières photographies systématiques des monuments majeurs de France, commandées par la commission des monuments historiques dirigée par Prosper Mérimée) de 1851 par Gustave Le Gray et Auguste Mestral, celles de « fratries » : Achille et Honoré Hivonnait, les frères Varin, les frères Bisson, les travaux de Médéric Mieusement, d’Alfred Perlat (dont la série de clichés de la construction de l’hôtel de ville de Poitiers, déjà sélectionnés par Grégory Vouhé pour l’exposition Louvre pour Poitiers) ou encore de Jules Robuchon.

Le volet de la médiathèque présente les usages de la photographie : dans la presse (avec une belle présentation de la séquestrée de Poitiers, présentant la photographie originale et les gravures qui en ont été tirées par la presse), le livre illustré, les travaux scientifiques et les pratiques populaires et commerciales.

Je vous recommande aussi particulièrement le catalogue (208 pages, aux éditions Snoeck, 29 €), très riche, même si je n’ai pas terminé de le lire!

Au-delà des montagnes, de Zhang-ke Jia

Affiche de Au-delà des montagnes, de Zhang-ke JiaAlors que le festival Télérama s’annonce et que je devrais écrire un petit article sur les films sélectionnés que j’ai vus sans vous en parler, ma sortie cinéma du week-end était pour Au-delà des montagnes de Zhang-ke Jia.

Le film : en 1999 à Fen­yang, dans une zone montagneuse de la province de Shanxi, en Chine. Tao [Zhao Tao], 20 ans, fille d’un marchand d’électroménager, est courtisée par deux amis d’enfance Jinsheng [Zhang Yi], propriétaire d’une station service en pleine expansion, et Liangzi [Jing Dong Liang], mineur. Sommée de choisir, elle finit par se marier à Jinsheng, alors que Liangzi, chassé de la mine rachetée par son rival, décide de s’exiler dans une autre ville.Mais très vite, Liangzi part à Shanghaï avec le jeune fils né de cette union, Dollar. Lorsqu’il revient chez sa mère pour l’enterrement du grand-père, l’incompréhension est totale.

2014. Tao a divorcé, Dollar et son père vivent en Australie, Liangzi, victime d’un cancer des mineurs, jeune père à son tour, revient dans sa ville natale, demande de l’aide à Tao pour les soins médicaux.

2025… je vous laisse découvrir la suite au cinéma!!!

Mon avis : j’ai beaucoup aimé ce film! Les paysages du nord de la Chine comme ceux de l’Australie sont filmés dans toute leur splendeur. Le film montre d’abord l’évolution rapide de la Chine au tournant du millénaire, le dur métier des mineurs est évoqué en quelques images qui contrastent avec le « m’as-tu-vu » des néo-capitalistes… dont on apprendra plus tard qu’il y a finalement une morale (ou un semblant de morale), les nouveaux parvenus à force de corruption ont dû fuir… même si c’est visiblement avec leur argent! L’évolution des paysages urbains est suggérée au travers de brèves images, la « tradition », l’ancien monde par la génération du père de Tao, le nouveau monde par Dollar [Dong Zijian], étudiant exilé en recherche de son identité, le tout est un subtil mélange qui donne ce beau film!

Bonne année 2016… et nouvelle broderie!

Carte de voeux 2016Avec un peu de retard (mais nous avons tout le mois de janvier), je vous souhaite à tous et à toutes une très bonne année 2016, avec la meilleure santé possible… un peu plus de paix dans le monde et une nature moins détraquée (photographie de chèvrefeuille en fleur ce 4 janvier)…

De mon côté, je reste fatiguée, mais les premiers contrôles de l’année (IRM et neurochirurgien) sont positifs, pas d’évolution des deux méningiomes non opérés, mon programme reste boulot-rééducation-dodo (sans passer par la case ordinateur à la maison hors exercices de rééducation), avec pour objectif une évaluation positive en mars pour reprendre la conduite automobile… Si je mets peu d’articles, c’est que j’ai d’autres priorités (en particulier envoyer mes vœux 2016), et que 11h de sommeil / 24h, ça prend beaucoup de temps mais c’est nécessaire à la reconstruction cérébrale!

Abécédaire chat, première étapeCeci dit, le 1er janvier, j’ai commencé une nouvelle broderie, un chat qui entrera dans le cadre du SAL (projet de broderie en commun) « Chat va vider mon placard », coordonné par Minouche, modèle du livre Brodez-moi chat d’Isabelle Haccourt-Vautier et Adeline Cras.

La charité de saint Martin devant la basilique à Tours

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 1, vue de loinVoici une réédition de mon article du 14 juin 2011, avec des photographies de fin novembre 2016. Je laisse la première ici pour vous rendre compte de la différence, j’ai laissé les anciennes photos de 2011 en fin d’article.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, vue d'ensembleDevant la basilique Saint-Martin de Tours se trouve une charité de saint Martin, scène très souvent représentée où Martin, soldat romain dans la région d’Amiens, partage son manteau avec un pauvre. Je tire une partie des données du dossier documentaire établi par le service régional de l’inventaire de la région Centre. Je vous ai déjà parlé du fameux Martin à propos de l’abbaye qu’il a fondée à Ligugé dans la Vienne.

La signature Henri Varenne sur le socleCe monument est signé de Henri [Frédéric] Varenne
et a été inauguré en 1928. Je vous ai déjà parlé de ce sculpteur pour les façades de l’hôtel de ville et de la gare de Tours. Je vous parlerai aussi bientôt de son buste du général Meunier dans le jardin des prébendes d’Oe, toujours à Tours, et des sculptures de la gare (voir l’extérieur et l’intérieur) et de la préfecture de Limoges. Un premier projet de monument, daté de 1922, avait été présenté par le sculpteur François Sicard (l’auteur à Tours des atlantes de l’hôtel de ville et, à venir bientôt, du monument à Racan dans le jardin des prébendes d’Oe et d’Anatole France dans le jardin de la préfecture), dont un plâtre est conservé au Musée des Beaux-Arts de Tours. La signature « H. VARENNE », très érodée, apparaît sur la base du groupe sculpté et les initiales H.V. sur la base de chacune des statues latérales.
Charité de saint Martin par Varenne à Tours, vue de dosLe monument, en ciment moulé et pierre sculptée, se compose d’un pilier formé de quatre colonnes corinthiennes (ici de dos)

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, la Charité encadrée de deux évêques … au sommet duquel se trouve la charité dans une représentation très classique, surmontée d’une croix…

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, le dos de la croix… plus ouvragée au dos.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail de la charitéMartin, vêtu en cavalier romain, assis sur son cheval…

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail de saint Martin…  coupe en deux avec son épée son manteau…

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail de l'infirme… pour l’offrir à un pauvre infirme agenouillé, appuyé sur sa béquille.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail de l'infirme vu de trois quartsOn le voit peut-être mieux ainsi de trois quarts.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail de saint PerpetSur des consoles posées à hauteur de la base des chapiteaux corinthiens ont pris place deux statues d’évêques en pied. Si les auteurs s’accordent pour Perpetuus, francisé en Perpet ou Perpétue (6ème évêque de Tours (évêque de Tours de 460 environ à sa mort vers 490, canonisé), qui fit construire la première basilique Saint-Martin consacrée le 4 juillet 471), l’identification du second évêque est plus variable.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, détail du deuxième évêqueCertains y voient un second saint Martin, d’autres, et c’est plus probable, saint Grégoire, 19ème évêque de Tours (né vers 539 et mort à Tours en 594), historien de l’Église et des Francs. Tous deux en tout cas portent tous les vêtements liturgiques, chasuble, aube, étole, pallium dont je vous ai détaillé la description sur cet autre exemple.

Charité de saint Martin par Varenne à Tours, paons à la coupeDeux paons s’affrontent de chaque côté d’un vase (rappelant les oiseaux à la coupe de l’époque romane) sur un décor de vignes sur le piédestal du pilier.

Pour mémoire, mes photographies de 2011…

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 3 bis, le monument, vue générale rapprochée

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 2, la signature H. Varenne Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 3, les colonnes et la croix vues de dos

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 4, le groupe sculpté de la Charité en haut

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 5, détail de la charité

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 6, la Charité, le soldat et l'infirme avec béquille

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 7, l'évêque à gauche

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 8, l'évêque à droite

Tours, la charité de saint Martin par Varenne, 9, les deux paons affrontés

Écharpe et bonnet pour Aliénor

En lisant le titre proposé par Maryse, j’ai cru qu’elle faisait de la propagande pour la « Grande Région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes »,  en parlant d’Aliénor (d’Aquitaine), mais non, c’est juste le prénom d’un bébé 😉 Je lui laisse la parole!

Écharpe et bonnet pour Aliénor

Rose et blanc pour cette écharpe et ce bonnet en laine Phildar Partner 6, aiguilles 5,5 pour l’écharpe et 5 pour le bonnet
Point mousse pour l’écharpe ; jersey envers et endroit pour le bonnet

Pour cette petite fille qui voulait du rose et blanc, j’ai choisi ce rose un peu saumon appelé « grenadine » je ne sais pas trop pourquoi. Rien de très compliqué, mais simplement un jeu de rayures pour l’écharpe et des bouts triangulaires pour une finition sympa.

Pour le bonnet, j’ai refait le modèle déjà testé récemment, j’ai ajouté un pompon rose (acheté car je n’avais plus assez de laine rose) et fait un tour au crochet pour la finition. Ce système a l’avantage qu’il s’adapte au tour de tête car il ne resserre pas beaucoup. J’espère qu’ils plairont à la destinataire.

Les bannis de Laurent Carpentier

pioche-en-bib.jpgUn livre trouvé parmi les nouvelles acquisitions de la médiathèque.

Le livre : Les bannis de Laurent Carpentier, éditions Stock, 276 pages, 2015, ISBN 9782234079212.

L’histoire : 2008 (sans doute, pour le premier chapitre). Insomniaque, fâché depuis des années avec sa femme, malade, le vieux Maurice se lève tôt pour partir dans sa vieille Renault 10 pour rendre visite au cimetière à sa fille Jacqueline, morte trop tôt d’un cancer du sein, et aller voir le médecin. Il n’y arrivera jamais… mais par son histoire qui se ferme, il ouvre l’histoire d’une large famille, qui vous mènera à Saint-Jean-Kermaniel, en Bretagne, sur le plateau de Lannemezan, du Jura aux Pyrénées, à Picpus, à Bucarest, à Istanbul…

Mon avis : pour son premier roman, Laurent Carpentier, grand reporter au journal Le Monde, a choisi de raconter l’histoire de sa famille au sens large, grands-parents, parents, oncles, tantes, cousins, chacun de ces personnages étant le centre d’un chapitre de quelques pages (de 3 ou 4 jusqu’à une vingtaine de pages). C’est donc petit à petit que l’on reconstitue l’histoire globale, passant de l’un à l’autre, croisant l’un, l’autre, suivant le point de vue choisi pour le chapitre en cours. Vous y croiserez des médecins (beaucoup), des juifs, des athées, et… des communistes (canal historique ou canal trotskyste)! Il y a aussi beaucoup d’exils… des bannis pour leur religion (la branche juive), par leur religion (la bretonne qui a osé vivre « dans le péché »), par leur parti politique (purge communiste). Comme dans toutes familles, il y a le vrai, le non-dit, la vérité qui peut tourner au mythe, les secrets, parfois lourds à porter. La forme choisie par Laurent Carpentier retrace sans doute les méandres qui l’ont lui-même amené à reconstituer cette histoire familiale pour arriver à l’intégrer et littéralement « vivre avec », mais n’est pas pesante pour le lecteur, bien au contraire. J’ai beaucoup aimé ce roman que je vous recommande…

Juste un petit bémol, à nouveau pour l’éditeur, s’il vous plaît, messieurs les éditeurs, choisissez des papiers et des encres qui ne laissent pas voir le texte sur la page au dos! C’est très pénible à lire avec des problèmes visuels, et j’ai été obligée de sortir ma caméra en utilisant un traitement des images pour enlever les lettres parasites qui ressortaient et venir à bout du livre.

Logo rentrée littéraire 2015

Ce livre entre dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé par Hérisson.

Oiron au temps de madame de Montespan…

J’aurais dû vous parler de cette exposition lors de son inauguration, fin octobre 2015, mais c’était pendant ma période boulot-rééducation-dodo sans passer par la case ordinateur! Le commissaire en est… Grégory Vouhé (merci à toi pour tout, y compris les photographies, ainsi qu’à Samuel Quenault et Philippe Berthé, du Centre des monuments nationaux). Je vous emmène donc au château d’Oiron dans les Deux-Sèvres pour une idée de sortie pendant les vacances qui commencent.

Vite, allez voir pour la première fois à Oiron le magnifique Recueil des vues et plans des seigneuries d’Oyron, Montcontour et Cursé (qui n’y était bien sûr jamais venu), mais confrontez-le aussi aux brouillons et autres plans préparatoires dispersés dans plusieurs services d’archives et bien sûr à une mise en contexte.

L’exposition:

Il y a quelque temps, le centre des monuments nationaux a pu acquérir ce précieux recueil, mis en dépôt pour des raisons de conservations à la Bibliothèque nationale de France. Mme de Montespan avait acquis le château d’Oiron, embelli peu avant par le maréchal de La Feuillade, après avoir reçu une somme rondelette de la part de Louis XIV.

Retirée de la cour, madame de Montespan y mènera à son tour de nombreux travaux… et est censée y vivre dans le repentir, la repentance n’excluant pas un certain train de vie et une attitude disons détendue, comme on peut le voir sur ce portrait qui accueille le visiteur de l’exposition 😉 (il se trouvait dans l’hospice de la commune, aujourd’hui maison de retraite, et a été restauré pour l’occasion). En gardant l’usufruit, elle fait acquérir les terres et le château par son fils aîné, le marquis d’Antin, directeur des Bâtiments du roi (1708), duc et pair de France (1711).

C’est le marquis d’Antin qui fait dresser ces plans en 1713, regroupés en un superbe recueil (« un ouvrage beau et utile » selon son propre avis), par l’un des meilleurs dessinateurs des Bâtiments du roi, qui avait été recruté par Jules Hardouin-Mansart.

A voir au château d’Oiron jusqu’au 24 janvier 2016. Et profitez-en pour visiter le château, en particulier la galerie Renaissance, et la collection d’art contemporain.

Pour aller plus loin :

Je vous conseille aussi tout particulièrement le catalogue… relu aussi avant impression (entre autres) par Emmanuelle : Oiron au temps de madame de Montespan et du duc d’Antin, par Grégory Vouhé, 112 pages avec 95 illustrations, Editeur : Château d’Oiron, Centre des monuments nationaux, ISBN : 978-2-7577-0493-6, 18 €. Il est magnifique, avec l’ensemble des plans.

Si vous ne pouvez pas y aller (ça serait vraiment dommage), le centre des monuments nationaux a aussi mis en ligne l’ensemble des Recueil des vues et plans des seigneuries d’Oyron, Montcontour et Cursé. Les mêmes clichés sont consultables sur une borne dans l’exposition…

… puisqu’il ne peut être ouvert qu’à une page précise…

Le dernier numéro de la revue  l’Actualité Poitou-Charentes consacre un long développement à cette exposition, le dernier d’une série rédigée par Grégory Vouhé au fil des ans : Oiron un visage retrouvé (n° 87, 2010, p. 47) ; Oiron. La galerie restaurée (n° 86, 2009, p. 41), Madame de Montespan à Oiron (n° 78, 2007, p. 40).

Incivilité ordinaire…

Voici la dernière incivilité dont j’ai été témoin aujourd’hui, mais qui est quotidienne à Poitiers et ailleurs (suivre mon mot-clef incivilité pour de nombreux autres exemples). Le samedi, lorsque je suis chargée, je rentre en bus du marché. Quasiment à chaque fois, le bus doit klaxonner dans le rond-point de la gare où les voitures stationnent soit pour attendre un voyageur soit pour aller au tabac voisin. Puis le bus ne peut en général pas se stationner sur le quai prévu à l’arrêt car des voitures stationnées à l’entrée de l’arrêt l’empêche de se mettre correctement à quai (ce qui serait moins le cas si les bus de Vitalis étaient équipés du système TCSP utilisé par le bus à haut niveau de service de Rouen). Avec mon champ visuel restreint, cela me pose un problème pour descendre sur la chaussée et remonter sur le quai, j’en ai déjà discuté avec Vitalis notamment pour l’arrêt du CHU (là, les bus ont en général la place de bien se positionner mais les chauffeurs ne prennent pas la peine de le faire correctement, voir Sélection naturelle des malades par Vitalis).

J’essaye en général d’expliquer le problème aux chauffeurs des voitures et leur rappelle qu’à Poitiers, il est interdit de se stationner hors des places matérialisées sous peine d’amende (il y a plein de panneaux « interdit de stationner hors emplacements matérialisés », dont celui-ci en bas du boulevard Solférino, juste en face). Cette fois, le chauffeur a été impoli, c’est présenté comme un ancien flic [sic, c’est lui qui l’a dit, comme si ça lui donnait tous les droits] et que ce n’était pas marqué interdit donc qu’il pouvait se garer!!! « Appelez donc la police, le temps qu’elle arrive, je serai parti ». Alors, j’ai pris la photo… il était dans l’espace public, donc aucun scrupule!!!

Dans mon stock de photos, j’ai aussi retrouvé cette voiture qui, le 14 juillet 2014, a carrément pris le même rond-point de la gare à l’envers en toute connaissance de cause (vu son comportement) pour s’y stationner!