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Back Home, de Joachim Trier

Affiche de Back Home, de Joachim TrierSamedi, je suis allée voir le nouveau film de Joachim Trier (voir ou revoir mon avis sur son film précédent, Oslo, 31 août). Le film devait sortir sous le titre Plus fort que les bombes, traduction du titre original Louder than bombs, changé suite aux attentats de Paris…

Le film : de nos jours, à New York. Trois ans après la mort d’Isabelle Reed [Isabelle Huppert] dans un accident de voiture, son agence de presse prépare avec l’aide de Richard [David Strathairn], son ancien collègue, une rétrospective du travail de cette photographe de guerre. Son mari, Gene [Gabriel Byrne], qui vit avec Conrad [Devin Druid] son fils cadet, âgé de 16 ans, va devoir lui révéler la vérité sur la mort de sa mère, l’accident de voiture était en fait un suicide après son retrait de la vie de photographe de guerre… Il appelle à la rescousse Jonah [Jesse Eisenberg], son fils aîné, juste papa, jeune professeur d’université à 6h de route, à la fois pour trier les dernières photographies de sa mère que pour l’aider à communiquer avec son frère.

Mon avis : dans Oslo, 31 août, le suicide était la seule issue possible pour le junkie acculé à sa vie en dérive, ici, il a eu lieu il y a plusieurs années et on en voit les conséquences sur une famille dont le cadet a été tenu écarté de la vérité « trop jeune, il fallait le protéger ». Après plusieurs années, comment lui annoncer que l’accident était un suicide, des années de mensonge, si la famille ne lui révèle pas la vérité, il risque de l’apprendre par l’article préparé par son ex-collègue à l’occasion de la rétrospect. Comme dans le précédent film, les flash-back sont nombreux et permettent de mettre en scène une Isabelle Huppert très inspirée. Le film met en scène des hommes en plein doute sur leurs relations amoureuses: le papa-poule qui surprotège sans doute trop son cadet et a une aventure avec l’une de ses profs, l’adolescent mal dans sa peau et qui vit avec le souvenir de sa mère qui le hante dans ses rêves et est secrètement amoureux de l’une de ses camarades, le jeune adulte tout juste entré dans la vie active et jeune papa qui va renouer avec une ancienne amie d’université qui perd sa mère d’un cancer, l’ancien collègue en plein divorce qui avoue une relation avec la photographe lors de leurs reportages… Aucun de ces hommes ne semble assumer ses actes. Si les scènes répétées d’un accident de voiture peuvent être entêtantes, il y a aussi de très belles scènes, une de mes préférées, celle où l’adolescent, gauche, raccompagne à l’aube la fille dont il pense être amoureux, ivre après une soirée, et l’aide à se déboutonner pour faire pipi derrière une voiture. Je vous conseille vivement ce film!

 

Oslo, 31 août de Joachim Trier

Affiche de Oslo 31 aoûtJe termine le festival Télérama 2013 avec Oslo, 31 août de Joachim Trier [Voir aussi mon avis sur son film suivant, Back Home].

Le film : à Oslo de nos jours. Anders (Anders Danielsen Lie), 34 ans, est en fin de cure de désintoxication et bénéficie d’une journée de permission en ville, où il doit avoir un entretien d’embauche dans un journal. Il en profite pour revoir ses anciens amis…

Mon avis : le film est librement inspiré de Feu follet de Pierre Drieu la Rochelle (paru en 1931 et que je n’ai pas lu). Il vaut mieux avoir le moral pour voir ce film et aller jusqu’à la fin inéluctable… Si le début peut paraître optimiste, un journal est prêt à donner sa chance à un ex-drogué clean, celui-ci reste profondément déprimé, Oslo déserte au début, comme des flash-back de l’enfance puis des jeunes années folles (entre fêtes, musique et drogue) du héros qui va errer en ville pendant une longue journée et jusque dans la nuit… Le film s’étire entre longue errance, sur fond de musique obsédante, avec peu de dialogues, une longue interrogation sur le sens de la vie, de la fête, du passage à l’âge adulte : lui est resté au bord de la route, la plupart de ses anciens amis ont avancé vers la « normalité » (la banalité?), son ancien meilleur ami est désormais père de famille. Une confrontation cruelle, un rythme lent, à éviter si vous voulez rire et voir de l’action!

Le festival Télérama 2013 et ses films…
Ceux que j’ai vus avant le festival et dont je vous ai parlé (pas beaucoup cette année)

Ceux que j’ai vus pendant le festival

Ceux que je ne verrai pas

  • Moonrise Kingdom de Wes Anderson
  • Margin Call de J.C. Chandor
  • Holy Motors de Leos Carax
  • Tabou de Miguel Gomes
  • The Deep Blue Sea de Terence Davies
  • Les adieux à la reine de Benoît Jacquot
  • Elena de Andreï Zviaguintsev