Divines de Houda Benyamina

Affiche de Divines de Houda BenyaminaSortie cinéma hier, avec une amie, nous avons hésité entre Divines de Houda Benyamina et Fils de Jean de Philippe Lioret et choisi le premier, qui a reçu la Caméra d’or au dernier festival de Cannes où il était sélectionné dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs.

L’histoire : de nos jours dans une banlieue. Dounia [Oulaya Amamra] vit dans un camp de Roms au bord de l’autoroute, chez sa tante, et doit gérer l’alcoolisme de sa mère [Majdouline Idrissi], trouver les moyens de subsister. Dans ce monde hostile, elle trouve amitié et réconfort auprès de Maimouna [Déborah Lukumuena], la fille de l’imam. Elles cachent leurs larcins dans les tringles techniques d’un théâtre, trouvant du répit à regarder un groupe de danseurs sélectionnés pour un spectacle, parmi lesquels elles reconnaissent Djigui [Kevin Mischel], le vigile de la supérette. Dounia claque la porte de l’école et décide de trouver une activité où l’argent est plus facile, elle entre au service de Rebecca [Jisca Kalvanda], la dealeuse en chef du quartier…

Mon avis : les deux actrices principales, Oulaya Amamra (sœur cadette de la réalisatrice) et Déborah Lukumuena, sont excellentes. La critique a beaucoup parlé de la violence de certaines scènes et le film a été interdit aux moins de 12 ans. Je trouve que cette violence est filmée avec « retenue » (quoique…), et la grande tension de certaines scènes est contrebalancée par des scènes qui détendent l’atmosphère par leur comique, comme le cours du BEP de vente, ou d’un grand esthétisme, comme les scènes de danse contemporaine vues depuis les passerelles techniques. La critique a beaucoup comparé ce film à Bande de filles de Céline Sciamma, je trouve que si le sujet est voisin, comment « faire son trou » en banlieue, surtout quand on est une fille, l’esthétisme et le traitement du sujet est assez différent. J’ai beaucoup aimé la première partie, jusqu’à l’entrée dans le trafic de drogue, la suite est moins originale. En tout cas, je pense que personne n’est resté indifférent dans la salle et que chacun avait besoin d’une transition à la sortie de la salle avant de repartir vaquer à ses occupations.

Abécédaire chat, septième étape

Abécédaire chat, b, d, e, f, l et oJ’ai profité de mes vacances pour avancer mon chat pour le SAL (projet de broderie en commun) « Chat va vider mon placard » (étendu aux broderies d’autres animaux), coordonné par Minouche… et ai révisé l’alphabet dans le désordre avec d’abord les lettres b, d, e, f, l, o…

Abécédaire chat, u, w, x… puis u, w, x, des cœurs… et le j hors cadrage.

Abécédaire chat, septième étapeIl avance bien. C’est un modèle d’abécédaire pris dans le livre Brodez-moi chat d’Isabelle Haccourt-Vautier et Adeline Cras.

Revoir: la première étape, la deuxième, la troisième,  la quatrième, la cinquième, la sixième étapes, à suivre…

Une nuit, Markovitch, de Ayelet Gundar-Goshen

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.comCouverture de Une nuit, Markovitch, de Ayelet Gundar-GoshenJ’ai reçu ce livre dans le cadre d’une opération Masse critique de Babelio, merci à eux et aux Presses de la cité.

Logo rentrée littéraire 2016C’est le premier dans la catégorie roman pour le défi de la rentrée littéraire organisé en 2016 par Hérisson et Léa.

Le livre : Une nuit, Markovitch, de Ayelet Gundar-Goshen, traduit de l’hébreu par Ziva Avran, Arlette Pierrot et Laurence Sendrowicz, Presses de la cité, 2016, 476 pages, ISBN 978225813385.

L’histoire : à la veille de la Seconde Guerre mondiale, dans un petit village de Palestine sous mandat britannique. Zeev Feinberg couche avec la femme du boucher, il se fait surprendre, il doit fuir. Avec son ami Yaacov Markovitch et un groupe d’une vingtaine d’hommes, il est envoyé en Europe par l’Organisation, objectif se marier en Allemagne nazie, revenir en Palestine avec elle et divorcer immédiatement, et ainsi contribuer au sauvetage de ces femmes. Tous jouent le jeu, sauf Markovitch, qui refuse de libérer Bella, faute d’accord du mari, fût-il fictif, les rabbins refusent de prononcer le divorce, Bella fera tout pour retrouver sa liberté… et se retrouve finalement à vivre dans ce petit village où l’on suit la vie de trois couples…

Mon avis : j’avoue que j’ai eu un peu de mal avec les cent premières pages, sans doute parce qu’il y a beaucoup de personnages, qu’il faut se familiariser avec chacun, qui est en couple (légitime ou pas) avec qui… L’écriture de ce roman est très particulière, avec de longs développements très imagés, comme des « zooms » ou des « arrêts sur image », sur des instants particuliers, puis en quelques phrases, on saute un certain temps, quelques semaines ou plusieurs années, on passe progressivement de 1939 à 1958 (et bien au-delà dans le dernier chapitre). Sur un fond d’histoires d’amour, de haine (la limite entre les deux est ténue), d’enfants, des sujets graves apparaissent en toile de fond, la Shoah, la fondation d’Israël, des commandos envoyés par l’Organisation (sioniste) en Europe assassiner des criminels nazis, la guerre des Six Jours, la Cisjordanie… Un livre à découvrir pour ce style très particulier plus que pour l’histoire, même si je me suis laissé prendre au sauvetage des adolescents perdus dans le désert.

Nuit européenne de la chauve-souris 2016

Une chauve-souris dans le tunnel de ma résidence, 1La nuit européenne de la chauve-souris, c’est demain soir (27 août 2016)! Il y aura partout en Europe des points d’observation… au frais dans les bois ou dans des grottes, avec des appareils pour rendre audibles les infra et ultrasons qu’elles émettent. Vous pouvez retrouver en suivant le lien toutes les informations et les lieux d’observation en France, pour les autres pays, je n’ai pas cherché… Protégez ces petites bêtes, laissez leur des gîtes sympathiques, la plupart de celles qui vivent dans nos contrées sont insectivores et mangent notamment des milliers de moustiques chacune! Celle de la photographie vient régulièrement se mettre au frais quelques jours dans le tunnel interne de la résidence où j’habite, qui permet de relier le « plateau » de Poitiers en ascenseur. Elle doit y trouver la fraîcheur des grottes. Les arbres, les greniers, les hangars en abritent aussi beaucoup, même s’il faut attendre de les voir sortir à la chasse aux insectes pour les voir.

Stalles de la cathédrale de Poitiers, dosseret, chauve-sourisSinon, pour les amis et visiteurs poitevins, vous pouvez aussi aller voir la chauve-souris sculptée sur l’un des dosserets des stalles de la cathédrale de Poitiers ou celles qui logent au-dessus des voûtes de l’église Sainte-Radegonde, et volent régulièrement dans la nef en passant par les anciens trous des cordes des cloches.

Pour aller plus loin : voir Le guide des chauves-souris en Poitou-Charentes, de Olivier Prévost (Collection les cahiers naturalistes, 2004, Geste éditions, 197 pages, ISBN 978-2845611625).

L’économie du couple, de Joachim Lafosse

Affiche de L'économie du couple, de Joachim LafosseNouvelle sortie cinéma, idéal pour être au frais, avec L’économie du couple, réalisé par Joachim Lafosse et présenté à la quinzaine des réalisateurs lors du dernier festival de Cannes.

L’histoire : de nos jours dans un ancien atelier transformé en appartement. Marie [Bérénice Bejo], universitaire et fille de bonne famille, veut se séparer de Boris [Cédric Kahn], architecte sans travail fixe. Elle a acheté la maison, mais lui a fait tous les travaux qui valorisent l’ensemble… Pour partir, il veut la moitié de la valeur de la maison, elle n’est prête qu’à lui céder que le tiers. En attendant, ils cohabitent avec, au milieu, leurs jumelles de 7/8 ans, la belle-mère [Marthe Keller], prête à confier à Boris le chantier de la restauration de sa propre maison, les amis…

Mon avis : a priori, pas facile de faire un film qui se passe dans sa quasi totalité -sauf le dernier quart d’heure- dans un lieu aussi petit, en gros quatre pièces, un grand salon avec un coin cuisine, trois chambres et une salle de bain, et la cour! Le huis-clos est d’ailleurs parfois pesant, le spectateur mis face aux règlements de compte autour de la vie bassement matérielle, face aux exigences de Marie, qui fixe ses règles, ses « jours » où Boris ne devrait rentrer qu’après le coucher des filles, la molle résistance de celui-ci. En face de ces exigences matérielles, Boris parle du « prix de l’amour », celui qui fait que l’appartement a pris tout son charme, sa valeur. La cohabitation d’un couple en voie de séparation le temps de régler les comptes, au sens propre, est un thème rarement abordé. Bon, j’ai trouvé qu’il y a parfois des longueurs, des moments trop pesants sans être vraiment crédibles, mais une idée de sortie pour ceux qui veulent fuir pendant presque deux heures les 39° annoncés sur une bonne partie du pays aujourd’hui et demain.

Évangile pour un gueux, par Alexis Ragougneau

pioche-en-bib.jpgCouverture de Évangile pour un gueux, par Alexis RagougneauAprès La Madone de Notre-Dame, j’ai emprunté à la médiathèque le second roman d’Alexis Ragougneau.

Le livre : Évangile pour un gueux, par Alexis Ragougneau, éditions Viviane Hamy, 2016, 360 pages, ISBN 9782878586152.

L’histoire : de nos jours à Paris, peu avant Pâques. Un SDF est retrouvé dans la Seine… Très vite, il s’avère que c’est Mouss, le meneur d’une occupation de la cathédrale Notre-Dame quelques mois plus tôt, la veille de Noël. Un petit groupe de sans domiciles fixes avait alors fait la une des médias, retenant le père Kern pour obtenir des logements décents, jusqu’à leur évacuation par les forces de l’ordre. Claire Kauffmann, devenue juge d’instruction, tente de reprendre contact avec le Père Kern, qui ne fait plus de vacations à Notre-Dame depuis cette histoire… Où était passé Mouss pendant ce trimestre? Pourquoi est-il si maigre et porte-t-il dans la mort les stigmates du Christ? Ses compagnons d’infortune savent-ils quelque chose?

Mon avis : on retrouve les principaux personnages de La Madone de Notre-Dame (mais il n’est pas indispensable de le lire d’abord), cette fois pour une plongée dans la vie des sans domiciles fixes et des « tenants de l’ordre », milices d’extrême-droite et une partie du clergé de Notre-Dame, les intégristes de Cohors Christi que tout oppose au père Kern. Plus épais que le premier volume, ce polar est aussi plus abouti, les portraits des personnages (Claire Kauffmann passée de procureure à juge d’instruction, le duo de flics toujours sans prénoms, Landard-Gombrowicz, le père Kern réfugié dans l’archivage de témoignages de vie de SdF) se précisent, toujours avec une écriture très agréable. Le portrait des sans logis est fouillé, Kristof, le Polonais qui vivait derrière Notre-Dame dans le premier opus a retrouvé sa fille qu’il cherchait depuis de nombreuses années mais ne peut s’empêcher de retourner dans la rue. A découvrir en attendant la livraison des livres de la rentrée littéraires dans les prochains jours!

Moka de Frédéric Mermoud

Affiche de Moka de Frédéric MermoudAprès quinze jours de fermeture, mon cinéma Arts et essais préféré à rouvert… Sortie cinéma dès hier avec une amie pour aller voir Moka réalisé par Frédéric Mermoud sur une adaptation d’un livre de Tatiana de Rosnay.

L’histoire : de nos jours à Lausanne, à l’automne. Diane Kramer [Emmanuelle Devos] ne se remet pas de la mort de son fils le 25 mars précédent, renversé en sortant du conservatoire par une voiture qui a pris la fuite alors qu’il montait dans le bus. Un détective qu’elle a recruté [Jean-Philippe Écoffey] lui donne les coordonnées de quatre véhicules couleur Moka qui pourraient correspondre à la description donnée par le chauffeur de bus. Contre l’avis de son mari [Samuel Labarthe], elle part, fait la connaissance d’un jeune délinquant qui va l’aider à trouver un revolver [Olivier Chantreau]. Elle retrouve la voiture, en vente, à Evian, s’immisce dans la vie de ses propriétaires, Marlène l’esthéticienne [Nathalie Baye], sa fille adolescente [Diane Rouxel] et son compagnon Michel [David Clavel], moniteur aux thermes.

Mon avis : la confrontation entre Nathalie Baye et Emmanuelle Devos est d’une grande force, avec une femme percluse de douleur et l’autre qui ne comprend pas qui est cette nouvelle cliente atypique, qu’elle croise et recroise en ville, mais Evian est si petit… Les paysages d’automne sur le lac Léman sont magnifiques, renforçant le jeu des deux actrices principales, offrant des pauses dans la narration, associant le spectateur à ces moments de réflexion.