Archives de catégorie : Musique / Chansons / Spectacles

Les spectacles que j’ai vus, concert (surtout musique classique, musique du monde), théâtre, danse, cirque, magie

Éperdument, chants d’amours persans par Alireza Ghorbani

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014

Chaque année, j’essaye de voir un spectacle de musique orientale au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP, cette année, c’était Éperdument, chants d’amour persans par l’artiste iranien Alireza Ghorbani, qui a récemment donné aussi des concerts avec Dorsaf Hamdani, venue à Poitiers il y a deux ans. Déjà la fin de la saison 2015-2016

Le spectacle : la scène de l’auditorium est délimitée sur les côtés par des rideaux noirs. Au centre, assez vers l’avant, des banquettes couvertes de tapis. Alireza Ghorbani et ses trois musiciens, Saman Samimi (kamanche), Milad Mahammadi (tar) et Hussein Zahawy (daf, udu) prennent place, l’un assis en tailleur.

Une très belle soirée, une très belle voix accompagnée par une musique parfaite, pas trop présente, laissant bien entendre la voix mais également mise en valeur par de beaux solos… Je vous recommande ce spectacle s’il passe près de chez vous, en attendant, voici un extrait proposé par France Musique (Ali Reza Ghorbani à l’abbaye de Royaumont).

La mouette de Tchekhov par Thomas Ostermeier

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014J’ai vu vendredi soir La Mouette d’Anton Tchekhov mise en scène par Thomas Ostermeier au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP, déjà presque la fin de la saison 2015-2016… Il s’agit d’une nouvelle traduction proposée par Olivier Cadiot (revoir Le colonel des zouaves et Un nid pour quoi faire) à partir d’une traduction en allemand (adaptée par le metteur en scène lui-même) et non du texte original, d’après ce que j’ai lu. Donc une adaptation d’un texte traduit du russe vers allemand, adapté en allemand et retraduit en français, qu’est-ce que ça allait donner??? Et bien, un texte inspiré de Tchékhov, avec quelques coupes et des personnages qui ont disparu, comme les serviteurs: je suis allée vérifier dans ma bibliothèque, j’avais un doute, mélange avec La cerisaie? Mais non, il y a bien des serviteurs dans La mouette.

Le spectacle: la scène du théâtre est entièrement close de parois peintes en gris sur les côtés, jusqu’au bord de la scène (juste un passage vers les coulisses au fond à droite), au fond et au plafond. Une banquette court tout le long du mur, les acteurs y sont assis et viennent chacun leur tour sur l’estrade en bois sur le devant de la scène. Les éléments du décor qui sera utilisé au cours des deux heures trente suivant sont stockés sur le côté droit. Au fond, trois récipients de peinture noire plus ou moins concentrée, une artiste peint avec une grande brosse le fond de scène à chaque intermède (changement de décor)…

Mon avis : restons aux intermèdes… ils sont accompagnés d’une musique rock beaucoup trop forte, surtout au début de la pièce, si forte qu’elle doit rendre à moitié sourd et que certaines actrices deviennent inaudibles, je pense en particulier à Mélodie Richard (Nina) dont la voix ne porte pas, et pourtant j’étais dans le premier quart de la salle. Le début de la pièce est déconcertant, par la transposition de la pièce dans le monde d’aujourd’hui (selfie, nouveau théâtre de Treplev, ordinateur portable suivront…) et surtout le prologue où il est question de migrants syriens et de compréhension de l’actualité. L’effet « boîte grise » du décor (minimaliste par ailleurs) est oppressant, heureusement que le décor peint peu à peu sur le fond de scène, finit par évoquer un lac bordé de collines après avoir semblé dessiner une tête de mouette (avant d’être entièrement effacé par un gigantesque aplat noir). Ceci étant, peu à peu, j’ai fini par entrer dans la mise en scène -qui d’ailleurs s’assagit, une fois évacuée la carcasse pendue sur scène et Constantin Treplev nettoyé de son sang, … avant de m’endormir sur la fin – et oui, même avec une sieste l’après-midi (je ne travaille pas le vendredi) et en commençant à 19h30, quand arrive 21h30, difficile encore de garder mon cerveau éveillé malgré la vigilance de l’amie qui m’a permis de voir les dernières minutes! Bref, je suis un peu déçue par cette adaptation…

Comme vider la mer avec une cuiller de Yannick Jaulin

J’ai vu Comme vider la mer avec une cuiller par Yannick Jaulin (revoir Terrien) au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP il y a quelques mois, au début de la saison 2015-2016… Comme le spectacle tourne actuellement avec une communication active (j’ai vu et entendu plusieurs critiques et entretiens ces derniers jours, voir dates sur son site officiel), je rédige enfin mon article à partir de mes notes…

Annonciation de Fra Angelico, couvent San Marco, Florence (c) office de tourisme de Florence

Annonciation de Fra Angelico, couvent San Marco, Florence (c) office de tourisme de Florence [pas la meilleure reproduction mais celle présentée sur le site officiel… déformations de la prise de vue non frontale comprise]

Le spectacle : au fond de la scène, une grande reproduction de l’Annonciation de Fra Angelico (il en a peint plusieurs, la version choisie est celle du couvent San-Marco à Florence, où la Vierge a un corsage blanc). Devant, une femme assise sur un banc, de dos. Et un homme, Yannick Jaulin, affublé d’ailes, comme l’ange du tableau. La discussion s’ouvre, comment comprendre ce tableau. Si l’on n’a pas reçu une éducation chrétienne ou au moins à l’histoire de l’art occidental, il est impossible d’y lire / comprendre ce qui se passe sur le tableau. A partir de là sont revisités les grands mythes fondateurs du monde, de différents continents, et des religions… et l’emprise de celles-ci sur les hommes et les femmes.

Mon avis : j’ai bien aimé ce spectacle, une amie qui l’a vu la veille et aime d’habitude les spectacles de Yannick Jaulin beaucoup moins. Il faut dire que l’on n’est pas dans le registre habituel de l’acteur-conteur, les contes et légendes du Poitou et d’ailleurs, même si elles sont évoquées, comme saint Poux (saint Paul) fêté à Pougne-Hérisson dans les Deux-Sèvres (le nombril du monde), mais dans un spectacle beaucoup plus « savant », qui fait appel à un gros bagage culturel. Je pense que de ce point de vue, le spectacle peut être vécu comme élitiste et que le sectateur peut se sentir frustré de ne pas comprendre toutes les allusions. Je trouve l’interrogation de départ une bonne idée. L’Annonciation a été abondamment représentée dès le Moyen-Âge, mais si elle a une grande importance pour les chrétiens, ce ne sont guère que quelques lignes dans le nouveau testament (Luc 1, 26-38) : l’archange Gabriel annonce à Marie qu’elle va donner naissance à Jésus, fils de Dieu. Le propos s’élargit ensuite à un large éventail de mythes et de récits fondateurs, avec une interrogation sur ce qu’ils disent des sociétés qui les (rap)portent.

Pour aller plus loin : je vous ai montré quelques jolies annonciations romanes et gothiques, voir ou revoir à Chauvigny sur un chapiteau du chœur de l’église Saint-Pierre ; à Poitiers, sur la partie droite du portail Saint-Michel de la cathédrale et sur la façade de l’église Notre-Dame-la-Grande.

 

Nobody au TAP

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014Nobody? Non, il n’y avait pas personne au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP, c’est le titre d’un spectacle présenté il y a quelques semaines en partenariat avec le festival Filmer le travail. Nobody, c’est donc une « performance filmique », comme dit le programme, une pièce de théâtre jouée sur scène avec un film produit en direct, d’après des textes de Falk Richter mis en scène par Cyril Teste et jouée par le Collectif MxM.

Le spectacle: sur la scène, au premier plan un « open-space » et un « bocal de confession » (une salle où défilent les salariés soumis à des questions par leur encadrant), à l’arrière-plan, une salle de réunion et une pièce cachée par un mur (tour à tour chambre à coucher, toilettes, salle de bain, autre bureau), sur le côté, un couloir avec l’ascenseur, le tout derrière une grande vitre. Au-dessus, un écran où est projeté le film réalisé en direct. Sur scène, les acteurs et deux cameramen tout vêtus de noir, qui filment aussi dans la pièce quasi invisible. Ces consultants spécialisés en restructurations d’entreprise sont eux-mêmes soumis à une méthode de « management » agressive, le « benchmarking »: chaque employé espionne et note ses collègues, ils notent et évincent chez les clients, mais aussi dans leur propre entreprise.

Mon avis: c’est à une grande performance que le spectateur assiste en allant voir cette pièce de théâtre / film éphémère, réalisé en direct et disparaissant au fur et à mesure… Il est aussi invité à réfléchir, certes, cette entreprise semble pousser au maximum des méthodes de direction de ses employés, mais est-ce si loin de ce que beaucoup vivent au quotidien? Travail jusqu’à pas d’heure, stagiaires, personnes poussées dehors, vie de famille qui en pâtit. En 1h30, énormément de thèmes sont soulevés, posés sans commentaires, au spectateur d’en tirer les conclusions. N’hésitez pas à aller la voir si elle passe près de chez vous. Cette pièce devrait être vue impérativement par nos dirigeants, au premier rang desquels Myriam El Khomri (la « sinistre » du travail), Emmanuel Macron et le premier ministre!

Je vais essayer de vous parler très vite des autres spectacles de ma saison 2015-2016

Macbeth de Verdi, adapté par Fabrizio Cassol et Brett Bailey au TAP à Poitiers

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014Jeudi soir, je suis allée voir Macbeth de Verdi, adapté par Fabrizio Cassol et mis en scène par Brett Bailey (revoir l’année dernière Exhibit B), au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP. Heureusement que j’avais choisi la représentation de 19h30 (comme pour beaucoup de spectacles de ma saison 2015-2016 ), à part des micro-endormissements de 20h10 à 20h20 (merci à mon voisin qui a veillé à me réveiller jusqu’à ce que le « coup de barre passe »), j’ai réussi à tout voir!

Le spectacle: sur la scène, à gauche (à jardin), dix chanteur(se)s noir(e)s [la compagnie Third World Bunfight], victimes de guerre, exilés de force ou anciens enfants soldats, comme le souligne le générique. À droite (à cour), douze musicien(ne)s blanc(he)s [le No Borders Orchestra] et le chef d’orchestre [Premil Petrovic]. Au centre, un podium surmonté d’un écran sur lequel sont projetées des textes sur les massacres constatés par les médias ou l’ONU, des photos en noir et blanc, de Marcus Bleasdale et Cedric Gerbehaye, qui en témoignent, des motifs de tissus africains, des oiseaux comme composés en pièces de tan-gram qui s’animent, etc. De chaque côté de la scène, une petite estrade individuelle sur laquelle un soliste vient de temps à autre prendre place. Et deux écrans de surtitrage en français et en anglais (le texte est en italien). Fabrizio Cassol a condensé l’opéra, passé de 2h50 environ à 1h40, et l’a transposé, avec Brett Bailey à la mise en scène, dans le Congo victime d’une guerre civile.

Mon avis : comme dans la pièce de Shakespeare adaptée par Verdi, Macbeth [Owen Metsileng] reste un général, sa femme [Nobulumko Mngxekeza] une intrigante et Banquo [Otto Maidi] ne se laisse pas faire. Les trois sorcières sont aussi bien là, habillées et masquées de blanc. La transposition au cœur de la guerre civile du Congo est très forte, surtout que les chanteurs sont aussi (et même avant-tout) des comédiens, tous bougent, changent de costumes, manipulent des décors simples (caisses gerbables, sacs de vêtements, malle, chaise en plastique, …), rien à voir avec un opéra classique statique. Le tout est souligné et mis en valeur par un très beau travail sur la lumière [Felice Ross]. Cela donne l’impression très forte d’assister à une pièce de théâtre chantée, un retour à Shakespeare plus qu’à Verdi… alors que l’opéra est pourtant bel et bien là, même s’il est coupé et adapté autour de la guerre civile et ses conséquences, la souffrance des civils, l’exil, les viols de guerre (suggéré mais bien là), les meurtres, les profiteurs à l’affût de gros bénéfices qui s’accaparent des compagnies minières néo-colonialistes. Un spectacle très fort, s’il passe près de chez vous, n’hésitez pas à aller le voir!

Pour découvrir un extrait proposé par la compagnie Third World Bunfight

MACBETH by BRETT BAILEY / Third World Bunfight par Free State Productions sur Vimeo.

Ma saison 2015-2016 au TAP

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014La saison 2015-2016 au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP est déjà bien entamée, et je ne vous ai parlé que d’un seul spectacle (Timber par le cirque Alfonse) … je vais me rattraper dans les prochains jours, en attendant, voici les spectacles que j’ai sélectionnés : beaucoup de théâtre et très peu de musique cette année, pour moins risquer de m’endormir pendant les spectacles. J’ai privilégié les séances à 19h30 plutôt que 20h30 le jeudi ou le vendredi quand c’était possible, fatigue persistante oblige.

  • ciné-concert : Foxtrot Delirium sur le film La Princesse aux huîtres, d’Ernst Lubitsch / Martin Matalon, par l’ensemble Ars Nova
  • arts de la piste : Timber par le cirque Alfonse, Patinoire par Patrick Léonard (compagnie Les 7 doigts de la main)
  • danse : Debout ! par Raphaëlle Delaunay, le Ballet de Lorraine
  • théâtre : Répétition, de Pascal Rambert (avec Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Stanislas Nordey et Denis Podalydès) ; Comme vider la mer avec une cuiller par Yannick Jaulin (revoir Terrien) ; La Mouette d’Anton Tchekhov mise en scène par Thomas Ostermeier, Nobody de Falk Richter mis en scène et cinéma par Cyril Teste (Collectif MxM)
  • opéra : Macbeth de Verdi / Fabrizio Cassol mis en scène par Brett Bailey (revoir Exhibit B)
  • musique du monde : chants d’amours persans par Alireza Ghorbani

Revoir mes avis sur les saisons 2014-2015, 2013-2014, 2012-2013, 2011-2012, 2010-2011 et 2009-2010.

Timber au TAP à Poitiers

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014La saison 2015-2016 au théâtre et auditorium de Poitiers / TAP est déjà bien entamée, j’ai déjà vu un certain nombre de spectacles sur la quinzaine que j’ai réservés. Je vous en reparle très vite, j’ai gardé des petites notes écrites à l’issue de chacun sur le programme 😉

Je commence par le dernier que j’ai vu, Timber* par le cirque Alfonse, une troupe québécoise. Le spectacle tourne toujours en ce moment…

Le spectacle : dans un décor de chantier, grande table (pour préparer la soupe), troncs d’arbre, roue de charrette et « cabane au fond du jardin », un groupe de bûcherons évolue en chansons, jongleries, pitreries…

Mon avis : toutes les générations sont sur scène, du plus jeune (un bébé d’un peu plus d’un an (?) qui vient rejoindre sa mère) au grand-père à la grande barbe blanche. Beaucoup de gaieté dans ce spectacle de « nouveau cirque » (sans animal) original, puisqu’il est entièrement monté à partir de grosses bûches et de troncs d’arbre*, il faut avoir de très gros bras pour certains numéros! La sécurité est aussi rigoureuse : arrêt total dès qu’une hachette tombe dans un numéro de jonglerie à quatre (ou cinq?), de vraies hachettes, des gants quand même, mais les bras nus, la hachette ramassée et ça repart! J’ai passé un excellent moment!

*timber, c’est le bois de construction en anglais, par extension les arbres. Timbered = à colombages.

Voici un extrait proposé par Antoine Carabinier (le « grand-père » du spectacle) sur youtube :

Crazy Camel, au TAP

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014Alors que la nouvelle saison 2015-2016 au  théâtre et auditorium de Poitiers / TAP s’annonce avec des réservations dans un mois, je m’aperçois que je ne vous ai pas parlé du dernier spectacle que j’ai vu dans le cadre de saison 2014-2015, Crazy Camel, danse butō par la  compagnie Dairakudakan, dirigée par Akaji Maro. Il s’intégrait dans la thématique de la saison asiatique.

Le spectacle : sur scène, un couple de danseurs en habits de ville et visages et mains peints en blanc (butō, le blanc intégral) et des danseurs / danseuses au corps couvert de poudre d’or (kimpun en japonais), sourcils et bouches maquillées de noir pour les hommes, maquillage blanc pour le visage et le décolleté des femmes. Tous les corps dorés sont nus, à l’exception du slip doré. La compagnie Dairakudakan (littéralement le grand vaisseau du chameau) présente un style de spectacle rarement monté, le Kimpun Show, sorte de cabaret burlesque.

Mon avis : les corps couverts d’or se déplacent sur scène, la sueur vient, perle, ajoutant aux jeux de lumière sur les muscles sollicités par les mouvements des danseurs. Entre musique traditionnelle et musique de cabaret, les tableaux sont superbes. Un des meilleurs spectacles que j’ai vu au cours de cette saison au TAP. C’est un avis très personnel, j’ai entendu à la sortie des spectateurs qui n’avaient pas du tout aimé.

Ce spectacle a beaucoup tourné en France lors de la dernière saison, s’il revient l’année prochaine près de chez vous, n’hésitez pas à aller les voir!

Pour aller plus loin: voir le site de la compagnie Dairakudakan (en Japonais et en anglais) et la présentation de la compagnie sur le site de la maison de la culture du Japon à Paris et sur Arte.

Les leçons de ténèbres au TAP

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014Nouvelle sortie dans le cadre de ma saison 2014-2015 au  théâtre et auditorium de Poitiers / TAP, pour le troisième mardi consécutif (après le ciné-concert Oyuki la vierge de Kenji Mizoguchi et John Dowland par Thomas Dunford).

Le programme était composé par le groupe baroque Le concert spirituel (leur site internet ne fonctionnait pas ces derniers jours…) dirigé par Hervé Niquet, qui a fait un détour par le piano désaccordé de la gare (voir la vidéo sur sa page facebook). Sur scène donc, Hervé Niquet à la direction et à l’orgue, accompagné de cinq musiciens (clavecin, viole, violoncelle et deux théorbes -instruments à cordes pincées de la famille des luths- de taille différente) et d’un chœur de six sopranos. Le programme était impeccablement calé par rapport au calendrier, enfin à quelques jours près!

Cathédrale de Metz, vitraux de Marc Chagall, déambulatoire, baie droite, détails de Jérémie et l'exode

Nous étions le mardi et le programme se  basait sur Les leçons de ténèbres, données les trois jours avant Pâques et fondées sur les Lamentations de Jérémie [pour illustrer, j’ai choisi l’exil du peuple juif -à gauche- et Jérémie -à droite- par  sur un vitrail de la cathédrale de Metz, ce qui a une certaine cohérence puisque le groupe a été résident à Metz en 2014]. Bon, dans le livre des lamentations de Jérémie, il est question de la destruction de l’ancienne Jérusalem (en 586 avant notre ère). Aux Leçons de François Couperin (1668-1733 et non les dates  erronées de presque un siècle qui m’avaient fait tiqué dans le programme) répondent (Respons) de Marc-Antoine Charpentier (1643-1704). Dans les textes en latin, traduction gentiment donnée aux spectateurs, il est aussi question au passage de la nouvelle Jérusalem, de Juda et de sa trahison.

Entre les leçons étaient intercalées de courtes pièces instrumentales de Jacques-François Lochon (v. 1660- v.1710) et Louis Chein (1637-1694) et le programme s’est terminé par un Miserere de Michel-Richard Delalande (1657-1726).

L’interprétation était parfaite, et la salle visiblement emportée par la musique…

Annoncé sur le site du théâtre pour durer 1h30, sur le programme 1h30 et dans la réalité un peu moins d’une heure, sans aucun rappel consenti par les musiciens (une pensée pour un ami aujourd’hui décédé, grand amateur de musique classique et qui était contre les rappels), j’ai réussi à ne pas m’endormir à 21h15/21h30, d’autant plus que mon cerveau était encore branché sur l’heure d’hiver (il ne s’est d’ailleurs pas encore calé 10 jours plus tard).

Voici la captation du concert donné par le même ensemble (avec un musicien et trois chanteuses différentes), le 17 juillet 2014, à l’abbaye aux Dames à Saintes, sur le même programme.

John Dowland par Thomas Dunford au TAP

Le théâtre et auditorium de Poitiers après l'ouverture du viaduc, février 2014Nouvelle sortie mardi dernier dans le cadre de ma saison 2014-2015 au  théâtre et auditorium de Poitiers / TAP. Cette fois, c’était dans l’auditorium, avec un groupe de quatre chanteurs (Ruby Hughes, soprano, Christian Immler, baryton, Paul Agnew et Reinoud Van Mechelen, ténors) dirigés par le jeune Thomas Dunford au luth (clic clic pour voir son site et avoir des liens officiels vers youtube, j’ai mis un extrait ci-dessous). Au programme, le répertoire Lachrimæ de John Dowland (1563-1626).

La salle était pour une fois loin d’être pleine, dommage car ce fut une heure de vrai bonheur, des chants d’amour mélancoliques, des balades, une alternance de morceaux au luth et de morceaux chantés. Le petit récit du contexte historique par Paul Agnew, le ténor anglais du groupe, a été très apprécié.

Et miracle, c’est le premier spectacle de la saison qui commence à 20h30 que j’ai réussi à voir en entier (j’ai choisi surtout des spectacles à 19h30)… mais il ne durait qu’une heure. Ce soir, je vois un autre spectacle à 20h30, mais mon cerveau n’étant pas encore calé sur l’heure d’été, ça devrait aller, pour lui, 22h, ça sera 21h, heure habituelle où il commence à me dire par des bâillements « au lit »!

 

Extrait sur Youtube: