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Le cercle littéraire des amateurs de patates, de Shaffer et Barrows

Dalinele, juillet 2014, carnets de note et livreUn livre dont j’ai beaucoup entendu parlé et qui m’a été prêté par Dalinele quand elle est passée l’autre jour. Un grand merci à toi, il faut que je te le rende!

Le livre: Le cercle littéraire des amateurs de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, traduit de l’anglais par Aline Azoulay, 2011, 411 pages, ISBN 9782264053510.

L’histoire: janvier 1946. A Londres en pleine reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, la jeune écrivain(e) Juliet Ashton reçoit de nombreux courriers, dont ceux de Dawsey, habitant de l’île de Guernesey. Ce dernier lui raconte la création d’un « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » alors qu’un groupe d’amis, réunis pour manger clandestinement un cochon qui avait été soustrait aux réquisitions des Allemands, avait été arrêté pour avoir violer le couvre-feu et cette excuse avait servi d’alibi auprès des autorité. Au fil de ses conversations, elle en apprend plus sur la vie dans l’île pendant la guerre, et finit par vouloir écrire un livre et se rendre sur place…

Mon avis: en général, j’ai du mal à apprécier les romans épistolaires (voir Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer), même les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos, paresse sans doute de savoir qui parle à qui, et de reconstituer les histoires croisées. Mais là, je me suis laissée prendre au jeu de cet échange de lettres avec pas mal d’auteurs différents, la révélation peu à peu des personnes impliquées, dont Elisabeth, l’occupation allemande, la collaboration, les délations, la déportation de plusieurs personnes, l’enfant né d’un amour secret avec un Allemand, la débrouille pour la nourriture (la tourte aux épluchures de patates), etc. Sous un ton léger, entre les amours (chastes et épistolaires, guère plus qu’une repas ou un bal) et les états d’âme de Juliet, avec quelques références littéraires, même si la plupart des membres du club littéraire lisent peu, finalement, des sujets graves sont abordés. J’ai bien aimé ce mélange de thèmes, de lieux (Londres, Guernesey), avec un humour « so british »…

 

Logo God save the livre Bien que l’auteure soit américaine, elle a découvert Guernesey à partir de 1976 et parle de cette île et de Londres. Je pense que ce livre peut donc entrer dans le défi God save the livre, saison 3, organisé par Antoni / passion livres. Il s’agit de lire un ou plusieurs livres anglais d’ici fin février 2014 et atteindre l’une de ces catégories : « Duty Harry » (1 livre lu), « Prince Charles » (5 livres), « Prince William » (10 livres), « Lady Di » (15 livres), « The Beatles » (20 livres et plus), « Queen Mom » (au moins un livre en VO)…

Quand souffle le vent du nord, de Daniel Glattauer

Couverture de Quand souffle le vent du nord, de Daniel Glattauer pioche-en-bib.jpgUn avis de Theoma/Audouchoc m’a intriguée, je ne suis pas fan des romans épistolaires, mais j’ai voulu essayer. J’ai trouvé ce livre à la médiathèque.

Le livre : Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer, traduit de l’allemand par Anne-Sophie Anglaret, collection littérature étrangère, Editions Grasset, 2010, 348 pages, ISBN 9782246765013 (il est paru depuis en livre de poche).

L’histoire : de nos jours quelque part en Autriche. Emma Rothner veut résilier son abonnement à la revue Like, se trompe d’adresse et envoie son message à Leo Leike. Il lui signale son erreur, elle s’excuse. Mais voilà, l’adresse est dans sa boîte de messageire, à noël, un mél collectif envoyé et c’est une longue correspondance qui se met en place entre eux, des messages brefs ou longs, rapprochés (quelques secondes ou minutes) ou plus distants (plusieurs jours). Une étrange relation se noue, ils se donnent rendez-vous dans un café du centre-ville avec une étrange règle du jeu, y être à la même heure, mais ne pas se faire connaître de l’autre. Le dialogue repars de plus belle, toujours en vouvoiement, Leo sort d’une histoire avec Marlene, Emma / Emmi est mariée à Behrnard, de 14 ans sont aîné, son ancien professeur de piano qu’elle a épousé après son veuvage et qui avait deux enfants. Finiront-ils par se rencontrer pour de bon ?

Mon avis : comme je l’ai dit au début, les romans épistolaires ne sont pas mes préférés. Quand ces lettres sont des messages électroniques, on peut craindre le pire, mais ici, c’est écrit avec soin. Je n’ai pas abandonné le livre, c’est donc qu’il ne m’a pas complètement déplu, ou alors, je me suis prise au jeu et voulais connaître la fin de l’histoire, rencontre réelle ou pas? La nature de la relation est étrange, la personnalité d’Emmi complexe, Leo semble plus jouer de cette relation, ne dit-il pas, vers le début du livre, qu’il est expert en psychologie du langage et étudie les messages électroniques?

logo tour du monde en lecture Ce livre entre dans le cadre du défi du tour du monde des livres, organisé par Livresque, au titre de l’Autriche.

L’amour est à la lettre A de Paola Calvetti

Couverture du livre l'amour est à la lettre A de Calvetti J’ai reçu ce livre par le site Chez les filles.com, qui m’a déjà envoyé d’autres ouvrages (voir en fin d’article).

Le livre : L’amour est à la lettre A, de Paola Calvetti, collection Grands romans, éditions Presses de la cité, traduit de l’italien par Françoise Brun, 2009, 380 pages, ISBN 978-2-258-07893-2 .

L’histoire : Milan, début 2001. Emma, la cinquantaine, vient d’hériter de la papeterie de sa tante. Elle la transforme en librairie, Rêves&sortilèges, une librairie cosy (même si elle déteste les anglicismes), consacrée aux livres qui parlent d’amour, depuis les grands classiques jusqu’aux dernières parutions. Un jour entre dans sa boutique Federico, son amour d’adolescente, elle ne le reconnaît pas, il lui envoie une lettre. Ils se rencontrent une première fois. Mais Federico, architecte dans l’équipe de Renzo Piano, est marié à Anna, vit à New-York et a une fille adolescente. Emma est divorcée, en bons termes avec son ex et son fils Mattia qui passe le bac (puis ira à Sydney un an, puis à la fac…). Commence alors une sorte de roman épistolaire, avec les lettres de Federico, depuis des bistrots ou des lieux de paix (parcs, musée, etc.), par boîtes postales interposées. Elle lui parle de lecture, de la librairie (étendue à une auberge puis un petit hôtel), il lui parle de la bibliothèque J.P. Morgan, à la rénovation de laquelle il participe. Entre les lettres, un récit à la première personne de la part d’Emma. Ils se verront peu, quelques jours par an, à Paris et à Belle-Île.

Mon avis : j’ai adoré. Ce livre est plein de petites pépites, de références à des lectures, d’expressions qui ont trouvé écho en moi. Quelques exemples ? Page 61, la Participation démocratique, presque la démocratie participative d’une ex-candidate aux présidentielles, mais ici, ce sont les lecteurs et clients qui font des propositions d’achat. Tout au long du livre, le choix des vitrines mensuelles. Page 75-77, une jolie lettre de Federico racontant le 11 septembre 2001. Les toilettes avec coin lecture… et en particulier un livre (page 254), Lire aux cabinets de Henry Miller, dont je vous ai parlé il y a quelques mois… Page 123, curieux, les pommiers en fleur… le 15 mai à New-York, ils fleurissent si tard là-bas ? Page 132, Princesse de Clèves. Ça ne vous dit rien ? Rassurez-vous, au président de la République non plus, lui qui ne comprend pas qu’elle puisse faire partie de questions de culture générale à un concours… Pauvre Madame de Lafayette, encore que depuis quelques mois, beaucoup de monde l’a lu ou porté le badge Je lis la princesse de Clèves, grand succès au dernier salon du livre à Paris. Je suis sûre que plein d’autres passages seront pour vous des souvenirs de lecture, des petites madeleines…

Pour aller plus loin, allez visiter le site de la librairie, reconstituée d’après le livre… Si vous tombez d’abord sur le concours, cliquez sur n’importe quel lien et vous aurez de l’aide en entrant directement dans la librairie du roman !

Logo de Chez les filles Le site Chez les filles.com (merci à eux et notamment à Suzanne) m’ont déjà envoyé ces autres livres, que j’ai parfois aimés, parfois pas du tout. Retrouvez-les sur la page des livres reçus pour critique.